Voilà, voilà... Comment vous dire à quel point je suis irrécupérable et désolée pour tant d'attente ? Je n'ai réellement aucune autre excuse que malheureusement la vie, ses déboires et tout le reste. Sans parler du fait que j'avais bêtement et littéralement perdu ce chapitre pendant un mois... Avant qu'il ne soit enfin retrouvé par une âme charitable. Je vous le poste donc (oui enfin... Encore navré pour ça).

J'espère cependant me faire pardonner avec ce chapitre qui, je l'espère, vous ravira. Bonne lecture.


CHAPITRE QUATRE

Emma n'avait pas revu son professeur depuis le weekend, lors de l'altercation avec son ex-compagnon dans le restaurant. De ce fait, la jeune femme était relativement stressée par leur prochaine confrontation. Mills allait-elle nier l'évidence ? Ou peut-être tout simplement la rejeter, elle et ses idées utopiques d'attirance réciproque ou quoi que ce puisse être d'ailleurs ? Emma aurait donné n'importe quoi pour que ce soit réel, pour qu'elle n'ait pas simplement fantasmé tout ça…
Elle voulait aimer et surtout se sentir aimée. C'était un sentiment grisant qu'elle apprenait tout juste à connaitre et à comprendre. Ce qu'elle ressentait en présence de son professeur, de cette magnifique femme aux yeux chaleureux et envoutant, elle souhaitait pouvoir mettre un nom définitif dessus. Cependant, et malgré ses espoirs, une partie plus rationnelle d'Emma restait incapable d'envisager une fin heureuse et positive à toute cette histoire. C'est donc le regard fuyant et la boule au ventre que l'adolescente pénétra dans la salle de classe et s'assit à sa place.

-Est-ce que ça va ? Chuchota Belle en s'asseyant sur le siège voisin.

Emma releva rapidement la tête pour lui sourire, mais le cœur n'y était pas. Avec ma chance, Mills va me demander de rester à la fin de l'heure et à ce moment seulement, elle me fera poliment part de son incapacité à continuer de me donner des cours de rattrapage… Ouais, je ne vois que cette possibilité…

A aucun moment du cours, elle n'osa regarder en direction de la belle brune, ni ne participa aux exercices, chose qu'Emma avait pourtant pris l'habitude de faire. Elle avait bien trop peur de ce qu'elle pourrait lire dans ce regard chocolat si jamais elle le croisait. Ce qui n'échappa guère à la principale concernée.

-Bien. Puisqu'il ne reste que cinq minutes, je vais vous donner un devoir maison. Je veux qu'il soit dans mon casier au plus tard mercredi à midi. Vous avez deux jours pour travailler dessus, cela ne devrait pas être trop compliqué pour vous, commença Régina, un sourire sadique pendu à ses lèvres.

Un brouhaha mécontent lui répondit mais cela n'entacha en rien sa bonne humeur. Elle poursuivit.

-L'exercice est composé de tout ce dont nous avons étudié ensemble depuis le début de l'année, j'attends donc de vous un travail assidu et exemplaire. Vous viendrez prendre une copie avant de sortir. Evidemment, je n'ai pas besoin de préciser ce qui arrivera aux petits malins qui ne me rendront pas leurs travaux à temps…

Elle jeta un long regard noir sur chacun des élèves pour la forme, s'attardant plus que nécessaire sur une certaine blonde dans le but de la voir relever la tête, sans succès.

-Vous pouvez sortir, termina-t-elle en s'asseyant.

Elle commença à griffonner quelque chose sur une feuille sans plus leur accorder d'attention, pendant que la salle se vidait progressivement. Chacun n'oubliant surtout pas le précieux sésame avant de quitter la pièce. Lorsque ce fut finalement le tour d'Emma de venir chercher sa copie du devoir, Régina l'attendait de pied ferme. Elle tapa sur la main tendue qui s'apprêtait à prendre la feuille d'exercices, sous le regard surpris de sa propriétaire.

-Eh, mais…

Régina capta enfin l'attention tant recherchée, et une fois ancré dans l'azur des yeux de la blonde, tenta vainement de lire dans son regard. Elle fut surprise d'y décrypter ainsi une faible lueur d'inquiétude. Puis elle se reconcentra.

-Oh non, Emma. Toi, tu as cette copie bien spécifique, réplica la brune en lui tendant la feuille qu'elle gardait jusque-là sous ses doigts.

-Et qu'a-t-elle de spéciale cette super copie ? Demanda la blonde en fronçant les sourcils, quelque peu mal à l'aise face au regard inquisiteur de la brune.

-Quelques exercices supplémentaires, histoire de voir si mes cours de rattrapage sont efficaces.

Emma perdit immédiatement le semblant de sourire qu'elle arrivait à maintenir devant son professeur. Elle était tellement surprise et décontenancée qu'elle en resta même bouche bée. Ruby pouffa bruyamment derrière son dos, la faisant grogner de frustration.

