Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter qui appartient entièrement à JK Rowling, cette histoire a uniquement pour but de distraire, je ne touche aucune rétribution quelle qu'elle soit.

Chapitre un peut de transition on vas dire, l'un des dernier où Severus doute encore de son rôle et de ses capacités, après ça devrais aller mieux ^^

Beta: Blues-moon.


Harry a...

Une semaine (et trois jours !)

Les sanglots d'Harry étaient perçants et semblaient se répercuter contre les murs blancs de l'appartement pour venir frapper les tympans de Sévérus encore plus fortement, si tant est qu'une telle chose soit possible.

Poussant pour la énième fois un soupir à fendre l'âme, le jeune père jeta un nouveau regard désespéré au radioréveil posé sur sa table de chevet : les chiffres luminescents d'un rouge vif indiquant minuit cinquante-six, semblaient le narguer, se moquant sans vergogne de son incapacité à apaiser l'enfant s'époumonant un peu plus à chaque instant.
Chaque minute qui passait semblait avoir son mot à dire: "Ce soir encore, tu ne réussiras pas à l'endormir. Pas plus que les autres fois..."
Cinquante-sept : "Il n'a surement pas assez confiance en toi pour se reposer sereinement."
Cinquante-Huit : "Mais qui aurait confiance en un ancien Mangemort ? Tu n'es même pas son père..."

- Dors Harry, il faut que tu dormes, je t'en prie... Murmurait le jeune homme en berçant le bébé dans ses bras, tout en essayant de repousser ses pensées négatives. Tu as besoin de dormir, j'ai besoin de dormir, les voisins ont besoin de dormir, nous avons tous besoin de dormir...

Cinquante-neuf : "Ce soir encore il s'effondrera d'épuisement après avoir passé des heures à trop pleurer. C'est pas très sain pour un enfant..."

A bout de force, le potionniste se frotta un œil d'une main, l'autre tenant toujours le nourrisson hurlant de tout son soul.
Les yeux, d'habitude d'un noir d'encre, étaient aujourd'hui rouge sang, conséquence désastreuse de la fatigue accumulée en masse ces derniers jours. Cela allait de pair avec les cernes bleus foncés qui lui mangeaient la moitié du visage.
C'était un miracle qu'il tienne encore debout...

Quand le cadran du réveil passa de minuit à une heure du matin, des coups violemment portés sur sa porte vinrent s'ajouter aux sanglots, ne laissant d'autre choix au sorcier que de poser Harry dans son berceau pour aller ouvrir. Ce faisant, les pleurs redoublèrent, l'enfant ne supportant pas la solitude et la perte de contact avec son père, mais difficile d'ouvrir à qui que ce soit avec un bébé s'égosillant sur l'épaule.

C'est cependant sans surprise qu'un regard dans le judas informa l'ancien Serpentard de la présence de son voisin de palier sur le pas de sa porte.
Ce dernier était le stéréotype même du beauf : un ventre bedonnant de buveur de bière, une coupe mulet assortie de rouflaquettes et d'une moustache mal entretenue. Tout ceci allant de pair avec une hygiène corporelle plus que douteuse...
Malheureusement, pas un seul trait de caractère ne venait relever le niveau, bien au contraire : affectionnant tout particulièrement les blagues sexistes/racistes, amoureux de sa voiture et prêt à frapper toute personne qui oserait la rayer fût-elle sa femme.

Et, cerise sur le gâteau, cet abject individu détestait, pour une raison ou une autre, cordialement Sévérus.

Peut-être, car il s'était mis en tête que le brun était un chômeur de longue durée. Et ça les chômeurs, les profiteurs du système comme il les appelait, il n'aimait pas ça. Pas ça du tout...
Pas plus que les immigrés qui venaient piquer le travail des bons anglais pur souche.
Pas plus que les femmes politicienne parce que bon, c'est bien connu que les bonnes femmes, ça se laisse trop mener par les sentiments pour prendre de bonne décision, et puis de toute façon leur place c'est à la maison à s'occuper des mômes.

