Chapitre 4 - Intégration


Le premier jour d'Hermione s'était déroulé sans accrocs. McGonagall avait elle-même prit le soin de rédiger la lettre de démission de la jeune femme avant de la lui faire signer et la remettre à un hibou qui connaissait le chemin du Chaudron Baveur. Ses affaires personnelles avaient tenu dans un seul petit sac qui n'avait pas besoin d'être rétréci. Elle avait revendu ses manuels d'anatomie, d'immunologie et tout ce qui avait un rapport de près ou de loin avec la médecine moldue. Elle avait toujours besoin d'argent pour terminer de rembourser sa première année de cursus avorté.

Dans un premier temps, Irma Pince avait mis du temps à s'acclimater à la jeune femme, même si elle se souvenait d'elle en tant que bonne lectrice et élève soigneuse et studieuse, respectueuse de tous les livres dont elle était la gardienne. Désormais, elle devait bien admettre qu'il fallait qu'elle passe le flambeau à quelqu'un de beaucoup plus jeune.

Aux repas, Hermione avait pris l'habitude de s'asseoir entre la directrice et Madame Pomfresh. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps avant d'être acceptée à cœur joie par toute l'équipe. Désormais, elle n'était plus Miss Granger, elle était Hermione pour eux...

Tous sauf l'irréductible Severus Snape.

En dehors des repas, il ne croisait la sorcière qu'en de rares occasions. Parfois, ils se voyaient la nuit lors de leurs rondes respectives et il prenait un malin plaisir à la surprendre alors qu'elle pensait être seule, il se délectait de lui ficher une trouille de tous les diables et le pire, c'est qu'au bout de deux mois de bizutage, tout cela marchait encore. Si les premières fois n'étaient pas volontaires, il aimait prolonger son petit plaisir machiavélique au point ou cela devenait un running gag entre eux et qu'Hermione commence à anticiper que derrière chaque recoin du château, il pouvait se cacher sournoisement.

Elle en avait une boule au ventre et lorsqu'il ne daignait pas se montrer, c'était encore pire. Elle se sentait épiée et observée pourtant sans mal. Tout ça ressemblait à un jeu qui avait au moins le mérite d'affiner son ouïe et son sixième sens de perception. Le tout était évidemment propice à ce qu'elle repère certains élèves ayant dépassé le couvre-feu avec beaucoup plus de facilité.


Le soir d'Halloween était là.

Pour l'occasion, la directrice avait fait préparer un grand banquet comme à l'époque somptueuse de Dumbledore. Hermione avait l'impression de revivre un peu de son adolescence, mais elle était désormais en ces murs pour chaperonner. Elle aimait cette chance qu'on lui avait donnée et rien, absolument rien ne pourrait entacher cette opportunité.

Elle était ici chez elle, plus que nulle part ailleurs.

Il n'était pas question de célébrations ce soir, juste un dîner en grandes pompes et un envoi expéditif au lit. Les têtes de maisons devaient veiller à ce qu'aucune farce de n'importe quel genre ne soit une excuse pour pourrir l'école et les étudiants. C'était veille de vacances scolaire. Les premières depuis le début de l'année.

À la fin du banquet, Hermione avait prit la direction de ses appartements non loin de la tour Gryffondor. Elle n'était pas de garde cette nuit et comptait bien se reposer un tant soit peu et réviser quelques notes et paperasse que Madame Pomfresh lui avait confiées.

Vers onze heures, on toqua à sa porte.

Elle mit sa robe de chambre et ouvrit, découvrant le visage de Minerva dans l'entrebaillement.

-" Vous joindrez-vous à nous pour une tisane ma chère ?" Avait-elle demandé avec un petit sourire en coin.

Hermione, depuis tout ce temps avait comprit que Tisane était un code pour dire Odgens.

-" Avec joie." Sans cérémonie, elle sortit en tenue de nuit, à savoir une tenue sportive, un pantalon de yoga, un t-shirt gris et un gros gilet avec des pantoufles charentaises.


Il n'y avait que des femmes à cette assemblée. Poppy, Minerva, Pomona, Aurora, Septima et Hermione. Toutes étaient en tenue bien plus décontractée que ces tenues formelles et sorcière qu'elles avaient l'habitude de revêtir. Hermione nota quelques absentes dont Madame Bibine et Irma. Minerva n'avait pas l'air de s'en formaliser.

Toutes ces femmes étaient assises en tailleur sur un pouf dans le coin où Hermione avait partagé un whisky, il y avait de cela deux ans avec Minerva et Snape. La lumière était tamisée et la bonne ambiance avait enveloppé les lieux.

La directrice avait mis à disposition les fameux plaids qui avaient été par le passé source de dispute entre elle et Severus. Seulement, là, il y en avait davantage et leur couleur ne lui aurait plu le moins du monde.

Elles étaient toutes là avec chacune un mug de véritable tisane et à côté un verre d'Odgens qui semblait ne pas avoir de fond.

