Salut ! Je suis déjà de retour ! Étonné n'est-ce pas ? Vous vous y attendiez pas ! Je sais, je sais, je suis génial, magnifique et vous êtes éblouis par tant de grandeur ! Tenez, voilà des lunettes de soleil *sourire de mannequin* *balance ses cheveux et se retourne pour s'éloigner vers le lointain en chantant un chanson étrangère… Ah non, ça c'est Lucky Luck, milles excuses ! Je vais changer ça tout de suite ! *S'en va*

Bonne lecture !


" AAAAAAAAHHH ! "

Rakuyou se réveilla en sursaut. D'où venait ce cri ?! Son père et ses frères était-ils en danger ?! Pas le temps de se questionner, il fallait agir vite ! Il attrapa les couteaux qui traînaient sur sa table de chevet, son ami-arme et un pantalon.

Il se cassa à plusieurs reprises la figure dans les couloirs, tentant tant bien que mal de courir tout en s'habillant, et dévala à grande vitesse les escaliers menant au pont inférieur d'où semblait provenir le hurlement.

Lorsqu'il ouvrit à la volée la porte, une main sur son revolver -on ne sait jamais-, il aperçut un rassemblement. Calmé par leur tranquillité, il rangea ses armes et s'approcha du groupe. Que ce soit grâce à ses nombreuses années d'entraînements ou au manque vigilance de ses hommes, personne ne se retourna à son approche.

Oh les belles heures d'exercices qu'ils vont récolter !

Peu enjoué par cette idée puisque Rakuyou appréciait ses hommes et n'avait pas de tendance sadique, il la chassa de son esprit. À la place, il tapota sur le dos du premier venu pour attirer son attention.

"Que se passe-t-il ? Quelqu'un a crié."

"Commandant !" Hurla, surpris, le pirate de bas rang, attirant l'attention générale.

À cette exclamation, tous ses hommes se retournèrent et, dans une cohésion parfaite, lui créèrent une haie d'honneur.

Ces changements d'attitudes avaient toujours eu le don d'amuser l'officier. Il s'autorisa un petit sourire avant de contempler le centre de l'ancien cercle.

Au milieu des hommes se trouvait un de ses frères, Lucien, à genoux sur le sol, qui regardait avec abattement, chagrin et tristesse un objet entre ses mains.

Le chef de flotte s'avança dans son dos pour contempler le/la responsable d'un tel accablement. Quand il réussit enfin à apercevoir les mains de son camarade et ce qu'elles détenaient, il resta choqué.

Son ami tenait une sorte de fleur verte fluo pour la tige et avec des pétales roses flashy. Elle ne ressemblait en aucun cas à une quelconque espèce qu'il avait rencontré sur Grand Line... Non, du monde entier. Sa tige était gonflée comme un manche à balai et sa tête était vide au niveau où aurait dû se trouver le pollen. Mais ce qui étonnait le plus le commandant, outre sa carrure inhabituelle, était les yeux violets foncés qui apparaissaient sur deux pétales. Ivre de curiosité, et espérant ne pas blesser davantage son compagnon, Rakuyou posa finalement sa question.

"D'où vient cette rose phosphorescente obèse ?"

Son interlocuteur tourna très lentement sa tête, laissant paraître les sillons formés par ses larmes.

"C'est mon revolver." Bredouilla Lucien faiblement.

...

Oh la boulette !

Essayant de récupérer son erreur, le commandant reprit.

"Eh bien en voilà un... Original. Tu ne le confondras pas avec les nôtres !" Positiva Rakuyou.

"Mais j'en veux un comme les autres !" Pleura le pirate. "Je l'ai juste prêté au Mugiwara parce qu'il m'a proposé de l'améliorer, et voilà ce qu'il m'a rendu !"

Lucien reparti dans une crise de larmes sur une épaule, bonté de ses camarades.

"Calme-toi Lucien." Conseilla son mouchoir, "Ton pire cauchemar arrive."

