Et un chapitre de plus !
Par soucis d'écriture j'ai du l'écrire en partie en présent (parce que lire un texte ou plus que parfait ce n'est pas très agréable.)
Le début est assez étrange, c'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle c'est au présent parce qu'au passé je trouvais ca bizarre.
Enfin, bref je vous laisse lire.
Chapitre 3 : Nightmares (*)
(POV Athrun)
J'ai l'impression de flotter dans un état où je ne ressens ni douleur, ni peine, ni joie. Rien comme si je n'étais plus vivant, et pourtant j'ai conscience de ne rien ressentir. C'est vraiment une sensation très étrange qui me parait presque qu'irréelle. Suis-je mort ? Ou bien entre les deux ? Je ne sais pas. Tout était si confus dans ma tête et ce qui m'arrive me semble complètement illogique. Pour moi la mort est un état où la conscience n'existe plus. Or là j'ai conscience de mon corps, je peux encore penser et réfléchir, mais je ne ressens absolument rien. Comment cela peut-il être possible ?
J'essaye de rassembler mes pensées mais j'ai du mal à les organiser. Je sens de temps en temps quelque chose de diffus, de pénible, qui trouble ma concentration et qui ne cesse d'augmenter. C'est une sensation que je connais, que j'ai déjà ressentie plusieurs fois dans ma vie. Quelque chose de désagréable, que l'on craint normalement d'éprouver et qui pourtant en ce moment-même me rassure. Je ressens quelque chose finalement. Peut-être que je ne suis pas mort … ou que je suis simplement sur le point de l'être…
Mais c'est étrange, je n'ai pas peur. Je n'ai pas l'impression d'être en train de mourir : ma vie ne me défile pas devant les yeux comme il serait cessé m'arriver. Je me sens plutôt calme et apaisé, comme si j'étais plongé dans un profond sommeil. Cependant la sensation pénible continue d'augmenter et j'arrive enfin à mettre un nom dessus : la douleur. C'est cela que je ressens, de la douleur. Elle me semble si familière, comme si je l'avais récemment connue.
Petit à petit, j'ai l'impression que le sommeil s'estompe lentement. Et puis, brusquement, une violente douleur dans le milieu du dos m'en sort complètement. Elle est si forte, si soudaine que je m'en mords les lèvres. Elle dure quelques instants avant de faiblir progressivement. Je me détends lentement et réalise alors que je connais cette douleur-là. J'avais cru qu'elle avait finit par disparaître, mais elle est revenue, toujours aussi forte. Cela ne veut dire qu'une seule chose, je ne suis pas mort. On ne souffre pas quand on est mort.
Je veux ouvrir les yeux, mais je n'ai pas la force de soulever les paupières. Je reste donc les yeux clos et prends peu à peu conscience de mon environnement. Un bruit régulier commence à résonner dans ma tête : un bip répétitif et rapide, un son monocorde et strident. C'est d'ailleurs l'unique chose que je peux clairement distinguer, le reste est flou, lointain.
J'ai l'impression d'osciller entre la conscience et ce sommeil car le bip me parait, lui aussi, de temps en temps lointain. J'ai du mal à rester éveiller : je me sens si fatigué mais j'essaye de me fixer sur le bip. J'essaye de toute mes forces mais de violents vagues de douleur me font régulièrement perdre connaissance et m'entraine dans le néant pour quelques instants. Le bip est alors très distant, c'est à peine si je l'entends mais je m'arroche à lui pour ne pas sombrer.
Petit à petit, j'arrive à résister à la douleur et m'y habitue. Le bruit de fond commence à devenir plus audible : ce sont des voix, de faibles murmures dont je n'arrive pas à comprendre le sens. Je peux cependant percevoir qu'il y en a trois différentes. Elles me paraissaient familières, mais je ne suis pas sûr. J'ai l'impression de les connaître même si ma raison me dit que c'est impossible, que ca ne peut pas être eux.
Je tente de comprendre leurs paroles, de discerner leur timbre de voix mais tout est haché, entrecoupé par ce bip incessant qui retentit fortement dans ma tête. J'abandonne par manque de force et de volonté, et me porte vers l'étrange chaleur que je ressens au niveau de ma main. Quelqu'un la tient, la serre doucement dans les siennes, comme si cette personne voulait me signaler sa présence. C'est un geste doux et tendre : la pression est faible mais assez puissante pour que je la ressente. Je sens que la personne mesure son geste et modère sa force comme si elle craignait de me faire mal. Ses mains sont chaudes et m'apaisent.
