Disclamer : ces personnages ne sont pas à moi mais à la célèbre et talentueuse Nitta Youka.
Genre : yaoi évidemment
Bonne lecture !
…
Disparaître de ta mémoire…
…
…
Chapitre 4 : Attitude hostile…
Kato poussa prudemment le fauteuil roulant où Iwaki était assis dans l'entrée de leur maison : il sentait la tension qui habitait son amant et celle-ci était malheureusement communicative, car ses propres mains se crispaient aux poignées du fauteuil. Il tenta malgré tout de continuer de sourire, dissimulant son stress afin de ne pas brusquer Iwaki.
Il était tellement heureux qu'il soit de retour chez eux, après ce mois éprouvant passé dans le coma à l'hôpital, qu'il ne voulait pas tout gâcher à cause d'un geste ou d'une parole déplacée.
Il savait pertinemment que l'annonce de sa venue chez lui n'avait pas enthousiasmé Iwaki, loin de là. L'acteur avait même tenté de faire changer d'avis son père, dans le dos de Kato. Ce dernier avait été blessé mais n'avait rien osé dire. Le fait qu'on le laisse déjà vivre avec Iwaki était énorme en soi…
Mais depuis qu'il était sorti de l'hôpital, Kato commençait à se demander si cette cohabitation serait de tout repos. Iwaki était sans cesse sur le qui-vive, ne se gênait pas pour lui faire des remarques blessantes dés qu'il le pouvait, comme s'il cherchait à mettre le maximum de distance entre lui et celui que tout le monde lui présentait comme son amant. Il fuyait ses yeux, ne lui adressait que des regards noirs, remplis de méfiance à son égard, et sursautait au moindre contact. Il n'avait définitivement pas accepté sa relation homosexuelle avec Kato et cela était parfaitement compréhensible. Ce ne devait pas être facile de se réveiller un beau matin et d'entendre dire par tous les gens qu'on connaissait que cela faisait plusieurs années qu'on avait une relation qu'on considérait contre-nature avant, avec une personne que l'on ne connaissait même pas ! Pour Iwaki, c'était même impensable, et il avait bataillé dur pour ne pas retourner avec cet étranger qui s'imposait à lui, mais son père n'avait rien voulu entendre, se référant sans cesse aux conseils du médecin.
De là était né une amertume sensible chez l'acteur, qui semblait prêt à tout pour faire céder Kato et le dégoûter à tout jamais de vivre avec lui.
Kato avait l'impression de retrouver l'Iwaki des débuts de leur relation, alors que l'acteur ne l'avait pas encore accepté, et savoir qu'il devrait tout recommencer depuis le début lui donnait envie d'abandonner. Mais pour Iwaki, il se serait battu contre des montagnes, alors il n'avait pas baissé les bras et avait tenté de surmonter tant bien que mal l'attitude hostile de son amant.
- Vous dites que nous avons acheté cette maison ensemble ?
La voix sèche d'Iwaki fit sursauter son compagnon et un petit soupir lui échappa.
- Iwaki tu n'as pas besoin de me vouvoyer tu sais je…
- Je ne tutoie pas les gens que je ne connais pas !
La réplique blessa profondément Kato qui prit sur lui une nouvelle fois et garda malgré tout son petit sourire de façade.
- Très bien, alors vouvoyons-nous, même si je trouve cela parfaitement stupide !
- Ce n'est guère plus stupide que de m'obliger à vivre ici ! s'exclama Iwaki.
Kato ferma un court instant les yeux, prenant une grande inspiration pour ne pas céder à une colère malvenue.
- Bien…
C'était plus un murmure qu'autre chose, et il poussa le fauteuil d'Iwaki jusqu'au salon : heureusement que leur maison était de plein pied, sans quoi il aurait eu beaucoup de mal à faire venir son amant ici. Mais le fauteuil n'était que provisoire, le temps que l'acteur récupère totalement sa motricité. Son coma lui avait laissé quelques séquelles qui n'étaient pas encore toutes parties.
Apparemment Iwaki ne reconnut pas l'endroit, car son regard traversa la salle avec suspicion, écrasant les maigres espoirs de Kato. Mais dés qu'ils furent suffisamment entrés, il posa ses mains sur les roues et se mit à pousser lui-même son fauteuil, s'éloignant rapidement de son compagnon.