-Oh, Mademoiselle Lucas, je ne ferais pas la maligne, à ta place. Belle et toi avaient le même exemplaire qu'Emma.

Et elle tendit chacune leur tour une copie possédant trois exercices de plus que les autres élèves de la classe. Ruby s'étouffa presque d'indignation mais Belle était aux anges. Son large sourire et son « Yes » sonore lancé le point en l'air en était la preuve. Les trois jeunes femmes sortirent en enfournant leur copie dans leur sac, sous le regard brillant d'amusement de Régina.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

-Je suis scandalisée !

Ruby en était à sa quatorzième réplique de ce genre. Elle n'avait toujours pas avalé la pilule de Mills.

-Tu l'as déjà dit, Rub'.

-Et je continuerais jusqu'à ce que mort s'en suive ! Je suis scandalisé, bon Dieu !

-Tu peux m'appeler Killian, tu sais, blagua le brun sans réduire son attention de sa console.

Pour toute réponse, il reçut le volume deux d'une célèbre saga fantastique dans la figure, sous les éclats de rire de ses camarades. Le petit groupe s'était rejoint en salle d'étude pour commencer leur DM si aimablement donné quelques minutes plus tôt mais Ruby n'arrivait pas à se concentrer. Emma, de son côté, n'avait pas non plus l'intention de travailler. Elle était affalée sur son sac, posé sur sa table, et avait sa tête entre ses bras.

-Vous savez où est Neal ? Demanda Belle en regardant dans la salle. Il ne répond pas à mes messages.

-Il m'a dit qu'il devait partir tôt. Je ne sais pas ce que tu lui as dit tout à l'heure, mais ça l'a beaucoup travaillé, répondit Killian, anxieux. Il était comme absent en cours et, dès la sonnerie, il est parti comme une furie en me balançant rapidement qu'il devait voir son père… Je n'ai pas bien compris pourquoi.

Belle ne répondit pas, se contentant simplement d'acquiescer et se concentra sur sa copie de littérature. Killian, pas dupe, se pencha vers elle.

-Toi, tu sais quelque chose. Dis le moi !

-Tu le demanderas directement au concerné, Killian.

Renfrogné, le brun capitula et reprit son activité première : sa partie de Mario Kart.

-J'en reviens pas d'être punie au même titre que toi, Emma ! C'est un scandale !

-Eh ! J'y suis pour rien, moi, scanda la blonde sans même quitter sa position initiale.

-Les filles ! S'interposa finalement Belle à bout de patience. Au lieu de bouder comme vous le faites, commencez plutôt vos exercices. Ce sera plus productif.

Un énième grognement lui parvint de la blonde et Ruby ronchonna une dernière fois avant de commencer, elle aussi, à travailler son commentaire de texte. L'ambiance soudain studieuse poussa Emma à sortir de sa grotte de vêtements et en fouillant dans son sac, finit par sortir son exemplaire du tant redouté devoir maison de littérature. Elle le feuilleta hâtivement jusqu'à ce qu'elle remarque une petite phrase noté en bas de page au crayon à papier. C'était très léger, mais lisible : « RDV 18h parking des professeurs ». Emma en resta stupéfaite. Elle regarda précipitamment l'heure sur son téléphone. Il affichait 16h18. Le temps allait être long… Puis elle gomma discrètement le mot, sans éveiller de soupçon.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Peu avant l'heure prévue, Emma s'était dissimulé derrière un muret pour ne pas être vue des autres professeurs. De sa position, cependant, elle avait une vue imprenable sur la Mercedes de Régina et l'attendait avec impatience. Dès que la belle brune serait en vue, Emma ne pourrait pas la louper.

Tout en patientant, la jeune femme ressassait dans ses pensées tourmentées les scènes ambigües qui s'étaient produites entre elle et son professeur depuis quelques temps. Elle n'avait pas fantasmé leur alchimie dans la voiture, ni la déception dans le regard de Regina lorsqu'elle avait dut quitter le restaurant. Et encore moins ce petit mot au crayon à papier écrit si discrètement sur sa copie… Emma était à la fois pressée et nerveuse de connaitre le fin mot de l'histoire. Il ne lui fallut que quelques minutes d'attente supplémentaires pour enfin entendre le bruit caractéristique de talons sur le sol. Regina arrivait.

Emma était toujours aussi subjuguée par la beauté sauvage que dégageait son professeur. De son observatoire, toujours dissimulé par le muret, la blonde avait une vue parfaite sur le léger déhanchement de Regina. Cette dernière ne la remarqua pas, aussi fut-elle agréablement surprise de la voir sortir inopinément de sa cachette.

-Emma ! S'exclama la brune. Tu m'as fait peur.