Je penche ma concentration vers cette personne et j'arrive à distinguer sa respiration calme et régulière. En l'écoutant avec plus attention, je me rends compte qu'elle est lente et contrôlée comme si la personne à mes côtés tentait chaque seconde de se détendre. On dirait qu'elle est un peu apeurée : elle me serre un peu plus la main à chaque fois que la douleur revient et que je me mords les lèvres. J'ai vraiment l'impression que cette personne veut me parler, me dire qu'elle est là et que je dois m'accrocher. On dirait même qu'elle craint que quelque chose ne m'arrive, comme si elle tenait beaucoup à moi.
La chaleur de ses mains et sa douceur me sont familières. Je les connais, très bien même. Je veux lui répondre, je veux qu'elle sache que je sens sa présence. Je rassemble toutes mes forces et dans un grand effort de volonté je parviens à serrer très faiblement l'une de ses mains. Ce geste me fait mal, je ressens plusieurs picotements le long du bras comme si je tirais sur des blessures pas encore cicatrisées. Je relâche rapidement la tension que je m'impose et les picotements s'atténuent.
La douleur revient alors encore plus forte, plus intense qu'avant. Elle traverse mon corps en partant du mon dos et cette fois-ci je peine à rester conscient. J'ai vraiment l'impression de perdre pied, de retomber dans le néant, mais je ne veux pas. Je serre cette main de toutes mes forces, je m'accroche à elle, à cette personne que je connais. Les picotements dans mon bras reviennent mais ne sont rien par rapport à cette douleur-là. Ma respiration s'emballe aussi, j'ai du mal à respirer et ma poitrine me brûle à chaque inspiration. J'ai l'impression de ne plus être capable d'inspirer mais quelque chose posé sur mon nez me pousse à continuer. Il m'envoie un gaz et m'aide à respirer.
La douleur faiblit lentement avant de disparaître totalement quelques minutes plus tard. Je me sens complètement vidé, aussi faible qu'un enfant et je redoute la prochaine fois qu'elle reviendra. Je crains de ne pas pouvoir la supporter une nouvelle fois, de ne plus être capable de m'accrocher à la personne à mes côtés. Je ne veux pas retomber dans cet état où je ne ressens rien mais j'ai l'impression de n'avoir plus la force de lutter contre la douleur.
Je me reconcentre sur la personne qui tient ma main et j'entends alors quelqu'un bouger à l'opposé d'elle. On s'approche de moi et je sens une légère piqûre dans mon bras droit. Une voix s'élève, une voix que j'ai entendue récemment. Je parvins à saisir certains de ses mots : elle parle d'apaisement et de repos. On dirait qu'elle s'adresse à la personne à mes côtés et qu'elle souhaite la rassurer.
Je l'entends s'éloigner quelques secondes plus tard, ainsi que deux autres personnes, et le silence règne dans la salle. Le bip est bien sûr toujours là mais je me suis habitué à lui, il ne me gêne plus à présent. Je sens toujours la présence à mes côtés et je serre faiblement la main de cette personne pour vérifier qu'elle est bien réelle. Je l'entends bouger et quelque chose effleure doucement ma joue. C'est toujours un geste doux, tendre et mesuré.
La personne craint réellement de me faire mal et ses attentions envers moi me La rappellent. Elle est douce et tendre comme Elle. Sa chaleur et sa présence m'apaisent autant que les Siennes. Je me prends à penser que c'est Elle, que c'est celle que j'aime à mes côtés, mais c'est impossible, Elle ne peut pas. Elle n'est plus de ce monde… enfin je crois… je ne sais plus.
Je ne me souviens presque pas des ces derniers jours. Je me rappelle juste vaguement d'avoir couru sous la pluie, un soir, une arme à la main, comme si je fuyais quelque chose…ou quelqu'un. La raison ou le visage de cette personne m'échappe encore mais je suis certain qu'un événement récent en ait la cause. Je fouille dans mes souvenirs et un sentiment de tristesse m'envahi : je sais que j'ai perdu deux personnes très chères à mes yeux, la femme que j'aime et mon meilleur ami, mais je ne me souviens de pas de comment cela est arrivé. Je crois que leur perte est en partie à l'origine de ma fuite mais il y a un autre événement qui m'a poussé à partir. Je ne sais même pas où je voulais aller, j'ai juste la vague sensation de n'avoir pas pu me résoudre à leur mort.
