Chapitre 3 : Première note.

Kagami était assise sur un coussin de sol en face du gérant, une tasse de thé posée en face d'elle sur la table. Le marchand la fixait, c'était vraiment une manie ici songea la blonde. Elle laissa couler son regard vers la pièce, dans un coin, couché sur un coussin, un chat noir aux yeux dorés la regardait aussi. La métisse était quasiment certaine qu'il ne s'agissait pas d'un chat ordinaire. L'homme ferma d'un coup sec son éventail et le posa sur la table.

- Vous avez un contrôle vraiment exceptionnel de votre énergie spirituelle. Finit il par dire. Si je ne savais pas que vous possédiez des pouvoirs, j'aurais dit que vous étiez une humaine parmi tant d'autre.

- Il m'arrive de la relâcher de temps en temps, quand je suis soumise a de fortes émotions…mais en règles général, je la bride au maximum. Expliqua la jeune femme.

- Je vois…je suppose que c'est votre grand-mère qui vous a envoyée ici ?

- Oui, elle m'a dit que vous pourriez…m'aider à contrôler mes pouvoirs.

- Il faudrait déjà que je sache de quoi il s'agit ! S'exclama le marchand en rigolant. Ca ne vas pas être facile. As-tu déjà utilisé ton pouvoir…de manière incontrôlée ?

- J'ai atterri au Hueco Mundo.

- Et comment en es-tu sortie ?

- Grace à un arrancar. Avoua la jeune femme.

Cette réponse sembla désarçonner le marchand.

- Un…arrancar ?

- Oui, de plus c'est l'homme que je vois en vision depuis plus de cinq années.

- …intéressant. Kagami, pourrait tu relâcher ta pression spirituelle ? J'aimerais l'analyser. Comprendre un peu la source de ton pouvoir. Ta grand-mère m'en avais parlé mais je n'ai jamais vu un tel phénomène.

La métisse hocha la tête, et relâcha doucement son contrôle, elle se laissait aller complètement, si bien qu'elle disparut dans un éclat de lumière argentée.

Dans la pièce, Urahara, regardait l'endroit ou quelque seconde plus tôt se trouvait la jeune Sora.

- Yoruichi…as ton avis, où elle est maintenant ? Demanda légèrement embarrassé le blond.

- Aucune idée ! Ce n'était peut être pas malin de lui demander de relâcher son réiatsu sans placer des barrière de kidou autour. Finit par dire le félin en s'étirant. On n'a plus qu'à espérer que cet arrancar la renvoie ici, ou qu'elle trouve toute seule comment revenir dans sa dimension.

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Kagami ouvrit les yeux, et le paysage désertique qu'elle avait en face d'elle n'était pas pour lui plaire. Elle était encore sur le toit de Las Noches.

- Tu est revenue, femme. Constata une voix qu'elle commençait a bien connaitre. Ne t'avais-je pas dit de ne pas revenir ?

La blonde se retourna pour apercevoir l'ébène avancer vers elle.

- Je ne fais pas exprès, et je ne comprends pas trop pourquoi je me retrouve ici dès que je relâche ma pression spirituelle.

Kagami se releva, et pencha la tête sur le coté. Allait-il lui venir en aide comme la dernière fois ? Il s'était arrêté à deux mètres d'elle.

- Tu es une étrange femme.

Et c'était quoi cette manie qu'avait l'arrancar de la désigner par le mot « femme » ? Certes, elle était une femme, mais elle avait avant tout un nom.

- Mon nom c'est Kagami. Ca t'écorcherait la gorge que de prononcer mon prénom ?

Kagami sentit tout de suite le danger. L'arrancar s'approcha de la jeune femme et lui attrapa la gorge d'un mouvement vif, avant de pencher sa tête vers le visage de l'humaine. Elle était tétanisée, la main sur son cou ne l'étouffait pas, mais elle sentait bien qu'une seule pression de l'autre sur celle-ci la réduirait au silence complet. Alors que la tête de l'ébène arriva à son oreille, il souffla :

- Ici tu n'es pas en mesure de me demander quoi que se soit, je t'avais prévenue la dernière fois, femme.

Kagami trembla, qu'allait elle devenir ? Il ne semblait pas vouloir la lâcher, le seul moyen de le faire lâcher prise était peut être de le surprendre.

- Ulquiorra…ça fait plus de cinq ans que je vous vois en vision, vous savez ? Avoua la jeune femme.

Les yeux émeraudes, à quelque centimètres des siens la fixait, inébranlable. Il attendait visiblement la suite de sa confession.

- Dans ma vision, commença la jeune femme, vous partez en fumée…et vous étiez un peu différent, avec de grandes ailes noires…et des cornes soufflât elle.

L'homme écarquilla légèrement les yeux, si elle n'avait pas été aussi près de lui elle ne l'aurait surement pas vu qu'elle avait réussi a le surprendre. Pourquoi semblait il si étonné?

- Je suis venue ici, au Japon, dans l'espoir de vous venir en aide…

- Absurde. La voix d'Ulquiorra avait claqué comme un fouet.

