Bonjour bonjour ! Je n'ai toujours pas beaucoup d'avis mais je me dis que ça viendra et j'aime écrire cette fic donc pour ceux qui la lisent et qui aiment, je continue ! Bonne lecture !
Chapitre 3
« La première rencontre est toujours décisive, quoiqu'on fasse ensuite pour changer les opinions. »
381ème année du Tiers Age, quelque part à l'ouest d'Imladris, Terre du Milieu.
-Debout Lova' ! Il est temps de partir…
-Mais quelle heure est-il ? demandai-je d'une voix ensommeillée.
-La soleil ne va pas tarder à se lever, me répondit Elladan. En selle !
Je me levai tant bien que mal et, après quelques étirements et avoir rattroupé mes affaires, je fus à peu près réveillée quand mon cheval hennit comme pour me secouer et me sortir des limbes de la nuit.
-Ouvre tes yeux, ma sœur ! Et regarde ce lever de soleil, habitue-toi aux beautés sauvages, m'enjoignit un Elrohir enthousiaste.
Après seulement quelques minutes, nous étions arrivés au dernier col avant les plaines de l'ouest, et le panorama était fantastique. De fines nappes de brume coulaient sur les champs labourés, entre les bosquets et les forêts, dans lesquelles les dernières feuilles rousses résistaient au vent de l'hiver proche et frémissaient sous ses températures fraîches. Des volutes de fumée s'échappaient des cheminées des villages qui, eux aussi, émergeaient des bras de la nuit. Une fine rosée recouvrait tout et, sous les premiers rayons pâles de la soleil, les brins d'herbes scintillaient.
-C'est magnifique, soufflai-je, laissant un peu de ma propre chaleur sortir et se transformer en un petit nuage blanc ? Tu avais tellement raison Lohi'.
Il me sourit et bomba le torse avant de répondre :
-Comme souvent ma chère, comme souvent…
Je jetai un œil à Elladan qui leva les yeux au ciel en même temps que moi.
-Alors nous n'avons pas la même notion du mot « souvent » que toi, répliqua-t-il en faisant éclater son rire cristallin. En avant !
Je l'imitai, suivie de près par mon jumeau faussement bougon.
A la fin de la journée, et après quelques courses puériles au galop, nous arrivâmes dans le bourg de Bree. Je n'avais jamais rencontré autant d'humains, car le peu qui venait à Fondcombe n'était que des marchands qui faisaient halte pour une nuit et je ne les croisais que rarement.
La nuit donnait une impression glauque au village, chaque recoin sombre faisant un parfait coupe-gorge. La boue et les immondices jonchant la chaussée me dégoutaient mais je ne montrai rien à mes frères, ne voulant pas les faire me ramener à Imladris sur-le-champ.
Arrivés à l'auberge du Poney Fringuant, nos chevaux furent emmenés aux écuries et nous louâmes une chambre simple. L'aubergiste souleva un regard interrogateur mais Elladan réduit son étonnement avec deux ou trois pièces d'or supplémentaires. Il était hors de question de prendre deux chambres, il nous fallait économiser l'argent que nous avions.
En attendant d'aller se coucher, nous prîmes notre repas au milieu des ivrognes et autres garçons de ferme venus se détendre après une dure journée de labeur. Eux non plus ne transpiraient pas l'hygiène, et transpiraient tout court d'ailleurs…
-Demain, nous rejoindrons un campement de Rôdeurs au nord de la Comté. Nous partirons après avoir fait quelques achats, annonça Elrohir tandis que nous nous levions pour gagner notre chambre.
Un grand bac d'eau frémissante nous attendait. »Mon dernier bain avant longtemps » pesai-je un peu amèrement. Je me glissai derrière le paravent et me lavai consciencieusement. Je me dépêchai quand même pour permettre à mes frères de profiter eux aussi des bienfaits de l'eau chaude. Nous nous endormîmes rapidement après.
Malgré toutes les questions que je me posais, je dormi bien cette nuit-là, tentant de graver dans mon esprit le confort d'un lit.
Au matin, après un frugal petit déjeuner, nous parcourûmes le marché hebdomadaire de Bree. Le peu d'argent que j'avais pensé à prendre me servit à l'achat d'une tenue de voyage noire et grise, comprenant cape, pantalon, corset et gants. Mes bottes elfiques marron passaient partout. Le seul objet précieux que je gardai fut le pendentif que Legolas m'avait offert, quelques années plus tôt. Il représentait une colombe rejoignant sa fine branche d'arbre. La branche, il l'avait gardé, car il était maintenant la seule branche, en dehors de mes frères, sur laquelle je pouvais me poser.
