Disclaimer : Les personnages et l'univers des 100 ou de Fear the walking dead ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter le temps d'une histoire.
Avertissements : Cette histoire peut contenir de la violence et des scènes de sexe, pour public mature uniquement.
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Nick m'a fait sortir sans problème, mais il n'a pas desserré les dents du trajet. Je ne sais donc pas ce qui a causé mon départ précipité. Ou plutôt qui ? Mais je n'ai pas survécu tout ce temps sans savoir quand il faut poser des questions, et quand il faut la fermer, et faire ce qu'on nous dit de faire.
Quand je rejoins l'immeuble où j'ai laissé Anya, le soleil s'est couché. Je mets quelques minutes à la localiser, cherchant les codes sur les portes que nous avons l'habitude de nous laisser pour nous retrouver. Elle m'attend, m'ayant bien évidemment repéré depuis mon arrivée dans la rue.
« Alors ? T'es toute seule ? » Me demande-t-elle suspicieusement.
La poussière vole autour de nous quand je m'écroule à ses côtés, sur le vieux matelas qu'elle a arrangé pour passer la nuit. Je soupire bruyamment. Les émotions de la journée me reviennent toutes, alors que je me relâche, me sachant en sécurité auprès de mon amie.
« Du coup…on rentre ? » insiste Anya, mon comportement commence à l'agacer.
« Non. » Je lâche. Puis je pose mon regard dans celui interloqué de mon amie. Si Anya ne me considérais pas comme sa sœur, je pense qu'à ce moment, elle m'aurait étripé. Je décide qu'elle mérite de connaitre le fin mot de l'histoire, alors je lui raconte, depuis le début, depuis Los Angeles.
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J'ai réussi à dormir un peu malgré la tension qui s'est installé en moi. Et si elle ne vient pas ? Est-ce que je partirai vraiment ? Rentrer chez moi, tranquillement, alors que je sais qu'elle est à deux pas d'ici ? Je prie pour ne pas avoir à prendre cette décision, j'espère avoir bien interprété son regard quand j'ai réitéré mon invitation. Elle sait que ce n'est pas un endroit pour elle. Elle avait sans doute envisagé de rester, quand l'autre alternative était d'errer dans les rues infestées de zombies. Mais je lui ai offert un autre choix. Et si j'en crois leur réaction quand ce « Pike » a failli me tomber dessus, tout n'est pas rose au pays des sportifs.
Plus la journée avance, et plus je me fais des films. Anya s'est absentée pour aller chercher de quoi nous ravitailler un peu, mais le nœud dans mon estomac m'empêche de ressentir la faim.
Un peu après deux heures, j'aperçois du mouvement. Je me précipite sur mon fusil à lunette, et colle mon œil sur le viseur. C'est Travis que je localise le premier. Nick et Ophélia le suivent de près, tous sont aux aguets. Derrière eux, je vois Alicia aux côtés d'un homme que je ne connais pas.
J'allonge le bras pour toucher Anya, lui signalant que j'ai repéré quelque chose. Elle s'agenouille à mes côtés, et me remplace derrière le fusil. Je prends mon arme de poing, mon couteau, et descends les escaliers pour les rejoindre.
J'attends devant l'entrée de l'immeuble d'en face, Anya me fait signe qu'ils approchent, et qu'ils ne sont pas suivis. On a mis au point un système de communication avec un jeu de miroir réfléchissant.
Travis m'aperçoit enfin, et je lui adresse un signe de la main amical. Il a la joue barrée d'une grande cicatrice qui part de l'oreille jusqu'à son menton. Ophélia, elle, porte deux bracelets qui cache mal celles sur ses poignets. Aucunes de ces marques n'ont étés causées par des rodeurs.
« Elyza. » me salut Travis.
« Travis. » Je réponds sur le même ton.
Nick hoche la tête en me regardant avec méfiance. Je lève les yeux au ciel, et me tourne vers Ophélia qui s'approche pour me prendre rapidement dans ses bras. L'étreinte n'a pas duré mais c'est assez pour me faire comprendre qu'elle me considère comme une amie. Elle est contente de me voir. Je m'écarte d'elle pour me laisser la vue libre sur le troisième homme. Alicia se tiens à ses côtés, l'air mal à l'aise, alors que je le dévisage.
