Bon, tout d'abord, mes excuses pour le léger retard qu'a prit ce chapitre. Oui, non, je ne fixe pas de date mais ce chapitre à quand même prit un peu plus longtemps à voir le jour sur ce site que les autres. Je m'explique !
Mon adaptateur m'a lâché il y a deux semaines, autrement dit : plus d'ordi !
Je me suis empressé d'en commander un autre, mais la livraison à pris deux semaines (coïncidence ? ;p) au lieu de trois jours. En plus de ça, je suis partie en vacance, dooooonc cela explique le léger contre-temps.
Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais les chapitres sont de plus en plus longs ! Si je continue comme ça, le dernier chapitre sera trop lourd pour être accepté par l'hébergeur du site ! XD
Bon, sur ce, je vous laisse pour ce quatrième chapitre qui j'espère vous plaira. Moi j'ai personnellement kiffé l'écrire, à vous de me dire si vous vous êtes éclaté à le lire ! :P
Mes excuses pour les éventuels fautes j'ai vraiment essayé de faire au mieux ^^'
RENDS-MOI MON CŒUR !
Pour ce qu'il m'impose...
Le capitaine Kidd avait passé sa journée attaché sur le ventre, ayant encore trop mal au dos pour l'appuyer contre le matelas de mousse qui lui servait de couche. Sa blessure s'était fait un devoir de lui rappeler sa présence toute la journée, ne lui laissant pas un moment de répit.
Il avait dû subir les vagues de douleurs lancées par son système nerveux des heures durant, sans interruption, avec des sueurs froides pour compagnie et quelques frissons désagréables qui lui remuaient les tripes. À croire que l'âme du chirurgien était toujours au-dessus de lui à charcuter son dos en ricanant.
Cet enfoiré ne l'avait pas loupé.
Kidd ne savait même pas ce que Law avait pu casser ou déchirer par inadvertance dans la punition douloureuse que ce médecin avait eu plaisir à lui administrer.
Si ça se trouve, il avait réussi à lui causer des lésions irréversibles dans la moelle épinière ?
Si tel était le cas, Kidd s'assurerait que ce foutu docteur en ait aussi.
Du genre, définitives.
Ses chaînes, qui ne lui étaient d'habitude pas très agréables, l'avaient aujourd'hui mené au supplice. Elles lui avaient tiré sur les bras, malmenant ainsi sa colonne vertébrale en lui faisant douloureusement ressentir l'impact qu'il avait au milieu du dos.
Mais cette douleur permanente ainsi que l'absence d'activité l'avait motivé à essayer de chercher la pire façon qu'il aurait de torturer ce chirurgien une fois qu'il serait libre de ses mouvements.
Il voulait le faire hurler.
Bien plus que ce que Kidd avait été forcé à lui céder.
Le fer restait toujours l'outil le plus simple et le plus efficace pour contraindre quelqu'un à s'user les cordes vocales, mais il lui faudrait quelque chose de plus lent.
Quelque chose qui puisse obliger ce chirurgien de malheur à le supplier de le tuer, tout comme Kidd l'avait supplié d'arrêter.
Le capitaine n'arrivait toujours pas à croire que ces mots soient sortis de sa bouche. Aucune plainte d'aucune sorte, pas la moindre lamentation n'avait jamais passé la barrière de ses lèvres…
Et puis cet empaffé arrivait soudain, l'air de rien, avec des engins de torture dissimulés sous une couverture médicale pour le charcuter jusqu'à lui faire cracher des supplications ! Ne devait-il pas le soigner, de base ? Ne s'était-il pas présenté à lui comme un docteur ? À jouer avec ses fils, ses cotons et ses potions d'acides, n'aurait-il pas dû lui redonner la forme au lieu de lui dégrader stupidement la santé ?
Pour n'être que passé devant la porte de métal caché au fond de la grotte, le capitaine trouvait cette lourde punition aux relents sadiques un peu excessive.
Quelque chose de réellement important pour Law devait se trouver retenu derrière ces gonds. Peut-être même que ce mystère était quelque chose auquel le brun tenait plus qu'à sa propre vie.
Bien, même s'il s'agissait d'un trésor fait d'or et d'autres richesses clinquantes, Kidd avait pris sa décision : il le détruirait sous les yeux larmoyants du chirurgien.
Et si cette chose se révélait être vivante, il la tuerait. Que ce soit humain, chimérique ou démoniaque, il s'assurerait de mettre fin à ses jours devant le regard horrifié de Law.
Ensuite, il s'occuperait de faire crier le chirurgien jusqu'à ce que ce dernier ait la gorge en feu. Il le ferait implorer son nom, jurer n'importe quoi, supplier de l'épargner…
Et ça ne serait qu'après l'avoir fait couiner jusqu'aux larmes que Kidd le…
Le grillage de bambou s'ouvrit en laissant passer l'objet de ses pensées. Law referma la grille, les mains toujours prises par des tonnes de sacs en plastique.
Kidd sentit son pouls s'accélérer, sa tête se tournant brusquement vers le médecin dans un tic nerveux. Le capitaine dardait sur Law un regard assassin, motivé par la montée d'adrénaline qui lui avait accéléré le souffle. S'il n'avait pas eu l'handicape de son dos et l'entrave de ses chaînes, il se serait lancé toute griffe dehors sur le médecin, crocs en avant.
Law lui jeta un rapide coup d'œil sans se préoccuper de l'aura meurtrière qui s'émanait de son patient, préférant continuer son chemin dans les profondeurs de la grotte sans faire plus attention à lui.
Kidd en profita pour essayer de calmer ses pulsions sanglantes jusqu'à ce qu'il entende le bruit caractéristique de la porte s'ouvrir au loin. Cette fichu porte qui lui avait opposé une résistance lors de sa petite excursion. Il percerait le secret que Law tenait tant à cacher, il se le jurait !
