J'ai dit à un ami que cette fic serait susceptible d'être en "déconseillé au -16 ans" et qu'il valait mieux avoir un défibrillateur à proximité de soi au cas où. C'est une blague bien sûr. (Quoique...)
Hey guys, ça fait un moment ! Je m'excuse d'avoir eu du retard. Le bac, malheureusement ça travaille pas mal de gens, moi y compris. Bref, j'espère que le chapitre vous plaira, il est possible que je le réécrive pour rectifier certains propos. Si c'est le cas, je préviendrais, évidement.
/!\ Cette partie de l'histoire contient une autre dispute, c'est assez violent, donc si vous êtes choqués... ben, j'ai pas écrit la dispute pour qu'elle ne suscite pas ce genre de sentiments par la suite donc... ^^'
Bonne lecture !
Chapitre 3 : La pire des maladies...
Harold se réveilla. Il avait dormi à côté de son coussin, la partie de son crâne qui s'était appuyé contre le bois lui faisait un peu mal. Il se dégagea de sa couverture et se redressa un peu trop vite. Sa tête fut prise d'un vertige. Après s'être immobilisé pendant quelques secondes, les mains cramponnant le bord de la couche, il se leva et après une rapide toilette au gant, il s'habilla, écoutant attentivement les bruits ambiants. Au dehors, le village était silencieux, autant que la maison. Tout dormait encore dans les environs.
Il avait mal sommeillé, et se sentait lasse, comme si son énergie avait été aspirée durant la nuit. Il accrocha son épée à sa hanche, revêtit sa cape à manches larges aux ourlets en cuir. Il s'approcha de la porte et il ne sut pourquoi, quand il s'accrocha à la poignée, il repensant à ce qu'il s'était passé neuf mois auparavant. La vision de la créature l'occupait toujours, même après tout ce temps. Il n'avait pas souhaité y pensé, il avait secrètement prié Odin durant des soirs pour qu'il lui retire son souvenir de la tête. Rien à faire. Harold devait maintenant vivre sachant qu'un monstre se tapissait au fin fond de l'Île Bruhm, anciennement nommée Beurk et depuis presque cent ans appelé par le rideau blanc qui l'engloutissait. Il n'avait pas voulu se confier à quelqu'un à ce sujet-là.
Seul son père et Gueulfort se doutaient de quelque chose, et encore, aucun ne s'était exprimé là-dessus. Quoiqu'il en soit, ces neufs mois avaient eu pour effet de soulever pas mal de questions. Le jeune viking avait enfermé le dessin qu'il avait fait ce soir-là dans son coffre à armes. Il résidait à présent dans le compartiment secret qui constituait le renforcement de la malle. Sa foutu manie des superstitions le rendait aussi dingue que ce qu'il avait vu. Il s'était dit que, la représentation seule du mal qu'il avait aperçu suffirait à le garder enfermé quelque part loin du village.
Harold avait maintenant un an de plus. Un an le rapprochant toujours plus de la majorité. Le peuple avait de plus en plus peur de lui. Il gagnait en taille, un peu en muscle, il avait récemment raccourci ses cheveux histoires de ne pas être gêné par ses derniers. On disait qu'il ressemblait davantage et de jours en jours à un adulte. Ça les faisait frémir.
Harold sortit à l'extérieur. Il croisa le regard d'un guerrier non loin en contrebas, qui détourna le regard en feignant l'indifférence. Le viking ignora sa flagrante réaction et descendit le perron, se dirigeant en premier vers le port. Simple détour, simple habitude. La mer soulevait ses questions comme elle soulevait les vagues. La vue de cette étendue bleu sombre le noyait dans sa propre conscience il pouvait alors réfléchir. Aujourd'hui, il s'assoirait sur le ponton, à ras de l'eau. Il parcouru la distance qui le séparait du débarcadère sans croiser personnes. Il devait vraiment être tôt. Les torches censées éclairer l'extérieur des maisons n'étaient plus que des bâtons avec une tête braisée et se décomposant en cendres. Harold dévala les structures menant aux pontons et s'aventura sur le plus long.
