Titre : Cher Spock

Titre original : Dear Spock/Beautiful

Lien vers la fic originale : /works/668315

Auteure : MissCar

Traductrice : falyla

Paring : Jim Kirk/Spock Nyota Uhura/Bones Leonard McCoy

Rating : M

Etat de fic originel : terminée (32 chapitres)

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de StarTrek (reboot 2009), l'intrigue est à Miss Car avec son aimable autorisation. Seule la traduction est à moi.

Warning : Homophobes, s'abstenir. Cette fic est un yaoï. Cela signfie qu'elle parle de relations homosexuelles entre deux hommes. Si vous ne supportez pas cette idée, passez votre chemin, cette histoire n'est pas pour vous. Tous les autres, lecteurs avertis ou simples curieux, vous êtes les bienvenus.

Résumé : Parfois il paraît plus simple d'exprimer ce qu'on ressent pour une personne dans une lettre qu'elle ne lira jamais. Malheureusement, les choses ne se passent jamais comme elles devraient…

Bonne lecture.

Cher Spock

Chapitre 3 – Comment je pouvais savoir que cette glace extra-terrestre était dangereuse ?

De : KirkJT

À : SpockX

Sujet : Comment je pouvais savoir que cette glace extra-terrestre était dangereuse ?

Écrit le : 01/07/2258 à 21:35:34

Envoyé le : 02/07/2258 à 00:00:01

Tu es sans doute tout à fait capable me dire quelle est la probabilité exacte pour moi de me faire sévèrement blessé et de perdre conscience sur une mission censée être sans danger mais je t'en prie, abstiens-toi. Ton éloquent haussement de sourcil qui signifie : Bordel, mais à quoi il pensait ? est suffisant. Vraiment, tu pourrais un tantinet rabaisser ton niveau de condescendance ? Je suis suffisamment masochiste pour nous deux, j'ai pas besoin de ton aide.

Sérieusement, tu devais vraiment m'assener un Je te l'avais bien dit devant la moitié du personnel médical ? Je sais, je sais, ce ne sont tes paroles exactes, tu as dit : « Si je me rappelle correctement, Monsieur, j'ai suggéré que vous ne consommiez pas ce produit alimentaire en particulier avant qu'il ne soit scanné » mais c'est pareil. Je suis joliment sûr que c'est la version snob vulcaine pour dire Je te l'avais bien dit. Je deviens trop bon à décoder ce que tu dis vraiment quand tu te mets en mode Vulcain condescendant.

Crois-moi, je sais que je mérite ton regard meurtrier qui signifie t'es trop con comme capitaine pour avoir terminé à l'infirmerie à cause d'une réaction allergique à un sorbet extra-terrestre. Mais comment je pouvais savoir que mes allergies alimentaires choisiraient ce moment-là pour faire tout foirer ? Oui, j'aurais dû écouter quand tu m'as dit qu'il était dans mon meilleur intérêt d'éviter tout ce qui ne m'était pas familier. Une fois encore, comment j'étais censé savoir que cette glace alien inconnue allait littéralement me faire devenir violet avant de me faire tomber dans les pommes.

Je sais que tu as lu tout le dossier préparatoire de la mission, parce que tu déchires à ce genre de truc et, par conséquent, tu sais que refuser une offre de nourriture ou de boisson sur cette planète-ci est considéré comme extrêmement insultant, spécialement durant des négociations diplomatiques. Et quand je dis insultant, je veux dire se faire buter d'abord et interroger ensuite. Je voulais pas qu'on bousille totalement notre première mission diplomatique importante qui n'impliquait uniquement de sourire aux photographes au nom de la paranoïa. Il s'est avéré que tu n'étais pas paranoïaque.

Je te présente mes excuses, même si les excuses sont illogiques. Tu ne vas pas lire ça alors tu ne peux pas me le répéter. Une fois de plus, c'est beaucoup plus facile de dire les choses quand je sais que tu ne vas jamais lire ce que j'écris.

Mon évanouissement au beau milieu de la mission a résolu le problème. Selon ta copine, qui m'a mis au courant de tout ce qui s'était passé pendant que j'étais inconscient, nos hôtes se sont sentis si gênés devant mon malaise qu'ils ont tout signé sans pousser les négociations plus avant. Apparemment, provoquer une urgence médicale chez leurs invités est un faux-pas majeur dans leur culture. Ils ont senti le besoin de nous apaiser. J'aime l'apaisement.

Donc, j'ai passé un peu de temps à l'infirmerie mais tout s'est bien terminé. La Fédération a obtenu l'accès à leurs précieux minéraux et tu as pu mettre en avant tes fabuleuses capacités à négocier. Je ne peux toujours rien te dire sans causer de paradoxes dimensionnels mais tu vas finalement devenir ambassadeur dans une autre dimension. C'est pourquoi tu dois être un bon négociateur maintenant. Je sais déjà que tu es bien meilleur que moi à ça.

