Chapitre 4 : Ma famille d'abord
Balsa se réveilla, se leva et descendit en bas en prenant bien soin de ne pas trop faire de bruit pour sa fille aînée et son amie qui dormaient juste à côté. Les draps bougèrent et Amaya sortit de derrière le rideau. La Maman pu mieux observer l'amie de sa fille aînée plus en profondeur au naturel. Elle était grande, 1m73, soit cinq centimètres de plus que Balsa et avait les traits typiquement Kanbalese. Ses cheveux étaient bruns et très long qui lui arrivaient en bas des fesses avec une frange en multiple petite mèche. Ses petits yeux montraient qu'elle venait tout juste de se réveiller.
« Bon matin, lui souhaita Balsa en souriant.
- Oh ! bon matin, répondit-elle un peu timidement en sortant de sa ''cachette''. Dites, avez-vous de l'eau et une serviette ?
- Pour te nettoyer le visage ?
- Oui...
- Oui, je vais te préparer ça.
- Merci.
- Tu peux me tutoyer, Amaya-Chan.
- D'accord, je le ferai prochainement, sourit-elle. »
Balsa alla chercher le bac, le remplit d'eau propre et prit une serviette avant de passer le tout à Amaya qui se lava le visage avec joie.
« Je me sens beaucoup mieux, moins sale de la nuit, disons, sourit-elle.
- C'est vrai que ça offre cette sensation. »
Après s'être nettoyée le visage, la jeune adulte se mit à disposition pour aider sa 'belle-mère'.
« Que puis-je faire pour t'aider ?
- Oh, tu es notre invitée, tu n'as pas à faire quoique ce soit.
- Ça tombe mal, sourit-elle timidement. Je n'aime pas ça me sentir inutile. Est-ce que tu veux que je mette la table pour le petit déjeuner ? Que je fasse quelque chose dans les déjeuners ?
- Oh ! tu peux mettre la table, les baguettes sont dans l'armoire là, les plats juste ici, et les verres et les tasses dans la même armoires que les baguettes.
- D'accord ! Merci ! »
Amaya mit la table avec une organisation remarquable et les draps bougèrent. Elle arrêta ses mouvements, déposa ses ustensiles et se pencha vers Alika qui avait uniquement sortit la tête hors du rideau, l'air maussade, les cheveux entremêlés.
« Bien dormit ?
- ... Vous aimez ça faire du bruit, hein ? grogna-t-elle.
- Alichoue', voyons, il faut se lever.
- Grrrr... J'aime dormir.
- Je sais. Aller, dix minutes et ensuite, vient nous aider, ordonna Amaya à la grande surprise de Balsa. »
Sa petite-amie ronchonna et osa se réveiller en se secouant la tête, plier son futon, ranger les oreillers et la couverture avant de tirer totalement le rideau.
« Elle t'obéit aux doigts et à l'œil tandis que je dois constamment répéter ! s'étonna Balsa.
- C'est mon secret, sourit Amaya tandis qu'Alika revenait changée, accompagnée de Motoko qui s'empressa d'aller enlacer l'invitée.
- Bon matin 'Maya-Chan ! salua la plus petite sœur.
- Bonjour à toi, Motoko-Chan.
- Maman, est-ce qu'il y a de quoi que je peux faire pour t'aider ?
- Non, tout a été fait par notre invitée. »
Motoko fit une moue.
« Mais tu peux m'aider à faire le déjeuner.
- Ali', va te nettoyer le visage, commanda Amaya.
- Oui, chef...
- Regarde ! s'écria Balsa. Comment fais-tu ?
- Je n'en sais rien, en fait... je crois que je dois avoir une autorité naturelle, rit-elle.
- Ça se pourrait bien. »
Les autres membres de la famille suivirent et les jumeaux commencèrent déjà à se bagarrer avant de faire un compliment à Amaya.
« Hey Jiguro, on a une beauté.
- On va bien manger, finalisa Jiguro.
- Vous voyez pas que vous la rendez mal à l'aise ?! s'exclama Motoko.