Effectivement, le cyborg apparut, un éternel sourire au visage.

"Alors frère, ton super pistolet amélioré te plaît ?"

Après une minute de battement, le Shirohige reparti dans une crise de larmes, laissant son chef parlementer avec le robot.

"Euh... Francho ?"

"Franky commandant." Souffla un de ses hommes.

"Oui, Franky. C'est très aimable ce que tu as fait—"

"Je suis super heureux qu'il te plaise tant !" Coupa le charpentier fièrement. "N'hésite pas à me donner d'autres armes pour que je te les améliore !"

La crise de larmes eut un nouveau pic de puissance, pressant Rakuyou pour une clarification.

"Franky, es-tu au courant que les armes servent à vaincre nos ennemis..."

"C'est pourquoi je l'ai amélioré !" Se vanta l'architecte naval.

"... Mais aussi à intimider l'opposant. Et une fleur obèse fluo ne remplit pas vraiment cette foncti-"

"Et regarde, si tu appuies ici..." Le cyborg lia le geste à la parole, "...ton revolver tire des confettis !"

Les Shirohiges restèrent sans voix face au spectacle.

Eux, l'équipage le plus fort du monde, à la solde d'un Yonko, protecteurs du tiers de Grand Line, armés jusqu'aux dents de roses obèses démodées cracheuses de confettis !

Sommes-nous réellement tombés si bas ?


Deux ans. Il s'était écoulé deux ans depuis leur dernier rassemblement. Deux ans depuis tous ses magnifiques souvenirs. Deux ans d'entraînements.

Et, enfin, elle allait les revoir !

Nami regarda pensivement le ciel, un sourire nostalgique aux lèvres. Le moment qu'elle attendait depuis si longtemps était enfin arrivé. Deux ans de dur labeur pour être à la hauteur de leurs nouvelles aventures.

Elle baissa les yeux sur la paume de sa main où trônait un petit bout de papier. La Vivre Card qui allait la diriger vers ses amis. Elle indiquait le chemin le plus court vers eux, vers l'archipel-

...

Non, il indiquait l'océan.

"QUOIIII ?!"

Son cri fit fuir le peu de faune présente et rassembla tout les vieux os— Anciens.

Mais elle ne s'en préoccupa pas. Le plus important était sous ses yeux.

La Vivre Card n'indiquait pas l'archipel.

"Qu'est-ce qui ne va pas jeune fille ?" S'inquiéta Haredas, son professeur.

Plus que des mots, elle leur montra la Vivre Card.

"Elle n'indique pas l'archipel."

Tous les vieillards se penchèrent sur sa main, jouant avec leurs lunettes pour y voir plus clair. Son maître se releva plus vite et se tourna vers un de ses collègues.

"La Vivre Card ne peut pas se tromper."

"Ses amis ont dû changer le lieu de rendez-vous."

"Ou des gens l'ont dérobé pour tendre un piège à son équipage."

"Ou son propriétaire s'est fait kidnapper."

"Ou l'a laissé s'envoler."

"Ou la date de rendez-vous a changé."

"Ou—"

"ÇA SUFFIT !" Hurla la chatte voleuse, déréglant leurs appareils auditifs. "Rien de tout cela n'est possible, sauf pour le changement de lieux. Rayleigh la gardait après tout."

"Il a pu la perdre au jeu." Proposa un savant, plus axé sur l'actualité. "Il paraît qu'il est très joueur."

...

Nami considéra sérieusement la proposition. Il est vrai que le jour où elle l'avait rencontré, il s'était laissé vendre en esclave à cause de ses dettes. Mais il n'oserait quand même pas...

Peu sûre elle-même, elle ne trouva pas la force de contredire le météorologue.

"Oï oï oï jeune fille. Le meilleur moyen ne serait-il pas d'aller voir ?" Demanda Haredas en lui offrant son sourire le plus paternel.

Elle réfléchit un moment, son maître avait raison...