Kagami se tut. Sur un certain point, Ulquiorra avait raison, il était complètement absurde qu'une humaine puisse réussir à aider un être qui était surement mille fois plus puissant qu'elle. Elle baissa les yeux, elle ne supportait plus le regard émeraude posé sur elle. Elle avait peur.

- Qu'allez vous faire de moi ? Murmura-t-elle.

Il était évident qu'il ne la laisserait pas partir. La prise sur sa gorge disparu. Kagami releva les yeux, mais déjà l'arrancar se penchait pour la jeter sur son épaule. Elle se laissa faire, que pouvait elle faire d'autre de toute façon ?

- Ne crie pas, n'essaie même pas de t'enfuir, et baisse ton réiatsu au maximum. Si tu te fais repérer par les autres, tu es morte.

La jeune femme s'accrochât à la veste de son ravisseur et baissa son énergie spirituelle. Elle ne comprit pas trop ce qui se passa, mais elle eu l'impression qu'elle allait vomir tout son déjeuner, ses entrailles c'était d'un coup compressée. Alors qu'Ulquiorra la faisait descendre de son épaules elle resta collée à lui le temps que son mal des transports passe. Quand elle put de nouveau respirer sans avoir l'impression qu'elle allait tout régurgiter, elle observa le nouveau lieu avec attention.

Apparemment il s'agissait d'un salon, tout y était blanc, les murs, le mobilier, mis a part quelques accessoires qui étaient de couleurs noires. Elle évolua dans son nouveau environnement sous le regard de l'arrancar qui la suivait des yeux. Elle ne comprenait pas, pourquoi la gardait il vivante ? Et visiblement, elle se trouvait chez l'homme. Elle poussa un petit cri en voyant un immense piano à queue noir. Alors qu'elle s'asseyait devant l'instrument, elle regarda le propriétaire de l'instrument, mais l'ébène partait dans une autre pièce. Souriant, la jeune femme fit glisser ses doigts sur quelques touches pour en éprouver le son. Il était parfaitement accordé. Une des grandes passions de Kagami était la musique, ce n'était pas pour rien qu'elle était rentrée dans le conservatoire de musique de Paris. Elle entama une mélodie de sa composition, les notes s'enchainaient, donnant naissance à une musique mélancolique.

L'arrancar la regardait jouer, aucune émotion ne traversait son visage, il se redressa légèrement quand il sentit le réiatsu de la femme trembloter un peu, puis dans une sorte d'éclair argenté, elle disparut en même temps que les dernières notes de la mélodie, laissant derrière elle un léger nuage argenté qui se dissipa en même temps que les dernières vibrations du piano.

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Kagami, était debout dans le magasin d'Urahara, pourtant elle était persuadée d'avoir été sur le piano et d'y avoir joué les dernières notes. Le marchand la regardait.

- Alors ? Tu te trouvais où ?

- Hueco Mundo…encore une fois.

- Mmh…je crois avoir plus ou moins compris une petite partie de tes pouvoirs et comment ils fonctionnent.

La blonde redressa la tête, elle avait eu de la chance que l'arrancar ne la tue pas.

- Pour faire simple, une partie de ton pouvoir te permet de « voir » des fragments d'avenir plus ou moins proche de toi, et de l'autre tu as la possibilité de traverser les mondes…comment ? Je l'ignore encore ! Mais je sais que tu ne peux aller que dans des mondes que tu as déjà vu !

- Mais je n'avais jamais vu le Hueco Mundo avant ! Contredit Kagami.

- Bien sur que si ! T'a vision de cet arrancar ! C'était bien dans le Hueco Mundo…ton pouvoir te permet de te rendre où tu veux du moment que tu aies vu ne serait ce qu'une seule fois ta destination. A chaque fois que tu relâches ton réiatsu, tu disparais et tu vas dans le lieu auquel tu dois penser sur le moment, du moins, je suppose.

- Et comment suis-je sensée m'entrainer à le maitriser, ce pouvoir ? Le Hueco Mundo c'est dangereux ! Jusqu'à présent j'ai réussi à m'en tirer sans trop de mal parce que j'ai eu de la chance !

- L'exercice ! Je vais t'imposer un exercice très simple, tu vas visiter cette maison, tu relâcheras ton réiatsu en pensant à une pièce en particulier. Nous verrons bien si tu arrives à contrôler ton pouvoir. Mais si tu arrives à le contrôler, tu iras beaucoup plus vite qu'en shunpo ! Rigola le marchand.

Kagami ne savait pas vraiment ce qu'était le shunpo, mais il était vrai que sa technique de téléport était plutôt pas mal, si elle croisait la route d'un Hollow elle pourrait s'enfuir sans problème.

- Grand-mère disait que mon pouvoir était lié aux miroirs…

- Je n'ai pas encore d'explication…tes pouvoirs sont très complexes Kagami, il se peut qu'il ne s'agisse pas d'une technique de téléport mais d'une chose encore plus compliquée.

Soudainement, la pression dans l'air augmenta brutalement.

