Note : Yaho !
Ah, qu'est-ce que ces vacances avancent vite... Dans moins de deux semaines je serais déjà en train de travailler... *sobs*
Mais bon, ce n'est pas encore le cas !
Voici donc de quatrième, en vous remerciant encore pour vos gentilles reviews, et en vous souhaitant une agréable lecture !
Fixant le plafond d'un air terne, les bras croisés derrière sa tête, Zoro vint lâcher un long et profond soupire, son regard d'un gris vitreux semblant fixer un point unique que lui seul était capable de voir, perdu dans les tréfonds de ses pensées.
Cela faisait plusieurs heures qu'il était ainsi, immobile dans son lit, à compter la moindre parcelle de secondes qui s'écoulait, les bruits de l'extérieur semblant être devenus silencieux à ses oreilles, se concentrant uniquement sur ses diverses réflexions entremêlées dans son esprit.
C'était un lundi comme les autres, dans les alentours de deux heures de l'après-midi et dehors, le ciel ne cessait de gronder ses menaces que les habitants de la petite ville avaient fini par se décider d'ignorer, la météo ne cessant de prévoir des orages qui ne venaient jamais, seul le froid et les nuages brumeux se pointant au rendez-vous.
Une semaine s'était déroulée depuis son dernier rendez-vous avec son médecin personnel, celui-ci l'ayant tellement monté sur ces gonds qu'il ne souhaitait point le revoir de sitôt, tel un enfant qui ne parlait plus à ces parents en raison d'une dispute quelconque, ayant cependant reprit ces autres habitudes ennuyantes qui n'étaient autre que le travail et autre cauchemars incessants, ses crises d'angoisses en pleins jours se faisant de plus en plus courantes. Toutefois, il luttait afin de ne plus se retrouver entre les griffes des urgences, voire de l'hôpital, répétant à tue-tête qu'il n'avait pas besoin d'aide, que seul lui et lui seul pouvait régler ces problèmes. Et pourtant… Il savait très bien que ce n'était pas le cas. Il avait besoin d'une main, d'une béquille afin de l'aider à avancer comme avant, de lui permettre une vie moins douloureuse…
Luffy, quant à lui, inquiet pour son ami, avait commencé à perdre le moral malgré ses efforts afin de parvenir à remonter celui de son aîné. Son sourire n'était plus aussi éclatant qu'avant, ces éclats de rires moins constants, comme si l'épais nuage qui tapissait la ville s'était également mit à recouvrir les esprits de ceux qui se trouvaient ensevelis en dessous…
Zoro savait que la solution à tout cela était à côté de lui. Il n'avait qu'à tendre la main pour s'en emparer et pourtant, il en était incapable. Fermant les yeux, le jeune homme aux cheveux verts vint lâcher un claquement de langue agacé, les mots du petit Tony Tony Chopper ne cessant de résonner dans sa tête.
Son rendez-vous avec le psychologue avait lieu dans moins d'une heure à présent. Et l'envie d'y aller le tiraillait douloureusement avec ses valeurs et ces mots qu'il avait prononcés selon lesquels il ne mettraient jamais les pieds chez un psychologue de sa vie. Oui, Zoro était quelqu'un d'extrêmement orgueilleux, et ça, il en était parfaitement conscient.
La première séance est gratuite.
Après tout, cela ne lui coûtait rien d'y aller, que ce soit niveau argent, ou même niveau transport, étant donné que ce soit disant « KuroAshi » semblait avoir son lieu de travail à moins de deux rues de la sienne.
Se levant de son lit, Zoro vint s'avancer en direction de sa fenêtre, s'emparant d'un paquet de cigarettes à moitié entamé qui se trouvait sur son bureau avant de venir s'en allumer une, venant soupirer un nuage de fumée en direction du ciel vitreux, fermant les yeux un instant d'un air pensif.
« Et puis merde… »
Murmura-t-il à lui-même tout en rouvrant les paupières après un temps, venant coincer sa cigarette entre ses dents avant d'enfiler sa fidèle veste en cuir en un mouvement, se dirigeant vers la porte de son appartement d'un pas sûr de lui, les sourcils froncés. Il s'était décidé.
Dehors, seul un vent déchirant vint l'accueillir à bras ouverts, un frisson piquant venant parcourir l'échine du jeune homme aux cheveux verts alors qu'il marchait d'un pas saccadé en direction de l'adresse indiquée par la carte de visite, s'arrêtant par moment au beau milieu de la rue afin de demander son chemin à divers passants qui se trouvaient là, n'ayant, à vrai dire, pas ce qui pourrait être considéré comme étant un bon sens de l'orientation, se fiant uniquement à sa mémoire visuelle des différentes rues de la petite ville afin de se retrouver.
Alors qu'il arrivait à un embranchement de deux rues piétonnes, celles-ci étant toutes deux traversées par une large avenue dans laquelle touristes et autres habitants venaient principalement y faire les magasins, Zoro sentit ses jambes s'immobiliser, comme si elles avaient décidé de ne plus avancer, se stoppant ainsi au milieu de la rue dans laquelle quelque passants marchaient d'un air pressé, leur regard venant se poser sur lui d'un air curieux.
