Auteur : Warai Kareha, le fantôme de la section Fanfiction DGM...
Titre : Éclats d'innocence
Disclaimer : DGM est une merveilleuse œuvre de Katsura Hoshino, ce n'est donc pas la mienne.
Pairing : Shonen-Ai Kanda/Allen.
Note : Coucou ! Ça fait un petit moment que ma vie sur ce site s'était arrêtée. Depuis janvier en fait… Mais me revoici avec un nouveau chapitre, qui je l'espère vous plaira. J'espère aussi que je n'ai pas perdu mais lecteur à cause de ce gros retard TT.
Bonne lecture et désolée pour l'attente !
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A peine fut-il commencé, que ce voyage s'avéra très mal parti… Entre un Abiageal se rongeant les ongles à sang pour Dieu sait quelle raison, un petit Yuu envoyant des ondes négatives à quiconque osait perturber son espace vital - autant dire qu'à quatre dans une diligence ledit espace était largement entamé et la mauvaise humeur du japonais pas prête à s'évaporer - et le sommeil apparemment imperturbable d'Allen, Lavi aurait presque tout donné pour qu'un charmant groupe d'Akuma vienne ruiner cette ambiance pourrie et offre à Kanda une chance de passer ses nerfs sur quelque chose. Comme ça Abi stresserait sûrement beaucoup moins et rendrait l'atmosphère moins pesante. Mais non, aucun ennemi ne vint à la rescousse du rouquin qui se promit de leurs en faire voir de toutes les couleurs lors des batailles à venir. Il aurait bien réveillé Allen pour lui faire la conversation mais il y avait fort à parier que les pulsions meurtrières d'un certain brun redoubleraient de puissances si le maudit rouvrait ses yeux.
Au final Kakera avait été très inspirée en demandant à Thomas de voyager à ses côtés, soit à l'extérieur de la voiture.
« Vivement qu'on arrive au port », pensa Lavi avec un soupir.
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De son côté Komui luttait vaillamment contre une pile interminable de documents, sous la menace du commandant Reever et Tapp. Il avait bien tenté une ou deux escapades mais toutes échouèrent lamentablement. Ne jamais espérer de pitié de la part de scientifiques en manque de sommeil - et accessoirement exploités - qui éprouvent ne serait-ce qu'un petit pourcent d'envie de meurtre à votre égard… Il crut néanmoins à une lueur d'espoir lorsque la porte de son bureau s'ouvrit. Lueur d'espoir qui s'envola bien rapidement. Adieu liberté !
Un groupe de traqueur entra sans s'annoncer, et à voir leurs visages, ils ne venaient pas ici juste pour le plaisir de dire bonjour. Quoique peut-être venaient-ils le libérer de l'effrayant joug d'un certain australien ? Oui, c'était sûrement cela. Alertés par la dictature sans fin de Reever, ils avaient décidé de renverser ce fou qui le faisait pleurer toute les larmes de son corps et cette rébellion imprévue sonnerait enfin l'abolition de toutes ses années d'esclavages !!
… On peut toujours rêver, non ?
- Que se passe-t-il, demanda le commandant.
- Nous venons voir le grand intendant.
Définitivement non. De toute évidence les hommes en blanc n'en avaient pas après son bourreau… Tant pis ! Parmi eux, Komui distingua Buzz, un homme de grande taille, chauffe et au visage orné de trois traits de peintures - un vertical sur le front et un horizontal sur chaque joue. Le géant se détacha des siens et s'approcha un peu, sans pour autant paraître menaçant. Certes il était mécontent, mais pas assez fou pour agresser son supérieur.
- Pourquoi avez vous envoyé Abiageal en Suisse ?
Les yeux de Komui se remplirent de surprise. Mais un autre traqueur intervint ne le laissant pas répondre à la question.
- Il n'est pas assez entraîné et ne sera qu'un fardeau pour les exorcistes.
- Sans compter qu'il est encore trop jeune !
Tapp repassa cette phrase dans son esprit. Pouvait-on vraiment dire cela à propos d'un garçon qui avait vu sa famille se faire massacrer devant lui ? De plus Allen et les autres étaient tout aussi jeune mais portaient sur leurs épaules de plus lourdes responsabilités. Cette guerre était cruelle pour tout le monde…
Pourtant il comprit la colère de ses camarades et savait pertinemment que le principal problème ne venait pas de son âge.
- L'envoyer à l'endroit où son frère a disparu, s'écria un autre, c'est vraiment -- !
- Qu'est-ce que vous dites !?
