Coucou !

Alors voici un petit chapitre avant de vous en livrez un titanesque :D

Je poste en milieu de semaine, parce que je suis du genre impatiente :P

Merci beaucoup pour vos messages, cela me touche, j'espère que l'évolution de leur histoire vous plaira toujours autant.

Bonne lecture!


Charles ouvrit les yeux au son désagréable d'une sonnerie. Un son strident qui retentissait dans toute la base, mettant au pas les hommes de bonne heure. Charles rabattit sur son visage la couverture aux mailles épaisses, histoire de gagner une ou deux minutes de sommeil. Il s'attendait à entendre les hommes, qui avaient dormit avec lui, se lever, bouger, parler… Rien. Charles ouvrit son esprit. Il était seul. Il se redressa en ouvrant des yeux gonflés de fatigue : seul. On l'avait placé dans un dortoir sans compagnie… Charles soupira, il reconnut là, la méfiance militaire face à son statut d'agent de la CIA. Il s'étira et s'allongea à nouveau. Finalement c'était une bonne chose que d'être seul. Il n'aurait pas à subir des ronflements intempestifs ou…

- Prof' ? Tu dors encore ?

- Non, mon ami, c'est fini ce temps-là, râla Charles en se redressant pour de bon cette fois.

Charles balança dans le vide ses jambes. Erik était déjà habillé, coiffé, rasé, impeccable, beau. Il arborait un sourire presque affectueux.

- Comment te sens-tu ?

- Ça va, je crois… Et toi, ta petite sauterie ?

- Ennuyeuse. Le Général veut te voir.

- Le Général ?!

- Oui. Sans doute pour mettre au point deux trois choses avec ta présence ici.

Charles se laissa glisser au sol. Lorsque ses pieds entrèrent en contact avec le sol, il eut la sensation désagréable d'avoir un comme un choc électrique dans toutes ses jambes. Erik lui toucha les épaules pour le stabiliser, comme s'il avait eu peur que Charles ne tombe. Ils se regardèrent. Personne n'était présent. Oui, ils avaient couchés ensemble. Oui, Erik avait sauté à l'eau pour le sauver d'une mort certaine, et oui encore, ils s'étaient embrassés à en perdre leur souffle avant de s'avouer leur plus profond secret, mais qu'est-ce que cela faisait d'eux ? Des amis ? Des amants ? Alors ils se regardaient bêtement l'un et l'autre. Ne sachant que faire dans ce hangar baigné de lumière. Et si leur nuit de sexe n'avait été qu'une éphémère folie ?

- Je t'attends dehors, proposa Erik en lâchant Charles.

- Bien… Je n'en ai pas pour longtemps.

Erik attendait dehors, bras croisés, la tête en feu de millions de questions. Qu'aurait-il dû dire ou faire ou que Charles le regard avec la même intensité que l'autre nuit ? Est-ce que ce qu'il avait vécu depuis était trop frais était-il indéniablement marqué ? Abîmé par les horreurs de la guerre ? Cette perspective désagréable fit frissonner Erik.

Charles s'habillait d'une tenue militaire, chose étrange pour un civil gouvernementale. Il choisit de ne porter qu'un débardeur blanc et un pantalon bouffant vert, l'effet bouffant venant du faite que Charles ne remplissait pas le pantalon ! Charles attacha ses cheveux en catogan avec un lien de cuir. Il passa une main sur son menton, sa barbe naissante ne le dérangea pas. Il rejoignit l'extérieur. Le soleil se levait dans une aurore baigné de nuages grisâtres. Erik lui sourit.

- Tu lis dans ma tête ? demanda Erik après avoir commencé à marcher cote à cote sans échanger le moindre mot.

- Non, je ne me permettrais pas.

Erik chassa de ses pensées ses questions pour se consacré à l'attitude tendue de Charles. Il était nerveux, cela se voyait.