Devait-il réellement y aller ? Et si ce type, ce soit disant KuroAshi n'était qu'un arnaqueur, un de ces imbéciles qui ne l'aiderait en rien dans ses problèmes, ne serait-ce que perdre son temps ? Et puis, que dirait les autres s'ils savaient qu'il avait été voir un psy ? Le prendrait-il pour un incapable ne sachant pas résoudre ses problèmes lui-même et ayant besoin d'une aide afin d'y parvenir ? Zoro serra les poings à cette idée, un sentiment de dégoût s'emparant de lui alors qu'il s'apprêtait à faire volte-face, lorsque la voix de Luffy s'éleva dans sa tête, essayant de le convaincre d'y aller.
Faisant grincer ses dents, il se remit donc en marche, mais lorsqu'il se retrouva à quelques mètres à peine du bas de la porte, ses pieds firent sens inverse avant de se remettre à avancer une seconde fois, son petit cinéma d'une hésitation tiraillée venant perdurer quelques minutes encore, faisant les cent pas devant l'imposante porte en bois à côté de laquelle était clouée une plaque argentée sur laquelle était gravé en lettres d'imprimante l'adresse où il se trouvait ainsi que le nom du célèbre psychologue qui y pratiquait son travail.
Comment était-il ? Était-ce un homme robuste et imposant dont la carrure oppressante couperait la parole ? Ou un être petit et maigre qui lui-même avait une bonne dizaine de problèmes à affronter au quotidien ?
Il finit par s'arrêter devant l'entrée, fermant les yeux un instant avant de venir appuyer sur la sonnette qui se trouvait à proximité de la porte, lâchant un long soupire. C'était comme plonger dans un bassin d'eau glacée pour la première fois. Quelque chose de poignant, douloureux et horrible. Mais une fois qu'on était dedans, il n'y avait plus moyen d'en ressortir sans être trempé et glacé.
« Vous avez rendez-vous ? »
Il fallut pas moins d'une poignée de secondes avant qu'une voix posée et féminine ne s'élève de l'émetteur qui se trouvait en dessous de la sonnette, Zoro venant poser son regard sur celui-ci d'un air incertain.
« Oui... »
Répondit-il tout en regardant autour de lui, comme si des personnes se trouvaient dans son dos afin de se payer sa tête.
« Bien. Veuillez monter les escaliers dans ce cas. »
Le bruit sonore de la porte qui venait de se déverrouiller vint surprendre le jeune homme aux cheveux verts qui se tourna une seconde fois vert la porte de bois qui s'était entrouverte, se décidant donc de venir appuyer sur celle-ci d'un air dubitatif, venant de ce fait entrer à l'intérieur de l'établissement alors que celle-ci se refermait automatiquement derrière lui dans un bruit lourd.
Devant lui s'imposait un couloir sombre aux murs teints de noirs sur lesquels ni cadres, ni miroirs ou autre décoration ne se trouvaient, ne serait-ce que les faibles éclairages qui menaient jusqu'aux escaliers qui se situaient à quelques mètres de là où se trouvait Zoro qui pour sa part resta un instant à son emplacement, regardant autour de lui d'un air nébuleux, plissant légèrement les yeux avant d'enfin se décider à avancer d'un pas traînant en direction desdits escaliers qui semblaient s'éloigner au fur et à mesure qu'il marchait, venant finalement enjamber ceux-ci comme indiqué plus tôt par la jeune femme, débouchant de ce fait dans une nouvelle pièce qui, à en déduire par les diverses chaises soigneusement rangées l'une à côté de l'autre contre les murs d'un rouge sombre, était une salle d'attente.
Serrant les poings, Zoro se contenta d'avancer parmi les chaises vides, son regard se déposant sur les différentes portes qui longeaient les murs entre celles-ci et tout particulièrement sur celle d'un bois sombre qui se trouvait isolée des autres au bout de la petite pièce, étant probablement la salle de séance dans laquelle se trouvait ce soit disant KuroAshi, une horloge bordée d'argent indiquant quinze heures moins dix se trouvant au-dessus de celle-ci.
À peine le jeune homme aux cheveux verts eu-t-il le temps de soupirer que l'une des portes se trouvant à ses côtés s'ouvrit dans un grincement silencieux, laissant de ce fait apparaître une charmante jeune femme coiffée d'un chignon d'un roux flamboyant, un fin tailleur sombre venant mettre en évidence ses formes généreuses sans réellement les montrer dans un décolleté distrait qui attirerait n'importe quels regard curieux, de longues jambes dévoilées au bout desquelles se trouvaient deux petits talons venant terminer la silhouette de la femme d'affaire qui s'avança en direction de Zoro sans réellement le regarder, trop occupée à observer le carnet de dossiers qu'elle tenait en main, celui-ci la regardant d'un air peu concerné.