Le chinois se leva brusquement, planquant ses mains contre son bureau et faisant tomber sa chaise par la même occasion.
- Abi est parti avec Thomas ? Articula lentement Reever sous l'effet de la surprise.
- Mais je lui ai formellement interdit !
Le silence se fit dans la salle. Komui avait vraiment l'air choqué et les traqueurs échangèrent quelques regards.
Abiageal avait désobéi aux ordres.
Instinctivement, le frère de Lenalee saisit son téléphone mais s'arrêta tout aussi rapidement.
- Chef ?
- En ce moment, ils doivent déjà être en mer, murmura-t-il pour lui-même.
Il n'arrivait pas à croire que l'adolescent, sorti de son bureau au bord des larmes, était parti sans son accord. Il aurait dû être plus prudent et ne pas le laisser sans surveillance. Parce que si le garçon réagissait comme ça devant le refus de son supérieur, comment réagirait-il si quoique ce soit arrivait à son frère ?
- Nous ne pouvons pas arrêter Abiageal, déclara Komui.
- Bon sang…
Buzz serra les poings.
- Que fait-on alors ?
- Faites confiance aux exorcistes, répondit Reever.
- Et priez pour que tout ce passe bien, ajouta le chinois en tournant le dos.
Coupant court à leurs réflexions, quelqu'un frappa à la porte.
- Entrez.
Johnny s'exécuta, une petite pile de papier dans les bras. A cette vue Komui pâlit et pleura des larmes de crocodile en s'indignant, les mots torture et exploitation revenant sans cesse dans son discours. Un bon coup sur la tête de la part d'un certain scientifique dont on ne cite plus le prénom, ne fit qu'augmenter le nombre de ses jérémiades.
- Lenalee !! Tout le monde il est méchant avec moi !!
- Lenalee n'est pas là, alors bossez un peu !
- Au fait chef, coupa Johnny. Vous êtes convoqué par les grands maréchaux.
Les plaintes cessèrent tout de suite. Un air grave prit place sur le visage de Komui.
- Monsieur Komui, interrogea Buzz.
L'intendant se tut pendant un long moment et soupira avant de sourire sans conviction.
- On dirait que je vais me faire taper sur les doigts…
Il sortit ensuite de la pièce sous des paires d'yeux étonnées.
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Lorsque Allen se réveilla - et se rendit compte par la même occasion qu'il s'était assoupi - une sensation désagréable s'empara de son estomac. Comble du comble ce n'était pas dû à la faim. Ne trouvant aucune raison à cette angoisse, il se redressa et se concentra sur les occupants de la diligence. Apparemment Abiageal et Kakera avait échangé leurs places puisque la brune était assise à côté de son semblable et que le blond n'apparaissait nulle part dans son champ de vision. Sur sa droite, un être amorphe regardait par delà la vitre sans grand enthousiasme. Le maudit fut cette fois pris d'une vive lassitude : Rester silencieux n'était décidément pas recommandé pour la santé de Lavi… Mais plutôt que d'engager la conversation et de voir le silence se briser brutalement, Allen préféra se tourner vers le duo de japonais. La seule fille présente avait en mains le dossier confié par Komui - dossier que les trois autres exorcistes avaient lu une fois installé dans leur moyen de transport actuel. Le document comportait un bref résumé de la situation, le nom des deux personnes ayant subitement disparus et quelques légendes ou histoires liées à la ville et ses alentours. Au final aucunes de ses informations ne sortaient du lot, pas plus que le résumé ne les préparait à quoi que ce soit.
En attendant, Kakera avait une façon bien particulière de lire un carnet d'information. La fillette tenait l'ouvrage à l'envers et ses sourcils froncés indiquaient une concentration extrême qui la rendait, il fallait l'avouer, aussi bien mignonne qu'attendrissante.
- Tu le tiens à l'envers, idiote.
