Oui, «Et maintenant ?»
Effectivement la question pouvait se poser.

Pourtant je ne lui réponds pas de suite, et commence à me diriger vers l'ascenseur.
Trop de choses en tête, et ailleurs.

Mon cerveau ne peut se détacher de la scène qui vient de se jouer. Toute la scène.
Je suis plutôt fier de moi je l'avoue. Je m'étais fixé un objectif –que Scully se détende lors de son intervention- et je crois que j'ai plutôt bien réussi mon coup, au-delà de toute espérance même.

Elle me donne un coup de coude pour me faire sortir de ma rêverie et de l'ascenseur par la même occasion.
Nous marchons toujours en silence dans le couloir.
Même couloir, étage différent.

Nous ne nous sommes toujours pas parlé et quelque chose me dit qu'elle n'a pas tout à fait la même vision que moi sur les évènements maintenant que toute *l'excitation* est retombée.
Je m'aperçois subitement que Kim n'est pas là je me tourne vers elle, tout sourire.
- Maintenant Scully, on va discuter.
- Mulder ce n'est pas le moment.
Je m'avance vers la porte du bureau du Directeur Adjoint.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je nous trouve un endroit pour discuter "au calme".
- Évidemment suis-je bête !
Elle me fait peut-être de l'ironie mais ça ne l'empêche pas de me suivre.
- Je tiens tout de même à te signaler que Skinner sera là dans quelques minutes….
- Mais c'est largement suffisant pour *parler* Scully !

Et au vu de notre petite démonstration de tout à l'heure c'est tout aussi suffisant pour "autre chose".
Je glisse un regard sur l'ensemble de la pièce alors qu'elle fixe toujours la porte, s'assurant sans doute qu'elle est bien close et que personne ne débarque.
- Scully ?
Au moins maintenant elle se retourne vers moi.
- Oui ?
Et là je ne peux empêcher mon sourire crétin d'homme satisfait et un brin suffisant.

- *Extrêmement Bien Baisée* hein ?

Elle s'empourpre légèrement lorsque je me réapproprie sa phrase.
- Mulder, efface tout de suite ce sourire supérieur !
J'hausse les épaules.
- Je ne vois pas pourquoi je le ferai…
- Je peux te donner *d'excellentes* raisons pourtant !
- Je n'attends que ça !
Je me sens téméraire aujourd'hui, si la réunion n'en est pas la preuve, le simple fait de m'asseoir dans le fauteuil de mon supérieur avec des intentions clairement affichées doit faire l'affaire.
- Mulder, ce qui s'est passé… à la réunion était puéril et inconscient.
- Tu ne penses pas ce que tu dis.
- Pourtant je devrai.

Ce qu'il peut m'agacer quand il sourit de ce sourire insolent.
Je savais bien que j'aurais du répondre autre chose de plus pertinent.
- Avoue que tu as passé un bon moment lors de cette réunion malgré tous ces culs serrés et esprits obtus !
Non mais c'est la meilleure !
- Tu veux peut-être que je te remercie ?
Il me fait une moue, parfait mélange entre décadence et innocence.
- Tu l'as déjà fait Scully… Tous ces mots sortis de ta bouche tout à l'heure, ta maîtrise parfaite du sujet et puis cette chute… Oh Scully, rien que *ça* pourrait me tenir *très* chaud pendant l'hiver.

Je ris, parce que c'est la seule chose à faire devant son explication et ses mimiques et parce qu'il me rend complètement dingue.
- Tu es bien conscient que c'est la première et dernière fois n'est-ce pas ?
Oh oh il secoue négativement la tête.
- Pas si j'ai mon mot à dire dessus ! Première c'est sur mais après de tels résultats hors de question que ce soit la dernière !
- Mulder !
Il pivote lentement dans ce grand fauteuil, me faisant face maintenant et plante son regard perçant dans le mien.
- C'est d'accord. Si tu me dis que ça ne t'a pas plu je veux bien arrêter.

L'Enfoiré !
Comme si j'allais lui dire ça !

Je m'entête à revenir sur le sujet de fond, priant pour qu'il abandonne, mais sachant qu'il ne le fera pas.
- Mulder je suis sérieuse. Plus de… de simulation d'orgasme, plus de mots glissés en douce et surtout tu ne me touches plus en réunion !
- Han han pas d'accord Scully.

