Merci à ceux et celles qui suivent cette histoire, pour les nouveaux j'espère que cette suite vous plaira, bonne lecture :)
L'univers de Glee ainsi que ses personnages ne m'appartient pas.
- Chapitre 3 :
Le cours de Sylvester venait enfin de se terminer. Un supplice en moins sur le compteur de Quinn. La liste de binôme venait tout juste d'être affiché et elle avait l'immense chance d'être avec Berry. Sam lui avait envoyé un message pendant le cours, lui disant qu'il venait la chercher pour lui annoncer une grande, très grande nouvelle. Elle se doutait bien qu'il s'agissait d'un tout nouveau projet dans le milieu de la musique, bien sûr, elle ne pouvait que l'encourager, sa détermination pouvait parfois l'effrayer. Et son talent pour ce domaine était indéniable.
Descendant les marches de l'entrée de l'immense bâtiment, elle se dirigea directement vers un petit muret qui trônait non loin d'une fontaine. Son paquet de clopes en main, elle fit claquer son briquet tout en marchant avant d'allumer sa première cigarette de la journée – le joint du matin ne comptant pas réellement. Ses yeux piquaient encore légèrement mais la redescente avait été brutale pendant le cours : elle s'était endormie.
Le problème avec le tabac, c'était qu'il amenait encore plus rapidement la migraine.
Le début de ce mauvais maux de tête lui annonçait déjà la nuit blanche assurée.
Fait chier…
Le pire, c'était qu'elle n'avait plus d'ibuprofène chez elle. Sam en aurait peut-être, elle lui demanderait.
Mon Dieu, j'espère qu'il en a…
Le calme ainsi que la nicotine calmèrent pendant un instant ses nerfs, jusqu'à ce qu'une petite voix qu'elle connaissait trop bien ne vienne interrompre cet instant de sérénité.
« Rachel ! Tu ne comptes tout de même pas…
- Kurt laisse-moi donc, je ne suis plus une enfant ! »
Elle n'était plus qu'à quelques mètres de la rebelle. Elle venait vers elle, le pas rapide, le menton relevé et une fierté ainsi qu'un courage dans le regard qui fit presque rire Quinn qui recracha la dernière bouffée de cigarette. Le bras de Kurt tentait encore une fois de retenir la petite furie quand celle-ci se stoppa devant Quinn, la bouche entre-ouverte.
L'ancienne blonde la fixa sans un mots, laissant la fumée blanche s'envoler, brouillant sa vue par intermittences. Un seul mot lui venait à l'esprit : merde…
La rebelle replaça correctement ses lunettes, attrapa son sac qu'elle installa sur son dos et jeta son mégot au pieds de la brune qui la fixa, incrédule. La bouche toujours entre-ouverte, elle faisait penser à un poisson hors de l'eau qui cherchait son oxygène mais elle, elle cherchait des mots sans grands succès.
Quinn resta là à la fixer, les secondes passèrent sans aucunes prises de paroles. La rebelle attendait quelque chose, mais quoi ? La brunette agissait toujours de la même manière, impulsive sur le moment puis lâche en face. Mais comment lui en vouloir quand ses joues commençaient à prendre une teinte rosâtre et que ses yeux fuyaient ceux de Quinn cachés derrière des verres bleus.
Je l'impressionnes donc tant que ça ?
Hummel fixa quelques secondes de plus la rebelle avant de réagir et frapper les côtes de son amie qui, à ce contact, sembla enfin reprendre constance. Ses joues toujours aussi rouges, elle se tritura les doigts avant d'oser prendre la parole, dans un débit des plus rapides.
« Euh, je- enfin, j'aimerais savoir si tu- c'est bête, mais je suis sûre que- enfin, c'est un peu impolie de ma part, mais j'aimerais savoir si tu- »
Quinn la trouva mignonne sur le moment, puis ses pensées s'envolèrent quand le moteur de la moto de Sam résonna dans son dos.
Il tombe toujours au bon moment.
Quinn marcha le long d'un petit sentier fait de faux-gravier avant de rejoindre le parking, suivit de près par Rachel qui semblait réellement déterminée à lui parler. La rebelle trouva la brune impressionnante dans sa détermination, un caractère proche de son meilleur-ami.
Un point positif pour Berry.
Sam était garé entre deux voitures. Il retira son casque en apercevant sa voisine préférée. Cependant, il fut presque choquée de la voir débarquer avec deux personnes, elle qui n'était pas très… sociable.
