Salut MDR. C'est tellement une blague cette fic, j'y avais pas touché depuis ma première année de fac. Je vais pas me répandre en excuses, parce que la vérité c'est que ma vie est très difficile, que j'ai une quantité monstrueuse de travail pour la fac, et que je n'ai ni le temps ni la motivation pour écrire. Mais ma psy m'a dit que ça pourrait me faire du bien, alors j'ai décidé de me relancer dans un projet qui me rappelle des bonnes choses, à savoir les fanfictions, parce que quelque part c'est réconfortant et ça ne m'évoque que des bons souvenirs.

Je vais pas faire de promesses pour les chapitres à venir. J'essaie d'écrire plus souvent pour ma santé mentale, donc quelque part je vais sûrement publier plus souvent (une fois tous les six mois plutôt qu'une fois tous les trois ans lol on sait pas).

Bon, au sujet de ce chapitre. Un tournant surprenant, parce que j'avais complètement oublié ce que je voulais en faire (j'ai perdu le document initial, j'ai dû la relire ici pour me souvenir du projet). J'essaie de redonner sens à ce récit, parce qu'il me parle personnellement et que j'ai besoin de l'approche fictive. On va dire que c'est une fic thérapeutique, quoi. Le style est moins lent et fleuri parce que j'ai voulu faire bouger les choses et que j'ai perdu beaucoup de mes habitudes (trois ans sans rien écrire… voilà). Je ferai sûrement mieux après, mais là je suis à mon max (comme quoi, c'est pas comme apprendre à faire du vélo, sans pratique on oublie). Je l'ai quand même relu 6 fois ce chapitre, alors j'espère qu'il vaut pas rien. Il fait que 3 000 et quelques mots mais bon, je suis contente de l'effort. J'avais pas écrit autant en tellement longtemps.

BREF, je vous laisse lire, j'espère que ça vous plaira. Bisous.

Disclaimer : l'histoire est à moi, le reste appartient à JKR


Chapitre 4. Le début des emmerdes.

Il s'appelait Paul, c'est ça ? Qu'importe, songea Pansy. La seule chose certaine, c'est qu'il se réveillerait seul dans une chambre habitée par le fantôme de la présence de la jeune femme. Réveillée par une sirène stridente, elle avait réalisé son erreur. T'as pas fait ça, quand même ? T'as pas couché avec un parfait inconnu alors que t'étais fiancée à un autre y a pas une semaine ? La rage au ventre d'avoir pris une décision aussi hâtive et stupide, elle s'était empressée de retourner à l'hôtel, où elle avait mis ses fringues en boule, bazardé son maquillage et ses chaussures, jetant le tout d'une traite dans son sac. Elle était partie aussi soudainement qu'elle était arrivée, décidant que son aventure – la vraie, pas celle d'un soir – commençait dès à présent.

Elle était maintenant posée sur un banc dans un parc, une cigarette à moitié consumée entre les doigts. Elle avait arrêté six mois plus tôt, tant sa mère l'avait sermonnée qu'une épouse respectable ne fume pas, mais elle ne voyait plus l'intérêt de se conformer aux règles ridicules de Mme Parkinson. Elle n'était même plus sûre qu'elle puisse considérer sa mère comme telle - elle avait renoncé à un statut social qui lui avait, par la même occasion, vu la perte de son statut de fille.

Alors qu'elle jetait son mégot, elle aperçut au loin un café internet. Il était peut-être temps de faire face aux réalités multiples qu'elle avait laissées de côté en partant. Son compte en banque, ses e-mails… une foule de choses désagréables devait l'attendre. Elle ne pouvait plus laisser de côté ces tracas. Elle devait y faire face si elle souhaitait un jour pouvoir tourner la page.

Nauséeuse, elle entra dans le café et donna quelques livres à la barmaid, qui lui imprima un code d'accès valable une heure. Elle s'assit et attendit bien dix minutes avant de se décider à se connecter. Elle ouvrit le navigateur et commença à taper machinalement l'adresse URL de son compte en banque. Le plus urgent serait de constater l'état de ses finances, qui ne devait pas être brillant. Entre le billet d'avion payé plein pot, la semaine à l'hôtel, le loyer du dépôt où elle avait entreposé ses affaires, il ne devait plus lui rester grand-chose. La page mit un temps infini à se charger, la laissant fondre d'angoisse sur sa chaise. Quand enfin le chiffre s'afficha, elle crut tomber à la renverse.