La phrase chassa enfin la quiétude, mais sans brutalité aucune, étant plus lasse qu'agacée. Ladite idiote releva ses yeux sur son voisin et le fixa, quand celui-ci, pris d'impatience, lui arracha le dossier des mains et le remit à l'endroit. Les grenats se re-concentrèrent dessus, mais au bout d'une poignée de secondes perdirent toutes motivations. Kanda regarda un moment le haut du crâne de la jeune fille - étant trop grand et trop près d'elle pour voir son visage - sans rien faire, puis fit une chose à laquelle Allen ne s'attendait absolument pas. Il reprit le document, sans violence ni douceur particulière, et marmonna un « Je suis exorciste pas interprète ». Ses iris parcoururent vite fait quelques lignes et s'immobilisèrent lorsque Lavi, sorti de sa torpeur depuis une petite minute, lui tendit un crayon. Il l'accepta sans broncher et commença à retranscrire chaque mot anglais en caractère japonais. « L'albinos » l'observa faire, voyant que Lavi ne profitait pas de son réveille pour bavasser. Kakera appuya le poids de son corps dans ses bras et se pencha un peu vers Yuu, sans pour autant devenir encombrante, pour lire ces symboles joliment dessinés par une main habile. Le brun, même s'il gardait sur son visage cet air renfrogné, ne dégageait aucune onde négative et continua d'écrire. Une scène relativement touchante qui témoignait d'une certaine complicité entre les deux japonais.
Allen resserra ses doigts sur son estomac.
La diligence s'arrêta de longues minutes plus tard. Le bateau ne levant pas l'ancre dans l'immédiat, Lavi choisit de se dégourdir les jambes le long des quais, tandis que Kakera déambulait joyeusement vers l'eau, sous l'œil agacé mais tout de même attentif de Yuu. De son côté, Abiageal tentait - sans succès - de discuter avec Thomas sans bégayer…
Le rouquin étira longuement ses bras au dessus de sa tête avant de reporter son attention sur Allen qui venait juste de le rejoindre. Le jeune garçon regardait fixement l'océan, une main posée sur son estomac. Un détail plutôt curieux, pensa Bookman junior.
- Tu as faim, Allen ?
- Hein ?
L'interpellé observa son interlocuteur pour comprendre l'origine de cette question - origine que Lavi désigna de son index.
- Pas spécialement, répondit le maudit en croisant les bras dans son dos.
- Tu te sens mal alors ?
- …non plus.
Cette fois le roux n'en crut pas un mot : son ami venait d'émettre une brève hésitation avant de répondre. C'était louche, d'autant plus qu'il détourna les yeux. Ceux-ci se déportèrent vers le duo de japonais où Kakera adressait un sourire rayonnant à son camarade qui l'ignora complètement. Réaction prévisible lorsque l'on connaissait le caractère distant de Kanda. Suivant le regard de l'albinos, l'héritier de Bookman sourit.
- Ils sont mignons tout les deux, non ?
Allen jeta un coup d'œil perplexe à son ami.
- Kakera je veux bien, mais qu'est-ce qu'on peut trouver de mignon à Kanda au juste ?
Ça aussi ce fut une réaction prévisible. Allen n'allait certainement pas ce mettre à envoyer des fleurs à cet idiot de Kanda. Lavi se dirigea vers un amas de caisse et s'assit sur l'une d'elle.
- C'est pas bien Allen ! Si tu ne fais pas d'effort pour lui être agréable, vous n'arriverez jamais à vous entendre !
A peine eut-il finit sa phrase qu'une impressionnante source de chaleur brûla non loin de lui. Allen le saisit par le col.
- Je ne fais aucun effort pour lui être agréable !? Répéta le maudit le regard animé par les flammes de l'Enfer.
- Je blague, je blague !
- Qui pourrait avoir envie d'être agréable avec lui ? En plus c'est à lui de faire des efforts !
Le plus petit desserra soudain sa prise, se rappelant de quelque chose. La veille, Kanda n'avait-il pas eu un semblant de sympathie à son égard ? Non, impossible. Il était juste fatigué et avait eu la flemme de quitter le réfectoire. Ça ne pouvait être que cela. Rien d'autre.
Allen baissa les yeux.
- Allen, s'enquit Lavi.
- Tu m'épuises avec tes idioties, déclara-t-il en partant vers les traqueurs.
- Ah ! C'est pas gentil, se plaignit Lavi.
- Je m'en fiche !
- Gamin, marmonna le roux lorsqu'il fut certain que ledit gamin ne pourrait plus l'entendre.
Il resta un moment sur place, observant tour à tour les deux groupes, lorsqu'une idée germa dans sa tête. A vrai dire il y pensait depuis pas mal de temps, mais là il tenait une excellente occasion de la mettre à exécution. Il se sourit à lui-même, dévoilant toute ses dents. La seconde partie du voyage s'annoncerait peut-être bien moins pénible que la première. Et pour cela il ne lui restait plus qu'à dégoter un allié, et il savait déjà à qui s'adresser.
