Et voilà la fin du calvaire de Vivis et Zel! Deux chapitres d'un coup, vous êtes des veinards, les petits! Snif, déjà fini... (essuie une larme) Ne manquez pas le prochain épisode!!
My Bonnie lies over the ocean,
My Bonnie lies over the sea,
My Bonnie lies over the ocean,
O bring back my Bonnie to me.
Une journée a passé. Puis deux. Puis trois. Tu n'es pas sorti de chez toi. J'ai dû appeler le lycée pour leur dire que tu ne te sentais pas bien. Tu te rends compte? Devoir être excusé par un élève, ton propre cousin, en plus! Ceci dit, je n'ai pas eu à mentir. Tu n'es vraiment pas bien. Tu n'as même pas l'énergie de soulever le téléphone, alors t'excuser... Je n'ai pas pu rester avec toi autant que je le voulais, pour te soutenir un peu, je n'ai pas pu. Je dois quand même assister aux cours. Ca me dérange de te laisser tout seul, mais après tout, tu es un adulte, non? Tu es parfaitement capable de t'occuper de toi, au moins une journée... C'est ce que je croyais. Je suis revenu dès que j'ai pu. Tu n'avais pas beaucoup bougé, en près de dix heures. Alors te préparer quelque chose pour midi, n'en parlons même pas. Il a fallu que je m'en charge et que je te fasse manger, comme un enfant. N'importe qui aurait trouvé la situation hilarante, mais pas moi. Tu m'inquiètes, on dirait que tu as perdu toute énergie...Et je dois avouer que c'est la première fois que je t'ai vu pleurer...
Bring back, bring back,
O bring back my Bonnie to me, to me
Bring back, bring back,
O bring back my Bonnie to me.
J'ai dû te laisser pour la nuit et rentrer chez moi. J'avais peur que tu fasses une bêtise, et j'ai discrêtement caché ce qui pouvait être tranchant. A croire que je m'occupais d'un enfant... Mais en même temps, avec le désordre qui règne chez toi, pas moyen d'être sûr que j'avais caché tout ce que tu pouvais utiliser pour mettre fin à tes jours... Je sais bien, ce n'est pas ton genre, mais on ne sait jamais. Il a bien fallu que je parte, ensuite, en espérant que tu retrouves un peu d'entrain...
Je reviens le lendemain soir, après les cours. Avant, je n'ai pas pu, mais je n'ai pas arrêté de penser à toi et à ce que tu pouvais ressentir. Azel n'est pas venu non plus. Il doit être dans le même état que toi... J'ai peur de ce que tu as pu faire pendant mon absence. J'ai peur qu'il te soit arrivé quelque chose. Mais finalement, quand j'arrive chez toi, je me rends compte que je me suis fait du souci pour rien. Tu dors à point fermés, et tu n'as visiblement pas quitté ton lit. Qui ressemble plus à un champ de bataille qu'à autre chose. Ton sommeil a dû être agité... Très agité si on prend en compte le fait que tes oreillers ont volé à travers la pièce, que tu es complètement enroulé dans tes couvertures et que tu as balayé tout ce qu'il y avait sur la table de nuit. Tu te réveilles quand j'entre dans ta chambre, et tu me regardes comme si j'étais Loptous en personne. Je sais bien que tu auraus préféré découvrir Azel à tes côtés, mais Azel n'est pas là... Il n'y a que moi ici, que moi pour prendre soin de toi et t'obliger à te lever. Il me faut quand même plus d'un quart d'heure d'efforts pour te faire sortir de ton lit et te rendre un air à peu près présentable. Je vois bien que tu ne vas pas bien, que tu vas de moins en moins bien, mais je ne sais pas quoi faire pour t'aider. Je ne suis pas capable de te faire remonter la pente, je ne peux que te regarder sombrer de plus en plus dans les ténèbres...
Last night as I lay on my pillow,
Last night as I lay on my bed,
Last night as I lay on my pillow,
I dreamed that my Bonnie was dead.