Il doit avoir entre vingt-cinq et trente ans, difficile à dire de nos jours. Il porte également des cicatrices sur ses bras et ses jambes. Celles-là je les connais bien, il a dû plonger dans la mêlée plus souvent qu'à son tour. Les griffures des rodeurs laissent leurs empreintes sur les combattants qui les affrontent souvent. Il parait fort, sûr de lui. Ses cheveux bruns lui tombent à moitié devant les yeux. Après un instant, Alicia brise le silence.
« Elyza je te présente Roan. »
L'homme me tends la main, je lui saisis l'avant-bras en plongeant mon regard dans le sien, tentant de ne rien laisser paraitre de ma jalousie.
« Ravi de te rencontrer. » dit-il avec un sourire espiègle. Je fronce les sourcils, et lui jette un regard noir. Autant pour la jalousie.
« On ferais mieux de rentrer, je pense qu'on a des choses à se dire. »
D'un signe de la main, je leur fait signe de me suivre. Je traverse la route avec la petite bande derrière moi, pour rejoindre Anya dans l'appartement qui nous a servi de refuge la nuit dernière.
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Après une bonne heure d'interrogatoire, nous avons un plan. Ils ont voulus avoir des informations sur notre communauté, et je leur en ai fourni autant que je pouvais sans mettre en danger la sécurité de mes amis et de ma famille. Après tout, je ne connais pas l'homme qui les accompagne, et je n'ai réellement confiance qu'en Alicia, Travis et Ophélia. Nick n'inspire définitivement pas confiance. Alicia a été étrangement silencieuse tout au long de la conversation. Je l'ai surprise deux fois à me fixer avant qu'elle ne détourne son regard hâtivement, une légère rougeur colorant son cou.
Bellamy avait raison, aucun bateau ne traine plus au port. En tout cas, aucun en état de naviguer. Mais Nick avait apporté la solution en brandissant un trousseau de clé alors que je cogitais pour trouver une solution à ce problème. Ce faisant, il est remonté d'un cran dans mon estime. Il a conservé les clés de Strand, l'homme qui les avaient entrainés sur son bateau lors de leur fuite de Los Angeles. Celui-ci a apparemment un hangar dans la marina, et « une coquille de noix » comme il le répétait souvent à Nick. Nous n'avons aucune idée de la taille et de l'état du bateau que nous pourrions, ou pas, trouver. Mais en l'absence d'une idée plus valable, on décide de partir dans la soirée. Je refuse de dormir sur place, dans la crainte que les hommes du stade ne soient à la recherche des fuyards. Je ne sais pas comment ils gèrent leur communauté, mais je soupçonne que le départ d'un personnel soignant devait être mal vécu. On efface les traces de notre passage, et on se met en route, direction l'océan.
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Le trajet jusqu'à la marina ne nous prends qu'une heure, les quelques rodeurs qu'on rencontre en route sont facilement maitrisés, malgré la nuit qui commence à tomber. L'obscurité va vite devenir un problème, et j'espère trouver le hangar afin d'y passer la nuit.
Je commence à apercevoir les lacunes de mon plan, en découvrant un groupe de rodeurs plus important devant un grillage. Grillage qui, je le comprends rapidement, devra être franchit avant d'atteindre les hangars.
D'un coup d'œil à mes compagnons, j'aperçois Roan et Anya couteau en main, prêt à en découdre. Je soupire en sortant mon arme à mon tour. Travis demande à Ophélia, Alicia et Nick de rester en arrière, alors qu'il s'arme d'un marteau. Le regard dédaigneux qu'Alicia lui lance me fait ricaner doucement, et je vois ma princesse s'emparer de son couteau. Elle porte toujours cet étui en vieux cuir attaché à la ceinture, et y conserve précieusement l'arme de son père.
Je confie mon fusil à Ophélia, et Anya laissa le sien à Nick, si nous nous faisons déborder, ils devront nous couvrir. La pensée de Nick armé d'un fusil, dans mon dos, ne me fait pas particulièrement plaisir, mais je m'efforce de laisser une chance au jeune homme. Après tout, c'est grâce à lui que j'ai retrouvé Alicia, et il m'a fait entrer et sortir du stade sans problème.
Je fais signe à Anya, et elle se déporte sur la droite. Nous attaquons toujours ensemble, dos à dos afin de se protéger. Mais nous sommes cinq cette fois, on se positionne en demi-cercle afin de prendre en tenaille les morts.