Oh oui ! Les choses promettaient de devenir très intéressantes…
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L'embarcation prit le large une heure plus tard et les quatre exorcistes s'installèrent dans leur chambre commune. Spacieuse et joliment décorée, elle se composait de quatre lits, dont un séparé des autres par un paravent, d'une table ronde entourée de trois fauteuils, d'une penderie et d'un canapé. Le genre de pièce luxueuse constituant un splendide bateau de croisière, qu'ils n'auraient sans doute jamais pu habiter s'ils n'avaient pas été exorcistes.
Malgré l'heure tardive, Allen n'avait qu'une envie : remplir son estomac. Lavi opta aussi pour une petite visite dans les cuisines du navire et se tourna vers les japonais pour savoir qui voudrait les accompagner. Si Kanda eut sacrément envie de dédaigner l'invitation, il fut moins rapide que Kakera qui attrapa son poignet et le leva le plus haut possible pour montrer son accord. C'est donc tout naturellement qu'Allen entendit une certaine personne grincer des dents en sortant de la chambre…
Le repas se déroula sans événements particuliers et tous furent plus ou moins ravis de remplir leurs estomacs. Au passage Allen nota que sa nouvelle camarade manquait cruellement d'appétit. En effet la jeune fille ne mangea qu'un simple bol de soupe qu'elle dégusta très lentement. Tout le contraire de lui en somme.
- J'ai faim, déclara le maudit en laissant tomber son dos contre le dossier de sa chaise.
- Mais enfin Allen, tu viens tout juste de finir ton assiette, s'éberlua Lavi.
- Ce n'était pas suffisant, marmonna-t-il en posant une main sur son estomac.
- T'es vraiment pas normal si tu veux mon avis…
- Je ne t'ai pas demandé ton avis.
- Et susceptible avec ça.
Allen clos la discussion en tirant la langue à son aîné et reporta son attention sur autre chose. Ou plutôt quelqu'un d'autre, à savoir « son très cher et meilleur ami » : Kanda. Le japonais tirait clairement la gueule mais comme la veille, restait assis sans rien dire et sans prêter la moindre attention à qui que se soit. Rien de bien surprenant en fin de compte. Et ce n'est pas non plus comme si quelqu'un s'en souciait…
Mais allons ailleurs. Dans une des chambres du navire, un jeune homme désespérait de trouver le sommeil. Il tourna et se retourna dans son lit pendant plusieurs minutes, mais rien n'y fit. La culpabilité qu'il éprouvait depuis le départ de la congrégation ne s'estompait guère contrairement à ce qu'il avait imaginé.
« Ressaisis-toi Abi, tu as fais ce qu'il fallait. »
L'irlandais ramena ses genoux contre son torse et soupira fortement.
- Tu n'arrives pas à dormir, n'est-ce pas ?
Abiageal sursauta en entendant la voix de Thomas. A force de bouger il l'avait sûrement réveillé.
- P-pardon !
- Aucun mal, rassura le traqueur. Je suppose que je serais dans le même état si je désobéissais à mon supérieur.
- Que - !
Le visage du blond se décolora en une seconde alors que son cœur rata un battement. Alors comme ça son aîné avait compris ? En y réfléchissant cela n'avait rien d'étonnant. Depuis qu'il avait prétendu avoir l'accord de Komui, il s'était enfermé dans un mutisme total en se rongeant les ongles à sang. Ces deux éléments auraient pu ressembler à de l'inquiétude s'il ne s'était pas évertué à ne croiser aucun regard.
Abi se mordit dangereusement la lèvre inférieure attendant le sermon de Thomas.
- Enfin comme je l'ai dit, il s'agit d'une simple supposition. Bonne nuit.
Et il se recoucha. L'adolescent resta bouche bée pendant de longues minutes avant de faire de même et de se cacher sous ses couvertures. Une période d'accalmie sembla enfin s'ouvrir à lui.
Mais hélas pas pour tout le monde.
- Ah si tu savais comme ça nous fait plaisir de t'avoir à notre table Yuu !
- Nous ? Interrogea Allen en jetant un œil perplexe sur Lavi.
- Je croyais t'avoir dit de ne pas m'appeler comme ça, remarqua Kanda d'un air menaçant.
- Et bien, commença le roux.
- Lavi arrête donc de tourmenter ce pauvre Kanda, coupa Allen.
Surprise générale. Depuis quand l'albinos défendait ce cher Kanda ?
- Tu es sûr Allen, demanda Lavi une étrange lueur dans le regard.
- Bien sûr, insista le maudit. Si tu continues de le tourmenter, sa seigneurie va encore s'énerver et nous rendre le voyage invivable.
Le tout sur une jolie voix des plus sarcastiques. En face de lui, Kanda sentit une veine pulser sur son front.
