Want
Il y a ce moment de bonheur qui se produit entre le sommeil et la conscience, juste à l'instant où vous vous réveillez mais avant d'ouvrir les yeux, lorsque vous ne pouvez vous rappeler de faits arbitraires tels que la date, la saison, ou même la ville dans laquelle vous vous êtes endormi. L'attrait du sommeil était tentant, mais pas tout à fait aussi fort que la réalité dans laquelle il se réveilla. John glissa dans la conscience recroquevillé contre la poitrine nue de Sherlock, avec un bras mince et fort enroulé autour de lui, lui apportant un soutien. Pendant un très long moment il resta là, satisfait d'entendre le bruit des battements du cœur de Sherlock juste sous son oreille. Il soupira de bonheur, incapable de se souvenir de la dernière fois où il s'était réveillé en se sentant aussi calme et tout à fait à l'aise.
"Tu es réveillé ?" murmura Sherlock au-dessus de lui.
"Mmhmm. Bonjour" le salua-t-il à moitié endormi, offrant paresseusement un doux baiser au centre de la poitrine de Sherlock alors que la main du détective se déplaçait lentement de haut en bas sur l'épaule de John. Alors qu'il s'éveillait de plus en plus, renonçant au confort du sommeil pour la plus agréable sensation d'un monde paisible, il se rendit compte que le monde se résumait à eux deux, une entité post-coïtale de membres enchevêtrés.
"Bonjour" répondit Sherlock, sa voix toujours aussi forte et profonde (John la sentait gronder au sein de sa poitrine), exempte de toute trace de sommeil.
"Depuis combien de temps es-tu réveillé ?" demanda le docteur, inspirant profondément. Sherlock sentait la sueur et le sexe, un parfum qui aurait dû être décourageant mais qui leur rappelait à tous les deux la nuit dernière, comment ils l'avaient passée à s'explorer l'un l'autre et à se faire plaisir pour la première fois. Il ne pût s'empêcher de placer un autre baiser sur la peau pâle de Sherlock.
"Depuis environ 04h30." Ce n'était pas inhabituel pour le détective, il ne dormait pas aussi longtemps que la plupart des gens et John y était habitué depuis le temps qu'ils étaient amis, il en était réellement conscient maintenant qu'ils étaient amants.
De nombreuses nuits depuis qu'ils s'étaient mis ensemble, John s'était endormi aux côtés du détective seulement pour le voir se faufiler hors de la chambre au beau milieu de la nuit, il avait appris à ne pas se sentir offensé par ça – Sherlock avait ses meilleures idées aux premières heures de la journée et filait en douce pour prendre des notes, ou résoudre des problèmes, ou encore commencer des expériences au petit matin. John était content qu'il soit resté au lit cette nuit cependant, il ne l'admettrait jamais mais s'il s'était réveillé seul après leur première fois, il aurait été un peu déçu.
Et quelle première fois. Si John avait l'air stupide et maladroit de fierté, Sherlock eut la bonne grâce de ne rien dire, alors que le docteur levait la tête pour regarder correctement son amant. Depuis le temps qu'il le connaissait, Sherlock n'avait jamais semblé si délicieusement calme. Il avait les yeux mi-clos et regardait John dans les yeux, et ses lèvres étaient recroquevillées en un vague sourire. Il avait l'air jeune, insouciant, presque innocent – presque. Ses cheveux trahissaient le fait qu'il avait passé la nuit à se livrer à des plaisirs charnels, qu'il avait craint ne pas posséder.
"Tu te sens bien ?" demanda John à voix haute.
"Un peu courbaturé" marmonna Sherlock tout en inclinant sa tête pour placer de sa propre initiative un baiser sur les cheveux tout aussi désordonnés de John.
"Un bon bain chaud ?" suggéra-t-il, posant sa paume à plat sur le cœur de Sherlock, qui battait doucement contre sa cage thoracique. Sherlock ronronna son accord, son corps entier vibrant doucement dans la lumière du petit matin lui donnait un air un peu éthéré – un ange déchu.
"Ça semble idyllique" répondit le détective, ignorant tout de la notion romantique que John associait aux anges débauchés.
"Des regrets ?" lui demanda John, la tête désormais claire, débarrassée de sa somnolence matinale.
