4.
1re Crise.
Derek était impatient. Il ne tenait plus en place tellement il appréhendait se rendez-vous. Une semaine qu'il préparait cette soirée. Il était même sorti acheter des produits frais et bio pour préparer le repas qui mijotait depuis deux jours. Une recette française que Stiles appréciait énormément.
Il s'était même découvert un talent pour la confection de chocolats maison et de gâteaux. Il avait installé dans le salon une montagne de cochonneries pour leur séance cinéma sur Netflix. Une couette chaude et moelleuse où ils pourront se câliner et s'embrasser au chaud.
Peter était parti pour deux semaines à Bali, emmenant son petit blondinet qui exaspérait Derek. Même s'il était un des meilleurs amis de Stiles, Jackson mettait un point d'honneur à lui taper sur le système.
Derek vérifia pour la dixième fois que tout soit bien installé. Couverture, bonbons et gâteaux, plat qui mijote tout doucement, film prêt à mettre en route, moelleux au chocolat qui refroidit tranquillement dans la cuisine, chocolat au frigidaire, champagne, les amuses bouches.
Regardant l'heure, il s'engouffra dans la salle de bain afin de prendre une bonne douche, histoire de se détendre avant l'arrivée de son petit ami. Petit ami ! Il se mit à sourire en pensant à Stiles comme son "petit ami". Il était heureux, enfin.
Nombres de ses soi-disant amis s'étaient éloignés à contre cœur en voyant qu'ils ne pouvaient pas déloger leur "ami compte en banque" de Stiles. Plusieurs avaient même tentaient de le déloger de force mais Derek les avait envoyés chier. Pour certains, il avait dû menacer des pires tortures s'ils s'en reprenaient à lui.
Il était devenu un petit ami au petit soin et hyper protecteur. Même si Stiles n'en avait pas besoin, il savait se défendre et au pire des cas, il pouvait compter sur l'aide du Shérif de la ville, Jordan Parrish.
Le hasard avait mis Jordan Parrish sur la route de Stiles.
Jordan Parrish, ancien ami d'enfance de Derek Hale, était revenu dans sa ville natale depuis trois mois, emmenant avec lui sa fiancée Lydia Martin, la fille de Mme le maire, Natalie Martin. Fait encore plus étrange pour Derek. Jordan connaissait bien Stiles. Normal, surtout quand Jordan avait été le second du chef de la police de Beverly Hills qui n'était autre que John Stilinski. Et mieux encore, Stiles avait connu Lydia lors d'un vernissage en compagnie de sa mère. Ils avaient sympathisé et se parlaient régulièrement par vidéo-conférence.
Le hasard faisait bien les choses.
Derek sentit comme un vent glacial le parcourir. Il s'adossa au mur en faïence de la douche et respira fortement pour reprendre sa respiration. Le souffle court, il baissa la tête et s'assit. Il sentit sa tête tourner violement. Il grimaça, une forte douleur lui broya le cœur. Laissant l'eau couler, il sortit difficilement de la douche et tenta tant bien que mal à se déplacer en rampant vers la porte. Il paniqua brutalement quand ses jambes ne fonctionnèrent plus. Il tenta d'appeler à l'aide mais ses cordes vocales restèrent bloquées.
Il s'allongea et ferma les yeux. Des larmes se mirent à couler alors que son rythme cardiaque s'emballait. La peur s'insinua sournoisement dans son cœur, il ne voulait pas mourir là, il ne voulait pas finir comme une loque, abandonné et seul …
_ Derek ? La voix de Stiles affolée raisonna dans ses oreilles. Derek ouvrit les yeux et aperçut son petit ami au-dessus de lui, la mine inquiète. Stiles s'agenouilla puis lui caressa le visage.
_ Qu'est-ce qu'il t'arrive dis-moi ?
_ Je n'arrive plus à bouger mes jambes, j'ai rampé de la douche …
_ Derek, tu es dans le salon.
_ Quoi ?
Derek regarda autour de lui et s'aperçut qu'il était bel et bien dans le salon, habillé. Il bougea ses jambes et doucement se leva. Il ne comprenait rien. Il était pourtant dans la douche il n'y avait pas longtemps, nu, trempé et dans l'impossibilité de bouger.