Le blond l'observa sournoisement, se délectant de l'énervement qui commençait à étirer ses traits. D'un geste presque mécanique, elle sortit son paquet de cigarette, et quelques secondes plus-tard, elle recrachait déjà la fumée. La brunette qui avait du mal à la suivre toussota, tandis que la rebelle affichait un sourire en coin.
Qu'elle ne vienne pas se plaindre après ça qu'elle n'arrive plus à monter les escaliers… Pensa le musicien en souriant.
Il la trouva belle d'un coup.
Il l'avait, en vérité, toujours trouvée belle, mais aujourd'hui un peu plus que les autres jours, elle avait quelque chose de différent, cependant, il ne savait pas quoi exactement.
En tout cas, ce n'était pas la cigarette. Mon Dieu, pourquoi s'obstinait-elle à abîmer sa voix avec cette merde ? Un bougre baraguina dans un coin de son cerveau que, lui aussi, il fumait. Et presque autant que la jeune femme.
Quinn n'avait pas réellement fait attention au visage du jeune homme en partant le matin-même, mais celui-ci semblait avoir adopté une petite barbe de trois jours qui lui allait plutôt bien. La rebelle pensa brièvement que peut-être ils auraient pu sortir ensemble un jour… Quel beau couple il aurait formé !
Elle se retenu de rire face à cette idée.
« Désolé pour le retard, il y avait pas mal de circulation »
Le blond lui adressa un petit sourire désolé avant de tourner son regard vers les deux inconnus toujours collés à Quinn.
Eh bien, on dirait qu'elle s'est enfin fait des potes !
Rachel le fixa, le menton relevé fièrement mais les joues toujours aussi empourprées. Hummel, lui, il baissait le regard comme impressionné par le blond ce qui arrivait rarement, à part quand il avait le béguin pour la personne. La brunette garda cette idée dans un coin de son crâne, elle lui sortirait une blague à ce sujet si un jour il lui venait l'idée de l'enquiquiner.
« C'est pas grave. T'as de l'ibuprofène avec toi ? Le blond sembla surprit par cette demande mais comprit bien vite.
- Non pas sur moi, mais il doit me rester des plaquettes à l'appart'. »
Elle le remercia intérieurement.
« J'ai oublié ton casque au boulot, j'suis désolé… ça ne te dérange pas ? Quinn rigola quelques secondes avant de grimper derrière son voisin de palier.
- J'aime le danger Evans !
- Excuse-moi Quinn, mais je penses que tu ne devrais pas monter sur cet engin sans casques et sans vestes. » Déclara alors Rachel, rappelant aux deux jeunes qu'elle était toujours présente.
La concernée ne prit même pas la peine de répondre mais leva tout de même les yeux au ciel. Elle passa son bras autour du torse de Sam qui mit son casque. Il aurait pu le donner à Quinn, mais il savait pertinemment que celle-ci aurait refusé son offre, préférant même rentrer à pied.
Sam fit gronder le moteur – provoquant un léger sursaut chez Hummel – quand la brune attrapa le bras de Quinn qui, à ce contact, lâcha le torse de son ami pour fixer la brunette qui se sentit soudain encore plus petite qu'à l'habituelle.
« Et, avant que tu ne partes, Quinn, j'aimerai savoir si je pouvais avoir ton numéro ? »
Aucun bégaiemment, la teinte de ses joues reste normal… Incroyable, Berry reprendrait-elle confiance en elle ?
« Enfin, ton numéro pour pouvoir communiquer afin d'organiser notre temps de travail pour construire le scénario, ainsi que pour, hypothétiquement bien évidemment, nous puissions tisser des liens et-
- C'est bon Berry, je crois que j'ai compris. » Coupa la rebelle.
Bon, c'était déjà un bon début.
Sortant son portable de sa poche de veste, Quinn le lança à la brunette qui faillit le laisser s'éclater sur le goudron du parking. Elle rougit une nouvelle fois avant d'enregistrer le numéro de la jeune femme sur son portable. Kurt, de son côté, ne lui prêta aucunes attentions et préféra largement se concentrer sur Sam qui réglait la sangle de son casque.
Une fois le numéro de la rebelle enregistré, Berry s'avança d'un pas vers elle – par peur de lancer le portable – et le lui tendit tout en gardant son regard fixé dans le reflet que lui renvoyait les lunettes.
Elle est mignonne quand elle me tient tête. Quoi que… C'est énervant.