- Mais là c'est toi qui vas l'énerver, marmonna l'héritier de Bookman.
- Tu cherches la guerre moyashi ?
- Peut-être bien !
Et ce qui devait arriver arriva, les deux « meilleurs amis » de la congrégation se levèrent et plaquèrent leurs mains sur la table faisant trembler les couverts, et se fusillèrent du regard, la salle se remplissant de fortes mauvaises ondes. Quiconque se serait interposé serait sûrement mort sur le coup…
Non loin d'eux pourtant, la petite Kakera les observa, à la fois surprise, perplexe et concentrer. Un regard que Lavi ne manqua pas d'intercepter avant de se frotter les mains et de contenir difficilement un sourire triomphant.
- Dites donc, intervint-il après une longue série de secondes.
- Quoi !?
Décidément les rares fois où ses deux là étaient sur la même longueur d'onde s'étaient seulement pendant leurs engueulades. Dommage.
- Je me demandais juste si on ne vous dérangeait pas trop, continua Lavi le sourire aux lèvres.
- Ça pour déranger, t'es expert en la matière !
- Vous êtes… si mignons quand vous êtes d'accord ! Dommage que ce soit juste pour m'envoyer des piques…
Hélas pour le rouquin, sa deuxième phrase ne fut pas entendue. Allen eut un vif mouvement de recul à l'entente du terme « mignon » et Kanda fit un prodigieux effort pour ne pas décapiter le borgne.
- N'importe quoi, hurla Allen scandalisé.
- Vous me faites chier, je me barre, déclara Kanda en tournant les talons.
- Sois poli devant Kakera, Yuu !
Kakera regarda son aîné partir tandis que Lavi leva un œil étonné sur Allen resté debout à côté de lui.
- Tiens, tu ne t'en va pas en claquant la porte ?
- Nan, ça m'obligerait à le suivre.
- Mais il y une autre porte par là, affirma le roux en désignant ladite porte.
L'orphelin rougit alors de gène.
- Je le savais crétin, déclara-t-il en se précipitant par delà l'ouverture.
- Allen ! Tu ne vas devenir malpoli toi aussi !?
Blam ! Ô doux bruit d'une porte qui claque.
Lavi ricana et lâcha un petit soupir. Ses camarades allaient certainement errer sur le bateau en prenant soin de s'éviter et ne retourneraient probablement pas tout de suite dans leur chambre commune pour la même raison.
Ce qui laissait pas mal de temps au roux pour échafauder son plan et mettre son alliée future dans la confidence.
- Dis-moi ma petite Kakera, chantonna-t-il en se penchant sur la table et en croisant les mains.
La fillette l'imita en gardant son air soupçonneux, plongeant ses yeux dans l'émeraude unique de son interlocuteur comme pour deviner ses pensées.
- Tu as remarqué toi aussi, non ?
La fille aux yeux rouges ne répondit pas tout de suite entretenant le suspense puis afficha un sourire sournois.
- J'en étais sûr. Il n'y a que des idiots pour ne pas comprendre, et nous ne sommes pas idiots.
Retour du regard sceptique et petit mouvement de recul de la part de Kakera, surprenant le roux qui mit quelques secondes à comprendre le message délivré par les grenats.
- Eh ! S'indigna-t-il. Je t'assure que je ne suis pas un idiot.
Kakera ria silencieusement mais de bon cœur devant la mine boudeuse de son compagnon.
- Blague à part, il faut que --
Avant même qu'il ne puisse finir sa phrase la japonaise leva la main devant elle. Pas besoin d'explication supplémentaire pour qu'elle saisisse la pensée du rouquin.
- Génial, je savais que tu marcherais, s'exclama Lavi en frappant dans la main de son acolyte fraîchement embauché.
Mais laissons là le club des conspirateurs et intéressons nous aux deux autres exorcistes. L'un se dirigeait vers l'avant du bateau ruminant mille et une morts à l'égard de l'autre, tandis que ce dernier trouva refuge à l'arrière du bâtiment. Appuyé sur la rambarde de sécurité, la tête posait sur ses bras, l'adolescent s'interrogeait une énième fois sur ses curieux maux d'estomacs qui le reprenaient depuis qu'il avait quitté les autres. N'y trouvant définitivement aucune raison logique, il les attribua à la mission. Tout un groupe de traqueur disparut sans aucune raison ne présageait rien de bon. Allen pensa aussi à Abi qui devait mourir d'inquiétude pour son grand frère. Alors inutile de chercher plus loin, se dit le maudit. Son mal de ventre était simplement du à l'appréhension. Rien de plus et rien de moins. C'était aussi simple que ça.