-Ce n'était pas mon intention, votre Altesse. Mais j'ai préféré jouer la carte de la discrétion, répondit Emma en désignant le petit muret derrière lequel elle venait de faire son apparition.

-Tu as eu raison. Monte.

Elles embarquèrent toutes deux rapidement dans le véhicule et Regina démarra. Une fois insérées dans le trafic, Emma posa la question qui lui brulait les lèvres depuis qu'elle avait lu le mot sur sa copie.

-Où est-ce que vous m'emmenez ?

Mais la brune se contenta de lui lancer un bref coup d'œil et resta muette jusqu'à ce qu'Emma ne lui pose une autre question quelques minutes plus tard, alors qu'elles dépassaient le panneau de sortie de la ville.

-Est-ce que c'est un kidnapping ? Parce que je dois vous dire que questions rançons, vous ne risquez pas de récupérer grand-chose.

Un rire cristallin envahis soudain l'habitacle en réponse, faisant sourire la blonde. Elle se promit de tenter plus souvent de faire rire la brune incandescente.

-Ce n'en est pas un, rassure toi. Mais nous devons discuter toutes les deux.

Un nouveau silence s'installa entre les deux femmes, plus pesant. Emma se contracta. C'était l'instant de vérité.

-Je voudrais te parler de ce qu'il s'est passé au restaurant. Tu as droit à quelques réponses que je suis prête à te donner, si tu les acceptes.

Emma acquiesça distraitement, le regard perdu dans l'étendu verdoyante de la forêt qui s'assombrissait.

-Et, si le cœur t'en dit, j'aimerais que tu me parles aussi de toi.

-Donnant/donnant, c'est ça ?

-On peut dire ça comme ça, oui.

-Très bien. De toute façon, je vous l'ai dit l'autre fois. Si c'est vous, je veux bien en parler…

Régina sourit face cet aveu. Il prouvait qu'elle avait gagné la confiance de l'adolescente.

-Et donc, vous nous emmenez à quel endroit exactement ? Parce que ce n'est indéniablement pas vers votre domicile qu'on se dirige.

-Et comment pourrais-tu le savoir, dis-moi ? lança la brune, taquine et relativement curieuse.

-Je n'en sais trop rien mais je me doute que vous habitez en ville. Vous avez plus l'air d'une femme qui habite en ville, si vous voulez mon avis. Je ne vous vois pas du tout avec des bottes en caoutchouc et crapahutant dans la gadoue… Même si je dois dire que ça n'enlèverait rien à votre charme, acheva Emma légèrement aguicheuse.

Elle décida de tenter le tout pour le tout. Si elle se faisait jeter, au moins elle serait fixée.

-Et la vérité, ça donne quoi ?

Emma soupira exagérément, faussement outrée.

-Je n'en reviens pas que puissiez ne serait-ce qu'imaginer que je puisse avoir l'outrecuidance de vous manquer de respect en vous mentant.

Le regard en biais, bien que rieur, de son professeur fit doucement sourire la blonde.

-Bon d'accord, abdiqua-t-elle finalement. C'est Neal, un de mes amis. Il vous a vue rentrer un soir alors qu'il revenait du port et il a vue où vous habitiez. Et évidemment, il nous l'a répété. Mais il n'y a que notre petit groupe qui est au courant, ne vous inquiétez pas, rajouta la jeune femme, précipitamment.

-Je ne m'inquiète pas, j'attends juste de vous une totale discrétion à ce sujet.

-C'est déjà le cas. Neal nous a mis au courant il y a un mois de ça.

-Bien. Nous sommes arrivées.

Emma regarda précipitamment par la vitre. Regina venait de se garer devant une splendide bâtisse. La blonde reconnu le nom du restaurant gastronomique de la ville voisine dont elle avait vaguement entendu parler par Granny.

-Vraiment ? Vous m'invitez au restau ?

-Oui. Et ici personne ne nous connait. Nous passerons inaperçues.

-Oh moi, sans aucun doute. Vous, par contre, vous êtes de ces femmes que l'on ne peut que remarquer, votre Majesté, termina-t-elle avec un clin d'œil.

Emma était plus que ravie de cette invitation surprise et insolite. Et son sourire s'accentua lorsqu'elle remarqua les légères rougeurs que son professeur peinait à dissimuler. Elle sortit de la voiture à la suite de la brune et la suivit docilement à l'intérieur, rejoignant la table réservé à leurs noms.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Neal s'était plus ou moins enfuit du lycée à la fin de son heure de cours dans le seul but de parler à son père. Les paroles de Belle repassaient sans cesse dans son esprit. Et plus il y pensait, plus la crainte de ces révélations lui tordait l'estomac. Arrivé devant la bibliothèque, cependant, Neal hésita. Finalement, le brun fit demi-tour et entra dans le premier pub au coin de la rue la plus proche, et demanda un verre. Il eut beaucoup de chance que le barman, qui visiblement débutait dans le milieu, ne lui demande pas ses papiers d'identité.
Ainsi, Neal rumina sa peine plusieurs heures avant d'oser retourner devant la bibliothèque affronter son père. Lorsqu'il pénétra les lieux, Gold releva immédiatement la tête.

