Titre : Le pacte

Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas ... dommage ...

Rating :M / NC 17

Paring: Harry/Draco

Note : Cette histoire est un slash , donc il s'agit d'une relation entre hommes, si vous n'aimez pas, ben partez

Résumé : La guerre est finie depuis des années. Mais pas pour mon maître qui continue de mener sa bataille dans l'ombre… mon ombre. Je suis à son service, son dévoué. Je suis un être de ténèbres qui cherche un peu de lumière. Pourra-t-il me l'apporter ? Pourrais-je l'aider à la trouver ? J'ose, j'espère, je crois en Lui. Je suis Draco Malfoy et j'aime mon Maître.


Lalouve : Merci pour ta réponse. je ne sais pas si c'est vraiment ça ou pas, mais ce n'est absolument pas voulu et conscient.


Demander de l'aide

Cela fait deux semaines. Deux très longues semaines. Il ne mange plus et passe ses journées à dormir devant la cheminée. Il est faible. Et moi j'angoisse. Je n'ose pas m'absenter. C'est à peine si j'arrive à m'éloigner de Lui. Je ne sais pas si je le dérange ou non. Je ne sais plus rien à vrai dire. C'est tout juste si j'entends ses battements de cœur. Je sens qu'il s'éloigne de moi. Je ne sais plus quoi faire. Enfin… j'ai peut-être une idée, mais je doute qu'il soit pour.

Hermione. Si je lui dis… tout… elle trouvera peut-être une solution.

Je passe une de mes mains dans les cheveux et soupire. Que faire ?

- Draco, souffle mon Maître.

- Oui ?

- Je suis désolé. Désolé.

- De quoi Maître ?

- De tout. Mes peurs, ma lâcheté. Tout ce qui fait que tu te trouves à mes côtés aujourd'hui. Je n'aurais peut-être pas dû… Mourir pendant la bataille n'aurait pas été si mal en fin de compte.

- Ne dites pas ça.

- Arrête de jouer au gentil et parfait serviteur Draco. Ça ne prend plus. Tu vas bientôt être libre, quoi de mieux pour toi.

- Maître… je…

Je ne peux pas Lui dire. Pas maintenant, pas dans ces circonstances. Avouer ce que je ressens pour Lui serait tellement honteux.

Je le vois fermer les yeux et s'endormir pour la troisième fois de la journée. J'entends encore ses battements de vie et je soupire. Combien de temps pourra –t-il tenir ainsi ? Je ne peux même plus l'aider. J'ai beau Lui insuffler toutes mes forces, toute ma vie, son organisme les rejette violemment.

Je m'assois dans un fauteuil et secoue la tête. Dans ma tête, je refais la liste de toutes les options possibles. Un, il meurt, j'ai ma part du marché et tout est fini entre Lui et moi. Deux, il vit, je sais pas comment et je continue de vivre à ses côtés, me mentant à moi-même et surtout à Lui sur mes sentiments. Trois, je lui parle de la bague, il accepte et je récupère ma part du marché.

La un, hors de question. La deux, pourquoi pas, c'est toujours mieux que la un. La trois, je ne sais pas grand-chose dessus mon père est mort avant de m'en dire plus. Si seulement je savais…

Mais oui !

Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Mais comment… comment faire ? Elle n'est pas bête, bien loin de là. Elle comprendra vite ce qui se passe. Elle pourrait alors me dénoncer. Elle pourrait mettre une fin définitive à cette vie. Mais c'est un risque à prendre. Je suis sur le point de le perdre, alors tant pis si je dois risquer ma vie pour Lui. C'est décidé. Je vais devoir nous trahir.

OoO

C'est un mélange de pluie et de neige qui mouille l'asphalte en ce matin gris. Mon Maître dort encore et je sais qu'il ne va pas se réveiller avant trois bonnes heures. J'ai un peu de temps.

Je monte les escaliers qui mènent au petit deux pièces qu'elle loue en guise de bureau. Je pousse la porte en silence et pénètre la pièce sombre. Dans une pièce voisine je l'entends marmonner et pester.

Toujours en silence je me rends dans le salon, là où elle se trouve. Sur la table basse il y a un livre ouvert. Et elle, elle fait les cents pas autour, les mains dans ses cheveux longs.