- Je peux me débrouiller maintenant, merci beaucoup.
Le regard noir qu'il lui lança désarçonna Kato qui le laissa faire, ébranlé. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas vu une telle lueur dans les yeux d'Iwaki… Il se demandait parfois s'il n'avait pas affaire à un complet inconnu en face de lui. L'homme qui évoluait devant lui n'était plus l'Iwaki qu'il avait connu : il agissait comme s'il se méfiait de lui, avec une politesse froide et un respect forcé qui le blessaient de plus en plus.
Il le laissa lui échapper, le coeur gros et s'approcha de la cuisine, tentant malgré tout d'apaiser l'ambiance entre eux :
- Tu… Vous voulez manger quelque chose Iwaki-san ?
Bon sang, ce que c'était dur de devoir le vouvoyer, d'agir avec lui comme avec un étranger… Jamais encore Kato n'avait eu aussi mal mais une fois de plus, il garda contenance pour Iwaki. Il ne devait pas craquer, il devait continuer de tenir dans l'espoir de réussir à forcer les barrières mentales d'Iwaki pour l'atteindre à nouveau… C'était sa seule chance.
- Merci, je n'ai pas faim.
Il mentait, Kato le savait parfaitement. Lorsqu'ils avaient quitté l'hôpital, Iwaki n'avait pas encore mangé et il devait avoir l'estomac vide depuis le matin même. Mais il n'insista pas.
- Où est ma chambre ?
- Je… C'est-à-dire que notre chambre est par là…
- Notre chambre ?
Kato ignora la remarque et montra à son amant la porte de leur chambre, qu'il ouvrit complaisamment. Bien que leurs lits soient séparés, les deux amants avaient tenu à dormir dans la même chambre. Mais cette époque semblait tellement lointaine à présent. Pourtant Kato se battrait jusqu'au bout pour retrouver ces jours heureux.
Iwaki s'avança, observant l'intérieur et il ne dit pas un mot, mais le léger pincement de ses lèvres indiqua clairement à Kato qu'il n'appréciait pas tellement devoir dormir dans la même chambre que lui.
- Il n'y a pas d'autres chambre ici ?
Combien de fois voulait-il le blesser ainsi ? Kato prit une nouvelle fois sur lui, même si c'était de plus en plus douloureux et il avoua à demi-mots :
- Nous avons une chambre d'amis…
- Bien. Je dormirai donc là-bas.
Et sas un regard de plus pour leur chambre, Iwaki fit tourner son fauteuil et se mit en quête de cette fameuse chambre d'amis.
Le cœur gros, Kato revint vers le couloir et ferma doucement la porte sur ses souvenirs…
…..
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
…..
Les premiers jours furent sans doute les jours les plus longs de toute la vie de Kato. Il avait cessé de travailler pour rester aux côtés de son amant mais l'attitude d'Iwaki finit presque par le dégoûter d'avoir fait ce choix.
L'acteur était insupportable : il ne supportait aucune remarque ou même parole de Kato, le coupait dans sa conversation dés qu'il abordait le sujet de leur couple et l'ignorait la plupart du temps. Il aurait voulu le dégoûter à tout jamais de lui qu'il ne s'y serait pas pris autrement, et Kato commençait à se demander ce que cachait véritablement son petit jeu.
Mais derrière toute cette méchanceté gratuite et cette attitude froide, le plus dur pour Kato était de vivre aux côtés d'un amant qu'il ne pouvait ni embrasser, ni toucher, sous peine de subir les reproches les plus courroucés de la terre.
Il en venait presque à regretter l'époque où Iwaki était encore dans le coma, et où il ne pouvait ne serait-ce que tenir sa main tendrement sans subir tous les maux de la planète… Mais ces pensées ne duraient jamais bien longtemps parce que malgré la situation, Kato était infiniment heureux de voir qu'Iwaki se rétablissait doucement mais sûrement et que cet accident ne serait bientôt qu'un mauvais souvenir…
Le fauteuil avait rapidement disparu, Iwaki n'ayant pas contre absolument pas perdu sa volonté d'acier d'avant, que Kato avait toujours aimé en lui. Il l'avait observé, de loin, s'astreindre avec courage à ses exercices et même son kiné avait été surpris de ses efforts. Il avait rapidement retrouvé l'usage complet de ses jambes et de son corps, ce qui lui avait permis de se retrouver très vite debout.
