Eh bien, ça fait un chapitre par jour tout ça ! (*^o^*)
Encore une fois, merci pour les fav et les reviews, ça fait super plaisir d'en recevoir à chaque fois~ Je ne résiste donc pas à vous envoyer la suite fini vers 6h du mat ! ( autant vous dire que là, j'assume pas trop ( = A=)... ) J'écris le suivant en espérant pouvoir tenir le rythme d'un chapitre par jour, ce sera un vrais défis mais en vu de mon avancé, ça pourrait se faire !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et comme d'habitude, met une assiette de cookies à votre disposition~
Balthazar se tenait dehors, assis sur le tas de bois, les bras et les jambes croisés. Il balançait un pied à rythme régulier, tout comme l'un de ses index sur son biceps, son expression peinte de contrariété et réflexion. Les parents n'étaient toujours pas arrivés, il s'était laissé convaincre par Théo qu'ils avaient pu avoir un petit empêchement de dernière minute, les retardant de vingt-quatre heures. Cependant, deux jours étaient passés et toujours pas de trace des paysans. Une part de lui s'inquiétait, envoyant le paladin en éclaireur, mais une autre était septique et fataliste.
Depuis le départ de son amant à l'aube, il réfléchissait en pesant les deux camps, surveillant les jumeaux qui s'amusaient à faire des constructions avec leurs tas de cailloux. Il était en plein dilemmes, espérant se tromper car les choses se compliqueraient beaucoup trop s'il avait raison. Pour se tenir compagnie, il avait gardé Braise, un cheval enflammé pouvait aussi être susceptible de décourager les rôdeurs. L'équidé avait l'oreille fine, il pouvait donc inconsciemment l'alerter si quelqu'un ou quelque chose approchait.
Un maigre sourire fautif étira ses lèvres, regardant son invocation d'un air coupable. Soit il l'appelait pour qu'il serve de bouclier, soit il s'en servait comme bouillotte ou alarme. Ce pauvre canasson avait la vie dure avec lui, heureusement qu'il était magique. Il le siffla pour qu'il approche afin de caresser ses naseaux en s'excusant, apaisant sa conscience même si l'animal ne comprenait rien. Ce dernier repartit vite brouter, poussant un profond soupir, vexant un peu son propriétaire qui l'insulta dans sa barbe en jurant d'en faire un steak.
Soudain, Braise redressa la tête, fixant l'horizon attentivement en arrêtant de mâcher. Balthazar se leva d'un bon, observant l'orée des bois alors que la nuit terminait de tomber. Il vit un cavalier avancer au pas, et distingua très mal les détails, non seulement par la grande distance mais aussi à cause de l'obscurité. Son cheval souffla un hennissement rauque tressauté, les oreilles redressées, celui d'en face secoua la tête en se mettant au trot sous l'ordre de son maître. Ce ne fut qu'à cet instant que le mage reconnu Lumière, se détendant en lâchant sa concentration magique.
Théo mit pied à terre qu'une fois près d'eux, visiblement fatigué et n'ayant pas réellement pris de pause dans sa traque. Il attira son destrier sur le côté de la maison afin de le desseller, son compagnon le rejoignant en gardant un œil sur les petits.
- Alors ?
- Rien, soupira le guerrier. J'ai fait un large rayon et appliqué les techniques de Shin mais que dalle ! Je n'ai pas vu de trace de lutte, de course, ou même de retour. Tu avais peut-être raison, ils ont dû se tirer pour fuir leur vie de merde...
- En laissant les gosses ?..., fit l'érudit en fronçant les sourcils, se tournant vers les concernés avant de revenir à son interlocuteur. Ils étaient si pauvres ? Dans la nature, avec un peu d'expérience, on peut vivre comme des rois ! Ils n'avaient aucune raison de les abandonner !
- Faut voir la réalité en face, ces gamins sont visiblement un accident et ils cherchaient à s'en débarrasser.
- Je sais, il n'y a qu'à voir comment ils sont calmes et discrets, et comment ils étaient sous-alimentés surtout ! Bon... Si on compte le voyage, Shin et Grunlek viennent juste d'arriver au point de rendez-vous. On se met souvent dans la merde, quelques jours de retard ne devrait pas les paniquer. On ira donc se renseigner demain en ville sur nos employeurs.