Il écouta avec une certaine satisfaction les bruits mates que faisaient ses bottes sur le bois, résonnant sous lui contre la baille*. Le silence brisé seulement par claquement de sa semelle était significatif de solitude, mais aussi de présence, la sienne entre autre. Il aimait beaucoup le comprendre. Le jeune garçon s'abaissa et s'assit au bord de l'eau. Le jour poindrait dans pas longtemps. Les yeux fixé sur la couleur et le faible remous de l'eau, il laissa le temps passer, hypnotisé. L'activité reprit après un certain temps. Harold entendait les chuchotements que faisaient les vivants s'éveillant au village. Seuls quelques marins occupaient silencieusement le port.
Au bout d'un certain laps, le jeune combattant entendit de très légers bruits provenant de derrière lui. Leur régularité indiqua qu'une certaine personne tentait de l'approcher le plus discrètement possible. Celle-ci s'arrêta juste derrière lui, attendit quelques secondes. Harold se tendit le temps que Rustik se décide à agir. Le brun balança ses bras en avant pour pousser le jeune Haddock mais celui-ci attrapa un de ses poignets et le tira vers l'eau. Il tomba à la renverse et se vautra sur les genoux de sa cible qui se servit aussitôt de lui comme accoudoir en émettant une pression du coude sur un de ses nerfs dans son dos.
- Aïe ! Sombre abruti ! Lâche-moi !
- Mais avec plaisir, Rustik, fit l'intéressé en le poussant vers le vide. Le brun se rattrapa in extremis au ponton et se mit à brailler :
- Mais t'es malade ! Qu'est-ce qui te prend de vouloir me foutre à l'eau ?!
- Je sais pas, gronda soudainement l'opposant en maintenant son opposant le plus près du bord. Peut-être parce que t'as essayé de le faire avec moi.
- Vas-y Harold, lâche-le, s'insurgea Kranedur en s'avança avec un air déterminé, suivit de près par Kognedur, sa sœur jumelle, Varek et Astrid.
- Vu ce qu'il a tenté de faire ?... pas envie, refusa le jeune viking en lançant un regard froid au nigaud qui se débattait pour tenter de s'éloigner de l'eau, rampant sur ses genoux.
- Non, je veux dire, se rectifia alors Kranedur. Vas-y Harold, lâche-le à l'eau !
- Quoi ?! Espèce de sale traître, beugla Rustik à l'égard des deux jumeaux qui se retenait l'un l'autre de s'écrouler de rire à même le ponton. Plus qu'agacer par leur manège habituel, Haddock attrapa sans délicatesse le col de Rustik et le projeta en arrière pour se dégager de lui. Le brun retomba brutalement sur le bois et se releva illico en titubant.
- C'est vraiment brute, ce que tu viens de faire, avertit Varek, lançant un regard accusateur au jeune viking qui le fusilla du regard. Lentement, Harold remit les pieds sur la plateforme et se redressa avec une fluidité calculé. Du haut de lui-même, il dévisagea le groupe avec un stoïsme glaçant. Varek se retint de faire un pas en arrière.
- Si on manquait de te jeter à l'eau par surprise, Varek, demanda Harold, tu trouverai que remettre le chieur à sa place serait brute ?
Varek se tut. Rustik intervint avec fureur, pointant du doigt l'auburn resté au bord de l'eau, crispé de rage.
- Tu m'as fait super mal, alors ouais, c'est franchement brut !
- Pauvre petit, fit le combattant en penchant la tête sur le côté dans une fausse expression de tendresse.
- Ça suffit Harold, fit Astrid. Que je sache, te faire jeter à l'eau t'aurait moins fait mal que te faire fracasser la tête contre le ponton.
- On n'est pas en été, Astrid, rétorqua le concerné. Que je sache, l'eau est plutôt froide en ce moment.
- Ça t'a pas empêché d'y plongé, il y a deux ans, à cet même période de l'année, fit effrontément Rustik en plaçant une main devant Astrid comme pour la protéger. Cette dernière dégagea la main de devant elle.
- C'est vrai, fit le jeune combattant, prenant au dépourvu le brun qui cherchait alors désespérément une réplique en baragouinant. Il finit par hurler :
- À ta place, je f'rai pas l'fier !
Harold recula la tête, un tout petit peu surpris par cette insurrection. Il s'attendait à ce que le sujet vienne vite au-devant avec cette bande de fauteurs de troubles. Il ne dit rien, Rustik se précipita pour continuer :
- T'arrête pas de garder la tête haute, mais ta fierté cessera pas de se cogner aux cadrans de portes ! T'es rien que la peste pour tout le monde ici, alors tu ferais mieux de redescendre un peu.