Il l'atteindrait là où ça pouvait lui faire mal. Ce mec avait une carapace dans laquelle il se protégeait, Kidd le sentait. Il lui suffisait de trouver les failles et de taper dedans pour faire voler sa jolie petite protection en éclat. Et alors il apprendrait à ce chirurgien ce qu'il en coûtait de s'attaquer à plus gros et plus méchant.
Kidd releva légèrement la tête lorsqu'il entendit le bruissement des sacs plastique tomber par terre. Law était revenu, il venait de lâcher ses fournitures à même le sol. Il fouilla quelques instants dedans pour se retourner vers Kidd, son cœur palpitant dans la main.
— Alors, ton dos ? Pas trop douloureux ?
Si Kidd aurait été en mesure de le faire, il lui aurait craché à la figure. Qu'il aille se faire foutre ! Il ne voulait pas de sa fausse bonté dégoulinante d'hypocrisie !
Law s'approcha, le capitaine aux épis roux tirant sur ses chaînes dans un réflexe de conservation pour s'éloigner de son périmètre.
Le chirurgien le remarqua, notant également le regard meurtrier ainsi que la crispation de la mâchoire de son patient. Il n'aurait pas même sourcillé si Kidd en était venu à grogner : on aurait dit un fauve enchaîné.
Law soupira en s'accroupissant près du rouquin. Bon, c'est vrai, il y avait été un peu fort. Mais il ne regrettait pas son acte. Il était maintenant assuré que Kidd n'irait plus fureter dans l'arrière de la grotte, et puis… rien que pour ce que cette punition lui avait fait ressentir, si c'était à refaire, il l'aurait refait sans hésiter.
Kidd le mitraillait toujours des yeux, envoyant toute sa hargne dans le seul mode offensif auquel il pouvait recourir pour le moment. Law maintient son regard quelques secondes avant de laisser tomber cette joute insensée pour s'intéresser plutôt à la blessure ouverte dans son dos.
Hm… tout à son désir de marquer l'esprit de son patient d'un gros INTERDIT quant au fait de pénétrer plus loin dans la grotte, il n'avait pas mesuré le poids de ses menaces. Il avait prévenu le capitaine qu'il ne toucherait pas à cette blessure. Soit. Mais il aurait tout de même pu la lui désinfecter.
Il espérait maintenant que le system immunitaire du Kidd allait faire du bon travail et éliminer efficacement les bactéries qui avaient surement eu la joie de pouvoir pulluler dans cette plaie ouverte à leur guise. Law avait fait des examens avec le sérum qu'il avait prélevé sur Kidd et rien ne semblait clocher.
Le taux de leucocytes et de lymphocytes était normal, aucune défaillance dans les souches de la moelle osseuse et bien qu'il n'est pas infligé au capitaine une prise dans le thymus, la logique voulait que s'il y ait présence de lymphocytes T matures dans son sang, aucun problème ne devait venir de cette glande. Son système immunitaire était donc parfaitement opérationnel.
Si Kidd était pâle, cela ne pouvait qu'être dû à sa constitution.
Law reporta son attention sur la plaie dans le dos de son patient : elle n'était heureusement pas purulente. La cicatrisation semblait se faire normalement.
Tout du moins, pour l'instant.
Eustass fronça ses sourcils lorsqu'il sentit la main chaude de Law venir effleurer son dos.
— Ça fait mal si j'appuie là ? Demanda le médecin en infligeant une légère pression sur sa blessure.
Kidd retint un gémissement de douleur. Un déferlement de décharges électriques venait de fourmilier dans son système nerveux avec pour épicentre le doigt du chirurgien.
— Retire ta main, ordure ! Tu devrais le savoir si ça me fais mal, je te rappelle que c'est toi qui m'as ouvert le dos !
Kidd avait râlé d'abord et réfléchit après. Il regrettait maintenant d'avoir jeté son venin vis-à-vis de la punition qui allait normalement s'ensuivre. Son dos lui faisait déjà affreusement mal, ce n'était pas le moment pour endiguer d'autres souffrances inutiles.
À sa surprise, Law ne répliqua rien. La pression sur sa blessure ne s'accentua pas et son cœur garda un rythme tout ce qu'il y a de plus régulier. Il retira même ses doigts sans rien répondre à cette invective.
Hmph… il n'était pas très réactif, ce soir, le chirurgien.
— Je vais te détacher pour que tu te retournes, je veux voir les estafilades de ton torse, le prévint Law en sortant la clef de la poche arrière de son jean. J'ai toujours ton cœur en main, donc fais gaffe.
Même en sachant cela, Eustass mit un moment à se demander si quelques palpitations ne valaient pas le coup de profiter de l'occasion pour sauter à la gorge de son tortionnaire. Les douleurs superflues étaient à éviter, mais s'il pouvait en terminer avec son calvaire ici et maintenant, quelques palpitations à endurer valaient la prise de risque.
Le temps de peser le pour et le contre, il était déjà retourné sur son matelas avec les bras tendus et attachés.
Son dos le lança douloureusement mais Kidd serra les dents et ignora les impulsions électriques qui lui surgissaient dans la colonne.
Hors de question de lâcher un seul autre gémissement de douleur devant ce chirurgien.
Il arqua légèrement son dos pour que la blessure ne frotte pas sur le tissu, maîtrisant son souffle en attendant que Law finisse son auscultation.
La première chose que regarda le médecin fut son visage.
— Tu as déjà presque entièrement récupéré. Voyons voir pour le reste…
Law lui souleva les bandes médicinales qui enrubannaient son torse, constatant avec soulagement que la cicatrisation allait de bon train. Bien, au moins, il ne mourrait pas d'une infection. En revanche, il garderait surement de belles cicatrices.