« Bien, maintenant nous pouvons y aller Evans. Dit Quinn avant de placer ses bras autour de Sam.
- Bien, à vos ordres mademoiselle ! Allez, en selle Cow-Boy ! » La rebelle leva les yeux au ciel mais n'eut pas le temps de répliquer que le jeune homme démarrait en trombe et bondissait dans le parking pour rejoindre la sortie.
L'odeur vanillée de l'ancienne blonde termina de chatouiller le nez de la brunette, qui, dans un sourire narquois, lança un regard vers son meilleur-ami : Alors comme ça, je ne suis pas capable de la fixer dans les yeux ? Celui-ci préféra hausser les épaules innocemment avant de l'attraper par le bras pour la traîner à sa suite.
Sam avait roulé un petit-quart d'heure avant de se garer sur le parking d'un centre commercial. Sa passagère ne posa pas de questions et le suivit simplement à l'intérieur du bâtiment. Au moins, cet endroit lui permettait d'avoir chaud et elle était au sec. Les deux jeunes avaient l'habitude de s'arrêter dans les Starbucks pour prendre un chocolat chaud.
Il y avait un Starbucks dans ce centre-commercial.
Ils allèrent s'asseoir sur un petit banc en plastique vert et ils se débrouillèrent – en silence – pour faire durer aussi longtemps que possible leurs chocolats chauds en regardant les passants. Au bout d'un petit moment, Sam s'était levé en silence et Quinn l'avait suivit, jetant son gobelet dans une poubelle au passage.
Le blond s'arrêta devant une boutique d'instruments et Quinn le laissa entrer.
La musique, elle adorait ça. Les instruments de musique, au contraire, c'était pas vraiment son truc.
Elle arpenta les quelques magasins autours et elle s'arrêta devant une vitrine illuminées par la même image diffusée sur une dizaine d'immenses écrans plasma, ce qui l'intrigua : le présentateur d'un journal et, derrière lui, dans un encadré juste au-dessus de son épaule, une vidéo qui semblait avoir été prise avec un téléphone, toute floue et avec une mauvaise résolution. Quinn parvint à distinguer des sortes de cadavres allongés au sol puis, sans prévenir, un homme au visage ensanglanté sauta presque sur le téléphone. La rebelle recula de deux pas, l'homme semblait vouloir sortir de l'écran. Elle bouscula une femme dans sa précipitation.
« Désolé… » murmura-t-elle tout en détournant son regard de l'écran.
La vidéo ne durait qu'une poignée de secondes, mais elle tournait en boucle. L'image de cet homme surgissant pour courir sur la caméra le visage ensanglanté l'avait marqué, même si ça n'avait duré que quelques secondes.
En bas des différents écrans de télévision, le même titre défilait :
Epidémie non identifiée au Nigéria.
Elle n'était même pas au courant de cette épidémie qui sévissait en Afrique. Elle regarda brièvement autour d'elle. Elle s'attendait à voir d'autres personnes s'arrêter pour s'intéresser aux écrans, tous surpris par cette information comme elle l'était actuellement, mais de toute évidence, les clients du centre commercial avaient beaucoup moins de temps à perdre qu'elle.
Elle resta devant les informations puis la pub arriva et elle se rendit compte qu'elle ferait mieux de rejoindre Sam si elle ne voulait pas le perdre dans le magasin d'instruments.
« Je m'inquiète pour toi, Quinn.
- Tout va bien, Sam.
- Tu mens. Je sais que à part moi et Joe tu n'as pas d'amis. Tu passe trop de temps toute seule.
- Ouh, mais tu te prends pour mon père toi maintenant ? »
Sam haussa simplement les épaules tout en reposant sa tasse de thé.
La rebelle ne savait pas vraiment comment réagir. Sans détours, il lui avait balancé ce qu'était sa vie actuelle : rien. Pas d'ami(e)s, pas de réel engagements et la peur constante d'un père bien trop présent dans sa vie.
« C'est bon papa, arrête maintenant… n'en fait pas tout une histoire !
- Je ne veux pas que tu vives dans ce- ce taudis Quinn !
- Et moi je ne veux pas vivre avec toi éternellement ! Alors pour une fois, laisse faire ce que je veux ! »
Le père de Quinn lâcha brusquement le carton qu'il tenait dans ses mains. Le bruit des assiettes résonna dans le couloir. Les cris ainsi que le tintement de la vaisselle avait attiré un jeune homme sur la pas de sa porte.