- Parce que toi, t'as pas les chevilles qui gonflent à faire comme si tu m'étais supérieur ? Pour l'instant, on est au même niveau, cousin, parla calmement Harold.
- Mes chevilles sont parfaites, d'accord ?! » Astrid et Varek détournèrent le regard, embarrassé par la stupidité débordante de leur ami. « Fait pas comme si t'avais le droit de tout faire ici ! J'te préviens, on laissera pas un truand comme toi prendre de la place de ton père ! Personne veut de toi ! Jamais tu le remplaceras, je prendrai ta place quand le jour viendra, et tu verras, j'aurai aucune pitié avec un serpent de ton espèce ! Tu seras jamais qu'un pauvre réfractaire, un corbeau, un rat ! T'es la pire des maladies, Haddock ! AhmrpffmmhmmmhHHH ! »
Astrid traina Rustik en arrière en plaquant une main sur sa bouche, tout en immolant l'auburn du regard. Varek attrapa sans peine le cousin furibond qui gesticulait dans tous les sens pour se libérer et l'entraîna. Astrid se retourna une dernière fois vers le jeune viking :
- Remets-toi à ta place, un peu. T'as beau vivre ici, t'es pas le bienvenue, et encore, je trouve que Rustik te le dit mieux que moi.
- Ouais, surveille-toi un peu, ricana Kranedur, en sautillant vers la terre ferme, imité par sa sœur qui tira sa peau sous ses yeux et fit un sourire carnassier à l'intention du jeune homme.
- Ouvre grand tes mirettes !
Le petit groupe disparût du port, sous les hurlements étouffés de Rustik. Le jeune viking ne fit toujours rien, et resta débout un instant sur le ponton, attendant que la bande disparaisse complètement de sa vue et se perde dans le village. Un marin, sur le bateau voisin, observait attentivement l'expression du Hooligan. Voir un Harold au regard noir, la mâchoire contractée et les poings serrés le déconcerta comme ça le fascina. Il s'approcha du garde-fou.
- Tout va bien ? »
La question surpris Harold autant que son émetteur. Il tourna la tête vers l'homme et répondit, la voix effacé.
- Ouais. » Le jeune homme partit rapidement, passant devant un marin un peu étourdit. Quand le jeune homme regagna la terre ferme, il ignora tous les yeux braqués sur lui, répondant à quelques-uns par un regard noir. Finit de rêvasser. Il avait décidé de faire quelque chose qui ne se serait pas permit autrement. Harold avait le sang chaud. Il bouillonnait de rage, il avait besoin de vite trouvé un substitut à la colère. Il traversa le village à grands pas et entra, sans hésitation aucune, dans la forêt pour s'y enfoncer quant au loin, la voix d'un villageois lui demandait ce qu'il lui prenait d'aller dans une zone aussi périlleuse.
Il pouvait d'avance dire que c'était une mauvaise idée, mais il se sentait déjà un peu plus mature pour supporter le poids de la peur qu'il avait ressenti il y a neuf mois. Ce matin, il avait pris une décision, sur ce ponton. Il avait décidé qu'il retournerait voir ce qu'il se cachait au fin fond de l'île, il en était décidé. Au final, ça ne servait plus à rien de nier que cette immonde chose ne pouvait pas existait tant elle était horrifiante. Si une confrontation aurait lieu, il n'y avait aucun problème. Harold se sentait prêt à faire face. Les combats de l'arène lui avait permis de s'endurcir aux yeux de tous, mentalement, physiquement. Dragons ou humains, qu'importe ce qu'il avait vaincu par le passé. Il pouvait défier quand il lui prenait la confiance de défier.