- Putain, c'était pas prévu au programme..., déplora le paladin en se laissant retomber avec exaspération contre l'encolure dénudée de son étalon.
Son léger énervement s'envola en voyant l'épuisement de son compagnon. Le demi-diable fit glisser une main sur son trapèze, remontant jusqu'à sa nuque afin de plonger ses doigts dans la masse ébène. Théo soupira en se détendant un peu, appréciant le petit massage crânien en silence avant de l'entendre parler doucement à voix basse.
- Le repas est encore chaud, va te servir et enlève ton armure, je m'occupe de Lumière et des gamins.
- Je peux les coucher, c'est bon, c'est pas le long, se redressa-t-il en attrapant sa main pour stopper la caresse, la gardant dans la sienne en se tournant pour lui faire face.
- Permets-moi d'émettre un doute suite à une nuit plus difficile, ricana tendrement son homme.
Un léger sourire détendit ses traits jusqu'à présent crispés et il vint déposer un long baiser sur ses lèvres. Ils fermèrent les yeux pour le savourer, le mage attrapant la joue glabre de sa paume libre. Après ces longs jours passés ensemble sans se quitter plus de quelques minutes, être séparés une journée entière avait considérablement rallongé cette dernière. Ils étaient heureux de se retrouver, s'apaisant enfin.
Théo se sépara de son amant pour aller prendre les jumeaux dans ses bras. Ils ne furent pas difficiles, contents de le revoir et sautant presque pour qu'il les porte, se laissant emporter dans la chaumière. L'érudit, les regardant disparaître avec une tendre expression, se retourna vers la monture de guerre en retroussant ses manches. La bête le regardait un peu de travers, une oreille partant vers l'arrière mais sans animosité.
- Je te préviens : tu me bottes, je te botte, avec des flammes en garniture.
Il amadoua l'animal avec un morceau de poireau. C'était sa particularité, et elle avait surpris tout le monde : Lumière, le fan des légumes verts et détestant le sucre. Ce dernier mastiqua l'aliment avec plaisir, le brossage massant le faisant frémir de plaisir après les dernières vingt-quatre heures. Balthazar alla remplir deux seaux d'eau transportés avec son propre cheval, les déposant à côté de la maison avant de rentrer. Un bol de ragoût l'attendait sur la table, son concubin analysant une carte de la région avec sérieux.
Il le rejoignit, commençant à manger en jetant un œil vers la chambre, se rassurant du silence. Théo avait gagné en expertise avec les enfants, étant moins gauche quand il les prenait dans ses bras et s'occupait d'eux. Le fait que les petits l'adorent, pour une raison complètement obscure, devait l'avoir aidé à se mettre en confiance. Ne rien entendre alors qu'il les avait mis au lit ne surpris donc pas le mage, ça lui fit même plaisir.
- Tu cherches... ?
- Un endroit que j'aurais loupé, mais... Non, j'ai bien fait toute cette zone et je suis remonté jusque là, tu vois ? En amont du fleuve. Et rien, vraiment...
- Je croyais que t'étais réaliste sur le fait qu'ils aient abandonné leur vie ici, fit-il en le dévisageant curieusement, trouvant étrange qu'il revienne sur ses conclusions.
- Oh, ça, je l'ai su dès le début d'après-midi. Je les cherchais pour leur casser la gueule !
Le demi-diable s'étrangla en buvant la sauce dans le bol, riant et cherchant à reprendre son souffle en même temps. L'inverse l'aurait surpris !
- En plus d'une semaine, ils sont loin, tu sais ?
- J'espérais retrouver là où ils sont passés.
- Si t'avais eu une piste, tu serais revenu quand ?
- Quand je les aurais fracassés ! répondit le berserk dans un souffle de colère en balançant la carte par terre, s'appuyant contre son poing en boudant. Maintenant on est coincés ici : dans une piaule qui pue le vomi...
- Les gens ne semblaient pas connaître les enfants quand on est allés en ville la dernière fois, réfléchit Balthazar. Pourtant, en écoutant les mères, il était évidant qu'elles se connaissaient toutes, ainsi que leurs progénitures... J'évoquerais notre chère amie, ça pourrait être intéressant.
