Voici le chapitre suivant. Le prochain sera pour bientôt. J'attends vos avis, s'il vous plaît.
Chapitre 4 Première rencontre
Le lendemain de son arrivée à Honeysuckle, Lilybelle se leva assez tôt. Elle fit appel à une servante pour l'aider à s'habiller avant de descendre à la salle à manger.
Comme elle avait très faim, elle s'assit à la table, but un grand bol de chocolat bien chaud, des œufs au bacon, des tartines de pain grillées avec du beurre et de la marmelade et un grand verre de jus d'orange. Elle glissa deux scones fourrés de confiture dans son mouchoir et sortit de la maison, Néro sur ses talons. Le chien avait eu droit à son déjeuner, lui aussi.
Lilybelle n'avait pas peur de marcher longtemps. Mais comme elle ne connaissait pas très bien le chemin, elle devait se fier à Néro pour ne pas se perdre. Elle suivit donc un sentier en admirant la beauté du paysage.
Comme elle avait déjeuné et n'avait plus faim, elle se sentait en pleine forme. Elle était prête à faire une très grande promenade. Mais elle se souvint de la promesse qu'elle avait faite à son père : elle ne devait pas trop s'éloigner de la maison parce qu'elle était trop jeune pour sortir sans escorte, même en étant accompagnée par son chien. La petite fille aimait mieux être seule car cela lui permettait de réfléchir en paix.
Sans s'en rendre compte, elle avait quitté le domaine de Honeysuckle pour entrer dans celui de Pemberley juste après avoir traversé un pont donnant sur un bois.
La petite fille marcha tranquillement pendant une dizaine de minutes, puis elle s'arrêta subitement, émerveillée.
Lilybelle se retrouva dans une très grande clairière où s'étendait une prairie merveilleuse, toute émaillée de fleurs aux couleurs vives. Ici, jaillissaient de l'épaisseur blanche, parfaite, dans un lumière éclatante, des campanules sauvages et d'autres clochettes aussi, dans tous les tons de bleu et des œillets sauvages qui dressaient gracieusement leurs corolles délicates, et des gentianes mauves.
Il y avait aussi une multitude de fleurs dont le nom lui était inconnu, aux couleurs chaudes, aux formes étonnantes. Le charme du paysage était rehaussé par l'épaisseur des arbres qui l'entourait, protecteurs. Et leur feuillage, de toutes les nuances de vert, vert tendre des rejets, vert sombre des feuilles, paraissait, dans la lumière du matin, comme tissé de joyaux précieux par les rayons du soleil qui glissaient au travers.
La petite fille cueillit quelques fleurs çà et là, et entreprit de fabriquer des couronnes de fleurs. Elle en plaça une sur ses cheveux – elle avait repoussé son chapeau en arrière car elle détestait en porter ! – et jugea qu'elle était beaucoup mieux comme ça.
Elle fit une seconde couronne pour Néro mais se rendit compte que son chien n'apprécierait sans doute pas d'être couronné. Tant pis ! Elle la garderait pour Jane ou Marie.
Absorbée dans la contemplation du paysage, elle ne se rendit pas compte qu'un jeune garçon, de belle prestance, dont le visage respirait l'honnêteté et la gentillesse la regardait, à moitié dissimulé derrière un arbre.
Néro s'était rendu compte de sa présence, cependant il ne sentit aucune menace envers sa petite maîtresse et ne montra, par aucun signe qu'il ressentait un danger.
Le chien donna un léger coup de tête à sa maîtresse avant de tourner la tête vers l'inconnu. Lilybelle écarquilla les yeux de surprise.
C'était un jeune garçon très séduisant aux cheveux bruns et bouclés et aux yeux de jade pailletés d'or. Il était de haute taille pour son âge et avait un visage sérieux qui respirait la franchise et l'honnêteté. Il lui adressa un sourire chaleureux, quoique un peu timide.
- Bonjour, Mademoiselle, êtes-vous perdue ? demanda-t-il.
- Non, je me promène, répondit Lilybelle.
- Savez-vous où vous êtes ?
- A Honeysuckle ?
Le jeune garçon secoua la tête.
- Non. Vous êtes à Pemberley.
La fillette écarquilla les yeux.
- Pemberley ? Je ne connais pas.
- C'est juste à côté de Honeysuckle. Avez-vous franchi un pont ?
- Oui. Je suis passé sur le pont qui traverse la rivière.
- Eh bien, ce pont est une frontière entre les deux domaines.
Devant le regard étonné de la petite fille, il se rendit compte qu'elle ne comprenait pas ses paroles.
- La rivière sert à séparer les deux domaines. D'un côté, il y a Honeysuckle, et de l'autre, c'est Pemberley. C'est de ce côté que nous sommes, expliqua le jeune garçon.
