Me revoilà pour le chapitre 4 ! J'espère qu'il vous plaira ^^.

Chapitre 4

C'est un bruit de téléphone qui réveilla Kida. Il ouvrit lentement les yeux et chercha l'appareil à tâtons. Il poussa un gémissement de douleur quand il étira trop le bras gauche, lui rappelant le coup de couteau de la veille. Il finit néanmoins par le trouver. L'écran affichait « Ryouta ». Il se demanda ce qu'il pouvait bien y avoir à cette heure-là. Il décrocha avant de commencer à s'imaginer trop de choses.
« Allo ? fit-il dans un bâillement.
-Allo Kidacchi, j'te réveille ?
-T'inquiète, il fallait que je me lève de toute façon.
-Je vois.
-Qu'est-ce qu'il y a ? C'est rare que t'appelles de bon matin. J'te manquais tant que ça ?
De l'autre côté du fil le mannequin se mit à rougir et se retint comme il le put de lui avouer que oui, puis au bout de quelques secondes il s'expliqua.
-Entre autres, mais ce n'est pas pour ça que je t'appelle. Hier quand on a acheté ton livre on l'a mis dans le même sac que celui de Momocchi et moi, du coup je crois que tu l'as embarqué avec.
-J'vais te dire ça tout de suite, le sac est sur mon bureau.
Il se leva et se dirigea vers ledit bureau. Il ouvrit le sac, les deux livres y étaient bel et bien.
-Ouais c'est moi qui l'aie.
-Tu penses que tu pourrais me le rapporter dans la journée ? J'en aurais besoin cet après-midi…
-Pas de problème, devant ton collège à 11 heures ça te va ? J'ai deux heures de trou aujourd'hui.
-Je ne vais pas te faire aller jusqu'à mon collège… La gare des bus ce sera bon.
S'exclama le blond de l'autre côté du fil.
-D'accord. A toute à l'heure dans ce cas.
-A toute à l'heure Kidacchi.

Ensuite le mannequin raccrocha. Le foulard jaune bailla à nouveau, mit le sac en plastique dans son cartable et descendit prendre son petit-déjeuner en somnolant encore à moitié. Il devait se dépêcher sinon il serait en retard se dit-il alors, mais il ne se pressa guère plus au final. Quand il se déshabilla pour se changer, son regard s'attarda bien évidemment sur son bandage. Ce dernier s'était tâché de rouge, aucun doute que ce n'avait pas cicatrisé du tout. Il hésita à défaire le pansement pour le changer. Il se ravisa, il n'avait pas le temps. Et puis, le bandage de Momoi était bien serré et tiendrait bien une journée de plus. Il enfila son uniforme, attrapa son sac de cours et partit pour son collège.

Quand vint son heure de trou, il se mit en route pour la gare des bus où il devait rejoindre Kise. Il se plongea dans ses pensées, à tel point qu'il n'entendit pas le blond arriver derrière lui.
« Ki-da-cchi~ ! Fit le blond en s'approchant de lui.
Mais le plus petit des deux ne réagit que quand l'autre plaqua ses mains sur son épaule pour lui signifier sa présence. Kida se retourna brusquement. Le mouvement fut malheureusement trop brusque, sa blessure se rouvrit. Ils se dévisagèrent quelques secondes avant que le plus grand des deux ne disent :
« Kidacchi… Tu saignes…
Le susnommé fixa alors son bras. La blessure était complètement rouverte et le sang commençait à tâcher son uniforme. Il ne sut comment réagir. Il lui fallait un plan, vite. Il devait partir. Mais en même temps il était tétanisé. Kise allait surement se douter de quelque chose, il n'était pas idiot. Il verrait bien qu'il y avait un problème. Mais il ne pouvait rien lui dire sans le mettre en danger.
« Kidacchi… Il s'est passé à quelque chose ? demanda le mannequin, inquiet.
Kida n'arrivait même plus à bouger. Il faisait s'inquiéter le basketteur, de quel droit le faisait-il ? Il s'était promis de ne jamais lui causer de souci.
-Kidacchi, réponds-moi ! Répéta alors le plus grand.
Le regard de Kise était tellement inquiet qu'il fit perdre ses moyens à l'autre blond, plus particulièrement lorsqu'il se perla de larmes. Kida lâcha alors le sac plastique puis partit en courant, aussi vite que sa blessure qui lui déchirait le bras le lui permettait. Kise resta bloqué, il n'eut pas le temps ni les réflexes pour partir à sa poursuite, il eut besoin de plusieurs secondes pour réaliser ce qu'il venait de se passer, peut-être qu'au fond il ne voulait pas comprendre.