$16.41

C'était tout ce qui lui restait. Elle eut envie d'éclater en larmes. Où était parti tout son argent durement gagné ? Elle repensa aux deux dernières années de sa vie et le désespoir fut vite remplacé par la rage. Sa mère ayant refusé de l'aider, elle avait dû prendre un emprunt étudiant, qu'elle avait mis les deux premières années de son emploi à Flint & Co à rembourser dans son intégralité. Le reste de son argent s'était envolé dans des dépenses parfois nécessaires, parfois futiles. Et désormais, il ne lui restait rien. Elle était passée du statut d'héritière fiancée à jeune femme précaire dans une ville dont elle ne connaissait plus rien. Elle n'avait nulle part où dormir et elle ne connaissait personne à Londres.

Refusant de se laisser faire, elle décida ensuite de consulter ses e-mails. 300 messages non-lus l'y attendaient. Filtrant à travers les offres promotionnelles et les messages d'insulte de ses amis et collègues, elle finit par trouver ce qui l'intéressait : un e-mail de sa mère et un e-mail de son ex-fiancé. Elle cliqua d'abord sur celui de sa mère.

De : helen point grace point parkinson arobase yahoo point com (1)

A : p point parkinson arobase yahoo point com

Envoyé : 10/03/2003 à 14:56

Sujet : Scandale et disgrâce

Chère Mademoiselle Parkinson,

Je souhaite simplement vous informer que suite à vos actions répréhensibles et à la honte que vous apporté à cette famille, vous êtes désormais reniée. J'ai consulté mon notaire pour que vous n'ayez pas accès à mon héritage lors de mon décès. Vous êtes priée de ne plus me contacter. Pour toute mesure juridique, veuillez passer par mon avocat, Me Douglas.

Cordialement,

Helen Parkinson

Pansy ne put s'empêcher de lâcher un ricanement grossier. Rien ne la surprenait moins que cette approche démesurée, démagogue et ridicule. Elle ne s'attarda pas plus longtemps sur la question et ouvrit l'e-mail de son ex-fiancé, qu'elle appréhendait beaucoup plus.

De : draco point malfoy arobase aol point com

A : p point parkinson arobase yahoo point com

Envoyé : 08/03/2003 à 19:47

Sujet : ?

Pansy, qu'est-ce qui t'a pris ? Je ne comprends pas. Je suis paumé sans toi, reviens. Je sais que notre relation n'était pas au top depuis quelques temps et que je t'ai négligée, mais on se connaît depuis l'enfance, je ne sais pas fonctionner sans toi. L'humiliation est cuisante, bien entendu, mais il ne s'agit pas que de ça. Tu es où ? Ton appartement est vide et j'ai contacté l'agence qui m'a dit que tu as résilié ton bail. Flint m'a dit que tu lui as envoyé un e-mail très bref pour lui annoncer ta démission immédiate. Personne n'a de nouvelles de toi depuis trois jours. Reviens, je t'en prie… Ou fais-moi au moins signe de vie.

La lecture de ce message lui brisa le cœur. Malgré leur passion tiédie et leur amour en miettes, Draco et elle avaient été amis depuis l'enfance. Ensemble, ils avaient traversé les difficultés de l'adolescence, les chamailleries enfantines, les heures de colle silencieuses, les visites froides de leurs mères respectives… Ils avaient connu beaucoup d'aventures, certaines belles, d'autres moins, ils s'étaient aimés envers et contre tout, jamais de la même manière mais toujours avec autant de tendresse. Elle voulut lui répondre mais elle était angoissée par des soucis plus urgents. Elle n'avait ni d'argent ni de toit. Paralysée par l'angoisse, elle errait sans but sur sa boîte mail, quand un nom lui sauta soudain aux yeux. Harry Potter. Elle avait fréquenté ce type à Poudlard – quoique « fréquenter » fût un bien grand mot pour qualifier leur relation. Ils s'étaient mutuellement tourmentés tout au long de leur scolarité. Elle s'empressa d'ouvrir l'e-mail, persuadée qu'il allait se foutre de sa gueule suite aux évènements de la semaine passée.