- Tu n'as pas à t'inquiéter, le Colonel est un type bien.

- Tu l'as déjà rencontré ?

- Non… Mais j'ai entendu dire que c'était un homme bon, juste et investit.

- Hum-hum, fit pensif Charles.

Ils marchèrent encore un peu, s'arrêtant pour laisser passer une compagnie courant au pas en chantant un air militaire. Erik s'arrêta devant ce qui ressemblait à l'état-major. Il échangea quelques mots avec le garde en faction, puis on lui laissa le passage de libre. Charles sur ses talons.

L'entretient ne dura pas plus de vingt minutes. Vingt minutes durant lesquelles Charles déjoua avec malice les pièges tendus par le Colonel, un homme méfiant et fort peu encourageant pour la poursuite de sa mission. Charles reçu l'autorisation de poursuivre, avec cette fois-ci un vrai local approprié et un secrétaire pour l'aider à entretenir ses papiers. Charles n'en demandait pas tant, mais après tout. Dans l'après-midi il put investir son nouvel environnement de travail, c'était un bureau en annexe d'une salle de réunion. Un vrai cagibi. Charles soupira en rentrant dans l'espace minuscule, cela contrastait avec son dortoir ! Erik regarda Charles prendre place et s'affairer devant une pile de papier contenant les dossiers personnels de chaque soldat en poste au Vietnam.

- Tu vas vraiment le faire ? demanda Erik en serrant les dents.

- Vraiment faire quoi ?

- Répertorier les mutants présents dans nos rangs ?

- Je n'en ai pas envie, mais…

- Tu vas mettre mon nom ?

Cette fois, Charles nota la tension dans la voix d'Erik. Cette idée d'être fichée, ne lui plaisait absolument pas. Charles entendit subitement, l'écho des souvenirs d'Erik… Il frissonna. Des cris, des pleurs, des gémissements, des râles mortifères.

Charles regarda à nouveau Erik, quel âge avait-il ? Il venait de Pologne non ? Et ce tatouage sur son bras… Charles déglutit. Comment avait-il fait pour ne pas voir l'évidence ?! Il se maudissait d'être un monstre de bêtise ! Comment avait-il fait pour ne pas comprendre qu'Erik était un des rescapés de la Shoa ?! Bien évidemment Erik ne voulait pour rien au monde être à nouveau affiché sur une liste de minorité… Mutant.

- Non, je ne mettrais pas ton nom, fit Charles du bout des lèvres honteux de n'avoir rien vu plus tôt.

- Et le tien ?

- Je ne suis pas militaire.

- Donc, tu vas m'épargner, pour quelle raison ? Pourquoi je passerai entre les mailles du filet et pas un autre ?

- Erik, tu… Eh bien tu, hésita Charles en cherchant ses mots.

- Parce qu'on a baisé ?

Les joues de Charles prirent feu immédiatement, ses oreilles le chauffèrent également, il leva un regard incrédule vers Erik.

- Quoi ? Dis-moi que j'ai tords peut-être ! Tu ne vas pas m'étiqueter de bête de foire uniquement parce qu'on s'est envoyé en l'air.

Les mots d'Erik étaient durs, ils frappaient la conscience de Charles. Ils se regardèrent. Charles brisa le silence d'une voix posée :

- C'est que je… En fait, je ne comptais écrire aucun nom… Je… Je ne sais pas ce qu'ils feraient d'une telle liste en vérité. Qu'arriverait-il au gens dont j'aurais déniché le potentiel ? Et en même temps si je ne donne personne, l'armée enverra d'autres hommes, moins tendre que moi et cela risque d'envenimer les choses… Je ne dis pas que ma solution est meilleure, seulement je…

- Si tu es contre tout ça, qu'est-ce que tu fou ici ?!

- Je n'ai pas pu refuser.

- C'est tout ce que tu vas te borner à me répondre ?