- Oh ! Alors, je suis chez vous ? demanda la petite fille.
- Oui.
Elle lui adressa un grand sourire qui le fit rougir. William se retrouva aux prises avec les plus beaux yeux qu'il ait jamais vus. Ils avaient la couleur de l'améthyste. Il fut en absolument fasciné. Sans le savoir, la petite fille prit possession de son cœur. Il ne devait le découvrir que bien des années plus tard. Quant à Néro, rassuré de voir que sa petite maîtresse n'était pas en danger, il vint spontanément offrir la patte au jeune garçon.
- Vous habitez à Honeysuckle ? demanda-t-il.
- Non. C'est la maison de mon grand-père. Je suis là pour le mariage de son fils, mon oncle Edward. Le connaissez-vous ?
- Oui, répondit-il. Mais je connais encore mieux sa fiancée, miss Brooke, qui a grandi non loin d'ici. Me permettez-vous de me présenter ? Mon nom est Fitzwilliam Darcy.
- Elisabeth Bennet. mais tout le monde m'appelle Lilybelle.
Le jeune garçon en fut émerveillé. Ce devait être la petite sœur de Tommy, celle dont il avait parlé à sa mère, il y avait un mois.
- C'est très joli, dit-il.
La fillette sourit.
- C'est mon frère qui m'a appelé comme ça le premier.
- Comment a-t-il trouvé un si joli nom ?
- Quand je suis née, il voulait m'appeler Lily parce que c'était le nom de la poupée de ma sœur, Jane. Et il disait que j'étais belle. Il a fini par m'appeler Lilybelle, et ensuite, tout le monde m'a appelé comme çà.
Il hocha la tête.
- C'est une très jolie histoire. Voulez-vous venir avec moi. Je vais vous conduire jusqu'à ma maison. Je crois qu'il vaudrait mieux que vous rentriez en voiture.
La petite fille réfléchit un moment. Pour dire la vérité, elle se sentait fatiguée. Et puis, elle savait qu'elle allait se faire gronder par son papa. Il valait mieux qu'elle rentre le plus vite possible.
- D'accord.
Elle regarda la clairière d'un air de regret.
- Je n'ai jamais vu un endroit aussi beau. Pensez-vous que le jardin d'Eden lui ressemble ?
- Il est sans doute encore plus beau, dit William. Mais je suis d'accord. Cette clairière est magnifique pendant l'été et tous ceux qui la voient sont émerveillés.
- Je voudrais savoir peindre pour la mettre sur un tableau, dit la fillette. Mais ce ne serait sans doute pas aussi beau. Il vaut mieux partir, maintenant.
Il lui montra le chemin et peu après, ils entrèrent dans les jardins. Lilybelle écarquilla les yeux de surprise.
- Oh ! On dirait un palais de contes de fées.
- Pas vraiment, répondit le jeune garçon, amusé. C'est juste une belle maison.
- C'est un palais dont vous êtes le prince charmant, décréta Lilybelle d'un ton définitif.
Le jeune garçon rougit mais ne protesta pas. Sa mère lui avait appris qu'il ne fallait pas contredire les dames. Il valait mieux l'éviter. Cette petite fille lui paraissait avoir du caractère. Il espéra qu'elle n'était pas semblable à sa tante Catherine.
Il se rendit compte qu'elle était en train de lui parler.
- … vous mettre à genoux, disait-elle.
Il la regarda d'un air surpris.
- Quoi ? Que dites-vous ? demanda-t-il, perplexe.
Elle lui lança un regard presque fâché.
- Un prince doit porter une couronne. Vous devez donc vous mettre à genoux pour que je puisse vous couronner, répondit la petite fille en lui montrant la couronne de fleurs qu'elle tenait dans ses mains.
Un peu gêné, William regarda autour de lui pour s'assurer que personne ne pouvait les voir, puis il acquiesça. Il s'agenouilla et baissa la tête pour lui faciliter les choses.
Lilybelle leva la couronne et la lui posa doucement sur la tête.
- Je vous nomme Prince de Pemberley, déclara-t-elle d'un ton solennel.
Et elle l'embrassa sur les deux joues.
William devint écarlate. Néro vint lui offrir la patte en signe d'amitié. Il sourit et caressa la tête du chien avant de se relever.
Lilybelle toucha le petit sac en cuir qu'elle portait, fixé à sa ceinture.
- Oh ! Mes scones ! Je les aies oubliés.
- Des scones ? répéta William.
- Oui. Je les aies emportés avec moi.
Elle les sortit avec précaution et en offrit un au jeune garçon. Néro approcha la tête, réclamant sa part, ce qui fit rire les deux enfants. Il lui en donnèrent chacun un morceau et mangèrent le reste avant qu'il n'en réclame un nouveau morceau.