Au moins, c'est le week-end, maintenant. Je peux rester chez toi pour la nuit. Je n'aime pas te laisser seul. Quand les parents ont appris, pour Azel et toi, ils ont poussé les hauts cris. J'ai eu du mal à les convaincre de me laisser te tenir compagnie, et au final, je suis simplement parti. Ils finiront bien par s'en remettre, n'est-ce pas? Et puis, nécessité fait loi. C'est ainsi que je me retrouve chez toi un vendredi soir, à essayer de te tirer de ton abattement. Mais rien n'y fait. J'ai beau tout essayer: films d'horreur comme tu aimes tant, blagues stupides, jeux de mots minables, pop-corn bien sucré, rien n'y fait. Tu regardes à peine le film, tu n'écoutes pas mes blagues ou tu y réponds à peine, et tu ne manges pas ton pop-corn. En fait, ce n'est pas la peine de regarder le film, j'ai un zombie juste à côté de moi sur le canapé. Ton manque de sommeil, ajouté au fait que tu ne manges presque rien et que te coiffer te paraît maintenant inutile, te donnent un air de mort-vivant parfait: teint pâle, cernes, air fatigué, crinière en bataille, Roméro n'aurait pas fait mieux. Après une heure d'efforts, je finis par baisser les bras et décrète l'heure d'aller se mettre au lit. Je te mets dans ton lit, bien bordé, et je vais m'installer sur ton canapé. Tu t'endors tout de suite, et comme je n'entends rien, je m'apprête à faire de même. La nuit s'annonce tranquille, après tout...
Bring back, bring back,
O bring back my Bonnie to me, to me
Bring back, bring back,
O bring back my Bonnie to me.
Erreur. Je dors depuis peut-être une heure, quand un raffut incroyable me réveille en sursaut. Un mélange de gémissements à fendre le coeur, de literie froissée et de chute d'objets. Et finalement, un choc sourd, plus fort. Je me dépêtre de mes couvertures aussi vite que je peux (et manque aller embrasser ta table basse), et je me précipite dans ta chambre. Tu me regardes d'un air assez ébahi, assis à côté de ton lit. Ton cauchemar était si effrayant que tu en es tombé... Je t'aide à te lever, et tu finis par te recoucher. Mais tu as l'air tellement perdu... Tellement triste... Je ne peux pas m'empêcher de te prendre dans mes bras pour essayer de te consoler. Tu es tendu comme une corde de guitare, et je suis sûr que tu es en train de pleurer. Je ne sais pas quoi te dire. Alors, j'attends simplement que tu te calmes. Ce qui finit par arriver, après bien une demi-heure. Tu passes sans transition des larmes au sommeil. Je ne veux pas te lâcher, tu vas à nouveau faire des cauchemars et mettre en pièces le reste de ta chambre. Alors je reste. Tu te blottis contre moi sans te réveiller. Ce n'est pas la même chose qu'avec Ishtar, bien sûr, mais ce n'est pas si désagréable... J'espère juste que personne n'en entendra parler, ou on va s'imaginer des choses, surtout les filles... Je finis moi aussi par m'endormir, et la nuit passe, car il faut bien qu'elle passe.
O blow ye winds over the ocean,
O blow ye winds over the sea.
O blow ye winds over the ocean,
And bring back my Bonnie to me.
Je suis réveillé en sursaut par des coups brutaux. Un simple coup d'oeil à ta montre (que je dois chercher par terre) m'apprend que même si nous sommes samedi, il est à peine six heures du matin. Pas de repos pour les braves... Tu te réveilles en sursaut, manquant de peu de m'assommer au passage. Je me décide à aller voir qui cogne comme un sourd à la porte. Ce n'est qu'avant d'ouvrir que je me rends compte que je ne porte en tout et pour tout qu'un pantalon de pyjama qui a tendance à tomber. Bon, tant pis, il est trop tôt. Je me débats un instant avec la clé avant de réussir à ouvrir. Plantée sur le seuil, il y a Audhumla. Elle a l'air assez mécontente. Avant que j'ai eu le temps de dire quoi que ce soit, elle entre et referme la porte derrière elle. Pendant une bonne minute, elle me balaye du regard de haut en bas et de bas en haut. Son expression est moqueuse, mais je sais à quoi je ressemble, surtout dans cette tenue... Elle demande sèchement:
- Où est Alvis?