"Mm… j'aurais aimé que nous fassions cela plus tôt" admit le détective, conduisant John à rire doucement. C'était Sherlock qui avait refusé que leur relation aille plus loin, confessant à contrecœur que l'intimité physique n'était pas son point fort (et confirmant par la suite la croyance de longue date de John, à savoir que Sherlock était en fait encore vierge – plutôt surprenant étant donné l'époque et son âge mais pas vraiment un choc pour John). Il avait été patient, laissant Sherlock mener la relation à son propre rythme. Ils avaient partagé un lit dès le premier jour, le détective affirmait que la présence de John dans son lit l'aidait à dormir (malgré ses fréquentes pérégrinations nocturnes, il avait désormais un rythme de sommeil beaucoup plus régulier qu'avant) et pour John cela avait été une vraie torture de se coucher à côté du génie excentrique, si proche mais n'ayant pas le droit de le toucher. Il avait perdu le compte des douches froides qu'il avait dû prendre après s'être réveillé près de la chaleur de Sherlock, de son odeur imprégnant les draps.
"Je t'avais bien dit que tu aimerais ça" le taquina John.
"Trois mois et deux jours" murmura Sherlock, regardant avec curiosité les doigts de John esquisser des motifs abstraits sur son ventre.
"Hm ?"
"C'est le temps qu'il t'as fallu pour me convaincre d'avoir des relations sexuelles avec toi" l'informa Sherlock. John n'était pas tout à fait d'accord avec la formulation (il n'avait pas tant que ça dû convaincre son colocataire) mais il savait que ce que Sherlock voulait dire et ce qu'il disait réellement étaient deux choses tout à fait différentes, alors il laissa couler. "Je suis sûr que c'est une plus longue période que ce que tu as jamais dû faire pour mettre une femme dans ton lit."
"Oui. Mais l'attente valait le coup" le rassura John.
"Vraiment ? demanda le détective, ne sachant vraiment pas. Il avait lui-même plutôt apprécié la nuit dernière, mais il n'avait aucune idée de ce qui définissait une expérience sexuelle 'réussie' (un orgasme mutuel probablement, et c'est ce qui s'était passé alors…).
"Oui, espèce d'idiot, ça valait le coup." Le docteur se mit à rire doucement.
"Ouais… je suppose" convint un Sherlock pensif, son esprit traitant les facteurs – autres que son propre sentiment de satisfaction – qui pouvaient conclure que la nuit avait été un succès complet (Le moment ? Bon. Le lieu ? Parfait. La préparation ? Très bien. Oui. Cela avait été une bonne nuit.)
"Je peux t'entendre penser tu sais" marmonna John. "Arrête de tout analyser. Tu as aimé, pas vrai ?"
"Oui."
"Alors il n'y a pas à réfléchir" lui dit John, brisant leur étreinte pour se glisser sur Sherlock et se caler au-dessus de lui. Il regarda son partenaire dans les yeux alors que le plus grand (plus long ?) des deux hommes prit la parole.
"Mon cerveau ne peut pas se contenter de s'éteindre. J'analyse toute information qui m'est donnée, et tu m'as donné de quoi travailler avec la nuit dernière." Les mains de Sherlock glissèrent pour aller s'enrouler autour des épaules de John, le tirant vers lui pour le premier baiser de la journée.
Sherlock n'avait pas toujours été très versé dans les embrassades. En fait, la première semaine de leur relation n'avait compté que le baiser qui les avait amenés à se mettre ensemble en premier lieu, en dehors d'un (qui les avait en quelque sorte prit tous les deux (ainsi que la totalité de Scotland Yard) par surprise), dont Sherlock avait contourné le problème. Plusieurs fois après la longue et étrange conversation qui avait suivi leur premier baiser en public, John s'était attendu à ce que Sherlock l'embrasse mais le détective s'était contenté de lui tapoter maladroitement l'épaule ou la tête. Ce n'était pas la forme d'affection la plus classique ("Est-ce qu'il vient juste de te tapoter la tête ? Es-tu son petit-ami ou son chien ?!" – Sally Donovan) mais John comprenait que Sherlock n'y connaissait pas grand-chose en matière de marques d'affection appropriées. Et même si par la suite il avait laissé Sherlock dicter la progression de leur relation, John avait toujours été l'initiateur de leurs premiers baisers.