Tu es bien plus patient, même si tu me gratifies de tes haussements de sourcils trop souvent, c'est chiant. J'y travaille. Et c'est certain, depuis ces deux dernières semaines, les choses vont mieux entre nous. Pourtant, la moitié du temps, je sens qu'on est à quelques secondes d'exploser. Je me mets en colère trop facilement. Je pense que c'est parce que j'ai passé trop de temps dans les parages de Frank. Désolé, c'est un mécanisme de défense résiduel.

Avant qu'il ne meure, Sam me disait que j'étais trop sensible et que je prenais tout du mauvais côté. Il me disait aussi que je cherchais juste une raison de me battre avec Frank parce que je le détestais. Ça n'a pas vraiment changé une fois que Frank est sorti de ma vie.

Mon petit frère Kevin, lui, disait toujours que je cherchais constamment une excuse pour frapper quelqu'un ou lui arracher la tête. Il disait ça généralement quand je commençais à crier sur lui pour des raisons dont je me rappelle plus maintenant. Si t'as jeté un coup d'œil à mon dossier judiciaire ou si ta petite amie t'a parlé de notre première rencontre, tu sauras que c'est vrai. Je réalise que je dois cesser de frapper d'abord et de poser des questions ensuite. Je m'y emploie. En vérité, je n'ai pas tenté de te frapper depuis l'affaire de Nero, même si parfois, ça me démange vraiment. Tu ne veux absolument pas savoir combien de fois j'ai boxé mon oreiller ces derniers temps en prétendant que c'était toi.

Donc, quelles sont les chances de garder cette information particulièrement humiliante en dehors du rapport de la mission ? Une fois encore, je suis bien certain que certains membres de l'Amirauté qui m'ont nommé à ce poste sous la contrainte, se demandent probablement quelle genre de drogue ils prenaient quand ils ont signé les papiers. Moi qui finis à l'infirmerie lors d'une mission censée être pacifique à cause d'une réaction allergique alimentaire ne va me faire gagner aucun fan parmi l'Amirauté. (Oui, je sais, cette phrase est grammaticalement bancale mais la faire commencer par je sonnait juste trop bizarre. Spock, ça, c'est ma lettre et je serai aussi grammaticalement incorrect que je le veux. C'est pas comme s'il y avait un risque que tu corriges ma grammaire. C'est moi ou tu prends ton pied en faisant ça sur la passerelle ?)

Je pourrais nommer tous les amiraux qui me détestent mais je suis en train de retranscrire cette lettre à l'ancienne, à l'infirmerie et je n'ai pas l'énergie de les citer tous. Soyons honnêtes, Pike est le seul membre de l'Amirauté qui me croit capable de faire ce boulot et qui ne voit pas ma nomination comme un outil de recrutement ou un coup de relations publics. Mais même moi, je pense que ma nomination est un gros coup médiatique.

J'ai l'impression qu'ils m'observent tous sous un microscope, dans l'attente que je salope le boulot. Je sais que tu crois que je suis paranoïaque mais je suis certain que c'est ce qui se passe réellement. Je suis si inquiet à propos de ces crétins qui me surveillent que j'ai reconfiguré mon compte e-mails afin qu'il efface automatiquement certains messages du serveur. Par exemple, à minuit, cette lettre disparaîtra automatiquement de ma boîte de réception et du serveur. Comme si je voulais que certains membres de l'Amirauté découvrent que je doute de mes capacités à faire ce job ou pire, que toi, tu reçoives ce message. Tu m'étranglerais pour de bon avant même que je puisse m'expliquer.

Tu es tout le temps en train de consulter mon PADD pendant notre service. Tu pourrais accidentellement tomber sur le message. Une fois de plus, je suis paranoïaque mais parfois, ça a du bon.

Pendant que mon meilleur pote me maudissait sur un ton très surprotecteur – comme seuls les médecins/meilleurs amis savent le faire – de consommer de la nourriture étrangère bizarre en mission, il a mentionné que tu l'avais rendu totalement dingue en prenant de mes nouvelles toutes les quinze minutes, jusqu'à ce que je me réveille. C'est vrai ? Mais pourquoi tu aurais fait ça ? Tu étais vraiment inquiet pour moi ? Même si tu dirais probablement qu'être inquiet est complètement illogique, j'espère que tu l'étais.

Si les choses avaient été inversées et que tu étais allé à l'infirmerie, je me serais inquiété pour toi. Si tu n'étais plus là, avec qui je me battrais sur la passerelle ? Je pense que tu me manquerais bien trop. J'ai besoin de toi.

À suivre…

Voilà, la suite comme promis. Vos commentaires sont les bienvenus.

Bisous

Falyla