Il fixa le mur en terminant son bol, ses pensées le perdant un moment en le laissant suçoter distraitement la cuillère. Une suggestion vint à son esprit alors il se tourna vers son amant pour avoir son avis mais se tut de suite. Les yeux fermés, la bouche entre-ouverte, la respiration lente : il dormait déjà. Un sourire à la fois attendri et désespéré peint son visage. Cet homme ne connaissait pas ses limites. Il ne pouvait pas gérer les cauchemars d'un bébé la nuit et traquer deux fugitifs de l'aube à la pénombre.
En silence, il débarrassa, rajoutant une bûche au fond du feu en tisonnant les braises. Il repoussa lentement Théo contre le mur pour qu'il stoppe son appui contre la table, puis, déplaça cette dernière. Il déplia les sacs de couchage avant de se déchausser, allant ensuite prendre doucement les mains de son compagnon en tirant légèrement dessus.
- Viens on va se coucher..., chuchota-t-il calmement.
D'un réflexe somnambule, il le suivit, se levant un peu pour aller s'allonger avec lui. Il savait qu'en utilisant cette méthode, l'envoyé de la lumière ne se réveillerait pas, se laissant guider par ses mains. Cela faisait des années qu'ils étaient ensemble, le mage connaissait tous les fonctionnements de sa moitié. Il était le seul à pouvoir le toucher ou l'aborder dans son sommeil sans se faire trancher la gorge, prenant donc toujours le tour de garde avant lui quand ils bivouaquaient. Leurs amis en étaient toujours très impressionnés, Grunlek remerciant le ciel d'avoir un bras mécanique quand ce dernier avait rencontré la lame inquisitrice dans l'une de ses tentatives.
Il se lova contre la poitrine, les bras musclés l'entourant d'instinct, soupirant d'aise avant de s'endormir. La nuit fut paisible, le garçonnet ne se réveillant pas en sursaut à cause de ses ombres oniriques. Le couple put donc se reposer, les petits furent cléments en leur faisant cadeau d'une grasse matinée. Théo se frotta les yeux en sortant de ses songes, la torpeur alourdissant ses sens, signe qu'il avait traîné au lit. Ce n'était pas un gros dormeur de nature, il ne fonctionnait qu'avec deux à trois heures de sommeil depuis son apprentissage de paladin lors de l'enfance. Dormir aussi longtemps le fatiguait donc plus qu'autre chose, et le mettait en état de faiblesse.
En posant son regard sous son menton, il découvrit son partenaire alangui et, bien que réveillé, n'ayant aucune envie de se lever. Il caressa doucement son dos afin qu'il lève la tête, pouvant se perdre dans son regard avant de l'embrasser avec la paresse matinale. Un son mat sur le parquet les sépara, s'échangeant des yeux leur curiosité, puis un second retentit. Ils se tournèrent à temps pour voir les bambins arriver vers eux avec un large sourire, dans leur démarche encore dodelinante et brouillée, s'empêtrant dans leurs propres pieds.
Ils avait dû passer par-dessus les barreaux du berceau afin de rejoindre le sol. Malins, les saligauds. Balthazar se laissa rouler sur le dos pour les laisser monter sur son ventre, remettant leur tunique correctement. Tous se réveillèrent doucement, agglutinés les uns sur les autres dans une étreinte réconfortante, avant se décider à se lever pour prendre le petit déjeuner. L'odeur devenue insupportable ces derniers jours, ils mangèrent dehors, appréciant le pique-nique improvisé sous le ciel presque complètement dégagé.
- Je prendrais un des petits pour aller en ville, repose-toi pour aujourd'hui, commença le mage en mordant dans sa tartine.
- Je ne suis pas en sucre, je peux t'accompagner.
- Je sais mais on ne sait pas encore ce qui se trame et si quelqu'un va revenir ici, l'un de nous doit donc rester sur place. Si tu dois courser quelqu'un, avoir deux bébés dans les bras va être compliqué, et on ne peut pas les laisser tous seuls, ils s'étoufferaient avec n'importe quoi.. Non, Ya-ya, on avale pas le couteau !
- Ahyayaya !