- Ça ira Motoko, je suis habituée, sourit-elle alors qu'Alika s'assoyait à ses côtés et prit son bras de façon possessive. »
Après le déjeuner, Nao alla dans la forêt pour se retrouver seul avec lui-même. Il ouvrit son cahier pour prendre des notes et faire des croquis lorsqu'il entendit un gazouillis puissant proche de lui. Il se retourna et fouilla partout des yeux. Il le réentendit et son regard bleu se planta sur un oisillon. Pourtant, l'oisillon était plutôt gros et semblait être tombé de son nid. Il déposa son livre et s'approcha lentement pour éviter de l'effrayer. L'oisillon ne bougea pas de sa place en voyant Nao arriver et continua de jeter un cri strident. Il nota que l'animal avait presque plus de plumage de bébé, et que ça semblait être un juvénile. Il s'approcha un peu plus et tendit les mains pour pouvoir le tenir, mais l'oisillon sauta de la pierre, battit un peu des ailes avant de s'écraser sur le sol et de sautiller. Il le ré attrapa et vit son père arriver ; qui semblait prêt à aller accueillir des plantes médicinales avec Motoko et descendre au bas-ougi pour quelques jours.
« Papa, regarde !
- Oh ?
- Un oisillon blessé ! s'exclama sa petite sœur.
- Non, la reprit Nao, il a plutôt l'air de ne pas savoir comment voler...
- Tu devrais le laisser à sa place, ses parents ne sont peut-être pas loin, indiqua Tanda.
- Je sais, mais je ne voudrais pas qu'il se fasse manger par les animaux de la forêt... (il retint l'oisillon qui se débattait tout en tentant de ne pas abîmer les ailes de son plumage) En plus, regarde, il ouvre le bec !
- Il a peut-être faim ? tenta Motoko en regardant l'oisillon de près en caressant sa petite tête de son doigt. »
Tanda déposa ses choses sur le sol et s'approcha de plus près. Il approcha son doigt et vit que l'oiseau ouvrit tout grand son bec.
« On dirait qu'il veut mordre, sourit Nao. Tu crois que je devrais lui donner à manger ? Des vers peut-être ?
- Il va falloir que tu les mâches pour lui.
- Hum... tu peux m'en trouver Papa ?
- Eh, tu ne vas pas vraiment faire ça ?
- S'il le faut, oui. Trouve-moi-en, s'il te plait.
- Oniisan t'es dégueulasse... »
Le père de famille soupira et alla fouiller dans ses objets avant de ressortir un pot dans lequel quelques vers de terre bien vivant grouillaient. Nao n'osa pas relâcher son emprise du bébé oiseau, idée qu'il ne resaute pas encore dans les airs. Tanda approcha le ver du bec de l'oiseau en espérant qu'il ne s'étouffe pas avec. Après lui avoir donné à manger, son fils décida de reposer le bébé oiseau à la place où il l'avait trouvé et de le veiller en attendant qu'il soit certain que le petit animal soit en sécurité.
« Et toi tu vas où Papa ?
- Je m'absente pour quelques jours au Bas Ougi. Maman est au courant et ta petite sœur voulait m'accompagner.
- D'accord. »
Son père partit à sa cueillette avec sa petite sœur tandis que Nao se dirigea vers le refuge pour retrouver sa mère qui polissait encore sa lance.
« Maman ? demanda Nao.
- Oui mon cœur ?
- Tu es seule ?
- Oui, Motoko a accompagnée Papa et les jumeaux sont dehors en train de jouer. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Hier, c'était la fête de Kasem... Tu sais que je vois ce que les autres ne voient pas.
- Oui.
- Tu sais aussi que je suis neutre. Un neutre pur qu'on voit rarement.
- Exact. Pourquoi ?
- Comme grand-Maman Torogai-Shi, je suis un portail. Je relie les esprits au monde vivant... Et quand je le veux, je peux me faire posséder par l'un d'eux. Mais je ne laisse pas passer n'importe qui via mon corps.
- D'accord.
- Puisque tu es ma maman, je vais le faire devant toi. N'aies pas peur, ça ne va pas être dangereux. Je suis en présence d'un d'entre eux et il veut te dire quelque chose...
- J'en vois de toutes les couleurs avec Tanda et Torogai-Shi. Je n'ai pas peur, il en faut plus pour m'effrayer.
- D'accord. Bon, je dois juste prendre sa position... »
Nao se plaça en petit bonhomme, les genoux près de son corps et ferma les yeux. Balsa déposa son arme et ne bougea pas un poil. Puis, il leva lentement la tête, un air totalement différent qu'à son habitude. Il avait l'air réservé et gêné. Ce que Balsa remarqua fut le changement couleur d'yeux. Ses yeux bleus étaient devenus bruns. Soudain, Nao tendit timidement ses bras en guise d'un câlin et observait intensément Balsa. Comme si il attendait de quoi d'elle.
« Tu veux un câlin ? »
Il hocha affirmativement la tête lentement. Alors Balsa ouvrit lentement ses bras et l'invita à se réfugier dans les siens. Son fils se catapulta sur elle et la serra fort de ses petits bras. Elle sentit ses petites mains agripper le dos de son kimono rouge, avec force. Comme si elle lui avait manqué. Nao enfouis sa tête dans sa poitrine et soupira d'aise.
