Rencontre dans la Forêt Noire
Après avoir confié Cul-de-Sac à son brave jardinier Hamfast, Bilbo avait suivi les Nains avec Frodon et Erline, le jeune Hobbit traînant avec Kili et Fili et le bébé dans les bras de son maternel. Le voyage jusqu'à Erebor fut long et pénible, surtout avec deux enfants aussi jeunes que Frodon et Erline. Les montagnes furent difficiles avec des enfants et les attaques d'orques et de gobelins furent très risquées. Ils avaient même faillit se faire capturer par les gobelins. Par chance, les elfes de Fondcombe les avaient sauvés et accueillies pour qu'ils puissent se reposer et s'occuper des plus jeunes, surtout du petit héritier. Elrond le regarda longuement pendant leur séjour. Lui et Gandalf eurent une conversation discrète, loin des parents et de la famille du petit prince.
« Son destin est sombre, Gandalf… mais en même temps, je peux voir qu'il y a un changement important qui se prépare. Un changement bénéfique pour le peuple des Nains et celui des Elfes.
Je m'en doutais lorsqu'il est né. Il n'y a jamais eu de Hobbit-Nain. Jamais un être n'est venu au monde avec à la fois du sang nain et du sang elfique. Mais je crains que ce que Bilbo a trouvé pendant sa première aventure amène le malheur dans sa famille.
Je ne vois pas que du sombre dans l'avenir de cet enfant… mais nous serons prudent. Nous nous doutons tous de cette possibilité bien que l'Anneau ait été perdu il y a des années.
J'espère que mes craintes ne se réaliseront pas… »
Le reste du séjour à Fondcombe fut sans soucis et sans autre conversation sur le destin du petit Erline… mais lorsque les Nains reprirent leur route vers leur royaume, Elrond les conduisit jusqu'aux portes de son royaume et, avant qu'ils ne partent, il s'agenouille devant Bilbo, caresse la tête du petit prince et l'embrasse sur le front.
« Je souhaite que votre voyage se termine bien et je souhaite que cet enfant ailles loin dans la vie. »
Échapper aux gobelins et aux orques fut relativement simple… jusqu'à la forêt Noire où Gandalf les laissa seuls, disparaissant soudain sans raison. La Compagnie de Thorin fit très attention à ne pas quitter le sentier contrairement à la dernière fois mais bien d'autres dangers guettaient les voyageurs. Les araignées géantes de cette sombre forêt étaient dangereuses et imprévisibles. Plusieurs fois, Frodon et d'autres nains ont failli être capturés par les énormes arachnides. Thorin parvient malgré tout à les sauver et à protéger Bilbo et son fils. Mais les terribles créatures n'avaient pas dit leur dernier mot. Avec une fureur noire, elles ont à nouveau attaqué les nains. Bien que forts, ils ne pouvaient rien contre le venin paralysant des monstruosités à huit pattes. Voyant qu'ils ne pouvaient rien, Thorin hurle aux Hobbits :
« Bilbo ! Prends Erline et Frodon et fuyez ! Sortez de cette forêt et rejoignez Lacville ! Fuyez ! »
Il ne remarque pas l'araignée derrière lui mais avant qu'ils ne puissent le prévenir, elle le pique violemment dans le dos. Bilbo serre fort Erline contre lui pour l'empêcher de pleurer et s'enfuit avec Frodon. Les deux Hobbits courent dans les bois sombres jusqu'à ce que Frodon trébuche dans une racine. Alors qu'il aide son neveu à se relever, Bilbo voit avec horreur les araignées qui se dirigent droit vers eux. Il jette un rapide coup d'œil à sa ceinture pour y trouver Dard, sa fidèle épée. Ne voyant pas d'autres choix, il cache Erline dans le creux des racines, saisit Dard et se tourne vers son neveu.
« Frodon ! Court chercher de l'aide ! N'importe qui ! Homme, Nain, Hobbit ou Elfe ! Court et ne te retourne pas ! Court ! »
Effrayé, le gamin s'exécute et disparaît sur le chemin. Rassuré de savoir Frodon loin et plus en sécurité, il fait courageusement face aux horreurs. Elles tentent de le piquer mais le Hobbit se défend vaillamment. Il les avait déjà vaincues une fois. Il espère pouvoir recommencer. Épée en avant, il fonce vers les araignées. Dans la bataille, il perd son veston rouge, se retrouvant en chemise. Le dard d'une de ces horribles bêtes la lui déchire dans le dos mais, par chance, ne touche pas la peau. La bataille est féroce et le Hobbit se bat avec une seule idée en tête : protéger son fils ! Par chance, Erline est silencieux et les araignées ne l'ont pas remarqué. L'une d'elles l'attrape soudain par la manche avec ses crochets. Le croyant bloqué, une autre l'attaque… mais le Hobbit sacrifie sa manche de chemise et plante Dard dans le ventre de l'horreur. Mais l'une d'elle attaque par derrière et le frappe dans le dos, sur la partie dénudée. Le Hobbit se retrouve paralysé et s'écroule sur le sol. Ses pensées vont vers son fils, son petit Erline… pourvu qu'elles ne le trouvent pas, qu'il puisse vivre. Alors qu'il s'attend à être dévoré vivant, il entend des cris guerriers et les hurlements stridents des araignées tuées. Alors qu'il sombre dans l'inconscience, il sent quelqu'un le soulever dans ses bras.