Mais malgré tout cette conclusion ne le convainc pas…
Plus tard lorsqu'il regagna la chambre, il fut bien content de ne trouver personne. Kanda avait sûrement dépassé son quota de tolérance humaine pour la journée, quant à Lavi et Kakera, allez savoir. Le jeune garçon profita du calme ambiant pour se changer et se glissa sous ses couvertures. Fort heureusement, Morphée l'accueillit rapidement au pays des rêves et il n'eut plus à ce soucier de quoi que ce soit.
Quelques minutes plus tard ce fut au tour de Kanda d'entrer dans la pièce emplit de pénombre. Seule la faible lumière d'une bougie persistait sur un chandelier fixé à la table ronde. Les prunelles sombrent s'habituèrent rapidement aux ténèbres, permettant à leur propriétaire de ne pas évoluer à l'aveuglette parmi les meubles et de s'installer dans l'un des fauteuils sans rencontrer le moindre problème. Au passage le japonais remarqua qu'un de ses très chers collègues était déjà couché, et d'après sa couleur de cheveux, inutile de se demander lequel. Plutôt que de jouer aux devinettes pour savoir si oui ou non le gamin dormait vraiment, Kanda se concentra sur un dossier abandonné sur la table. Le fameux document fourni par le grand intendant. Un vrai gaspillage pensa-t-il. Tout comme le fait d'envoyer six personnes pour une mission de sauvetage dont l'issu était facilement prévisible. Komui avait encore vu les choses en grand pour l'occasion.
« Quelle perte de temps… »
Son regard s'assombrit profondément et cet agacement incontrôlable ressurgit.
- Vous êtes déjà là ?
La phrase de Lavi survint brisant la tension bourdonnante autour de Kanda. Légèrement surpris de s'être ainsi fait surprendre, il dissimula toutefois son trouble et tourna furtivement la tête vers Moyashi. Ce dernier fronça les sourcils mais ne se réveilla pas. Si la nouvelle rassura Kanda, elle ne fit pas plaisir à Lavi qui s'approcha sournoisement du lit d'Allen. Et au moment où sa main allait atteindre l'épaule du cadet :
- Je te déconseille fortement de déranger ma tranquillité en réveillant ce minus.
Devant le regard froid et intransigeant du brun, Lavi préféra obéir.
- Message reçut.
- Tant mieux. Où est Kakera ?
- Devant la porte.
- Et qu'est-ce qu'elle fout devant la porte ?
- Ça mon vieux, j'en sais strictement rien.
Kanda soupira. Derrière lui Lavi hésita. Nul besoin d'être doué pour comprendre que quelque chose tracassait son ami. Et ce quelque chose actuel le borgne en connaissait la cause. C'est pourquoi il oublia un instant ses petites magouilles et fixa Kanda dans son dos. Se sentant rapidement observé, le japonais lui fit face.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est que, commença Lavi à l'aide d'un sourire amical, je tenterais bien un geste de sympathie à ton égard mais ce n'est évident avec ton caractère.
- Dans ce cas abstiens-toi et va voir ailleurs si j'y suis.
- A ta guise, mais ne crois pas que je te laisserais tranquille pour autant.
- Quelle bande d'emmerdeur, lança Kanda sarcastique.
Pour toute réponse Lavi esquissa un sourire. Puis son camarade se leva et s'arrêta à côté de lui.
- Pas un mot au gamin, dit-il en jetant un coup d'œil sur Allen.
Ledit gamin, sans doute perturbé par les voix autours de lui, avait fini par se cacher totalement sous ses draps.
- Pour le moment, rétorqua Lavi en soutenant le regard impassible de Yuu.
Ce dernier fit de même et prit finalement la direction de la porte.
- Où tu vas, s'enquit le rouquin.
- Jouer les baby-sitter, répondit l'autre sans se retourner.
- Comme c'est mignon.
Et comme on ne peut pas indéfiniment éviter la mauvaise humeur de Kanda, le japonais lançant un regard noir à vous glacer le sang, en direction de l'héritier de Bookman. L'instinct de survie était particulièrement développé chez ce personnage, il préféra ne pas plonger dans l'abysse infernal des enfers.
- Je crois que je vais aller dormir, proclama-t-il nerveux.
Sans répondre le bretteur partit, non sans satisfaction.
