Et voici le troisième chapitre. Bientôt la fin de l'histoire. Eh oui, je l'avais dit, histoire courte.
Oh, et ne vous inquiétez pas. Cette histoire n'est pas notée M pour rien. Mais ça, c'est pour plus tard !

Bonne lecture.


"- Ne me touches pas. Ça fait mal.

- Ah, c'est pour ça, hein... Moi qui croyait que c'était parce que tu ne t'assumais pas... En fait, tu n'es qu'une petite merde qui préfère rejeter ses amis en leur laissant se faire des montagnes de soucis plutôt que d'assumer de leur dire la vérité, au risque de passer pour une tarlouze qui se fait rétamer la gueule en bastonnade."

Albus ne voulait pas être aussi blessant, mais c'était toute sa rancœur de ces derniers mois qui lui remontaient. Scorpius lâcha le col de son ami et lui envoya un uppercut en plein dans le cou. Albus recula de plusieurs pas sous la violence du coup de poing, tituba, suffoqua, et s'effondra finalement contre un mur. Il ne bougea plus.

Chapitre 3 : "L'action est une brève folie."

Scorpius se mit à faire les cent pas. Bon sang, il n'avait pas voulu taper si fort. C'était parti tout seul... Quel con, aussi, de l'avoir cherché comme cela. Et lui, qui imbécile de laisser éclater sa colère... Il était tiraillé entre sa colère face aux mots blessants de son ami, et cet affreux sentiment de culpabilité. C'était si présent, si fort, que cela lui broyait le cœur. "Oh, merde", pensa-t-il. Il s'en voulait. Il enfila rapidement un jean, puis s'approcha de son ami qui gisait contre le mur. Du sang avait coulé d'entre ses lèvres fermées. Le blond l'allongea, lui ouvrit la bouche qui laissa alors se déverser un flot de sang au sol.

"Merde... Merde, merde, et merde."

Scorpius laissa tomber une larme. Des souvenirs partagés entre lui et Albus ces cinq dernières années remontèrent soudainement. Le blond s'en voulut d'avoir oublié que c'était la famille d'Albus qui lui avait permis de se construire comme un fils aimé de ses parents... Mais toute la pression qu'il avait accumulé, et ce qu'il vivait avec son père...

Son père...

C'était lui, la cause de tout cela.

Scorpius termina de s'habiller, il nettoya d'un geste rapide le sol du sang d'Albus, griffonna un mot, et quitta la pièce.


Albus ouvrit les yeux avec une migraine des plus terribles. Il avait l'impression qu'on lui vissait quelque chose dans l'œil. Il se remémora le coup de poing formidable qu'il avait reçu. Cela le fit se sentir très nauséeux. Comment Scorpius avait-il pu lui faire ça ? Il se releva, tremblotant. La colère l'envahissait, mêlé à de la tristesse. Est-ce que cela voulait dire que leur amitié était terminée ? Comme ça, aussi facilement ? Oh que non...

Le visage embué de larmes, Albus n'avais pas tout de suite vu le message griffonné au sol.

"Je suis parti voir mon père. Tout est de sa faute.

Je suis vraiment désolé. Je reviens vite.

Scorpius."

Albus courut jusque dans la Salle Commune. Là, la fête battait son plein. Il prit à part les deux jumeaux et leur expliqua la situation, de ce qu'il avait vu jusqu'au pain qu'il s'était pris.

"- Il a osé te frapper ? demanda Luke, surpris.

- Oui, moi aussi je pensais qu'il oserait jamais... Mais les explications viendront plus tard.

- Qu'est ce que tu comptes faire ?

- Le rejoindre. Ce qui se passe là bas à l'air grave, surtout s'il en revient battu, fit Albus, réellement inquiet.

- Mais... On peut pas sortir de l'enceinte de Poudlard comme ça ! Et puis comment comptes tu rejoindre le manoir ?

