Yo ! Me revoilà, avec un chapitre tout beau, tout chaud ! Eh oui, Tommy fait sa grande entrée. Ca je vous rappelle qu'Elisa s'est mise a écrire dedans, et qu'elle est absolument certaine de pouvoir gérer l'Horcruxe. A-t-elle raison ? A-t-elle tort ? Mwahaha, c'est à vous d'en juger !

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Mais je vais un peu vite en besogne. Alors, avant toute chose... Voici les réponses aux reviews !

Salut Aomine ! Tu n'as part tort : les serpents magiques sentent la magie un peu comme ils sentent la chaleur. Pour eux, c'est aussi banal que pour nous de détecter certaines couleurs. Et pour poursuivre cette analogie, les serpents non-magiques seraient daltoniens ! Mais bref. Oui, les changements commencent à arriver dans l'intrigue canon. Luna est entre de bonnes mains, l'Anglia n'est pas retournée à l'été sauvage, Harry et Ron n'ont pas joués aux idiots avec la voiture volante (parce que les Weasley ne sont pas arrivés en retard à la gare, contrairement au canon !), bref, ça commence déjà à se voir. Et ce n'est que le début.

Yep, DreamerInTheSky, dangerous game, en effet ! Elisa est trop sûre d'elle. Son arrogance sera sa perte ! Elle est tellement persuadée que sa connaissance de l'intrigue va l'empêcher de faire des erreurs que... ben, elle saute à pieds joints dans les pièges du canon. Carrément. Mais tu as tort sur un point : Elisa n'aurait pas utilisé le Feudeymon. En fait, tout simplement, ça ne lui viendrait pas à l'idée d'utiliser la magie noire pour détruire ce truc. Il lui est impensable d'apprendre de la magie noire, surtout de la magie aussi puissante, et orienté vers la destruction. Ce n'est tout simplement pas ce qu'elle est, ce n'est pas comme ça qu'elle se voit.

Yo Mayoune ! Tout de suite tu as vu la faiblesse de la déviation du canon : sans la voiture, rien ne peut sauver deux idiots des mandibules d'une troupe d'araignées géantes et affamées. Mais t'inquiète ! J'ai tout prévu x) Quant aux précuations prises par Elisa, ça peut paraître un peu paranoïaque, mais on parle quand même d'un bout d'âme de Voldy. Elisa se montre incroyablement prudente actuellement, mais c'est seulement ce type de niveau de vigilance qui peut la protéger. Reste à savoir si ça suffira !

Hello Allan Eddem ! Yep, Magister est de retour, ça va barder. Et effectivement, l'Anglia des Weasley n'est pas retournée à l'état sauvage... Et ça pourrait avoir son importance. Quant au journal, Elisa a peut-être un peu sous-estimé les risques. Tu verras bien ce qui se passe !

Merci Darboria ! Effectivement, ça promet une chouette intrigue, je me suis bien amusée à écrire ce tome. Les choses sérieuses commencent ! Pour le chat et le serpent, t'inquiètent, ils vont cohabiter sans problème. Chacun son territoire. J'avais juste très envie de donner un serpent à Elisa, qui est une Serpentard comme moi x)

Salut Cerf-Pentard ! Oui, le Feudeymon pourrait être utilisé. Et Elisa, en tant que petite prodige des Sortilèges, serait sans doute capable de le lancer. Mais le contrôler ? Pas sûr. D'autant plus que c'est de la magie noire, et utiliser la magie noire ne vient même pas à l'esprit d'Elisa. Ce n'est pas elle, ce n'est pas dans sa nature. Jusque là, elle a toujours pu faire ce qu'elle voulait sans faire de compromis, sans s'approcher de la limite entre le Bien et le Mal, en gardant sa conscience propre et la certitude qu'elle est une Bonne Personne Qui Ne Joue Pas Avec Les Forces Obscures. Donc voilà, c'est sur cette base qu'elle décide d'étudier le journal : en pensant qu'elle est quelqu'un de bien et de prudent et que du coup, elle ne risque rien. Ce qui est... gravement arrogant de sa part.

Hello Artmis ! Non, elle ne va pas dire à Tom qu'elle a un serpent. Elle ne lui dit pas des trucs personnels sur elle. Mais pourtant, effectivement, elle va discuter de reptiles avec lui, pour attirer son attention...

Tout à fait Filk, Elisa prend vraiment un gros risque. Mais elle est persuadée que tant qu'elle ment au journal, ça sera comme une barrière d'Occlumancie impénétrable, il ne pourra pas planter ses griffes dans son esprit. Seul problème : avec cette optique, plus elle lui dira de trucs vrais, et plus Tom Jedusor sera capable de cerner ses faiblesses et donc de s'infiltrer dans sa tête... Mais bref ! Oui, les changements au canon se multiplie. Et j'avais très envie de donner des amies à Luna, donc bon. Voilà. Et les petites Carrow, j'ai plein de headcanons sur elles ! Et sinon, la personne qui a inspiré le personnage d'Aaron serait ravie de t'entendre dire que tu le trouve chou xD

Salut SaniaWive ! Oui, les jumelles Carrow vont avoir une certaine importance, puisqu'Elisa va garder un oeil sur elle toute l'année. A chaque fois qu'elle rencontre quelqu'un dans le train, cette personne finit par rejoindre sa secte, c'est dingue xD Enfin bref, tu as vu juste pour l'apparition d'Aragog dans l'histoire. Vu qu'il n'y a plus de voiture pour sauver Harry et Ron, il faut donc que le danger disparaisse !

Ce pessimisme Elesdei ! Si ça se trouve, tout va se passer comme sur des roulettes et elle va complètement maîtriser le journal... Comment ça, personne n'y croit ? xD C'est moi qui suis une grande fan de Kaamelott, et je suis ravie de voir que d'autres gens voient la référence ! C'est comme ça qu'on repère les lecteurs cultivés xDD

Hello Imthebest ! Décidément tout le monde est super-alarmé que l'Anglia ne pourra pas sauver Ron et Harry x) Ne t'inquiète pas, j'ai un plan pour ça ! Mais effectivement, Elisa surestime Voldy. Ou plutôt, elle se surestime ! Eh oui, elle est en train de faire comme Dumbledore "pfff, un Horcruxe ? Je gère !". Et Dudu s'est retrouvé avec une main en moins... Mais bon. Je dis ça, je dis rien. BREF ! Oui, Luna est de retour =D Et elle aura une année moins pourrie que dans le canon x) C'est garanti !

Merci Luffynette ! Décidément Takashi a du succès chez les lecteurs x) Je me demande pourquoi. Parce que c'est le Serdaigle qui a co-fondé le CEM ?

Yo, Johann D. E. =D Tu lis Polydipsie ?! Génial ! Tu me diras ce que tu en penses, c'est ma fic préférée parmi toutes celles que j'ai écrites x) Oui, les sabre-lasers c'est trop cool. Qui sais, peut-être que je ressortirai l'idée un jour... Mais bref. Malefoy ? Draco Malefoy ? Pour le moment, elle s'en fiche un peu. Mais il va avoir son petit moment d'importance quelque part dans la fic, t'inquiète !

Quelle confiance Leguramine ! Après toutes ces reviews pessimistes (tous le monde semble certain qu'Elisa va se retrouver dans la panade), ça fait du bien xD Mais... Ne sois pas trop optimiste ! Elisa a très peu d'expérience (voire même aucune) en ce qui concerne la magie noire, et ce truc est Extrêmement Dark. Donc, ouais. Elisa a beau être basée sur moi, eh bien, comme j'ai plus de recul qu'elle, je ne sais pas si j'aurais cédé à ma curiosité et écrit là-dedans...

Je m'en doutais un peu, AndouilleEtSushi, que tu était l'andouille de l'affaire xD Et les chats sont des créatures splendides et incroyable, ne médit pas des petits félins u_u Surtout quand il vient te voir en RONRONNANT ! C'est une preuve d'amouuur ! Enfin bref. Oui, c'est doux et chaud les serpent. Pas très mignon, mais fascinant. Et si tu préfère les chiens... Chacun ses goûts xD

Très bonne question Debralovelove ! Oui, je compte inclure la famille Malefoy dans la fic, même s'ils vont surtout être au second rang. Quant à ce que je pense d'eux... Oulà, c'est compliqué. Je pense que Lucius est l'incarnation même de l'aristo nazi qui croit fermement qu'il appartient à la race supérieure, mais qu'il n'a pas les tripes pour aller avec le job de Mangemort. Je veux dire, il échoue lamentablement au Département des Mystères (apparemment la première grosse mission que lui ait confié Voldy), et ensuite, il se montre incapable de se relever. Rogue ou Harry, eux, ils ont la rage, eux, ils sont capable de se relever même lorsque le destin leur a claqué la figure par terre. Drago est de la même trempe que son père : arrogance, racisme et compagnie, mais il vit dans un petit monde douillet et quand il est obligé d'affronter la dure réalité, il s'écroule. Non, la seule qui a des nerfs d'acier là-dedans, c'est Narcissa. Aussi raciste que son époux et son fils, aussi impitoyable et odieuse avec les êtres qu'elle juge inférieurs, mais... Elle a une loyauté féroce, Poufsoufflienne, qui lui donne la force de faire l'impossible alors que tout semble perdu. Elle n'est pas quelqu'un de bien (Lucius non plus, et Drago pourrait l'être mais pour l'instant il n'est qu'un gamin), mais elle a une force intérieure qui force l'admiration.

Ta review m'a fait rire Amazaria xD Je t'imagine en train d'agiter les bras d'un air paniqué en lisant le chapitre ! Yep, la voiture ne va pas sauver Harry et Ron. Yep, Elisa veut manipuler Voldemort (le mec qui a réussi à mener en bateau Dudu pendant les sept ans de sa scolarité). Yep, l'école est en sous-effectif et remplie de trucs dangereux. Et yep, vraiment, c'est un miracle qu'il n'y ait pas plus d emorts ! XDDD Mais Elisa gère. Ou du moins, elle est naïvement persuadée de gérer. Et, d'ici quelques chapitres, on verra en quoi elle avait raison, et en quoi elle se trompe xD

Yo, Simpson31 ! Le Trio de la Mooooort. Sérieusement, ce surnom est cool. Bref ! Nope, Ginny ne va pas vraiment intervenir dans cette histoire. D'après moi, la "vraie" Ginny est celle qui apparaît dans les premiers chapitres du tome 2 du canon : timide, un peu écrasée par tous ses frères, passionnée de Quidditch mais très discrète à ce sujet. La Ginny qui ressort de la possession de Voldemort est différente. Elle est plus dure, plus en colère, plus sarcastique, assoiffée de liberté, impitoyable, autoritaire, elle cherche à blesser l'ennemi avant qu'il ne la blesse. Et tu sais à quoi ça ressemble ? A Rogue. Ou à Harry après la mort de Cédric. En résumé : ça ressemble à un sacré syndrome post-traumatique. Et puisqu'elle ne subira pas cette épreuve dans la saga EB, eh bien, Ginny ne deviendra jamais cette personne enflammée et impitoyable dont Harry est tombé amoureux dans le canon ! Elle restera quelqu'un d'assez effacé, qui cherche à sortir de l'ombre de ses frères mais qui n'a pas l'assurance pour entrer dans l'équipe de Quidditch ou jeter des sorts de Chauve-Furie à ses ennemis. Pour elle, le canon a définitivement déraillé !