-Neal ?

Le concerné dodelina de la tête, évasivement, comme s'il craignait toujours autant la confrontation. Le courage liquide qu'il avait ingurgité n'avait pas suffi à apaiser son mal être.

-Est-ce que tout va bien ?

Nouveau hochement de tête évasif. Cependant, il répondit.

-Ça va. Je suis venu te parler.

-A quel sujet ?

-Celui que tu ne veux jamais aborder...

-Ta mère, souffla Gold dépité.

Il lui fit signe d'entrer dans la salle des archives, fermée au public, et emboita le pas derrière son fils. Gold n'était pas dupe et devina rapidement que si Neal se trouvait en face de lui actuellement pour lui demander des renseignements sur sa mère, ce ne pouvait être que grâce à Belle. La jeune femme n'avait pu s'empêcher de s'immiscer dans leur relation, comme il s'y était attendu. Le doute et la crainte prirent rapidement possession de son âme alors que son fils s'asseyait mollement face à lui sur le fauteuil de cuire. L'effluve indistinct du whisky lui parvint néanmoins.

-Est-ce que tu aurais bu avant de venir ?

-P't-êt' bien…

-Neal… Soupira son père. Es-tu saoul ?

-Non. Et commence pas à jouer au père éploré. T'arrives des années trop tard. J'veux des réponses.

Gold soupira de nouveau. Neal était très remonté contre lui, en plus d'être légèrement ivre. La discussion allait s'avérer compliqué et houleuse. Il se dirigea donc vers un buffet et en sortit deux verres à pied et une carafe contenant un liquide bordeaux. Il les rempli et en tendit un à son fils.

-Il va nous falloir un petit remontant. Ce dont on s'apprête à discuter n'est pas un sujet facile.

Neal acquiesça et après une gorgée, attendit patiemment la suite de son discours. Mais ces explications tardèrent à arriver. Gold le dévisageait mais aucun son n'osait sortir de sa bouche. Il avait tellement peur de le perdre…

-Je t'écoute, tu sais.

-Je ne sais pas par où commencer…

-Peut être par le début. Comment tu t'es débarrassé de maman, par exemple ? Tu m'as toujours vendu que t'étais parti parce que ma mère n'était pas assez bien pour nous… Je n'ai jamais eu l'occasion de la revoir depuis que j'ai cinq ans ! Où est-elle actuellement ? Et pourquoi t'as toujours refusé d'en parler ? S'écria Neal, furibond, faisant claquer son verre sur la table.

-Ta mère… Elle… C'est compliqué, je…

-Oh non, c'est très simple. Sache que j'partirais pas sans une réponse et j'veux la vérité, même si elle est douloureuse et cruelle. J'veux tout savoir, papa !

Gold regarda son fils dans les yeux et pu lire toute la détermination dont il faisait preuve. Contrairement à lui, Neal avait toujours était courageux. Il abdiqua finalement, à bout de nerf.

-C'est ta mère qui est partie. Pas moi. Je t'ai fait croire que c'était mon choix dans le seul but de te protéger. Si… Si tu avais su que ta mère nous avait sciemment quittés pour aller vivre une vie de bohème avec son amant, tu aurais été malheureux. Elle ne m'a jamais donné signe de vie, ni demander à te voir, même après notre divorce J'ai préféré prendre toute la responsabilité de ses choix sur mes épaules pour la stabilité de ton intégrité.

Neal était abasourdit. Alors, c'était ça, le sale petit secret de mon père… Sa mère n'avait plus voulu de leur vie trop calme et trop simple. Sans le vouloir, ni le contrôler, il commença à pleurer. Il était redevenu ce petit garçon que sa mère avait abandonné sans remord ni regard en arrière. Dorénavant, Neal connaissait la vérité. Il pourrait enfin faire son deuil.

-Elle n'a jamais cherché à me contacter ?

-Non, soupira Gold, comme un aveu trop lourd à porter.

-Donc, si je fouille la maison, je ne trouverais pas des centaines de lettres dans un tiroir d'une commode ?

-Non. Je n'aurais pas été capable de te mentir plus que je ne l'ai déjà fait.

Il y eut un long silence. Puis, après une brève hésitation, Neal reprit.

-Pourquoi avoir porté le chapeau ? Tu aurais pu tout simplement me laisser la détester !