- Que ? Qu'Est-ce que c'est que ça ? Demanda Kagami.

Alors qu'elle fonçait au dehors, elle vit une multitude de Hollow partout. Comment cela était il possible ?

- Un appât… quelqu'un a utilisé un appât à Hollow.

Kagami écarquilla les yeux, qui était assez bête pour utiliser une chose qui rameutait les Hollow ? Elle songea soudainement au rouquin, Ichigo si elle se souvenait bien, et fonça à sa recherche. Alors qu'elle évitait habilement les monstres, la pression spirituelle déjà élevée monta en flèche, une énorme fissure apparu dans le ciel sur toute sa longueur. Une immense forme noire en sortit. Kagami regarda éberluée la créature, derrière elle, la petite brune, Rukia, qui était arrivée en courant, se stoppa en murmurant un « je rêve…un menos grande ? » . La métisse se demanda si elle était en danger de mort quand elle vit l'énorme boule rouge qui se formait dans la bouche du monstre.

Elle était éberluée, mais pourquoi diable était elle venue dans ce pays de fou ? Le rouquin, cette espèce de crevette, avait réussi à faire fuir la créature. Rukia et elle, toute les deux entravées par le sort du marchand regardaient stupéfaites le roux.

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Kagami était allongé sur son tout nouveau canapé, elle était lessivée, Urahara prenait très aux sérieux son entrainement. Elle ressortait de ces séances en sueur, mais elle arrivait maintenant à aller d'un point à un autre, de plus en plus rapidement, si bien que le blond n'arrivait presque plus à la suivre. Il faisait nuit, et la métisse n'avait pas envie de dormir, le piano qu'elle avait commandé ne viendrait pas avant 2 semaines, et elle avait envie de jouer. Se redressant elle eu un petit sourire, et si elle rendait une petite visite au ténébreux ? Elle rigolât. Elle savait où il vivait, il lui serait facile d'atterrir devant le piano. Relâchant son réiatsu, elle déboulât comme prévu devant le piano noir. Elle scruta la pièce, personne en vue. Est-ce que les arrancar éprouvaient le besoin de dormir ? Curieuse elle avança vers la porte en face d'elle. Passant la tête dans l'embrasure elle observa minutieusement la pièce, un immense lit trônait en son centre, et une forme y été allongé. S'approchant à petits pas, elle arriva au bord du lit, et observa la personne endormie. C'était Ulquiorra, torse nu, qui dormait tranquillement. Il avait un visage détendu, elle retrouva dans ces traits le visage de l'homme qu'elle avait vu en vision, tout le contraire de cet être froid qu'il était lorsqu'il était éveillé. Kagami le trouva beau, elle avait envie de le toucher, ses pensées la firent rougir de gêne. Se penchant un peu plus pour l'observer d'un peu mieux, elle ne fit pas attention qu'elle avait touché le lit. La réaction fut immédiate, et la jeune femme se retrouva plaquée sur le matelas, sous le corps du cuarta. Ulquiorra l'avait reconnue, mais Kagami ne lui laissa pas le temps de faire quoique se soit car elle disparut. Elle ne partit pas bien loin, elle était retournée au salon, assise sur le banc du piano. Tout comme la fois précédente elle joua. L'arrancar arriva, et elle s'arrêta de jouer pour l'observer, le chiffre quatre était tatoué sur sa poitrine à l'emplacement du cœur, son trou de Hollow sous la gorge.

- Je vois que tu maitrises ton pouvoir, femme. Pourquoi être revenue ?

Kagami eut un sourire enfantin.

- Je n'ai pas encore de piano chez moi, et puis, j'aime bien vous embêter ! Avoua franchement la jeune femme.

L'ébène soupira, et s'installa sur le banc avec la blonde, et commença à laisser courir ses doigts sur le claviers. Kagami était subjuguée, l'arrancar avait du être pianiste de son vivant pour savoir aussi bien jouer. Mais la mélodie était incroyablement triste, presque mortuaire, la jeune femme avait envie de pleurer. Elle laissa les larmes couler le long de ses joues, elle écoutait la musique.

- Pourquoi restes tu ici…c'est dangereux pour une humaine.

- Pourquoi ne me tues-tu pas ? Répliqua aussitôt celle-ci.

Elle ne reçut aucune réponse, juste un regard dénué de vie, un regard vide, vide de tout.

- On m'a dit…que les Hollow n'avaient pas de cœur. Pourtant, quand je vois que vous ne faites rien pour me tuer ou essayer de me faire du mal je me dis que vous en avez peut être un.

- Un cœur ? C'est quoi le cœur ? Vous, les humains, en parlez si souvent…vous en parlez comme si on pouvait le toucher, le voir. Murmura l'arrancar si doucement que la jeune femme à ses côtés ne l'entendit pas.

Ulquiorra se leva, et repartit vers sa chambre, laissant la métisse seule sur le banc. Elle regarda la porte se refermer doucement sur le corps du cuarta, puis décida elle aussi de retourner chez elle. Elle disparu.


Un grand merci à Hiyoru qui a pris le temps de corriger ce chapitre .