Et ils avaient toujours agréablement surpris Sherlock. À chaque fois que le détective avait dit quelque chose d'intelligent et qu'il méritait un baiser, ou alors lorsqu'il était nécessaire qu'il cesse de parler et que John ne voyait rien d'autre qu'un baiser pour le faire taire, il s'était immédiatement figé et avait en quelque sorte fondu dans le baiser, devenant par la suite une version beaucoup plus calme et douce de lui-même. (Initialement, Lestrade s'était farouchement opposé à ce que Sherlock et John 'se bécotent sur les scènes de crimes !' décrivant cela comme 'tout à fait inapproprié !', mais lorsque John avait cessé ce comportement pendant une semaine ou deux, Lestrade s'était vite rendu compte qu'il préférait les voir s'embrasser plutôt que d'écouter Sherlock énumérer toutes sortes de déductions sur sa vie personnelle, ou encore insulter les parents du défunt).
Il en était stupéfait à présent, même si c'était lui qui l'avait initié. Sherlock était constamment dans un état de surprise avec John, étonné que quelqu'un veuille réellement l'embrasser, fasciné que John se soucie de lui alors que jamais personne d'autre ne l'avait fait, abasourdi que malgré sa nature Sherlock soit amoureux de ce brave soldat un peu fou. Il approfondit le baiser et John fut plus qu'heureux de suivre le rythme, pressant sa langue dans la bouche de son compagnon (et émettant un léger grognement en se rappelant où cette même bouche avait été la nuit précédente). Sherlock rompit le baiser avec un léger soupir.
"Intéressant… le souvenir d'une réponse sexuelle est suffisant pour déclencher une réponse sexuelle…" marmonna-t-il, soulevant sa cuisse pour frôler l'excitation grandissante de John. Un sourire espiègle se fraya un chemin sur le visage du docteur.
"Ouais, c'est drôle ça." Il le taquinait, sachant à quel point ça allait être amusant d'enseigner les joies du sexe à Sherlock. Personne n'avait jamais eu à enseigner quoi que ce soit au détective. John inclina la tête de façon à ce que ses lèvres se retrouvent contre l'oreille de Sherlock. "Je veux dire, qui pourrait penser que le souvenir de ta bouche enroulée autour de leur sexe serait pour le moins érotique ?" Il léchât le contour de l'oreille de son amant, faisant légèrement trembler le jeune homme sous lui. "Qu'être allongé nu contre son magnifique compagnon, sachant à quoi il ressemble dans les affres d'un orgasme, pourrait être excitant ?" murmura-t-il, soufflant doucement sur l'endroit qu'il venait de lécher. Sherlock fit un bruit étrange, une sorte de gémissement qu'il aurait essayé d'atténuer, résultant en petit cri aigu. "Qui aurait pu deviner, que savoir réduire l'homme qui ne se tait jamais en un être qui n'est que gémissements et halètements, pourrait être sexy, hein ?"
"Tu as de bons arguments" concéda Sherlock, se tortillant sous les attentions de John. Ledit John rit doucement et se recula. Honnêtement, Sherlock avait l'air tellement désirable que John aurait pu le prendre ici et maintenant sur ce lit, mais le docteur comprenait son compagnon beaucoup mieux que la plupart des gens (voire même mieux que Sherlock lui-même). Sherlock a dit qu'il avait de 'nouvelles informations' à traiter, et quand le détective avait de nouvelles informations, il les exploitait à fond. John pourrait facilement convaincre Sherlock de se lancer dans un deuxième round, peut-être même dans un troisième s'il était d'humeur particulièrement passionnée, mais il se sentirait submergé. Et quand Sherlock était submergé par quelque chose il fuyait, et John ne tenait pas à subir une nouvelle semaine d'indifférence de la part de Sherlock (comme la fois, deux mois plus tôt, où le docteur avait accidentellement provoqué chez Sherlock sa première érection depuis 5 ans. Le détective avait refusé de parler à John pendant toute une semaine, le temps qu'il s'occupe des répercutions émotionnelles). Sachant à quel point il serait facile de perturber leur paresseuse dynamique matinale, John fit preuve d'une maitrise de soi surprenante et se dégagea de sa position au-dessus de Sherlock.