-Je n'ai pas pu… Parce que si elle s'est tournée vers un autre homme, c'est entièrement de ma faute. Je l'ai négligé trop longtemps. J'ai préféré me concentrer sur ma carrière plutôt que sur elle et sur ses désirs.

-Quels désirs ?

-Elle a toujours rêvé de voyager.

Neal fit rouler son vin dans le verre, perdu dans ses pensées, puis finit par le boire cul-sec.

-J'ai du mal à croire qu'elle n'ait pas voulu de moi… Elle n'a pas hésité à me laisser derrière elle.

-Ce n'est pas… Totalement exact, commença Gold, sur la défensive.

Lui aussi prit son verre pour le finir rapidement et s'en resservir un nouveau à la suite. Il fit de même avec celui de son fils, qui ne broncha pas. Ce dernier se contentant de l'observer, l'œil hagard. L'alcool faisait son effet et l'empêchait de bien se concentrer.

-Comment ça ? marmonna-t-il tout de même.

-Elle voulait t'emmener avec elle. Mais je l'ai menacé pour qu'elle te laisse délibérément avec moi.

La nouvelle coula sur Neal comme un tison chauffé à blanc qu'on aurait appliqué sur sa peau. Il bondit de son fauteuil et s'approcha de son père, furieux et menaçant. Tout d'un coup, l'alcool n'avait plus autant d'emprise sur lui.

-Quoi !?

-Calme-toi, soupira le brun, tentant de le maintenir à distance en vain.

-Ne me dit surtout pas de me calmer après ce que tu viens de sortir ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Devant l'accès de colère du plus jeune, Gold tenta de tempéré sa réponse mais il savait d'avance qu'elle allait lui faire du mal. Mais Neal lui avait demandé toute la vérité… Alors c'est ce qu'il aurait.

-Elle se droguait, Neal, commença-t-il doucement. Tu ne t'en souviens pas parce que tu étais trop jeune, mais une fois, je t'ai vue jouer avec une de ses seringues usagées pendant que ta mère était…

Gold ne finit pas sa phrase, ses yeux légèrement embués s'étaient voilé de tristesse. Il reprit néanmoins, la voix rauque.

-Je t'ai récupéré immédiatement et coucher dans ta chambre. Puis je l'ai foutu à la porte. Tu avais trois ans à cette époque. Quand elle est revenue à elle, elle m'a promis d'arrêter cette merde, qu'elle allait faire des efforts pour sa famille. Alors je l'ai cru. Et pendant deux ans, je me suis battu pour tenter de la faire décrocher… Mais elle retournait inéluctablement vers son dealer et amant dès que ça devenait trop difficile. Une contrariété, une dose. J'arrivais tard le soir, une dose. Son patron lui faisait une réflexion, une autre dose. Et je t'en passe et des meilleurs… Alors oui, quand elle a voulu s'enfuir avec toi dans les bras, je l'ai arrêté. Je l'ai convaincu de te laisser ici pour que tu puisses avoir un meilleur avenir. Pour que tu puisses avoir une chance d'échapper à la drogue et à toutes ces conneries, termina-t-il en criant presque, les bras ballants, comme si toute son énergie vitale l'avait abandonné

La prise de Neal se relâcha lentement. Son visage était buriné de larmes, mais il ne tenta pas de les essuyer. Son père était dans le même état, et aucun n'y prêta attention.

-Je suis désolé, Neal. J'aurais dut te dire la vérité depuis longtemps mais j'appréhendais tellement ta réaction… J'avais peur que tu me détestes encore plus… ponctua Gold dans un sanglot.

Neal prit alors violemment son père dans ses bras et le serra de toutes ses forces contre lui.

-Je t'aime, papa. C'est moi qui suis désolé.

-Je t'aime, mon fils, murmura-t-il en resserrant lui aussi son étreinte.

Ils restèrent ainsi de longues minutes avant de finalement se séparer. Après une tape virile sur l'épaule de son fils, Gold ferma la bibliothèque et ils rentrèrent ensemble chez eux.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Une fois les deux femmes attablées, les débuts furent timides. Ni l'une, ni l'autre n'osaient commencer LA conversation qui les avait menées à ce restaurant ce soir. Puis, peu à peu, et le stress aidant, le caractère enflammé d'Emma reprit le dessus, et son effronterie naturelle avec. Ainsi, elle effraya plus ou moins les serveurs en passant les différentes commandes et fit quelques blagues graveleuses que les clients alentour pouvaient clairement entendre sous les rires et les moues discrètes de Regina.
Alors que les entrées avaient été dévorées sans états d'âmes, Regina se décida somme toute à lancer les hostilités avant l'arrivée du plat principal.

-Emma ?

La concernée finit de boire sa gorgée de soda, puis posa son verre, son attention toute tournée vers l'objet de ses désirs.

-Oui ?

-Je n'ai jamais trouvé le temps de le faire, mais je tenais à te présenter mes excuses pour ce qu'il s'est passé au Grany's.