Les blessures qui lui barraient le torse étaient profondes, mais quand on savait que l'adversaire de Kidd avait été Doflamingo, Law trouvait que le capitaine s'en tirait plutôt à bon compte. Les fils que manipulait le Shichibukai auraient facilement pu le découper en Apéricubes, servi tous frais aux seigneurs des mers comme mises en bouche.
Le capitaine avait dû se prendre un revers de ces fils et tomber de son navire. C'était en tout cas la seule hypothèse qui confirmait qu'il soit encore en vie.
Hm… c'était une chance qu'il ait pu dériver aussi loin sans défaillir. Comme le capitaine aux épis roux était un utilisateur du fruit du démon, il n'aurait même pas dû avoir la force de rester accroché à une planche avec du sel marin qui lui imbibait la peau.
Mais le fait était qu'il avait réussi à s'en sortir, et qu'il avait bien sûr fallu qu'il atterrisse sur son île. Le seul endroit au monde où Law avait justement décidé d'amarrer son sous-marin pour être tranquille.
Tss… la chance n'avait jamais été un atout dans la vie du chirurgien.
Kidd sentait que Law se tenait maintenant immobile au-dessus de lui depuis un certain temps. Relevant légèrement la tête pour l'observer du coin de l'œil, il put en effet remarquer que son médecin fixait d'un regard vide les blessures de son torse tout en laissant apparemment ses pensées divaguer ailleurs.
Toute l'aura sadique qui l'enveloppait encore hier avait disparu. Le brun semblait complètement épuisé : ses cernes étaient plus marqués que d'habitude et ses yeux étaient vagues.
À veiller tous les soirs sans fermer l'œil, il fallait croire que même un mec comme lui avait ses limites.
Kidd retient un sourire : ses fenêtres d'actions pour trouver une échappatoire ne pouvaient qu'en être agrandi. Peut-être que le chirurgien lui offrirait ce soir une brèche qu'il pourra exploiter pour retourner la situation à son avantage.
Et alors… il le ferait regretter de ne pas l'avoir tué plus tôt.
Un pincement douloureux au niveau de son torse le sortit de ses rêves de vengeance pour le faire redescendre sur terre : Law venait de mettre le doigt dans une de ses blessures.
— H-hé ! Réagit Kidd en se redressant légèrement.
Le médecin fit revenir le sang qui lui tâchait l'index à ses yeux, frottant entre ses doigts les globules rouges d'un regard toujours aussi vide.
— Tu ne m'as pas dit que certains de tes fils avaient cassé.
Kidd lui lança un regard dédaigneux.
— Et alors ? Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
Cette fois, Law sembla sortir de sa transe et fronça ses sourcils en tournant la tête vers son patient.
— J'ai pas l'intention de te laisser crever !
— Ah ouais ? Et pourquoi ? Rétorqua méchamment Kidd. Je peux savoir en quoi ça t'arrange de me garder ici ?
Law ne trouva rien à dire. C'est vrai, après tout, il aurait très bien pu tuer ce gêneur et balancer son cadavre à la mer. Pourquoi tenait-il tant à le maintenir en vie ?
Law haussa les épaules, après tout il faisait bien ce qu'il voulait. C'était un coup de tête, rien de plus, et il n'avait pas à justifier ses actes.
Le médecin répondit donc au capitaine roux par un bref soupir en le regardant désespérément, lui faisant implicitement comprendre que s'il n'avait pas la réponse à sa question, c'était parce qu'il lui manquait les neurones pour la trouver.
— Quoi ? T'as une raison à me fournir, peut-être ? Râla Eustass qui n'appréciait pas ce genre de sous-entendu.
Law se releva sans un mot et sortit de la grotte en passant le grillage de bambou, laissant le soin à Kidd de bougonner à sa guise.
S'il y avait bien une chose que le capitaine roux ne comprenait pas, c'était bien cette soudaine obsession de vouloir le soigner. Les rôles auraient été inversé, Kidd ne se serait pas gêné pour balancer Law à la flotte. Cela cachait forcément autre chose, le chirurgien ne le gardait surement pas pour le plaisir de le voir enchaîné à un matelas.
Il était sadique, soit, mais il était également en train de cacher quelque chose d'important aux yeux du monde. Il n'aurait jamais pris le risque de le garder aussi près de ses secrets, même pour une séance de bondage.
Que lui réservait-il ? Surement pas quelque chose qui allait lui plaire, ça, il en était sûr.
Quand Law fit de nouveau racler le grillage sur la pierre de la grotte, Kidd remarqua tout de site le fil, l'aiguille, le coton et la bouteille de désinfectant qu'il tenait dans les mains. Le capitaine dévisagea cette dernière en fronçant les sourcils, se souvenant très bien du supplice qu'avait été le nettoyage de ses plaies avec cette mixture.
— Bouge pas, lui intima Law.
Le chirurgien s'accroupit près de lui et malgré la remarque, Kidd ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul.
Law soupira.
— Tu n'avais qu'à pas les casser. Seuls les médicaments qui ont mauvais goût sont efficaces, alors maintenant tiens-toi tranquille si tu ne veux pas rouvrir d'autre de tes blessures.
C'est à cette phrase que le capitaine roux compris.
Ce n'était définitivement pas normal que le désinfectant soit si corrosif. Law aurait pu le laisser brut pour le voir souffrir, c'est d'ailleurs ce qu'avait d'abord pensé Kidd, mais le chirurgien avait été plus malin que ça.
« Seuls les médicaments qui ont mauvais goût sont efficaces. »
Il avait déjà entendu cette phrase d'un shaman un peu barge qui soignait les blessures de ses patients avec du sel. À l'époque, il n'avait pas compris ces mots et l'avait tué.
Maintenant, il saisissait le sens de cette phrase.