- Ne vous avait-il pas demandé d'oublier cette histoire ?

- Aaahh ! Qui ? Qui ?

Je rigole et sors de l'ombre pour me montrer. Sa baguette pointée vers moi s'abaisse aussitôt et je devine le soulagement sur son visage.

- Que fais-tu ici… Draco ?

- Je suis venue te voir.

- Ah bon ? Je croyais plutôt que tu venais pour le livre. Tu vas me le retirer ?

Je m'assois sur le canapé et pose mon regard sur les pages jaunies par le temps. Je pourrais le lui prendre et m'en aller. Mais je crois qu'il faudrait que je revienne la voir un jour au l'autre… pour qu'elle m'aide.

Elle s'assoit à côté de moi et me regarde intensément.

- Miss…

- Hermione, me reprend-elle.

- Il va mourir.

Je dois lui dire, tout lui dire. C'est pas facile. Je n'ai jamais osé dire à qui que se soit ce que je suis. La honte ? Pas vraiment. Plutôt la peur celle de ne jamais être accepté. Mais aujourd'hui tout est différent. Je suis son serviteur et je ne veux pas le perdre.

Alors je pose mes mains sur mes genoux et lui dévoile tout. Moi, mon origine, notre pacte, notre vie, ce livre, son histoire, notre histoire. Tout. Enfin presque. Il me reste une dernière chose à lui dire.

- Je l'aime.

Hermione me fixe avec de grands yeux. Je crois qu'elle a peur. Mais j'ai besoin d'elle.

- Tu peux me haïr si tu veux, me frapper aussi. Tu peux décider de ne plus vouloir me parler, mais sache que je ne veux qu'une chose. Le sauver. Comme je l'ai fait il y a des années de ça. C'était pas la meilleure façon, mais la seule ne ma possession.

- Je vais t'aider, souffle Hermione en s'adossant au dossier de son fauteuil.

OoO

Après cette rapide entrevue, je suis retourné à la maison. Je n'avais pas le temps de parler d'avantage avec Hermione. Mon maître va se réveiller d'une minute à l'autre et je me dois d'être là. Parfait serviteur que je suis. J'entends les faibles battements de son cœur s'accélérer, signe qu'il se réveille. Sa respiration est saccadée. Tants d'efforts pour si peu de chose.

- Bonjour Maître.

- Bonjour Draco.

Sa main sort de sous la couette et se lève légèrement vers moi. C'est comme ça depuis trois jours. Il n'a plus de force. Je prends délicatement sa main et le tire vers moi. Son corps froid se colle au mien, si chaud. Je frissonne. Lui aussi. Contraste de température ? Frisson de dégoût ? Frisson de plaisir ? Qui de nous deux est le plus embarrassé par cette situation ? Lui qui doit se haïr d'être si dépendant de moi ? Ou moi qui ressens de la satisfaction de par cette proximité ? Je ne sais. Et ne veux pas savoir de toute façon.

Lentement je soulève son corps amaigri et l'aide à se mettre debout.

- Vous mangez ce matin.

Mon Maître tourne brusquement la tête vers moi, les yeux écarquillés.

- Depuis quand tu me donnes des ordres Draco. N'es-tu pas mon serviteur ?

- Si, mais je sais que vous ne voulez pas manger ce matin et je suis contre cette décision. Alors je me suis permis de donner mon avis.

- Ton avis était un peu trop directif, grogne mon Maître.

- Je m'en excuse.

- Je veux bien du pain grillé avec une tranche de bacon, souffle mon Maître en se détachant de moi pour aller dans la salle de bain.

- Bien Maître.

Je descends à la cuisine et prépare le repas. Il doit manger pour garder le peu de force qui lui reste. Je fais tout de mon côté pour le maintenir en vie le plus longtemps possible, mais notre lien s'affaiblit. Je dois retenir voir Hermione au plus vite. Et à croire que la providence est avec moi ce matin, voilà qu'un hibou vient d'arriver. C'est celui d'Hermione et le message est pour mon Maître.

Quand ce dernier arrive dans la cuisine, je lui tends le parchemin. Un peu surpris, il l'ouvre, puis me jette un regard suspicieux.