Hello Streema x) Contente que tu approuves ! L'idée de donner le journal à Elisa promet de rendre les choses intéressantes. Pour le passé de Jedusor, et le fait qu'Harry n'y aura pas accès... Ne t'inquiète pas. Tout viendra en temps et en heure ! Bref, le coup du serpent, ça a décidément beaucoup de succès. J'ai toujours voulu avoir un serpent, mais jamais eu le cran de franchir le pas. Elisa a plus de tripes que moi xD Et oui, Luna s'est beaucoup attachée à Elisa. Après tout, elle est son seul contact dans le reste du monde, hors de Loutry St Chaspoule. Ginny et Luna ne semblaient pas très proches dans la saga canon, avant le tome 5, alors... Luna s'est forcément accroché très fort à cette fille qui veut devenir son amie =D

Yo, Millon ! Oui, même Elisa et sa cool-attitude font parfois des conneries. Comme faire joujou avec un Horcruxe ! Je me disais qu'il était temps qu'Elisa fasse quelque chose de stupidement inconsidéré, pour changer XD Mais bref. Aaaah, je suis trop contente que tu admire ses méthodes pour changer le monde ! Et comment elle prend Harry sous son aile, c'est mignon x) Par contre, jet'assure qu'il n'y a rien entre elle et Cédric. De toute façon, pour Elisa, tous les élèves de Poudlard sont des enfants, alors la romance n'est pas au programme !

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Voilààà. Alors, sinon, pour le prochain sondage, j'aurais bien fait les Gryffondor de la promotion d'Elisa, mais... Les seules personnes importantes sont les jumeaux Weasley, et on les connait tous déjà très bien x) Alors je vais plutôt vous proposer un sondage sur les élèves de la promotion d'Harry ! Plus précisément, les Poufsouffle de sa promotion ! Vous avez donc le choix entre :

- Susan Bones (Sang-Pure et nièce d'Amélia Bones)

- Hannah Abbot (membre du CEM, Sang-Mêlée)

- Megan Jones (Née-Moldue, mais pas membre du CEM)

- Sally-Anne Perks (Sang-Mêlée, membre du CEM, meilleure amie de Zacharias Smith)

- Alicia Kerriden (Née-Moldue membre du CEM, très discrète)

- Justin Finch-Fetchey (Né-Moldu riche, membre du CEM)

- Wayne Hopkins (Sang-Pur pas très dégourdi)

- Ernie Macmillan (Sang-Pur pompeux, aux opinions politiques radicales)

- Kevin Entwhistle (Sang-Mêlé timide)

- Zacharias Smith (Sang-Pur arrogant, a failli aller à Serpentard)

Voilà, vous avez donc l'embarras du choix x) Alors votez ! D'ailleurs, en parlant de voter, j'espère que tous ceux parmi vous qui sont majeurs ont voté pour lélection présidentielle. Et que vous irez au second tour ! Chaque voix compte !

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Ahem. Revenons au sondage de la semaine dernière. A la surprise de absolument personne, le vainqueur est Takashi Noda !

Takashi est un Né-Moldu d'origine asiatique (japonaise et vietnamienne plus précisément). Il a les cheveux brun presque noirs, un visage timide et souriant, et il porte des lunettes à la monture noire. Discret et studieux, Takashi aime beaucoup lire.

Son père Kaito Noda, fils d'immigrants japonais relativement fortunés, est chirurgien. Sa mère Luu-Ly (anglaise, mais d'origine vietnamienne) est prof à Oxford, moins riche que la famille de son époux, mais ayant plus de relations. Bref, il s'agit d'un couple très doué, très intelligent, et très exigent envers leurs enfants. Leurs familles ont grimpée l'échelle sociale, une génération à la fois, et c'est aussi ce qu'ils comptent faire avce leurs rejetons. Ils en ont trois : Mai (leur fille aînée, qui a trois ans de plus que Takashi et qui est Moldue), Takashi lui-même, et Dao-Lee (qui a deux ans de moins que Takashi et qui est également Moldu).

Leurs enfants sont tous destinés à un brillant avenir. Mai était supposée suivre les pas de sa mère, tandis que Takashi comptait faire de la médecine, et Dao-Lee était promis à une carrière dans le droit pour faire par la suite son entrée sur la scène politique. Tout est prévu presque depuis la naissance des enfants : Kaito et Luu-Ly sont tous les deux très ambitieux. Mais l'arrivée de la lettre de Poudlard a fracassé ces projets par terre. Les Noda aiment leur fils, bien sûr, mais avec un enfant sorcier, ils peuvent dire adieu à une vie publique. Dao-Lee a va donc faire des études de médecine à la place de son frère (ce qui lui déplaît profondément, lui et Takashi s'entendent donc très mal). Mai continue ses études, mais a l'interdiction de parler de son frère cadet. Quant aux parents, ils prétendent que leur fils Takashi est autiste, surdoué mais antisocial, et interné dans un établissement privé.

Ils n'ont accepté de l'envoyer à Poudlard qu'avec une extrême réticence, et à plusieurs conditions. Takashi passe ses étés à prendre des cours de remise à niveau, il doit continuer à jouer du piano au moins une fois par semaine à Poudlard (ses parents ont dépensé une fortune pour que leurs enfants sachent tous jouer d'un instrument), et il reçoit le journal Moldu pour rester au courant de ce qui se passe chez "les gens normaux". Il a aussi (et surtout) l'obligation de suivre le cursus moldu d'un collège alors qu'il est à Poudlard, en plus de ses études magiques. Les cours lui parviennent par lettre, une fois par semaine. Suite à cette situation exceptionnelle, Dumbledore l'a autorisé à ne pas choisir d'options à suivre en troisième année. De toute façon, Takashi étudie déjà les Runes et les Crétaures Magiques de manière indépendante.

Takashi est quelqu'un de timide, réservé. Il n'a pas l'ambition de ses parents, et ça se voit qu'il a passé sa vie écrasé par leurs exigences. Il n'est pas très affirmé et préfère la compagnie des livres plutôt que celle des gens. Il manque aussi d'initiative et d'assurance. Pour autant, une fois lancé sur un projet, il se donne à fond. Il absorbe chaque bribe de connaissance comme une éponge et rien ne l'émerveille autant que de découvrir un concept inconnu ou une formule oubliée. Il n'a pas la mémoire d'Hermione, ni l'intelligence intuitive d'Heather qui comprend ses leçons au premier coup d'oeil... Mais il a une éthique de travail incroyable, et bosse avec rigueur toute la journée. Il est aussi d'une très grande loyauté, d'un grand dévouement à son travail. Le Choixpeau a failli l'envoyer à Poufsouffle pour cette raison. S'il y a bien quelque chose qui ne fait pas peur à Takashi, c'est se dévouer corps et âme ç un projet. Un devoir de Métamorphose, le CEM, une dissertation sur la décolonisation de l'Inde, l'apprentissage d'un alphabet de Runes méconnues... Il s'y donne toujours à fond.

Takashi est le deuxième meilleur élève de son année, ce qui est un vrai exploit quand on considère la masse supplémentaire de boulot qu'il a.

Le fait d'adorer les livres aurait pu mettre Takashi à l'écart, mais à Serdaigle, c'est l'inverse qui s'est produit. Il est vu comme une sorte de modèle par ses camarades. Les Serdaigle sont très compétitifs pour leurs notes, et il n'y a pas beaucoup d'entraide dans cette Maison, mais les élèves trouvent d'autres moyens de partager leur savoir. Ils incluent Takashi dans leurs débats afin d'écouter son avis, suivent son exemple durant les démonstration en cours, partagent ses livres, etc.

Elisa a aussi joué un rôle mineur là-dedans. Elle a plus ou moins utilisé Takashi et ses cours par correspondance comme pilier du CEM. Beaucoup de jeunes Serdaigle sont entrés dans ce club parce qu'ils voulaient profiter de l'entraide promise autant que des cours Moldus. Ils ressortent de là avec une perspective neuve sur certains de leurs cours de magie, et c'est une connaissance qu'ils redistribuent ensuite à leurs pairs en en faisant la démonstration en cours ou en défendant leur point de vue durant des débats. Les élèves de Serdaigle voient le CEM comme un club instructif, sûr, mais surtout comme une idée de génie pour bénéficier mine de rien des lumières de leur prodige Né-Moldu.

Takashi n'a pas beaucoup d'amis, mais il est surtout proche d'Aaron Woodbridge, un Serdaigle aussi réservé que lui. Il a été pris en affection par Helen Dawlish (ils sont les deux leaders complémentaires de leur Maison : il a le cerveau, et elle a le charisme). Il s'entend aussi très bien avec Elisabeth Bishop, qu'il trouve autoritaire mais brillante, et Cédric Diggory, qui a le même dévouement que lui pour le traval scolaire. Il se met d'ailleurs souvent en binôme en cours avec Cédric.

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J'espère que ça vous a plu ! Mes notes de début de chapitre sont de plus en plus longue... D'ailleurs, je vais la rallonger un peu. Qui parmi vous connait le steampunk, ce genre génial qui mêle l'élégance de l'époque victorienne, le fun de la science-fiction, et les vastes possibilités de la fantasy ? Parce que pour ceux qui sont intéressés, j'ai rejoint un Discord sur le thème, pour pouvoir discuter d'idées de cstumes, montrer l'avancée de nos bricoles respectifs, etc. Si ça vous intéresse, le lien est (sans les espaces !) : discord. gg/aVVtfWG

Et je ne vous ferai pas attendre plus longtemps x) Voici donc le chapitre que vous attendez tous ! Celui où Elisa écrit dans le journal de Tom, ceui où elle discute avec lui, celui qui justifie que le personnage de "Tom Jedusor" apparaisse comme un des personnages principaux de cette fic... Enjoy !

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Le journal de Tom Jedusor

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Les premières semaines après la rentrée se passèrent sans accroc. Prendre des notes pendant les leçons, faire ses exercices, se plaindre de ses devoirs, briller en Sortilèges, discuter avec tout le monde, se faire connaitre des nouveaux, réaffirmer son autorité face aux emmerdeurs comme Warrington… C'était presque de la routine, désormais.

Elisa aida Takashi à recruter pour le club d'Education Moldue, comme tous les ans. Elle avait moins de responsabilités depuis qu'elle devait gérer son business de Glisseurs en plus des cours, mais elle était toujours co-présidente. Elle devait donner aux Préfets les prospectus qu'ils distribueraient aux premières années désirant poursuivre leur éducation Moldue, elle devait vérifier le programme scolaire qu'ils suivraient… Et c'était toujours à elle de faire son discours pour encourager les petits nouveaux à s'inscrire.

Elisa aimait préparer ses discours, écrire ses tirades, réfléchir à l'harmonie et à l'enchaînement des phrases, à l'inflexion des mots. Elle composait souvent dans sa tête des tirades pleines de verves qu'elle rêvait de lancer à la figure du prochain Sang-Pur à dédaigner les Moldus : ou bien des déclarations cinglantes qu'elle voulait balancer à la figure de Dumbledore, de Rogue ou de McGonagall. Elisa aimait les mots, c'était un fait.

Par contre, parler devant un public, ça lui nouait l'estomac. A chaque fois, c'était une véritable épreuve tant elle était glacée d'angoisse avant de se lancer. Le pire ce n'était pas de parler devant tous ces gens : c'était le trac avant de faire le grand saut.

– Je n'arrive pas à croire que tu sois timide, fit Trisha avec incrédulité en voyant Elisa prendre de grandes inspirations tremblantes avant d'entrer dans la salle du CEM où les premières années avaient été invités.

– Je ne suis pas timide ! protesta Elisa.

– C'est vrai que tu as crié sur Dumbledore une fois, se souvint Trisha (et Elisa grogna, parce que décidément personne n'allait la laisser oublier cet épisode de l'an dernier). Je suppose qu'on devrait plutôt dire que tu as des problèmes d'anxiété.

Elisa fit la moue, et admit :

– Peut-être un peu. Mais ça ne m'empêche pas de faire ce que je veux.

– Non, tu deviens juste blanche comme un linge avant d'aller promouvoir ton super-club devant une bande de gamins qui vénèrent déjà le sol sur lequel tu marches. Avoue que c'est quand même marrant.