Pas que les femmes ne l'intéressait pas, bien au contraire. Mais pour être franc, il n'était pas réellement attiré par les secrétaires inaccessibles vêtues de la sorte, bien qu'il savait qu'il ne fallait pas juger sur les apparences…
« Vous êtes monsieur Roronoa, c'est bien cela ? »
La voix de la jeune femme s'éleva calmement, finissant par relever son regard marron sur le nouvel arrivant qui restait ainsi debout au milieu de la salle d'attente, tel un pion perdu au milieu d'un échiquier.
« Ouai, c'est ça. »
« Alors si vous voulez bien patienter. »
Alors que Zoro s'apprêtait à reprendre la parole, la jeune secrétaire le devança tel un courant d'air glacé, la forte odeur de son parfum à marque coûteuse venant se faire ressentir par le jeune homme qui plissa du nez alors qu'elle venait frapper délicatement sur l'imposante porte en bois qui se trouvait au bout de la salle.
« Votre nouveau patient est là Monsieur. »
Tendant l'oreille d'un air indiscret, Zoro essaya d'entendre la voix de la personne qui se trouvait à l'intérieur de la salle mais la secrétaire l'en empêcha, refermant la porte sur le nez du vert qui s'était légèrement avancé.
« Monsieur KuroAshi sera à vous dans un instant. Veuillez prendre place ici en attendant s'il vous plait. »
Et sur ces mots, la rousse se dirigea en un claquement de talons décisif vers la salle de laquelle elle venait, s'enfermant une seconde fois dans celle-ci tout en laissant Zoro seul et livré à lui-même dans cette pièce emplie d'un silence que seule sa respiration et le bruit de la trotteuse de l'horloge venait briser, préférant rester debout au milieu de celle-ci plutôt que de prendre place sur l'une des chaises. Il ne se considérait pas encore comme l'un de ces patients qui attendaient là, sur ces petites chaises d'un blanc immaculé. Il était là pour… Un test, si l'on put dire. Rien de plus.
L'instant désigné par la secrétaire s'écoula comme une éternité aux yeux du vert qui, malgré lui, sentait un sentiment de tension monter en son for intérieur au fil des secondes, regrettant déjà amèrement d'être venu au rendez-vous désigné, lorsque des voix se rapprochant de la porte le fit sursauter, venant se retourner en direction de celle-ci.
« Bon eh bien à lundi prochain, ahah ! »
« Oui, à lundi prochain. »
Les deux jeunes hommes qui venaient de faire leur apparition à l'entrée de la porte se serrèrent la main avant de se séparer, l'un deux venant se retourner en direction de Zoro, semblant être surpris de voir celui-ci avant de lui afficher un sourire crispé sous le regard oppressant du jeune homme aux cheveux verts, l'individu au long nez le saluant silencieusement avant de tracer la petite salle, venant disparaître par les escaliers qui menaient à la sortie d'un pas pressé sous le visage intrigué de Zoro qui se demandait ce dont pouvait bien pouvoir souffrir cet étrange jeune homme aux cheveux frisés.
« Monsieur Roronoa ? »
Revenant à lui suite à cette intonation de voix qui venait de derrière son dos, le jeune homme aux cheveux verts vint se retourner, serrant les dents d'un air tendu.
Alors c'était lui.
Dans le cadrant sombre de la porte encore ouverte se trouvait un homme d'environ son âge vêtu d'un costume d'un noir profond à la chemise bleu ciel soigneusement repassée et sans le moindre pli ouverte au deuxième bouton en raison de son manque de cravate, deux chaussures brillantes de cirres venant terminer sa silhouette étriquée et fine. Concernant son visage, le jeune homme avait ce que l'on pourrait dire comme étant du charme. Une chevelure or soigneusement coiffée avec une mèche venant dissimuler la moitié gauche de son visage, comme s'il ne voulait pas la montrer à la lumière du jour, des traits pâles et fins et une peau lisse qui aurait pu faire envier n'importe qui, son unique œil visible, d'un bleu profond, s'étant posé sur son patient qui pour sa part était resté silencieux, au milieu de la petite salle, comme si ses jambes étaient restées scotchées sur le carrelage en damier.
À vrai dire, il n'avait pas réellement la carrure à laquelle Zoro s'était attendue lorsqu'il avait entendu son nom pour la première fois. Il n'avait rien de ce que l'on pourrait classifier comme étant "les grands thermes" d'un psychologue, ressemblant plus à un nouveau riche qu'à autre chose.
Son regard gris se leva sur celui dudit KuroAshi, le détaillant avec attention d'un air froid comme il pouvait le faire avant de reprendre après un temps de silence, sans détourner son attention.
« C'est bien moi. »
« Excellent. Si vous voulez bien entrer. »
D'un geste de la main, le blond se décala afin de laisser rentrer son nouveau patient avant lui qui pour sa part, continua de l'analyser silencieusement avant de s'avancer sous le fin sourire de celui-ci, venant de ce fait entrer à l'intérieur de la salle de séance alors que la porte se refermait derrière eux dans un bruit sourd.
Et voilà ! L'histoire commence doucement à se lancer comme vous le voyez !
J'espère que celui-ci vous aura plut ! Et à la semaine prochaine ~