-Vous n'avez pas à…

-Si, coupa-t-elle. J'insiste. Et merci de m'avoir défendu.

Emma acquiesça en triturant nerveusement sa serviette. Regina prit le temps de la réflexion en buvant une gorgée de vin blanc, puis reprit son récit.

-Robin était, fut un temps, mon compagnon.

Emma grinça des dents devant cette révélation. Elle l'avait aisément deviné, n'étant pas totalement idiote, mais l'entendre de la bouche de la brune était d'autant plus douloureux. Sans parler des images qui défilaient sans aucune pudeur dans son esprit, ce qui accentua son sentiment de jalousie

-Ma vie privée ne te regarde pas, mais je tenais à éclaircir certaines choses. Donc, j'ai été en couple durant quelques mois avec cet homme mais récemment, je l'avais quitté. D'où le fait qu'il était visiblement triste et qu'il cherchait, maladroitement certes, à me reconquérir.

-N'essayez pas de lui chercher des excuses pour son excès de violence. Il était en tort, point barre.

-Disons que je n'ai pas été très franche avec lui sur les raisons de notre rupture. Non pas qu'il les ignorait totalement non plus d'ailleurs, murmura la brune pour elle-même mais Emma l'entendit.

-Il pouvait aussi vous demander des comptes en étant sobre et sans public, réplica vivement Emma qui n'aimait clairement pas cette conversation et le besoin que ressentait Regina de le défendre.

-Certes…

Comprenant que sa prof n'en dirait pas plus, Emma se concentra sur l'assiette qu'on venait tout juste de leur servir. Le silence qui prit place entre les deux femmes fut pour le moins oppressant. Regina appréciait distraitement la possessivité dont faisait preuve Emma à son égard. Aussi, elle ne relança pas la conversation sur le sujet qui, elle en était certaine, ferait sortir de ses gonds la belle blonde.

-Je vis à l'hôtel, finit par dire Emma tristement, pour changer de sujet.

-Comment ça ?

-Je me suis enfuie de chez mon tuteur, il y a quelques mois.

Devant le regard interrogateur de son professeur, Emma cru bon de préciser ses dires.

-Je suis orpheline depuis ma naissance. J'ai vécu toute ma vie dans le système.

-Ce n'est pas préciser dans ton dossier scolaire, lui fit savoir la brune qui peinait à dissimuler sa surprise.

-Oh, vous avez consulté mon dossier ? Il ne doit pas être très reluisant.

A la grimace de la jeune femme, Regina émit un petit ricanement ironique.

-Penses-tu ! Il n'y a quasiment que des commentaires positifs…

Le regard d'Emma se fit alors plus sérieux et pensif. Elle se remémora vaguement quelques malheureux souvenirs de sa vie d'avant, lorsqu'elle était encore l'enfant rebelle et mal aimée. Un dernier coup d'œil encourageant de la part de la brune la décida à se jeter à l'eau.

-Il y a une bonne raison à mon comportement, vous savez…

Regina acquiesça mais ne dit rien. Elle laissa Emma allait à son rythme. Ce que l'adolescente fit. Elle lui raconta le rejet qu'elle avait subi enfant, la difficulté et l'envie de s'en sortir, l'amour que lui avait apporté Ellen et l'absence total d'intérêt de la part de Derek. Puis la mort, l'alcool, la souffrance et les tortures autant psychologiques que physiques. Elle lui raconta tout, dans les moindres détails, choses dont elle n'avait pas eu le courage d'avouer à sa meilleure amie.

-Puis un soir, je l'attendais dans le salon. J'avais tout préparé, le diner était fait et chaud. J'avais même ouvert une bouteille de whisky pour l'amadouer un peu, histoire de le détendre. Quand il est rentré, il a tout de suite compris qu'il s'était passé quelque chose. Il a commencé à me crier dessus, pour savoir si j'avais eu une mauvaise note ou un commentaire désobligeant dans mon carnet, mais ce n'était pas le cas. Ça l'a un peu calmé, sur le coup, alors il s'est assis et il m'a demandé ce que je lui voulais. Et là, je…

Regina restait pendue à ses lèvres. Elle était certes très en colère mais aussi admirative de la force et du courage dont faisait preuve la jeune femme. Le système avait été incapable de la protéger alors que son tuteur était violent avec elle. Elle ne put s'empêcher d'en être scandalisée.

-Je lui ai avoué que j'étais lesbienne. Et il est devenu complètement fou. Il était tellement en colère… Il m'insultait de tous les noms possibles et imaginables en me poursuivant dans la maison. Et ensuite, il a attrapé un couteau.