Elisa prit un air vexé et entra dans la salle de classe du CEM d'un pas agacé, attirant le regard de tous les futurs inscrits qui y étaient déjà rassemblés et en train de papoter. Elle déglutit, et se lança dans son discours sur la nécessité de comprendre comment le monde marchait pour mieux maîtriser la magie.

Ce ne fut qu'après coup qu'elle réalisa que Trisha n'avait fait que lui donner le coup de pouce dont elle avait besoin pour surmonter son trac.

La vaste majorité des anciens inscrits du club d'Education Moldue se réinscrivirent, comme chaque année. Parmi les premières années, vingt-quatre s'inscrivirent (ce qui représentait plus du quart de leur promotion). Parmi eux, il n'y avait que trois Serpentard (trois Sang-Mêlés amis d'enfance apparemment), mais il y avait huit Serdaigle et sept Gryffondor. Chez les Poufsouffle, la petite Sun-Min faisait également partie des six élèves intéressés.

Au final, ça ne s'annonçait pas si mal.

Mais le CEM n'était pas la seule activité extrascolaire d'Elisa, loin de là. Depuis sa première rentrée, elle avait dû jongler entre ses devoirs, ses leçons, et ses différentes inventions. Cela n'avait pas changé.

Et puis, maintenant, Elisa avait carrément un business à gérer.

Les elfes d'Elisa travaillaient aux cuisines (et gardaient l'œil ouvert pour appréhender Dobby s'il montrait le bout de son nez), mais ils réaménagèrent à sa demande la salle de classe abandonnée qu'elle utilisait pour fabriquer ses MagicoGlisseurs. D'ailleurs, Elisa prit soin d'exhiber son Glisseur à chaque occasion, que ce soit pour faire des acrobaties dans les couloirs ou pour virevolter entre les escaliers. Très vite, l'engouement pour ces hoverboards sorciers reprit toute la population de Poudlard.

Les rares élèves à posséder un Glisseur (huit, au total, Drago Malefoy étant le plus jeune et une Préfète de Gryffondor la plus âgée) faisaient également une bonne pub, vantant constamment les qualités de leur planche. En moins de quatre jours, Elisa se fit stopper une dizaine de fois dans les couloirs par des élèves intéressés par un achat. La plupart étaient découragés par ses prix, mais pas tous.

– Et en échange d'une faveur, tu nous en offrirais une paire ? ronronna l'un des jumeaux Weasley lorsque les Poufsouffle et les Gryffondor eurent cours de Défense ensemble.

Lee Jordan, qui les écoutait et qui avait notoirement l'esprit mal tourné, s'étrangla discrètement de rire. Elisa l'ignora royalement.

– Une faveur ? répéta-t-elle en jetant un coup d'œil à Lockhart pour vérifier que le prof (qui était en train de mettre en scène sa victoire sur un vampire avec l'aide de deux filles de Poufsouffle à l'air plein d'adoration) n'avait pas remarqué leurs bavardages.

– En effet, sourit l'autre jumeau. Demande-nous absolument n'importe quoi.

Elisa avait souvent fait appel aux services des jumeaux Weasley par le passé. A une occasion très mémorable de leur troisième année, elle les avait payés deux Mornilles pour saboter le cours de Binns. Puisque personne à part elle n'avait eu l'idée de payer les Weasley pour leur créativité, Elisa était pour l'instant leur seul commanditaire.

Et les deux escrocs avaient pris l'habitude de marchander avec elle.

– Je vous signale qu'un Glisseur acrobatique basique se vend à près de deux-cent Gallions, leur rappela-t-elle. Quel genre de faveur vaudrait deux fois ce prix ?

– Nous pouvons rendre tous tes désirs réalité ! se vanta Fred.

Ça en était trop pour Lee Jordan, qui éclata de rire si brusquement qu'on aurait dit un hennissement de cheval. Trisha et Cédric, qui retenaient leurs gloussements depuis cinq bonnes minutes, plongèrent derrière leurs manuels de Défense pour cacher leur fou-rire.

– Oui Mr Jordan ? demanda joyeusement Lockhart. Une question ?

– N-non professeur !

– Parfait ! Alors venez au tableau, vous jouerez le rôle du fermier éploré…

Lee se leva avec résignation et rejoignit l'enseignant sous les ricanements discrets de ses camarades. Elisa secoua la tête avec amusement, puis se tourna vers les jumeaux :

– Je vais y réfléchir, mais ne retenez pas votre souffle. C'est vraiment beaucoup de pognon.

Elisa n'était pas quelqu'un de radin, mais elle avait des projets et des ambitions qui allaient nécessiter de bonnes finances. Sans parler de la guerre à laquelle elle se préparait. Un Gallion équivalait à quarante-huit livres sterling : donc quatre-cent Gallions, convertis en livre sterling, ça faisait à peu près vingt-mille livres. De quoi acheter deux voitures de sport, ou une maisonnette à la campagne. Ce n'était pas une somme modeste.

Mais passons.

Elisa prenait également soin de vérifier comment Luna allait, et de passer du temps avec elle. Apparemment la jeune Lovegood aimait beaucoup Aaron Woodbridge. Celui-ci, qui n'avait pas beaucoup d'amis et qui était charmé dès que quelqu'un se montrait gentil avec lui, avait adopté la blondinette farfelue. Ils déjeunaient systématiquement ensemble.

Durant la deuxième semaine de septembre, certains des camarades de dortoir de Luna essayèrent de la taquiner un peu en volant son amulette. Elisa n'en entendit parler qu'après coup, mais apparemment Aaron était allé chercher Takashi, qui était à son tour allé chercher Helen. Autant dire que la prodige du duel avait tapé un vrai scandale, terrorisé les coupables, et que depuis ça filait doux chez les Serdaigle. Les gens ne s'en prendraient plus à Luna de sitôt.

Ah. Prend ça dans ta tronche, intrigue canon !

Chez les Serdaigle, Elisa n'avait pas à faire beaucoup d'effort pour protéger ses amis. Après tout, elle était amie avec Helen et celle-ci, surdouée du duel, était la plus ou moins la meneuse de son année. Et pour ceux qui privilégiaient l'intellect plutôt que les compétences pratiques, leur modèle était Takashi Noda, le Né-Moldu japonais avec qui Elisa avait fondé le CEM. Vraiment, il suffisait à Elisa de se pointer au milieu d'un groupe de Serdaigle pour que tous ses potentiels contacts gravitent naturellement vers elle. C'était presque trop facile.

Elle s'était donné une réputation de figure d'autorité dès sa première année. A présent, elle ne pouvait plus s'en débarrasser… Et ça ne lui déplaisait pas tant que ça.

Elisa se sentait parfois un peu comme Slughorn, avec une toile d'araignée de contacts et d'alliés. Elle aimait ses amis, oui, mais elle ne pouvait pas se débarrasser de l'impression qu'elle les utilisait.

Bah. Le Choixpeau avait voulu la mettre à Serpentard pour une bonne raison, non ?

Alors Elisa cultivait aussi ses contacts dans les autres Maisons. Chez les Serpentard, elle traînait toujours avec ses quatre amis de son année, mais elle disait poliment bonjour aux autres (sauf à Warrington et sa clique). Elle s'enquit de leurs cours auprès de jumelles Carrow, elle complimenta Millicent Bulstrode sur sa nouvelle coiffure, elle proposa à Tracey Davies de lui prêter son livre de Défense si elle trouvait le cours de Lockhart insuffisant. Elle félicita même Drago pour être devenu le nouvel Attrapeur de son équipe. Pourtant, le gamin n'avait pas grand mérite : le poste était vacant cette année. Terence Higgs, l'ancien Attrapeur, avait quitté l'équipe parce que les entraînements lui prenaient trop de temps. Après tout, il avait deux options et participait à quatre clubs extrascolaires, dont le CEM.

Chez les Gryffondor, elle faisait attention à féliciter Percy pour ses notes ou pour le soin qu'il mettait à indiquer leur chemin aux premières années. Elle échangeait des conseils avec les jumeaux pour mettre au point des sorts marrants. Elle demandait de ses nouvelles à Isaac, gardait l'oreille ouverte pour savoir s'il allait bien. Elle saluait le Trio d'Or et écoutait leurs récriminations.

Par exemple, le fait que Malefoy soit le nouvel Attrapeur des Serpentard, ça rendait Ron et Harry complètement livides.

– … Et son père a acheté des Nimbus 2001 à toute son équipe ! s'insurgea Ron. C'est de la triche, ça leur donne un avantage !

Elisa haussa les sourcils :

– Et abroger une règle pour donner un bon Attrapeur à Gryffondor l'année dernière, avec le meilleur balai du marché payé par un prof, ce n'était pas un avantage peut-être ?

Harry rougit violemment, baissant les yeux. Ron rosit, mais croisa les bras d'un air buté :

– C'est pas pareil ! Harry est…

– Harry est un excellent Attrapeur mais il n'avait pas le droit de jouer, le coupa Elisa. McGonagall a abrogé une règle de l'école pour le mettre dans l'équipe, et en prime elle lui acheté le plus rapide, le plus puissant, le plus cher des balais disponibles. Imaginez une seconde que ce soit Rogue qui ait vu Malefoy faire le clown ce jour-là, et que Malefoy soit devenu Attrapeur à onze ans, avec le meilleur balai du pays. Comment vous vous seriez sentis ?

Ron devint un peu vert. Il n'était pas aussi anti-Serpentard que dans l'intrigue canon, mais tout de même, imaginer Malefoy se pavaner toute l'année en tant que plus jeune Attrapeur depuis un siècle, ça devait le rendre vaguement malade.

– Je n'avais pas réfléchi à ça, murmura Hermione.

Elisa haussa les épaules :

– Je ne sais pas si vous le réalisez, mais McGonagall favorise toujours les Gryffondor. Pour vous, ça n'a pas l'air de grand-chose mais pour les autres Maisons, parfois, c'est vraiment offensant.

– Alors du point de vue des Serpentard, obtenir de meilleurs balais n'est qu'un juste retour des choses ? réalisa Harry.

Il faisait des progrès. Elisa lui adressa un petit sourire encourageant :

– Exactement. Sauf qu'eux, ils n'ont pas eu besoin qu'un prof vienne briser les règles du château pour obtenir un avantage. Drago a gagné sa place en tant qu'Attrapeur, et en récompense son père a offert une donation à son équipe. C'est complètement légal.

– C'est quand même injuste, marmonna Ron.

– Ce qui était injuste c'est que McGonagall favorise ouvertement sa Maison, pointa froidement Elisa. Ce n'est pas parce que quelque chose t'arrange que c'est forcément juste. Et ce n'est parce que quelque chose te déplaît que c'est forcément mal. Le bien est subjectif : la justice, non.

Hermione et Harry froncèrent les sourcils avec une identique expression pensive, retournant les mots d'Elisa dans leur esprit. Ron avait rougi, vexé, mais refusait obstinément de croiser le regard de la Poufsouffle.

Celle-ci soupira. Ron pouvait être abrasif et désagréable mais… Quand Malefoy affichait si clairement sa richesse, Elisa pouvait comprendre que le jeune Weasley soit mécontent. Elle-même n'avait pas d'expérience avec la pauvreté, mais elle avait fréquenté Percy et les jumeaux assez longtemps pour savoir que ce n'était pas facile.

Elle avait vu le choc sur leurs visages quand ils entendaient d'autres élèves parler de remplacer des robes déchirées au lieu de les rapiécer encore et encore. Elle avait vu la colère et la résignation de Percy quand son sac avait été ruiné par une blague, et qu'il avait dû le garder pendant le reste de l'année parce que ses parents ne pouvaient pas lui en acheter un nouveau. Elle avait vu la façon dont Fred et George empruntaient l'encre et le parchemin de leurs amis afin de faire durer plus longtemps leurs propres fournitures, parce que c'était tout ce qu'ils avaient pour l'année entière.