Qu'est-ce qu'il se passait ? Est-ce qu'il avait raté quelque chose ? Peut-être n'avait-il pas été assez attentif, il avait surement loupé quelque chose d'important. Et pourquoi Kida ne voulait-il pas lui en parler ? Peut-être qu'il n'était pas assez digne de confiance à ses yeux… Cette hypothèse lui pinça le cœur. Il l'aimait tant. Il l'aimait plus que tout au monde. Il voulait que l'autre ait confiance en lui, qu'ils puissent tout se dire, même si ce n'était qu'en tant qu'ami puisqu'ils ne dépasseraient à son grand regret, surement jamais ce stade. Il se saisit du sac que Kida avait laissé tomber puis il reprit sa route vers Teiko, les larmes aux yeux. Il voulait savoir ce qui n'allait pas chez son ami. Il était triste, mais surtout inquiet.

x-x-x

Le blond marcha aléatoirement, les mains dans les poches, la tête baissée, perdu dans ses pensées. Il ne s'arrêta que quand il réalisa qu'il était devant le gymnase de Teiko. Il ne savait honnêtement pas comment il était parvenu jusque là. Il resta tête baissée, toujours à se lamenter et à penser à Kida.
« Ki-chan ?

Le mannequin releva la tête à l'entente d'un de ses surnoms. Il releva la tête, le regard toujours plein de larmes et croisa le celui de Momoi. Cette dernière le fixait, l'air alarmée, inquiète. Elle lui demanda alors :
-Ki-chan ?! Qu'est-ce que tu as ?
Il ne savait trop quoi répondre. Les larmes qui perlaient à ses yeux finirent par couler. Il renifla puis s'accroupit, recroquevillé sur lui-même, la tête dans les bras.
-Ki-chan ?
Sa voix se fit encore plus inquiète, elle s'approcha du blond et s'accroupit en face de lui. Elle ne voyait pas ce qui pouvait mettre le mannequin dans un tel état. Enfin si, il y avait bien une chose qui pouvait rendre Kise triste voire le faire pleurer ainsi.
-Il s'est passé quelque chose avec Kida-kun ? demanda-t-elle sans réel doute quant à la réponse.
L'autre hocha légèrement la tête, bien que surpris, au fond, que la jeune fille ait pu deviner ça, mais il était trop mal pour demander quoi que ce soit.
-Tu veux en parler ? demanda-t-elle alors, désireuse d'aider son ami.
Le basketteur mit du temps à laisser les mots franchir la barrière de ses lèvres. Il parlait entre ses sanglots. Ses larmes continuaient de couler, il essayait de les faire partir en les essuyant du revers de la main mais rien n'y faisait. Il avait l'impression de pleurer encore plus.
« Kidacchi… Il est blessé… Mais il est distant avec moi… Il ne me parle de rien… J'ai peur de ne rien être pour lui… J'ai peur qu'il n'ait pas confiance en moi… Et ça me fait mal…
Momoi étreignit amicalement le blond puis lui passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffant légèrement pour le réconforter. Elle avait eu une intuition et là cette intuition était confirmée. Il n'y avait aucun doute que Kida aimait Kise. De ses rougissements à cette envie démesurée de le protéger en l'éloignant de lui en passant par cette espèce de proximité qu'ils semblaient avoir tous les deux. Et maintenant elle était sûre que Kise aimait lui aussi Kida. Sinon il ne serait pas dans un tel état. Elle aurait voulu le consoler, lui dire que c'était parce qu'il tenait à lui que Kida ne voulait ou plutôt ne pouvait rien lui dire. Mais elle avait promis au chef des foulards jaunes de garder le silence sur ce qu'ils s'étaient dit la veille. Elle se contenta donc de lui conseiller :
-Tu devrais en parler directement avec Kida-kun, non ?
Kise hocha la tête. Elle avait raison, c'était avec l'autre blond qu'il devait en parler pas avec elle, mais il n'arriverait surement pas à lui parler de tout ça sans se mettre à pleurer et lui avouer qu'il l'aimait. Et ça, il ne voulait pas lui avouer. Il resta à pleurer ainsi pendant quelques minutes supplémentaires puis mit fin à l'étreinte. Momoi lui donna une petite tape sur l'épaule et se releva.
-Allez, c'est l'heure d'aller en cours ! fit-elle pour le remotiver.
Le blond renifla et essaya d'arrêter de pleurer. Il passa à plusieurs reprises ses mains sur ses yeux pour faire disparaître les larmes qui continuaient, malgré qu'il essaye de les retenir, de couler sur ses joues. Il finit ensuite par repartir en cours, accompagné de la rose. Le reste de la journée passa sans qu'il puisse penser à autre chose que Kida l'espace de ne serait-ce qu'une seconde. Et du côté de ce dernier, ce fut la même chose. Il avait pleuré lui aussi, mais seul. Il s'en voulait d'avoir inquiété Ryouta, d'avoir fait perler ces larmes d'inquiétudes à ses yeux. S'il avait su toutes les larmes qu'il lui faisait verser, il ne se serait jamais pardonné et n'aurait surement plus été capable de lui faire face à nouveau.

Voilà, c'est tout pour ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu ! N'hésitez pas à me laisser votre avis :).

A bientôt ~!