Le sang de Regina se figea. Son cerveau s'était bloqué sur le terme « lesbienne » mais la suite la ramena précipitamment à la réalité. Elle a été blessée ? Mais pourquoi n'a-t-elle pas prévenue la police, bon sang ! Tout en continuant son sombre récit, Emma remonta lentement la manche de sa chemise, laissant ainsi à découvert l'énorme cicatrice qui lui striait l'avant-bras.

-Il m'a scarifié le bras. Il y a eu beaucoup de sang, sur le moment. C'est ce qu'il l'a calmé. Puis il s'est évanouit. J'en ai profité pour faire mes bagages. J'ai pris tout ce que je possédais, autrement dit, pas grand-chose. Et j'ai appelé Ruby pour que sa grand-mère vienne me chercher d'urgence.

-Je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas été porté plainte ! Ne put s'empêchait de scander la brune, révulsée.

-Comprenez bien que je ne voulais plus rien avoir à faire avec lui. Je lui ai laissé un mot le menaçant d'aller aux flics s'il tentait de me retrouver. Il n'est jamais venu. Et maintenant que je suis majeur, il n'a plus de droits sur moi.

-Et depuis ? Tu as eu des nouvelles de cet… Homme ? Se retint de justesse Régina.

-Nope, sourit Emma sans relever. Ce sont Granny et Ruby qui prennent soin de moi.

Régina tiqua sur le nom de la seconde jeune femme. Elle appréciait Mademoiselle Lucas autant que les autres élèves lambda de ses différentes classes, Emma n'entrant clairement pas dans cette catégorie. Cependant, elle s'était toujours posé la question de savoir si la jolie brune en question ne cherchait pas, elle aussi, l'attention de la blonde. Elle repensa furtivement au grand brun dégingandé qui avait suivi Emma dans les couloirs. Décidément, la blonde avait un peu trop de soupirants potentiels à son gout… A mon gout ? Redescend sur Terre, espèce de perverse ! Il s'agit de ton élève, se réprimanda mentalement la brune. Emma devina immédiatement ses pensées à la moue que fit sa voisine de table.

-Je vous arrête tout de suite. J'ai dit que j'aimais les femmes, certes. Mais ce n'est pas pour autant que je flirte avec mes meilleures amies.

-Plait-il ?

-Je ne suis intéressée ni par Ruby, ni par Belle, ni aucune autre fille du bahut, termina-t-elle fièrement.

Mais je suis intéressée par vous. Emma n'eut guère besoin de le clamer à voix haute, son regard parlait pour elle. Un regard chaleureux, empli de sentiments qu'elle peinait à camoufler et à avouer… Et Régina le vit très nettement. Emma était amoureuse d'elle. Et merde…

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Durant tout le trajet du retour, Régina fut perdu dans ses pensées. Flirter au lycée, certes, elle ne l'avait jamais fait auparavant, surtout avec une élève, et c'était déjà absolument malvenu et inconvenant de sa part. Mais des sentiments naissant, de véritables sentiments réels et probants, c'était une autre paire de manche. Emma était amoureuse d'elle. Et Régina n'arrivait pas à se le sortir de la tête. Cette phrase revenait comme un mantra dans ses pensées, bousculées par toutes les conséquences que cela amenait avec elles… La jeune femme ne lui avait rien avoué clairement mais elle n'avait nullement besoin de le faire. Et la brune ne savait plus où classer ses propres émotions dans l'équation. Son attirance pour Emma s'était muée depuis quelques temps en quelque chose de bien plus fort mais elle préférait nier ce fait et l'enfouir quelque part dans son esprit dérangé. Cependant, tout arrêter avec la jolie blonde était au-dessus de ses forces. Régina s'était bien trop attachée à son élève… Et elles étaient dans de sacrés de beaux draps maintenant… Et si quelqu'un venait à l'apprendre ? Je perdrais immédiatement mon travail et le droit d'exercer, j'imagine… Le seul point positif, si l'on pouvait dire, était qu'Emma était majeure, ce qui lui évitait la prison. Mais ce ne fut pas assez pour calmer les angoisses naissantes de la jolie brune.

-Est-ce que ça va ?

C'était une question stupide. Emma avait depuis longtemps remarqué que son professeur n'allait pas bien. Elle était restée discrète depuis le dessert, se limitant à quelques mots ou questions simple çà et là. C'était principalement la blonde qui avait fait la conversation mais depuis qu'elles étaient retournées dans la voiture, la tension était palpable. Régina ne répondit pas.

-Je sais, c'était bête comme question. Je vois bien que ça ne va pas.

Il y eut un nouveau silence pesant, mais Emma ne se démonta pas. Elle n'avait pas beaucoup de qualités mais l'obstination en faisait définitivement partie.

-J'ai dit quelque chose qui vous a gêné ?

-Non.

Simple, net et catégorique mais le fait que la brune lui ait finalement répondu était un bon début en soi. Elle continua.