- On avale pas le couteau quand même.
- Ouais, tu marques un point..., dépita Théo.
- Je te laisse la fille, je présume.
- Hors de question que l'autre retrouve l'occasion de pisser sur mon armure !
- Tu sais qu'elle peut faire pareil ? lui apprit son compagnon avec un sourire malicieux en le stoppant dans ses mouvements, le dépitant. J'ai pas lavé deux fois ma chemise pour le plaisir, tu sais.
- Plus de risques avec le garçon !
- Ah, comme tu veux... To', non ! Ne mange pas ça, c'est un ver de terre ! Ah, euh...euuhyrk...
- Il a avalé ?...
- Ouais...
Ils firent boire du lait au petit en espérant éviter un intoxication quelconque. Ils se préparèrent ensuite, passant par le bain, les plus âgés faisant une toilette en même temps. Balthazar s'occupa de la barbe de trois jours de son conjoint, assis sur ses genoux, tous deux nus. Une petite habitude assez coquine prise depuis leur passage au château de Ragnar. Les enfants ne firent pas attention, jouant avec les morceaux de bois et éclaboussant de l'eau partout.
Tous se séchèrent et s'habillèrent, le demi-diable préparant son destrier avant de se mettre en selle avec le petit garçon. Les adultes s'échangèrent un regard d'appréhension, se doutant que la séparation des jumeaux ne se fera pas en douceur. L'hésitation de les garder ensemble se fit ressentir mais la situation étant, c'était impossible. Sous un coup de talons, Braise partit au galop et s'éloigna de la chaumière.
Pendant le rapide trajet, le bambin put être distrait, riant en se tenant au pommeau alors qu'il bondissait à chaque sauts de l'animal. Cependant, une fois arrivé aux portes de la ville, il se tourna dans toutes les directions, angoissant le mage qui le berça un peu. À sa surprise, le petit se mit à trembler, des gémissements de frayeur à peine audibles passant ses lèvres alors que des larmes commençaient à rouler sur ses joues.
Son tuteur le tourna pour l'entourer des pans de sa robe ignifugée, le laissant se blottir au chaud contre son ventre. Les caresses sur son dos l'apaisèrent doucement, mais il paniquait à nouveau lorsqu'elles se stoppaient, l'érudit décida donc d'avancer ainsi. Du moment qu'il était calme, la position n'était pas importante. En rejoignant la place marchande où il avait rencontré les mères, il croisa plusieurs femmes fascinées de le voir avec un enfant, fondant de tendresse. Il se redressa élégamment sous les regards féminins désireux, fière comme un paon.
Elles devenaient toutes folles face à un père célibataire. Il se rappelait de la fois où Shin avait ramené un enfant perdu à son village, et le soir même, une nuée de femmes était à ses petits soins en buvant ses paroles. Encore aujourd'hui, il se demandait combien son ami avait pu en amener dans son lit. L'archer gardait un secret malicieux, le rendant malade de curiosité avec le reste du groupe. Si le pyromage était connu pour être un dragueur invétéré, sans aucun doute, Shin détenait le plus grand harem. Ils avaient perdu le nombre de cœurs qu'il laissait derrière lui partout où ils passaient. Le fumier arrivait même à retrouver d'anciennes conquêtes et à se faire pardonner de son manque de nouvelles d'un claquement de doigt. Un talent inégalable.
Sur la place, du monde était attroupé, l'intriguant. L'érudit s'approcha au maximum avant d'arrêter son cheval, les bourgeois s'écartant en étant impressionnés par l'invocation. Un cortège traversait l'endroit, exposant richesses et royautés par les carrosses, les parures, les armures et autres coiffes assorties aux bijoux brillants.
- Excusez-moi, gente damoiselle, se pencha-t-il vers la jeune femme à sa gauche, celle-ci s'approchant avec un sourire. Auriez-vous la bonté de m'expliquer qui sont ces nobles gens ?
- Vous n'êtes pas du coin ?
- Non, je viens d'arriver.
- C'est la garde royale des Eingert, le prince Hul est parti à la chasse à l'anjorner avec le roi voisin. J'ai ouïe dire qu'il allait épousailler l'une de ses filles.