Il les fixait.
« Je peux te payer un vrai logement en plein centre de Londres Quinn !
- Je ne veux pas de ton putain d'argent, est-ce que tu comprend ça ? »
Le plus vieux se retenu. Il ne devait pas autant s'énerver si il voulait convaincre sa fille d'emménager dans l'appartement qui se situait près de son travail.
« Je suis désolé chérie, mais je ne peux pas te laisser vivre là-dedans. » Dit-il simplement avant de récupérer le carton et partir en direction des escaliers.
La rebelle se retenu de pleurer. Elle se retenu de lui hurler dessus. Elle se retenu de parler de sa mère. Mais une voix grave et rocailleuse vint couper l'échange et stoppa le père devant l'ascenseur.
« Excusez-moi mademoiselle. Quel âge avez vous ? »
Quinn fut d'abord surprise par la question mais répondit sincèrement, sur un ton sûr.
« Je viens d'avoir vingt ans.
- Donc vous êtes bien majeure mademoiselle ?
- Euh, oui, oui je suis majeure… »
Le grand blond lui sourit une dernière fois avant d'avancer en direction de son père. Il se saisit du carton que le vieille homme s'obstina à ne pas lâcher, malheureusement pour lui, ses muscles ne faisaient pas la poids face à ceux de la jeunesse. Sam déposa le carton dans l'appartement de la jeune fille et repartit dans son studio.
« Bien. Je vois que tu ne veux pas m'écouter.
- Je n'ai pas besoins de ton aide et de ta protection, papa.
- C'est ce qu'on verra. Je te paye ton premier semestre, mais pour le deuxième, tu te débrouillera toute seule. »
Ce fut les derniers mots qu'elle échangea avec son père. C'était il y a presque deux mois maintenant. Elle ne l'avait pas revu, et elle en était ravie. Elle le détestait, et même le mot détester semblait sonner gentil à son oreille.
« Ta mère, elle te manque, pas vrai ?
- Je sais pas… peut-être, un peu…
- Je comprends, mais sache que si tu as besoins de parler, le blond lui attrapa la main. Je suis de l'autre côté du couloir. »
Elle le remercia en serrant sa main contre la sienne.
« Et c'était quoi ta grande nouvelle ? »
Le blonde afficha un immense sourire avant de s'éclaircir la voix. Le changement de sujet lui fit soudain oublier ses obligations de meilleur-ami et de voisin un peu trop intrusif.
« Je vais être papa. »
Quinn rigola quelques secondes avant de comprendre que ce n'était pas une blague. Elle s'étouffa avec son thé, le jeune homme lui donna une grande tape dans le dos tout en ricanant.
« Je- pardon ?
- Tu as bien entendu Quinn, je vais être papa ! »
L'ancienne blonde fixa le vide quelques secondes.
« Dit-moi, qui est la mère de ton futur… enfant ?
- Je devais te la présenter dans une semaine, mais bon. Elle s'appelle Mercedes Jones, et c'est la femme de ma vie. »
Surprise. Oui, c'était à peu près l'adjectif adéquat pour décrire le visage qu'elle proposait au jeune homme tout sourire.
Le blond, lui, évita de la fixer dans les yeux. L'annonce de cet événement devait être un petit choc pour son amie. Lui qui était si immature allait être papa. Eh bien, si on lui avait dit cela un an plutôt, il aurait éclaté de rire. Mais maintenant, il était simplement heureux, heureux comme il ne l'avait jamais était auparavant.
Son bonheur se fendit légèrement en croisant le regard toujours aussi éteint de sa meilleure-amie, bien que celle-ci tentait – tant bien que mal – de lui donnait un petit sourire. Malgré les apparences, il savait que Quinn cachait quelque chose. Le problème c'est qu'il ne savait pas ce que c'était.
Puis soudain, sans prévenir, elle éclata d'un rire tonitruant, et un sourire tendre se plaqua sur ses lèvres.
L'éclata de rire laissa place à une discussion passionnée dont le sujet principal était Mercedes Jones, la femme dont Sam était fou amoureux. Quinn apprit au passage qu'elle habitait à Norwich, là où sa mère habitait, avant, et qu'elle était enceinte de seulement trois semaines.
Une fois le thé du jeune homme bu, ils sortirent du bar et rejoignirent l'immeuble sans se douter que c'était sûrement l'une des dernières sorties « normale » dont ils pouvaient profiter sans craindre pour leurs vies.
