Chapitre 4 : Prise de conscience.
Depuis que Harry s'y était
installé, la maison de feu Sirius avait bien changé. La
tapisserie représentant l'aimable marâtre qui avait
servi de mère Sirius avait disparue et à sa place une
plaque d'argent rappelait tous les membres de l'Ordre qui avaient
trouvé la mort en servant leur cause. La salle à manger
avait été débarrassée de toutes les
bestioles qui avaient pu vivre là à un moment ou un
autre, et aucun épouvantard n'occupait plus ni cette pièce
ni aucune autre. Les meubles avaient été remplacés,
ou réparés et remis au goût du jour. La cuisine
avait elle aussi été entièrement refaite, et les
règles d'hygiène élémentaires seraient
à présent respectées Le salon avait été
refait, les meubles ternes et abîmés remplacés
par des canapés luxueux capable d'accueillir chacun cinq à
six personnes, ce serait désormais ici que se tiendraient les
réunions de l'Ordre, puisqu'il avait été
décidé par Minerva, Remus, Severus et Harry que seuls
les membres officiels de l'Ordre auraient droit de séjour
ici. Cette décision avait fini de convaincre une dizaine de
personnes parmis lesquelles les jumeaux Weasley et d'anciens
membres de l'AD, comme Seamus Finnigan.
L'agencement des
étages avaient été revus et chaque chambre
pouvait accueillir 3 personnes en tout confort, et cinq en se serrant
un peu, et des salles de bain avaient été rattachées
à chacune des chambres. Seuls Harry, Drago, Remus et Severus
possédaient un chambre individuels, car ils serraient les
seuls à rester pour l'année. Ron et Hermione avaient
décidé qu'ils ne voulaient pas vivre Square
Grimmaurd, mais chez les Weasley, ce qui avait rassuré Harry,
même si il ne se le serait avoué pour rien au monde.
Au
dernier étage, qui abritait autrefois la chambre de Buck et
celle de Sirius, avait été compartimenté en cinq
salles : un laboratoire de potion où Severus avait bien
l'intention de faire rattraper à Harry et Drago ce qu'ils
été censés avoir appris à Poudlard, une
salle d'entraînement physique, un autre pour la légilimencie,
une encore pour la métamorphose et les enchantements, et enfin
une pour toute la théorie. Elles avaient été
construites de façon à pouvoir accueillir une vingtaine
de personne, car Severus pensait que Harry et Drago ne seraient pas
les seuls à suivre ces cours.
Malgré tout ces
changements qui avaient été faits pour lui faciliter la
vie, et bien qu'il en soit conscient, Harry n'arrivait pas à
se sentir heureux ; le fait qu'il soit chez Sirius ne le troublait
pas outre mesure, car il savait que son parrain été là
quelque part, il veillait sur lui. Non, ça n'avait rien à
voir avec la religion, c'était plutôt la certitude que
le fait de disparaître derrière un voile ne pouvait tuer
personne.
Et puis il y avait Ginny, elle qu'il pensait aimer
comme personne, elle avec qui il était tendu, elle qui avait
fini par s'en apercevoir. C'était inévitable.
Ils
s'étaient disputés violemment. Harry, déjà
ébranlé par son amitié récente avec
Drago, avait été incapable de se défendre,
jusqu'à ce qu'elle déclare que de toute façon
c'était de la faute de Drago, qu'il lui avait pourri le
cerveau, qu'il n'était plus lui même, qu'il se
faisait manipuler comme un pantin. Il s'était senti
personnellement insulté. Drago était son ami, ce qu'il
avait vécu était tellement proche de ce que Harry avait
connu. Il avait alors dit qu'il refusait de lui reparler tant
qu'elle ne se rendrait pas compte que Drago avait bel et bien
changé. Elle lui avait dit qu'ils risquaient de ne pas se
reparler avant longtemps en quittant la pièce d'un pas
rageur. Elle avait aussitôt rallié à sa cause
Hermione qui s'était empressée de lui donner
raison.
Cela faisait six jours et Ginny n'avait toujours pas décoléré, et ne lui avait toujours pas adressé la parole.
Drago et Ron soutenaient Harry et s'entendaient maintenant très bien, ce qui enchantait ce dernier. Toutefois Ron ne pouvait prendre réellement parti pour Harry, car il était toujours aussi amoureux d'Hermione, et elle le lui rendait bien.
Harry, même si il s'en voulait de penser
ainsi, considérait Ron comme son frère, mais c'était
Drago son véritable ami, de même que Severus était
comme un second parrain.