Kato s'était senti très vite inutile… Quand Iwaki était encore en fauteuil roulant, il avait besoin de lui pour certaines choses, ne serait-ce que faire à manger puisque l'acteur n'atteignait pas les fourneaux ou les placards placés trop haut. Mais dés qu'il avait pu remarcher, Kato lui était devenu inutile et Iwaki se contentait du strict minimum avec lui : il le saluait froidement le matin et parfois lui souhaitait une bonne nuit le soir. Pour l'instant, pour Kato qui avait tellement espéré dans cette cohabitation, l'essai se révélait des plus décevant. Son amant n'acceptait pas leur relation et c'est tout juste s'il le tolérait lui-même.
Et si au début Kato avait été patient avec lui à cause de son état physique, il commença très vite à trouver la situation de plus en plus insupportable et il décida de prendre le taureau par les cornes un soir où Iwaki s'était fait encore plus distant.
Il s'assit à ses côtés alors que l'acteur lisait un roman et il fit exprés de se rapprocher de lui, sachant très bien que cela attirerait rapidement l'attention d'Iwaki sur lui.
Cela ne tarda pas et avec un soupir, Iwaki tourna son visage vers lui, demandant sèchement :
- Qu'est-ce que vous voulez Kato-san ?
- Que tu me tutoies Iwaki. Je ne supporte plus cette froideur que tu as à mon égard.
- Je vous ai déjà dit que je ne tutoyais pas les gens que je ne…
- Oh arrête avec ça ! Je savais que tu étais une véritable tête de mule, mais à ce point-là… Iwaki pour moi tu n'es pas un étranger, tu es l'homme que j'aime et…
- Mais pourquoi tu refuses de voir que cet homme n'existe plus ? Je n'ai aucun souvenir de toi, rien. Comment veux-tu que je puisse t'accepter dans ces conditions ?
- Si au moins tu essayais Iwaki. Mais tu te fermes à moi. Tu fais comme si je n'existais pas. Tu n'essayes même pas te retrouver tes souvenirs !
- Si c'est pour apprendre que je suis devenu homosexuel et que je couche avec l'un de mes rivaux dans le métier, je n'en ai pas envie !
Kato accusa mal le choc et sentant l'émotion le gagner, il articula péniblement en secouant la tête :
- Tu ne peux pas dire ça Iwaki. Pas sans savoir ce que nous avons vécu…
L'acteur soupira, fatigué.
- Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de me souvenir…
Mais il ne pu pas aller plus loin : une bouche possessive s'empara de la sienne et Kato l'embrassa avec passion, donnant à son baiser toute la saveur et la beauté de leur ancienne union, s'abandonnant à cette étreinte qui lui avait tellement manqué ces derniers temps.
Redécouvrir Iwaki, c'était comme… faire un rêve magnifique. Un rêve qu'il n'avait pas envie de briser tout de suite et il prolongea le baiser au maximum, surpris toutefois de ne pas être repoussé par son amant.
Ils se séparèrent à bout de souffle et Kato eut un petit sourire mélancolique :
- Ca, ce n'est qu'un tout petit aperçu de mes sentiments pour toi Iwaki…
L'acteur avait l'air tellement étonné que Kato finit par se relever en soupirant. Mieux valait laisser Iwaki réfléchir à ce qu'ils venaient de se dire. Et puis la boule d'angoisse dans sa gorge enflait tellement qu'il avait peur d'exploser en sanglots avant même d'arriver dans sa chambre.
- Bonne nuit Iwaki. Fais de beaux rêves.
Le brun ne lui répondit même pas, encore sous le choc de ce qui venait de se passer.
Il entendit la porte de la chambre se refermer et il porta doucement ses doigts sur ses lèvres encore gonflées de leur baiser.
Quelle était cette impression étrange qui le traversait ? Comme une sensation de… déjà vu et… de bonheur ?
A suivre…