Quand on soigne dans la douleur, cela entraîne le patient à souhaiter guérir plus vite et l'empêche de vouloir recommencer à se faire du mal. Or si Kidd avait effectivement un rôle à jouer dans le petit plan de son tortionnaire, c'était exactement ce dont Law avait besoin : qu'il guérisse rapidement et ne tente pas d'autres bêtises.
Il était parfaitement hors de question que Kidd aide un salaud comme lui, bon gré malgré. Son évasion pressait, il lui fallait s'éloigner de ce comploteur le plus rapidement possible.
Au diable ces mouettes ! Pourquoi avait-il fallu qu'il atterrisse sur la seule île au monde où se trouvait aussi ce chirurgien de malheur ?
Tss... la chance n'avait de toute façon jamais été un atout dans la vie du capitaine.
Maintenant, il n'avait plus qu'à se reposer sur ses propres capacités pour essayer de se désengluer de son pétrin.
Étant donné la fatigue probante de son geôlier, il se devait d'agir avant que Law ne pense retrouver des forces. Demain, donc. Ce soir au meilleur des cas. En tous les cas, il n'avait pas intérêt à tarder.
La fraiche morsure de l'alcool le délogea douloureusement de ses pensées, Law ayant commencé à lui administrer des soins sur ses blessures ouvertes.
Kidd dû se faire violence pour ne pas gémir, se mordant l'intérieur de la lèvre jusqu'au sang. C'était pour dire pire que la dernière fois.
Un grognement lui échappa quand il sentit le liquide lui être administré sur une autre plaie. Ça brulait. Ces blessures étaient en feu. À croire que Law lui tartinait du piment dedans.
Au moins, cette nouvelle source de supplices avait le mérite de lui occulter les élancements de son dos. Ce n'était peut-être pas grand-chose, mais dans les enfers, le moindre bénéfice était à prendre.
Tout à sa douleur, Kidd ne vit pas le mince sourire que Law lui lançait.
Ce dernier sentait de nouveau des tiraillements de plaisir lui prendre le bas-ventre. Les faibles tentatives du capitaine pour étouffer sa douleur semblaient suffire à échauffer les sens de son médecin.
Law essaya de balayer les pulsions désireuses qui remontaient dans ses tripes en se concentrant sur les blessures ouvertes de son patient. Si maintenant quelques grognements refoulés suffisaient à le mettre dans cet état, cela signifiait que sa proportion à aimer voire souffrir Kidd allait en s'empirant.
Il ne faudrait pas que son petit jeu se retourne contre lui, mais pour l'instant, il laissait faire avec délectation.
C'était si bon, après tout…
Law se dépêcha de recoudre la plaie en laissant échapper un bâillement qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Kidd. Celui-ci dû se faire violence pour ne pas sourire, retenant sa satisfaction pour ne pas gâcher la seule aubaine qu'il aurait peut-être de s'échapper.
Une fois les points de suture tous refaits, Law détacha Kidd de ses piliers en lui laissant tester les tiraillements de ses nouveaux fils.
Après s'être étiré dans différentes poses, Kidd vint rejoindre Law qui avait déjà commencé à attaquer une conserve de petits pois.
Si cette nuit se révélait être la nuit où il réussirait à s'échapper, il se devait d'emmagasiner des forces.
Après avoir ingurgité trois conserves de lentilles avec deux morceaux de viande, Kidd regarda les menottes qui allaient sans doute lui poser problème dans son évasion.
Il gardait à son habitude ses entraves en bracelet autour des poignets, mais en plus de l'empêcher d'utiliser son fruit du démon, le fait de garder en contact ces menottes avec sa peau l'affaiblissaient considérablement. Il ne pourrait donc pas compter sur l'ensemble de sa force et il le savait.
Mais pour contrebalancer sa faiblesse, il avait en face de lui un geôlier amoindri par la fatigue.
Kidd glissa un regard sur lui.
Law semblait tout faire au ralentit, n'ayant touché qu'à une conserve d'haricot qu'il n'avait même pas finie.
Le chirurgien soupira en se massant les yeux : il était fatigué. Il savait ses limites et il était loin de les avoir atteints, mais son corps le prévenait qu'il rentrait maintenant dans la phase dangereuse, là où la fatigue pourrait lui être un véritable handicap.
Il pensait encore tenir deux jours à veiller de la sorte avant de laisser Kidd attaché pour une nuit. Lui irait dormir dans le sous-marin.
Il fut d'ailleurs étonné de voir ce dernier se précipiter sur le matelas pour lui tourner le dos, se mettant sur le côté en position pour dormir.
Depuis quand était-il pressé de se mettre au lit ?
C'était tout un cirque, d'habitude, avec les allers-retours aux toilettes et les sempiternels grognements sur les conditions dans lesquelles il était conservé qui détérioraient sa santé.
Rien pour ce soir ? Le soleil n'avait pourtant même pas encore laissé place à la lune.
— Il ne fait pas encore nuit, lui fit remarquer Law sur un ton moins poussé dans l'ironique que d'habitude.
— Fatigué.
Law éleva un sourcil intrigué mais ne releva pas. Après tout, si Kidd s'endormait vite, il ne pouvait que plus rapidement lui foutre la paix.
Étouffant un nouveau bâillement, Law vida le reste de sa bouteille d'eau puis s'essuya la bouche du revers de sa manche.
Bon, à son tour de jouer son rôle.
Il prit le cœur du Kidd dans sa main puis partit s'asseoir en tailleurs devant la tête du capitaine, se préparant pour sa veillée.
Les étoiles ne tardèrent pas à poindre dans le ciel, les rayons de lune quadrillant le sol de la caverne, filtré par les bambous de la porte.
Tout était parfaitement calme.