Purée! Pourquoi ne se contente-t-il pas d'abonder dans mon sens pour une fois?
Je suis furax ! Furax après lui et son envie de me tenir tête et furax contre moi et mon traître de corps qui n'arrive pas à lutter contre ce besoin de lui.
Sans m'en apercevoir j'avance vers le bureau.
- Tu sais, il y a déjà assez de rumeurs qui courent sur notre compte ce n'est vraiment pas la peine d'en rajouter.
Il éclate de rire.
- Je pense que tu viens de couper court aux rumeurs là.
Il n'a pas tout à fait tord et c'est seulement maintenant que j'en prends conscience.
Je me sens rougir et pourtant pas une once de honte ne m'habite.
J'ancre subitement mon regard au sien.

- Oui Mulder, je confirme, *extrêmement*.

Je me sens soudainement enveloppée dans ses bras, sa bouche s'emparant fiévreusement de la mienne.
Il m'embrasse. Je l'embrasse. On s'embrasse.
A ce niveau là ce n'est plus un *baiser* mais bien le début de *préliminaires*.

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Il n'a pas eu besoin de se lever. Ses mains se sont tendues vers moi et pendant que l'une me précipitait contre son corps, l'autre attrapait ma nuque et m'aspirait comme un souffle dans sa bouche.
Je suis en équilibre, je peine à trouver ma respiration alors qu'il attaque mes lèvres comme un homme affamé. Et moi, je gémis parce qu'il est trop loin encore et que je veux, j'exige que chaque centimètre de sa peau vienne se fondre contre moi. Je réponds éperdument à ses baisers. Je m'enivre à son essence, je transpire à sa saveur. Je me sens de ces femelles qui pourraient manger et tuer après l'amour. Manger sa chair pour qu'elle soit mienne, tuer parce qu'il doit être en moi, nulle part ailleurs.
Je m'agrippe à son cou mais je bascule déjà corps et âme. Fort heureusement, Mulder veille. Dans un mouvement brusque, il me retourne, me ceinture et me renverse contre lui toujours assis sur le fauteuil en cuir. Mon dos est contre son torse. Il plaque ses bras larges contre ma poitrine et la serre jusqu'à l'étouffer. Je laisse tomber ma tête en arrière. Il en profite pour venir promener sa bouche vorace le long de ma jugulaire.
Il sait que je suis totalement désorientée alors il enfonce le clou. De son pied, il prend appui sur le bureau et soudain, il envoie tourner le siège et nous nous mettons à tourner comme dans un manège. Lorsque l'élan se ralentit, il relance un nouveau un coup de pied et ça repart.
Ça m'arrache un rire rauque mais il me fait taire en descendant l'une de ses mains très haut sous ma jupe. Ravalant mon rire, je bande les muscles de mes abdos et de mes cuisses pour rester accrochée à lui. Je suis comme un papillon écartelé sur une planche à qui l'on interdit de voler et qui se met à trembler violemment parce que tout son être réclame l'envol et les sommets.
Je tremble. Et les doigts de Mulder viennent fleureter avec mes sommets intérieurs…

Je suis devant une baie vitrée ouverte sur Washington mais je suis seule avec cet homme.
Je suis dans le bureau de mon supérieur, mais je pourrais être dans un bureau ovale que ça n'y changerait rien.
Je ne contrôle plus mon souffle. Le désir me commande.
Je le veux au plus profond de moi, et ça tombe bien…

Il bande !

Sa respiration hachée décuple mon envie. Elle s'agrippe de toutes ses forces aux accoudoirs. Je veux l'étourdir sur ce siège et lui donner du plaisir comme jamais.
(Je place la barre haut puisque… il paraît qu'elle est extrêmement… Hum. On sait !)
Mais à la vérité, je sais que j'ai déjà trop attendu et que l'heure n'est plus aux préliminaires. Une certaine partie de moi-même veille à me le rappeler en tentant de se redresser sous le poids délicieux de cette femme. Je trouve maintenant la barrière de tissu entre elle et moi tout à fait inconvenante. Je relève davantage encore sa jupe, ma main revient caresser l'intérieur de sa cuisse et s'aventure un peu plus haut. Sous mes doigts, je sens la texture soyeuse de sa culotte (oui, ce matin, c'était culotte !). Eux se faufilent rapidement sous cette membrane dérisoire mais ça ne suffira pas. Je tente de soulever Scully et de laisser un peu d'espace à mon bassin pour bouger. J'exerce une pression précise sur ce point très particulier de son axe vertébral pour créer un mouvement réflexe. Elle se cambre instantanément et s'appuie sur les accoudoirs pour se maintenir en équilibre alors que tout son corps vient de se tendre vers le ciel.
Voilà ! J'ai gagné la place dont j'avais besoin pour me positionner de façon plus stratégique. Et mon sexe vient fleureter avec son intimité tandis que mes mains enserrent ses hanches pour la maintenir au bon niveau.
- Mulder…, souffle-t-elle dans un état second.
- Mmm…
J'écoute à peine.
- Mulder ? ! ! !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je vais me casser la figure !
Elle saisit mes mains et se dégage en riant. Elle se lève et se retourne vers moi en se mordant les lèvres.
- Je crois que les positions acrobatiques et moi nous sommes décidément un peu fâchées !
Elle me dévisage d'un air effronté et j'éclate de rire.
Je me remémore la dernière tentative acrobatique. Un échec cuisant ! Mais un souvenir en or !
Elle s'approche avec une démarche chaloupée de séductrice et se penche vers moi. Je lis dans ses yeux qu'elle va s'en prendre soit à ma cravate, soit à ma ceinture !
C'est la cravate !
Elle m'attire à elle et se cale contre le bureau de Skinner.
- J'ai l'espoir fou qu'ici – elle tapote le sous-main en cuir de notre directeur -, ça puisse être sensiblement plus confortable, susurre-t-elle les prunelles brillantes.
Je n'ai pas besoin de me faire prier. Et puis, je sais que Scully aime son confort !
- Va pour un peu de confort alors !
Et j'approche mes mains de ses jambes avec le sourire de celui qui se sait en terrain conquis. J'enveloppe une cuisse et je remonte le courant en la fixant toujours. Je vois dans son iris bleu la flamme qui chancelle sous la force de désir. Elle essaye de garder encore le contrôle et les yeux grands ouverts. Mais elle ploie et sa gorge bascule alors qu'elle expire brusquement. Je viens de la toucher * * !