Inutile donc de dire que le jeune homme faisait tout son possible pour ne pas croiser la route de cet horrible personnage.
Son possible aussi pour ne pas le froisser non plus, car, pour en avoir déjà fait la douloureuse expérience, il s'avait pertinemment que tout quiproquo avec ce macho de première se réglait d'un coup de boule bien placé.

"De toute façon, sa tête ne sert surement qu'à cela, pensa-t-il en ouvrant la porte. Le reste doit se gérer plus bas assurément..."

- Vous aller finir par lui faire fermer sa gueule ce morveux ?! Attaqua le triste sire à brûle-pourpoint, sans même un "Bonjour". Ou "Bonne nuit". Peu importe.

- Ce n'est pas si simple ! Je fais ce que je peux figurez-vous !

- Et ben ce n'est pas assez visiblement ! hurla-t-il en postillonnant sur le potionniste. J'veux dormir et votre chiard m'en empêche ! J'bosse moi demain !

- C'est un bébé, que voulez-vous que j'y fasse s'il ne dort pas ?

- Collez-lui deux beignes et un coup de ceinturon et vous allez voir s'il continue à brailler cet espèce de résidu de capote !

Sur le coup Severus resta planté au milieu du couloir, les bras ballants et la bouche béante. Choqué, serais un mot trop faible pour désigner son état d'esprit à ce moment-là...
Et puis soudain, il vit rouge : lui qui avait été frappé toute son enfance, ne supportait déjà pas l'idée de lever la main sur un enfant sans défense, mais alors sur un bébé de même pas deux semaines...

- Comment osez- vous, sale...

Il fut interrompu brusquement par des pas dans l'escalier et l'intervention miraculeuse d'une personne que le brun n'avait pas vue depuis plusieurs jours. Depuis qu'ils avaient été faire des courses en fait.

- Je peux savoir ce qui se passe ici ? demanda Héphaïstos, bien que les cris provenant de l'appartement de son camarade lui donnaient une vague idée de réponse. On vous entend hurler du rez-de-chaussée. Il y a des gens qui aspirent au calme ici, vous savez ?

- Harry ne dort pas, avoua le sorcier, honteux. Cela crée des...tensions.

- Oh. Eh bien, je vais venir voir ce que je peux faire. Monsieur Jones, s'écria-t-il en se tournant vers le beauf de service, soyez assuré que nous allons faire notre possible.

Le sourire confiant du gardien d'immeuble sembla détendre quelque peu l'irascible personnage qui s'en retourna vers son logis sans oublier de se fendre tout de même d'un : "Y'en a vraiment qui auraient mieux fait de se la faire en solitaire plutôt qu'un gosse avec une inconnue" avant de claquer la porte sans aucune délicatesse.

- AAAAHHH! Je hais ce type ! Cracha Sévérus une fois tout le monde rentré chez soi.

- Il est vraiment que j'ai connu plus sympathique, soupira le châtain. Alors, dis-moi, tu n'arrives à le faire dormir ce soir, c'est ça ?

- Pas seulement ce soir, avoua le potionniste en reprenant le bébé dans ses bras, depuis qu'il est arrivé je suis incapable de l'endormir paisiblement. Il finit toujours par pleurer pendant des heures avant de s'endormir complètement épuisé.

Héphaïstos regarda avec compassion son camarade complètement défait, avant de se lever brusquement pour éteindre tous les plafonniers de la pièce sous le regard ahuri du jeune père.

- Il fait trop clair ici, il ne s'endormira jamais avec toute cette lumière.

Tout en allumant une unique lampe de chevet pour ne diffuser qu'une douce lueur tamisée dans la chambre, le gardien d'immeuble rechercha une musique particulière sur son téléphone.

- Je pensais que peut-être il aurait eu peur du noir si j'éteignais tout... Marmonna le brun

- Il est trop petit encore pour avoir peur des monstres qui se cachent sous le lit, répondit son acolyte en lançant la mélodie qu'il cherchait.

C'était une musique très douce, aux airs asiatiques très présents, qui donnaient à Sévérus une sensation d'apaisement instantanée.