Tout le monde était étonné
de ce changement d'opinion vis à vis de Severus, mais Harry
avait juré à Drago et Severus de ne répéter
à personne ce qu'il avait vu. Il savait maintenant qui avait
recueilli Drago quand son père le battait, qui l'avait
mainte fois soigné, et l'amitié qui liait Lily et le
Serpentard. Mais tout cela il ne pouvait l'expliquer, ni à
Ron, ni à qui que ce soit.
La réunion venait
juste de se terminer dans le salon, et la pièce se vidait
petit à petit. Restèrent Harry et Drago. Le jeune
Survivant évitait de se retrouver seul avec Drago depuis le
soir où ils avaient failli s'embrasser. Ce dont il ne se
rendait pas compte, c'est Drago reprenait petit à petit son
coté serpentard rusé, et était bien décidé
à parler avec Harry de ce qui avait pu se passer.
Lorsque
Harry se dirigea vers la porte, comme pour fuir, Drago murmura :
-
Tu m'évites.
- Non, pas du tout, se défendit
Harry, sans pour autant se retourner.
- Tu sais… j'aurai
vraiment aimé pouvoir t'embrasser, l'autre soir. Et je
sais que ce n'est pas Ginny le problème. Ca fait six jours
que vous vous ignorez, et elle ne semble pas vraiment peinée,
chuchota Drago.
- Qu'est-ce que tu en sais ? Tu le lui as
demandé au moins ? De quel droit te mêles tu de ma vie ?
Tu es la depuis quelques jours seulement et tu penses connaître
Ginny mieux que moi ? Cria Harry, en se retournant brusquement.
-
Harry, je suis désolé si c'est l'impression que je
donne. Mais tu veux vraiment connaître la vérité
? Tu veux tout savoir ?
- Quoi ? Que veux-tu que je sache de plus
?
- Quand tu as plongé dans mes souvenirs, tu as vu tout ce
qui avait pu me marquer dans ma vie. Ce que tu ne sais pas, c'est
que pendant ce temps je voyais tes souvenirs, et ce sort étant
fais pour montrer ce qui nous a marqué, blessé, rendu
heureux, j'ai vu quasiment toute ta vie. J'ai vu ce que tes
moldus t'on fait, ce que t'as fait subir le Seigneur des
Ténèbres, mais … ce qui m'as beaucoup touché,
c'est que toutes nos disputes t'on marqué, j'ai ressenti
la compassion que tu avais pour moi juste avant de me lancer le
Sectumsempra, et ça m'a bouleversé. C'est pour
cette raison plus que pour une autre que je me suis mis à
trembler et que j'ai pleuré dans tes bras, parce que tout à
coup je ne te voyais plus comme saint Potter mais comme un individu à
part entière, et je me suis rendu compte à quel point
tu aurais préféré être quelqu'un comme
tout le monde.
- Je ne savais pas que ces disputes m'avaient
autant marqué . Mais … moi aussi je les aies vues dans tes
souvenirs, répondit Harry, touché par ce discours aux
intonations si sincères.
Ils ne savaient plus quoi
ajouter. Mais Harry avait une question qui lui brûlait les
lèvres ;
- Pourquoi as-tu voulu … enfin…
- Pourquoi
est-ce que j'ai voulu t'embrasser ? Compléta Drago,
malicieux.
- Euh … oui. Répondit Harry, écarlate.
-
Ca me paraît simple. Tu ne crois quand même pas les
rumeurs comme quoi j'aurais mis toutes les filles du collège
dans mon lit ?
- Euh … je ne me suis jamais vraiment posé
la question en fait…
- Tu es bien naïf. La vérité,
c'est que j'ai toujours préféré les garçons,
mais sans jamais vraiment l'assumer. Alors j'ai lancé la
fameuse rumeur, répond-il simplement.
Harry était
encore plus rouge qu'avant.
- Ah …
- Tu n'as pas à
t'en faire de toute façon. Je ne vais pas te sauter dessus
juste parce que personne avant toi ne m'a autant plus.
- Ecoute…
je suis avec Ginny. Et même si elle m'en veux, elle finira
bien par me pardonner. Enfin j'espère…
- Je te le
souhaite. Sincèrement.
- Merci. Je vais me couche. Déclara
Harry s'éloignant .Et … je ne te rejetterai pas parce que
tu préfère les garçons, ajouta-t-il en se
retournant pour regarder le blond une dernière fois.
Drago
ne sut quoi répondre. Il se contenta de s'approcher vivement
et de le serrer dans ses bras, en faisant toutefois attention à
ne pas le gêner, il était déjà sur ses
gardes, il ne manquerai plus qu'il refuse de lui parler parce qu'il
lui faisait des avances !