Lorsque Bilbo revient à lui, il est d'abord surpris d'être vivant puis il est surpris de se trouver dans un lit. Il sent soudain une main douce caresser ses cheveux et poser délicatement un chiffon humide sur son front. Il se force à ouvrir les yeux et tombe nez-à-nez avec une très belle femme aux longs et fins cheveux blonds, aux beaux yeux verts et au teint pâle. Une elfe ! Bilbo est tellement surpris qu'il se redresse et recule aussi loin qu'il peut de cette femme.
« Ne craignez rien, Maître Hobbit. dit-elle d'une voix douce. Vous êtes en sécurité. Je suis Ninquelotë, épouse de Thranduil et reine des Elfes de la Forêt Noire. »
L'épouse de Thranduil ? pensa Bilbo. Ce sont donc des elfes qui nous ont sauvés ?
« Nous étions en promenade quand un jeune Hobbit nous a demandé de l'aide. Mais j'aimerais comprendre ce qu'un Hobbit peut fabriquer sur nos terres avec une troupe de Nains et un enfant.
Ma dame, excusez-moi mais… j'aimerais d'abord retrouver mes compagnons… demande poliment le Hobbit.
Je vous comprends, Maître Hobbit. Ils parlent avec mon époux en ce moment. Les nains et les elfes ont une querelle ancestrale et chaque rencontre est un combat. Votre présence empêchera peut-être une bataille. »
Bilbo hoche la tête et se lève, heureux que Frodon ait réussit à échapper aux araignées et à trouver de l'aide… même si celle-ci ne plairait aux Nains. Il observe l'état de ses vêtements. Sa chemise est en lambeaux.
« Je suis navrée mais nous n'avons pas de vêtements à votre taille. » s'excuse la Reine des Elfes.
Bilbo lui sourit et hausse les épaules. Bien que son allure ne soit pas reluisante, il se rend dans la salle du trône avec Ninquelotë. Là, les Elfes et les Nains se pointent tous de leurs armes et s'insultent dans leur langue. Tous les Nains sont blessés et affaiblis mais aucun ne veut apporter le moindre remerciement à ces Elfes qui les ont abandonnés lors de la prise d'Erebor par Smaug. Le regard de Bilbo cherche en particulier trois personnes. La première est son neveu, Frodon. Le petit Hobbit est assis dans un coin sur les genoux d'une elfe à côté de Gandalf (revenu de on ne sait où). La deuxième personne est son Roi Nain. Thorin est fièrement dressé devant Thranduil bien qu'il soit blessé. Une plaie saigne sur sa poitrine et son bras droit est en sang et il a dû mal à tenir son épée.
« Thorin ! crie-t-il en rejoignant son roi.
Bilbo ! » soupire le Roi Nain en lâchant son épée.
Le Hobbit se dirige vers son roi et, sans penser aux Elfes, l'embrasse sur les lèvres. Alors que certains Elfes suffoquent de stupeurs, d'autres sont presque indignés. Thranduil observe la scène, sans rien dire, puis il déclare, sans la moindre émotion dans la voix :
« Ainsi, les dires étaient vrais. Le Roi d'Erebor est vraiment tombé amoureux d'un Hobbit. »
Thorin le fusille du regard et serre Bilbo contre lui. Frodon court vers son oncle et le serre fort dans ses petits bras. Soudain, le petit Hobbit regarde autour de lui, inquiet, et demande :
« Oncle Bilbo ! Où est Erline ? »
Bilbo se fige à cette question. Il se dirige vers Ninquelotë et demande, presque suppliant :
« Est-ce que vous avez trouvé un bébé Hobbit lorsque vous nous avez sauvés ?
Un bébé Hobbit ? Non, je suis navrée, Maître Hobbit. »
A cette réponse, Bilbo devient pâle et tombe à genoux en éclatant en sanglots. Thorin se met à ses côtés et le serre dans ses bras. Frodon les rejoints rapidement. Le Roi Nain est furieux.
« Qu'avez-vous fait de mon fils !? hurle-t-il au Roi Elfe.
Ainsi donc le Hobbit vous a donné un fils, Roi Thorin ?
