Je crois qu'il est de bon ton aujourd'hui d'adopter le noir et de baisser la lumière. Il est temps de faire son deuil. Pas gai, comme entrée en matière. Cette fic, elle est égoïste, elle me sert à extraire mes sentiments les plus noirs et les plus douloureux envers une certaine personne... tellement lointaine que la douleur s'estompe, on oublie tout, même l'indicible.

Non, ce soir la douleur est plus vive. La douleur est partagée par toute une bande de jeunes plus ou moins stupide, ayant perdu un grand frère qui les gardait sous son aile bon grès mal grès. On pourra dire ce qu'on voudra. On pourra être en colère. On pourra être en larmes et lui hurler dessus, le supplier ou essayer de le rayer de la carte, ça ne changera rien. Des fois, il n'y a pas de retour possible. Et tout le monde le sait.

Des fois, les gens se comportent avec nous d'une manière qu'on aurait pas crue possible... Parfois, on se sent trahi, complètement abandonnés, que sais-je encore... Même si quelque part la personne nous avait donné de petits avertissements, des indices qu'on croyait sans importance... S'il faut réaliser ensuite que c'était plus vrai que nature...

On ne comprend pas. On le hait parce qu'on ne comprend pas. On lui en veut. Ou pas. On est tenté de le haïr, mais la colère passée on réalise qu'on est surtout terriblement triste. Pour nous, mais aussi pour lui.

On l'aime quand même. On se dit qu'on attendra aussi longtemps qu'il faudra.

Si la personne à laquelle je pense lit ces lignes (ce dont je doute, la connaissant) elle trouvera sans doute cela totalement vain et stupide.

C'est pas grave, je le pense quand même.

Et zut, je n'aurais pas dû partir en dédicace, elle va finir par être plus longue que le chapitre. (quand même pas...) Enfin, je le pense quand même, mais ceux qui sont étrangers à cette histoire n'ont sans doute rien à faire de cet étalage de paroles floues... Aussi je m'arrête là et vous laisse enfin lire la suite, avec la maigre consolation de ce dire que ça met dans l'ambiance...


Pauvre con

L'agressivité d'un regard. Juste d'un regard. Tout ce qu'il me reste de toi à présent, c'est de la haine. Une haine énorme. Infinie comme le noir de tes yeux sans fond dans lesquels je me perdais…

Mais pourquoi me hais-tu autant ? Faut-il que finalement, ce soit toi qui aie le plus souffert de nous deux pour que tu me haïsses à ce point ? Qu'est-ce que j'ai fait pour ça ?

Je t'en ai trop demandé, c'est ça ? Un amour complet, exclusif, inconditionnel, c'était trop pour toi ? Je ne le méritais pas ?

Pauvre con, pauvre con que tu es… Tu as refusé l'amour que je te donnais. Sans doute préfères-tu une fille, banale, gentille, que tu jetteras comme un mouchoir un autre jour…

Je te fous la paix, tu vois. Je ne t'ai pas écrit, je ne t'ai pas parlé, je ne t'ai pas supplié à genoux… Je n'ai rien fait de tout ça pour toi, alors t'as intérêt à être heureux. Vraiment heureux. Pas le plaisir de tirer un coup avec n'importe qui, celui de trouver un amour plus vrai, plus plein qu'aucun autre…

Tu en avais marre que je m'accroche à toi, c'est ça ? Quand j'aime, ce n'est pas, par-ci, par là, comme un papillon que tu es. J'aime une personne, une seule, et c'est toi ! Tu le savais… Je n'avais pas besoin de te le dire. Mais ça n'a rien changé, ça ne t'as pas empêché d'aller voir ailleurs…

Tu savais que j'en crevais de haine et de jalousie… et tu allais baiser une jolie fleuriste ou cette adorable bibliothécaire… Tu n'allais pas te retenir pour moi. Je n'ai compris. Il m'a fallu du temps, mais je l'ai compris. Ce que je ne voyais pas, c'est que je t'intéressais de moins en moins chaque jour… Tu venais me voir de temps à autre, de moins en moins souvent. On parlait peu, et surtout pas de nous. J'étais comblé de bonheur dans ces moments-là… Je n'en demandais pas plus… Tout en sachant qu'une fois reparti, l'oreiller serait à nouveau trempé de mes larmes. Mais ça, je m'en foutais.

Tu as décidé un jour que tu en avais marre de me voir souffrir, pleurer et tenter de te rattraper. Tu m'as tourné le dos, égoïstement. C'était pire que toutes tes absence, c'était un vide, rond, total, un zéro qui se creusait dans mon cœur.

On a eu des engueulades, on en a eu beaucoup. Mais ce n'était pas un problème. Cette fois-là, on ne s'était pas engueulés.

C'était pour de vrai.

Pourquoi n'as-tu pas compris à ce moment-là que tu m'arrachais le cœur ? N'as-tu pas compris qu'en brisant le serment qui nous unissait, tu me laissais dans l'abandon le plus total ? Que cette douleur, ce cœur qui me tirailler, qui me tirait des larmes, était la chose à laquelle je tenais le plus au monde ? Me faire souffrir, c'était pas la première fois… pour un peu, je dirais que j'en ai pris l'habitude. Tu as toujours réussi à faire pire. Quelque part, c'était mieux que ça s'arrête là. En poussant plus loin, je me serais peut-être suicidé, qui sait ?

Ca te donne un beau rôle de penser que tu as fait ça pour mon bien autant que le mien.

Mais j'en doute.

J'en douterais toujours, d'ailleurs…

Vas-y, casse-toi.

Toi qui ne liras jamais cette lettre.

Laisse-moi crever de l'intérieur.

Je le fais pour toi, tu le sais bien.

Tu savais que je penserais comme ça.

Mais au moins, soit heureux !

Pauvre con.