- Ok, voilà tout ce que je sais suite aux discussions avec mon frère et mes parents qui ont pas mal exploré Poudlard. Je pense que Scorpius a utilisé un portoloin personnel après être sorti du château par le passage secret du saule cogneur.

- Ça, c'est possible, mais nous, on a pas de portoloin, remarqua Nathan.

- Non, mais on a la poudre de cheminette. Je sais que la seule cheminée reliée au réseau est celle du bureau de la directrice. Il doit y avoir une réserve de poudre à côté de celle-ci.

- Et comment comptes-tu avoir le mot de passe ?

- Pas besoin d'avoir le mot de passe, il faut juste pénétrer dans le bureau, ça suffit. Vous vous souvenez de mon anniversaire ?

- Oui, répondirent-ils en chœur.

- On a bien failli se faire prendre par Rusard qui nous aurait envoyé dans le bureau de McGonagall, non ?

- Ouh, je vois où tu veux en venir. C'est malin, mais il y a beaucoup de choses qui reposent sur l'imprévu, non ? Et si Rusard ne nous emmène pas voir la vieille ? Et si une fois dans le bureau, on ne trouve pas l'occasion d'utiliser la poudre ? Ce ne serait pas plus simple de récupérer le mot de passe ?

- On essaie comme ça. Crois moi, j'y ai pas mal repensé sur le chemin, et c'est le mieux que j'ai trouvé."

C'était un peu faux. Dans le feu de l'action, Albus était loin d'avoir exploré toutes les possibilités.

"Je vous réveille à 5h du mat, et on organise le plus grand chahut nocturne que cette école ai connue."

Albus allait se relever quand il sentit une main l'attraper. C'était Nathan.

"- Al, tu es conscient qu'on risque de se faire coller pour un nombre d'heure qui se comptera par milliers ?

- Si ce qu'on découvres chez les Malefoy est ce que je pense, on sera plus félicité qu'autre chose.

- Alors je souhaite que ce soit ce que tu penses."

"Moi non", murmura Albus pour lui-même.


L'heure venue, Al se réveilla, puis réveilla ses amis. Ils n'embarquèrent que leur baguette, et sortirent discrètement de la salle commune de Gryffondor.

La tache était périlleuse, car il fallait que le boucan causé mérite d'être envoyé dans le bureau de la directrice. L'idée était de faire dégringoler le plus long escalier à une troupe d'armures enchantées. Cela attirera surement l'oreille affutée du concierge...

"Okay, les gars, on se sépare. Ramenez chacun le plus d'armures possibles. On se retrouve en haut de cet escalier dans vingt minutes. Soyez discret."

Après plusieurs retours sans un bruit, ils avaient déjà collectés 5 armures. Il en fallait plus. Tout trois montèrent à l'étage supérieur. En apercevant une gargouille au loin, Nathan dit :

"- Eh ben ça c'est un coup du sort, on est à l'étage du bureau...

- Et vous n'avez rien à y faire ! gronda une voix derrière eux."

Albus crut que sont cœur allait s'arrêter. Derrière eux se trouvait Rusard, attiré par son débile de chat.

"Tiens, tiens, tiens, qu'est ce qu'on a là... Trois jeunots sur la mauvaise pente, hein ? Suivez moi, vous n'y couperez pas."

Albus pestait. Son plan était complètement à l'eau, et en plus ils allaient être punis pour rien. Tandis qu'ils marchaient vers le bureau du concierge, Albus réfléchissait à cent à l'heure. Soudain, alors que le groupe bifurquait, la gargouille s'ouvrit pour en laisser sortir Hagrid.

"- C'est ta chance ! murmura Nathan. Ne la gâche pas.

- Vous ne venez pas ? s'enquit Albus.

- T'occupes, on va lui sortir un classique. Dépêche toi !"

Et il se mit à courir. Une soixantaine de mètres le séparait de son but, qui commençait déjà à se refermer. Albus se mit à courir comme jamais il n'avait couru. Encore, et encore. Plus vite !