Où est-il ? Que lui avez-vous fait ?
Nous ignorons où il est ! répond froidement l'Elfe.
Qu'avez-vous fait à notre Prince ? grogne Dwalin en levant sa hache.
Rendez-nous notre cousin ! » hurle Kili en sortant son épée.
Les elfes sortent leurs armes, prêts à défendre leur Roi contre ceux avec qui ils partagent une haine millénaire. Les Nains, eux, sont persuadés que les Elfes ont volés leur prince pour détruire Erebor et ils sont prêts à se battre à mort pour le récupérer. Alors que les deux Rois sont face à face (bien que Thranduil ne semble pas inquiet), Ninquelotë qui s'était absentée court vers son mari, inquiète.
« Thranduil ! Je ne trouve pas Legolas ! Où est-il ? »
A ces mots, le Roi Elfe se fige en regardant son épouse et pâlit d'inquiétude. Soudain furieux, il se lève et hurle :
« Où est mon fils ?
Nous l'ignorons ! répond Thorin. Par contre, vous savez où est le mien ! Rendez-le-moi !
Rendez-nous notre Prince ! » hurlent les deux peuples en chœur, prêts à se battre.
Cette fois, la bataille semble inévitable. Gandalf tente de calmer les deux peuples haineux mais aucun n'entends ses paroles pas plus que quelqu'un semble remarquer Frodon qui tente de consoler son oncle en larmes. Ils veulent récupérer leur Prince légitime et pensent que le peuple adversaire sait où il est. Soudain, dans les hurlements en langue elfique et en langue naine, une petite voix se fait entendre.
« Maman… »
Les cris se taisent et tous se tournent vers la porte. Un petit elfe blond se tient à l'entrée, un couffin dans les bras, le visage neutre et sans expression, ce qui est étrange pour un enfant aussi jeune. C'est le Prince Legolas.
« Legolas ! » soupire sa mère en courant serrer son fils dans ses bras.
Le petit elfe ne dit rien. Il se contente de regarder sa mère, puis ce qu'il tient dans ses bras.
« Qu'est-ce que tu as dans les bras ? » demande sa mère.
Elle tente de voir ce que c'est… mais Legolas recule en le serrant d'avantage contre lui comme s'il voulait le cacher ou le protéger. Soudain, des petits gémissements retentissent et ce que tient le petit Elfe se met à bouger. Cette fois, les Nains et Bilbo se figent et observent le couffin que tient le jeune héritier Elfe. Le cœur de Bilbo bat très fort dans sa poitrine. Est-ce possible que… ? Délicatement, Legolas découvre ce qu'il tient et dévoile un petit visage rond encadré par des boucles noirs. Un bébé Hobbit qui gazouille joyeusement en regardant le petit Elfe.
« Erline ! » s'exclame Bilbo en courant vers Legolas pour prendre le petit.
Pleurant de joie, il serre son fils dans ses bras et le couvre de baisers, soulagé de le voir vivant et en bonne santé. Le bébé rit et caresse le visage de son maternel. Thorin s'approche pour s'assurer qu'Erline va bien et Frodon caresse avec joie la joue de son cousin. Legolas sourit en voyant la famille enfin réunie. Le Roi Nain lève son regard bleu acier vers le petit prince et, à l'étonnement général, sourit et lui dit :
« Merci, Prince Legolas.
Je vous en prie, Roi Thorin. » répond l'enfant en s'inclinant, ce qui est rare voir même honteux pour un Elfe.
Bilbo serre Erline contre lui et pleure de joie. Regardant enfin Legolas, il lui sourit avec toute la joie qu'il ressent et dit :
« Merci… Merci infiniment… »
Le petit Elfe sourit et s'approche de Bilbo pour voir le bébé.
« Je l'ai trouvé caché entre les racines d'un arbre quand nous vous avons trouvés. explique-t-il. C'est une chance qu'il soit resté calme et que les araignées ne l'aient pas trouvé.
Pourquoi n'en as-tu pas parlé, Legolas ? » demande sa mère en s'agenouillant à côté de son enfant.
Le petit Elfe ne répond pas, le regard fixé sur Erline. Le petit Hobbit-Nain sourit et gazouille en tendant les mains vers le jeune prince Elfe avant de finalement attraper la petite main du jeune prince. Legolas semble mal à l'aise, heureux et en même temps triste. Frodon se contente de regarder Legolas et de lui sourire pour le remercier d'avoir sauver son cousin avant de se concentrer à nouveau sur Erline. Afin de remercier Legolas, Bilbo fait quelque chose qu'aucun Elfe autre que la famille ou amis intimes du Roi n'aurait osé faire au jeune héritier. Tenant Erline avec un seul bras, il utilise l'autre pour approcher Legolas et embrasse le petit prince aux longs cheveux blonds sur le front. Un geste qui étonne tout les autres Elfes mais que le petit prince accepte avec joie. Enfin calmé et rassuré de savoir son fils en vie, Thorin se lève et s'approche du Roi Thranduil.