- Hermione souhaite que tu viennes la voir cet aprem pour que tu l'aides dans une histoire de potion.

Je sens dans sa voix qu'il doute de moi. C'est la première fois qu'elle me demande ouvertement de l'aide. Ce n'est pas normal, mon Maître le devine aisément. Et pourtant il m'autorise à aller lui rendre visite dans la journée, comme si cela était parfaitement normal.

OoO

Lorsque je quitte mon Maître vers 15h, il est allongé dans le canapé, presque collé au feu de la cheminée, un livre en main. Bien préparer son départ… tout est dans le titre. Je me dépêche d'aller chez Hermione qui m'attend, le livre en main et tout un dossier posé sur la table. D'un mouvement de main elle m'invite à m'asseoir à côté d'elle, sur le petit canapé.

- Bon, tu as là tout ce que je sais sur… toi, dit-elle hésitante. Toutes les notes, toutes mes recherches. Tu peux commen…

- Pas la peine Miss.

Elle me lance un regard foudroyant et je me reprends.

- Hermione. Je sais ce que je suis, je sais tout ça. C'est le livre que je veux lire.

- Eh bien, si tu arrives à déchiffrer la première page, je t'embrasse je n'y arrive pas.

- D'accord.

Je lui arrache presque le livre des mains et commence à lire les premières lignes, un léger sourire au coin des lèvres. Puis je me tourne vers elle, tout sourire.

- Mon baiser ?

Outrée, Hermione, me lance un regard noir et tourne la tête de l'autre côté.

- Il n'y a que moi qui puisse lire ce livre Hermione. Enfin… ceux de mon espèce, ainsi… que nos Maître.

A ces mots, elle se retourne vers moi, les yeux interrogateurs.

- Mon Maître le sait, quand tu as amené le livre à la maison. Mais je ne connaissais pas son existence avant que tu le ramènes. Je n'ai jamais entendu parler de ce livre. Père n'en a jamais parlé. Et j'en ai besoin pour trouver une solution pour mon Maître. Ce matin je ne t'ai pas parlé d'une chose. Il y a une troisième issue à notre pacte.

Je sors la bague de ma poche et la pose sur la table basse. Alors qu'Hermione tend la main pour s'en saisir, je la stoppe aussitôt.

- Ne la touche pas s'il te plait. Je ne veux pas qu'elle perde ses pouvoirs. Enfin… je crois.

- C'est quoi Draco.

- Chaque membre de notre espèce reçoit cette bague lors de sa formation, faite par le père. Elle permet de créer le pacte. Sans elle, on ne serait pas grand-chose. Je sais que je lui dois mes pouvoirs et…

- Et ?

- Je ne sais pas. Mon père est mort avant de tout me dire. Ma formation est incomplète. J'ignore certaines choses à propos de ma race, de mes pouvoirs et… de cette bague.

Je la reprends et la remets dans ma poche. Je n'aime pas trop le regard que pose Hermione dessus.

- Tu veux que je t'aide à comprendre les pouvoirs de cette bague.

- Oui. Je pense que le livre explique beaucoup de choses.

- Tu es le seul à pouvoir le lire, pourquoi avoir besoin de mon aide ?

- Parce que j'ai peur de me tromper, j'ai peur de le perdre. Je doute de mon pouvoir. Je ne veux pas qu'il meure.

Hermione devient alors très sérieuse. Elle se rassoit correctement et me fixe.

- Dis-moi tout ce que tu sais sur cette bague.

- Cette bague est très importante Draco. Elle te permettra d'accélérer les choses. Elle brisera le lien entre ton Maître et toi. Le pacte prendra fin à cet instant. Voilà ce que m'a dit mon père quelques jours avant de mourir.

- C'est tout ?

- Oui.

- Bon alors nous allons nous pencher sur le livre. Tu le lis, tu repères les passages qui te semblent importants et tu me les lis.

- Ok.