Law regardait le corps du Kidd s'élever puis s'abaisser au rythme de sa respiration : il s'était en effet vite endormi. Tournant son chapeau dans ses doigts, le cœur de son patient posé entre les jambes, Law réprima un nouveau bâillement qui vint lui faire poindre des larmes aux coins des yeux.
Il avait du mal à garder les paupières ouvertes, ses yeux le piquaient. Lançant un coup d'œil à son prisonnier, Law se dit qu'en gardant son cœur dans la main tout en restant attentifs aux moindres bruis, il pouvait se permettre de fermer les yeux.
Juste fermer les yeux.
Après tout, Eustass dormait déjà.
De son côté, Kidd faisait des efforts surhumains pour se détendre et faire bien attention à respirer profondément.
Si Law devinait qu'il n'était pas plongé dans les bras de Morphée, il était fichu. Mais Kidd avait très vite remarqué la faille de son plan : il ne pourrait pas savoir quand Law relâcherait sa garde.
Hors de question d'essayer de lancer un regard dans sa direction, même discret. Le moindre mouvement le trahirait. Il guettait donc chaque bruit, chaque soupir, chaque murmure, accueillant les bâillements du chirurgien avec un sourire tiré dans l'ombre.
Le sommeil n'avait pas de prise sur lui, son impatience le gardait éveillé.
C'était peut-être ce soir qu'il pourrait enfin partir d'ici ; son corps tout entier était tendu comme un ressort. Il se sentait même prêt à rester ainsi en alerte toute la nuit pour attendre le moment où la fatigue prendrait le dessus sur…
SBOM
Eustass ouvrit brusquement les yeux sans pour autant commettre l'erreur de bouger.
C'était quoi, ça ? Un bruit sourd, comme si une masse venait de s'écrouler.
Kidd se permit de lever la tête pour un regard furtif et ce qu'il vit lui étira un sourire ouvertement démoniaque.
Law avait chuté sur le côté, apparemment emporté par le sommeil.
Ses bras reposaient paume ouverte, sa joue s'écrasant contre le sol rocailleux en entrouvrant légèrement sa bouche d'où passait un souffle régulier. Son chapeau gisait à côté de lui, au même titre que le cœur du Kidd.
Bien, c'était déjà bien parti.
Maintenant, ne pas se précipiter. Eustass ne voulait pas répéter le schéma de la dernière fois et se retrouver à subir moult torture pour aucun bénéfice.
Il organisait ses pensées le ventre collé contre le matelas, menton posé à la lisière du vide en regardant avec avidité le corps offert de ce chirurgien qui allait souffrir. Oh ça oui !
C'est en réfléchissant à la manière d'opérer que Law émit soudain un soupir légèrement gémi dans sa gorge. Kidd se statufia, fixant les yeux du chirurgien qui a son grand soulagement ne firent que se froncer sans pour autant s'ouvrir.
Après quelques secondes de silence où le capitaine commençait à se détendre, un nouveau gémissement sortit de la bouche entrouverte de Law qui se retourna sur le dos. Kidd haussa un sourcil : le brun avait le sommeil agité ?
C'est en le voyant souffler péniblement, le faciès crispé, que Kidd en déduit alors que son geôlier se trouvait en ce moment en proie à un cauchemar.
— Hrmph… non, gémit Law en se débattant faiblement.
Eustass eut un grand sourire en voyant ce sadique de première ainsi soumis à ses rêves. C'était dès plus agréable de voir son bourreau froncé douloureusement ses sourcils en gémissant, s'infligeant ainsi une punition de lui-même.
Le capitaine roux ne savait pas ce qui pouvait bien tourmenter Law au point de le faire parler à voix haute, mais le voir ainsi était quelque chose de parfaitement délectable.
Kidd croisa alors ses bras sous son menton.
Ok, changement de plan, il allait déguster un peu de ce spectacle avant d'intervenir.
— Ghh… aah… n-non… je n'étais… pas fais exprès…
Kidd se surprit à adopter un regard lubrique, observant le brun se tordre d'une façon qui suggérait autre chose que de simples tortures. Son souffle erratique et la sueur qui commençait à perler sur son front insinuaient bien plus.
— Ghnn… non… arrêtez… aah… Doflamingo, je vous en prie…
Tout sourire disparu du visage du Kidd qui releva son menton d'entre ses bras en regardant Law fixement, choqué.
Hein ? Doflamingo ? Mais de quoi été fait leurs relations, à ces deux là ?
Law haletait plus qu'il ne respirait, son torse se soulevant en une cadence erratique. Kidd pouvait presque entendre son cœur battre de là où il se trouvait.
— Ahh… ah… Doflamingo, je… j'ai… s'il vous plait, gémit Law d'une voix rauque à moitié endormi qui, Kidd devait se l'avouer, était dangereusement sexy.
Mais tout en ce chirurgien avait en ce moment un attrait de luxure.
La sueur, le souffle, les ondulations du bassin, la chaleur qui émanait de lui et ses gémissements non retenus qui lui sortaient du fond des poumons… à croire que Law était en train de se faire sauvagement prendre par un fantôme.
Le Kidd sentit lui aussi la température augmenter et son cœur commencer à s'élancer.
Il sourit plus qu'il ne paniqua de cette agréable stimulation. Law savait se rendre désirable. Il était en ce moment l'incarnation de la luxure. Seul son sweat jaune venait gâcher le tableau, ce sweat que Kidd détestait.
Il se demanda alors ce qui pouvait bien se cacher sous le haut du chirurgien… le spectacle aurait été bien plus stimulant sans ce cache gênant.
— Do… hhh… Doflamingo… je… je le jure, haleta Law tandis qu'une perle de sueur lui coulait de la tempe. Plus… plus fort…
Tss, alors Trafalgar avait été pris par ce type ? Pour en faire des cauchemars, ça avait bien dû marquer le médecin.