"Qu'avons-nous prévu de manger ce soir ?"

...elle ne pouvait savoir qu'en y allant...

"Les fraises de mon jardin ont enfin montré leurs petits nez, et j'ai cru entendre que Ménélas avait des haricots tout frais."

...et si ce n'était pas eux ? Comme l'avaient dit les grands-pères...

"Des fraises ? Oui, il me reste justement un peu de chantilly."

...cela n'était pas sans risque...

"Moi je préférerai avec du sucre, la chantilly cache leur bon goût."

Une veine apparue sur son front.

...mais la vie sur Grand Line elle-même ne l'était-elle pas...

"Dans ce cas, prends-les plutôt nature."

Deuxième veine.

...et elle avait prévu d'y vivre...

"Essaye avec la confiture—"

"TAISEZ-VOUS ! VOUS NE VOYEZ PAS QUE CERTAINS ESSAYENT DE RÉFLÉCHIR !" Hurla, hors d'elle, la navigatrice.

Tous les fossil— patriarches se cachèrent derrière Haredas, effrayés par la colère de la jeune fille.

"Oï oÏ oÏ, du calme jeune fill—"

"Préparez une montgolfière. Professeur, vous descendez avec moi. Je vais faire mes valises et j'arrive."

Et, sans plus attendre, la rousse partit, laissant des météorologues sidérés derrière elle.

Pour un instant du moins.

"Confiture de pêche ou de prune avec les fraises ?"


Sur un pont surélevé de la Moby Dick, Speed Jiru prenait l'air. Plus loin, sur un transat, Marco lisait les rapports de ses hommes pendant que Thatch leur amenait des boissons.

"Un nuage épais se dirige vers nous," remarqua le chapeauté, "vous pensez qu'il va pleuvoir ?"

"Non, pas aujourd'hui." Répondit brièvement le blond.

"Pourquoi ?" Demanda innocemment Jiru, assoiffé de connaissance.

"Instinct aviaire." Se moqua le cuisinier avec une expression sérieuse.

Le soudain bruissement du papier n'augurait rien de bon...

"Thatch~" Appela Marco avec un sourire contrastant avec l'aura noire qui l'entourait.

Le susnommé comprit assez vite ce que cela signifiait, vu qu'il prit ses jambes à son cou et disparu dans la seconde.

"Désolé Jiru, je t'expliquerai plus tard, je dois d'abord partir à la chasse."

Et, avec plus de classe, le premier commandant se leva, posa ses rapports sur la table basse à ses côtés et marcha d'un pas traînant vers la porte.

"J'arrive."

Il fut lui aussi avalé par le couloir, laissant Speed seul avec les deux infinis.

Il jeta un bref coup d'oeil au ciel et soupira. Ses frères ne changeront jamais ! Un sourire prit place sur son visage. C'est ainsi qu'il aimait la Moby Dick : pleine de vie.

Enfin, tout de même, depuis plus de vingt ans, Thatch ne s'était toujours pas lassé des blagues aviaires ?!

Il s'approcha de la table basse, entassa les dossiers et les prit sous le bras pour les ramener dans le bureau de son frère. Il serait malheureux que l'un d'eux s'envole.

Avant de partir, il se tourna une dernière fois vers le ciel.

Non, définitivement, ce nuage ne semblait rien amener de bon.

Ah, il avait oublié de parler à Marco de la dernière invention du cyborg. Bah, il s'en apercevra bien un jour.


"Tu n'as rien oublié jeune fille ?" Demanda, sceptique, Haredas face à la montagne de valises de son élève, bien qu'elle soit arrivée les mains dans les poches deux années auparavant.

"Tu m'as laissé une assiette pour mon souper ?" S'enquerra-t-il quand même.

Elle le regarda de travers puis soupira. Elle s'approcha d'un de ses sacs, proche de l'explosion et, avec un air désespéré, en sorti une assiette.

"C'est bien parce que c'est toi."