De : harry point potter arobase defense point gov point uk

A : p point parkinson arobase yahoo point com

Envoyé : 12/03/2003 à 09:08

Sujet : Ça va ?

Salut Pansy,

Je sais qu'on n'a jamais été potes, mais je t'ai vue au pub McDouglas hier et je dois avouer que j'ai pas pu éviter les unes à ton sujet ces derniers temps. J'ai réussi à obtenir ton adresse mail par un contact qui a acheté un appartement via ton agence. Je me doute que je suis la dernière personne à qui tu souhaites parler, mais si jamais tu as besoin de quelque chose à Londres, n'hésite pas à me le demander. Voici mon numéro de téléphone : (020) 9572 6034

Harry

Abasourdie, elle ne remarqua pas que sa session s'était terminée et que la page s'était fermée. Elle lâcha un long soupir. Elle avait besoin de noter ce numéro de téléphone et voilà qu'il avait disparu.

Elle réfléchit. Harry Potter et elle n'avaient jamais, jamais été amis. Ils n'avaient rien en commun. Par quoi pouvait-il être motivé ?

Elle se rappela soudain qu'au cours de leur scolarité, Potter avait affiché un complexe de héros qui l'avait souvent irritée. Elle savait pourtant qu'il avait eu une existence tragique. Ses parents, membres du service secret de Sa Majesté, avaient été assassinés alors qu'il n'avait qu'un an. Recueilli par son oncle et sa tante, il avait vécu dans leur placard pendant dix ans, avant d'être envoyé en pensionnat à Poudlard dès l'âge de onze ans, comme stipulé dans le testament de feu James Potter. A l'école, il se conduisait toujours comme le grand défenseur de la veuve et de l'orphelin – il était à la fois hautain et humble, une combinaison que Pansy avait toujours trouvé hypocrite.

Quoiqu'il en soit, il lui proposait désormais de l'aide, et elle n'aurait su refuser étant donné l'état des choses. Elle paya 15 minutes supplémentaires d'accès à Internet, nota le numéro de Potter dans son agenda et sortit fumer une cigarette. La fumée brûlante irrita sa gorge et la nicotine lui fit un bien fou. Elle ne savait même plus pourquoi elle avait arrêté – elle n'aurait jamais dû, c'était si bon.

Après avoir fini sa cigarette, elle se mit en quête d'une cabine téléphonique. Il ne lui restait plus beaucoup de liquide, et c'était son dernier espoir. La sonnerie sembla durer des heures.

- Allô ?

- Bonjour, j'aimerais parler à Harry Potter, dit-elle d'une voix hésitante.

- Lui-même, répondit-il d'un air assuré.

- Ah… salut, c'est Pansy. Je viens de voir ton e-mail.

- Oh, Pansy ! Ça va ? Je peux faire quelque chose pour toi ?

Son ton était inquiet, presque paternel. Elle eut envie de raccrocher sur le coup, mais l'idée de passer la nuit sous un pont la découragea immédiatement.

- Et bien… je sais qu'on n'a jamais été proches, mais je suis sans un rond et sans un toit, donc je voulais savoir si tu pouvais m'aider. Si tu refuses, je comprendrais bien sûr, dit-elle, la voix tremblante.

- Oh, bien sûr ! Tu es où ? Je passe te chercher immédiatement.

Pansy lui indiqua vaguement où elle se trouvait et raccrocha. Une boule s'était logée dans sa gorge. Elle avait tout quitté… pourquoi au juste ? Pan était hautement frustrée de cette situation. Une vie confortable, sans un seul souci d'ordre financier, l'attendait à New-York – et elle l'avait jetée par la fenêtre sans une seule considération, sans se poser une seule question. Elle avait suivi Sy sur un coup de tête et maintenant, son quotidien ne ressemblait plus à rien. Elle avait un sac, un paquet de clopes, trois livres en pièces, seize dollars sur son compte et plus aucune famille. Quel putain de désastre.

