Gillian sentait chaque battement de cœur de Cal, son oreille quasi collé à son torse. Elle ferma les yeux, et à présent plus rien ne comptait plus que ce rythme régulier. Enfin relaxée, Gillian prit la main de Cal. Elle afficha un petit sourire lorsqu'à son contact, les battements se sont accélérés durant quelques secondes. Gillian voulait dormir, mais n'y parvenant pas, elle préféra jouer avec les doigts de Cal. Quand à lui, il avait le regard dans le vide et réfléchissait.

Il ne savait pas précisément à quoi et laisser filer. Il savourait étrangement l'instant présent, où personne ne venait les embêter et où ils pouvaient être seuls tout les deux sans les brutes qui les surveillaient dehors. Ils pouvaient même tenter d'oublier le lieu où il se trouvait et imaginer que ce n'est qu'un vilain cauchemar… ou un doux rêve dans les bras l'un de l'autre, à voir. Mais ce dont Cal tentait de ne pas penser, c'est ce que ces ravisseurs pourraient faire à Gillian. Il savaient. Lui connaissait mieux que quiconque ce que des gens de ce genre étaient capable de faire, et il en était terriblement angoissé. Ces ordures en capturant Gillian savaient qu'il touchait là, son point faible. Il en était persuadé. Gillian en dehors de tout cela, il était motivé pour ne pas la laisser, la savait en sécurité et s'autoriser tout et n'importe quoi. Mais Gillian ici, avec lui, dans la même galère, c'était autre chose. Il voulait coopérer, quel que soit ce qu'ils demandent tant qu'ils la laisseraient tranquille. Il n'avait pas envie d'être tabassé donc ne tentait pas le diable pour ne pas la blesser. Lui après tout, se foutait d'avoir un bras en moins, mais Gillian s'en inquiéterait beaucoup trop. Il faisait tout pour qu'elle soit sereine, même si franchement, la situation ne le permettait pas.

Un journée de plus se déroula dans la même cellule. Ils le mesuraient à la montre de Cal et à la cadence des repas qu'on leur servait, si on pouvait appeler ça des repas. Du pain, de l'eau ou de la soupe. Pour s'occuper, Cal et Gillian faisaient du mieux qu'ils pouvaient. Ils parlaient, blaguaient même ou parfois restaient dans le silence, blottis toujours de la même manière.

Cal savait que Locker et Torres travaillaient déjà à leur disparition. Après tout, ils y étaient préparés. Si Cal était introuvable un beau jour, ou Gillian ou encore pire : les deux, tout le monde savait qu'il y avait un problème. Avec en plus Reynolds, Cal et Gillian ne faisaient plus qu'espérer. Cependant, Cal avait entendu une conversation avec l'autre gros dur à travers la porte. Son patron avait été là apparemment, mais était parti. Voilà pourquoi on ne venait pas les embêter, ils n'avaient pas que ça à faire… mais le ton sur lequel l'homme disait vouloir se « défouler » donna un frisson à Lightman. Il n'eut pas tord, puisqu'à peine eut-il cette pensée que ce même homme entra dans la pièce brutalement. Il désigna Gillian en disant, d'un ton ferme, presque inquiétant :

« Toi, tu viens avec moi.

_ Non. Répondit Cal en intimant à Gillian par un geste de rester assise.

_ Comment ça non ? lui demanda-t-il en s'approchant dangereusement de Cal maintenant debout.

_ Elle n'ira nulle part.

_ Tu n'est pas en position de négocier à ce que je sache ! Lui répondit-il en lui donna un coup de pieds dans le ventre. »

Mais le visage apeuré de Gillian lui redonna du courage pour se relever et se mettre entre l'homme et Gillian. L'homme regarda longuement et d'un air menaçant Lightman. Gillian se leva et posa une main sur l'épaule de Lightman :

« Cal…

_ J'ai dit non. Si vous voulez emmener Gillian je ne sais où, il faudra me tuer d'abord.

_... d'accord… D'accord. Si tu le prend comme ça. »

L'homme frappa de nouveau Cal. Il se mit alors sur les genoux, presque plié de douleur. L'homme le traina alors jusqu'à la chaise posée dans un coin et l'attacha fermement.

« Si tu le prend comme ça, tu va rester ici. Dit l'homme en s'accoudant au mûr prés de la porte.

Toi, enlève ta chemise.

_ Quoi ?

_ J'ai dit ENLEVE TA CHEMISE ! Je m'ennuis comme un rat mort, il faut bien une distraction ! se justifiât-il en affichant un sourire carnassier.

_ Pas question.

_ Ralala faut tout leur montrer à ces prisonniers. »

Après avoir dit cela, l'homme dégaina un flingue de sa veste et menaça Lightman.

« Si tu t'enlève pas ta chemise tout de suite, je le butte.

_ NON ! Non ne faites pas ça je vous en pris ! »

Les yeux de Gillian s'embrumèrent de larmes. Son regard s'adressa à Lightman qui lui disait du regard de ne rien faire, de ne pas obtempérer. Un larme coula sur son visage et Cal cru qu'il allait en mourir.

« Excuse-moi Cal… dit Gillian non sans étouffer un sanglot.

_ Et lentement ! Je veux savourer. Répondit l'homme en affichant un grand sourire.

_ Ne le tuez pas… supplia presque Gillian en enlevant un bouton de sa chemise »

Ses mains tremblaient. Quand à Cal, il refusait d'admettre ce qui allait se dérouler sous ses yeux. Et lui qui ne pouvait pas bouger. Il débattit ses mains de toutes ses forces et finit par réussir à défaire peu à peu le nœud. Gillian quant à elle en était au troisième bouton, et elle était à présent bouleversé, ce qu'appréciait apparemment l'homme en face d'elle dont le sourire avait redoublé. Son cœur battait si fort, et sa peur de la veille ne représentait que 5% de l'actuelle. Cal avait quasiment réussi à se libérer et s'apprêtait à bondir lorsque quelqu'un tapa à la porte d'un bruit bref mais fort.

« GREG ! Qu'est ce que tu fout on t'attend !

_ Ouais j'arrive ! Et vous deux, vous ne payez rien pour attendre… »

L'homme, ou plutôt « Greg » quitta la pièce. Cal réussi à se défaire de son emprise et accouru vers Gillian qui lui tomba dans les bras. Cal la serra fort comme si elle allait lui échapper des mains en la berçant.

« Ne t'inquiète pas, c'est fini.

_ Oui mais jusqu'à quand Cal ? A chaque fois, je me dis que ce moment est le pire de ma vie, et un autre encore pire arrive…

_ Je suis là ok ? Je serais intervenu, ne t'inquiète pas ! Tant que tu est avec moi, tout va bien ok ? On va s'en sortir, je te le promet , on va s'en sortir. »

Leurs deux cœurs battent à présent à tout rompre. Cal ferma les yeux fermement pour ne pas pleurer ainsi que Gillian qui elle, resserra plus encore son étreinte…