Il la prit, incrédule.

Ce qui n'empêcha pas Nami de boucler son sac en bandoulière, de le mettre sur son épaule et de pointer l'horizon.

"En avant !"

Elle prit la pose un moment avant de poser son sac et de s'asseoir dessus, essoufflée. Elle tourna son regard pétillant vers les scientifiques.

"Mettez-les dans la montgolfière." Ordonna-t-elle en pointant ses bagages.

"TU LES AS TROP REMPLIS !" Hurlèrent en coeur les ancêtres.


C'était, probablement, l'heure de ses adieux avec la population de Weatheria, s'il ne s'agissait pas d'une fausse alerte. Pourtant, Nami n'arrivait pas à se sentir concernée. Elle renvoya faiblement un signe de main, d'avantage préoccupée par ce qui l'attendait en bas.

De toute façon, la plupart d'entre eux seront atteints d'Alzheimer sous peu. Ils oublieront qu'ils l'ont rencontré. Et qu'elle était la pire voleuse de tous les temps.

Ça, c'était bon pour le business !

"Oï oï oï, jeune fille."

"QUOI ?!"

"Je voulais juste vous faire remarquer que nous partions."

"Oui, et alors ?"

"Accrochez-vous." Éclaircit le météorologue en manœuvrant, renversant la rousse au passage.

"TU NE POUVAIS PAS LE DIRE PLUS TÔT ?!" Rugit la native d'East Blue.

Décidément, la journée pouvait difficilement commencer plus mal. Elle n'avait plus qu'à espérer que la fin ne suive pas cet exemple, pensa-t-elle en se penchant vers la fenêtre, perdant son regard dans le blanc des voiles du navire sous eux, tranché par le noir de la marque de Barbe Blanche.

...

Marque de Barbe Blanche ?

"KYAAAAAA !"

"Oï oï oï, tes cordes vocales sont en excellente forme aujourd'hui." Constata son mentor.

Nami l'ignora, d'avantage préoccupée par les évènements qui se profilaient à l'horizon.

Barbe Blanche, rien que ça ? Ironisa-t-elle. Ma Vivre Card pointe le vaisseau de l'Homme le plus puissant du monde. Celui qui a récupéré un de ses hommes à Marineford. Celui qui a tenu tête à Gol D Roger en personne. Celui qui pouvait détruire le monde en un éternuement.

Son papier pointait vers ce type.

Nami faillit hyperventiller mais se calma bien vite. Il avait sauvé Ace, le frère de Luffy. Et Ace adorait son capitaine, donc il lui sauverait la vie.

N'est-ce pas ?

Enfin, s'il était là, et pas en mission ou en promenade, s'il la reconnaissait et si elle survivait jusque-là.

Bien trop de "si" à son goût !

Elle se tourna vers son professeur pour lui demander de faire demi-tour quand elle aperçut la porte de la montgolfière grande ouverte sur un pont de la Moby Dick.

Elle faillit faire une crise cardiaque.

"Oï oï oï, jeune fille, tout va bien ?"

Son impatience mêlée à sa rage, elle ne put contenir son tempérament ravageur plus longtemps.

"TU N'AS PAS BIENTÔT FINI AVEC TES OÏ ?!"


Joz se promenait tranquillement sur le navire quand il vit Thatch, mort de rire, fuir un Marco furieux. (Après dix ans d'entraînement, il était capable de reconnaître les signes qui l'indiquaient.) Sûrement à cause d'une blague aviaire.

...

Non, c'est de Thatch dont nous parlons. À cause d'une blague aviaire. Le doute n'était pas possible.

Mais ne s'en lassera-t-il jamais ? S'interrogea vaguement le commandant pendant qu'un de ses hommes accourait vers lui.

"Commandant !"

"Mmmh ?" Lâcha Joz pour indiquer qu'il écoutait.

"Un engin non identifié venant du ciel se rapproche du navire. Que devons-nous faire ?"