Certaines fumaient et Hermione ne se sentit pas mal à l'aise. Pour la première fois, depuis qu'elle était là, elle se sentait entourée et choyée comme étant la benjamine du groupe. Pour la première fois de sa vie, elle pouvait avoir de véritables conversations entre femmes instruites, intelligentes et maîtresses d'elle-même.

Oh oui, cela changeait du tout au tout quand elle avait remarqué que les seules femmes qu'elle avait côtoyées jusqu'à maintenant étaient soit des mères de famille, soit des amies entichées d'un petit ami, soit des voleuses d'homme ou encore des prostituées.

À cet instant, Hermione avait réalisé qu'elle avait besoin de Poudlard et de ses murs, de ce que cette école inculquait et qu'elle était capable d'encore lui donner de quoi réfléchir, de quoi s'indigner et de quoi se battre pour imposer sa place dans une société en plein déclin.


Après quelques heures et passablement imbibée, Hermione reprit le cours de sa soirée et sortit du bureau directorial alors que les autres étaient restés. Non pour ce soir, elle était définitivement trop fatiguée et avait un peu abusé. Le chemin qu'elle devait parcourir n'était pas très long et pourtant, elle marchait comme une grand-mère avec sa baguette devant elle pour s'éclairer. Heureusement que demain elle pourrait dormir et ne pas exposer sa petite gueule de bois aux élèves.

Elle avançait sereinement, sifflant un air classique entre ses dents, quelque chose qui voulait imiter Sur Le Beau Danube Bleu. Elle entendit un craquement près d'une gargouille puis leva les yeux au ciel voyant une ombre humaine se dessiner. Elle comprit.

-" Oh bordel Snape... C'est bon, je sais que vous êtes là... Vous êtes toujours là." Elle pointa sa baguette vers la forme et la lumière ne lui renvoya qu'un emplacement vide. " J'ai picolé à ce point ?" Demanda-t-elle pour elle-même.

Se remettant en route elle évalua la distance entre ce point et ses appartements. Finalement, c'était beaucoup plus loin qu'elle ne se l'était convaincu. Elle marcha seule dans le silence de la nuit avant de finalement croiser le chemin de Snape qui avait l'air de venir des étages supérieurs et qui semblât vouloir regagner ses cachots au plus vite. Il s'arrêta, toisant la jeune femme un instant.

-" Vous ne dormez pas ?" Demanda-t-il.

-" Non... Puis vous non plus." Répondit-elle. Il s'approcha d'elle et comme une parfaite idiote elle lui offrit un sourire à moitié conscient.

-" Laissez-moi deviner... Vous revenez de chez Minerva." Fit-il en examinant son visage et ses yeux dilatés à l'extrême.

-" Comment vous savez ?" Demanda-t-elle un peu surprise.

-" Vous sentez... La tisane."

-" On peut rien vous cacher à vous."

-" Vous êtes saoule Granger ?"

-" Pas suffisamment."

Il leva les yeux au ciel et lui intima d'emboîter le pas.

-" Et vous, d'où venez vous ?" Lui demanda-t-elle reprenant contenance.

-" Cela ne vous concerne pas." Asséna-t-il sèchement.

-" Et ronchon par-dessus le marché." Répondit-elle un peu vexée.

Il tourna son visage vers le sien et elle pu voir à travers sa peau que la mâchoire masculine était serrée si fort qu'elle pouvait voir les veines palpiter sur ses tempes.

-" Désolée pour cette constatation. Vous venez prendre une tisane chez moi ?" Demanda-t-elle. Il haussa un sourcil, prêt à la rabrouer. " Pour me faire pardonner." Finit-elle avant même qu'il n'ouvre la bouche. Elle penchait sa tête sur le côté.

Il grogna et ne dit plus un mot, la suivant jusque dans ses appartements.

Devant la porte tableau, il s'attendait à ce qu'elle murmure son mot de passe, mais à la place, elle le prononça si fort qu'elle aurait pu se corrompre d'elle-même devant tout le château.

-" Jumanji."

De nouveau Snape s'étrangla de surprise. Quel était ce charabbia ? Il la suivit et entra dans ce qui était autrefois des appartements d'accointance pour les nouveaux professeurs qui arrivaient à Poudlard. Aujourd'hui, ils étaient à elle et rien ou presque n'avait changé hormis l'énorme bibliothèque qui ornait tout un pan d'un mur qui était autrefois vierge. Elle se dirigea vers la kitchenette et sortit d'un placard une bouteille de pur malt et deux verres en cristal.

-" Je n'ai pas dit oui." Fit-il.

-" Et pourtant vous êtes là." Elle versa le liquide ambré dans les deux contenus puis retourna près de la porte pour se déchausser et déambuler pieds nus sur le sol en pierre. Elle arracha son long gilet qui descendait jusqu'aux genoux.

Severus l'observa et déglutit.