Vingt minutes plus tard, une BMW noire se gara en face. Harry Potter en sortit. Il n'avait pas vraiment changé – des cheveux noirs indomptables, des lunettes rondes à monture métallique, un jean délavé, un t-shirt à l'effigie des Strokes, et la fameuse cicatrice laissée par l'assassin de ses parents, comme un rappel éternel du crime qui l'avait rendu orphelin du jour au lendemain. Il lui fit un signe de la main et traversa rapidement la route à sa rencontre. Sans un mot, il prit son sac et se dirigea vers la voiture. Elle lui emboîta le pas, gênée par le silence, mais ne sachant absolument pas quoi dire. Putain. Quelle situation étrange.

Le jeune homme démarra la voiture et alluma la radio pour combler le silence gênant qui s'était installé entre eux et qui n'avait pas l'air de vouloir partir. Il prenait tranquillement un café en observant les deux jeunes gens avec un sourire narquois, Pansy en était sûre. Elle décida de le briser.

- Pourquoi est-ce que tu m'as envoyé cet e-mail ? demanda-t-elle d'une petite voix.

Elle l'entendit s'éclaircir la gorge et prendre une pause avant de lui répondre.

- Quand j'ai vu ce qui s'est passé à New-York, à savoir que tu t'es pas présentée à ton mariage, que t'as disparu de la surface de la Terre, que la presse t'humiliait et te crachait à la gueule, j'ai eu de la peine pour toi. (Elle voulut rétorquer et il l'en empêcha :) Pas de la pitié, Pansy, de la peine. T'inquiète, ta dignité est sauve. Après, j'y ai pas trop pensé, et puis je t'ai vue hier dans le pub et je me suis dit que tu avais sûrement coupé tous les ponts avec ta vie new-yorkaise. J'en ai parlé à Hermione, et tu la connais, logique comme elle est, elle m'a dit que tu étais sûrement sans connaissances, sans fric, peut-être même sans toit. Elle a suggéré que je te contacte. J'ai un peu protesté au début, tu dois t'en douter. Dire qu'on était pas proches, c'est franchement un euphémisme quand on pense à comment on se traitait au lycée. Puis Hermione a raisonné avec moi, elle m'a dit que t'étais sûrement dans une situation plus qu'indésirable et que je pouvais mettre nos différends de côté.

- Pourquoi elle ne m'a pas contactée, elle ? Elle avait l'air de le vouloir plus que toi, s'enquit Pansy.

- Elle est à Strasbourg en ce moment ! Elle est députée au parlement européen et elle a beaucoup de responsabilités. Elle t'aurait accueillie sans même y réfléchir, sinon. Elle est bornée mais je pense qu'elle aurait compris, répondit-il, un léger sourire se formant à la pensée de sa meilleure amie.

Le silence se réinstalla tandis que Pansy réfléchissait à quoi répondre. Elle leur était infiniment reconnaissante de se montrer si compatissants avec elle. Elle n'avait été qu'infecte à leur égard. Comment pouvaient-ils oublier sa monstruosité et l'aider ? Le temps d'une minute, elle voulut croire que c'était pour lui étaler leur succès dans la gueule et la ramener à sa misère, mais au fond elle savait que ce n'était pas vrai et qu'il était juste plus simple pour elle d'envisager qu'ils étaient vindicatifs.

- Et toi, tu fais quoi maintenant ?

- Je travaille au ministère de la défense ! Je suis chef du département de gestion de projets depuis deux ans, répondit-il avec enthousiasme.

- J'aurais pensé que t'aurais rejoint le service secret, comme tes parents.

- Non, je l'ai jamais envisagé. Et puis, si c'était le cas, je pourrais pas te le dire ! ajouta-t-il en riant.

Pansy commença à se détendre. Elle sentit ses muscles se relâcher et lâcha même un petit sourire. Elle en oublia même que Potter et elle avaient été ennemis pendant toute leur scolarité – il avait une présence réconfortante et la discussion facile.

- Je peux te demander pourquoi tu es revenue ? lui demanda-t-il soudain.

Elle déglutit. Elle-même n'en était pas sûre.

- Je crois que… je ne sais pas. Je ne pouvais pas rester à New-York, c'est clair, mais j'aurais pu me relocaliser aux Etats-Unis après tout. Quand je pensais à mon mariage, j'étais prise d'une bouffée d'angoisse et d'amertume. Je détestais mon job, mon patron, ma mère me pourrissait la vie, mes perspectives d'avenir me donnaient la gerbe. Et je pensais tout le temps à mon père. Je suis partie sur un coup de tête mais maintenant que je n'ai plus un rond, je sais pas très bien ce qui m'a pris.