« ... Maman... murmura-t-il d'une voix enfantine, plus enfantine que la sienne. »
Il resta un moment comme ça avant de se décoller un peu et de regarder Balsa.
« Maman... répéta-t-il.
- Eh... Nao ? »
Il hocha non vivement.
« Tu me connais déjà... Hier...
- ... Kasem ? essaya-t-elle. »
Il sourit et se recolla le nez dans sa poitrine.
« Ça fait du bien... de pouvoir enfin serrer... ma Maman dans mes bras... et sentir son odeur... »
Balsa sentit son cœur se serrer et elle se mit à pleurer et resserra encore plus son étreinte. Kasem lui dit qu'il veillait sur eux mais surtout sur elle.
« Pourquoi je t'ai perdu... ? osa-t-elle enfin demandé. Si j'étais restée au repos pendant tout ce temps, est-ce que tu serais venu au monde ?
- Hum... Je ne sais pas. Mais d'après mes petites recherches, tu n'es pas responsable de ma mort.
- Eh, oui. Je n'ai quand même pas fait attention.
- Quand je suis décédé dans ton ventre, que faisais-tu ?
- Je pense que je dormais et me reposai chez Tante Yuka ?
- Voilà. À ce moment, ton corps était dysfonctionnel.
- Pardon ? Comment peux-tu le savoir ?
- Le monde des esprits est un monde mystérieux, remplis de mystères. Je ne peux te dire d'où ou de qui je le sais, mais je sais que ton corps était dysfonctionnel. Et que quelque chose n'était pas placé à la bonne place, ce qui a causé ta fausse couche. Tu sais, le genre de truc qui nous alimente quand on est dans ton ventre ?
- Le délivre ?
- Oui. Il semblerait qu'il m'empêchait de sortir naturellement…
- Ah… »
La mère de famille fit une moue intriguée et triste à la fois, mais Kasem lui fit un magnifique sourire.
« Je sais que tu me vois en tant que Nao, mais moi, de mes yeux, je me vois en tant que moi. Je suis toujours là, même si tu ne me vois pas. Après ma mort, j'ai pu décider si j'allais renaître dans le corps d'une autre femme, toi à nouveau ou si je voulais veiller sur vous. J'ai décidé le dernier choix.
- Au moins, je sais que tu veilles sur nous.
- Est-ce que je peux venir te voir plus souvent avec le corps de Nao ?
- Seulement si tu me préviens avant.
- D'accord ! Merci Maman ! »
Il lui donna un dernier câlin avant de se retirer d'elle.
« C'est moi, Nao, dit-il.
- De retour parmi nous. Que faisais-tu en attendant ?
- Je dormais dans ma tête.
- Ah...
- Mais ne t'en fais pas, j'ai conscience de tout ce qui se passe quand je me laisse posséder. Alors, il a répondu à tes plus grandes intrigues le concernant ?
- Assez oui. Merci.
- Pas de trouble. »
Il se redressa et repartit dans son grand livre.
Motoko se redressa en montra ses plantes médicinales.
« Elles sont jolies ?
- Oui, tu as bien choisi Motoko-Chan.
- Est-ce qu'on en a assez pour les jours suivant au bas-ougi.
- Bien sûr. Est-ce que tu veux aller voir Tante Saya et Tonton Tohya ?
- Je les aime bien, mais je voudrais passer plus de temps avec toi, Papa. »
Tanda sourit en entendant ça. En dépit de ces paroles, il savait que ses enfants l'adoraient et que pour rien, il n'échangerait sa femme et sa famille. Il caressa sa tête et ils allèrent vers le Bas-Ougi. En arrivant à son kiosque, il sortit de l'encre et une feuille de papier parchemin et donna le tout à sa fille pour ne pas qu'elle s'ennuie. Il vit des clients habituels et une en particulier qui venait acheter les mêmes herbes médicinales et qui pouvait passer des heures à parler avec lui. Elle semblait être originaire du village Yakue métissé, le village Yashiro.
« Bien le bonjour Tomoe-San.
- Bonjour Tanda-San. Ça faisait un moment que je ne vous avais pas vu ici.
- J'ai été pas mal occupé en effet. J'ai en ma possession vos herbes médicinales habituelles. »
Il fouilla dans son sac et lui offrit alors qu'elle sortait son argent.
« Et voilà pour vous, dit-elle.
- Et votre commande.