Kidd sourit plus intensément. Il ne savait pas pourquoi, mais de savoir que Law avait été forcé de partager le lit du mec qui lui avait infligé ses blessures lui procurait une jouissance nouvelle.
Il n'avait pas été le seul à souffrir de par la faute de ce flamant rose.
Law avait souffert.
Et encore maintenant, sous ses yeux, il souffrait. Mais il souffrait si bien, si… passionnément.
— HhHHHm… aah… pitié… mal… ça fait… hhhg… mal…
Kidd étouffa dans sa gorge le gémissement que lui avait déclenché le pic d'adrénaline qui se stocka dans son bas-ventre.
Merde, il voulait faire implorer Law, mais jamais il n'aurait pensé que cela aurait pu prendre cette forme. Là, c'était si… foutrement excitant.
Law se cambra soudain dans un cri plus fort que les précédents gémissements, Kidd bombant son dos pour étouffer le tiraillement de plaisir qui était survenu à un endroit stratégique de sa personne.
Bon, ok, c'était marrant deux minutes, il était d'accord pour se chauffer en regardant Law se déhancher pour lui, mais il était hors de question de laisser son plaisir le dominer.
— 'Tin, Trafalgar, arrête ça ! Grogna Kidd en gardant une main collé à ce qui requerrait son attention. Trop d'attention.
Law émit un nouveau râle, comblé par des halètements impatients, maintenant désireux d'en avoir plus. Le plaisir avait remplacé la douleur que Kidd avait lut sur ses traits, l'extase se lisant dans les frémissements de ses sourcils et de ses lèvres.
— Hmm… hmm… HhhHHmm… Haa… merde… oui…
La sueur commençait à gagner également la peau du capitaine Kidd qui sentait l'air ambiant se réchauffer. Il bouillait. Son souffle s'était fais aussi erratique que celui de Law tandis que ce qu'il essayait de calmer dans sa main criait libération.
— Woh ! Trafalgar ! Je te parle !
Mais le chirurgien semblait être profondément ancré dans son cauchemar et ses gémissements érotiques continuaient à faire leur petit effet sur Kidd qui sentit avec horreur une goute de sueur lui descendre le long du cou.
— Armph, gémit Law en se mordant la lève inférieur. Non… non… pas ici…
— 'Tin ! Gémit à son tour Kidd en appuyant plus encore contre son ample pantalon.
Le visage extatique de Law se transforma soudain de nouveau en un faciès déchiré par la douleur.
— Aaaah ! Non ! Pitié !
Le capitaine roux se décida à ce lever en ayant toutes les peines du monde pour simplement se redresser sur ses genoux. Il progressa rapidement vers Law qui continuait de se débattre avec son agresseur imaginaire pour arriver enfin à poser la main sur le bras du chirurgien.
— Trafalgar, réveilles-toi ! Le secoua le rouquin.
— Hrmph… aah… aah…
— Arrête ça ! Grommela Kidd en sentant toujours des vagues de plaisir venir lui chavirer les sens.
Qu'est-ce qu'il n'allait pas avec lui ? Il était donc à ce point en manque de cul qu'il se laissait maintenant avoir par le numéro de ce crétin ? Il se trouvait pitoyable.
Mais… non, il n'arrivait pas à refréner son désir grandissant, cela suintait trop de luxure, c'était d'un érotisme malsain, mais tellement puissant et horriblement sexy… Il fallait que ça s'arrête.
Maintenant.
— J'AI DIT STOP ! Éructa Kidd.
Il allait abattre son poing dans la figure de Trafalgar quand ce dernier ouvrit brusquement les yeux.
Le chirurgien fit soudain volte-face en s'emparant du bras d'Eustass, l'arrêtant net dans son geste. Il lui plaqua son poignet au sol, le faisant tomber sur le dos. Avant que Kidd ne puisse agir Law se trouvait à califourchon sur son bassin, le poing levé, prêt à frapper.
Tout s'était passé en deux secondes, le temps d'un soupir.
Kidd n'avait pas bougé, son cerveau essayant d'analyser ce qui venait de lui arriver pour se retrouver ainsi maîtrisé à même le sol. Ignorant la douleur que lui provoquait le poids de Law sur la blessure dans son dos ainsi que la main du chirurgien qui lui enserrait le cou, il attendait que celui-ci se calme.
Law avait le souffle qui tremblait. Ses pupilles étaient exorbités sur le visage de son patient mais son regard le traversait, comme si ses yeux étaient encore voilés par les fantômes de son cauchemar. Des larmes lui perlaient au coin de l'œil, tout son corps n'était qu'un ressort qui s'était tendu à l'extrême dans un réflexe d'autodéfense.
Son souffle se fit alors plus profond, tremblant toujours, mais tendant à retrouver une allure à peu près stable.
Ses muscles se détendirent, son poing s'abaissa légèrement et il parut enfin prendre conscience de ce qu'il avait sous les yeux.
— Eu… Eustass ? Qu'est-ce que…
— Dégage de là ! Râla ce dernier sans aucun tact.
Kidd essaya d'enlever la main que Law lui maintenant sur le cou mais la poigne de son geôlier se raffermit. Il ne le laisserait pas partir aussi facilement.
— Je peux savoir ce que tu étais en train de faire ? Lui demanda-t-il sur un ton dès plus glacial.
Kidd força mais Law tenu bon : il ne voulait pas relâcher son patient tant qu'il ne lui aurait pas donné une réponse qu'il jugerait ou non de convenable.
— Dégage ! Aboya Kidd. T'étais en train de délirer dans ton sommeil, j'ai juste voulu te réveiller !
Law consentit finalement à lâcher prise. La surprise lui avait détendu les articulations et il sentait de toute façon qu'il n'aurait pas pu tenir plus longtemps face aux muscles du capitaine Kidd.