Oui, je me souviens maintenant, je suis parti à leur recherche…mais alors pourquoi crois-je donc qu'Elle n'est plus de ce monde ? Et si elle ne l'est en effet plus, comment cela est-il possible que quelqu'un agissant exactement comme Elle me tienne la main et me rassure ? Me rassure de quoi d'ailleurs ? Tant de questions se bousculent dans mon esprit et je n'arrive à répondre à aucune d'entre elle. La seule chose que je sais c'est que je suis censé être mort mais le bip et la présence de cette personne me pousse à penser que je ne le suis pas. Où puis-je donc être alors ?
Je sens que quelque chose de dur et de mou à la fois me maintient dans une position semi-allongée. Un tube transportant un liquide chaud est collé contre mon bras droit et deux aiguilles sont plantées dans mon poignet. On dirait que l'on me transfuse deux produits, dont l'un que je pense être du sang. Tout cela ainsi que le bip régulier me laisser imaginer que je suis dans une infirmerie et qu'on me soigne. Que m'est-il donc arrivé ?
Je me rappelle d'avoir ressenti des picotements lorsque j'avais serré la main de la personne à mes côtes, comme si je tirais sur des blessures pas encore guéries. Je me serais donc protégé le visage avec. Mais de quoi ?
J'essaye de me souvenir des dernières heures, pour comprendre ce qu'il s'est passé et pour une fois aucune douleur ne vient troubler ma concentration. On dirait qu'elle a complètement disparu depuis cette piqûre. Je me sens apaisé et j'arrive à tenir éveillé sans difficulté, mais je n'ai toujours pas la force d'ouvrir les yeux. Pourquoi me sens-je donc si faible ? Je continue de fouiller dans mes souvenirs : des images s'imposent dans mon esprit et petit à petit s'organisent. Je parvins enfin à reconstituer les dernières heures dont je me souviens.
J'étais dans ma chambre, la lumière éteinte, et je regardais la pluie tomber en repensant à ce qui venait de se passer. Le président m'avait proposé de piloter une toute nouvelle unité et j'avais préféré retourner dans me quartiers plutôt que de passer ma journée à apprendre à la maîtriser. J'avais vraiment l'impression qu'il souhaitait me transformer en un pilote sans cervelle juste bon à suivre ses ordres et je ne voulais pas le devenir. Je ne voulais pas redevenir le soldat suivant aveuglément aux ordres qu'on lui donnait que j'avais été durant la première guerre. Cette personne avait cessé d'exister au moment où je l'avais rencontrée et il était hors de question que je le redevienne.
Comment avais-je pu être aussi stupide et aveugle pour ne pas voir qu'il me manipulait depuis le début ? Dire que je l'avais laissée seule alors qu'elle avait besoin de moi. Je savais qu'elle n'aimait pas l'idée que je retourne à Plant et je pensais ne jamais réintégrer ZAFT mais le président et Yzak avait fini me convaincre de le faire. J'aurais dû refuser et retourner à ses côtés, mais j'avais crû pouvoir faire quelque chose pour l'aider en tant qu'Athrun Zala.
J'avais, encore une fois plus, bêtement cru pouvoir fait arranger les choses par moi-même et voilà à quoi cela m'avait mené. J'étais séparé d'elle et elle avait faillit se marier avec Yuuna. Un part de moi se sentait trahi et lui en voulait, mais je savais que je n'avais pas le droit d'être en colère. C'était moi qui était parti après tout, je l'avais laissée seule à sa merci avec pour unique protection l'anneau que je lui avais donné. J'avais cru qu'il éloignerait Yunna d'elle et qu'elle réussirait à lui résister. Elle savait parfaitement ce qu'elle représentait pour moi et j'espérais qu'elle serait rassurée à ce sujet. Pourtant rien ne s'était passé comme prévu et je remerciai Kira de 'avoir enlevée avant qu'elle n'ait eu le temps de dire oui.