Il n'y avait rien de poétique à la pauvreté. C'était moche et misérable et ça vous rendait furieux quand les gens agissaient comme si ce n'était pas grave.

– Vous voulez essayer un MagicoGlisseur ? proposa-t-elle pour leur changer les idées. Je suis en train de finir un nouveau modèle, le Sunrise.

Immédiatement, les visages de Ron et Harry s'illuminèrent. Mission accomplie. Elisa meubla ensuite la conversation avec des sujets plus inoffensifs, comme par exemple si Ron avait eu l'occasion de disputer un jeu d'échec avec Terence Higgs, qui était membre du club d'échecs des Serpentard.

Ron se révéla passable sur un Glisseur, Harry remarquable, et Hermione lamentable. Ce n'était pas vraiment une surprise. Cependant, ils furent tous très satisfaits de l'expérience, et c'était ce qui comptait.

Mais les membres du Trio d'Or n'étaient pas les seuls enfants dont Elisa devait remonter le moral.

Les deuxièmes et premières années avaient tous pris pour habitude de demander aide et conseil à la Poufsouffle lorsqu'ils n'osaient pas aller chercher un de leurs Préfets. Sans doute parce qu'Elisa, dès la rentrée, se présentait comme une figure rassurante et toujours disponible s'ils avaient besoin d'aide, quelle que soit leur Maison.

Du coup, au moins deux fois par semaine, Elisa résolvait un problème ou un autre. Tracey Davies avait des difficultés en Botanique. Edgar Whistler et Sun-Min s'étaient disputés, et il fallait les réconcilier. Ginny Weasley avait volé une photo d'Harry prise par Colin Crivey et ça avait fini en pugilat. Isaac Buttermere et son ami Oswald Bradley avaient été traités de gnomes par des sixièmes années de Serdaigle. Cho Chang voulait savoir si Cédric était célibataire (la réponse était oui, mais quand Elisa proposa de leur arranger un rencard, Cho eut l'air aussi terrifié que si la Poufsouffle lui avait proposé d'affronter un dragon en combat singulier).

Des fois Elisa avait l'impression d'être Gandalf. C'était cool d'être respectée, mais vraiment, certains jours, elle n'avait plus une minute à elle !

Mais bon, elle ne se plaignait pas. Parfois, ça lui plaisait de donner la justice. Par exemple, lorsque les jumelles Carrow eurent une retenue pour avoir jeté un sort de déchirure au pantalon de Roger Davis !

Au départ, Elisa était bien partie pour les réprimander, puis elle apprit (par Millicent, qui écoutait toujours les ragots de Pansy Parkinson) qu'elles avaient fait ça parce que Roger avait appelé Luna « Loufoca Lovegood ». Du coup Elisa s'arrangea discrètement pour faire marcher ses relations. Dès le lendemain Roger Davis se retrouva la cible privilégiée des jumeaux Weasley, et Flitwick annula lui-même la retenue des Carrow. Le samedi suivant, Luna et les jumelles étaient devenues inséparables.

Ce n'était pas arrivé dans le canon. Mais eh, dans le canon, Luna avait été toute seule et malheureuse jusqu'en 1995. Le canon pouvait bien aller se faire voir chez les Grecs. Elisa trouvait que ces changements étaient très satisfaisants.

Et finalement, entre ses devoirs et ses autres projets… Elisa consacrait aussi une partie de son temps au journal.

Elle n'y passait pas énormément de temps, parce que le reste de sa vie prenait précédence sur les mystères de l'Horcruxe. Non seulement elle avait du travail scolaire à faire (elle commençait déjà à ramer en Métamorphose), des relations à nouer, et le CEM à superviser : mais elle devait en plus se réserver plusieurs heures par semaine pour travailler sur ses Glisseurs ou sur son invention de la montre digitale. Et puis, elle se gardait des moments de pause pour bouquiner, ou traîner avec ses amis. Bref, elle faisait très attention à ne pas se laisser absorber par l'Horcruxe. Ça aurait vraiment été stupide de sa part.

Mais tous les soirs, elle ouvrait le journal de Tom Jedusor et discutait avec lui.

Elle s'était créé une histoire, un faux nom, une fausse personnalité, glissant de petites vérités au milieu d'un amas de mensonge. Elle ne pouvait pas tout inventer, elle finirait par se trahir : mais elle pouvait obscurcir la réalité. Elisabeth Bishop était donc devenue Lisa Bletchey, et avait composé toute une histoire pour aller avec ce masque.

Lisa Bletchey était une Sang-Pure et une Serdaigle. Elle avait refusé Serpentard parce qu'elle ne voulait pas aller dans la même Maison que son cousin, Miles Bletchey, avec qui elle ne s'entendait pas. Lisa Bletchey était l'élève préférée de Flitwick, n'avait pas d'opinion sur Dumbledore, mais ne s'entendait pas avec McGonagall.

Lisa Bletchey était douée en magie, et l'une des meilleurs élèves de son année. Elle ne voulait pas changer le monde, et elle était plus ou moins indifférente à la théorie Puriste. Lisa Bletchey voulait passer sa vie à inventer de nouvelles choses, et à être admirée pour son talent.

Lisa Bletchey aimait être admirée parce qu'elle se sentait très seule. Lisa Bletchey n'avait pas d'amis. Lisa Bletchey écoutait avidement la moindre parole de Tom Jedusor parce qu'elle aimait qu'il fasse attention à elle.

Lisa Bletchey était un appât parfait.

Et Elisabeth Bishop se cachait derrière le masque, et attendait de voir si Tom mordrait à l'hameçon.

Pour l'instant, leurs conversations étaient plutôt anodines. Elisa détaillait ses idées d'invention, ses théories, ses projets d'expérience. Tom était remarquablement serviable : il était toujours prêt à lui donner des conseils, à lui suggérer des titres de livres de la bibliothèque qui pourraient contenir des références utiles.

« Lisa » avait dit à Tom qu'elle avait appris que les livres mentent parfois, alors qu'elle ne pouvait pas lui faire totalement confiance. Elle lui donnait quelques bribes d'informations sur elle, entrecoupées de véritables dissertations sur telle ou telle de ses inventions : mais elle avait rendu clair qu'elle attendait une certaine réciprocité de sa part. Tom lui offrait surtout des conseils et des idées, mais il essayait aussi d'être ce dont Lisa Bletchey semblait avoir besoin : un ami sincère qui lui faisait confiance.

Et donc, qui lui parlait de lui.

Tom Jedusor ne se livrait pas à tort et à travers, mais il lui livrait des informations précieuses. Des informations vraies, et vérifiables. Son nom, son époque, sa Maison. Le fait qu'il avait été récompensé pour « services rendues à l'école ». Le fait qu'il ait été Préfet puis Préfet-en-Chef, mais qu'il ait été nul au Quidditch. Le fait qu'il ait considéré Poudlard comme son foyer. Le fait qu'il se soit beaucoup intéressé aux histoires des Fondateurs.

« Serpentard », écrivait Elisa dans ses notes d'étude. « Fasciné par le passé, par son héritage. Intérêt pour les reliques des Fondateurs et les Fondateurs eux-mêmes. Aime avoir de l'autorité sur les autres. A probablement été surveillé par Dumbledore (possible danger ?). Aime Poudlard car c'est un lien entre lui et son héritage de sorcier. »

Heureusement qu'elle prenait ces notes. Parce que parfois, après une conversation enflammée sur la supériorité de telle ou telle rune et la précision de tel sort pour calculer les phases de la lune… Parfois Elisa oubliait presque qu'il s'agissait du plus terrible mage noir de tous les temps. Tom était juste tellement gentil. Tellement brillant. Il avait des idées géniales sur les Runes Anciennes, et ses conseils pour aider Elisa à faire ses devoirs étaient tous extrêmement utiles.

Grâce à lui, elle avait obtenu un Effort Exceptionnel en Métamorphose, la meilleure note de sa scolarité. L'exercice du début de semestre avait été de changer un poisson en oiseau et Elisa en avait été incapable, jusqu'à ce que Tom lui explique avec patience qu'elle devait se concentrer sur ce qu'elle voulait garder de la structure du poisson. La légèreté, la grâce, l'élégance, la fluidité des mouvements. Sa Métamorphose devait s'articuler autour de la conservation de ses éléments, pas autour d'une volonté de changer l'intégralité de l'animal. Et le mieux ? C'était que ça marchait.

Je n'étais pas le meilleur de ma classe en Métamorphose, badina Tom quand Elisa s'extasia sur sa réussite. Mais n'oublie pas que j'avais Dumbledore comme enseignant, et que j'ai une excellente mémoire. Il tendait un peu à utiliser des métaphores inutilement poétiques, mais je pense qu'il était bien meilleur que ton enseignante actuelle.

Sans aucun doute, écrivit Elisa (car, tout comme « Lisa », elle râlait de toute cœur contre la sévérité de McGonagall). Qu'est-ce que Dumbledore disait ?

Quelque chose comme : "il y a en chaque poisson l'envie de voler : il suffit de l'amener à la surface", cita Tom d'une écriture qui réussissait à exprimer son amusement

Hum. Ça faisait réfléchir. Dumbledore n'aurait peut-être pas été un si mauvais prof…

Mais passons. La Métamorphose n'était pas le seul domaine où Elisa faisait des progrès fulgurants. Grâce à lui, elle avait amélioré son prototype de montre digitale et avait même réussi à y intégrer un sort qui affichait les phases de la lune sur le cadran. Grâce à lui, Elisa avait brillé en Potions au dernier contrôle. Elle n'avait absolument aucun remords à exploiter le fantôme d'un mage noir de cette façon. Quitte à avoir les mains sales, autant que ça lui profite, non ? Et puis… C'était agréable, de discuter avec un vrai génie. Tom l'aidait. Et pour Elisa, qui avait été en avance toute sa vie et n'avait jamais pu demander d'aide, c'était une sensation fantastique.

Puis elle refermait le journal, prenait automatiquement ses notes pour y faire son rapport, et ça lui faisait le même effet qu'une douche d'eau froide. La gentillesse de Tom n'était que mensonge, et elle devait absolument se méfier. Baisser sa garde pouvait la faire tuer.

Le problème c'était qu'Elisa était nulle pour mentir. Oh, elle avait donné à Tom un faux nom, une fausse Maison, une fausse histoire. Mais il y avait des éléments de vérité, çà et là. Et surtout, l'enthousiasme avec lequel ils parlaient de ses inventions… Ce n'était pas feint. Elisa était intéressée par ce qu'elle faisait, et elle partageait cet intérêt avec un Horcruxe.

Elle s'inquiétait de l'emprise que le journal pouvait prendre sur elle. Mais elle ne ressentait pas de fièvre, pas de fatigue, pas d'affaiblissement, pas de trou de mémoire. Ses souvenirs restaient cohérents avec les notes qu'elles prenaient. Pour l'instant, la situation était sous contrôle… Alors Elisa continuait à écrire.

Au fond d'elle-même, une petite voix lui soufflait qu'elle écrivait autant pour débattre avec un égal intellectuel que pour en apprendre davantage sur un ennemi. Elle s'efforça de l'ignorer. Elle allait bien. Elle était capable de gérer ça, elle en était sûre.

Et les jours passaient, paisibles, et petit à petit il devint complètement normal pour elle de bavarder avec un morceau de l'âme de Voldemort.

Ce fut sa première erreur.

oOoOoOo

La quatrième année du cursus scolaire de Poudlard était supposée être la dernière année « facile », puisqu'après ça serait les BUSES, puis les ASPICS. Pour autant, ça ne voulait pas dire que les élèves pouvaient se reposer sur leurs lauriers.