Même avec la bribe du granite marin qui devait surement saper au capitaine une bonne partie de sa force, il restait néanmoins supérieur à Law dans le domaine physique.
— Je me suis endormi ? S'étonna le chirurgien en fronçant légèrement ses sourcils.
Ses yeux s'exorbitèrent soudain et son souffle se coupa.
Il avait dormi.
Devant Kidd.
Eustass perçut le trouble de Law et fronça ses sourcils.
— Quoi ?
Un sourire mesquin s'étira alors sur ses lèvres et il prit soin de marquer un temps pour ricaner méchamment.
— T'es choqué parce que maintenant je sais que tu as été la pute de Doflamingo ?
Kidd se reçut une claque qui lui déboita le cou, lui faisant se cogner violemment la tête contre le sol rocheux. Il ne regrettait pas ses paroles.
Il venait de trouver le point chez Law où il fallait appuyer pour lui faire mal.
Une main agrippa alors brutalement ses cheveux pour lui remettre la tête droite, le forçant à constater le regard tueur du chirurgien qui venait de ramasser son nodashi.
Kidd eut un léger frémissement de sourcil : une aura purement meurtrière s'émanait en cet instant de Law. Il n'allait quand même pas le tuer ?
La pointe du katana vint se placer sous son menton tandis que Law le dévisageait comme on l'aurait fais de quelque chose de gluant et particulièrement répugnant.
— Toi, murmura-t-il. J'ai été beaucoup trop gentil…
— Hé… Trafalgar, attends ! Qu'est-ce que tu fous ?
Jaugeant encore une longue seconde le visage de Kidd, il retira alors la pointe de son arme de sous le menton du capitaine au soulagement de celui-ci… qui n'en fut que plus catastrophé quand Law usa brièvement de son pouvoir pour faire apparaître son cœur dans sa main.
Ouille… il sentait qu'il allait vraiment sentir passer sa punition, cette fois.
— Aujourd'hui, tu m'as demandé quel bénéfice je retirais à te garder en vie ici…
Plaçant sa lame sur le cube de gélatine, Law le défiait toujours de son regard profondément dénué de toute pitié.
— À toi de trouver une réponse. Tu as dix secondes.
Il… Il était sérieux ? Il comptait vraiment le tuer ? Ne devait-il pas le garder pour l'inclure dans son brillantissime petit plan ?
— Un.
Law serra violemment le cube dans sa paume, faisant s'arc-bouter Kidd qui hurla.
Bon, apparemment pas. C'est que ça faisait un mal de chien ! À croire que du sang était en train de lui jaillir des ventricules.
— Deux.
Kidd eut un nouveau hurlement de douleur.
Comment pouvait-il penser trouver une raison valable qui lui semblait inexistante pendant que l'autre lui charcutait le cœur. Il voulait vraiment le voir mourir ? Merde, c'était une fin pourrie.
— Trois.
Il n'aurait même pas trouvé le One Piece. Ce trésor légendaire pour lequel il avait fait tant de sacrifices. Il l'avait pourtant promis à son équipage. À quoi bon être capitaine s'il n'arrivait même pas à tenir ses promesses de richesses.
— Quatre.
Son cœur eut un battement plus fort, le faisant vibrer de la tête aux pieds.
Il allait mourir ici, dans une grotte loin de tout, avec des mouettes en spectatrice… non, vraiment, quelle mort naze.
— Cinq.
Il n'avait même pas pu dire au revoir à Killer, ni aux autres. Il n'avait même pas réussi à les protéger, il faisait vraiment un piètre capitaine. Étaient-ils au moins encore vivants ? Il vint à espérer en ce moment que non, comme ça, il irait les rejoindre.
— Six.
Kidd passa à côté de la crise cardiaque dans un hurlement coupé par un hoquet douloureux. Son cœur allait lâcher. Il le sentait. Tout ça pour avoir atterri sur l'île où Law avait aussi eu la bonne idée de s'installer.
— Sept.
Ce foutu chirurgien ! Qu'il aille crever en enfer ! Son plus grand regret aura été de ne pas avoir pu se venger de lui. Tous les tourments qu'il lui avait fait subir… il ne pourra jamais les lui rendre.
— Huit.
Et personne ne pourra le venger. Law était devenu trop fort. Et puis à quoi bon ? Il allait mourir. Une fois mort, qu'est-ce que ça pourrait bien lui foutre que Law soit pourchassé ou non ?
— Neuf.
La voix du chirurgien trembla un peu mais tout à ses hurlements de douleur, Kidd n'en eut cure. Il allait crever. Crever ! Comme un chien. Une fin digne d'un homme qui n'avait jamais demandé de début. Attendant que le chiffre dix tombe de la bouche de son bourreau, Kidd adressa une dernière pensée à ses camarades.
— Hrmph…
« Hrmph » ? Comment ça, « hrmph » ? Où était passé le dix ?
Eustass gardait les dents serré, sentant dans son torse comme un tambour troué qui tenterait toujours de jouer. C'était pire que douloureux… c'était les portes de la mort. Kidd sentait presque le souffle glacial de la faucheuse se perdre dans son cou dégoulinant de sueur.
Au prix d'un effort surhumain, le capitaine réussit néanmoins à ouvrir un œil pour s'enquérir de la situation.
Pourquoi était-il toujours dans le monde des vivants ?
Il vit Law, courbé sur lui, en proie à un mal inconnu. Kidd crut d'abord qu'il avait mal au ventre, mais quelque chose de dur se fit soudain sentir contre sa cuisse.
Exorbitant ses yeux sur le chirurgien qui luttait apparemment pour ne rien faire paraître, Kidd n'en revenait pas. Il n'aurait jamais pensé que Law puisse être aussi malsain.