"Demandez au Cyborg Mugiwara d'épargner la Moby Dick."

"Euh... nous ne sommes pas tout à fait sûrs qu'il en est responsable..."

"Eh bien... Je vais aller voir ça. Ma promenade m'emmenait par là de toute façon."

Le bas gradé fut interloqué par la simplicité avec laquelle son supérieur prenait la chose.

Ils pourraient être attaqués par Davy Jones !


Le sous-fifre guida sans embûche son supérieur auprès du vaisseau spatial qui flottait maintenant au bord de la Moby Dick.

Les hommes déjà présents relâchèrent la pression de leurs épaules en voyant un de leurs plus puissants frères arriver.

Avec un commandant à leurs côtés, qui pouvait bien leur faire du mal ?! Cette seule pensée les arma de courage.

Ils se postèrent en cercle autour de l'OAVTPI (Objet Anciennement Volant Toujours Pas Identifié) quand la porte s'ouvrit.

Immédiatement, les pirates braquèrent leurs armes vers l'antre de l'Inconnu, prêt à recevoir avec les honneurs n'importe quel ennemi qui pourrait en sortir.

Ils étaient prêts !

...

Prêts à éplucher l'importun !

...

Prêts à battre à mort les extraterrestres !

...

Sauf que les fameux envahisseurs refusaient de sortir.

Le lieutenant présent se tourna vers son supérieur.

"Commandant, que fait-on ?"

Son interlocuteur semblait plus amusé par la situation que nerveux.

"Qu'est-ce qui pourrait en sortir ? Un cyborg pervers ? Déjà fait. Un brocoli violet ? Pareil. Peut-être un clown ? Voilà qui me rajeunirait !"

"Commandant ?" Repris, d'une faible voix, le lieutenant, "Peut-être devrions-nous nous inquiéter de la présence inconnue rattachée à notre navire principal ?"

Joz lui jeta un regard en coin "quel est le problème ?" avant de retourner à ses réflexions.

"Un canard géant messager ultrarapide ? Des hybrides à corps de mouton ? Des poissons plats ?"

"Commandant, revenez sur terre !" Désespéra son frère. "Mais pourquoi ai-je choisi sa division ?!" Finit-il par se lamenter, à genoux sur le parquet.

"TU N'AS PAS BIENTÔT FINI AVEC TES OÏ ?!" Hurla une voix.

Le lieutenant arrêta immédiatement ses lamentations et se remit en garde comme ses frères. À côté, Joz tapa du poing dans sa main ouverte.

"Des filles !" Il ferma ses yeux et hocha sa tête de manière savante. "Oui, je dois avouer que je ne m'y attendais pas. Bien joué."

Son lieutenant voulut lui cogner la tête pour le ramener à la réalité mais une silhouette se forma dans l'ombre de la porte.

Il put rapidement détailler une jeune femme qui sortait sans la moindre inquiétude, ses cheveux roux volant dans son dos. Elle était peu couverte et arborait fièrement un tatouage sur son épaule gauche. Le lieutenant aurait juré l'avoir déjà vu quelque part, mais où ?

"Une nymphe ! Alors là, j'abandonne. Le ciel ne joue pas fair-play ! Déjà que la mer, à ce jeu n'est pas très honnête, mais si le ciel s'y met, je jette mon chapeau !"

Son commandant avait réellement débloqué.

L'inconnue, au centre de toute l'attention, ne sembla pas l'apprécier puisqu'elle rugit sur le premier rang.

"QUOI ?! VOUS AVEZ UN PROBLÈME ?!"

Il avait souvent entendu ses soeurs parler de mauvaise semaine pour leur adresser la parole, ce devait être l'une d'elles. Sinon, il n'osait pas imaginer dans quel état cette tigresse pouvait se trouver !