Je regrettais de n'avoir rien pu lui faire d'autres que des reproches quand je l'avais revue en Crête. Je pensais pouvoir La mettre en colère pour qu'elle redevienne celle qu'elle était mais tout ce que j'avais fait c'était la blesser encore plus. Chacune de ses paroles m'avaient touché droit au cœur, j'aurais tellement aimé la serrer dans mes bras et lui dire combien elle m'avait manqué, L'assurer que je ne La laisserais plus seule et que je combattrais pour elle.
Mais je n'avais pas voulu pas prendre le risque de ne pas pouvoir les protéger : sur le Minerva je pouvais au moins faire en sorte de convaincre le capitaine et le président que l'Archangel était notre allié. J'avais préféré me comporter comme un idiot et avait osé la blâmer pour ses actions alors que je savais parfaitement qu'elle s'en voulait de ne rien pouvoir faire. J'avais eu tort de faire ça et je m'en voulais terriblement de n'avoir pas été capable de lui dire « Je t'aime » lorsque j'avais vu ma bague à son doigt. Ce jour-là mon regard avait parlé pour moi et je savais qu'elle avait compris.
Cependant je regrettais tout ce que j'avais depuis le début de cette guerre, je me sentais honteux de m'être laissé ainsi avoir par le président. Mais tous mes remords n'avaient plus aucune importance, je n'avais plus rien à présent. J'avais lui avait stupidement donné des renseignements sur l'Archangel, pensant qu'il voulait s'allier avec eux, et il les avait fait abattre comme des lâches. L'Archangel avait coulé, avec elle à son bord, et le Freedom piloté par Kira, avait été détruit par Shinn. La femme que j'aimais plus que tout et mon meilleur ami n'étaient plus de ce monde par ma faute. A cause de ma stupidité, je les avais tout les deux perdu alors que je voulais simplement les protéger.
Une partie de moi était tout de même persuadé qu'ils étaient encore en vie quelque part : le capitaine Ramius avait toujours réussi à sortir l'Archangel de n'importe quelle situation et avec Elle à son bord le vaisseau était plus que bien dirigé. Mais était-ce seulement possible… ?
Quelqu'un entra subitement dans ma chambre et alluma la lumière. Je me retournai vers l'intrus et reconnus Meer. Elle s'approcha de moi et me tira vers la porte par le poignet en m'enjoignant de retourner dans le hangar où se trouvait mon unité. Elle m'expliqua que le président commençait à avoir des doutes et je pris soudainement conscience que je n'étais plus en sécurité ici. Maintenant que j'avais refusé, d'une certaine façon, son offre et que nos façons de penser commençaient à diverger, je représentais une menace pour lui. Il n'allait pas tarder à envoyer la police militaire m'arrêter et je ne pouvais pas rester là sans rien faire. Mais où pouvais-je donc bien aller ? L'Archangel avait coulé et s'il s'en était sorti par miracle, je ne connaissais pas sa position.
Je cherchais un endroit où m'enfuir lorsque quelqu'un frappa à ma porte. C'était, comme je l'avais prévu, la police militaire qui venait soit disant me poser des questions. Je savais très bien que c'était faux et que dés que je leur aurais ouverts, ils se jetteraient sur moi pour m'arrêter. Je n'allais pas les laisser m'avoir si facilement : je m'étais peut-être laissé berner par le président dès le départ mais maintenant que je m'en étais rendu compte, il était hors de question que je lui donne la satisfaction d'avoir entièrement réussi.
Je brisai la fenêtre d'un coup de coude et m'engagea dehors sous la pluie pour me poster sur le toit. Un coup de feu retentit et ma porte fut forcée. Trois hommes entrèrent et se précipitèrent vers la fenêtre pour se diriger ensuite sur le balcon. Je les surpris et parvint à les assommer le temps de tendre la main à Meer. Je ne pouvais pas la laisser là, le président allait continuer à l'utiliser et dés qu'elle ne lui serait plus d'aucune utilité, il l'éliminerait à son tour.
Elle se laissa tirer quelques instants puis s'arrêta dans les escaliers et refusa de me suivre prétextant que ce rôle lui plaisait. J'essayai de la convaincre mais elle ne voulut rien entendre. Elle s'était persuadée d'être Lacus et je ne pouvais rien faire de plus pour elle. Je partis donc sans elle, et me mis à courir sous la pluie une arme à la main. La nuit était tombée depuis quelques heures maintenant et il n'y avait pratiquement personne dehors.
