Bonjour à tous !

Voici la suite, toujours dans les terres sauvages. Je passe beaucoup de temps dans cet environnement et j'espère que cela ne vous rebute pas trop. Je tiens à faire en sorte que l'histoire se poursuive à son rythme et j'espère que le rythme auquel les découvertes et les événements s'enchaînent ne vous rebute pas trop.

Faites moi part de vos commentaires et de vos suggestions, c'est toujours avec un grand plaisir que je les lis et y répond.

Bonne lecture à tous.


Chapitre 4 : Lugubre rencontre

Les six voyageurs poursuivaient leur longue marche en pays sauvage, continuant leur périple à travers des environnements variés. La fatigue les étreignait dans ses bras, mais ils parvenaient à lui résister, songeant au doux repos qui les attendait à Fondcombe.

Aragorn était un excellent guide, les menant à travers les environnements les plus rustiques, mais qui avaient au moins l'avantage d'être relativement sûrs. Le plus impressionnant était sans doute le fait qu'il ne rebroussait jamais chemin. Hors des sentiers battus, au milieu des broussailles, des fougères et des chênes, il fallait avoir de bonnes connaissances en pistage pour pouvoir se repérer.

Après une autre journée de marche, le rôdeur les informa qu'ils allaient changer d'environnement. La forêt laissa place à un nouveau milieu, tandis que le sol de roche et de terre devenait plus meuble à chaque pas en avant.

Les quatre Hobbits marchaient pieds-nus et ils étaient indéniablement les plus à plaindre. Les semi-hommes commencèrent à s'enfoncer dans une boue gluante, remuant cette mélasse à l'odeur de compost nauséabonde.

Les voyageurs se rendirent à l'évidence, ils se retrouvaient dans un marécage. De rares sentiers secs émergeaient parfois, mais la majeure partie du temps, ils pateaugeaient dans l'eau jusqu'aux genoux.

- C'est abominable, grogna Pippin. Est-ce que les choses peuvent être pires ?

Aragorn soupira, mais ne répondit rien. Il continua son chemin, écartant quelques prêles de façon à laisser le moins de traces possibles.

- Est-ce que c'était vraiment nécessaire de passer par ici ? questionna Sayaka en se mettant une gifle, pour écraser un gros moustique empli de sang.

- Notre odeur sera couverte par celle du marais, répliqua le rôdeur en écartant quelques roseaux, manquant de trébucher sur une branche coulée. De plus, les chevaux ne peuvent pas se déplacer rapidement dans ce bourbier. Ces deux raisons font que les cavaliers noirs ne pourront pas nous suivre facilement. J'espère bien pouvoir les semer en passant par ici, de façon à les forcer à se disperser sur les routes. Unis, ils sont bien plus dangereux que s'ils sont séparés.

Les cavaliers noirs n'avaient pas fait parler d'eux depuis plusieurs jours et les Hobbits avaient commencé à moins s'en préoccuper. Ils s'étaient focalisés sur les difficultés et leur épuisant périple, mais maintenant que Aragorn refaisait mention des Nazgûl, les semi-hommes frémirent. Leurs sombres poursuivants étaient toujours présents, les traquant impitoyablement et la menace plana de nouveau au-dessus de la tête des insouciants voyageurs.

Cela faisait plusieurs jours qu'ils n'avaient pas vu la moindre trace des serviteurs de l'Ennemi. Cependant, Aragorn savait que les spectres de l'Anneau ne renonceraient pas à poursuivre Frodon.

Sayaka poussa un grognement fort peu féminin, s'ébrouant comme une bête sauvage pour chasser de grosses mouches. Elle était une jeune fille de la ville, habituée à vivre dans un monde confortable et dépourvu de toutes ces bêtes. Elle ne supportait plus les taons et les cousins qui semblaient s'acharner à les piquer lentement, l'assaillant à chaque instant.

- L'eau aux cousins, grogna Sam en progressant difficilement, on ose appeler ça l'eau aux cousins. Il y a plus de cousins que d'eau ! Je me demande ce qu'ils mangent quand ils n'ont pas de Hobbits à se mettre sous la dent. Je suis dévoré vif !

- Plains toi, ajouta Merry en essayant de prendre les choses avec philosophie. Il pourrait pleuvoir et nous pourrions ensuite être transis par un vent glacial.

- Ne parlez pas de malheur, implora Frodon. Nous en avons déjà suffisamment soupé ces derniers jours.