Elle faillit parler de la dépression profonde qui l'affectait depuis plusieurs mois mais elle se ravisa. Sy voulait sortir et parler. Pan l'empêcha de dire un mot de plus. Déverser son désespoir et ses états d'âme auprès de Harry Potter, et puis quoi encore ? Il ne lui restait plus que des lambeaux de dignité – elle ne souhaitait pas encore s'en séparer.

Le jeune homme acquiesça doucement avant de se garer.

- On y est !

Pansy prit le temps d'observer le bâtiment en sortant de la voiture. C'était un bâtiment typique de Soho, à l'architecture qui rappelait parfois celle de New-York – avec les escaliers de la sortie de secours zigzaguant la façade de l'immeuble, de longues fenêtres qui devaient sans doute illuminer l'intérieur des appartements. Elle avait toujours rêvé de vivre dans ce quartier – et voilà que l'opportunité se présentait, ou du moins temporairement. L'adresse affichait 12 square Grimmauld (2).

Ils entrèrent et montèrent au troisième étage, où se situait l'appartement de Potter. Pansy entra d'un pas hésitant. C'était propre, rangé, minimaliste. Un mur était dédié à divers prix et récompenses sportifs. Le papier peint était bleu pâle et les meubles allaient des nuances de gris aux tons marrons – le tout avait un goût impersonnel, comme sorti d'un catalogue Ikea, mais on s'y sentait tout de même bien.

- Je te fais un café ? proposa Harry en déposant le sac de Pansy sur le canapé.

Elle acquiesça en silence, toujours perdue dans la contemplation de l'appartement. Deux ans dans une agence immobilière lui avaient appris beaucoup de choses sur l'agencement des meubles et ce qu'ils reflétaient. Visiblement, Harry Potter ne vivait pas seul. Tout semblait indiquer qu'il était en couple – les subtiles différences entre certains meubles, le nombre d'assiettes, et enfin, les récompenses sportives, qui étaient au nom de Ginny Weasley.

- Tu vis avec Ginny Weasley ? s'enquit-elle, avant de le regretter. La question ne sembla pas le gêner.

- Oui, on a emménagé ensemble quand elle a signé son contrat avec l'équipe de Chelsea. L'appartement était à mon parrain, il me l'a légué à sa mort.

Pansy se souvenait de Sirius Black. Longtemps emprisonné pour l'assassinat de son ami Peter Pettigrew, il avait fini par s'échapper quand Pansy avait treize ans. Une rumeur courait comme quoi Pettigrew était bien vivant et s'était exilé en Albanie après avoir mis en scène son meurtre. Quoiqu'il en soit, Sirius Black avait été retrouvé mort deux ans après sa fuite.

- Ça doit être pratique pour vous, de vivre en plein centre de Londres, dit-elle doucement.

- C'est clair, répondit-il en lui apportant son café. Alors, tu vas faire quoi ?

Une boule d'angoisse remonta dans sa gorge. Elle n'en avait aucune idée.

- Je pense que je vais chercher du travail. Ça me semble être ce qu'il y a de plus raisonnable pour le moment, dit-elle, essayant de garder un semblant d'assurance dans la voix.

- Ça me paraît bien, répondit Harry. Je te laisserai mon ordinateur quand je serai au travail. Elle est connectée à mon imprimante, et j'ai plein d'enveloppes et de timbres dans mon bureau. Tu as besoin d'un coup de pouce ?

- Non, enfin pas pour le moment. J'ai un CV solide, je ne sais juste pas où chercher. Je crois pas que retourner dans le commerce soit une bonne chose pour moi, mais je le ferais si j'ai pas d'autre option.

Elle but une gorgée de son café. Il était corsé, comme elle l'aimait. Brûlant aussi, ce qu'elle faillit regretter, avant de se dire que cette chaleur avait quelque chose de réconfortant. L'amertume la forçait à rester terre-à-terre. La chance d'un nouveau départ lui était offert, et elle voulait presser ce citron jusqu'à le dessécher complètement.

Le bruit de la clé dans la serrure la fit sursauter. Elle aperçut une chevelure rousse flamboyante et comprit que Ginny Weasley était là. Elle se crispa inconsciemment, ne sachant pas à quoi s'attendre.