Harry, surpris, mais heureux, accentua
l'étreinte et posa la tête sur l'épaule d'un
Drago non moins surpris de ne pas être rejeté.
Au
même moment, Ginny, décidée à parler de
vive voix avec Harry plutôt que de lui faire passer des
messages par le biais d'Hermione ou de Ron, transplana devant la
maison, entra, et aperçu ce qu'elle n'aurai jamais pensé
voir : Harry, son Harry, était dans les bras de Drago, dans
une étreinte presque amoureuse, tendre. Elle poussa un cri
horrifié et ils se séparèrent instantanément,
cherchant d'où pouvait bien venir le cri, et avant que Harry
ne réagisse, elle se précipita sur lui, le gifla, et
hurla de tous ses poumons :
- Tu m'écœure ! Je savais
que tu étais ami avec ce … ce … cette ordure, mais jamais
je n'aurais imaginé que tu puisses fricoter ainsi avec lui.
C'est ignoble!
- Ginny, commença Drago.
- Tu te tais !
Cria Harry. Désolé Drago mais tu n'y es pour rien.
Ginny, je pensais vraiment que tu me pardonnerais, que tu finirais
par comprendre que Drago me donne ce dont j'ai besoin, il est le
seul à vraiment comprendre ce que je ressens, mais nous ne
fricotons pas du tout ! Il est mon ami. Tu es donc incapable de
comprendre cela ?
- Je … oui. Je préfère m'en
aller et ne plus jamais te parler. Au revoir.
Elle partit en
claquant la porte derrière elle.
Elle a fait ça.
Comment est-ce qu'elle a pu oser ? Comment est-ce qu'elle a pu
oser lui faire ça ? Devant moi, sans même chercher à
comprendre, sans même réfléchir.
Il est là,
assis sur le fauteuil, la tête entre les mains, je crois qu'il
pleure. Il était déjà assez secoué par
mes aveux, alors là il va lui falloir du temps.
Quand il
m'a demandé pourquoi j'avais tenté de l'embrasser,
j'ai eu envie de faire comme j'aurai fais il y a quelques mois
ça, le regarder comme si il était fou, mais je sais que
ça l'aurai encore plus bouleversé. Je lui ai dis la
vérité. Je préfère les hommes, mais
c'était la première que je l'avouais, à voix
haute, et surtout que je me l'avouais. Il faut que ce soit lui,
juste lui, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je ne me voix
qu'avec lui.
Je m'approche d'Harry, m'installe coté
de lui, prend sa main. Il redresse la tête, me regarde dans les
yeux avec timidité, je le prend dans mes bras, doucement, il
sanglote, me serre contre lui fort, je suis plus heureux que je ne
l'ai jamais été, c'est tout bête, tellement
simple mais tellement fort en même temps … Je crois que je
suis en train de tomber amoureux …
Au petit matin, quand
Severus descendit au salon rallumer le feux, il resta coi devant la
scène qui s'offrait à lui : Drago et Harry étaient
couché sur le canapé, une couverture les recouvraient,
pas suffisamment cependant pour empêcher Severus de voir que
son filleul tenait Harry dans ses bras, un sourire heureux aux
lèvres.
Severus s'approcha lentement, remonta la
couverture, puis se dirigea vers la cuisine. Il prépara le
petit déjeuner pour trois personnes, Remus étant partit
pour quelques jours chez Tonks. Tout en préparant les plats,
il réfléchissait aux cours qu'il allait donner à
ses deux élèves. Il comptait leur apprendre les
différents boucliers qui seraient bientôt indispensable.
Il avait décidé de leur apprendre sans différence
certains boucliers interdits par le ministère, dont le
Protectus Santus, qui avait la particularité d'absorber les
réserves d'énergie de l'adversaire. Ce sort était
de pure magie noire, mais si ils voulaient battre le Seigneur des
Ténèbres, ils seraient bien obligés à un
moment ou un autre d'utiliser leurs armes, et il était
certains que les opposants n'hésiteraient pas un seul
instant à les battre sur leur propre terrain.
Une fois son
programme de la journée planifié à la minute
près, les pensées de Severus Rogue glissèrent
rapidement vers un tout autre sujet : Harry Potter, où celui
qu'il était vraiment. Lui qui avait toujours cru haïr
ce gamin prétentieux avait fini par changer d'avis et aurait
à présent donné sa vie pour le protéger,
et il savait que Harry ferait de même pour lui sans le moindre
doute.
