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He oui encore un chapitre... Dejà! (oui, je précise pour moi c'est tôt là lol)
Je sais que je suis lancée dans un rythme trop rapide pour être capable de le tenir longtemps, mais tant que j'y suis, j'ecris et je poste ! Xd
D'abord, merci aux lectrices de cette fiction, parce qu'elle me tient beaucoup à cœur.
Je dois dire que j'ai un peu peur avec les deux prochains chapitres à cause des nouveautés qui interviennent, mais elles étaient prévues, je ne peux plus faire marche arrière xD. J'espere que vous n'en serez pas trop déçues.
Enjoy ~
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Pendant plusieurs semaines, Yunho revint ainsi au port tous les jours où son emploi du temps le permettait. Lorsqu'un empêchement survenait ou que ses occupations le retenaient, il ne pouvait s'empêcher de penser à Junsu. Leurs rencontres n'étaient jamais très longues, rarement plus d'une heure, parfois deux. Mais elles étaient devenues fortes de sens pour Yunho.
Entre eux, une routine s'était en quelque sorte installée et peu à peu Yunho avait appris à découvrir Junsu. Il avait aussi vite compris quel rayon de soleil il était dans sa vie si terne. Pourtant, pas un instant il ne parvenait à imaginer son visage, à contempler son sourire, sans que ne s'impose à lui la terrible culpabilité qu'il ressentait face à l'accident.
Toujours, il faisait au mieux pour le dissimuler, ne voulant pas troubler ces petits instants paisibles qu'ils partageaient. Il se plaisait à penser que c'était pour Junsu, pour ne pas lui rappeler l'incident, pour ne pas l'attrister... mais au fond de lui, il sentait bien que la raison était plus mesquine et plus personnelle.
Non, il ne pouvait pas. Comment aurait-il oser le dire ? Avouer qu'il était le principal responsable du bouleversement qui avait gâché sa vie. Il craignait bien trop de ne voir se porter sur lui le regard lourd d'accusation qui ne manquerait pas de recouvrir ses orbes noirs. Sentir sa joie de vivre s'évaporer à la révélation pour être remplacée par de la haine. Mais ce qui l'effrayait le plus, sans peut-être en avoir pleine conscience, était la peur la plus simple qu'il soit : celle de le voir désormais quitter sa vie.
Plusieurs fois, il avait voulu demander à Junsu quel était la mesure son handicap, en un sens pour mieux juger l'ampleur des dégâts. Mais à aucun moment la pensée n'était parvenue à dépasser la barrière de ses lèvres. Alors il restait là, à contempler ses pieds pour ne pas regarder les jambes de son nouvel ami. Il se sentait idiot, mais il ne savait pas non plus comment réagir. Il était bien loin d'être familier de ce type de situation.
Jour après jour, il avait fait en sorte d'être moins renfermé. Cela lui demandait des efforts, mais le sourire qu'il récoltait à chaque fois ne manquait pas de le récompenser à la hauteur de son investissement. Alors il avait décidé d'en faire plus encore pour faire apparaître d'autres sourire lumineux sur le visage du petit ange.
C'était devenu sa tâche quotidienne, mais aussi son plaisir journalier. Il mettait désormais tout en œuvre pour le bien de Junsu. Dès le départ, il l'avait senti la solitude en lui. Certainement parce qu'il en était accoutumé lui-même. Alors autant pour l'un que pour l'autre, il s'était décidé la veille à partager un maximum de son temps en sa compagnie. Ainsi il était revenu dès que le temps le lui permettait. Même lorsque le ciel couvert ou la pluie menaçante en aurait découragé plus d'un, il faisait un point d'honneur à toujours être présent.
Pour rien au monde il n'aurait troqué ces petites heures. S'il cherchait le bonheur de Junsu, il commençait à avoir conscience que le jeune homme était devenu un peu du sien disparu. Ensemble, il avait l'impression que tout deux pouvaient se reconstruire. Il savait qu'il ne se rachèterait jamais, mais en lui naissait l'espoir que peut-être, un jour, Junsu lui accorderait son pardon. En attendant il faisait de son mieux pour lui et jamais il n'avait approuvé autant de plaisir en cherchant à satisfaire quelqu'un.
-Tu es là bien tard, le surpris la voix chantante qu'il était désormais capable de reconnaître.
Avec le temps, ils avaient appris à se tutoyer. Si Junsu l'avait fait avec naturel, Yunho avait pris la chose avec bien plus de difficulté. Le vouvoiement lui permettait de tenir une certaine distance avec les personnes qu'il côtoyait. Le briser, c'était aussi briser un peu de sa bulle qu'il gardait en protection. Et ça, il n'était pas sûr d'y être bien préparé.
Pourtant quand il y pensait, il était convaincu que Junsu avait percé sa bulle à l'instant même où il lui avait souri. Avec tant de sincérité et de bonheur qu'il aurait pu s'en nourrir pendant des jours.
-J'ai eu plus de travail que prévu. Je suis désolé, s'excusa Yunho avec une moue confuse.
-Ce n'est rien, je ne crois pas que l'on ait fait d'engagement à ce sujet, répliqua Junsu comme pour rassurer.
