Chapitre 4 : Préparatifs.

Ils se situaient dans l'armurerie, chacun se préparait silencieusement, aussi vite que possible. L'ambiance avait changé sur le vaisseau. La tension se répercutait partout, dans les machines, au post de pilotage, sur le pont, à présent tout l'équipage était au courant. Eden Prime subissait une attaque, le Normandy se dirigeait droit vers le danger.

L'air électrique était encore plus palpable ici, trois soldats seraient directement lâchés dans la tempête. Le Commandant Shepard, le Lieutenant Alenko et le Caporal Jenkins qui s'échinaient aussi conscencieusement que rapidement de revêtir leur armures et d'installer tout l'équipement et les armes qui allaient de pair. Le largage était prévu dans dix-sept minutes, temps amplement suffisant pour eux. Un Marine de l'Alliance devait avoir tout assemblé en moins de huit minutes. Johanna était prête, aussi mince et leste qu'une lame d'acier de profil, dans son armure N7 des forces spéciales. Même soumise au poids d'un lourd blindage, contrainte à subir un puissant agencement de plaques massives renforcées de céramiques ablatives, elle n'en n'exhibait pas moins une sveltesse de fleuret. Fusils d'assaut, fusils Sniper, fusil à pompe fixé dans le dos, pistolet lourd dans le holder au niveau de la hanche, disques Grenades équipés en poches.

Aussi, un Omnitech standard armait son bras protégé, un espèce de bracelet d'acier rectangulaire parsemé à son long d'une multitude de boutons et accroché sur les plaques d'armures. Un dispositif portatif intégrant un terminal informatique, un kit d'analyse sensorielle, fiable et polyvalent, servant à analyser toute situation, particulièrement comme celle-ci où l'ennemi tentait de les chasser de manière sournoise. Bien sûre n'importe quel technicien pouvait ajouter d'autres fonctions de manière indéfini, celui qu'elle possédait n'était certainement pas du dernier cri. Johanna avait d'ailleurs remarquée que l'omnitech d'Alenko semblait avoir été légèrement modifié. Quoi qu'il en soit, elle était parée.

Une seule devise, relevait son armure de plates noires et rouges, un N et un 7. Une revendication d'une appartenance, la proclamation d'une fierté, un rappel à tous qu'elle faisait partie de la fine fleur de l'humanité. Un N pour son affiliation aux forces spéciales, le chiffre 7 pour la reconnaissance d'un art du combat élevé à son plus haut niveau, jusqu'à un degrés quasiment insurmontable. Ceux qui achevaient le programme N7 étaient considérés comme des dieux parmi les mortels au sein de l'Armée. La première et la dernière ligne de défense de l'Humanité. Contrairement à elle, les deux autres portaient de simples armures standard noir de Marine sans ornements ou devises quelconque. Mais chacun sur le papier avait déjà fait ses preuves. Alenko avait en particulier reçu une douzaines de recommandations spéciales, un dossier impressionnant qui l'élevait presque au même rang que Shepard. Finalement lui et Jenkins étaient prêts eux aussi.

Le premier avait revêtu une armure légère qui offrait moins de protections mais beaucoup plus de possibilité de mouvement. Jenkins avait opté pour une armure plus renforcée. Johanna, leur ordonna de vérifier leur équipements, quitte à profiter de ce petit laps de temps gagné grâce à un processus d'habillage parfaitement maitrisé. Chacun vérifia chacune de ses armes, la fonctionnalité de son omnitech, de sa radio sous le casque. Puis les uns, les autres, ils vinrent vérifier le pack d'énergie de leur coéquipier, au dos de leur armures, celui qui permettait de déclencher un système réflexe de barrière cinétiques, en quelque sorte d'activer des boucliers déflecteurs devant eux et de détourner les balles au delà d'une vitesse donnée. La meilleur des défense, tandis que l'Armure constituait la meilleur des protections. Avant de pouvoir les abattre, il faudrait assurément réduire toutes leur défenses à néant d'abord. Une bande armée dénudée de ces technologies, même deux fois plus nombreuse n'auraient aucune chance contre eux trois. Après qu'Alenko sous son casque lui ait fait signe de la tête que tout était okay pour elle, Johanna fit signe à sa petite troupe de la suivre, armée, blindée de la tête aux pieds.