Severus avait découvert en Harry un garçon
charmant, capable de rire de tout et de rien, mais aussi d'être
sérieux. Il était maintenant assez sombre et renfermé
sur lui même, et ne parlais que quand il le jugeait nécessaire,
du moins était-ce l'impression qu'il semblait vouloir
donner lors des réunions de l'ordre qu'il aurait pu
présider légitimement, mais il avait insisté
pour que Remus et Severus le fasse, et ce dernier devait bien avouer
que c'était un coup de maître de la part du jeune
homme : il obligeait ainsi ces deux anciens ennemis à
collaborer. Severus avait pris le temps de parler avec Remus, et ils
s'étaient trouvé beaucoup de points communs, et
avaient trouvé à discuter de leurs différences.
Ils s'étaient fait de l'autre un nouvel ami, et ce en
moins d'une semaine.
L'ancien Mangemort savait que Drago était
devenu le confident, l'ami de Harry, tout comme il connaissait la
préférence sexuelle du Serpentard. Et bien qu'il se
soit douté que Drago ne resterai pas insensible au charme du
Survivant, il était étonné par le bonheur qui
irradiait de Drago, alors qu'il était endormi. A coup sûr
Albus aurait été fier des progrès fait depuis sa
mort, grâce à sa mort. A cette pensée, la douleur
empli Severus. Il s'affala plus qu'il ne s'assit sur une
chaise, tremblant comme une feuille. Quand il s'était enfui
avec Drago, et avait échafaudé un plan pour rejoindre,
il s'était promis de ne pas se montrer faible, d'être
fort, parce que c'était ce qu'aurai voulu Albus, à
qui il devait la vie. Maintenant il savait qu'il pouvait pleurer,
qu'il pouvait même en parler avec Drago et Harry, ce serait
tout à fait normal. Il n'était pas cet homme
arrogant, prétentieux et méchant, non, il avait été
obligé de donner l'illusion quand il était rentré
au service de Dumbledore comme agent double, et son caractère
avait peu à peu changé, il était redevenu
l'adolescent incompris dont les Maraudeurs se moquaient à la
moindre occasion.
Severus fus interrompu dans ses pensées
par Harry qui entrait dans la cuisine, encore endormi.
- Bonjour
Harry, bien dormi ? demanda Severus malicieusement.
- Euh … oui
très bien, balbutia le jeune homme en rougissant
furieusement.
- Moi en tout cas je n'ai jamais aussi bien dormi,
déclara Drago en entrant dans la pièce.
Harry, déjà
gêné, lança un regard noir à Drago qui lui
sourit et qui éclata de rire, bientôt accompagné
par Severus. Tous deux avaient un rire profond, et grave, remarqua
Harry, mais il avait une nette préférence pour celui du
jeune Malefoy. Il n'aurait su dire pourquoi, mais c'était
ainsi , et il aurait voulu que cet instant dure toujours. Il finit
par rire lui aussi, tout en se servant copieusement de chaque plat
préparé avec soin par Severus. Décidement il en
apprendrait toujours sur son ancien maître de potions, et il
devait avouer que ce n'était pas désagréable
du tout .
- On fait quoi aujourd'hui ? demanda Drago en
engloutissant sa tartine.
- J'ai prévu l'étude
de boucliers de toutes sortes .
- Même les interdits ?
S'étonna me jeune homme blond.
- Il existe des boucliers
interdits ? Fit Harry, étonné.
- Oui, ils sont très
anciens et utilisent la magie noire.
- Nous en étudierons
un en particulier, enchaîna Severus. Il s'agit du Protectus
Santus, qui a la particularité d'absorber les réserves
d'énergie de l'ennemi pour s'alimenter.
- Mais … il
est interdit, protesta Harry.
- Harry, écoute, nous pouvons
voler cette arme aux ennemis, alors pourquoi hésiter ? Eux
n'auront aucun scrupule si ils peuvent retourner nos armes contre
nous.
- Nos armes ? S'étonna Harry.
- Nous y
reviendront plus tard.
Après plusieurs essais, Harry et Drago étaient à l'aise avec le Protectus Santus, mais se sentaient las, et c'était plutôt normal si l'on considérait le fait qu'ils lançaient le sort l'un sur l'autre, et que leur puissance magique renforçait le maléfice de façon étonnante. Severus, même si il ne l'aurait avoué pour rien au monde, était très fier de la réussite de ses deux protégés .En les regardant boire et plaisanter, et en repensant à la puissance qu'ils dégageaient lorsqu'ils s'alliaient pour lancer le bouclier contre lui, il se dit que face à Voldemort ils avaient une chance de l'emporter…