Me voila parti pour une lecture accélérée de ce maudit livre. Un livre écrit par un démon, un de mes ancêtres. Un livre horrible. Il explique ce que je suis, comment je dois vivre. Et je n'aime pas cette idée. Trouver un Maître puissant pour vivre et tout faire pour qu'il meure rapidement. Voler ses pouvoirs, son âme et ensuite… reproduire ce schéma. Je suis maudit jusqu'à la fin de ma vie et mes enfants le seront aussi. Alors je n'en aurais pas. Quel horreur. Ma famille est remplie de monstres. Au fils des pages, j'en apprends d'avantage sur mes origines et mes pouvoirs. Tout est torture et mort. Ces passages là me plaisent assez. Peut-être parce que ma nature veut que je sois cruel, que je tue et que se soit jouissif pour moi. Néanmoins, lorsque le livre se met à parler de la mort des Maîtres, je ne peux m'empêcher de ressentir un profond dégoût pour ceux de ma race. Quelle ignominie.

- Tu ne dis rien.

- Parce qu'il n'y a rien à dire. Rien qui soit utile pour sauver mon Maître.

- Appelle-le Harry. Ou Potter.

- Je ne peux pas Hermione. Mon éducation m'interdit de nommer mon Maître autrement, sauf s'il me l'ordonne.

- Et Harry ne l'a jamais fait ? S'étonne-t-elle.

- Jamais. Il y a des choses que tu ignores à son sujet. Des choses que tu ne dois même pas savoir.

- Continue de lire, lâche-t-elle sèchement.

Et oui, le sauveur de l'humanité n'est pas un ange. La preuve, il est le maître d'un démon. Je me souviens encore de notre rencontre. Cette ruelle, son appel à l'aide. Et je suis apparu. Il a accepté de passer le pacte avec moi. Tout simplement parce qu'il ne se sentait pas à la hauteur des espérances des pauvres idiots qui peuplent ce monde. Tout le monde le voyait en héros, en vainqueur si possible. Mais lui ne le pensait pas. Il n'y croyait pas. Peu à peu il a sombré dans l'alcool, la drogue, la dépression. Et il a appelé à l'aide, inconsciemment. Un si bel appel. Une mélodie envoutante, enivrante. Un cri de désespoir, de déchéance. En pleine nuit, un hurlement de souffrance pure. Je n'y ai pas résisté. Toutes les autres musiques étaient si fades face à la sienne. Etrangement, je m'attendais à croiser ses iris émeraudes et vides. Je ne sais pas pourquoi je sentais que c'était lui. Et quand je suis arrivé devant lui, que je lui aie tendu ma main, j'ai enfin pu crier victoire. Il est à moi. Tout comme je suis à Lui désormais.

Il a accepté le pacte, sans condition, sans réfléchir je dirais. Ma magie s'est ruée dans son corps et le battement sourd de son cœur, de sa haine m'a vrillé les tympans. Mon cœur s'est retourné dans ma poitrine tandis que je sentais le lien se créer. Il avait appelé à l'aide. J'y avais répondu. Et j'étais le plus heureux des démons. La suite s'est passée très vite. La guerre, mon père tué, Voldemort affaibli sans son démon, et mon Maître si fort, grâce à moi, grâce à ma magie démoniaque. Voldemort est mort et mon Maître vivait. Il s'est installé dans le manoir de son parrain et je l'ai suivi. Je suis son démon, son ombre, son parfait serviteur. Depuis ce jour, je me charge des atrocités, des combats, de verser le sang. Lui ne peut plus. Il n'est pas un démon, mais un ange et un ange n'a pas à commettre de meurtres. Alors que moi, c'est ma nature, mon devoir. Et je raffole de ces instants.

Tout le monde pense que mon Maître est un sain qui a accueilli un fils de mangemort. Tromperie. Mon Maître est un ange qui répand sa lumière sur son passage, et je suis son ombre qui répand la mort dans son sillage. Contraste parfait.

- En tournant la page c'est mieux.

Je sursaute, surpris par la voix d'Hermione. J'étais parti très loin, perdu dans mes souvenirs. Je replace une mèche de cheveux derrière mon oreille et me replonge dans la lecture du livre. Faites que je trouve une solution. Faites que je ne sois pas qu'une ombre d'un noir profond au regard de démon, sans possibilité de changer ne serait-ce qu'un bout de mon être.


A suivre...