— Me dis pas… que me voir souffrir t'excite…
Law serra les dents, restant obstinément tête baissée pour cacher son visage.
— Ta gueule, marmonna-t-il en essayant de maîtriser ses hormones, c'est toi qui cries comme une fille…
— Va te faire foutre ! Hurla Kidd, blessé dans son orgueil. C'est pas moi qu-keurf keurf keurf…
Kidd avait momentanément oublié son cœur malmené qui peinait à récupérer. S'humectant la bouche, il sentit le gout âpre du sang lui prendre la gorge.
Il espérait que les dommages avaient été moins graves que ce que la douleur lui avait laissé penser, car sinon, il n'allait pas jouir très longtemps d'avoir échappé à la faucheuse.
Une nouvelle quinte de toux lui souleva le torse, le poids du chirurgien ne l'aidant pas à récupérer librement. Un gémissement rauque sortit de la bouche du Kidd qui sentit Law se crisper.
Ce dernier essayait tant bien que mal de calmer les stimulus de plaisir qui s'étaient regroupés dans son bas-ventre lors du décompte. Voir ce rouquin hurler lui faisait décidément beaucoup d'effet…
Il ne pensait pas que ça irait aussi loin. C'est vrai, après tout, il le détestait. Il le haïssait profondément pour ce qu'il avait fais, ce qu'il avait entendu… et il se haïssait lui-même de s'être endormi !
Law sentit alors le torse de Kidd bougé en un rire bref qui se voulait ironique.
— Je crois que tu viens de te trouver une raison de me laisser vivre.
— Crois pas que ce soit de l'attirance ou quoi que ce soit de ce genre, feula le chirurgien en plantant ses yeux gris dans ceux d'Eustass.
— Ah ouais, et t'appel ça comment ?
Law eut un ricanement qui se perdit dans un souffle, ses lèvres se relevant en un sourire mesquin.
— À toi de me le dire.
Kidd fronça légèrement ses sourcils, ne comprenant pas.
— Tu crois que porter un pantalon ample suffit à cacher une érection ? S'amusa Law.
Le capitaine sentit ses oreilles lui chauffer. Il avait presque oublié que lui aussi avait eu une montée d'adrénaline lorsque Law s'était tortillé à un mètre de lui.
'Tin, alors ce foutu chirurgien l'avait senti ?
— C'est pas…
— Ouais, c'est ça, marmonna Law en libérant enfin son patient pour se redresser.
Eustass ne trouva rien à dire pour s'expliquer.
Law l'avait juste… chauffé, voilà tout.
Préférant garder le silence pour le moment, Kidd conservait la faiblesse qu'il avait trouvée chez le chirurgien dans un coin de son esprit.
Il tenait la clef de sa vengeance. Il avait trouvé la faille de la muraille derrière laquelle le chirurgien se protégeait, il ne lui restait maintenant plus qu'à l'exploiter. Il se promettait de se servir de sa nouvelle arme très bientôt.
Bientôt, mais pas maintenant.
Surtout quand Law tenait toujours son cœur serré dans sa main droite et son nodashi dans la main gauche.
Le chirurgien regarda alors Kidd de son œil glacial.
— Va te rallonger.
Les impératifs purent faisaient hérisser l'échine du capitaine, mais en ce moment, il était plus intelligent d'obtempérer. Il avait échappé à la mort de peu, inutile d'énerver celui qui tenait sa vie au creux de sa main.
Se relevant pour s'allonger de nouveau sur son matelas, Kidd ne se plaignit même pas quand Law vint lui attacher les poignets aux colonnes de pierre. Il espérait juste que s'il lui remettait ses menottes maintenant, cela ne voulait pas dire qu'il allait lui infliger de nouveaux sévices.
— Je te laisse encore vivre le temps que tu cicatrises assez pour que tu puisses décarrer d'ici, lui expliqua sèchement Law en finissant de lui attacher sa deuxième menotte. Je vais aller dormir dans le sous-marin, rien à foutre que tu puisses ou non dormir attacher, si tu tentes quoi que ce soit, je te bute.
Kidd fit la moue. Ça lui paressait suffisamment clair.
Law ouvrit la grille, se retournant soudainement vers son patient.
— Oh, et demain, tu prendras une douche. Tu pues la sueur.
La grille de bambou se referma et Kidd attendit d'entendre les pas de Law se perde au loin pour grommeler un « À qui la faute. »
…
Dormir.
Il voulait juste… dormir.
Où était donc passé Morphée, le Marchand de Sable ? Tous absent ?
Il était pourtant tombé de fatigue un peu plus tôt, alors pourquoi est-ce que dans un matelas confortable entouré d'oreillers le sommeil ne pouvait le trouver ?
Pas que reprendre son cauchemar là où il l'avait arrêté lui soit agréable, mais il avait besoin de recharger ses batteries. Maintenant.
Law soupira, se retournant dans ses draps.
La colère était retombée. Il lui en voulait toujours, mais à la place, un sentiment plus noir venait enrubanner son esprit.
Il se sentait faible.
Il s'était senti faible.
Il n'aimait pas ça.
Et quel était donc ce sentiment, cet espèce de… ressenti glacial qui s'insinuait en lui ?
Il avait l'impression que quelque chose venait de se casser, qu'un morceau de lui venait de se briser et que de par cette brèche glissait ce sentiment noir qui lui donnait envie de pleurer, comme submerger par une grande tristesse.
Oui, c'était ça. Il avait envie de pleurer.
Pourquoi ? Il l'ignorait.
Le jeu qui avait été trop loin ?
La mise à nu de ses tourments ?
Lui ?
Peut-être…
Mais pouvait-il pleurer assez de larmes pour noyer tout ça ?
Après tout, ça ne lui coûtait rien d'essayer…
To be continued...