Et Yunho se contenta de son expression souriante pour se sentir mieux à nouveau. Tous ses tracas de travail, ses doutes et ses tortures mentales semblaient partiellement disparaître lorsqu'il était avec Junsu.
Pendant un long moment, ils alternèrent entre échanges futiles et discussions plus profondes. Le tout parfois rythmé de silence dont ils chérissaient la douceur avec plaisir. Jamais ils n'évoquaient de sujet plus personnels que le travail de Yunho, mais dans le fond, il ne s'en préoccupait pas outre mesure. Il savait, ou du moins était persuadé que les choses viendraient en leur temps. Et pour lors, le temps était à l'appréciation de ces instants en si bonne compagnie.
Alors que le ciel dégagé semblait se ternir, Junsu interrompit l'un de ces silences confortables qu'ils partageaient une fois encore, juste eux et la mer.
-Je vais devoir vous laisser, je dois encore me rendre au travail, s'excusa Junsu en s'inclinant légèrement sur son fauteuil pour adresser une révérence polie.
Yunho jeta un coup d'œil à la montre classieuse qui trônait fièrement à son poignet depuis ses vingt ans. Cadeau d'anniversaire couteux de la part de son père qui ne l'avait jamais quitté depuis. Il fut étonné de voir qu'il était désormais plus de dix-huit heures. Voilà plus de deux heures qu'il était avec Junsu sans avoir vu le temps passé.
Toutefois, la phrase du jeune homme repassa dans son esprit et il ne put s'empêcher de froncer les sourcils tandis que ses yeux ne quittaient pas les aiguilles, comme pour confirmer leur position.
-Au travail ? Répéta-t-il un peu perdu.
Junsu rit de son expression et pour un peu Yunho se serait contenté d'une telle réponse. Mais le jeune homme étouffa son rire et enchaina rapidement avec une explication.
-Je travaille de nuit.
Pour Yunho, cela expliqua bien des choses. D'abord la raison pour laquelle il ne l'avait jamais vu les rares matins où il s'était rendu au port. Celle pour laquelle il s'y trouvait toujours l'après-midi pendant les heures de travail. Comment Junsu vivait au quotidien et peut-être aussi la raison pour laquelle il ne se laissait jamais abattre.
Pour certaines raisons qu'il ne saurait expliquer, il en était venu à penser que Junsu ne travaillait plus à cause de son handicap. Car à coup sûr il ne travaillait plus sur les bateaux tels que celui qui avait causé sa blessure. Il savait que son avocat avait fait verser des rentes conséquentes à toutes les victimes. De quoi subvenir à leurs besoins pour une longue période. Il ne pensait pas que l'une d'entre elles chercheraient ainsi une autre activité. Mais quand il y pensait, il s'agissait de Junsu. Et c'était bien là sous-estimer la combativité qu'il avait pu voir chez le jeune homme.
-Ce n'est pas trop difficile de travailler de nuit ? Demanda Yunho. Sa curiosité le poussant à en savoir plus sur la vie de son compagnon.
-Oh non, je ne fais pas beaucoup d'heures en réalité. Disons que c'est un peu comme travailler à temps partiel, dit-il souriant. Mais c'est plutôt bien payé pour le nombre d'heures, alors ça me suffit.
-D'accord, répondit simplement Yunho, ne sachant pas quoi ajouter.
Lui qui avait toujours vécu dans sa bulle dorée ne connaissait que très peu de ce genre de choses. Il avait travaillé pour son père dès qu'il avait reçu son diplôme entre les mains. Au bureau, s'il n'avait pas tout de suite eut le titre de vice-directeur, tout le monde l'avait toujours traité comme tel. Avant d'avoir le salaire conséquent qu'il possédait toujours, il avait eu la facilité de l'argent de son père. Jamais rien ne lui avait été réellement refusé à ce niveau-là. Même pendant l'accident, où il avait été pointé du doigt, l'argent était là. Et il avait vite remarqué qu'il tenait à distance bien des problèmes.
Il n'en avait pas particulièrement profité non plus, il s'en contentait comme d'un dû. Après tout, il n'avait jamais connu rien d'autre. Pour lui la vie que décrivait furtivement Junsu était un monde nouveau dont il ne connaissait rien. Une vraie curiosité qui attirait un peu plus son attention sur le jeune homme. Une personne si simple et pourtant tellement intéressant à ses yeux.
-T..tu commences de bonne heure, remarqua Yunho en hésitant une fois encore sur le tutoiement, appelant un sourire chez son interlocuteur.
-Je ne commence qu'en début de soirée, mais c'est assez loin. Alors il me faut un du temps pour y aller. Et connaissant mon patron, je ne peux pas me permettre d'être en retard, ajouta Junsu avec une petite moue faussement effrayée.
-Je vois, sourit doucement Yunho, attendrit.
Un nouveau silence se fit pour quelques instants et ils ne se quittèrent pas du regard, comme attendant un mouvement qui ne venait pas.
-Je vais y aller dans ce cas, je dois encore prendre un taxi. Au revoir, dit Junsu en le saluant chaleureusement.