Je longeais les quartiers lorsqu'un groupe de soldat fit irruption en face moi. Je me collai contre le mur, en espérant qu'ils ne viendraient pas dans ma direction mais leurs bruits de pas ne firent que s'approcher de plus en plus. C'était sans doute des sentinelles patrouillant le bâtiment et elles n'allaient pas tarder à me trouver si je restais ici. Je pris donc le risque de sortir de mon abri et m'engagea dans l'escalier menant aux quartiers des membres de l'équipage du Minerva. Je m'avançai ensuite dans le couloir et entrai rapidement dans la première chambre à ma gauche lorsque des voix s'élevèrent au loin.
La soirée était bien avancée déjà et l'équipage avait souvent l'habitude de se retrouver le soir dans leur salle commune pour discuter. Il ne devait donc y avoir personne dans les chambres et je pouvais m'y cacher quelques instants en attendant de pouvoir ressortir pour voler l'une de leurs unités.
Il était censé n'y avoir personne sauf que quelqu'un bougea et se releva précipitamment. Je levai la tête et remarquai que Meyrin m'observai à la fois intriguée et affolée. J'étais complètement trempé et qui plus est j'avais une arme à la main. Je me précipitai vers elle et posai ma main devant sa bouche en lui demandant de ne pas crier. Elle hocha la tête et je retirai ma main de son visage. Elle commença, alarmée :
« Que se passe-t-il, Athrun ?
- La police militaire est à ma recherche.
- Mais qu'avez-vous fait ?
- Le président veut m'éliminer maintenant que je ne le suis plus d'aucune utilité… »
Je fus arrêté par quelqu'un qui frappa à la porte :
« Ici la police militaire. Nous voudrions inspecter votre chambre. Ouvrez la porte. »
Je me préparai à tirer en cas de besoin tandis que Meyrin se retourna vers la porte puis vers moi.
« Après que je sois sorti, cris et dis que je t'ai menace avec une arme, lui ordonnai-je. »
Elle se retourna vers la porte et m'attrapa par le poignet. Je fus étonné par son comportement et me laissai tirer vers la salle de bain où elle ouvrit l'eau. Je me repris :
« Idiote ! Ca ne marchera jamais ! »
Elle ne m'écouta pas, se mis en sous vêtements et se trempa les cheveux avant d'attraper une serviette. Je tournai la tête gêné. Quelqu'un força la porte puis laissa échapper un cri de surprise. Je me plaquai contre le mur de la salle de bain et regardai l'eau couler sur le sol.
« Minute, Meyrin ! Pourquoi es-tu nue ? »
C'était Luna. Que faisait-elle là ?
« Oh, Luna…Eh bien, je prenais un douche mais ils sont venus frapper à ma porte, donc…
- De toute façon, dépêche-toi de t'habiller. Tu fais pitié ! lui rétorqua son ainée d'une voix dure. »
Je fus choqué de la façon dont elle s'adressait à sa sœur et ce fût la porte qui claqua qui me sortit de ma stupeur. Je sortis de la pièce en attrapant au passage son peignoir et m'approchai d'elle. Elle sanglotait et tremblait. Je m'accroupis et lui le déposai sur les épaules. Elle releva la tête et je lui souris.
« Merci. Mais pourquoi… ?
- Je ne sais pas…, parvint-elle à me répondre entre deux sanglots. »
Je me redressai et me retournai pour quitter la pièce. Je ne pouvais pas rester plus longtemps ici où elle serait accuser de complicité. Au moment où je m'éloignai d'elle, elle me saisit la cheville et je m'arrêtai pour ne pas tomber.
« Le hangar ! Attends un peu ! S'exclama-t-elle »
Je la regardai surpris se relever, enfiler correctement son peignoir et s'installer devant son ordinateur. Je me mis derrière et la regarda pianoter sur les touches de son clavier tout en m'expliquant :
« Si je peux infiltrer l'ordinateur principale de la base et déclencher une alarme plus loin…»
Quelques minutes plus tard, je me retrouvai dehors à l'attendre sous la pluie. Elle avait réussi à déclencher une alarme à la baie me donnant ainsi le temps de m'enfuir sans être poursuivi. Elle m'avait demandé de rester ici le temps d'aller chercher une voiture pour me conduire jusqu'au hangar où se trouvait certains de leurs goufs. Elle arriva et je me baissai pour ne pas qu'on me remarque.