"Toujours partant pour ce bain ?" offrit-il, se levant et ignorant sa semi-érection. Sherlock eut l'air tout à coup légèrement choqué, il avait vraiment pensé qu'ils allaient quelque part avec toute cette drague et cette conversation légèrement cochonne… Il hocha lentement la tête, ne sachant pas ce qu'il avait fait pour que John passe de son regard 'chambre à coucher' au fait de lui faire couler un bain, mais il laissa son compagnon traverser le couloir dans sa seconde meilleure robe de chambre (la bleue, c'était désormais officieusement la sienne de toute façon, il la portait assez souvent).
Quand Sherlock eut suffisamment récupéré du choc d'avoir été excité puis abandonné, il entendit le robinet être fermé dans la salle de bain et se traîna hors du confort chaleureux de son lit (son lit, toujours le sien. La chambre de John l'agaçait). Il se glissa dans sa robe de chambre rouge, rejoignant John dans la salle de bain.
"Je viens de terminer" dit John, indiquant la baignoire pleine. Sherlock hocha lentement la tête. "Eh bien… entres-y."
"Es-ce que tu te joins à moi ?" demanda-t-il, espérant sonner désinvolte et insensible.
"Sherlock, la baignoire est à peine assez grande pour tes grandes jambes dégingandées, tu n'arriveras pas à y faire entrer deux personnes. Quoi qu'il en soit, je ne suis pas celui qui a mal au derrière pas vrai ?" Il sourit tendrement à Sherlock, qui avait légèrement rougit. "Merci pour ça… à propos. J'avais en quelque sorte pensé que tu voudrais, tu sais… être à la place du conducteur pour ainsi dire ?"
Sherlock fit glisser son peignoir, s'exposant une fois de plus à la vue de John. Il avait été nu et vulnérable la nuit dernière, mais John avait été dans un état similaire. John était désormais entièrement protégé par la robe de chambre trop grande de Sherlock, et le détective se sentit étrangement exposé alors qu'il entrait dans son bain.
"Aucun intérêt d'être à la place du conducteur tant que je ne sais pas conduire" répondit-il, sentant la chaleur de l'eau le parcourir alors qu'il s'affaissait. John avait raison à propos de la taille de la baignoire, il avait dû plier ses genoux pour s'y adapter, John ne serait jamais capable de s'asseoir sur ses genoux dans la baignoire comme le faisaient les couples romantiques dans ces films immondes. Malgré tout… Sherlock ne pouvait s'enlever de la tête que John l'avait envoyé balader, John l'avait entrainé là-dedans et voilà qu'apparemment il n'était pas d'humeur à continuer. Sherlock pataugea un peu dans l'eau, il était trop grand pour cette baignoire et ses genoux dépassaient la ligne d'eau, ils étaient donc constamment froids.
La chaleur était fantastique pour ses muscles endoloris, il pencha la tête en arrière et regarda le plafond. L'humidité de la pièce faisait flétrit ses boucles échevelées, alors que John se mettait à genoux à une extrémité de la baignoire.
"Ai-je fait quelque chose de mal ?" demanda prudemment Sherlock, alors que la main de son colocataire entrait dans l'eau, pour éclabousser quelque peu sa poitrine.
"Quoi ? Non. Pourquoi ?" John avait l'air vraiment perplexe. Il leva la main, laissant des gouttelettes tomber gracieusement de sa main dans le cou de Sherlock.
"Tu avais l'air… passionné ce matin. Et puis tout à coup tu es parti me faire couler un bain. Je me demandais si j'avais dit une bêtise." Sherlock réfléchissait, jouissant de la sensation.
"Non, certainement pas" la rassura John. "C'est juste que… je ne voulais pas te surcharger. La nuit dernière était incroyable mais si tu n'es pas prêt pour tout ça… des nouvelles données et tout…" John s'arrêta, distrait par le trajet des gouttes d'eau descendant le long de la longue gorge pâle de Sherlock. Mon Dieu, était-il vraiment possible que Sherlock ne voie pas à quel point John avait envie de lui ?