Elle fixa le premier rang, laissant des éclairs jaillir de ses yeux pour assassiner toute l'audience. C'était plutôt déstabilisant. Les pirates ne savaient pas comment réagir. Elle ne les attaquait pas et ne représentait donc pas une menace mais, outre le fait que la Moby Dick n'était pas un lieu de promenade pour le commun des mortels, elle ne semblait pas aussi inoffensive que désarmée. Elle était un peu l'antipode des pirates. Eux étaient cruels, meurtriers, dévastateurs, le tout avec des têtes de démons qui alertaient la population à des kilomètres. Non, elle, elle était plus comme les infirmières, leurs mères ou l'Impératrice pirate. Bon, un peu moins la dernière. Elles ont des figures d'anges, sans aucun muscle, et pourtant, si tu oses les mettre en colère, que ce soit avec un poële, un marteau ou la savate, elles te le feront regretter !

Le pire, c'est que l'on ne peut pas lutter ! C'est comme écraser un chaton ! Et si la culpabilité ne suffit pas, il y a l'image extérieure ! Allez expliquer pourquoi vous avez maltraité/blessé/tué cette pauvre chose innocente ! Car oui, c'est un de leurs droits naturels, être innocentes. Alors qu'eux, ils sont forcément coupables ! Et personne n'y voit de problème !

L'expression de colère de la lionne s'évapora soudain, laissant place à l'incompréhension. Le lieutenant se concentra sur sa figure avec les traits qui ne cessaient de changer.

Elle pâlit. Puis elle fixa un point dans le groupe. Puis un autre. Et encore un autre, elle semblait inspecter les Shirohiges.

Son teint blanc reprit vite de la couleur, passant par le beige avant de continuer à rougir.

L'inconnue lâcha un gloussement avant d'éclater de rire, sans retenue.

Il regarda, confus, la jeune fille se tordre le ventre de rire sans raison apparente.

Mais qu'est-ce que Davy Jones leur avait encore envoyé ?!


Sous le coup de la colère, Nami avait crié sur son professeur. Encore. Il devait être habitué depuis le temps.

Il était temps que ses deux années d'entraînement se finissent, elle ne pouvait décidément plus supporter son tic de langage ! Encore remontée, elle sortit de la montgolfière pour prendre l'air.

Elle respira un grand coup pour recomposer le peu de calme qui lui restait.

Pendant ce simple et petit moment à elle, des foutus brigands la mirent en joue avec des dauphins.

Elle n'apprécia pas du tout. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui casser les pieds aujourd'hui ?! Pourquoi ils la fixaient ?!

"QUOI ?! VOUS AVEZ UN PROBLÈME ?!" Cria-t-elle hors d'elle, ignorant les risques entraînés.

Deux ans qu'elle étudiait pour retrouver les siens et maintenant que cette interminable période était enfin terminée, elle n'arrivait pas à les retrouver. Le monde était immense ! Elle pouvait terminer sa vie sans jamais les revoir ! Quoique, Luffy et la discrétion, ce sont deux choses bien distinctes, elle aura tôt fait d'en entendre parler dans le journal ! Enfin, s'il survit jusque-là...

Elle se remémora la première fois qu'elle avait navigué avec lui et Zoro. Ils avaient une barque. Avec le recul, elle aurait dû s'en réjouir. Quand deux personnes partent pour des jours sans réserve d'eau ni de nourriture en se laissant guider par les vents, la simple pensée d'une barque pour voyager en mer devient une bénédiction.

Perdu dans le vague, son regard glissa sur les hommes qui l'entouraient, les fusillant en attendant de se calmer.

Après tout cela, tout ce qu'elle avait vécu, au pire moment, quand elle allait devoir s'infiltrer sur le navire de l'Homme le plus fort du monde, ils étaient absents. Elle ignorait quelle foutue puissance en était responsable, mais elle allait lui en faire passer le goût dès qu'elle le saurait ! Dieu, Davy Jones, revenant, seigneur, peu importait ! Il allait voir.

D'ailleurs, au passage, si c'était une personne comme Ener, elle le détrônerait en prime.