L'adolescente aux cheveux bleus les suivit en étant étonnamment silencieuse. Son calme n'était pas du à l'agacement et l'épuisement, mais à un pressentiment bien curieux. L'odeur répugnante des végétaux en décomposition et de l'eau stagnante semblait s'éloigner, remplacée par quelque chose d'autre. Même l'air lui semblait empli d'un parfum métallique mystérieux, charriant une odeur parasite, n'ayant rien de normale et qui n'avait aucun point commun avec l'atmosphère du marais emplie de spores et de pollens.

Un sombre pressentiment jaillit en elle. Son âme était attirée par ce murmure grandissant, appâtée par cette présence maudite. Son sang bouillonnait dans ses veines entourées par ses muscles tendus à l'extrême. Elle avait la désagréable sensation que quelque chose de poisseux se glissait dans son cou, coulant sur son corps en l'appelant de toutes ses forces.

Ses yeux s'écarquillèrent, alors qu'elle revit une image familière. Des éclats gris dansèrent devant ses prunelles, comme des morceaux de verre brisés.

Elle ne pouvait pas se tromper. Cet appel du sang résonnait avec son âme et jamais elle n'avait été aussi mal à l'aise, que lorsqu'elle était proche d'une barrière.

- Stop, Aragorn ! l'appela t-elle en dégainant son épée et en se ruant vers l'avant, clapotant dans l'eau en abandonnant toute discrétion. Ne faites plus un pas dans cette direction ! Je sens une sorcière à proximité.

Le rôdeur et les quatre Hobbits se figèrent immédiatement. Ils étaient à la fois stupéfaits et extrêmement inquiets, absolument pas préparés à devoir affronter une telle menace. Cette nouvelle était de très mauvaise augure, puisque cela signifiait qu'il y avait d'autres dangers les menaçant, en plus des cavaliers noirs. De plus, ils devraient affronter un ennemi dont ils ignoraient tout, puisque la jeune fille n'avait jamais expliqué concrètement en quoi consistaient ces ennemis.

- Je vais m'en occuper, mais ne me suivez pas, ordonna la Puella Magi. C'est trop dangereux.

Le garde, qui devait l'escorter jusque Fondcombe, semblait ne pas apprécier d'être laissé derrière. Il avait juré à Gandalf de veiller sur la jeune femme et n'avait pas l'intention de revenir sur sa promesse.

Aragorn lui adressa un regard désapprobateur. C'était ce genre de regards condescendants qu'elle exécrait, ceux des adultes certains de tout savoir. Quoique, à bien y réfléchir, cette expression déterminée était semblable à celle que Kyôko arborait avant de combattre.

La jeune fille comprit. Cette tête de mûle d'Aragorn ne changerait pas d'avis.

- Très bien, soupira t-elle. Faites comme vous voulez, je ne peux pas vraiment faire quoi que ce soit pour vous dissuader, ou même pour vous arrêter. Cependant, restez derrière moi, je vais me débrouiller seule. Vous ne pouvez rien faire contre une sorcière, vous ne feriez que me gêner. N'intervenez pas, quoi qu'il puisse se passer. Si jamais les choses tournent mal, fuyez.

La jeune fille s'approcha de la barrière, ressentant la présence malveillante croissant derrière cette cachette. Pour les autres, l'abri de la sorcière était presque invisible, mais Sayaka avait repéré le petit éclat noir, qui jaillissait du tronc d'un bouleau.

La Puella Magi frappa le symbole avec l'extrémité de son épée, perturbant le maléfice.

L'atmosphère vibra autour d'elle, l'air se distordit et s'agita en sifflant, éclipsant le marais pour révéler un lieu fantastique. Elle se trouvait désormais dans un champ occupé par de hauts épis de blés, plus grands que des pins centenaires, qui se dressaient et s'élançaient vers un ciel rose aux nuages blancs.

- Où sommes nous ? questionna Aragorn, prêt à empoigner son épée.

- C'est une barrière, expliqua Sayaka. Il s'agit d'un espace déformé, une altération de la réalité, qui sert d'abri à la sorcière jusqu'à ce qu'elle soit assez grande pour attirer ses proies et passer à l'attaque. Par chance, celle-ci est encore faible. Elle n'a pas pris sa forme adulte et ne doit pas avoir engendré beaucoup de familiers.

Sayaka avança légèrement, se tendant en voyant les plantations bouger. Plusieurs animaux émergèrent des bois et elle se trouva face à une meute de moutons furieux. Ces ovins étaient dotés de cornes de vaches et de dents acérées.