Encore quelques secondes, et il ne pourrait plus passer. Il décida de tenter le tout pour le tout, il plongea en avant, et se réceptionna dans une roulade ratée, trop lourdement. Il y eut un claquement, et Albus fut cloué au sol par la douleur. Son épaule gauche lui donnait l'impression de bruler de l'intérieur. Il retint de toutes ses forces son hurlement, tant celui-ci était au bord de ses lèvres. Il resta allongé là un moment, tentant de ravaler ses larmes. Le moindre mouvement d'épaule lui faisait un mal de chien. Il était haletant et transpirant. Il se releva avec mille précautions ; non sans quelques mouvements qui faillirent bien le faire vomir de douleur. Il laissa tomber une larme qu'il ne put retenir, puis il entreprit de gravir l'escalier.

Arrivé en haut, il s'aperçut que la directrice était là, endormie sur son bureau. Albus se glissa, tentant de maintenir au maximum son bras immobile. La directrice bougea, le garçon s'immobilisa. La cheminée était là, à à peine deux mètres. Il avança encore, mais renversa une espèce d'instrument en cuivre qui fit un bruit monstre. La directrice se réveilla en sursaut, tandis que Albus se rua sur le pot de poudre grise à côté de la cheminée. Il la jeta dans le feu en hurlant "Manoir Malefoy".

Pendant ce temps, les deux autres arrivèrent dans le bureau de Rusard.

"- Où est l'autre, demanda le concierge

- Quel autre ? répondirent en chœur les jumeaux qui avaient enfilé leurs robes et cachés tout leurs signes distinctifs.

- Le troisième !

- Quel troisième ? Je suis seul, enfin, ajoutèrent-ils, entrainés.

- Pardon ? Vous me prenez pour un imbécile ?

- Non, Monsieur, et je ne comprends pas. Il n'y a que nous deux ici.

- Vous n'allez pas me faire croire ça.

- Désolé, monsieur. Peut être devriez vous prendre un peu de repos. Le surmenage, ça n'est pas bon."

Rusard posa une main contre son front. Les deux jumeaux avaient joué cette farce tellement de fois, qu'elle en était automatique désormais. Leur jeu était parfait.

"J'ai besoin d'un verre d'eau. Toi... Vous... Bouge pas !"

Dans sa précipitation, il en oublia de verrouiller la serrure. Les jumeaux s'enfuirent non sans avoir vidé complétement le tiroir à objets confisqués du concierge. C'était presque trop facile. Ils rejoignirent leur dortoir, mais ni l'un ni l'autre ne trouva réellement le sommeil, inquiets pour leurs amis. Ils furent malgré tout bien vite retrouvés par le concierge...

Albus atterrit dans un grand hall. Par chance, le croyait-il, personne n'était là. En fait, il se rendit compte en tentant d'explorer le lieu que s'il y avait eu quelqu'un, ça aurait relevé de la malchance incroyable tant le manoir avait de pièces.

Il marcha au hasard dans le labyrinthe jusqu'à reconnaitre la voix de son ami. Il courut alors le plus silencieusement possible vers la salle d'où les voix venaient. Là, il entrouvrit la porte, et ce qu'il aperçut lui glaça le sang. Dans l'immense pièce qui semblait être une chambre, Draco, le père de Scorpius, était avachi dans un canapé, une bouteille de whisky quasiment vide à la main. L'homme était manifestement complètement saoul. Et face à lui, son fils l'engueulait.

"- Tu te rends pas compte de ce que tu détruis par ton attitude ! envoya-t-il à l'adresse de son paternel.

- Et alors, qu'est ce que ça peut te faire ? Tu passes ta vie avec les Potter... Tss, les Potter... Ils ont toujours fourrés leur nez dans la merde des autres, ceux là !

- Eux, ils me donnent au moins l'impression d'être aimé ! hurla Scorpius. Ça aurait été quoi, ma vie, si je n'avais pas rencontré Albus dans le train, hein ?