La traversée de l'océan se déroula dans le calme, la mer et les akumas étant d'humeur clémente. En outre, à part la présence énervante de Lavi pour Allen, et celle agaçante du duo Kakera/Lavi pour Kanda, il n'y eu aucune tentative de meurtre entre exorciste. Enfin presque pas…
Une fois où Yuu s'était isolé sur le pont, gardant le maximum d'écart entre lui et les autres passagers du bateau, Kakera arriva par derrière et prit une énorme inspiration avant de s'écrier :
- Kanda ga mii-- !!
- 'Rusei Isuzu !!
Réfrénée au beau milieu de sa phrase par la voix tonitruante d'un Kanda clairement énervé après avoir manqué de près l'arrêt cardiaque, Kakera garda le silence un instant avant de déclarer d'une voix faible et faussement bouleversée :
- Yuu-chan hidoi…
- Comment tu m'as appelé !?
- Ça alors, je crois que Kanda devient fou, commenta Allen en rejoignant Kakera.
- Chut Allen, tu vas encore l'énerver, rétorqua le rouquin, narquois.
- Je vais tous vous tuer…
Plus loin les traqueurs observaient la scène - avec les rares curieux restés sur le pont pour voir la suite des événements - l'un prit de lassitude, l'autre n'en croyant pas ses yeux - ni ses oreilles ailleurs. Thomas soupira bruyamment, alors qu'Abi fut pris d'un doute atroce : l'avenir du monde était-il réellement entre les mains de ces gens …?
Au final cette petite altercation ne dégénéra pas davantage et le reste de la journée se faufila à une vitesse incroyable.
La nuit était maintenant tombée depuis plusieurs heures, quand, en se baladant sur le pont, Allen assista à un spectacle merveilleux.
Le son d'un archet jouant sur des cordes parvint à son oreille. Un son terriblement beau et mélancolique. En s'approchant, il découvrit Kakera à l'extrême avant du bateau, en équilibre sur la barrière de sécurité.
La mélodie continua. Douloureuse. Arrachant d'étrange sensation au tréfonds de son âme. Chaque note ressemblait à une supplique, et le maudit finit par ressentir quelques picotements au niveau de ses yeux.
En levant la main pour les frotter, il s'aperçut qu'il n'était plus seul à observer Kakera…
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Le lendemain le bateau amarra et le petit groupe se mit en route vers la gare s'en rencontrer la moindre encombre. Une fois installé dans le train, Kanda n'échappa guère à la surveillance de Kakera qui l'obligea à s'asseoir avec eux, au lieu de s'installer tranquillement à l'autre bout du wagon. Ce fut donc, non sans plainte et autre mécontentement que Yuu prit place à la droite de Kakera et en face de Lavi. Par chance il put éviter le face à face avec Moyashi puisque ce dernier était assis côté fenêtre - côté que le japonais avait « gentiment » laissé à Kakera, la fillette surexcité à l'idée de voir de jolie paysage défiler.
Le temps suivit son cours et la pression augmenta d'un cran à mesure que leur destination se rapprochait inéluctablement et même Lavi ne fut pas aussi bavard et lourd que d'habitude. Il n'y eu même aucun dérapage notable entre Kanda et Allen. Visiblement ni l'un ni l'autre n'était d'humeur à s'énerver, et même lorsque que Kakera se montra un peu trop collante au goût du brun, celui-ci réagit à peine.
- Fiche moi la paix Isuzu, maugréa-t-il sans conviction.
Walker profita de l'instant pour se soulager d'une question récurrente.
- Pourquoi tu l'appelles Isuzu ? C'est son nom ?
Après tout les japonais avait l'habitude de s'appeler par leur nom plutôt que leur prénom, un bel exemple avec ce cher Kanda, alors il s'agissait peut-être de la même chose.
Alors que la question fut posée, Kanda fut surpris par quelque chose mais n'identifia pas la cause d'une telle sensation. Junior, lui, contint difficilement un sourire.
- Négatif, répondit Lavi.
- Alors pourquoi ?
Yuu porta son attention sur Kakera qui se détacha enfin de la vitre.
- A cause ça, dit-il.
Il donna alors un petit coup dans l'étrange boucle d'oreille de Kakera. Un tintement léger retentit. Et ce qui se passa ensuite arriva en une fraction de seconde. A l'instant même où le son filtra, la fillette immobilisa le grelot entre son pouce et son index d'un geste vif et précis, chassant l'aura infantile, alourdissant l'air. Allen ne vit plus aucune trace de sourire sur les lèvres de la japonaise et ses grenats se dissimulèrent sous sa frange. Plus rien n'émana de Kakera jusqu'à ce que la main de Yuu se pose sur son crâne et le force à piquer du nez vers l'avant. Aussitôt la fillette redressa la tête en plaquant ses doigts sur cette dernière, réitérant ce même regard qu'elle avait adressé à Yuu dans le bureau de Komui après qu'il lui ai donné une tape sur le crâne.