Dans la pénombre ambiante, j'en distingue une vingtaine, peut être trente. A cinq, ça semble réalisable. Les premiers tombent avant que la masse ne nous repère. Les couteaux s'enfoncent dans les crânes décomposés des zombies, leurs corps déchiquetés s'affalant soudain sur leurs congénères. On a décimé environ la moitié, presque silencieusement, quand j'entends un juron sur ma gauche. Roan est en difficulté, son couteau est resté planté dans l'os du crâne du rodeur qu'il vient de tuer. Deux autres zombies en profitent pour se jeter sur lui, et il repousse le premier avec son coude. Je me précipite pour tuer le second qui s'apprête à mordre Roan.
J'arrive une seconde trop tard. Alicia se tient devant moi, retirant sa lame de la tête inanimé du mort. Encore une fois, je réalise qu'elle n'a pas besoin de moi, ni pour la protéger, ni pour protéger ceux qu'elle aime. Pourtant elle est là, elle a tout quitté pour me suivre, sans avoir la moindre idée de ce que je peux lui offrir. Elle a entrainé sa famille avec elle, et a mis sa vie et la leur, entre mes mains.
Nous restons là, à nous regarder alors que les trois autres terminent le massacre un peu à l'écart. Le raclement de gorge d'Anya nous fait revenir à la réalité. Alicia se dirige vers son ami pour vérifier qu'il n'a rien, et je m'approche du grillage pour ouvrir un passage avec Travis et Anya.
Le hangar de Strand n'est pas difficile à identifier, l'homme était légèrement excentrique, et a fait peindre un immense requin sur la porte en fer. La clé tourne dans la serrure, et la porte s'ouvre.
On ne voit pas à un mètre, mais soudain, une lumière vive apparait derrière moi. Alicia viens d'allumer sa lampe torche et me la tend. J'en ai moi-même une dans mon sac, mais comme on évite de les sortir dans la rue, pour éviter de se faire repérer, je n'ai pas eu l'idée de la sortir pour entrer dans le bâtiment. Etant donné qu'il est fort possible que le dit bâtiment soit habité par un ou plusieurs rodeurs, je me rends vite compte de ma stupidité. Anya bouscule Alicia alors qu'elle se fraie un chemin à mes côtés.
« Elle en a une. Merci princesse. » Adresse-t-elle à Alicia. Elle continue, en me lançant un regard noir de reproche.
« Si tu veux ramener tout ce petit monde à la maison en vie, tu as intérêt à te reprendre, ou tu risques de ne pas survivre à cette soirée. » Je grogne en la laissant prendre la tête, et cherche ma lampe au fond de mon sac. Je déteste quand Anya a raison. Cela arrive bien trop souvent à mon goût.
Le hangar est rapidement fouillé, pas de zombie, un bateau, et assez grand et costaud pour faire le voyage. Je n'en reviens pas de notre chance. On pourra rejoindre l'île dès demain matin, et on ajoute un beau voilier à notre flotte. Je ne sais pas dans quoi naviguait Mr Strand, mais il avait l'air d'avoir une bien piètre opinion de sa « coquille de noix ». C'est un bijou.
On décide de se reposer jusqu'au matin, puis on mettra le bateau à l'eau pour enfin prendre le large. On se regroupe dans le petit bureau attenant pour manger quelque chose, et s'installer pour la nuit. Quand Alicia se propose de prendre la première garde, je me jette sur l'occasion en me levant immédiatement, me portant volontaire pour lui tenir compagnie.
On s'installe sur la proue du bateau, de là, on a vu sur l'entrée, et sur le bureau où dors le reste du groupe. Les bruits venant de la petite pièce me parviennent indistinctement, puis se tarissent. Alicia n'a pas dit un mot de la journée, alors pour briser le silence qui commence à se faire pesant, j'entame la conversation.
« Comment Nick a réussi à survivre jusqu'ici ? »
« Pardon ? » demande Alicia déconcertée par ma question.
« Je veux dire, il m'a avoué qu'il n'avait tué son premier rodeur que le jour où…enfin, le jour où vous avez perdu votre mère. Et il a toujours cet air ahuri dès qu'on voit un zombie. Dans la rue avant-hier, il ne semblait pas dans son élément. Je ne comprends pas…» je suis vraiment curieuse de comprendre. Elle m'examine un instant avant de répondre.