"John, je n'aurais pas activement participé aux activités de la nuit dernière si je ne m'étais pas senti prêt" déclara Sherlock sans ambages. "Permettre à notre relation de prendre une dimension sexuelle était une décision mutuelle et non pas une que j'ai prise à la légère. C'était une progression logique et – "
"Très bien Spock" dit John avec un sourire. "J'ai compris. Là, assieds-toi" ordonna le docteur et Sherlock se décala dans la baignoire pour faire ce qu'on lui demandait. John récupéra de l'eau dans ses mains et la versa sur la masse de boucles brunes de Sherlock plusieurs fois, jusqu'à ce que ses cheveux soient trempés. Il y appliqua ensuite le shampoing bleu nacré, ses doigts glissant dans les cheveux de Sherlock, massant son cuir chevelu.
"C'est… bon." Sherlock gémit doucement, se blottissant vers le haut contre le mouvement circulaire des doigts de son compagnon. "Très agréable même."
"Ouais, j'ai remarqué que tu aimes que l'on joue avec tes cheveux." John sourit, se souvenant vivement d'avoir fait courir ses doigts dans les cheveux de Sherlock la veille, le rapprochant de lui pour se frotter contre ce corps magnifique.
"Non. Je n'aime pas que l'on joue avec mes cheveux. J'aime quand tu joues avec mes cheveux. Sois précis" le corrigea Sherlock, et John considéra sérieusement l'idée de lui mettre exprès du shampoing dans les yeux. Au lieu de ça il opta pour un baiser, se relevant et faisant basculer le visage de Sherlock vers le sien, leurs lèvres se rencontrant en un baiser doux et affectueux. Le brun était chaud et doux, une notion désormais fantastiquement familière.
John n'avait pas besoin d'aider Sherlock à se laver, mais il le fit quand même – faisant courir une éponge savonneuse sur son corps et devenant progressivement plus amoureux des doux sons gutturaux que Sherlock émettait comme appréciation du traitement. Un miaulement par ci, un ronronnement par là – il était adorable. Au début de leur relation, John n'aurait jamais pensé que Sherlock serait aussi vocal. John lui-même était l'archétype de l'homme Anglais – ce dont il était fier –, le gars avec une pointe de romantisme mais pas du genre à verbaliser toute intention, désir ou problème qu'il pourrait rencontrer. Sherlock ne se taisait sur rien, jamais – mais John avait supposé qu'il tiendrait sa langue dans le domaine de la romance. Ce n'était pas le cas. Il prévint John quand il était heureux à propos de quelque chose, il le prévint quand il ne l'était pas. La même chose s'appliqua au sexe, bien qu'il n'utilisa alors pas autant de mots.
La nuit dernière il avait marmonné, murmuré son approbation sur tout ce que John lui avait fait. Oui, c'était un amant très vocal, et John n'aurait pas voulu qu'il en soit autrement.
L'eau commençait à refroidir maintenant, et chaque centimètre de la peau de Sherlock dépassant de l'eau était recouvert d'une mince couche de chair de poule.
"Tu vas geler si tu restes dedans plus longtemps" lui dit affectueusement John. Le détective lui lança un regard qui disait clairement qu'il savait exactement combien de temps il pouvait rester dans la baignoire avant de risquer l'hypothermie, de sorte que John l'embrassa pour le faire taire une fois de plus, avant de se saisir de la serviette posée sur le radiateur alors que Sherlock (un peu étourdi) sortait de la baignoire. John s'avança vers lui et enroula la serviette chaude autour de lui.
"Est-ce que tu vas être à ce point… domestique avec moi à chaque fois que nous nous engagerons dans un coït ?" demanda Sherlock, fixant John à travers une cascade de boucles sombres lui gouttant devant les yeux.
"Peut être." John haussa les épaules.
"Ah" répondit Sherlock, resserrant la serviette autour de lui et tapotant légèrement vers le bas pour se sécher. "Instinct d'accouplement" lui dit-il, ses yeux n'ayant pas quitté le médecin.
"Pardon ?" John ne pût s'empêcher de sourire, sachant qu'il était bon pour un cours.
"C'est un instinct d'accouplement" l'informa Sherlock. "La plupart des primates mâles ressentent de profondes affinités pour leur partenaire dans le sillage immédiat de l'activité charnelle, un désir de protéger et de faire plaisir pour que leur partenaire ne recherche pas l'épanouissement ailleurs… Je n'ai aucune intention d'aller voir ailleurs" ajouta Sherlock après coup.