- … Et toi ? répliqua Charles en se levant d'un mouvement sec. Et toi ! Ce n'était que de la baise ?!

- Tu t'attends à quoi ?!

Charles ne c'était attendu à rien. Rien de rien. Mais entendre dans la bouche de l'homme qui vous avait sauvé la vie que vous n'avez été qu'un coup d'un soir avait un goût très amer… Surtout après une nuit pareille.

Erik était en colère. Comment Charles pouvait accepter de collaborer de la sorte ! Lui un mutant vendre ses frères et sœurs ! Cela devait encore être une question d'argent ! Avec l'argent on achetait tout, des enfants, des noms, une vie… Charles, aussi doux fut-il n'échappait donc pas à cette règle !

- Tu as pactisé avec le diable, gronda Erik.

- Pas du tout !

Le ton montait dangereusement.

- Alors pourquoi ?! Pour du fric ?! cracha Erik maîtrisant mal sa colère.

- Pour sauver Raven ! fut le cri qui sortit de la bouche de Charles.

Il plaqua aussitôt ses mains sur sa bouche, horrifié d'avoir laissé l'information filé hors de lui. Erik se figea. Sa colère se cristallisa en une seconde, avant d'éclater et de se dissiper. Charles avait l'air bouleversé par ce qu'il venait d'avouer. Erik s'approcha une main tendue, Charles leva un regard bleu humide vers lui. Le caporal ne supporta pas la tristesse qui se peignait sur le visage de Charles. Erik avait été trop fort dans ses propos, il avait acculé Charles. Le télépathe aurait pu effacer la mémoire d'Erik, au contraire, il venait de se dévoiler. Erik avait toutes les cartes en main désormais pour comprendre Charles. Allait-il tolérer cette faiblesse : l'amour d'un frère pour sa sœur, ou rejeter cela ? Erik regarda encore plus intensément Charles. Son cœur cogna à toute allure.

- Comment ça Raven ?

Erik se maudit immédiatement. Comment pouvait-il à ce point manquer de tact ? Un vrai balourd ! Mais il était incapable de faire autrement.

- … Je…

Charles était tiraillé. Son cœur, sa tête, son âme, tous lui donnait des directions différentes. Pouvait-il vraiment tout raconter à Erik ? Ce même homme qui venait de qualifier leur première fois de simple « baise » ?

- Je voudrais être seul, je te prie, trancha Charles en clignant des yeux pour chasser les larmes qui y stagnaient.

- Je ne peux pas te laisser…

- Laisses-moi seul ! cria Charles à bout.

Il devait faire le point.

- Pas question !

- SORS D'ICI ! SORS D'ICI TOUT DE SUITE ! hurla Charles en se jetant sur le torse d'Erik pour le chasser hors de son cagibi de travail. SORS ! CRETIN SANS CERVELLE ! SANS CŒUR ! SORS !

Erik attrapa les poignets de Charles pour calmer sa fureur et le repoussa contre la cloison peu épaisse. Leurs yeux se lançaient des éclairs. Leurs respirations saccadées s'entrecroisaient. La poitrine de Charles montait et descendait à un rythme effréné. Ses lèvres rouges, tendues, étaient si appétissantes. Erik tenait toujours fermement les mains de Charles, plaquées au-dessus de sa tête. Leur corps n'étaient séparés que par quelques millimètres, la chaleur qui s'en dégageait les attiraient, comme deux par d'un aimant. Erik hypnotisé par Charles baissa sa bouche vers lui, le télépathe les reçu d'un coup de dents. Erik grogna de mécontentement et lui mordit à son tour la nuque, avant de retenter les lèvres. Bouches contre bouche, Charles ne bougea pas il était en colère, il était… Attiré…

Sans fermer ses yeux il ouvrit sa bouche pour donner un baiser colérique, fougueux et passionnel. Erik dévorait sa langue avec un appétit doublé par sa rage, son corps s'appliqua naturellement contre celui du plus jeune et leur baiser devînt rapidement un duel. L'un et l'autre s'y jetait comme un corps à corps dans un combat. Ils refusaient de capituler, d'abandonner, de se soumettre. Rapidement la température monta et leurs sexes se dressèrent. Erik fit basculer les poignets de Charles dans une seule de ses mains, libérant l'autre pour déboutonner son pantalon et celui de Charles.