Yunho hocha de la tête et se contenta de le saluer. Il regarda Junsu s'éloigner, un peu décontenancé. C'était la première fois qu'il le quittait. D'habitude, c'était toujours lui qui était le premier à partir, souvent rattrapé par ses obligations professionnelles. Hésitant, il regarda à nouveau sa montre et hésita à rentrer. Il aurait aimé passé plus de temps en compagnie de Junsu, mais il n'avait pas osé proposer de le raccompagner. Trop tôt, trop rapide, trop insistant avait-il pensé dès que l'idée s'était présentée à son esprit. Mais désormais, il n'avait pas la moindre envie de retrouver le bureau qui à coup sûr commençait à se vider. Il n'avait pas non plus envie de se plonger dans le travail, sachant que ses pensées glisseraient aussitôt vers d'autres centres d'intérêts bien plus agréables.
Finalement, après être resté plus d'une dizaine de minutes sans bouger, il constata que le soleil commençait à se coucher. L'hiver, murmura-t-il pour lui-même. Et des journées bien trop courtes. Il glissa la main dans sa poche et remua le jeu de clés qui s'y trouvait. Le métal résonna faiblement et il se décida à rentrer chez lui. La nuit lui donnait l'avantage de la discrétion et cela lui plaisait beaucoup.
Lorsqu'il arriva chez lui, personne ne semblait s'y trouver et il ne perdit pas de temps à chercher non plus. En entrant, il alla directement à sa chambre et déposa ses affaires sur son bureau. Il relâcha son nœud de cravate et se laissa tomber sur le lit. La pièce lui donnait un sentiment de solitude désagréable, mais aussi une intimité propre à lui rappeler ses instants plaisants avec Junsu.
Sur la commode, son téléphone sonna et Yunho traîna le pas pour aller le chercher. Il regarda le nom affiché et fit claquer sa langue contre son palais. Son meilleur ami était fort gentil, mais un peu envahissant. Ses efforts pour lui remonter le moral étaient perpétuels et il s'attelait à la tache sans la moindre faille. Parfois, Yunho se disait qu'il devait lui aussi se sentir responsable de son état.
Par le passé ils avaient tout deux parcouru les soirées où l'alcool coulait à flot et les relations d'un soir étaient coutumes. Ils ne s'étaient jamais préoccupés de la responsabilité dont il entendait si souvent parler autour d'eux. Yunho le premier, mais Yoochun toujours à ses côtés. Lorsque la responsabilité qu'il fuyait alors le frappa de plein fouet, il avait vite remarqué que Yoochun avait lui aussi changé de comportement. Il était devenu plus sérieux, moins joueur et au petit soin pour son meilleur ami. Yunho appréciait l'attention, mais parfois il prenait cela comme un poids supplémentaire. Une personne de plus dont il avait changé le cours de la vie. C'est pourquoi il ne voulait pas que Yoochun consacre trop de son temps à s'occuper de lui, comme il le faisait toujours.
Finalement, il attrapa son téléphone et décrocha avant que la sonnerie ne s'interrompe. Aussitôt, sans qu'il n'ait eu l'occasion de prononcer un mot, son ami se fit entendre.
-Hey, Yunho tu veux venir avec moi à un genre de concert ? Demanda la voix grave dans le combiné avec un entrain notable. C'est dans un cabaret huppé un peu loin d'ici, mais je suis sûr que ça te plairait. C'est le style que tu as toujours apprécié.
-Avant, Yoochun. Je ne veux plus de ça, trancha Yunho d'un ton las.
-Non pas ce genre là Yunho. C'est un endroit classe et les artistes sont réputés être d'excellents vocalistes.
Un silence s'instaura et Yoochun compris que son ami envisageait rapidement l'idée. Il était vrai qu'il avait toujours aimé les performances intimistes que l'on pouvait contempler dans certaines bonnes maisons de spectacle. Il aimait lui-même chanter à ses heures et n'avait jamais pu s'empêcher de danser quelles que soient les circonstances. Ainsi, comme lui aurait parfois aimé le faire, il aimait voir sur scène le talent de ces artistes qui se produisaient en comité réduit.
Mais il n'avait plus participé à l'un ni l'autre depuis deux ans. C'était une chose qui lui tenait à cœur et qui était lourde sens. Il ne savait pas s'il était capable de reprendre ce chemin sans ressentir encore une fois cette culpabilité terrassante. Ce d'autant plus depuis qu'il avait rencontré Junsu et qu'il était confronté à sa condition.
-Allez, viens au moins voir, ça te changera l'esprit, réessaya Yoochun.
-Je n'ai pas envie de ça, répondit finalement Yunho après sa longue réflexion.
-Mais...
-J'ai dit non Yoochun.
Le message était court, mais le ton indiscutable. De l'autre coté de la ligne, Yoochun soupira, abandonnant toute discussion et tout espoir de convaincre son ami. Son dépliant publicitaire à la main, il regarda une dernière fois le programme qui avait tant attiré son attention et le froissa.
-Je n'ai plus qu'à aller la voir seul, cette représentation de Xia, murmura-t-il pour lui-même.