- Ça aurait été la vie d'un homme, un vrai ! Un Malefoy ! vociféra son père à son tour.

- Tu vis dans un temps reculé, Papa ! Tu sais que tu n'es pas comme ça, que c'est parce que tu bois que tu ressasses des pensées pareilles... J'te fais confiance, tu me dis que tu vas arrêter, mais chaque fois tu replonges ! T'es un égoïste."

Albus n'aurait pu dire si le garçon était au bord des larmes ou non, ni s'il pensait vraiment ce qu'il disait. Mais jamais il n'aurait pu penser que sa famille était dans un tel état. Il savait, mais tout de même, pas à ce point. Scorpius le laissait pour essayer d'aider son père à remonter la pente...

"Salaud !" avait laché Scorpius.

Dans la pièce, Draco s'était levé, droit comme un I, la bouteille toujours à la main.

"Moi, je suis un salaud ? Tu traites ton père de salaud ?", demanda Draco, trop calme.

Scorpius s'était reculé.

"Non..." murmura-t-il, piteux.

Draco leva sa main, et colla une gigantesque baffe à son fils, qui fut projeté au sol. Albus sentit ses entrailles se nouer. L'homme s'accroupit près de son fils, et le frappa à l'estomac d'un coup de poing, avant de commencer à le rouer de coup.

Le brun comprit enfin ce qui lui nouait les entrailles : c'était la colère. Il ouvrit la porte en grand, pointa sa baguette, et hurla : "Stupéfix !"

Draco fut projeté plusieurs mètres plus loin, et ne bougeait plus. Albus se précipita près de son ami et le prit dans le bras qui lui restait. Il avait la respiration erratique, et le visage tordu de douleur. Il s'accrochait de toutes ses forces à son sauveur. Albus le prit comme il put avec son unique bras fonctionnel, et l'installa contre un mur.

Soudain, le visage du blond se couvrit de terreur. Albus se retourna à temps pour présenter son épaule déboitée au coup de poing que lui adressait le père. Il fut projeté plusieurs mètres plus loin, et hurla de tout ses poumons tant la douleur était foudroyante. Le cri glaça le sang de Scorpius, qui était paralysé.

"Je suis un ancien mangemort, espèce de crétin ! Un mangemort ! Tu crois qu'un simple sortilège d'inconscience d'un gamin de seize ans peut avoir raison de moi ? Et toi ! Toi..." dit Draco en se tournant vers son fils. "Tu crois pouvoir t'en tirer comme ça ? Mais attend, attend..."

"Non !" hurla Scorpius quand son père décocha un coup de pied dans le torse d'Albus que la douleur clouait au sol. Le garçon s'était levé de son fauteuil et prit d'assaut son père, qui le repoussa via un simple maléfice d'entrave.

C'est alors que la porte vola en éclat. Un maléfice du saucisson informulé projeta Draco à l'autre bout de la pièce, complètement immobilisé.

"Al !"

Harry se précipita vers son fils, qui se tordait de douleur au sol. Il essaya de le prendre dans ses bras, mais l'épaule démise du garçon le fit hurler. Le père lâcha précipitamment son fils, jugeant préférable d'attendre les secours.

Scorpius comprenait à peine ce qui se passait. La pièce était investie par McGonagall, quelques Aurors, et Pomfresh qui venait d'arriver. Elle plaça immédiatement Albus dans l'inconscience, puis elle se saisit de son bras gauche qu'elle tira vers elle d'un coup sec. L'épaule se remit en place avec un ignoble bruit de craquement. Scorpius se sentit d'un coup nauséeux.

Pomfresh s'approcha :

"- Comment vas-tu mon garçon ?

- Ça pourrait être pire, je crois, murmura-t-il.

- Vous pouvez marcher ? demanda Pomfresh tandis que le garçon acquiesçait de la tête. Alors suivez moi. Direction l'infirmerie, à Poudlard."


Merci de m'avoir lu. A très vite ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Vince.