- Pas question, souffla Charles sans offrir plus de résistance que ces mots.

Erik répondit en sortant leurs érections hors de leur cage de tissu. L'air tiède de la pièce, la moiteur, les gagnaient. Erik saisit leurs hampes gonflées, impatientes et fières entre sa main et les branla sans plus attendre. Charles gémit à travers la bouche du plus âgé. Il gémit pour ne pas crier de plaisir. Erik trembla d'excitation. Tenir entre ses main la verge de Charles collée à la sienne avait quelque chose de terriblement interdit et obscène. Il adorait ça. Il adorait sentir la queue dressée de Charles, signe de son désir. Il accéléra avec des coups amples et concis. Charles tirait sur ses bras, il frissonnait.

- Tu aimes ça, foutu Hippie ? gronda Erik électrisé.

- Ta gueule connard arrogant, gémit un peu plus Charles.

Ils se mordaient, se léchaient, s'embrassaient à en perdre la tête. Ils oubliaient où ils étaient enivré par leur audace, par leur passion. Erik passa son pouce rugueux sur leurs glands rouges. Charles se cambra dans un gémissement rauque, Erik colla un peu plus son bassin à celui de son amant. Ils ondulaient l'un contre l'autre, enflammés. Erik sentit le sperme de Charles recouvrir largement sa main, dans une giclée abondante, savoir qu'il venait de jouir, déclencha l'orgasme d'Erik dans la foulée. Ils tremblaient, se raccrochant à la bouche de l'autre dans un baiser plus tendre, plus profond. Erik relâcha enfin les poignets de Charles, ses bras tombèrent comme des pierres, tant ils n'avaient plus étaient irrigués depuis longtemps. Erik enserra son amant dans ses bras et le serra de toutes ses forces, ce qui n'était pas peu dire. Charles épuisé, déposa sa tête sur l'épaule solide d'Erik, soupirant d'aise. Leurs sexes, redevenus mou, pendaient entre eux dans cette étreinte tendre. Leurs souffles étaient encore éperdus, mais le calme s'instaurait peu à peu dans leur poitrine. Ils étaient inconscients et fous.

- Notre première dispute, sourit Erik.

Charles saisit toute la portée de ces quelques mots : Erik comptait construire une relation avec lui.

- Si on doit se réconcilier à chaque fois comme ça, je signe tout de suite, fit Charles en relevant son visage vers Erik pour l'embrasser plus délicatement.

Erik esquissa un sourire plus prononcé. Ils se détachèrent, Charles eut froid en quittant le refuge qu'offraient les bras d'Erik. Ils rangèrent leur sexe, ajustèrent leur pantalon. Erik et Charles avait du foutre sur leur habits respectifs, difficile à expliquer si jamais on les prenait ainsi.

- Que suggères-tu ? demanda Erik en essuyant ses doigts collant sur un mouchoir en tissu.

- D'aller nous changer.

- Traverser la caserne comme ça ?

- Je peux manipuler les esprits, ils ne verront rien…

- Comme avec les Vietnamiens ?

- Presque, sourit Charles.

Le télépathe dévoila à son compagnon une nouvelle carte à jouer qu'il possédait : figer les humains ! Erik se balada fasciné entre ces statues vivantes, bloqué dans le temps. Il regardait Charles avec ahurissement. Il arrivait à maîtriser une quantité incroyable de cerveaux. Comment faisait-il cela ?!

Une fois qu'ils furent changés, Erik était assis sur le lit du bas dans le hangar où Charles résidait seul.