- Ca, ce sont les familiers, expliqua t-elle, avant de charger à une vitesse iréelle, tranchant ces créatures sous le regard médusé des voyageurs, éblouis par les frappes, les feintes et les parades que Sayaka employait.

Il semblait que la jeune fille dansait et répétait une grâcieuse chorégraphie, tant son élégance au sabre était grande. Elle filait entre les créatures, bifurquant avec élégance tout en fendant les monstres de son katana. Ses réflexes étaient affutés, au point qu'elle réussit à éviter un de ces moutons qui la chargea de dos. Sans même se retourner, elle égorgea la bête d'un seul coup.

Un spécimen plus gros que les autres se jeta à toute vitesse sur elle, incitant Aragorn à quitter son mutisme pour lui crier d'esquiver. Sayaka ne prêta même pas attention à l'avertissement et attendit la bête. L'animal ouvrit sa gueule bardée de dents acérées et la jeune fille l'attendit, réagissant à la dernière seconde en plongeant sa lame dans le museau, transperçant le palais et le cerveau.

Lorsque toutes les étranges créatures périrent sous la lame de la guerrière. Sayaka fit tournoyer son épée en observant l'horizon.

Elle était belle, songea Frodon. Avec sa cape flottant au vent, ses cheveux d'une teinte exotique et son expression fière, elle ressemblait à une héroïne issue des poèmes épiques que son oncle aimait conter.

Sayaka s'éloigna, se ruant vers une étrange structure semblable à une petite cabane. Elle prit appui sur ses deux jambes, chargeant une étrange aura dans son épée. Elle libéra toute sa puissance en projetant un éclat horizontal d'un bleu d'acier, qui fendit la masure en deux.

La bicoque vola en éclats, soufflée par l'onde de choc émise par la lame de la jeune femme, dont le sérieux trahissait l'avidité et le désir de lutter.

- Montre-toi ! hurla t-elle en s'avançant vers une petite grange, surgie des débris du cabanon.

Les portes s'ouvrirent en grand, dévoilant un être sorti d'un cauchemar. Aragorn recula d'un pas, gardant une main sur la garde de son épée, tandis que les Hobbits se faisaient violence pour ne pas vomir.

Cette aberration ne ressemblait à rien de connu et il était difficile de dire à quoi cette sorcière ressemblait exactement. Il n'y avait rien de naturel dans cette abjecte immondice vomie des tréfonds d'un esprit dément. Le corps semblait ressembler à un escargot bleu, émergeant du bâtiment lui servent de coquille. Les deux fenêtres avaient explosé, dévoilant des bras pourvus de griffes semblables à celle d'un chat, tandis que l'avant de la chose se souleva.

Sous le pied empli de mucus, il n'y avait qu'une parodie de visage. Il n'y avait aucun trait humain, aucune expression discernable. Ce faciès abject ne ressemblait à rien de plus qu'un napperon brodé d'un cœur, sur lequel des dizaines d'aiguilles étaient fichées, en une horrible parodie de couronne.

Sayaka chargea de front, esquivant les pattes griffues qui cherchaient à la déchirer et qui ne faisaient que lacérer le sol, entaillant les roches et creusant des sillons.

Au premier bond, la justicière fut interceptée par des épis de blé qui surgissaient de nulle-part, tentant de l'empaler.

La Puella Magi tourbillonna, découpant les plants qui s'approchaient trop près d'elle. Lorsqu'elle retomba, elle sectionna une large racine qui avait tenté de l'agripper, avant de repartir au combat. Sayaka brisa la dernière défense du monstre et s'attaqua à sa véritable cible. D'un coup d'épée, elle entailla profondément le corps de la sorcière qui glapit, avant de s'agiter avec violence en faisant trembler la terre.

Sayaka fut repoussée par une dizaine de tentacules végétaux, mais elle ne renonça pas. D'un geste du poignet, elle trancha les membres qui s'enroulaient autour de ses chevilles et s'envola. Elle prit appui sur le toit de la grange et arriva au niveau de la tête du monstre. D'une seule frappe, elle découpa le tissu dans sa longueur, rompant le motif en forme de cœur qui avait été cousu dessus.

La sorcière gémit, se contorsionnant et s'écroulant sur elle-même, avant que son visage ne soit remplacé par une graine de gros calibre, qui laissa surgir une fleur aux pétales roses.