Elisa avait donc toujours consacré beaucoup d'efforts à ses études. Sa connaissance du futur lui donnait un avantage sur tous ses camarades, mais il lui fallait quand même travailler pour demeurer une bonne élève. Surtout en Métamorphose. Elle s'en sortait plus ou moins bien pour faire apparaitre ou disparaitre des trucs, mais les transformer ? A chaque fois c'était une catastrophe. Et ne parlons pas des Potions où elle se maintenait dans la meilleure moitié de la classe uniquement grâce à l'aide de Trisha. Où l'Histoire, où elle passait son temps à faire autre chose (comme ses devoirs…) et ne révisait pour les examens que grâce aux notes prises par Heather !

Enfin, jusqu'à récemment. Grâce à Tom et à ses conseils, elle s'en sortait beaucoup mieux en Potions (elle avait réussi à comprendre des éléments qui lui échappaient depuis des années), et elle parvenait même à sauver la face en Métamorphose.

Cela dit, la Transfiguration ne serait jamais sa matière préférée…

Les matières qu'elle aimait le plus étaient les Sortilèges, les Runes et la Divination. Ce n'était pas pour rien que l'essentiel de ses inventions reposaient sur ses sorts… Ce que Tom ne manquait pas de lui faire remarquer, l'encourageant à diversifier ses domaines d'expérience.

Elisa n'en avait pas la moindre envie, merci bien. Elle avait un don naturel en Sortilèges d'après Flitwick, et elle adorait la facilité avec laquelle les sorts et les charmes lui venaient. Elle trouvait que les Runes n'étaient pas très différentes d'un autre langage, et l'aspect pratique de la matière la poussait à expérimenter sans relâche pour tout comprendre. Quant à la Divination… Elle avait réussi à se faire apprécier de Trelawney en s'extasiant pendant dix minutes sur la lecture de l'avenir dans les rêves dès leur premier cours, et depuis elle n'avait que des Optimal ou des Efforts Exceptionnels. Elisa n'avait pas de talent pour prédire l'avenir (sauf peut-être avec le tarot, que même un débutant pouvait maîtriser), mais sa mère lui avait appris quelques bases et ça avait largement suffit à éblouir leur prof.

Bref, ces trois matières compensaient celles où Elisa pataugeait, comme la Métamorphose où l'Histoire. Ou bien, depuis cette année, la Défense.

Oh, Elisa n'était pas nulle en Défense. Au contraire, elle avait toujours eu d'excellentes notes. En plus, Tom lui avait indiqué quelques bons livres de la bibliothèque sur le sujet et la jeune fille avait donc élargit son arsenal de sorts de plusieurs maléfices dévastateurs.

Non, la Défense n'était pas son point fort parce qu'elle ne pouvait pas supporter Lockhart.

Au bout de trois cours, Elisa avait réalisé qu'elle perdait complètement son temps et s'était mis à sécher le cours. Ce qui était du jamais vu. Aucun prof ne tolérerait cela. Heureusement, Lockhart était complètement stupide et ne pensait jamais à faire l'appel… Et, solidarité oblige, aucun Poufsouffle et aucun Gryffondor ne dénonçait Elisa à leur enseignant. La plupart avaient même l'air déçus de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Elisa consacrait donc ses trois heures de Défense de la semaine à faire autre chose. Parfois elle faisait ses devoirs pour prendre de l'avance. Souvent, elle lisait son manuel de Défense acheté à Obscurus Books, ou bien consultait le journal de Tom, et s'entraînait toute seule. Ou alors elle s'exerçait à des trucs moins conventionnels, comme au lancer de couteau, ou à utiliser la Force pour déplacer des objets.

Bref, elle avait décidé que ces heures-là ne seraient pas une perte de temps.

Elle avait assez à faire comme ça sans avoir à supporter la stupidité d'un débile aux cheveux peroxydés, merci bien.

Il y avait le CEM, il y avait les cours, il y avait ses MagicoGlisseurs, il y avait son travail sur les montres digitales, il y avait ses débats avec Tom… Et il y avait aussi un dernier truc qui consommait pas mal le temps d'Elisa.

Le Challenge.

Le Challenge était un tournoi de duel absolument illégal et totalement secret, qui avait lieu tous les sept du mois dans une salle de Divination abandonnée. La quasi-totalité de leur promotion y participait, soit une trentaine de personnes. L'idée était d'Elisa, mais le Challenge était géré par Helen Dawlish, qui était d'ailleurs la championne en titre.

La première séance de l'année eut lieu le sept octobre. A sa grande surprise, Elisa réussit à tenir jusqu'en demi-finale avant de se faire éliminer par Terence Higgs. Un coup de chance, essentiellement : elle était tombée sur des matchs faciles, avant d'affronter Terence. Mais il n'y avait pas que la chance à l'œuvre… Apparemment, un été à crapahuter dans les bois avait fait des merveilles pour son sens de l'esquive, et lancer des couteaux avait amélioré sa coordination visuelle. Ça, plus son talent en Sortilèges qui lui avait toujours permis de se maintenir dans la moyenne du Challenge sans trop s'exercer, c'était une bonne combinaison.

Mais bref. Elisa était donc devenue plus douée en duel, au point d'être cinquième dans le classement général, et d'ainsi surpasser Cédric. A la fin de la séance, quand Helen fit son habituel briefing final, leur championne ne manqua pas de le remarquer.

– Trisha, tu esquives toujours vers la droite, c'est pour ça que tu as perdu. Fred, je n'ai aucune idée d'où est-ce que tu as trouvé un sort qui fait exploser de la peinture…

Fred, George et Elisa échangèrent un regard ravi.

– … Mais tu es chargé du nettoyage, acheva Helen. Scott, ton Sort de Déflexion était brillant, mais Loretta, le tien était terrible : entraidez-vous l'un l'autre. Bainbridge, très bon Charme d'Allégresse, mais c'est toi qui devra ramener Pucey à son dortoir et le surveiller le temps qu'il arrête de planer.

– Oh non, soupira Tabitha en regardant Adrian qui souriait dans le vide.

– Tu n'as qu'à t'en prendre à toi-même. Takashi, tu devrais travailler ta coordination, tu ne vises pas très bien. Spinnet, ça ne sert à rien d'esquiver si tu n'attaques pas après-coup. Cédric, tu restes trop sur la défensive. Elisa…

Helen marqua une pause.

– En fait, Elisa, c'était une grosse amélioration. Tu restes toujours très statique et tu as une certaine lenteur d'esquive, mais ça va mieux. Et au niveau de tes sorts… J'ai remarqué que tu te retenais.

Plusieurs regards incrédules se tournèrent vers Elisa, parce qu'elle avait été au top de sa forme. La Poufsouffle rougit. Effectivement, elle avait écrabouillé tous ses adversaires jusqu'à ce que le Terence utilise un Sort de Déflexion à un angle précis pour retourner son sort contre elle-même et la prendre par surprise… Mais elle ne s'était pas donné à fond.

Elle connaissait des sorts dangereux, maintenant. Et puis, elle avait la Force, et elle avait ses couteaux. Les longues manches de sa robe les cachaient, mais elle avait deux lames de lancer dans un étui à chaque poignet.

Elle n'allait pas attaquer sérieusement ses amis, mais si elle se donnait à fond, elle risquait quand même de faire de sacrés dommages. Et cette idée la pétrifiait.

– Je ne voulais pas utiliser quelque chose de trop dangereux, fit-elle maladroitement. Je connais des maléfices qui peuvent faire des dégâts.

Plusieurs personnes émirent des rires nerveux. L'année dernière, elle s'était fait connaitre pour son style avec zéro finesse. Son talent, c'était les trucs qui explosent, comme son Sortilège Explosif qui rivalisait avec le Maléfice Explosif d'Helen (deux sorts bien distincts, puisque l'un vous encastrait dans le mur et l'autre vous incinérait en plus). Une fois, elle avait essayé d'innover et d'utiliser un rituel allemand, mais ça avait juste fait exploser toutes les vitres. Niveau subtilité, on repassera…

Cependant, Helen n'eut pas l'air le moins du monde impressionnée. Au contraire, elle renifla avec amusement :

– Alors utilise des sorts non-dangereux. Si tu es si avancée, tu pourrais apprendre le Charme du Bouclier ou la Stupéfixion.

– C'est du niveau des BUSES ! protesta quelqu'un.

– Je préfère me prendre un Stupéfix qu'un Expulso, marmonna quelqu'un d'autre.

– Tout à fait ! approuva Helen. Elisa, à la prochaine séance, je veux t'affronter en finale, alors arrête de te retenir.

Elisa ouvrit de grands yeux et chercha du regard Terence Higgs. Le Serpentard était pour l'instant la seule personne à disputer la finale à Helen durant les séances du Challenge. Helen était redoutable, mais Terence était polyvalent et imprévisible. Pour aller en finale, Elisa devrait d'abord passer par Terence, et elle n'était pas du tout sûre de l'issue de ce genre de combat.

– Oh, ça va être cool ! s'enthousiasma Trisha.

– Terence est pratiquement imbattable ! protesta Adrian.

– Mais Elisa est le Magister ! argumenta un Serdaigle. Elle connait plus de sorts que nous tous réunis, je parie.

– Qui veut parier ? lança Fred (ou George).

Il y eut une vague de murmures et d'exclamations excitées, et Elisa rentra la tête dans les épaules, un peu mal-à-l'aise. La loyauté des gens qui pariaient sur elle lui faisait chaud au cœur, mais elle avait un peu l'impression d'être un morceau de viande livré en pâture au public. Terence, lui, semblait un peu vexé, et finit d'ailleurs par protester :

– Je l'ai battue il n'y a pas vingt minutes !

… Bon, d'accord, c'était vrai, mais il n'avait pas à être si indélicat à ce propos, songea Elisa en lui lançant un regard noir. D'accord, elle n'était pas très intimidante, ou très renommée pour ses talents au combat, mais elle n'était pas nulle. Elle était douée.

– Elle se retenait ! argumenta fidèlement Cédric.

– C'est vrai, lâcha soudain Elisa avec impulsivité. Et je te promets que le mois prochain, je ne me retiendrais pas !

Terence haussa un sourcil, semblant évaluer le sérieux de la Poufsouffle. Ce qu'il vit du lui convenir, car il sourit, puis lui tendit la main.

– Challenge accepté.

Ils échangèrent une poignée de main, et leurs doigts ne s'étaient pas encore lâchés que déjà les jumeaux Weasley étaient en train de collecter les paris.

Elisa n'était pas quelqu'un de très compétitif. Les sports ne l'intéressaient pas beaucoup et, lorsqu'il y avait un concours, la pression tendait à l'intimider plus qu'à la motiver. En revanche, lorsqu'elle faisait une promesse, elle la tenait.

Et en prime, elle avait vraiment horreur de perdre.

Elle hésita un long moment avant d'ouvrir le journal de Tom ce soir-là. Finalement, elle céda. Ils discutèrent un long moment d'Astronomie, des devoirs de Botaniques qu'Elisa devait rendre, puis de Sortilèges en tous genres. Tom était très loin d'être aussi créatif que la jeune Poufsouffle, mais il avait étudié cette matière de façon beaucoup plus poussée, et connaissait donc des principes et des théories sur la magie fascinantes. Elisa absorbait la moindre bribe de savoir comme une éponge. Mais finalement, elle n'y tint plus.

Elle avait un duel à gagner. Et Terence était son ami, oui, mais… Il était aussi doué, et féroce. Et s'il se donnait à fond et pas elle, elle se ferait humilier. Elisa ne se considérait pas comme quelqu'un d'excessivement orgueilleux (arrogante, oui, mais pas orgueilleuse), et elle savait qu'une défaite ne l'abattrait pas, mais… Voilà. L'idée de perdre, surtout après avoir lancé elle-même le défi, faisait brûler ses joues d'un sentiment de honte anticipée.