Ils continuèrent ensuite à avancer jusqu'à la maison et rencontrèrent bientôt un autre jeune garçon qui éclata de rire en les voyant.
- Vous voilà transformé en une jolie demoiselle, William ! ricana-t-il.
Celui-ci serra les poings en le regardant d'un air furieux.
- Qui est-ce ? demanda Lilybelle ?
- C'est Georges Wickham, le fils de notre intendant, répondit William.
- Il a un visage sournois et méchant. Je ne l'aime pas, dit-elle, assez fort pour que l'intéressé l'entende. Il devrait rester à sa place aux écuries ou aux cuisines.
Celui-ci blêmit de colère. Sentant une menace, Néro vint se placer devant les deux enfants et montra les crocs au nouveau venu. Celui-ci leur adressa un regard chargé de haine et s'éloigna sans se retourner.
- Il est jaloux de vous, dit Lilybelle doucement.
- Je le sais. Mais il vaut mieux ne pas en parler. Son père est un homme respectable et il en serait blessé.
- D'accord. Je me contenterais de l'ignorer, comme je le fais avec Mme Dutton et ses deux pestes de filles !
William sourit et hocha la tête. Apparemment, il n'était pas le seul à devoir supporter la présence de connaissances indésirables. Cela faisait un certain temps qu'il ne se fiait plus à l'amitié de Georges Wickham. C'était un hypocrite, sournois, menteur, manipulateur et voleur. Il espérait que son propre père finirait par en prendre conscience.
William prit la main de sa petite compagne et ils montèrent l'escalier jusqu'à la double porte d'entrée qui était ouverte tant qu'il faisait jour pendant les mois d'été.
Dans le hall, il croisa Mme Reynolds, la femme de charge qui vint les accueillir.
- Que nous amenez-vous là, Maître William ? demanda-t-elle.
- C'est une nymphe des bois que j'ai trouvée dans la clairière, répondit le jeune garçon, d'un ton un peu fanfaron.
- Une nymphe ! Rien que çà ! Eh bien, maître William, allez la présenter à vos parents. Ils sont dans le salon avec miss Georgiana.
- Merci, Reynie, dit William en souriant à la gouvernante avant d'inviter sa jeune compagne à le suivre.
Lilybelle hocha la tête et le suivit jusqu'au salon. Le valet ouvrit la porte et s'avança pour les annoncer :
- Maître William et une jeune demoiselle, lady Anne, dit-il.
Ils entrèrent. Lady Anne était assise dans un grand fauteuil à bascule avec sa petite fille de trois ans sur les genoux. Mr Darcy, quant à lui, était assis devant un petit bureau, avec une pile de lettres devant lui.
Georges Darcy eut un sourire ironique en voyant son fils.
- En voilà un joli spectacle ! s'exclama-t-il. Seriez-vous devenu le roi de quelque royaume inconnu, William ?
- Non. Seulement le Prince de Pemberley, riposta William, les yeux brillants de défi.
- Où avez-vous trouvé cette petite fille, William ? Et d'où vient-elle ? demanda lady Anne.
- Je l'ai trouvée dans la grande clairière, Maman. Elle vient d'Honeysuckle. Elle ne s'est pas rendue compte qu'elle se trouvait à Pemberley après avoir franchi le pont.
- A Honeysuckle ! Dans la grande maison ? demanda lady Anne.
- Oui, c'est la maison de mon grand-père, dit Lilybelle en faisant une révérence.
- C'est miss Elisabeth Bennet, poursuivit William.
- Lilybelle, corrigea la fillette. Papa m'appelle Elisabeth seulement quand il veut me gronder.
William se rembrunit à cette idée. Mr Darcy vit la réaction de son fils et s'en amusa. Il semblait que cette petite fille avait gagné le cœur de son fils dès la première rencontre. Et il l'ignorait probablement ! Voilà qui était prometteur.
La petite fille, assise sur les genoux de sa mère s'agita et voulut descendre. Néro, qui vouait à tous les enfants une véritable adoration, poussa un gémissement et regarda sa petite maîtresse d'un air suppliant. Lilybelle se mit à rire.
- Tu connais la règle, Néro. Demande la permission.
Le chien se précipita vers lady Anne, s'assit et lui donna la patte en lui adressant un regard implorant.
- Voilà un brave chien qui demande la permission de jouer avec ma petite Georgiana, n'est-ce pas ? demanda lady Anne, visiblement amusée.
- Oui, Madame. Il n'a pas le droit d'approcher les enfants autrement, dit Lilybelle.