Alors qu'ils se dirigeaient vers la cale, Johanna repensait encore à ce vaisseau qu'elle avait aperçue dans la bande passante. Sans aucun doute, de graves dangers les attendaient, son instinct le lui hurlait. La colonie était attaquée, la mission de routine avait basculée vers une autre extrémité qui promettait horreur et violence. Quelques soient les criminels ou pirates des Systèmes Terminus qu'ils rencontreraient, ils devraient faire très attention. La célérité et l'inexorable efficacité de cette agression était plus que troublante. Alenko et Jenkins n'avaient pas dit un mot. Le premier semblait garder sans difficulté son calme, le second avait paru tendu, crispé et pâle. Johanna savait qu'Eden Prime était la planète d'origine de Jenkins, son foyer. Elle espérait qu'il garderait les idées clairs.

- Activation du système furtif. mentionna Joker dans l'interphone. Ca y est. Pensa Johanna. La mission qui s'était passablement compliquée étaient lancée, et le Normandy devenus complètement invisibles aux capteurs et scanners de la planète mais aussi de l'ennemi, étaient entré dans l'atmosphère d'Eden Prime, fendant les nuages de la stratosphère, puis de l'atmosphère. Quelqu'un a provoqué de sacré trous par ici, Capitaine ! Des trous énormes dans le sol ! Il y a des feux un peu partout !

Le commando rejoignit enfin le capitaine Anderson dans la cale où se trouvait déjà Nilhus qui avait revêtu ses propres armes. Il paraissait plus redoutable que jamais. Les bruits des moteurs hurlaient tout autour d'eux, les vents cisaillants cognaient contre les parois extérieurs. Le Capitaine dut hurler pour transmettre ses directives à la troupe de soldats qui s'était alignée devant lui.

- Pour cette mission, inutile de faire dans la finesse, Commandant. Vous débarquez, et vous foncez directement au site de fouilles.

- Et les survivants capitaine ? demanda Alenko la main levée comme pour l'interrompre, manifestement inquiet sur la question.

- L'aide au survivant est un objectif secondaire, notre priorité c'est la balise ! Johanna approuva silencieusement ces paroles très clairs et censés. Si la balise était à ce point recherchée, quitte à lancer une attaque frontale et massive sur une colonie humaine, c'était qu'elle devait valoir la chandelle. Ils devaient la récupérer coûte que coûte, pas question de la laisser filer.

- En approche de la zone de débarquement Alpha. la voix de Joker se fit entendre dans la radio tandis que s'actionnait l'ouverture de la porte de la cale et que la passerelle plongeante révélait le monde extérieur en dessous d'eux. La troupe reçut de plein fouet, les tornades de vents sous pression. Nilhus fit quelques pas en direction de la passerelle, alors que le Normandy se rapprochait de plus en plus du sol. Jenkins qui semblait manifestement déçu posa toute de même la question malgré qu'il connaissait déjà la réponse.

- Nilhus, vous ne venez pas avec nous ?

- Je travaille mieux en solo. décréta simplement celui-ci en s'armant de son fusil d'assaut très sophistiqué. Sans un mot de plus, il traversa la passerelle descendante, s'enfonça au delà de leur vue et sauta sur le sol, lâché seul dans la faune et parmi les fauves. Le Normandy reprit immédiatement sa course pour la prochaine zone de larguage, renfermant la porte derrière lui. Anderson leur expliqua le plan pendant ce temps.

- Nilhus opérera en éclaireur et vous tiendra informer de la situation. A part ça, silence radio absolu. Un plan aussi risqué qu'audacieux pensa Johanna. Seul, sans personne sur qui compter et contrairement à eux, lâché directement au milieu de l'ennemi. Nilhus tenterait de les informer, de les guider. Pour la première fois, Johanna témoigna un sentiment de respect pour Nilhus. Les Spectres ne reculaient devant aucun risques, quitte à compromettre volontiers leur sécurité pour atteindre les objectifs de leur mission. Elle s'en souviendrait.

- A votre ordres capitaine. cria t-elle finalement, prête elle aussi à faire le nécessaire pour renverser une tendance qui leur était défavorable.

- En approche de la zone de débarquement Béta. lança à nouveau Joker tandis que la porte de la cale se rouvrait et que la passerelle plongeait à nouveau vers le sol. Le Capitaine, soucieux, et grave, alors que les rafales de vent lui fouettait le visage, jeta un regard intense, presque celui d'un mentor à son élève, à son officier en second. Il avait confiance en elle et il lui témoignait présentement, ce qui n'échappa au Commandant.

- Shepard, je vous passe la main, bonne chance. Johanna répondit silencieusement à son regard, plein de respect et de considération à son égard, puis sans mots dire, elle s'élança sur la passerelle en fonçant en direction du sol, puis sautant hors de sa vue à bas, et suivi immédiatement par ses hommes qui plongèrent sans hésiter, avec autant d'aplomb.