L'énorme bourgeon s'ouvrit, semblable à une plante carnivore. La bouche garnie de dents, montée sur une immense tige, s'approcha de la sabreuse, tandis que d'autres lianes aggripèrent Sayaka. La guerrière aux réflexes avisés se débarrassa de ces liens et esquiva un coup de la gueule végétale.

Cependant, d'épaisses épines ornaient le long cou et ces ronces entaillèrent le bras gauche de la jeune fille.

La Puella Magi poussa un sifflement de dépit, faisant apparaître une seconde épée dans sa main encore vide.

Elle repartit à l'attaque, fauchant les blés et les membres du monstre, plongeant pour esquiver une salve d'aiguilles. A terre, la jeune ville se redressa, mais ne fut pas assez rapide pour esquiver la pousse qui surgit du sol. Un épais épi de blé émergea du sol, comme un boulet de canon, lui fracassant la mâchoire.

Sonnée par le coup, Sayaka recula d'un pas hésitant. Avant même qu'elle ne puisse se reprendre, un plant d'orge surgit du corps massif de la sorcière et s'enroula autour de son bras droit.

Sayaka se reprit et tenta de sectionner le membre végétal. La sorcière fut cependant plus rapide, puisqu'elle recula son membre, arrachant au passage le bras droit de la justicière.

A cette vue, Aragorn blêmit. Les Hobbits prirent une teinte livide, saisis par la nausée.

Sayaka ne sembla même pas affectée, aucun cri de douleur ne franchit ses lèvres et aucune larme ne perla sur son visage. Elle se contenta de reprendre l'assaut, poursuivant sa course au point de découper la tête végétale et de perforer le corps de la sorcière.

Sayaka ne laissa aucun répit à son ennemie, s'acharnant à lacérer le ventre massif et à détruire les restes de la grange, frappant sans discontinuer.

Les cris de douleur de la sorcière cessèrent bien vite. Ses râles d'agonie furent éclipsés par la litanie de Sayaka, dont les cris enragés et le rire hystérique s'élevèrent vers les cieux, en une ode dédiée à la barbarie. Sayaka hurla de jouissance, gloussant en martelant le cadavre, jusqu'à ce qu'il éclate.

Des milliers de fragments noirs s'évaporèrent aux quatre vents. Tout devint flou autour du monstre vaincu, alors que la réalité illusoire s'évanouissait, rendant sa place aux bois marécageux.

Sayaka se pencha au sol pour récupérer quelque chose, bien que l'objet en question était trop petit pour être visible par les spectateurs.

Le rôdeur et les semi-hommes coururent vers elle, inquiets pour son état de santé.

La jeune fille amputée se retourna vers eux, dévoilant son corps orné de plusieurs coupures.

Les cinq mâles se figèrent en voyant l'expression plâtrée sur le visage de la jeune fille. Ce large sourire était purement ignoble, empli d'une démence abjecte. Les rivières de sang coulant depuis son front défiguraient ses traits, teintant ses dents de traînées sombres. Ses yeux semblaient briller d'une ivresse incroyable, luisant d'un éclat empli de malice et de mort.

Elle poussa un rire fou et sans joie devant le cadavre, avant de se calmer, tout en rengainant son épée. Lorsqu'elle eut fini de rire, son visage se fit beaucoup plus sombre, dépourvu de toute joie. La brêve crise de démence qui l'avait envahie semblait avoir disparue, mais le rire fou qu'elle avait poussé restait gravé dans les souvenirs d'Aragorn et des quatre semi-hommes.

Immédiatement, ses plaies disparurent, se résorbant et disparaissant en émettant de petites notes de musique, de même que les accrocs dans ses vêtements.

Son bras sectionné fut entouré d'une lueur blanche, qui émit une note cristalline, avant de guérir instantanément, révélant un membre pâle, mais parfaitement fonctionnel.

- Quel est-ce prodige ? s'étonna Aragorn. Même le seigneur Elrond ne peut ...

- Les avantages du métier, répliqua Sayaka avec un ton acide.

- Un métier ? s'étouffa l'homme en reculant. Ce monstre aurait pu vous tuer ! Pourquoi avez-vous choisi une telle voie, surtout pour quelqu'un d'aussi jeune ?

Une ombre de tristesse et de misère passa sur le visage de la jeune fille. Ses joues pâles virèrent au gris cendre, tandis qu'un voile de chagrin assombrit ses iris océan.

- Seule une Puella Magi peut se permettre de juger une autre Puella Magi, rétorqua t-elle sombrement, la voix enrouée. Vous ne pouvez pas comprendre.