-C'est parce que j'ai dit que j'étais gay ?

-Emma, ton orientation sexuelle n'a rien à voir avec…

Mais Régina se tut avant de terminer. Mes sentiments… Finit tout de même la brune, pour elle-même. Elle s'en voulait de sa lâcheté mais elle n'avait jamais été courageuse et encore moins téméraire, surtout en amour. Faites qu'elle se taise et qu'elle rentre chez elle sans plus poser de questions, pria Régina. Mais Emma n'avait que faire de ses simagrées intérieures. Elle voulait des réponses et elle les aurait !

-Très bien. Donc ce sont mes sentiments pour vous qui vous gêne, c'est ça ?

Régina pila. Elles étaient au beau milieu de la route du retour, en pleine campagne. Au loin, Emma pouvait même deviner la forêt qu'elles avaient traversés un peu plus tôt dans la soirée. Puis son attention revint vers la brune. Et elle se rendit compte d'une chose très importante à cet instant précis. Elle n'était pas aux côtés de Madame Mills, sa stricte et charmante professeure de Littérature, mais de Régina, la jeune femme d'une trentaine d'années qui visiblement peinait à assumer et accepter ses sentiments pour une autre femme de douze ans sa cadette. La brune avait les mains crispées sur le volant et le regard perdu dans le vide. Alors Emma eut envie de faire une chose folle. Elle se pencha, prit le visage de sa professeure entre ses mains et l'embrassa chastement. La réaction de Régina, surprise par son audace, fut tout autre. Elle la repoussa sans ménagement.

-Emma, on ne peut pas.

-Qui le dit ? Madame Mills ou Régina ?

-Les deux, soupira-t-elle. Et la société. Tu es mon élève.

-Je ne risque pas de l'oublier, se renfrogna Emma. Mais je ne regrette pas non plus. Je n'aurais jamais honte des sentiments que je te porte, Régina.

La brune était profondément retournée par les paroles de la jeune femme, et ignora le soudain tutoiement. Elle redémarra suite aux nombreux automobilistes la klaxonnant et reprit la route, attentive. Emma semblait ne rien vouloir lâcher. Et Régina aimait cette sensation malgré tout le reste. Ce sentiment de plénitude lorsqu'on se sent aimer, lorsqu'on sent que l'autre ferait n'importe quoi pour vous, y compris affronter le monde. C'était d'ailleurs une des choses qui lui avait cruellement manqué dans sa relation avec Robin. Elle secoua la tête. Venait-elle réellement de comparer son ex-compagnon infidèle et son élève ? La brune tenta un bref coup d'œil vers la blonde et cette dernière lui sourit tendrement. Emma ne l'avait pas quitté des yeux depuis leur départ. Régina soupira de plus belle. Elle avait perdu la partie, elle le savait…

Il ne fallut que quelques minutes de route supplémentaire pour arriver devant le restaurant de la grand-mère de Ruby. Emma lui avait indiqué une ruelle peu fréquentée derrière l'hôtel qui donnait directement sur son studio. Elle s'y engouffra donc et s'arrêta, coupant le moteur. Puis avant que la jeune femme n'émette un quelconque commentaire, Régina sortit de la voiture en claquant la portière. Perplexe, Emma la suivit et se plaça face à son professeur, maladroitement adossé contre le véhicule. Aucun mot ne fut échangé durant plusieurs secondes et Régina était clairement mal à l'aise. Emma le remarqua et se fit la réflexion qu'elle semblait attendre quelque chose. Puis, suivant son instinct et ses envies, elle se pencha comme précédemment et l'embrassa à nouveau, toujours sans un mot. Un baiser plus profond, mêlant sensualité et respect. Elle lui faisait distinctement comprendre l'intensité de ses sentiments. Et son assurance fut finalement récompensée : Régina répondit avidement au baiser.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Tapis dans l'ombre d'un arbre, de l'autre côté de la rue, un homme terminait sa cigarette. Il avait suivi le couple jusque devant ce fichu restaurant et maintenant, il assistait, impuissant, à un baiser langoureux auquel il n'était pas invité. D'un geste rageur, il envoya valser la cigarette vers les deux femmes enlacés sans qu'aucune d'elles ne le remarque. La fureur envahis entièrement son corps, pulsant à ses tempes et blanchissant ses poings fermés presqu'à sang. Cependant, il se retint de se ruer sur elles pour les séparer. Ce n'était pas le bon moment… Cependant, il avait dorénavant une carte à jouer. Et c'est ce qu'il ferait bien assez tôt.


Bon, si vous êtes encore là, c'est que je dois être à peu près pardonnée et que vous voulez la suite ;)

Je me penche donc rapidement sur le prochain chapitre pour vous le poster dans les plus brefs délais (et j'espère sincèrement pouvoir tenir parole, cette fois-ci)

See you !

EBS