Le chien s'assit aux pieds de lady Anne. La petite Georgiana fut déposée sur le sol et vint aussitôt vers le chien qu'elle se mit à câliner. Si elle put parfois lui faire un peu mal, le chien ne broncha pas.
Lilybelle observait la scène en souriant. Elle trouvait cela très amusant lorsque son chien était en compagnie d'enfants très désireux de lui faire de grands câlins.
- Père, puis-je demander qu'on attelle la voiture pour ramener miss Bennet à Honeysuckle ? demanda William.
- Cela vaut beaucoup mieux, mon garçon, répondit Mr Darcy.
- Merci, Père. Puisque Néro est occupé, puis-je emmener miss Bennet à la galerie des portraits ? Il y a un tableau que je voudrais lui montrer.
Lady Anne sourit car elle avait deviné de quoi il parlait et elle adressa à son mari un regard de connivence.
- Pourquoi pas ? dit Mr Darcy. Mais ne restez pas trop longtemps, William. Vous devez ramener votre jeune amie à Honeysuckle avant que sa famille ne s'inquiète de son absence.
- C'est promis, Père.
Il entraîna sa jeune compagne avec lui jusqu'à la galerie des portraits. Lilybelle le suivit sans protester. Il y avait de nombreux tableaux et William lui nomma les noms des modèles avec une certaine fierté. Cependant, il y avait un portrait qui était plus important, à ses yeux.
Lorsque Lilybelle se retrouva devant le tableau, elle sourit en reconnaissant son père à côté de sa tante Lizzie.
- Il y a un portrait avec une dame qui ressemble comme deux gouttes d'eau à cette dame à Rosings Park, dans le Kent, dit Fitzwilliam Darcy en montrant la tante de la petite fille.
- C'est Grand-Mère Bennet, dit la fillette. La maman de Papa, de tante Lizzie et tante Vicky, qui a épousé lord Clayton.
- Lady Clayton est votre tante ?
- Oui.
- Je connais son fils, Christopher.
- Kit est mon cousin.
- Oh, bien sûr. Tommy Bennet est votre frère. Il est aussi un de mes amis.
- Je suis contente de vous avoir rencontré. Je vous trouve très gentil.
Fitzwilliam ne put s'empêcher de rougir en entendant ce compliment.
- D'ailleurs, Néro vous aime bien, lui aussi, ajouta la fillette en montrant son chien. Il vous a offert la patte tout de suite. Il n'agit pas ainsi avec tout le monde.
- Moi aussi, j'aime les chiens.
- Il le sent. C'est pour cela qu'il se montre amical avec vous.
- Il est visiblement doux comme un agneau avec les enfants.
- Oh oui ! Il les adorent ! Surtout les plus petits. Il n'hésiterait pas à attaquer celui qui tenterait à s'en prendre à l'un d'eux. Néro est très protecteur.
Profitant de leur présence dans la galerie, William lui montra les autres tableaux avant de la ramener au salon où lady Anne lui offrit un verre de jus de fruits. La voiture était prête à partir. William obtint sans mal la permission de l'accompagner jusqu'à Honeysuckle. Il n'avait pas envie de quitter sa petite compagne tout de suite.
Ils sortirent dans la cour où la calèche attelée à deux chevaux attendait. Un valet tenait la portière ouverte et avait abaissé le marchepied. Lilybelle se retourna vers Mr et lady Anne Darcy et les remercia très poliment de leur hospitalité, tout en faisant une gracieuse révérence.
Néro fut le premier à monter dans la voiture. Puis Lilybelle le suivit, aidée par le valet et ensuite ce fut le tour de William.
Le marchepied fut remonté, la portière refermée, les enfants firent un dernier signe de la main et le cocher fit claquer son fouet. Les chevaux s'élancèrent.
Vous constaterez que j'ai fait des changements dans le début de mon histoire. Désolée si cela paraît un peu confus. J'avais déjà tapé le premier chapitre que je pensais utiliser pour une autre histoire, mais j'ai décidé qu'il serait à sa place dans celle-ci.
Je ne vais pas détailler l'enfance de nos héros. Ils se rencontreront régulièrement, mais il est inutile de trop en parler. La suite de l'histoire sera plus importante.
Putnam : En fait, j'ai prévu quelque chose avec Mr Collins, mais pas avec le père. Il est mort dans l'histoire originale mais son fils va me servir. Je pense que ce que je prévois pour lui sera très drôle.
Il ne faut pas faire attention avec l'avis qui porte mon nom. C'était juste un essai de ma part. Je ne suis pas encore très familière avec l'utilisation du site.
Merci à Tinimou pour les infos concernant le site en français. Elles me seront très utiles.
Je cherche de l'aide pour traduire mon histoire en anglais car mes connaissance sont lacunaires.
J'attends vos avis avec impatience. Merci.
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