Voyant que le rôdeur et les Hobbits n'étaient pas décidés à lui laisser un peu de paix, elle poursuivit.

- C'est un choix que j'ai fait et ça ne sert à rien de le regretter, puisqu'il est irréversible, murmura t-elle, fataliste. Mais si vous souhaitez vraiment savoir pourquoi j'ai accepté de devenir une Puella Magi, je peux vous le dire. Avant que je ne devienne une Puella Magi, j'assistais aux combats de Mami. C'était un modèle pour moi, avoua t-elle avec regret, elle a été mon mentor. Elle était belle et élégante, elle incarnait parfaitement un idéal de justice et de courage pour Madoka et moi. Malheureusement, après avoir vaincu une énième sorcière, elle a fait l'erreur de croire le combat terminé.

Sayaka revit l'émergence de Charlotte, ce monstrueux serpent qui prenait la forme d'une poupée au milieu d'un décor de bonbons et de gâteaux. L'immense bête avait profité que Mami lui tourne le dos, pour lui foncer dessus, la gueule ouverte. La sorcière aux sucreries avait ensuite refermé sa prise, laissant ses dents déchiqueter le corps de l'étudiante.

- La sorcière n'était pas morte, poursuivit-elle, faisant frissonner Aragorn qui s'attendait au pire. Cette saleté bluffait et a saisi l'occasion. Mami n'a rien pu faire pour se protéger et nous n'avons rien pu faire pour l'aider. Elle s'est fait arracher la tête.

Mami avait été tuée sur le coup. Le son des os broyés et de la gemme brisée restait gravé dans l'esprit de Sayaka. Si Homura n'avait pas été présente pour leur sauver la mise, elle aurait été tuée, ainsi que Madoka.

- Ce jour-là, j'ai réalisé à quel point être une Puella Magi était dangereux, confessa Sayaka. Cependant, j'ai volontairement choisi d'en devenir une. Mami croyait en la justice, alors même si je n'ai pas pu la sauver, je pouvais faire en sorte que sa mort ne soit pas vaine. J'ai choisi de combattre au nom de ce en quoi elle croyait et je voulais protéger mes amies. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me sentir indigne d'elle. Au final, peu importe le gain éventuel, peu importe le prix à payer, je peux toujours protéger ceux qui me sont chers.

Un silence pesant s'abattit sur le campement, alors que la jeune fille glissait son épée dans son fourreau, les défiant d'émettre la moindre critique.

Pippin baissa les yeux, voyant l'étrange sphère grise que Sayaka gardait dans la main.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda t-il en désignant la pierre émettant un éclat métallique meurtrier.

- C'est ce que nous appelons une Grief Seed, expliqua Sayaka, plaçant la sphère sur son nombril. Elle permet de nettoyer la gemme qui sert de source à mon pouvoir.

Le bijou ancré dans ses chairs se débarrassa de toutes ses impuretés, retrouvant un éclat céleste, tandis que la graine de la sorcière s'était assombrie.

- Intéressant, murmura la jeune fille en regardant l'aiguillon de plus près, elle pourra même resservir.

Aragorn tenta d'assimiler ces nouvelles, posant une question qui le taraudait.

- Pourquoi cette gemme à t-elle autant d'importance ? questionna t-il, méfiant.

- Parce qu'elle est vitale pour moi, avoua Sayaka. Ma vie est liée à mon pouvoir. J'ai impérativement besoin de ces graines pour purifier ma gemme et que ma magie continue de fonctionner. Voyez ça comme une chaîne alimentaire, poursuivit-elle en citant Kyôko. Les sorcières mangent les humains et les Puella Magi utilisent la force vitale des sorcières pour survivre.

La jeune fille glissa alors la graine dans une de ses poches, la préservant soigneusement.

Les hobbits l'observèrent avec une fascination mêlée de respect et teintée de crainte, tandis que le rôdeur se révélait impassible.

- Maintenant que nous en avons fini et que votre curiosité a été satisfaite, peut-on continuer notre chemin ? l'interrogea Sayaka, avec une expression ennuyée.

Aragorn reprit la route, continuant à guider les cinq autres vers Fondcombe. Cependant, il avait l'intime conviction que Sayaka lui cachait encore beaucoup de choses.

Il lui faisait confiance pour l'instant, mais il tirerait les choses au clair. Trop d'énigmes entouraient cette jeune femme, ainsi que ces mystérieuses gemmes.