Je ne peux que pointer la direction de ta chambre. Elle passe devant moi sans rien ajouter, entre dans la pièce et se campe devant le lit, poings sur les hanches. Je le sens mal... Tu te contentes de ramener une partie de ta tignasse en arrière et de lui jeter un regard vague. Il ne fallait pas... elle explose. Elle se met à crier, bien trop vite pour qu'à cette heure, on saisisse quelque chose. Après un moment, je finis par saisir qu'elle parle d'Azel. Elle hurle qu'il ne va pas bien du tout, qu'il ne dort plus, qu'il ne mange plus, qu'il ne parle plus... Comme toi, quoi. Ca fait assez peur à voir, cette furie rousse qui t'invective à propos de ton petit ami et demi-frère qui déprime à cause de votre rupture. Finalement, elle a l'air de se rendre compte que tu ne réagis pas. Elle s'exclame:
- Et toi, tu ne fais rien? Tu t'en fiches?
Elle attend une réponse, une réaction, que tu nies ou que tu la mettes à la porte. Au lieu de cela, tu éclates en sanglots. Elle te regarde pendant un instant alors que tu pleures comme une fontaine, puis elle fait demi-tour. Elle traverse l'appartement dans l'autre sens, comme un coup de vent, et sort en claquant la porte derrière elle. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, mais une chose est sûre, c'est qu'il faut maintenant réparer les dégâts...
Bring back, bring back,
O bring back my Bonnie to me, to me
Bring back, bring back,
O bring back my Bonnie to me.
Une longue heure s'écoule. Après l'éclat d'Audhumla, pas question de se rendormir. Elle t'a littéralement traumatisé, à hurler comme ça à propos d'Azel et la culpabilité que tu dois ressentir pour le faire souffrir ainsi. Est-ce qu'elle s'est seulement rendue compte que tu souffrais autant? Non, elle a simplement vu qu'Azel n'allait pas bien du tout après votre rupture forcée, et quand il a fait un cauchemar, comme tu en fais toutes les nuits depuis, elle s'est dit que c'était ta faute parce que tu l'avais séduit et fait une erreur, et elle a débarqué ici, bien déterminée à te massacrer si jamais tu ne manifestais pas un immense remords et rampais pour implorer son pardon. Mais elle ne s'attendait pas à te voir dans cet état, toi aussi. Tes pleurs l'ont surprise. Ils ont fini par se calmer, comme les autres. Mais depuis, tu ne bouges plus. Tu regardes dans le vague, un point quelconque sur ta couverture. A moins de regarder de près, on a l'impression que tu ne respires même plus... Je commence à vraiment avoir peur. Je me demande si Audhumla n'a pas cassé quelque chose chez toi, avec ses accusations idiotes... Ce n'était pas si subtil... Je voudrais te consoler à nouveau, mais j'ai peur d'aggraver les choses, moi aussi. Je suis tellement absorbé dans mes soucis, que je n'entends pas la porte d'entrée s'ouvrir, ni les pas sur le plancher. Quelques coups frappés sur le cadre de la porte de ta chambre nous font lever la tête à tous les deux. Et là, sur le seuil, tout pâle et habillé comme l'as de pique, l'air aussi épuisé et malheureux que toi, se tient Azel.
The winds have blown over the ocean,
The winds have blown over the sea,
The winds have blown over the ocean,
And brought back my Bonnie to me.