Les tenues moldues ne laissaient définitivement aucune place à l'imagination. Il se contenta de fixer ses pieds, ses adorables petits pieds.

Il ferma les yeux se mordant les lèvres entre-elles. Depuis des semaines ses pensées étaient plus qu'inappropriées. Il fallait qu'il voie ses amies, qu'il trouve une passe s'il le fallait même au beau milieu de Pré-Au-Lard.

Elle s'assit sur un des tabourets qui entouraient la table et posa ses pieds sur la barre latérale, s'allumant une cigarette d'un paquet qu'elle venait de sortir de son soutien-gorge. Comme d'habitude, elle tendit le paquet à Snape qui se sentit se raidir touchant la chaleur irradiante de cette vulgaire boite en carton. Sans se faire prier, il la lui délesta d'une nouvelle cigarette et la porta instantanément à ses lèvres avant de l'embraser du bout de sa baguette.

Oh oui, fume-moi ça, ça te calmera.

Il imita la position de la Gryffondor et s'assit en face d'elle portant le verre à ses lèvres.

-" Je ne savais pas que vous aviez développé un penchant pour la boisson." Déclara-t-il s'essuyant les lèvres.

Hermione après sa première gorgée le fixa avec un sourcil haussé et reposa son verre en se léchant les lèvres lentement.

-" C'est la pente glissante lorsqu'on travaille dans une auberge et que les clients vous payent des coups en espérant se glisser sous vos draps." Déclara-t-elle sans un accroc dans la voix.

Snape étira ses lèvres vers un sourire mauvais.

-" Et ça fonctionne ?" Demanda-t-il un peu curieux.

-" Plus ou moins." Sourit-elle tristement.

Il s'étouffa de surprise, ne s'attendant pas à ce que la sage fille de Gryffondor ait changé à ce point.

-" Vous êtes toujours certaine de ne pas avoir fait de passes durant votre séjour au Chaudron Baveur ?" Son ton était taquin, mais la question en elle-même était tout à fait inappropriée. Hermione serra les dents et tira une nouvelle bouffée de sa clope.

-" Vous savez, une femme n'a pas besoin qu'on lui promette de l'argent pour s'abaisser à apaiser ses désirs charnels. Est-ce votre vision du genre féminin ?"

Elle était en train de devenir nerveuse, il le savait parce qu'il recevait des coups de pied étouffés contre sa jambe. Il prit une longue inspiration, essayant d'ignorer les pieds nus qui le touchaient inconsciemment.

-" Grands dieux non !" S'offusqua-t-il.

-" C'est bien ce que je pensais." Répondit-elle tout en reprenant une gorgée de whisky.

-" Et à quoi pouvez-vous bien penser si je puis me permettre ?"

-" Correction, je ne pense pas, je sais... Vous savez... Les murs du Chaudron Baveur sont fins comme du papier à cigarette."


Les petites notes de Karine...

« Tous sauf l'irréductible Severus Snape. » Qui résiste encore et toujours à l'envahisseur !

« Parfois, ils se voyaient la nuit lors de leurs rondes respectives et il prenait un malin plaisir à la surprendre alors qu'elle pensait être seule, il se délectait de lui ficher une trouille de tous les diables et le pire c'est qu'au bout de deux mois de bizutage, tout cela marchait encore. » Mdr mais quel petit salaud, on dirait les gosses quand ils s'amusent à frapper une fille qu'ils aiment bien.

" Avec joie." Sans cérémonie, elle sortit en tenue de nuit, à savoir une tenue sportive, un pantalon de yoga, un t-shirt gris et un gros gilet avec des pantoufles charentaises. » So sexy, Hermione !

« Le chemin qu'elle devait parcourir n'était pas très long et pourtant, elle marchait comme une grand-mère avec sa baguette devant elle pour s'éclairer. » MDR non mais imaginez deux minutes la DEGAINE ! Jpp

" Oh bordel Snape... C'est bon je sais que vous êtes là... Vous êtes toujours là." Si seulement…

" Vous sentez... La tisane." MORTE

" Et ronchon par dessus le marché." Répondit-elle un peu vexée. » Cette audaaaaace

« Devant la porte tableau, il s'attendait à ce qu'elle murmure son mot de passe mais à la place, elle le prononça si fort qu'elle aurait pu se corrompre d'elle même devant tout le château.

-" Jumanji. » Je tiens à dire que la première fois que j'ai lu ce passage, j'ai pleuré de rire pendant 20 minutes

« Oh oui, fume moi ça, ça te calmera. » SNAPE JE TE DEMANDE DE ME FUMER A PRESENT

-" Correction, je ne pense pas, je sais... Vous savez... Les murs du Chaudron Baveur sont fins comme du papier à cigarette." » Oooooooh… Beaucoup de métaphore avec la cigarette dans ce chapitre. J'espère bientôt lire un passage parlant de Snape, de longueur, de chaleur et d'addiction. Est-ce que je parle toujours de cigarettes ? Pas sure…