- Ginny ! s'exclama Harry.

- Salut chéri. Putain j'ai besoin d'une d…, elle s'interrompit, remarquant Pansy. Qu'est-ce qu'elle fout là ?

Elle n'était visiblement pas aussi clémente que son petit ami.

- Ne t'énerve pas, s'il te plaît. Je t'expliquerai tout ce soir. Elle a besoin d'un toit et j'ai proposé de l'héberger tant le temps qu'elle trouve un emploi et un logement, rétorqua Harry d'une voix qui se voulait douce mais ferme.

- Non mais tu déconnes ? T'as oublié comment c'était à Poudlard, c'est ça ? T'es complètement con ou quoi ? Elle t'a foutu la misère avec ses petits copains. Hermione en pleurait tout le temps. Ron, ça l'a rendu complètement dingue, il avait envie de tout bazarder. Et tu crois que toi ça t'a pas affecté ? Tu t'es fourré le doigt dans l'œil mon vieux ! Eh, c'est pas le moment pour l'amnésie volontaire, tu vas la foutre dehors et la laisser se démerder ! Je trime pas 10 heures par jour pour rentrer et me retrouver face à sa sale face de petit chien, non mais qu'est-ce que t'as cru eh ? gueula Ginny, ignorant volontairement la présence de Pansy à proximité.

La jeune femme brune voulut s'énerver et mettre une claque à la petite rousse. Ses instincts de pourrie gâtée orgueilleuse à la langue de vipère et à la fierté mal placée – somme toute, l'intégralité de la personnalité de Pan – lui dictaient de l'étrangler sur place pour lui avoir manqué de respect de manière aussi flagrante. Cependant, Pansy se contenta de déglutir et de rester muette. Elle se doutait que si elle avait ramené Potter chez elle et que Draco était rentré d'une longue journée de travail à ce moment-là, il aurait réagi exactement de la même manière. Elle ne pouvait pas lui en vouloir – et elle l'admirait presque de s'affirmer de manière aussi directe et franche. C'était rafraîchissant, quand on savait qu'elle n'aurait pas une once de ce culot quelques années plus tôt.

- Ginny, calme-toi, essaya de raisonner Harry. Je comprends ce que ça t'inspire, mais même Hermione est d'accord – c'est même elle qui l'a suggéré.

La petite Weasley se dégonfla d'un coup, abasourdie d'entendre que sa meilleure amie ait pu accepter ça. Elle resta plantée là comme un piquet, l'air dans le vague, visiblement persuadée qu'elle avait basculé dans une réalité alternative pendant son absence.

- Je… je vais me doucher, finit-elle par murmurer.

Lorsqu'il entendit l'eau de la douche couler, Harry se rapprocha de Pansy. « Je suis désolé, » dit-il doucement. « Il faut la comprendre, tu sais, elle… » Pansy l'interrompit aussitôt. « Je sais, Potter. Je ne lui en veux pas. » Il eut l'air soulagé et prit son sac pour l'emmener dans une autre pièce – la chambre d'amis, sûrement.

- Voilà, on a changé les draps récemment parce qu'on a reçu Ron. J'espère que ça te va.

La pièce était petite mais confortable. Les couleurs étaient en harmonie avec le reste de l'appartement, une odeur de lessive propre flottait dans l'air, et il y avait même une commode pour qu'elle range ses affaires. C'était parfait.

- Merci… Harry, dit-elle doucement.

Il referma la porte, la laissant s'installer. Elle s'endormit presque immédiatement, les émotions de ces derniers jours l'écrasant sous leur poids.


(1) J'ai été obligée d'écrire les adresses mail comme ça parce que ffnet me laissait pas les écrire au format normal. C'est un peu ridicule mais bon, ça se lit.

(2) Aucune idée d'où se trouve le 12 square Grimmauld dans HP, c'était juste un clin d'oeil à l'oeuvre originale.

Evidemment, quelques changements à l'histoire des personnages puisque c'est un UA. J'essaie de combler comme je peux (genre le service secret pour remplacer l'ordre du phoenix, l'Albanie (référence à Voldemort) plutôt qu'animagus). Voilà, j'espère que vous serez content-e-s de retrouver les personnages de l'histoire originale.