...

Des bruits de pas vifs résonnent soudain à mes oreilles.
Nous avons un moment d'inertie puis nous nous redressons brusquement et je rabaisse promptement ma jupe sur mes genoux.
La porte s'ouvre à la volée et Skinner se fige.

Je suis encore en train de tirer mon vêtement.
Mulder resserre sa cravate. Il a les cheveux défaits.
(Pourquoi faut-il toujours que je le décoiffe ? C'est plus fort que moi…)
Le visage de notre supérieur s'empourpre.

Si l'on pouvait crever de honte, je serais déjà six pieds sous terre !

- Euh… tente Mulder absolument bluffant d'éloquence.
- JE TRAVAILLE SUR CE BUREAU ! ! ! tonne Skinner d'une voix de stentor et tremblant de rage.

- Ce n'est pas ce que vous -…
Il m'interrompt en levant sèchement la main au dessus de moi. J'ai un mouvement de recul ! Mais il prolonge son geste jusqu'à son dessous de bureau et le remet en place.
Je tressaille. Grillés !
Le directeur adjoint s'approche de moi. Il me prend par les épaules et m'écarte fermement de son bureau en faisant manifestement un effort surhumain pour ne pas me briser les os des bras.
Je retente en désespoir de cause ;
- Nous n'avons pas -…
Il me foudroie. Je baisse les yeux. Il s'approche de mon oreille et me souffle.
- Tenez-vous vraiment à ce que j'appelle cette enflure de fumeur en lui demandant de me fournir généreusement les très probables enregistrements vidéos des dernières minutes dans cette pièce ?
Des enregistrements vidéos ? !
Pitié, Seigneur ! Pas ça !
Mon regard croise celui de Mulder. Pétrifié !
Je me décompose.
- Très bien, grince Skinner. Je prends donc cela comme un aveu ! Mademoiselle Pilgrim ? gronde-t-il.
Kim apparaît à la porte, jouant manifestement la discrétion.
- Oui, Monsieur ?
- Commandez un autre bureau auprès de notre fournisseur habituel, fulmine-t-il. Et… envoyez la facture chez… Chez qui, au fait ?
Il se tourne vers nous l'air mauvais, passant de moi à Mulder comme une salve de coup de mitraillette.
- Hum…
C'est Mulder.
- Chez moi, Monsieur. Ce sera parfait.
Je n'aime pas le regard de mon partenaire. Un tout petit peu trop obséquieux pour ne pas être un brin provocateur. Il goûte beaucoup trop cette lamentable péripétie. Et je sens venir la casse.

Je savais qu'il ne fallait pas faire ça au bureau. Encore moins sur celui de son chef…
Mulder a ce sourire accroché à ses lèvres. Ce mec !
Maintenant, j'ai moi aussi envie de rire. J'essaye de me fustiger. Mais c'est peine perdue.
Je le savais. Mais Dieu que c'est bon !
Je déchiffre son regard et je devine déjà ce qu'il me dira dans quelques heures.
« C'est comme les positions acrobatiques : ça rate mais ça fait des souvenirs ! »


A suivre...

(Vous êtes là ?) :-D