- Où est-il ?
- Il est juste là, au centre, c'est sa place favorite.
Le choc s'abattit brutalement lorsque Balthazar découvrit l'homme défilant fièrement, serrant le garçonnet par instinct de protection. Ce dernier se retourna, attiré par la musique de l'orchestre et les yeux du prince s'écarquillèrent tellement, qu'il crut bien être foudroyé sur place. Ce type était juste le portrait craché des jumeaux : les cheveux brun sombre et des yeux d'un vert clair inimitable.
Rapidement il referma sa robe, cachant l'enfant en déglutissant avec inquiétude, se rassurant de voir le noble héritier passer son chemin malgré sa rage. Il devait partir, et vite, le temps n'était plus au tourisme. Il posa d'autres questions à la jeune femme, ses réponses le pétrifiant. Il repartit au triple galop, poussant Braise pour qu'il accélère le plus possible, serrant le bambin inquiet et pleurant en ressentant son angoisse déchirante.
Sa course se finit rapidement, maîtrisant son cheval d'une main experte par miracle au vu de la vitesse où il était lancé. Il descendit d'un bon, posant le petit au sol en le laissant retrouver sa sœur. Théo, courant visiblement après la gamine, apparu rapidement depuis le côté de la maison, s'inquiétant de suite de l'état de choc et de l'agitation nerveuse de son amant.
- Putain, je sais pourquoi ils se sont barrés !
- Qu'est-ce qu'on t'a dis ?
- Cette femme était une servante au château, seulement elle a été virée du jour au lendemain et personne ne l'a revue depuis. Des rumeurs cependant courent comme quoi elle aurait couché avec le prince. Je l'ai vu, y'avait un cortège... Merde, ce type est juste leur portrait craché ! débita le demi-diable rapidement, pointant les enfants à la fin de son récit.
- Bordel de... Il est au courant ?
- Maintenant oui..., souffla-t-il en posant gravement ses mains sur sa bouche, l'autre le dévisageant en sentant les prochains dangers arriver. Il a vu To' et semblait juste fou de rage, j'ai fait une rapide enquête et par chance je suis tombé sur la fouine du village, j'ai donc pu partir de suite.
- On ne doit pas rester là, on rejoint Shin et Grunlek dès aujourd'hui.
- Attends, y'a plus grave...
- Hein ? Plus grave qu'un royaume qui pourrait nous tomber dessus ? siffla le paladin en le suivant dans la chaumière.
Balthazar alla dans la réserve, déplaçant les restes de leurs provisions avant de soulever le tapis miteux d'un coup sec. Ils manquèrent de vomir sous le nuage toxique de pourriture qui s'éleva, posant une main sur leur visage.
- Défonce les planches !
- Quoi ?!
- Défonce les planches, je te dis !
L'urgence qui agitait son compagnon ne le fit pas hésiter, le guerrier se saisit de son bouclier et donna de grand coup dans le parquet. Le bois ne fit pas long feu sous sa force, déjà un peu moisi, révélant un trou et son macabre contenu. Ne pouvant supporter la vue du cadavre en putréfaction avancée, ils sortirent, le mage rendant tout ce qu'il avait dans le ventre. Théo vint lui tenir les cheveux, pâle mais résistant à l'imiter en prenant de profondes inspirations.
Soudainement faible, l'érudit tint à peine sur ses jambes, son conjoint l'amenant au banc longeant la maison et lui présentant une gourde. Il accepta d'hydrater sa gorge irritée par la bile, calmant la brûlure et ses émotions. Une petite minute lui fut nécessaire pour se ressaisir, l'autre le laissant faire avec inquiétude.
- On m'a également dit que cette femme avait un jeune garçon de neuf ans, très certainement illégitime aussi...
- Pourquoi elle la tué ? Ils auraient pu partir avec lui !
- Le corps est là depuis un bon mois au moins, et j'ai vu que le crâne était explosé. Je crois qu'ils l'ont tué dans la précipitation parce que le gosse ne comprenait pas...
Le paladin passa ses mains dans ses cheveux, les gardant derrière sa tête, une alarme hurlant sur son instinct pour qu'ils prennent le large au plus vite.
- On fait nos sacs et on fout le camp !