"Bien" dit John, récupérant la robe de chambre de Sherlock sur le sol alors que ce dernier retirait la serviette de son corps désormais sec pour se sécher les cheveux, apparemment content de rester là complètement nu. Non pas qu'il ait quelque chose à se reprocher bien sûr.
"Si cela peut te rassurer, je sens que notre lien a augmenté de façon exponentielle avec l'ajout d'une composante sexuelle à notre relation" offrit doucement Sherlock. C'était pour Sherlock les mots les plus proches d'un 'je t'aime'. Heureusement, le cerveau de John possédait un traducteur Sherlock-vers-Anglais alors il se contenta de sourire.
"Oui" agréa-t-il. "Moi aussi." Il lui remit son peignoir mais Sherlock sembla l'étudier dans la main de John, sans le prendre.
"J'apprécie ton désir de ne pas m'accabler de nouvelles informations, mais il s'agit d'une préoccupation tout à fait inutile et si tu es prêt je serais partant pour une virée…"
"Une virée ?" demanda un John confus. Sherlock soupira, frustré par le manque de concentration du docteur face à son petit ami nu.
"Voilà pourquoi je ne parle jamais par euphémismes, trop confus. Je fais bien sûr référence à notre précédente analogie automobile. Je tentais de suggérer une partie de sexe anal sans paraitre trop grossier" dit-il avec exaspération.
"Ah d'accord." John acquiesça, puis jeta un pavé dans la mare en croisant Sherlock par derrière pour le rhabiller lentement.
"Alors c'est un non pour le sexe ?" demanda Sherlock, glissant ses mains dans ses manches et se sentant étrangement stupide à se faire vêtir par une autre personne. Les bras de John s'enroulèrent autour de la taille de Sherlock de façon à lui attacher sa ceinture.
"Puisque tu le demandes si gentiment, c'est certainement un oui pour le sexe" lui dit John, posant sa joue sur le tissu entre les omoplates de son compagnon.
"Je ne suis peut-être pas le plus expérimenté dans ce domaine, mais m'habiller n'est-il pas contre-productif pour cette activité ?" demanda Sherlock, en regardant leur forme combinée dans le miroir. Mon Dieu, John était si minuscule en comparaison, blottit contre lui par derrière.
"Yep" dit brillamment John alors que Sherlock se retournait dans sa prise pour pouvoir lui faire face et l'embrasser correctement.
"Je ne te comprendrai jamais John Watson" l'informa Sherlock, ce n'était pas destiné à être une insulte ou un compliment, juste une vague considération à voix haute de la part du détective.
"Bien" dit John avec un léger hochement de tête. "Le jour où tu me comprendras complètement sera le jour où tu t'ennuieras, et tu partiras." Sherlock ne jugea pas nécessaire de lui dire que cela n'arriverait jamais.
"Alors… tu te comportes de façon contradictoire juste pour me tenir en alerte ?" demanda-t-il, faisant courir ses mains sur le dos de John, souhaitant que le vêtement n'y soit pas.
"Non. Je suis juste une contradiction ambulante. Dans ce cas, cependant, je te remets ta robe de chambre juste pour avoir le plaisir de te l'enlever à nouveau là-dedans." Il hocha vaguement la tête en direction de la chambre.
"Ah…" Sherlock baissa la tête, ses lèvres effleurant l'oreille de John alors qu'il chuchotait dans un souffle: "Alors, pourquoi sommes-nous encore debout dans la salle de bain ?" Il embrassa John sur la joue, puis recula et prit tout à coup un air grave. "John… tu es un très bon professeur et j'apprends très vite…" dit-il sur un ton sérieux.
"Ouais ?"
"Alors… je peux conduire ?" John ne put s'en empêcher. Il rit.
Et voilà pour le chapitre 4 ! Comme promis, fluffy comme un bébé lapin ^^
J'espère que vous avez apprécié, et je vous dit à bientôt pour le chapitre 5 qui sera intitulé "Anger" (il devrait arriver beaucoup plus rapidement celui là xD)
Merci de l'avoir lu !