- Je suis mis à l'écart, dit Charles. Un vrai paria. Ni accepté par vous l'armée, ni réellement respecté par la CIA… Je ne sais vraiment pas ce que je fous ici…

- Je ne te savais pas si fataliste.

- Je suis réaliste nuance.

- Moi qui te croyais idéaliste !

- Je l'ai été… Autre fois…Et puis, je t'ai rencontré, changea de ton Charles avec un clin d'œil.

Ils se sourirent. Erik caressa du bout des doigts la main de Charles.

- Que vas-tu faire ? demanda Erik.

- Je vais, faire ceux pourquoi j'ai été envoyé trouver des mutants. Mais garder leur identité secrète. Beaucoup doivent être comme toi : ignorer qu'ils ne sont pas seuls au monde. Je pense que se savoir entouré les… aidera ?

Erik toucha le coin des lèvres de Charles.

- C'est une idée que j'aime beaucoup.

Ils se tenaient face à face, sans qu'aucun des deux ne sachent exactement comment ils en étaient arrivés là. Charles mourait d'envie que les lèvres d'Erik se posent sur les siennes. Dans leur dos on frappa à l'entrée du hangar, Erik recula l'air blasé, Charles se retourna rouge d'avoir failli se laisser aller dans un endroit aussi peu sécurisé.

- Caporal Lehnsherr, appela le soldat en entrant.

- Oui ?

- Je vous remplace. Ordre du major, il vous veut sur le terrain.

Charles se retourna, son visage avait perdu toutes ses couleurs. Erik ne manifesta aucun ressentiment sur son visage.

- Pardon ? articula-t-il.

- Oui, à partir de maintenant je prends en charge la sécurité de Xavier.

Charles dégluti. On allait le séparer d'Erik. Lui retirer ce qui le faisait tenir dans cet enfer ?!

- On va voir ça, fit Erik en quittant le dortoir.

Le soldat et Charles sur ses talons, il se rendit directement au bungalow du major Logan. Il ignora la sentinelle posté devant et entra.

- Major, salua-t-il poliment.

- Ah ! Mon héros ! Alors vous avez appris votre nouveau poste, dit d'un air satisfait Logan en sirotant un Brandi.

- Je quitte la surveillance de l'agent Xavier ?

- Cet avorton n'a pas besoin de vous, l'armée si ! Avec vos récents exploits j'ai décidé de vous confier une mission de reconnaissance dans une vallée bouffée par l'ennemi. Vous aurez une quinzaine d'hommes avec vous ! Voilà la promotion que vous avez toujours attendue n'est-ce pas ! se réjouit un peu plus Logan en tendant un verre plein à Erik.

Erik accepta le verre qu'il vida d'un trait. Oui, il avait toujours souhaité diriger une escouade, montrer de quoi il était capable, se faire accepter et respecter en tant que citoyen américain, prouver sa valeur… mais abandonner Charles ?

- Vous allez cesser de biberonner ce gamin et passer aux choses sérieuses ! Je vous ai trop sous-estimé ! Il est temps pour vous de briller Lehnsherr !

Erik gonfla la poitrine. Il avait voulu cela depuis toujours : la reconnaissance… Mais… Charles ?

- Ça va mon gars ? Vous semblez contrarié ?

- Non, je… Je suis honoré de l'attention dont vous faite pour l'avancé de ma carrière, cependant, Major, je m'inquiète pour l'agent Xavier.

- Bah ! Oubliez-le ! Vous partez demain matin, on va vous briffer ce soir avec vos hommes.

Charles était dehors, il était sous la surveillance de la sentinelle et du soldat. Les deux hommes le regardaient comme quelque chose de dangereux et de désagréable. Charles ferma les yeux et concentra son esprit sur la discussion qui filtrait par à-coup depuis le bungalow. Il ne perdit pas une miette de ce qui fut dit. Erik sortit, il fourra dans sa bouche un chewing-gum à la menthe, cadeau du major. Il mâcha avant de s'avancer vers Charles pour lui parler.