- C'est aussi pénible qu'elle à la longue, ajouta Kanda comme si de rien n'était.
En guise de réplique, la seule fille présente lui tira la langue et reporta son attention sur l'extérieur. En faisant cela elle intercepta le regard perdu d'Allen et lui adressa son sourire le plus radieux. Il fallut un bref moment de silence pour que le maudit réponde à son sourire.
L'action avait été si rapide qu'il préféra croire qu'il venait de rêver. Pour l'instant…
- Donc si je suis ta logique, Isuzu veut dire clochette ?
- Bravo Moyashi, rétorqua Yuu. Tu as trouvé ça tout seul ?
Vous connaissez sans doute l'expression « chassez le naturel, il revient au galop », c'est donc sans surprise que Kakera se retourna pour voir deux personnes, que l'on ne vous cite plus, se toiser avant de détourner la tête. Lavi lança un grand sourire à Kakera en ajoutant :
- Incorrigibles, n'est-ce pas ?
Derrière eux, Thomas lâcha un énième soupir. Abi quant à lui, bien que calmé par les mots prononcés par son aîné sur le bateau, retrouva peu à peu son état d'anxiété. Genève approchait à grand pas.
Le train fila sur ses rails et ne stoppa sa course qu'au crépuscule. En descendant du wagon, aucun exorciste n'était d'humeur à la plaisanterie. A partir de maintenant ils entraient dans l'inconnu d'une ville, où bien des mystères se déroulaient…
- Des akumas !
- Quoi ?
Son pied touchait à peine le sol que son œil gauche s'activa. Des dizaines d'akumas rodaient aux alentours, et pas besoin de posséder l'œil d'Allen pour s'en rendre compte. Des gens hurlaient dans la gare. Certains de peur et d'autres de douleur.
- Seigneur, murmura Abiageal.
Ici et là étaient dispersés des vêtements sans doute encore chaud. Quelques personnes couraient à la recherche d'un abri alors que les passagers du train n'osaient plus sortir. Allen balaya l'immensité de la salle du regard mais n'y décela aucune présence d'akumas, jusqu'à ce que son regard se focalise sur la porte. Il ne lui en fallut pas plus pour se précipiter à l'extérieur. Jetant à terre le gant qui recouvrait son innocence, le combattant de Dieu ouvrit les battants avec l'aide de Lavi et se redressa prêt à faire face.
Ses yeux s'écarquillèrent.
Cris, sang, flammes, débris… Chaos. Devant ses yeux horrifiés, une partie de la ville brûlait. Partait en fumée. Au sol gisaient toute sortes de décombres. Là bas un homme hurlait, implorant de l'aide alors que sa jambe était coincée sous un amas de briques et de planches. Plus loin un enfant pleurait ne comprenant rien à la situation et ne cherchant pas à se mettre à l'abri. Juste à côté une ou plusieurs paire de chaussures se résignaient dans le feu. Et dans le ciel, telles des étoiles de destructions, des dizaines de créatures difformes, armes, monstres, créés par un être millénaire, accomplissaient leur danse macabre au mépris de la vie.
Peu à peu devant ce cortège de flamme, le regard de Kakera se vida.
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Le violon. Mais pourquoi diable Kakera joue-t-elle du violon ? Tout simplement parce que le violon était l'arme anti-akuma de Kakera lorsque j'ai créé ce personnage. Mais en fin de compte j'ai manqué d'idée sur ses diverses techniques de combat et je l'ai remplacé par l'arme que vous découvrirez au prochain chapitre. Tchu !
P.S. Depuis quelque mois je dois faire face à des problèmes imprévus. L'histoire de DGM se développe et m'oblige à modifier quelques détails de ma fic pour ne pas entrer en contradiction avec Katsura Hoshino. Zut alors ! Si je n'avais pas traîné encore et encore je n'aurais pas eu à m'adapter ! Enfin tant pis. D'ailleurs à ce propos, sachez que je suis le manga au rythme de sa parution française. C'est assez dur de résister à l'appel des scans, mais pour l'instant je tiens bon. Alors si certains éléments d' « Éclats d'innocence » sont semblables ou en totales contradiction avec l'histoire d'origine, j'en suis vraiment navrée TT.