Oui, elle allait faire ça.

Bien. Maintenant qu'elle s'était calmée, ayant mentalement passé sa rage sur un responsable, elle regarda son environnement.

Mais pourquoi donc y avait-il autant d'hommes balafrés qui la fixaient ? Pire, ils étaient sur leurs gardes !

Elle n'avait pourtant pas mémoire de les avoir attaqué. Pour être sûre, elle se repassa mentalement sa matinée.

La Vivre Card qui n'indiquait pas le bon endroit. Puis ses valises. Après elle était montée dans la montgolfière pour rejoindre le navire de Barbe Blanche. Oui, ça, elle ne risquait pas de l'oublier... BARBE BLANCHE ?!

Voilà, il était là l'indice manquant.

Elle était descendue sans faire attention sur son navire pour prendre l'air.

Oui, tout va très bien dans sa tête.

...

ELLE ÉTAIT JUSTE SUR LE PONT D'ASSASSINS SANGUINAIRES DIX FOIS PLUS FORT QU'ELLE !

Se rendant compte de ses pensées et les triant fort brillamment, elle éclata mentalement en sanglots.

Allez, tout allait bien se passer. Elle avait survécu au ciel, à Enies Lobby, au Triangle de Florian, elle pouvait au moins survivre à quelques pirates.

Ils étaient quoi ? Juste dix fois plus fort et deux cents fois plus nombreux ? Rien d'intenable !

Luffy à l'aide ! Même Zoro, n'importe qui !

Elle fixa sa mort en face.

Ce petit bout d'homme, qui faisait quand même deux fois sa taille, qui pouvait la tuer en une seule pression sur sa gâchette.

Un revolver, un si petit objet qui pouvait bouleverser son monde !

Ce petit dauphin surpuissant.

...

Dauphin ?

Elle se focalisa sur l'arme de son opposant.

...

Oui, il la visait avec un dauphin en argent à paillette.

Peut-être était-ce une blague de mauvais goût ? Comme le jour où Brook avait remplacé toutes les fleurs de navire par des plantes carnivores ? Le pire est sûrement qu'il ne l'avait pas remarqué. Puis il s'est fâché avec elles parce qu'elles ne le considéraient pas comme un repas gastronomique. L'histoire aurait pu s'arrêter là si Robin n'avait pas vu en elles les parfaites antimoustiques !

Nami espérait vivement qu'elles soient mortes maintenant. De faim, de vieillesse ou n'importe quoi, juste mortes.

Enfin, immédiatement, son problème était le mini dauphin. Pouvait-il tirer des balles ?

Mieux valait ne pas tenter le diable...

Elle changea de cible et put constater que son voisin partageait le même jouet.

Et son propre voisin. Et son voisin.

En fait, tous les pirates avaient les mêmes.

Elle scruta leurs expressions pour y lire la moindre trace de leurs humours mais rien.

Ils étaient mortellement sérieux.

Ne pas rire.

Elle n'allait pas s'esclaffer devant tous ses pirates.

Malgré tout, elle sentit le rouge lui monter aux joues.

Ils voulaient réellement l'effrayer ?

"Pf."

Elle ne teint pas plus longtemps, et éclata devant tous les Shirohiges qui la regardaient, interdits.


En plus d'être une extra-terrestre, elle était folle ! Bon sang ! La mer pouvait bien garder certains de ses mystères, il n'était pas enclin à tous les connaître !

"Commandant, que fait-on ?" Il allait falloir l'enregistrer cette phrase, cela lui épargnerait de la salive.

Contre toute attente, ce qui en fait était attendu, Joz se joignit à l'hilarité de la rousse.

Définitivement, il allait se prendre des vacances. Loin, très loin. Le lieutenant se tourna vers ses frères qui semblaient aussi déboussolés que lui même.

"Lieutenant ?" Appela, perdu, un pirate désoeuvré.

Le susnommé soupira. Une journée comme une autre après tout.