Après une longue marche, repoussant toile d'araignée, rideau de mousse et branche morte, esquivant troncs couchés squelettes et animaux faméliques encore en vie, le jeune viking descendit le promontoire vers la plage cachée. Il s'avança au bord de l'eau et constata que la barque avait disparue. Il souffla, irrité. Tant pis. Harold retira son haut et ses bottes, son buste parcourut de cicatrice frissonna à l'air libre. Il s'avança vers l'eau et entra jusqu'au chevilles. Elle était très froide. Le jeune homme chercha la chaîne et la trouva un peu plus loin dans l'eau. L'île était encore reliée à l'autre. La tenant en main, il s'enfonçant jusqu'à la taille, sentant chacun de ses membres se couvrir de chair de poule. Ses lèvres tremblèrent puis virèrent au bleu. Son pouls s'accéléra quand il entra jusqu'au dans l'eau et qu'il quitta la berge, tenant sous l'eau et à bout de bras la chaîne.
Il n'avait plus pied, mais il pria pour ne pas paniquer davantage. Harold avait toujours pressentit de mauvaise choses quant aux profondeurs de la mer. Qui plus est, certains dragons pouvaient y vivre sans aucuns problèmes. Voilà que cette pensée lui fit accélérer la cadence. La détermination dû à la colère et à sa résolution lui fit parcourir l'écart séparant les deux morceaux de terre tel un automate. En sentant à nouveau les galets sous ses pieds, le jeune homme soupira de soulagement et lâcha la chaîne qui laissa les muscles de ses bras et ses épaules tendus suite à son transport. Il sortit de l'eau en frissonnant en s'appuyant sur le pommeau de son épée pour souffler un coup. Puis il se mit en marche.
Il se rendit vite compte que sans protection sur le torse, son acte se résolvait vite à de la folie. Il grimpa la berge et se mit à la recherche du cabanon. Il ne se rappelait pas de la manière de comment il l'avait trouvé, et il eut beau parcourir l'île de long en large, rien ne s'apparentait à une petite maison ici. Harold se retrouva vite à l'orée du bois qui peuplait l'île, de nouveau face à l'océan. La journée était si peu avancée et déjà très peu fructueuse. Il n'y avait plus rien sur l'île. Comment se faisait-il qu'il n'avait pas même trouvé une trace de brûlure, qui aurait au moins pu indiquer que son propriétaire l'aurait brûlé, puis serait partit, ou même des cendres, un objet oublié. Rien.
Une ronce, fine et d'une solidité semblable à l'acier, enserra soudainement la taille du jeune viking et le poussa soudain vers le bord de la falaise. Harold tenta de l'enlever avec ses mains sans succès et freina tant bien que mal son avancée. D'autres lianes vinrent aider la première et il se retrouva sur le fil de l'escarpement. Ses doigts tirèrent sur les ronces et il s'écorcha jusqu'au sang. Les lianes avaient entourés ses jambes et griffaient ses hanches et ses bras. Le jeune homme glissa sur le bord de la falaise et se rattrapa de justesse sur le ventre en effectuant une volte-face. Le souffle coupé, il se retint avec ardeur à l'herbe et enfonça ses doigts dans la terre pour se retenir.
Au loin, une forme imposante encapuchonné le regarder se débattre avec la plante. Les lianes griffeuses se retirèrent, ouvrant encore des plaies, faisant grogner de douleur le jeune combattant. Au lieu de disparaître, les ronces enveloppèrent sa jambe droite et le tirèrent vers le vide. Harold eut un hoquet de surprise mais se cramponna de toutes ses forces à la terre, s'appuyant désespérément avec ses coudes pour ne pas être emporté.
La forme encapuchonnée le regardait toujours, quand celle-ci s'approcha lentement puis s'accroupit non loin du jeune Haddock. Il la regarda avec un visage crispé par l'effort. Il faisait tellement sombre sous sa capuche qu'on ne voyait pas de visage. Il se demanda même si cette personne en possédait vraiment un. Le fracas des vagues se fit entendre sous lui, ses bras étaient de plus en plus soumis à la gravité et il avait de plus en plus de mal à retenir son poids. Contre toute attente, une voix humaine lui demanda :
- Qu'est-ce qui t'amène ici ?
*Baille : vieille expression qui veut désigne un bateau, mais dans ce cas là, la mer.
Bonus humour : ... il avait besoin de vite trouver un substitut à la colère... la drogue." C'est une plaisanterie, hein. J'allais pas le mettre en plein milieu de l'histoire, ça aurait fait tâche XD
Voilà, quatrième chapitre, semblerait-il ! J'espère qu'il vous a plu, et si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser, je suis là pour y répondre !
Merlin's Vision