- C'était un plaisir de vous avoir servi d'aide Professeur, mais j'ai reçu une mission de terrain, je ne peux refuser une telle offre.

- … Je comprends, sourit Charles alors que son cœur frappait de déception.

Charles ?

- Je suis certain que le soldat… - Erik lu le nom de son remplaçant sur sa veste- que le soldat Peterson saura prendre soin de vous.

Charles ?!

Le télépathe ouvrit un peu plus les yeux, Erik l'appelait par son prénom ! Mieux, il l'appelait avec son conscience. Charles essaya de ne pas trop sourire.

- Je n'en doute pas, mais votre compagnie me manquera à coup sûr.

Erik…

Charles je pars, je ne peux refuser. Je reviendrais.

De ça, je n'en ai aucun doute…

Ne fais confiance à personne. Ne te fie à personne, garde notre secret. Je ne t'abandonne pas.

Charles ferma les yeux pour cacher son émotion.

- Non, je suis certain que Perterson prendra soin de vous, n'est-ce pas soldat ?

- Je ferai ce que mon Major m'a demandé : m'assurer que l'agent Xavier puisse travailler en sécurité.

Ce type est une fouine, Charles.

Fais attention à toi. Reviens entier.

Toi fais attention à toi. Reste entier également.

- Eh bien, je vous souhaite bien du plaisir, fit Erik pour rompre leur conversation.

- Au revoir Caporal et félicitation pour votre promotion, dit Charles le plus sincère du monde.

Erik fit quelques pas, se retourna et le salua d'un signe de tête en esquissant un sourire. Il s'éloignait, mais en pensée il entendait battre le cœur de Charles, il l'entendit encore alors qu'il était hors de vu. Erik ferma les yeux, dégluti. Le goût du chewing-gum lui donnait la nausée.

Charles se retourna va Peterson. Une rapide analyse de son cerveau lui apprit que le major Logan lui avait demandé d'espionner ses recherche et de savoir ce qu'il venait « foutre les pieds et le nez dans les affaires de l'armées ». Charles sourit aimablement.

- Je m'appelle Charles, enchanté, dit-il en tendant la main.

- Soldat Peterson.

L'homme ne le lui saisit pas la main. Dans son esprit le schéma qu'il avait n'avait rien de relation cordiale. Il allait le suivre, l'espionner, l'épier et ne jamais lui laisser un instant de répit. Il avait reçu un ordre qui fit frissonner Charles : « Donnez-lui envie de rentrer dans les jupons de sa mère, virez-moi ce merdeux d'ici ! ». Charles était prévenu, il devrait donc se méfier de Peterson, de chacune de ses actions.

Erik se leva à l'aube, son paquetage était prêt, il avait son ordre de mission, il était équipé, ses hommes également. Tandis qu'il quittait la base dans un camion, bringuebalant, il pensait à Charles. Il s'autorisa cette ultime fantaisie avant de se plonger totalement dans son travail.

Charles quant à lui ne dormait pas, il suivait le signal mental d'Erik aussi loin qu'il le pouvait. Une fois hors de portée, Charles se sentit vraiment seul. Il s'allongea à nouveau sur sa couchette, serrant entre ses doigts le portrait de Raven. Il regarda encore une fois ce visage souriant et rempli d'espoir. Charles embrassa l'objet, sachant que c'était totalement ridicule, mais si nécessaire pour lui. Il pensa alors à sa sœur. Où était-elle, que faisait-elle ? Il essaya de distraire le vide qu'il ressentait. Il soupira, le temps allait lui semblait durer une vie…


Que va-t-il se passer maintenant qu'ils sont séparés ?!

Si vous avez des idées sur la suite n'hésitez pas à les partager, c'est toujours amusant de lire ce que vous imaginez :D

A très vite !