- C'est la musique du film "Furyo" *, chuchota le gardien en prenant l'enfant pour le déposer délicatement dans son lit parapluie. Avec mes cousines c'est radical...

Le sorcier n'avait pas la moindre idée de ce dont pouvait bien lui parler son camarade, mais Harry se calmait peu à peu et c'est tout ce qui lui importait à ce moment. Ce promettant de noter le nom de cette mélodie "miracle", il regarda le bébé hoqueter encore quelques minutes, dernier résidu des sanglots qui lui avait déchiré la gorge toute la soirée, puis se mettre à téter doucement la tétine qu'on lui pressentait avant de commencer à fermer les yeux.

Le plus silencieusement possible, Héphaïstos relança la musique une dernière fois et les deux jeunes adultes quittèrent la pièce en toute discrétion.

- Je suis incapable de le faire dormir toute la semaine et toi en vingt minutes, tu y parviens ! Se lamenta le potionniste en s'écroulant sur le canapé.

- Hé ! Six petites cousines, tu te souviens ? s'exclama le moldu en s'asseyant à côté de son acolyte. Je n'ai aucun mérite.

Sévérus renifla d'un air dubitatif avant de changer de sujet et demander :

- Tu étais où cette semaine ? Je suis venu te demander de l'aide il y a cinq jours et j'ai vu que tu étais parti...

- Oh, une de mes grands-mères avait décidé qu'elle était à l'article de la mort, soupira-t-il. Il a fallu que tout le monde aille la voir en urgence chez elle, à Edinburgh. Alors quitte à faire le voyage, je suis resté quelques jours...

- Et comment va-t-elle, ta grand-mère?

- Oh elle se porte comme un charme, déclara le châtain en s'étirant. Elle nous fait le coup chaque été, elle s'ennuie quand sa femme de ménage et son infirmier sont en vacance. A se demander pourquoi on marche encore dans sa combine...

Ils se regardèrent d'un air complice avant de rire doucement, prenant garde à ne pas réveiller le bébé.

- Tu n'as pas eu peur de me laisser seul avec Harry ? demanda Sévérus après quelques minutes de silence. Il aurait pu arriver quelque chose de grave...

- Non. J'étais sûr que tu t'en sortirais.

- Et bien tu as eu tort... Grimaça-t-il en se rappelant son échec.

- Oh, je t'en prie ! Tu as eu du mal à l'endormir, la belle affaire. Ça ne fait pas de toi un mauvais père.

Face a l'air sceptique de son camarade, il ajouta :

- Tu sais, mes parents sont vraiment géniaux : ils m'ont désiré pendant des années et m'aiment de toutes leurs forces depuis avant même ma venue au monde. Et pourtant, tout cela n'a pas empêché mon père de me faire tomber une poutre sur la tête alors que j'avais à peine dix ans et ma mère de m'oublier dans un magasin quand j'en avais cinq. Il se mit à rire tout seul à ses souvenirs avant de reprendre avec sérieux : ce que je veux te dire par là c'est que, que tu l'aies choisi ou non, être parent ce n'est jamais un métier facile alors il ne faut pas se décourager à la moindre difficulté. Un beau jour, tous tes efforts seront récompensés de la plus belle des manières, tu verras.

Il resta quelques secondes à regarder droit devant lui avant que le silence de son camarade ne l'inquiète.
Tournant la tête vers la gauche, il remarqua que son ami s'était endormi, le torse avachit sur l'accoudoir et les jambes dans le vide. Après avoir fini de rire, Héphaïstos l'installa plus confortablement avant de le recouvrir d'un plaid.

- Dors Sévérus, murmura-t-il en éteignant les dernières lumières avant de sortir de l'appartement. L'aventure ne fait que commencer...


*: Pour ceux qui veulent entendre la musique en question, je vous laisse taper "Furyo - Ryuichi Sakamoto" sur youtube. Vous devriez tomber sur une video avec une image de jeune fille asiatique. (Je vous jure que cette musique fait des miracles!)