Dis-moi Tom, écrivit-elle avec hésitation. Est-ce que tu connais des maléfices pas trop dangereux mais assez puissant et inattendu pour me permettre de gagner un duel contre un camarade champion de duel qui maîtrise à la perfection le Sortilège de Déflexion ?

Tom ne tarda pas à lui répondre.

J'en connais deux ou trois. En défense, on devait commencer par le Charme du Bouclier. Mais en offense… Tu es douée en Sortilèges, Lisa. Et si on inventait un sort ensemble ?

Elisa hésita une seconde. Mais elle n'avait pas de trou de mémoire, pas de fatigue, pas de fièvre. Inventer un sortilège nouveau était tentant : elle l'avait déjà fait, après tout… Mais jamais pour créer un maléfice. Tom était brillant, et discuter avec lui poussait toujours sa créativité à un niveau supérieur.

Et puis, elle avait très envie de gagner.

Allons-y, écrivit-elle.

Elle resta sur ses gardes. Mais durant les jours qui suivirent, elle ne ressentit aucun changement. Ni fatigue, ni perte de mémoire. Elle se détendit.

La seule chose qui changea, ce fut qu'elle se mit à emporter le journal avec elle pour discuter plus facilement avec Tom. Après tout, elle maîtrisait la situation. Emmener le journal avec elle était juste pratique. Pragmatique, même. Avec son emploi du temps chargé, elle avait trop peu de temps le soir pour converser avec Tom, surtout maintenant qu'ils avaient un projet commun. Si elle l'emmenait avec elle, elle pourrait écrire dans le journal pendant les pauses et les cours, et ainsi gagner du temps.

Gagner du temps était important.

Et puis, ce n'était pas vraiment une corvée. Tom Jedusor avait grandit pour devenir un psychopathe raciste assoiffé de sang, mais quand il avait été adolescent, il avait été brillant, charismatique, et même drôle. Oui, sans blague, il avait un sens de l'humour. Dans un coin de son esprit, Elisa se demanda un jour si Tom se comportait ainsi parce qu'il savait que ce qu'elle désirait le plus au monde, c'était un égal intellectuel, quelqu'un avec qui elle pouvait se détendre, plaisanter, et toute dire. Ginny avait voulu un confident. Elisa, elle, voulait un complice. Est-ce que Tom s'efforçait de s'adapter à la personne qui lui écrivait ? Ou bien était-il vraiment intéressé par ce qu'Elisa lui racontait ? Parfois, c'était vraiment dur de faire la différence.

Tom n'avait pas l'air de lui réclamer quoi que ce soit en échange. Une fois, une seule, il essaya discrètement de lui parler de l'Histoire récente, sans doute pour savoir ce qu'il était devenu. Il avait formulé ça de manière complètement innocente et, pendant une seconde, Elisa fut tentée de lui dire que Voldemort avait été battu par un bébé.

Puis son bon sens reprit le dessus, et elle mentit sans vergogne. Attirer l'attention de Tom sur Harry Potter était bien la dernière chose à faire.

Il ne s'est pas passé grand-chose, écrivit-elle. Il y a eut des tensions politiques il y a quelques années, un Lord Vol-quelque chose voulait augmenter son influence (un peu redondant, puisque le pouvoir politique est complètement entre les mains de ses vieux partisans), mais il a apparemment quitté le pays à la recherche de pouvoir. Personne ne sait où il est.

Cette réponse qui n'en était pas une sembla satisfaire Tom. Elisa était ravie de son idée. Rien n'était un mensonge, en plus. Et lorsque le journal tenta d'obtenir plus de détails, Elisa feignit l'étonnement. Sûrement ils avaient mieux à faire que de parler d'un homme qui avait quitté le pays plus d'une décennie plus tôt ?

Tom n'insista pas. Il croyait sans doute qu'il n'avait rien d'important à savoir, puisque Lord Voldemort était apparemment parti de son plein gré, et triomphant. Ah. Elisa se félicita mentalement d'avoir dupé le Seigneur des Ténèbres.

Puis elle se remit à écrire dans le journal, développant avec passion sa toute nouvelle idée pour afficher les phases de la lune sur les montres digitales qu'elle était en train de fabriquer.

Evidemment, tout ça prenait du temps. Elle passait donc moins de temps à travailler sur ses Glisseurs, par exemple, et se consacrait à de longues discussions avec Tom, ou à dessiner des diagrammes et réfléchir à des sorts à apprendre pour son duel avec Terence. Elle devait absolument prendre ça au sérieux. Terence était fort, et le battre serait difficile : mais une fois qu'elle l'aurait battu, elle serait face à Helen, et elle ne voulait pas non plus perdre ce match-là. Même si Helen était une championne imbattable, Elisa voulait gagner.

Tu as toutes tes chances, l'assurait Tom. Tu es combattive, inventive, et je suis sûr que tu sauras te montrer impitoyable le moment venu.

Un mois plus tôt, Elisa aurait jeté le journal au bout du lit s'il lui avait suggéré de se montrer impitoyable. Là, elle se tendit et marqua un temps d'arrêt, mais finalement sa curiosité l'emporta.

Comment ça, impitoyable ? écrivit-elle lentement. Je ne suis pas quelqu'un de méchant. Je n'ai jamais vraiment été agressive envers quiconque…

Tom répondit avec patience :

Les gens ne comprennent pas le mot impitoyable. Ils pensent que cela signifie "méchant". Mais ça n'a rien à voir. Être impitoyable, c'est voire la ligne claire et directe qui mène d'un point A à un point B. La ligne qui va du mobile au moyen. Du début à la fin. Il s'agit de voir que la ligne est parfaitement nette et visible, et de ne se soucier de rien d'autre que du fait qu'on peut voir clairement la solution. De ne se soucier de rien d'autre que de la perfection, de la simplicité de cette trajectoire directe.

Elisa eut beau réfléchir à la question en tous les sens, elle ne pouvait pas contester ça. Être impitoyable, c'était faire absolument tout pour arriver à son but. Et… Ça pouvait mener à être cruel, à être mauvais. C'était ce que Voldemort avait fait. Mais c'était aussi ce que Dumbledore avait fait, en laissant Harry chez les Dursley pour qu'il soit aisément modelé à l'image d'un parfait petit soldat. Et est-ce que ce n'était pas ce qu'elle était en train de faire, là ? En instrumentalisant un Horcruxe pour gagner un simple duel ?

Elle dut mettre un peu de temps à répondre, car l'écriture de Tom apparut à nouveau sur la page. Il avait presque l'air de s'excuser.

Je ne veux pas dire que tu dois agir de façon impitoyable, bien sûr. Mais si tu arrives à y penser, à visualiser la solution de façon aussi simple, ça peut complètement changer ta façon de combattre.

Elisa changea de sujet, ramenant la conversation sur son projet de montre digitale. Mais elle rumina longtemps ce que le journal lui avait dit. Elle trouvait ça étrangement sensé, et… Ça la mettait un peu mal-à-l'aise, que Tom soit de si bon conseil.

Mais bon. Tant qu'elle ne lui faisait pas confiance, tout irait bien, non ?

Elle réfléchissait à de nouveaux sorts, de nouvelles stratégies. Une version magique du taser ? Un arc électrique ne pouvait pas être si difficile à conjurer. Et si elle modifiait le Sortilège de Déflexion pour retourner la stratégie de Terence contre lui, et lui renvoyer dans la figure tous les sorts qu'il lui lançait ? Ou bien elle pourrait utiliser un sort de Glue Temporaire pour coller ses chaussures au sol et l'empêcher d'esquiver. Ou peut-être qu'elle pourrait inventer la version sorcière d'une grenade incapacitante, cet arme utilisée par la police qui explosait avec un puissant flash pour aveugler les gens ? Ça pourrait se faire, en modifiant un Lumos et en le mixant avec un Sortilège Explosif.

Elle devait parfois expliquer à Tom les concepts moldus derrière son inspiration (en évitant de dire que c'était moldu, justement), mais dans tous les cas, Tom se montrait enthousiasmé.

C'était grisant de discuter avec un égal intellectuel, d'être mise au défi, poussée à la réussite. Elisa avait l'impression d'être deux fois plus productive qu'avant.

Bien sûr, à force de se consacrer à ses projets et ses expériences, elle n'était pas toujours disponible pour résoudre les querelles des premières années. Elle expédiait ses devoirs pour le CEM parfois un peu trop vite, distraite par ses idées de nouveaux sorts. Lors de son anniversaire, le vingt octobre, elle était distraite et quitta la fête en avance pour s'entraîner. Et depuis le Challenge, elle n'avait pas adressé la parole une seule fois à Terence. Ou aux autres Serpentard, maintenant qu'elle y pensait. Et elle passait moins de temps avec ses amis. Mais ce n'était rien de très notable. Elisa avait un peu réaménagé son emploi du temps pour consacrer plusieurs heures par jour au journal, mais elle faisait attention à toujours respecter un quota minimal de temps passé avec les élèves du CEM, par exemple. Elle était juste… Un peu distraite.

Elle avait ses raisons. Quand même, il fallait admettre que ce n'était pas tous les quatre matins qu'elle inventait quatre sorts à la fois, tout en terminant la fabrication d'un prototype d'objet enchanté plus complexe encore que le MagicoGlisseur ! Elle avait l'impression que son cerveau était en ébullition en permanence. Plus que le succès dans ses recherches et ses inventions, c'était son incroyable productivité qui la grisait. Elle avait l'impression de pouvoir tout faire ! Elle était meilleure en classe, ses devoirs de Métamorphose étaient toujours biens notés, ses notes en Potions s'amélioraient, elle n'avait même plus besoin d'emprunter les notes d'Heather pur réviser l'Histoire parce que Tom pouvait l'aider à faire ses devoirs… C'était tellement génial de pouvoir compter sur un tel atout secret !

La troisième semaine d'octobre, elle termina sa montre digitale. Il y avait un bracelet de cuir et un cadran cuivré, récupéré sur une vieille montre. L'intérieur de la montre, qui contenait normalement le mécanisme pour la faire fonctionner, avait été vidé. Il était gravé et Runes et contenait des cristaux chargés de magie qui alimentaient les sortilèges de l'objet.

Il fallait admettre, c'était ingénieux.

Le cadran de la montre ne comportait plus d'aiguilles ni de chiffres sur son pourtour. Il était vide et lisse, affichant en son centre l'heure en chiffres lumineux argentés, comme quand on jetait un Tempus. Au-dessus de l'heure s'affichait la date. En-dessous de l'heure, ou pouvait afficher au choix les phases de la lune, ou bien la météo (Elisa n'avait eu qu'à modifier légèrement le sort qui enchantait le plafond de la Grande Salle pour obtenir ce résultat). Sur le côté de la montre, des boutons sculptés en forme d'étoile permettaient de régler l'heure, d'ajuster la luminosité du cadran et des chiffres, ou de régler une alarme.

Elle n'avait jamais terminé une invention aussi vite.

Elle demanda à sa mère de soumettre le brevet, offrit des montres à une vingtaine de ses amis, et vendit les autres à un prix relativement correct. En quelques jours, la moitié du château portait ce gadget au poignet, y compris certains profs. Elisa était riche, et aux anges.

Félicitations, écrivit Tom avec amusement quand elle se vanta de son succès. Je savais que tu y arriverais, je ne vois même pas pourquoi tu es surprise.

Je ne suis pas surprise ! contra Elisa. Je suis enchantée. Merci, Tom. Sans toi, je n'aurais sans doute jamais réussi aussi vite.

Mais de rien, répondit poliment le journal. Je n'ai fait que donner un petit coup de pouce à ton talent naturel.