J'ai l'impression que le temps s'est arrêté. Je fixe Azel comme s'il ne s'agissait de rien de plus qu'une hallucination causée par le manque de sommeil ou la pitié que j'éprouve pour toi, et je ne peux que le fixer d'un air abruti. Toi, pas contre...Tu retrouves toute la vivacité qui t'a fait défaut ces derniers jours. Avant que personne n'ait pu bouger, tu te lèves d'un bond, comme si tu volais au-dessus de ton lit, et tu te jettes sur lui. Il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit que tu lui atterris littéralement dessus en une parfaite démonstration de "flying hug", avec une telle violence que notre pauvre Azel, pas habitué à un choc pareil, va s'écraser sur le plancher en t'entraînant avec lui. Et bien sûr, il ne peut pas se relever parce qu'une grande andouille rouquine est vautrée sur lui à lui faire des câlins. Et à bien y regarder, ça n'a pas l'air de tellement le déranger. Ca doit être la première fois depuis bien longtemps qu'il sourit. Il te rend ton câlin et te murmure quelque chose que je n'entends pas. Finalement, Roméo a retrouvé sa Juliette... En levant les yeux de cet émouvant tableau (mes deux cousins en train de se faire des papouilles sur le plancher), je vois Audhumla, debout sur le seuil, qui vous regarde elle aussi. Le moment est venu de vous laisser seuls tous les deux, vous devez avoir beaucoup de choses à vous dire. Je l'empoigne donc par le bras et la traîne hors de l'appartement en claquant la porte. Elle n'a pas l'air contente (elle voulait certainement lorgner encore un peu), mais il est temps que vous soyez un peu seuls, après plus d'une semaine loin l'un de l'autre... L'essentiel, c'est que vous soyez réunis, enfin. Ce n'est qu'ensemble que vous reviendrez à la lumière, et je pense qu'elle n'est plus loin...
Bring back, bring back,
O bring back my Bonnie to me, to me
Bring back, bring back,
Epilogue: le temps a passé. Vous êtes toujouts ensemble, lui et toi. Bien sûr, c'est mal, et la moitié de la famille vous a reniés avec pertes et fracas, mais vous vous en fichez. L'essentiel, c'est que chacun ait l'autre. La société n'autorise pas le mariage entre personnes d'une même famille, mais de toute façon, vous n'êtes pas mariés. Simplement deux frères vivant ensemble. Les parents ont protesté, bien sûr. La famille, c'est sacré, mais pas à ce point, etc... Vous n'y avez pas fait attention. J'ai bien aimé ton argument pour désarmer la grand-mère s'exclamant que vous deviez avoir des petites amies et des enfants. Tu lui as répondu "Yurius, Yuria et Cyas sauront bien s'en occuper". Au final, tu as fait comme d'habitude, à ta tête. Et c'est tant mieux. Au lycée, vous agissez discrètement, comme si de rien n'était. Pas la peine de te faire virer. Le plus important, c'est que vous soyez ensemble et heureux. Si vous l'êtes, nous le sommes. Et dans ce cas, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes... non?
You brought back my Bonnie to me.
Making-Of qui sera un peu plus long:
- à la base, je ne suis pas pour l'inceste. Mais bon, c'est dans le jeu, hein. Et puis Alvis et Azel sont tellement mignons ensemble...
- toute la fic est à la deuxième personne, parce que je n'arrivais pas à décider si je devais écrire à la première ou la troisième.
- Audhumla n'est pas à moi, elle appartient à Lumeha qui me l'a gentiment prêtée en tant qu'élément perturbateur. Tous ensemble, faisons un gros câlin à Lumy!
- d'ailleurs, la Lumy en question m'a vraiment bien aidée pour tout ce qui concerne nos deux amoureux (j'ai pas joué à FE4) et tous les soucis que j'ai eu avec le scénario...
- Yurius, Cyas et Yuria sont normalement les gosses de Vivis, mais il est un peu jeune pour ça, je crois.
- finalement, Can't Get my Head around You fait partie des Feux de l'Emblème, et donc je peux y faire référence!
- pour moi, Poison est la plus belle chanson d'amour que je connaisse. Et elle colle parfaitement. Vive Alice Cooper!
- My Bonnie est un traditionnel de je-ne-sais-où.
- allusion subtile à Loptous power! =D
- en relisant la fic, je me dis que je suis vraiment pas gentille avec Vivis et Zel... les pauvres... A qui le tour ensuite? review?