_ Si tu n'es pas bien, dis-le-moi on reporte notre …
_ NON, hurla le jeune homme faisant sursauter Stiles. Non ça va, j'ai dû m'allonger sans m'en rendre compte et j'ai fait un cauchemar, ça va mieux.
Derek se leva et regarda autour de lui, tout ça n'était qu'un horrible cauchemar, une pensée horrible de son esprit. Il tourna la tête vers son petit homme et sourit, il ne voulait pas inquiéter plus que de raison Stiles. Il voulait que cette soirée soit fabuleuse.
Il attira Stiles vers lui et le prit dans ses bras. D'une main, il le souleva, Stiles crocheta ses jambes autour de sa taille et agrippa ses bras autour de son cou. Le brun fit glisser son nez dans le creux de sa nuque et remonta en mordillant le lobe de son oreille. Stiles frissonna de plaisir, cela faisait un moment qu'ils jouaient à se tourner autour comme deux adolescents mais ce soir était leur soir. Stiles comprenait l'envie de Derek d'attendre avant de se sauter dessus, mais quand on avait un apollon puant le sexe à ses côtés et qu'on ne pouvait pas y goûter, ça frustrait.
_ On ne doit pas manger d'abord, Demanda Stiles plus pour la forme qu'autre chose alors que Derek montait les marches, direction la chambre de Derek.
_ Oh mais si on va manger … Derek sentit Stiles ricaner dans son cou. Je vais te dévorer tout cru !
_ Je préfère tout nu mais bon, c'est toi qui voit.
Stiles partit dans un éclat de rire devant la tête de Derek. Pour se venger Derek jeta Stiles sur le lit comme un sac de patates. Le jeune homme aux yeux ambrés hurla sa surprise et son indignation devant l'attitude plus du tout chevaleresque de son compagnon.
Derek planta son regard dans le sien et entama son propre déshabillage devant les yeux gourmand de Stiles. Ondulant doucement, Derek entreprit de retirer sa chemise, bouton par bouton, lentement, sûr de lui et de son effet. Stiles les jambes écartées, sa langue passa sur ses lèvres comme un homme affamé depuis des jours devant une viande alléchante. Stiles ne le quitta pas une seule fois des yeux, léchant du regard la peau halée de son compagnon. Quand enfin la chemise tomba, dévoilant un torse imberbe avec juste un chemin de poils fins partant des pectoraux et finissant sous la ceinture qui venait de voler dans la pièce, Stiles retira son tee shirt, ses baskets et ses chaussettes.
S'agenouillant sur le lit, le jeune homme continua d'observer le manège de Derek qui s'était retourné et s'amusait à dandiner du cul en retirant son jean doucement. Stiles se mit à fredonner une musique pour les chippendales en riant.
Stiles éclata de rire quand Derek voulut retirer ses chaussettes et qu'il se mit à sautiller à cause d'un mauvais équilibre.
Puis Derek se figea, immobile au milieu de la chambre, une main sur son torse, l'autre à moitié enfouie dans son boxer. Le silence se fit et la tension sexuelle était à son comble. Stiles avait retiré son pantalon et attendait que Derek continue.
_ Si tu n'enlèves pas rapidement se fichu morceau de tissus qui me gêne, je te promets que je l'arrache avec mes dents. Menaça Stiles à quatre pattes sur le lit, fixant Derek dans les yeux avec une lueur de désir qu'il ne pouvait plus contenir.
Derek fit un pas vers Stiles en retirant à moitié son boxer. Il ne refuserait pas l'aide de Stiles pour lui enlever son boxer, son érection lui faisait atrocement mal et un peu d'aide était la bienvenue.
Soudain les jambes de Derek ne lui obéirent plus et il s'écroula au sol. Derek hurla de douleur et regarda autour de lui. Ses jambes étaient en sang et l'une d'elle n'avait pas le bon angle. Quelque chose lui compressait la poitrine mais rien de visible ne semblait le toucher. Comme s'il avait eu un accident de voiture mais sans l'avoir eu.
_ Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda Stiles à moitié nu devant lui, ne semblant pas voir les blessures qu'il avait. Tu vas l'enlever se boxer oui ou non. Commença à s'énerver Stiles.
_ Je ... je suis blessé … Aide moi … J'ai mal … Articula difficilement le brun qui s'écroula dos contre le sol.
Le regard de Stiles passa de la colère à l'ignorance total, pourtant le jeune le regardait toujours, mais semblait ne plus le voir.
_ Derek ? Derek ? T'es où ? Derek ? Ne me laisse pas tout seul ! Hurlait Stiles.
Stiles s'installa sur le lit et se rhabilla, des larmes coulaient sur ses joues. Derek n'arrivait plus à parler et de nouvelles blessures se formèrent sur ses bras.
La pièce devint noire, puis il se retrouva devant la porte de Stiles. Guérit. Il se demandait s'il rêvait. Enfin rêvait, n'était pas le terme adéquat pour cette situation. Il ne comprenait pas.
Quand il sentit une violente douleur à la joue, il se trouva face à Stiles, les yeux baignaient de larmes et en colère. Il recula et buta sur quelque chose. Se retournant il tomba nez à nez avec …
_ Toi ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Il se tourna de nouveau vers Stiles. Attend ce n'est pas ce que tu crois … Je te jure que …
_ Je t'ai attendu, je me suis persuadé que tout était de ma faute et toi tu couches avec quelqu'un d'autre ? Tu me trompes avec lui et tu crois que je vais te pardonner comme ça ? Mais tu rêves ! Je ne veux plus jamais te voir. Je déménage ce soir, je rentre chez moi et plus jamais on ne se verra …
_ Attend ! Derek avait beau hurler mais Stiles ne l'entendait pas. Il avait beau courir mais Derek n'arrivait pas à rattraper Stiles. Il avait l'impression de tout perdre. Sa vie. Ses joies. Stiles.
Derek s'écroula à genoux au sol et pleura. Il se sentait vide. Épuisé. Détruit. Il ne pouvait s'en vouloir qu'à lui-même. Il ne pouvait pas vivre sans Stiles. Il était devenu son univers. Le jeune homme lui avait ouvert son cœur et il n'avait rien trouvé de mieux que de le tromper avec le premier venu. Il avait fui au lieu de discuter avec lui. Il était minable. Il se sentait minable. Il n'était plus rien.
_ Stiles ?
_ …
_ Stiles, mon grand tu devrais rentrer te reposer. Peter posa une fine couverture sur les épaules de Stiles.
Le jeune homme n'avait pas beaucoup dormi depuis une semaine. De toute façon il ne pouvait pas dormir. Ce cauchemar revenait toujours le hanté. Toujours le même, angoissant, sanglant, perturbant.
Il était devant son immeuble tranquillement à attendre Erica qui devait passer le prendre pour aller manger au restaurant. De l'autre côté de la rue Derek le vit. Il était bourré et titubait. Les gens qui passaient à côté de lui détournaient la tête en faisant des signes permettant à Stiles de voir que le jeune homme ne sentait pas la rose.
Il l'entendait l'appeler, le supplier de lui pardonner, il le voyait s'avancer dangereusement vers la route avec son équilibre plus que bancale.
Il vit le véhicule s'engager sur la droite alors que le feu était au rouge, il vit le conducteur s'énerver au téléphone et ne pas regarder la route. Puis il hurla. Il ferma les yeux priant pour que ce soit un cauchemar. Il ne voulait plus entendre les hurlements, le bruit de tôle et d'os qui se brisaient sous l'impact. Il voulait garder les yeux fermés car il savait que s'ils les ouvraient tout ceci serait réel.
Et il les ouvrit.
Stiles regardait Peter d'un air absent. Une semaine qu'il ne dormait quasiment pas. Une semaine que Derek était inconscient dans ce lit d'hôpital et qu'il veillait sur lui. Qu'il espérait que Derek allait se réveiller et que tout allait rentrer dans l'ordre. Il voulait lui parler, lui dire qu'il le pardonnait pour tout, même pour l'infidélité. Il s'en foutait, car maintenant il souhaitait qu'une seule chose. Que Derek ouvre les yeux à son tour.