Elisa esquissa un mince sourire. Yep, tout à fait. C'était elle qui avait inventé ces montres, c'était elle qui bénéficiait de la connaissance de Tom, et bientôt, c'était elle qui gagnerait au Challenge. Sans migraines, sans pertes de mémoires, et sans fatigue chronique : elle y faisait attention. Et ça voulait dire que c'était elle qui maîtrisait le journal.

Être plus forte que Voldemort au même âge, c'était quand même une sacrée victoire, non ?

oOoOoOo

Halloween vint, puis passa, sans que quoi que ce soit d'étrange ne se produise. Elisa passait de plus en plus de temps à la bibliothèque, penchée sur de gros bouquins de Défense. Elle avait demandé une autorisation d'emprunt à Trelawney, et allait même chercher des grimoires dans la section interdite, maintenant.

– Tu as l'air de couver quelque chose, lui fit remarquer Cédric le plus délicatement possible. Tu ne parles pas beaucoup, tu as mal à la gorge ?

Elisa, qui était plongé dans un manuel de Défense de sixième année, releva à peine le nez de sa lecture :

– Je me prépare pour le prochain Challenge.

Du coin de l'œil, elle vit Trisha et Cédric échanger un regard. Irrationnellement, elle se sentit agacée. Est-ce qu'ils faisaient des messes basses dans son dos ?

– On a remarqué, lâcha Trisha. Et c'est bien de te voir vraiment investie là-dedans, mais euh… Tu ne crois pas que tu y vas un peu fort ? Je sais que tu es notre Magister obsédée par le savoir, mais… Tu n'as pas lâché ce livre de l'après-midi.

– Ce n'est pas grave si tu perds, tu sais ! rajouta Cédric avec un sourire encourageant.

Et… Ça partait sans doute d'une bonne intention de leur part, mais c'était tellement blessant. Elisa était douée. Elle était incroyablement douée, elle utilisait la Force de manière presque usuelle, elle inventait des sorts, elle créait des objets utiles et stables, et… Est-ce que ses amis n'avaient jamais remarqués à quel point elle était forte, à quel point elle avait du potentiel ? Est-ce qu'elle s'était tant que ça mis en retrait qu'à présent, ils la voyaient davantage comme « la fille obsédée par l'éducation qui aide tous les gamins perdus qui ont besoin d'aide » que comme « Elisabeth Bishop, possible génie » ?

Est-ce qu'Elisa était davantage la fille obsédée par l'éducation qu'un possible génie ? Est-ce qu'elle avait dédaigné à ce point sa passion ?

– Eh bien, fit-elle d'une voix un peu tremblante en refermant son livre et en se levant. C'est bien de savoir que vous croyez en moi.

Elle quitta la bibliothèque à grands pas, furieuse et blessée. Plus tard, Trisha et Cédric la retrouvèrent et s'excusèrent, mais Elisa était toujours secouée.

Elle ne s'était jamais vraiment consacrée à sa passion pour l'invention. Est-ce qu'elle s'était à ce point effacé pour satisfaire aux besoins des autres ? Est-ce que c'était ce qu'elle voulait être, un personnage de second rang juste là pour aider le protagoniste à se mettre sous le feu des projecteurs ?

C'était injuste ! Elle avait bien le droit de s'occuper un peu d'elle-même, non ? Pourquoi ça serait à elle de s'occuper de tous ces gamins ? Elle n'était pas leur mère. Et ils s'étaient très bien passés de son interférence dans l'intrigue canon !

Alors oui, Elisa modifiait l'ordre de ses priorités. Mais pas beaucoup. Juste un petit peu. Elle accordait moins de temps aux distractions sociales et consacrait plus de temps à ses projets solitaires. Rien d'alarmant, bien sûr.

C'était tout à fait normal de vouloir un peu de temps pour elle-même.

Elle discutait de plus en plus souvent avec Tom, aussi. Pas seulement au sujet de ses inventions, mais aussi au sujet de lui-même. Dans un objectif purement stratégique, bien sûr… Après tout, Tom voulait gagner sa confiance, non ?

Et puis, elle était encore un peu en rogne contre ses amis. Ils ne semblaient pas comprendre qu'elle avait besoin de gagner, qu'elle était plus qu'une simple baby-sitter pour les petits sorciers n détresse. Elle faisait à un effort pour ne pas déverser sa rancœur sans ses conversations avec Tom (elle n'avait pas oublié qu'il n'était pas son confident, et qu'il ne devait surtout pas le devenir), mais quand même, sa frustration devait un peu se voir. Cela dit, Tom s'abstint de toute remarque. Il se contenta de rediriger l'attention d'Elisa sur d'autres sujets, comme la façon d'augmenter la puissance de son sortilège électrifiant inspiré du taser Moldu.

Les jours passèrent. Puis, le sept novembre, ce fut le jour du Challenge.

Elisa attendait ce jour avec une excitation mêlée d'angoisse. Elle avait tellement travaillé pour être au niveau. Si elle ratait son coup, elle allait sans doute se mettre à pleurer. Et si elle se mettait à pleurer devant tout le monde, sa réputation ne s'en relèverait jamais ! Et en plus, elle avait le trac. Elle se sentait presque aussi angoissée qu'avant de faire un discours devant un public. Rien que d'y penser, elle sentait son ventre se nouer, sa respiration se bloquer.

D'un geste machinal, elle toucha le journal qu'elle gardait dans une poche de sa robe. Il fallait qu'elle se souvienne des conseils de Tom, et tout irait bien. Il avait beau être un mage noir et tout le tralala, il voulait qu'elle gagne, et il l'avait aidé.

La foule vibrait d'impatience. Le premier match, qui opposait deux Serdaigle, fut expédié en moins de deux minutes sous les rugissements enthousiasmes du public. Puis ce fut Rhonda contre Fred, puis Adrian contre Takashi, puis Raashid contre Aaron…

La première manche éliminait déjà la moitié des concurrents : c'était la plus redoutable. Elisa craignait un peu d'avoir à affronter un adversaire qui la fatiguerait, comme Heather ou Cédric. Heureusement, elle tomba sur Alicia Spinnet.

Elle avait déjà affronté Alicia et perdu, parce que la Gryffondor était une Poursuiveuse avec un talent incroyable pour l'esquive, et qu'elle se faufilait entre tous les sorts explosifs d'Elisa jusqu'à passer sous sa garde. Mais cette fois, le match se passa un peu différemment.

Après quelques échanges de sorts, Elisa utilisa Expulso, son sort préféré. Sauf qu'elle ne le lança pas sur un point précis, comme un obus ou un ballon, mais comme une onde de trois mètres de large. Elle avait combiné ce sort avec un Charme de Diffusion exprès pour ce genre de situation, face à un d'adversaire vif et agile.

Personne ne pouvait esquiver ce genre de chose.

– MAGISTER VICTORIEUSE PAR K.O. ! s'époumona Helen sous les rugissements enthousiasmes de la foule. JOLI COUP, ELISA ! Z'AVEZ VU ÇA LES GENS ? ÇA, C'EST DE LA MAÎTRISE DES SORTILÈGES ! TERENCE, FAIT GAFFE A TA PLACE SUR LE PODIUM !

– Fais gaffe à la tienne ! lança joyeusement Elisa en reprenant sa place parmi les spectateurs.

– PARI TENU ! s'enflamma Helen. ON VERRA SI TU ME PRENDS LE TITRE DE CHAMPIONNE ! ALLEZ, MATCH SUIVANT !

Helen s'amusait beaucoup quand elle avait un Sonorus et un public.

Le match suivant opposait Terence, justement, et Trinity Lynn, une Gryffondor. Sans surprise, Terence l'emporta, aussi agile et redoutable que le mois dernier. Elisa ne le vit pas utiliser de nouveaux sorts, mais ça ne voulait rien dire. A tous les coups, il gardait quelques atouts dans sa manche.

La première manche s'acheva, et les quinze personnes éliminées s'entassèrent joyeusement dans les rangs du public pour parier sur les matchs suivants. Le premier match de la seconde manche, justement, opposa Elisa à Heather, et la Poufsouffle retint un grognement en voyant son nom s'afficher sur le tableau enchanté. La Serpentard était la meilleure élève de leur classe et ce n'était pas pour rien. Elle était douée.

Bon, pas aussi doué qu'elle, mais assez pour représenter une vraie menace.

Leur duel fut court (peu de duels dépassaient les trois minutes de toute façon), et elles ne firent pas de quartier. Heather était habituellement quelqu'un de plutôt gentil, mais pas cette fois-là. Rien de surprenant : Elisa n'avait pas beaucoup discuté avec les Serpentard depuis le dernier Challenge, et elle se doutait que ses amis devaient lui en vouloir pour sa soudaine froideur.

Sorts, contre-sort, éclat de lumière, bondir, esquiver, attaquer, éclair rouge, bouclier : les tirs et les parades se succédaient à toute allure, les duellistes déchainées dansaient l'une autour de l'autre dans l'arène sous les cris de la foule. Finalement, ce fut en utilisant un bon vieux Ponderatus (un sort qu'elle avait créé l'année dernière en renversant le mécanisme de Wingardium Leviosa) qu'Elisa fit trébucher Heather et parvint à lui lancer un Incarcerem qui la ligota des pieds à la tête.

– ET MAGISTER EMPORTE LA VICTOIRE ! rugit Helen. SPLENDIDE !

Elisa libéra Heather et l'aida maladroitement à se redresser. Elle était grisée par sa victoire, mais se sentait aussi un peu coupable. Jusqu'à leur duel, elle avait complètement oublié Heather. Oublié de faire attention à son amie.

– Tu t'es amélioré, maugréa Heather de mauvaise grâce.

– Désolée, grimaça Elisa. Enfin, je ne suis pas désolée d'avoir gagnée, mais… Je me suis complètement plongée dans l'entraînement depuis un mois. Je suis désolée d'avoir été tellement snob ces derniers temps. Je passe plus de temps avec des livres qu'avec des gens et je crois que ça dévore mes pauvres aptitudes à me socialiser.

Heather gloussa, se déridant un peu, et Elisa se détendit.

– Tu as toujours été nulle pour te socialiser, se moqua Heather. J'ai du mal à croire que tu es en permanence suivie par une bande de gamins plein d'adoration. Quoique, ils se font moins nombreux ces temps-ci…

Elisa cligna des yeux, surprise. Ah bon ? Elle ne l'avait pas remarqué. Comment ça, il y avait moins de gamins qui la suivaient ? C'est vrai qu'elle était moins disponible pour les aider en cas de besoin, mais elle n'avait pas réalisé que c'était à ce point visible…

Puis Helen appela le match suivant, les combats reprirent, et Elisa oublia la remarque d'Heather. Elle avait des choses plus importantes à faire. Comme par exemple se préparer psychologiquement à devenir championne du Challenge.

La seconde manche était assez courte (il n'y avait que sept matchs), puis vint la troisième manche. Il n'y avait que quatre matchs, là, et c'était généralement à partir de là que les duels commençaient à être vraiment spectaculaires.

Le duel d'Elisa lui fit affronter Fred Weasley. Ce ne fut pas un duel particulièrement féroce, mais Fred et elle avaient la même préférence pour les sorts inattendus et l'effet de surprise. Entre les ondes de choc, les explosions de peinture, les feux d'artifices crépitant, et les chaussures collées au sol (Fred finit son duel en chaussettes), au moins le public ne risquait pas de s'ennuyer. Elisa emporta la victoire grâce à la Métamorphose, étonnamment : elle changea la laine des chaussettes de Fred en bois, et le rouquin se cassa la figure. Un Sortilège de Désarmement plus tard et l'affaire était réglée.

Elisa était en demi-finale.

– Tu es stressée ? demanda joyeusement Trisha.

– Je crois que je vais vomir, marmonna Elisa qui n'en pouvait plus d'angoisser.

– Si ça peut te rassurer, Terence a l'air aussi constipé que toi !