« Nos peuples sont en guerre depuis de nombreuses années, Thranduil... commence-t-il. Mais je vous remercie, vous et votre peuple, de nous avoir sauver, ma compagnie et moi. Et je remercie infiniment votre fils d'avoir sauver mon héritier. Mais nous devons repartir et rejoindre Erebor. » déclare-t-il.
À ses mots, le jeune Legolas se fige et ses grands yeux bleus semble se remplir de larmes. Bilbo remarque ça et propose :
« Thorin, peut-être peut-on rester ce soir et se reposer. Erline et Frodon sont sûrement fatigué. »
Le roi Nain se tourne vers son Hobbit qui berce Erline contre lui. Le bébé Hobbit-Nain tient tendrement la main de Legolas, sa main semblant tellement petite et fragile dans celle du petite Elfe. Celui-ci sourit au petit prince Nain et pose délicatement son front contre celui du bébé, ce qui le fait rire. Bien qu'il n'apprécie guère cette idée, Thorin ne peut voir que le sourire de son fils et entendre ses rires. Un sourire attendri sur le visage, le Roi Nain hoche la tête, surprenant à la fois les Elfes et les Nains.
Le lendemain matin, les querelles Nains et Elfes avaient repris. Mais les Elfes aidèrent les Nains à préparer leurs poneys pour leur permettre de rentrer à Erebor. Alors que la compagnie prépare les poneys avec les Elfes (en ruminant), Bilbo profite des premiers rayons du soleil dans le jardin du Roi Thranduil avec Frodon, Erline et Legolas. Le petit Elfe reste sans arrêt proche de Bilbo, les yeux rivés sur le bébé. Celui-ci somnole, les rayons du soleil caressant doucement son petit visage pâle. Bilbo le berce doucement et caresse délicatement les boucles sombres de son bébé. Le petit gazouille dans son sommeil. Legolas et Frodon restent près de Bilbo pour regarder Erline.
« Vous semblez beaucoup aimé Erline, Prince Legolas. sourit Bilbo.
Je le trouve très mignon, Maître Hobbit... et c'est le premier que je sauve des araignées... je l'aime bien même si c'est un nain... c'est un peu étrange... répond simplement le jeune prince Elfe.
Erline est un Hobbit-Nain, Legolas. Il possède un peu de sang elfique en lui. C'est peut-être cela qui vous a permit de le trouver et de le sauver. »
Legolas hausse les épaules puis se masse nerveusement le poignet. Thorin arrive alors et s'approche de Bilbo. Il l'enlace dans ses bras et lui embrasse le front avant de caresser les cheveux d'Erline.
« Nous devons partir maintenant, Bilbo. La route vers Erebor est encore longue. »
Legolas semble triste mais il sait que cette fois, Bilbo ne peut plus rien faire pour empêcher le départ. Cette fois, ils vont devoir partir.
Bilbo monte sur son poney avant de reprendre Erline dans ses bras. Le bébé gazouille en regardent Legolas et sourit. Le petit prince Elfe semble triste. Avant que la Compagnie de Thorin ne reprenne sa route, il arrive à convaincre son père de le laisser dire au revoir au petit prince d'Erebor. Sa mère le prend dans ses bras et il dépose un baiser sur le front du bébé.
« Au revoir, Erline. J'espère que nos deux peuples se reverront en bons termes... et j'espère que nous nous reverrons... »
Erline sourit à Legolas et lui caresse le visage. Ninquelotë repose son fils sur le sol et la Compagnie de Thorin s'éloigne vers Erebor avec Bilbo, Frodon et Erline. Dès qu'ils ont franchit les portes, Legolas court dans sa chambre et se rend sur son balcon. De là, il observe la compagnie s'éloigner jusqu'à ce qu'ils disparaissent derrière les hauts arbres. Le petit Elfe sent son cœur se briser. Après s'être assurer qu'il était seul, il découvre son poignet et dévoile un nom gravé sur son poignet. Chez les Elfes, lorsqu'ils rencontrent leur âme sœur, le nom de celle-ci se grave sur leur poignet. Legolas pleure en regardant le nom. Pourquoi cela lui arriver ? Pourquoi à lui, le Prince de la Forêt Noire ? Le fils de Thranduil ? Pourquoi devait-il avoir ce nom de graver ? Cette romance était impossible. Ils étaient de deux peuples différents, de deux peuples en conflit constant. Il était désormais obligé de toujours cacher son poignet pour éviter la honte à son père. Le nom gravé sur son poignet est... Erline !