- Humm, pensa-t-elle en jetant un coup d'œil vers Motoko. Qui est-ce ? C'est la première fois que je la vois avec vous. Est-ce votre enfant ?
- Oui, c'est ma fille. Elle s'appelle Motoko et elle a...
- J'ai bientôt sept ans ! répondit-elle avec joie.
- Quelle adorable petite frimousse. Mais elle a quelques traits qui me rappellent ceux de Kanbal. Bien que je n'ai pas souvent vu des gens venant de Kanbal.
- Sa Maman et ma femme, par la même occasion, est originaire de Kanbal. C'est tout à fait normal.
- Dès que vous aurez finit votre travail, ça vous dirait d'aller manger à un restaurant avec moi ? »
Tanda figea un instant, mais sa fille tira sa manche.
« S'il te plait Papa, dis oui !
- Eh bien je...
- Dis oui ! continua de le supplier Motoko.
- Je pense que pour ce soir, ça pourrait être bien.
- Parfait, donc je vais venir vous revoir dès que vous aurez fini. »
Et elle les quitta. Après leur journée, la dénommée Tomoe vint les voir et offrit même une petite douceur à Motoko qui était sautillante de joie : des hekimooms. En voyant cette friandise, Tanda se rappela vivement de Chagum et quand il les accompagnait il y a de cela près d'une douzaine d'années. Il ferma son kiosque, passa à l'auberge pour y déposer ses choses et accompagna Tomoe qui tenait déjà la main de sa fille. Ils s'assirent et il décida de payer la commande.
« Je pouvais le faire Tanda-San.
- Ce ne serait pas très galant de ma part venant d'un homme, sourit-il. »
Elle lui renvoya son sourire.
« Vous sortez souvent au restaurant avec votre femme ? se renseigna la jeune femme.
- En fait... je ne peux pas vraiment. J'ai trois autres enfants à m'occuper. La plus vieille est assez âgée pour se débrouiller seule.
- Quel âge a-t-elle ? demanda-t-elle alors que l'entrée de leur repas commençait à être servit.
- Dix-huit ans. (Il regarda la serveuse) Merci. Et vous ? D'après ce je vois, vous êtes d'origine Yakue métissée ?
- Oui, vous avez raison. Ma mère était une femme de Yogo et mon père un homme Yakue venant de Yashiro.
- Êtes-vous mariée ?
- Non. Et vous ? »
Il montra sa main gauche avec l'anneau en or. Il crut percevoir une légère déception dans les yeux de Tomoe, mais elle se reprit assez vite. Le repas arriva et ils parlèrent de tout et de rien. Motoko racontait toutes, mais bien toutes les anecdotes que sa famille vivait, rendant Tanda parfois un peu embarrassé. Le restant de la soirée, ils la passèrent à marcher proche du petit ruisseau à parler et à mieux se connaître.
Au soleil couchant, Balsa prépara le souper en essayant de deviner combien ils allaient être au repas du soir. Tanda et Motoko ne seraient pas de retour avant trois ou quatre jours, ce qui réduisait leur nombre de deux. Alika avait complètement oublié de la prévenir si elle reviendrait à l'heure du souper avec son amie Amaya, elle fit donc un peu plus de nourriture que le nombre présent. Elle était en train de faire cuire le riz lorsqu'un drôle bruit attira son attention et qu'elle usa de ses réflexes pour retenir le meuble dont les trois tiroirs allaient tomber sur Karuna.
« Doux seigneur, faites doucement les jumeaux. Heureusement que Maman était là !
- Désolée... s'excusèrent-ils alors que Nao passait avec son livre pour s'asseoir à leur table. »
Elle soupira et continua la préparation. Le souper se passa relativement dans le calme. Elle prit son bain en compagnie de ses trois fils. Ce qui fut un moment plaisant.
« Ne lui met pas du savon dans les yeux, avertit-elle Jiguro qui voulait mousser les cheveux de son jumeau.
- Je lui en mets pas, Maman...
- Tu me tires les cheveux ! gémit Karuna. »
Nao souriait en les voyant s'amuser tout en se lavant, un peu plus à l'écart.
« Maman, sortit Karuna qui continuait de se faire jouer dans les cheveux.
- Oui ?
- Pourquoi t'as pleins de cicatrices ?
- Ce sont des marques de mes combats précédents.
- Maman est une guerrière ! sortit Jiguro. Et quand je serai plus vieux, je serai comme elle !
- Alors pourquoi t'as une cicatrise proche du ventre ? demanda Karuna en s'approchant avant de toucher à la cicatrice sur son flanc droit, créer lors de son combat dans les rizières. Un des bébés que t'as eu est sorti par-là ? »
En entendant ça, Balsa pouffa de rire* avant de s'approcher et de lui rincer les cheveux.