C'était rassurant, en fait, et Elisa adressa un sourire crispé à sa meilleure amie. Heather, qui avait assisté à l'échange, rigolait discrètement dans leur dos.

Le premier match de la demi-finale opposait Helen à son amie Rhonda, qui était elle aussi plutôt douée en duel, mais qui ne faisait pas le poids. Après une victoire rapide, Helen appela dans l'arène Terence et Elisa.

Le public éclata en acclamations. En descendant dans l'arène, Elisa se sentait partagée entre la nausée et l'excitation. C'était plutôt la nausée qui dominait. Travailler sous la pression, ça lui mettait les nerfs en pelote. Elle n'était vraiment pas faite pour l'art du spectacle…

– PRÊTS ? s'écria Helen tandis qu'Elisa et Terence se faisait face. J'ESPÈRE QUE TOUT LE MONDE A FAIT SES PARIS… ALORS ALLEZ-Y !

Incarcerem ! attaqua Elisa.

Deflecto ! contra Terence.

Les sorts volaient à toute allure comme des rafales de mitraillettes. Elisa avait vu juste : Terence connaissait de nouveaux sorts, il les avait juste gardés en réserve. La Poufsouffle para au moins quatre sorts qu'elle avait appris grâce à Tom, et qu'un simple Deflecto n'aurait pas suffi à bloquer. Merci Voldemort pour lui avoir appris le Charme du Bouclier.

Terence avait peut-être progressé, mais Elisa aussi. Elle parait, bloquait, et contre-attaquait aussi violemment que le Serpentard. Les éclairs de lumière et de couleur fusaient en tous sens, les explosions des maléfices se perdant dans les cris enthousiasmes de leur public qui trépignait tellement fort sur le balcon de bois faisant le tour de la salle qu'Elisa eut peur que tout s'effondre.

Mais elle n'avait pas le temps de s'inquiéter, parce qu'elle devait gagner : elle était si concentrée sur son combat qu'elle avait l'impression de tout voir avec une clarté nouvelle, de n'entendre que les bruits de leur affrontement, de ne se concentrer que sur le visage tendu de son adversaire. Leurs attaques se succédaient à toute vitesse, sort après sort et contre-maléfice après contre-maléfice, jusqu'à ce qu'enfin Elisa aperçoive une ouverture et…

Fulgura ! cria-t-elle en pointant vers la main armée de Terence.

Un arc électrique jaillit de sa baguette et frappa la paume de son adversaire. Le Serpentard poussa un glapissement aigu, tout son bras secoué par un puissant tressautement musculaire. Cela ne dura qu'un instant, Elisa coupant l'électricité après à peine une seconde : mais Terence recula d'un pas, serrant son bras contre lui et les yeux écarquillés de surprise. Ses muscles tressautaient violemment, et sa baguette lui avait échappé, ses doigts incapables de maintenir leur emprise dessus.

Accio ! s'écria Elisa en utilisant la Force pour dissimuler le fait que le Sortilège d'Attraction lui échappait encore.

La baguette de Terence lui sauta dans la main. Pendant une seconde, ce fut le silence.

Puis le public éclata en acclamations, les gens applaudissant ou rugissant. De l'argent changeait de main et les jumeaux Weasley avaient l'air aux anges. Quelqu'un se mit à chanter « Magister ! Magister ! Magister ! » et très vite toute la foule reprit le cri.

Doucement, Elisa réalisa qu'elle avait gagné, et sourit d'une oreille à l'autre. Elle l'avait fait, elle était en finale du Challenge ! Elle n'avait jamais été aussi loin !

–ELISA L'EMPORTE ! s'égosilla Helen. MAIS CE N'EST PAS FINI… IL RESTE ENCORE UN MATCH !

La finale. Helen Dawlish contre Elisabeth Bishop. Elisa sentit son ventre se nouer, mais cette fois son anxiété était bien moins paralysante. Elle était gonflée à bloc après ses victoires successives, et les hurlements d'encouragement de ses amis boostaient son ego.

Et puis, elle avait encore quelques surprises dans sa manche.

Elle aida Terence à quitter l'arène, s'assurant qu'il n'était pas blessé. Bon, il était vexé d'avoir perdu, mais la sollicitude d'Elisa sembla l'adoucir un peu. Sans compter qu'en plus, elle lui donna un pot de crème à appliquer sur son bras.

– Quand j'ai inventé ce sort je l'ai testé sur moi-même, lui confia-t-elle. Mon premier essai était un peu trop fort, et la pommade pour détendre les muscles crispés est devenue ma meilleure amie.

– Tu as testé ce sort sur toi-même ? répéta Terence avec incrédulité. Mais ça fait un mal de chien !

Elisa le regarda bizarrement :

– Justement, je n'allais pas le tester sur quelqu'un d'autre !

Terence cligna des yeux, puis un sourire éclaira son visage, et il secoua la tête avec un reniflement amusé.

– Ne change jamais.

Elisa fronça les sourcils sans comprendre. Elle n'eut pas cependant pas le temps de lui demander des explications supplémentaires : poussée par la foule vers l'arène, elle se retrouva face à Helen au milieu de la pièce, et tout ce qui n'était pas lié à leur combat imminent lui sortit de l'esprit.

Elle resserra sa prise sur sa baguette. Le public trépignait, la tension presque électrique. Elisa plissa les yeux. Elle ne s'était pas juste préparée à battre Terence, avec Tom. Elle s'était aussi préparée à ce match-là. Aujourd'hui, elle détrônerait Helen Dawlish. Pas parce qu'elle l'avait promis, pas parce qu'elle avait horreur de perdre… Mais parce qu'elle était forte, et qu'il était temps que les gens réalisent à quel point.

– Prêtes ? lança Rhonda qui avait pris la place d'Helen en tant qu'arbitre. Alors… Allez-y !

Les deux filles attaquèrent en même temps, sortilèges et maléfice fusant en tous sens. C'était aussi rapide que le duel avec Terence, mais Elisa était forcée à rester davantage sur la défensive. Helen et elle favorisaient toutes les deux les sortilèges qui explosaient, et cela neutralisait l'avantage qu'Elisa aurait pu avoir avec Expulso. Elle savait que Confringo, le sort préféré d'Helen, était plus puissant.

En fait, globalement, la Serdaigle était plus puissante qu'elle. Helen bondissait comme un feu-follet et la mitraillait de sorts à toute allure en semblant à peine prendre le temps de respirer entre deux incantations. Elisa parait, frappait, attaquait, reculait : mais même si elle mettait parfois Helen en difficulté ou la forçait à bondir en tous sens pour éviter des Maléfices Cuisants, la Serdaigle avait vraiment une garde absolument impeccable. La prendre au dépourvu était impossible.

Elisa se sentit rager. Elle voulait gagner. Elle n'avait jamais autant voulu gagner de sa vie. Elle s'était satisfaite d'un rôle de co-présidente du CEM, de sourires et de remerciement de la part de tous ces gens qu'elle aidait… Mais là elle voulait plus ! Elle voulait de la reconnaissance. Elle voulait que le gens réalise qu'elle était quelqu'un ! Elle voulait de la gloire !

Un Expelliarmus d'Helen faillit arracher sa baguette à Elisa, qui ne réussit à la conserver qu'en s'y agrippant avec la Force. Le bois vibra sur toute sa longueur sous l'attrait des deux énergies contraires, et quand Elisa plongea pour éviter un Maléfice du Saucisson, elle réalisa qu'Helen était en train de prendre l'avantage. Si le duel se prolongeait, elle allait perdre.

Elle refusait de perdre.

Elle se redressa d'un bond, évitant de peu un Stupéfix : et puisqu'Helen semblait esquiver ou parer toutes ses attaques, elle visa le sol juste devant la Serdaigle et s'écria :

Flashbang !

Une balle de lumière de la taille d'un Vif d'or jaillit de sa baguette, décrivant une élégante courbe dans les airs. Tout le monde la suivit des yeux. Helen, alarmée, érigea un bouclier. Elisa sourit jusqu'aux oreilles d'un air féroce.

Juste avant que la balle ne touche le sol, elle ferma les yeux et se protégea le visage avec le bras.

La petite balle explosa au sol avec un BANG comme un pétard, mais surtout un flash de lumière blanche complètement aveuglant. Même avec les yeux fermés et le bras sur le visage, Elisa en perçu l'éclat. Autour d'elle, elle entendit les cris et les hurlements du public aveuglés.

Elle attendit deux secondes exactement, puis rouvrit les yeux, et lança un Expelliarmus à Helen. La Serdaigle avait laissé son bouclier s'effondrer, et sa baguette s'envola, atterrissant dans la main d'Elisa.

– Je gagne ! cria-t-elle par-dessus le brouhaha ambiant. Ne paniquez pas, c'était juste un flash de lumière ! Gardez les yeux fermés pendant quelques secondes et ça ira mieux !

La cécité temporaire ne durait jamais plus de cinq secondes. La lumière n'était pas assez puissante pour endommager la rétine. Petit à petit, les gens se calmèrent, réalisant que leur vue leur revenait. Helen, clignant des yeux d'un air étourdi comme un hibou, se redressa lentement. Son regard se posa sur sa baguette, qu'Elisa tenait à la main.

– Eh bien, dit-elle après un instant de silence incrédule. Je n'arrive pas à croire que c'est arrivé.

– C'était un sort légal ? interrogea Rhonda d'un air dubitatif en se frottant les yeux.

– Je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas le cas, admit Helen de mauvaise grâce. C'est un sortilège qui a pour but de désorienter l'adversaire, il n'y a pas de magie noire ou d'utilisation d'artefact… C'est un coup autorisé.

– Alors ça veut dire… ? murmura Trisha qui sautillait presque d'impatience.

Helen poussa un profond soupir, réticente. Elle n'était pas habituée à perdre, et pendant un instant Elisa carra les épaules, prête à défendre sa position si Helen contestait sa victoire. Puis, bonne joueuse, la Serdaigle s'inclina et déclara d'une voix forte :

– Oui, ça veut dire qu'Elisa est la nouvelle championne du Challenge, apparemment.

Il y eut un silence abasourdi, puis un tonnerre d'acclamation. Elisa se retrouva enveloppée dans l'étreinte ravie de Trisha, puis de Cédric, puis Raashid et Heidi la soulevèrent et elle se retrouva perchée sur les épaules de Fred et George qui la portèrent en triomphe, dominant la foule qui hurlait et applaudissait dans un boucan à réveiller les morts. Trisha se mit à scander « Magister ! Magister ! Magister ! », et le reste du public reprit son cri, le surnom d'Elisa résonnant dans la grande pièce comme le son d'un tambour.

Elisa éclata de rire. Elle avait l'impression de voler, emportée par une joie féroce : enfin on reconnaissait sa valeur ! Enfin les gens applaudissaient, acclamaient, et c'était pour elle ! Elle, qui faisait toujours des pieds et des mains pour améliorer les choses et changer le monde, mais qui n'était jamais sur la première place du podium : enfin, les gens voyaient réellement qu'elle était quelqu'un ! Il lui semblait que sa poitrine allait exploser de bonheur et de fierté, grisée par le succès. Elle aurait voulu que ce moment ne s'arrête jamais.

Elle était si fière, il lui semblait que plus rien n'était hors de sa portée.

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Ah, ça rend confiant la drogue. Euh, je veux dire LE SUCCÈS. Yep. Tout à fait. Elle est ivre de succès. Alors, vos avis ?

Et n'oubliez pas de voter ! Je vous rappelle que les candidats sont :

- Susan Bones

- Hannah Abbot

- Megan Jones

- Sally-Anne Perks

- Alicia Kerriden

- Justin Finch-Fetchey*

- Wayne Hopkins

- Ernie Macmillan

- Kevin Entwhistle

- Zacharias Smith