« Je les ais tués. Pour qu'il n'ait pas à le faire. C'est mon frère, je dois le protéger. »
« Tu es sa petite sœur, ce serait plutôt à lui de te protéger tu ne crois pas ? »
« Pourquoi ? J'ai toujours pris soin de lui, depuis qu'il a commencé à faire ses crises d'épilepsie, et puis ensuite, dans ses périodes de désintox. Au début, maman pensait que ce serait trop dur à gérer avec le manque et tout ça. Et puis c'est devenu une habitude. »
Un rayon de lune apparait par la gigantesque fenêtre en haut du hangar, et viens se poser sur son visage, m'offrant un spectacle à couper le souffle. Je reste silencieuse, à contempler cette magnifique jeune femme qu'elle est devenue. Ce n'est plus la jeune fille que j'ai rencontré au début de la fin du monde. Elle est encore plus belle, plus forte, plus mystérieuse. Et j'ai encore plus envie d'elle. Malheureusement pour moi, elle est aussi…moins libre.
« Alors…C'est lui ? Roan. » C'est une question rhétorique, bien évidemment.
Elle me sourit timidement, et hoche la tête. Je veux savoir, comment ils se sont rencontrés, comment ils ont finis ensemble, qu'est-ce qu'il représente pour elle. Mais toutes mes questions meurent sur mes lèvres avant de les franchirent. Je n'ai pas le droit de poser ces questions, et puis au fond, je ne veux pas savoir. Pas maintenant en tout cas. Comme elle ne fait pas mine de m'en parler, je change de nouveau de sujet.
« Bellamy vas être aux anges en te voyant. » Je pense à mon ami, qui était également celui d'Alicia, enfin à une époque en tout cas. Je sais qu'il sera ravi de revoir la jeune femme.
« Bellamy est là-bas ? » un vrai sourire apparait sur son visage, et je ris doucement.
« Oui. » je réponds simplement.
« J'ai hâte de le revoir. »
Je sais qu'elle veut me demander, pour les autres. Elle n'ose pas, elle en a trop perdu et c'est douloureux pour elle de penser à eux. Elle ne sait pas ce que j'ai vécu. Je n'arrive pas à déterminer si elle essaye de se protéger d'une éventuelle mauvaise nouvelle, ou si c'est moi quelle essaye de protéger, en évitant de me rappeler de mauvais souvenir.
« Miller et Raven seront ravis de te revoir aussi. » Le sourire soulagé que je reçois à cette annonce me fait fondre. Mais un froncement de sourcil apparait bientôt sur son visage.
« O ? » Demande-t-elle, elle sait à quel point j'étais proche de la jeune guerrière, parce que oui, c'était une guerrière. Je la rassure immédiatement.
« Malheureusement, elle sera là aussi, toujours aussi agaçante… » Dis-je dans un sourire joyeux. Octavia a beau être un de mes meilleures amies, elle a toujours eu une tendance à être insupportable. Et la fin du monde n'a rien arrangé à son caractère.
On discute encore quelques temps, jusqu'à ce que Travis et Anya viennent nous relever. Même les tours de garde deviennent agréables avec elle. Je l'aide à descendre du bateau, elle se laisse faire pour me faire plaisir. On rejoint alors les autres pour prendre un peu de repos. Alicia s'arrête avant de franchir la porte du bureau, et se tourne vers moi.
« Merci. De nous emmener là-bas. De ne pas nous abandonner. »
« Alicia… » Je vois le frisson parcourir son corps alors que je prononce son nom. « Je ne t'abandonnerais plus jamais. »
Ma voix n'est qu'un souffle à ces mots. J'accompagne ma phrase d'un pas vers elle, et elle ne recule pas. Elle ferme l'espace entre nous, posant sa tête sur mon épaule. J'entoure son corps de mes bras, et j'enfouie mon visage dans son cou, respirant son odeur profondément. Elle est partie aussi vite qu'elle s'est retrouvée là, et je la suis dans la petite pièce, l'instant d'après. Je m'affale sur la couche d'Anya, retrouvant avec réconfort son odeur familière. Mon regard se porte plus loin, et rejoint deux yeux verts qui me fixent dans la pénombre. Alicia s'est allongée aux cotés de Roan, en lui tournant le dos. Celui-ci dort profondément, mais son bras est pourtant posé sur les hanches de ma princesse. Elle ne détourne pas le regard quand le mien s'accroche au sien, et je m'endors sans m'en rendre compte, noyée dans une forêt d'émeraude.
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