"On devra—"

Là. Sous ses yeux. À la main du marin. Un dauphin.

Il le fixa si intensément que son propriétaire baissa les yeux pour le constater à son tour.

M****, c'était quoi cette blague ?!

Entre temps, à des vitesses différentes, tous les hommes s'en aperçurent.

Comme un unique, tous les cerveaux connectèrent.

Il n'existait qu'une seule personne capable de faire ça.

"FRANKY !"

À travers monts et plaines, leur cri retentit.

Nami se calma, le temps d'intégrer le nom. Il était ici ?

"Que puis-je SUPER faire pour vous frangins ?" Demanda une silhouette de centaure sur le toit des appartements voisins en éclipsant le soleil.

Il sauta sur le pont avec noblesse et s'avança dans la foule, laissant la lumière dévoiler le subterfuge.

Adieu centaure de nos rêves, c'était juste le traditionnel cyborg avec l'avant de ses jambes détachées. Pensa, déçue, l'audience.

La chatte voleuse ne voyait rien. Tous ces hommes, amassés, lui cachaient la vue. Elle tenta de se glisser parmi eux mais leurs odeurs lui donnaient envie de vomir. Ne se lavaient-ils donc jamais ?!

"Cyborg, pourrais-tu nous expliquer la signification de ceci ?" Demanda sur un ton faussement calme le lieutenant.

"Oh ! Les Daukys ! Une nouvelle invention ! Elle vous plaît ? J'ai pris en compte tout ce que vous m'aviez dit ! Une arme puissante, intimidante, légère, petite et portative !" Annonça fièrement le pervers.

"Légère, je veux bien." Accepta un pirate.

"Portative aussi." Rajouta un autre.

"Puissante, à essayer."

"Petite, sans souci."

"Mais d'où elle est intimidante ?!" S'exclama ensemble le premier rang.

"Voyons, c'est un dauphin !" Jeta Franky comme si c'était l'explication ultime. Il remarqua tout de même les expressions peu convaincues des Shirohiges et développa. "Les dauphins sont la pire espèce existante ! Vous saviez que quand ils meurent de faim, ils se retournent contre un des leurs et le tuent sans pitié ?! Et ne le mangent même pas ! Non, il n'existe pas d'espèce plus détestable !" Clôtura-t-il.

Les pirates du Nouveau Monde restèrent sans voix.

Maintenant, ils allaient devoir expliquer à leurs adversaires pourquoi leurs armes étaient terrifiantes.

Nami poussa un dernier matelot, l'envoyant rejoindre les carpettes, avant d'arriver au centre de l'attention.

Elle reconnut sans mal le géant aux mille tresses qui osait se faire passer pour centaure.

En temps normal, sa retenue serait passée en première.

Mais ce n'était pas un temps normal. Deux ans l'en séparaient.

Elle prit son élan et courut enlacer l'amas de mécanique qui trônait au centre du pont.

"Franky !"

Ce dernier ne s'y attendait pas mais n'eut aucune difficulté à soutenir la charge supplémentaire qui ne faisait que la moitié de sa taille.

"Frangine !"

Il posa une de ses grandes mains sur sa tête.

"Si ce n'est pas notre SUPER navigatrice !"

Nami revêtit un sourire enfantin avant de lâcher son camarade.

"Tu n'as pas changé !"

La phrase fut comme une massue abattue sur la tête du géant. Il partit se morfondre dans un coin, vexé.

"Yoï, il se passe quoi ?"


Fini~ *dance de la joie*

Z'avez aimé ? Exprimez-vous !

Demain c'est mon anniversaire~Je dis ça, je dis rien~
Non, c'était une information inintéressé *regard en coin*

En plus, il y a un super rectangle en-dessous, tout ce que vous écrivez dedans me parvient ! Génial nan ?

Allez , faites vous plaisir ! Dites moi votre avis ! Ce que vous avez aimé ou pas !

Ciao !