« Non poussin. C'est une ancienne blessure que j'ai reçu en protégeant le jeune prince... ou plutôt Mikado ?... Bref, il y a quelques années de cela. Avant même votre naissance.
- Vous en avez de l'imagination, sortit Nao en marchant vers eux. »
Ils sortirent tous du bain et se séchèrent avant de se mettre en pyjama. Les jumeaux voulurent se coucher aux côtés de Balsa tandis que Nao allait se coucher, seul, au rez-de-chaussée. La mère de famille ne ferma pas les yeux, ou du moins, dormirait sur une oreille jusqu'au retour de sa fille aînée. Elle bougea un peu et Jiguro gémit dans son sommeil, chose qui fit en sorte qu'elle arrêta un instant de bouger et elle commença à fredonner une berceuse tout en caressant ses cheveux. Elle commençait à entrer en transe entre le réveil et le sommeil quand elle entendit un grand boum et quelqu'un jeter un juron. Son sursaut avait fait bouger Karuna et Jiguro qui se réveillèrent en même temps.
« ... Bordel de marde ! C'est qui qui a laissé trainer sa lance ?! résonna la voix d'Alika, décidemment frue.
- Oneechan, la ferme, Maman et les jumeaux dorment.
- Bin, au moins, elle sait que je suis revenue !
- Chuuuuuuuuut !
- Au lit.
- T'es pas Maman.
- Au lit pareil.
- Baisse le ton.
- Bin je pense qu'ils sont déjà réveillés.
- T'es pas croyable.
- Tu te crois plus mature que moi ?! »
Tenant les deux jumeaux dans chacun de ses bras, Balsa descendit calmer les ardeurs de ses deux enfants aînés.
« Désolée ma grande, c'est moi qui a laissé traîner ma lance au sol. Tu as faim ?
- Un peu.
- Il reste encore des restants du souper de ce soir. Je suis contente de voir que tu es revenue comme prévu.
- Je tiens mes promesses.
- Nous on retourne se coucher. Bonne nuit ma belle. (elle bisa le front d'Alika)
- Bonne nuit Maman. »
Tanda retourna à son auberge, seul en compagnie de sa fille qui ne faisait que vanter les qualités et la douceur de Tomoe. Il espérait seulement qu'elle ne compare pas trop Balsa à elle.
« Comment as-tu aimé ta soirée ?
- J'ai aimé ! Tomoe-San est gentille et jolie !
- Tu l'apprécies bien ?
- Oui, tu crois que Maman et elle pourront se rencontrer un jour ?
- Je ne sais pas.
- Ce serait bien !
- On verra. Aller, il est assez tard, on doit dormir. »
Ils se changèrent et se couchèrent, Motoko collée contre son père. Après deux jours passés dans le bas-ougi, deux jours en compagnie de Tomoe, Tanda croisa quelqu'un de familier qu'il ne pensait pas croiser...
Alika marchait en compagnie de sa petite-amie, main dans la main. Elle n'avait cependant pas prévu ce qui allait arriver. Elle embrassa Amaya sur la bouche quand elle tourna la tête, se sentant fixée un instant. Le monde arrêta de tourner autour d'elle. Elle se détacha d'Amaya comme si une abeille l'avait piquée.
« Pa-pa-pa-PAPA ?! »
Tanda, qui tenait Motoko par la main, accompagné de Tomoe, ne s'attendait visiblement pas à croiser sa fille aînée, au milieu de la foule de roturier. Et il était encore figé d'avoir vu ce qui s'était passé précédemment. Elle se figea et imagina les pires scénarios dans sa tête. Alors, au lieu de s'expliquer, elle prit la fuite avec sa petite-amie, prise d'une effroyable terreur.
« Papa, c'était Alika-Oneesama ça ? demanda Motoko, pas certaine.
- Oui...
- Elle a embrassé Maya-Chan ?
- Oui... je crois que oui. »
Petite aide concernant Nao : Nao est un portail, ce qui signifie qu'il peut laisser les esprits – ceux qu'il veut, bien sûr – prendre possession de son corps et, ceux-ci, peuvent se sentir «vivant» d'une certaine manière. Et ce n'est pas tout le monde qui est un portail spirituel.
*Dans ce contexte-là, je pense que Balsa ne pouvait même pas imagine se faire ouvrir le ventre pour sortir un bébé de là (césarienne). Donc, c'est pour ça qu'elle prend ça très à la légère – antiquité, on se comprend.