Elle s'arrêta devant l'entrée du hangar et m'accompagna devant l'un des goufs. Elle me demanda, inquiète, où je comptais me rendre et je n'eus pas le temps de lui répondre que la voix de Rey retentit dans la pièce :
« Je ne te laisserai pas trahir Gil ! »
Il ouvrit le feu et je me jetai sur elle pour la protéger. Je me redressai et désarma Rey d'un coup de feu. Son arma vola une dizaine de mètre plus loin et j'eus le temps d'assommer Meyrin d'un coup de crosse pour leur faire croire que je l'avais forcée. Je l'allongeai au sol, courus jusqu'à l'un des goufs et m'installai aux commandes. Le système d'exploitation se lança et je sortis rapidement du hangar, appuyai sur la pédale faisant ainsi décoller l'appareil.
Je volais au dessus de la mer en folie tout en essayant de contacter l'Archangel car plus je m'éloignai de la base et plus j'étais persuadé qu'ils étaient encore vie quelque part. Seulement je ne savais pas où ils pouvaient bien se trouver et Rey n'allaient pas tarder à me retrouver. En effet quelques secondes plus tard, un bip strident retentit dans l'appareil et deux points rouge d'affichèrent sur l'écran. C'était lui et il n'était pas seul.
Ils se séparèrent et commencèrent à me tirer dessus. Je parvins à éviter leurs tirs en volant prés de la mer mais les vagues me déportaient de temps en temps et, la pluie et le vent n'arrangeaient rien. Je pus redresser mon appareil et leur faire feu. En vain… ils disposaient d'unités beaucoup plus évoluées que les miennes. Je savais que je ne pouvais pas rivaliser contre eux, mais je n'allais pas les laisser m'abattre sans me défendre jusqu'au bout.
« Ne t'enfuis pas ! Rend toi ! Hurla Shinn. Ne nous trahis pas ! Retourne à la base ! »
Non je n'y retournai pas, je m'étais suffisamment fait manipuler. Je ne voulais plus être le pilote écervelée que le président voulait que je sois. J'avais fait l'erreur de la quitter et de l'avoir laissée face aux émirs. Je n'allais pas recommencer et le laisser me manipuler à sa guise.
Il continua à me tirer dessus et je me retournai pour lui faire face et détruire son arme.
« Arrête ça ! Je n'ai pas l'intention d'être tué de cette manière ! »
Il me regarda surpris et j'en profitai pour essayer de lui faire comprendre qu'il était lui aussi manipulé par le président :
« Ecoute Shinn ! Ce que disent le président et Rey semble juste et confortable…
- Athrun ! »
Rey m'empêcha de continuer et me tirai dessus mais je continuai, Shinn n'était pas aussi insensible qu'il ne le paraissait. J'avais une chance de lui ouvrir les yeux.
« Mais leur morts peuvent éventuellement conduire le monde entier à la mort ! »
Ils s'immobilisèrent tous les deux et Shinn laissa échapper un cri de stupeur.
« Je veux …
- Ne l'écoute pas, Shinn ! »
Rey s'était ressaisit. Il dégaina son sabre et se précipita vers moi. J'eus juste le temps de me protéger et de m'armer de mon épée
« Athrun est actuellement un peu confus !
- Ne sois pas ridicule ! Hurlai-je en le poussant à se reculer d'un coup d'épée
- Ne sois pas dupé par lui, Shinn ! Continua-t-il. »
Nous nous affrontâmes ainsi pendant plusieurs minutes me défendant comme je pouvais. Seul contre son unité j'avais peut-être une chance de m'en sortir. Shinn resta complètement paralysé jusqu'à ce qu'il se jette soudainement vers moi en hurlant mon nom. Il trancha mon bouclier puis le bras droit de mon unité. Je tombais en direction de la mer, brusquement déstabilisé, mais parvint à me redresser. Pas assez rapidement cependant, car il fondit vers moi, son épée en avant. J'hurlais son prénom pour le sortir de sa folie mais il ne s'arrêta pas. Je savais qu'il en était fini de moi, je ne pouvais plus rien faire, ni me protéger, ni l'attaquer.