Une fois prête, mes frères approuvèrent mon nouvel équipement. Nous sellâmes les chevaux, puis partîmes pour le campement des Rôdeurs, là où mon avenir se jouerait.
La soleil était à son zénith quand nous nous retrouvâmes dans une clairière. Mes frères s'arrêtèrent, se regardèrent et hochèrent la tête. Elladan émit un sifflement qui ressemblait au cri d'un moineau et soudain, une dizaine de personnes sortirent des fourrés ou de derrière les troncs, toutes vêtues de la même manière, sobrement. Leur capuchon recouvrait leur visage, comme nous d'ailleurs.
Je ne les avais même pas entendus respirer malgré mon ouïe d'elfe ! Nous descendîmes de cheval et l'un d'eux s'approcha.
-Bonjour à vous, jumeaux elfiques, cela fait longtemps que vous n'avez pas donné signe de vie aux Rôdeurs, dit-il en se découvrant.
C'était un homme d'une quarantaine d'année, aux cheveux bruns mi longs, à la barbe mal taillée et aux yeux noirs.
-Nous avons dû rentrer chez nous pour des raisons familiales, répondit Elladan en se mouvant pour me montrer. Nous ramenons une nouvelle recrue, Beror, et nous demandons votre accord pour l'intégrer à notre ordre.
-Quel est son nom ? demanda ledit Beror.
-Sincahonda, répondit encore Elladan.
Le « cœur de pierre » ? Cela sonnait bien, même s'il ne me correspondait pas, et mes frères en savaient quelque chose. Mais je ne trouvai rien à redire. Je serais Sincahonda.
-C'est un des vôtres, un elfe ?
-Oui.
-J'imagine qu'il a donc de bonnes aptitudes au combat…
-Nous l'avons formé personnellement.
-Sa famille et son foyer ne lui manqueront pas ?
-Je ne suis plus la bienvenue parmi les miens, dans aucuns des royaumes elfiques de cette Terre, répondis-je agacée que l'on discute de moi en ma présence sans me faire participer.
J'avais pris une voix neutre pour parler, la plus grave possible. Les jumeaux m'avaient entraînée à parler comme un homme. A cette époque, ils partaient pour de longues missions et moi, qui restais cloîtrée dans ma cité, ne rêvais que de partir à l'aventure. Je leur posais tant de question alors ! Ils prenaient un malin plaisir à faire enrager mon père, qui trouvait que mes bonnes manières disparaissaient petit à petit…
-Bien, je pense que nous pouvons accepter un membre de plus dans cet ordre. Nous ne sommes jamais assez pour lutter contre le mal qui ronge le cœur de certaines personnes. Vous resterez sous la tutelle des jumeaux elfes pendant au moins un an, puis, vous pourrez vivre à votre guise, et recevrez des ordres de missions quand nous aurons besoin de vous. Aucune ne vous mènera dans un royaume elfique soyez-en assuré.
-Merci, fut ma seule réponse.
En ces temps-là, les Rôdeurs étaient les protecteurs des régions de l'Ouest. Ils étaient nombreux et formaient une armée de secours pour les rois du royaume de l'Arnor. En effet, ils étaient sous les ordres de ces rois mais ils aidaient aussi dans le reste de la Terre du Milieu en cas de besoin. En 381, c'était Eldacar qui régnait. Il était le petit fils d'Isildur et son père étant trop jeune pour gouverner à la mort de ce dernier, c'était mon père qui l'avait aidé. C'est ainsi que mes jumeaux étaient devenus Rôdeurs, comme pour garder un œil sur les affaires du Royaume. Ils n'avaient cependant pas voulu de marques de favoritisme et se mêlaient aux autres Rôdeurs ans distinction. Leur seul avantage était de pouvoir revenir à Imladris quand ils le souhaitaient.
Nous passâmes la soirée avec le groupe de Rôdeurs, ainsi que la nuit. Je ne parlai que quand cela était nécessaire, on respectait mon silence et personne ne me posa de questions. Il n'y avait que des hommes dans ce groupe, et j'appris qu'il n'y avait qu'une femme, nommée Oria, qui faisait partie de cette guilde. Notre mission était de la retrouver, dans les plaines du Calenardhon (Le Rohan n'était pas encore créé). Certains avaient remarqué des attroupements suspects dans la région. Nous devions voir de quoi il en retournait.
Après cette mission, qui devait nous occuper une demi-douzaine de mois, et après l'année que je devais passer avec mes frères, peut-être m'établirais-je quelque part, dans un coin tranquille, et j'enverrais enfin un message à l'amour de ma vie, qui n'attendait que ça pour me rejoindre.
C'est pleine de projets que je suivis mes jumeaux vers le sud, le lendemain matin. J'allais voir du pays !
Voilà ! Une petite review svp ?! :)