Sa lame transperça de part en part mon gouf et je lâchai les commandes. Le circuit électrique avait été touché et je ne pouvais pas les tenir sans m'électrocuter. Les écrans de bords volèrent en éclats et je me protégeai le visage avec mes bras. Je me sentis soudainement projeter en arrière et une violente douleur au dos et à la tête me fis perdre conscience quelques secondes. Le choc me coupa la respiration et je retombai lourdement au sol mais ne parvins pas à me rattraper. La douleur m'empêchait de faire le moindre mouvement et ma tête tournait. Je ne pouvais pas ouvrir les yeux sans voir tout flou autour de moi.
De l'eau commença à s'infiltrer dans le cockpit et trempa mon uniforme. J'essayai de rester conscient et mes pensées se tournèrent vers elle. Son pendentif m'avait une fois de plus protéger, mais je savais que je n'allais pas m'en sortir. Personne ne viendrait à mon secours, me croyant certainement déjà mort. Je n'avais même pas pu lui dire que je l'aimais avant de mourir. Si seulement je n'étais pas retourner sur ZAFT, rien de tout ceci ne serait arrivé…
La douleur s'atténua petit à petit ou plutôt je ne la ressentais plus et je perdis alors toute notion. C'était elle qui me maintenant éveillée et maintenant qu'elle disparaissait, je me laissai plonger dans un sommeil dont je n'allais jamais sortir. Je me sentais si fatigué et de plus en plus faible. Tout devint flou et le temps me parut s'écouler lentement.
Après un certain temps, mon cockpit fut transporté et j'entendis des bruits métalliques résonner par intermittence. Puis quelqu'un retira les éclats sur mes bras et je me mis à tousser. La personne me suréleva la tête avant de me soulever du sol. Des chocs réguliers virent réveiller la douleur que j'avais cru disparue…jusqu'à qu'on me dépose sur quelque chose dur. D'autres personnes s'empressèrent autour de moi et des voix s'élevèrent dans la pièce. Je me sentais retomber dans ce profond sommeil et une violente douleur au bras m'en sortis l'espace de quelques minutes. On avait serré très fortement quelque chose autour de mon bras droit. Puis le vide… Je n'arrive pas à me souvenir de ce qu'il s'est passé ensuite.
Je me rappelle vaguement d'avoir été plaqué contre un mur par un homme me hurlant dessus. Il avait sa main autour de mon coup mais je n'avais pas la force de me débattre… Je n'avais plus de force de tout, j'étais complètement vidé. La pression s'était estompée subitement et quelqu'un m'avait rattrapé. Puis on m'avait de nouveau transporté et j'avais perdu connaissance jusqu'à ce que j'aie la force d'ouvrir les yeux.
Un uniforme blanc se tenait en face de moi et mon cœur s'emballa. J'étais entre les mains de l'Alliance Terrestre… Ma respiration se fit de plus en plus difficile et je toussai. Un liquide chaud coula le long de mon coup. Ma poitrine me brûlait et ma tête bourdonnait. Je fermai les yeux jusqu'à qu'une voix m'appelle.
« Athrun ! »
Je tournai la tête vers elle et ouvris faiblement les yeux.
« Athrun, …sécurité ici… de l'Alliance. Le capitaine Kisaka…l'Archangel »
Ce fut les seuls mots que je pus comprendre. Je le regardai surpris à la mention du vaisseau.
« Archangel… ? Répétai-je
- Oui, là-bas nous disposons de tout le matériel pour vous soigner au mieux. Tenez bon, on ne vous laissera pas mourir. Elle vous attend !
- Cagalli… »
Je refermai mes yeux et des larmes coulèrent le long de mon visage en repensant à elle.
« Dites lui … que je l'aime…, parvins-je à lui demander avant de sombrer de nouveau
- Non restez avec moi ! hurla-t-il »
Il posa ses mains sur mon visage et j'ouvris les yeux.
« Regardez-moi! Voilà, restez éveillez ! »
J'essayai de me fixer sur lui mais tout tournai autour de moi. La vision d'énormes vagues déferlants vers le Minerva et de l'énorme explosion qui avait retentit après que son vaisseau ait coulé me revint à l'esprit. L'Archangel avait coulé…
Elle est morte… Ca ne peut pas être possible ! Pas elle !
Des larmes se mettent à couler le long de mes joues et j'ouvre les yeux subitement.
« Cagalli ! Hurle-je »
(*)Cauchemars
