OMG! J'ai vraiment honte du retard pour actualiser cette fic qui se faisait attendre. Je suis impardonnable. Bref, je m'en excuse, j'étais très prise ces derniers temps, la fac m'occupant beaucoup, et l'envie d'écrire dessus n'étant pas forcément présente. Néanmoins, voici le nouveau chapitre, plus court que les précédents, mais qui représente une sorte de transition avec la suite. Et vous comprendrez ainsi pourquoi ça s'intitule For Never. Je vous remercie de m'avoir laissé toutes ces reviews, et même si je ne réponds pas à chacune d'entre elles individuellement, sachez que je suis très contente que mon histoire vous plaise =) bref, j'arrête mon petit blabla, et je vous laisse lire ce chapitre, en vous conseillant néanmoins de garder à proximité une boîte de mouchoirs, ne sait-on jamais.

XXx-In Memoriam-xXx

Chapitre 4:La vérité fait souvent mal.

Le sourire de ma mère eut pour don d'éclipse toute la morosité avec laquelle je m'étais encombrée toute la journée. Je regardai son visage, elle me sourit d'un air tendre. J'oubliai un instant la peur que je venais d'éprouver à l'instant, la tension qui m'avait habitée aujourd'hui, sans interruption. Sans réfléchir, je me penchai pour prendre ma mère dans mes bras. Elle lâcha le volant pour refermer ses bras protecteurs autour de moi. J'étais en train d'humer son odeur, que j'aimais tant, qui était tellement réconfortante. Alors qu'elle caressait doucement mes cheveux. Je m'en voulais d'être aussi faible, de ne pas être digne de Renée, une femme courageuse bien qu'un peu excentrique. Maman était stoïque. Moi, je passais mon temps à me lamenter sur mon sort, à trouver toujours quelque chose à dire, ou à redire. J'étais bien dans ses bras maternels, rien ne pouvait m'y atteindre.

« -On y va? Demandai-je d'une toute petite voix »

J'aurais bien rajouté que je ne me porterais que mieux si j'étais partout ailleurs sauf ici, mais le dire serait une grossière erreur de ma part, j'essayais en vain de ne pas trop me montrer mélodramatique pour la rassurer, lui dire que tout allait bien. Mais ma petite mine parlait à ma place. Ma mère, à regret, porta son attention sur la route, et essaya tant bien que mal de s'extirper de la place de parking. Il fallait dire qu'il y avait à côté certains individus qui ne savaient pas se garer, qui, tantôt prenaient deux places de parking pour éviter qu'on ne raye leur précieuse carrosserie, d'autres encore se garaient de travers tout simplement parce qu'ils ne savaient pas bien viser. Ainsi, j'étais en train de me dévisser la tête pour essayer de voir si quelque chose ne gênait pas la manœuvre de ma mère, quand je vis une Volvo argentée rutilante s'arrêter juste derrière la voiture.

« -C'est pas vrai! S'écria ma mère, ennuyée. Il ne voit pas que j'étais en train de manœuvrer? »

Elle klaxonna pour faire signifier à l'autre de dégager. Je me retournai à nouveau, pour connaître le responsable de cet affront. J'avais une étrange intuition, comme si je connaissais la bagnole. J'étais persuadée de l'avoir déjà vu dans le coin. J'aperçus, entre les deux appuie-tête de la banquette arrière le conducteur. Il le faisait exprès où quoi? Je reconnus en effet la tignasse rousse. Je l'avais vu par trois fois aujourd'hui. La troisième fois, il avait fait battre mon coeur plus que ce n'était raisonnable. Et là, il était clairement en train de jouer avec mes nerfs.

« -Je m'en occupe. Maugréai-je, je connais le conducteur. »

Tout en prenant garde de ne pas ouvrir la portière comme une furie -la carrosserie du voisin, vous comprenez- je m'extirpai de la voiture, et d'un pas furieux je contournai la Volvo, dont le moteur ronronnait impeccablement. Je me rendis côté passager, puis, à tout hasard, je me décidai de toquer au carreau. L'autre ne réagit et nullement, il avait mis un disque de vieux rock et le niveau sonore en était presque indécent. Je tapai un peu plus fort, irritée, ayant la vague impression qu'il se foutait de moi en beauté. Dix minutes plus tard, il consentit à abaisser sa fenêtre, laissant couler un flot assourdissant de mélodies.

« -Plaît-il? S'enquit sa voix mélodieuse, son regard fauve me brûlant les veines comme jamais.

-Je crois que tu es en train de bloquer le passage à ma mère qui essaie de sortir.

-Je ne t'entends pas! S'écria-t-il, la musique est trop forte. »

Je tournai le volume de manière à ce que la musique ne s'entende plus. Il soupira d'un air blasé, une moue narquoise aux lèvres, puis il se pencha pour rallumer la radio. J'allongeai à nouveau le bras pour lui taper sur la main, comme je l'aurais fait à un gosse pour le punir de la bêtise qu'il a faite. Il afficha un sourire gêné. Assorti au mien. Quand je l'ai touché pour la première fois, j'avais senti cette drôle de décharge, comme si il était électrique. Ca m'avait troublée, et apparemment lui aussi, puisqu'il évitait soigneusement de me regarder.

« -Tu peux dégager le passage? Demandai-je, d'une toute petite voix. »

Il leva son regard intense vers moi, m'étudiant attentivement. Toujours avec cette même expression intéressée et frustrée. Nerveuse, je me mis à pianoter sur le rebord de la vitre. Il démarra le contact, à contre-coeur, puis il murmura.

« -Attention, je recule! »

Docile, je m'écartai du chemin. Avec la malchance qui me caractérisait, ça serait dommage que je me retrouve avec le pied écrabouillé sous la roue d'une Volvo. Il se gara un peu plus loin. Je me rapprochai de la fenêtre, intriguée par son comportement. Je me penchai à nouveau. Je percevais son odeur, divine, particulière. Il me regardait avec circonspection.

« -Un-zéro. Murmurai-je, avec un sourire, avant de m'éloigner ».

Je vis la moue narquoise qu'il me dédia alors, une moue teintée d'amertume cependant. J'arquai un sourcil, avant de revenir sur mes pas. J'entrai dans la voiture, sous le regard médusé de ma mère. Je souris faiblement, replaçant une mèche de cheveux bruns derrière mon oreille. Je me surpris à murmurer, l'air affable.

« -Dans une autre vie, j'étais diplomate »

Renée me sourit, et nous roulâmes jusqu'à notre nouveau logis. La joue appuyée contre le carreau, je me surpris à laisser mon imagination vagabonder, au gré des évènements de la journée. A chaque fois, c'est lui que je voyais, son visage marmoréen et son regard incandescent. Des fois, la vision s'assortissait de sa merveilleuse odeur, que je n'arrivais pas à définir. Des frissons parcoururent mon corps, mais ça n'avait rien à voir avec le froid, je le savais. Je fermai les yeux. Je me repassais à l'infini la scène qui était devant les casiers, où le garçon a failli m'embrasser. Je me souviens en avoir eu envie d'une façon si…déraisonnable. Je me sentais idiote, en même temps. J'avais toujours été un repousse-garçons, je ne vois pas pourquoi ça changerait maintenant. J'ai toujours eu l'air pâle, maladif. Si au moins j'étais jolie. Mais là, néant. Maman me disait que j'étais belle. Mouais. Dans mes rêves, alors. C'est comme j'avais toujours le chic pour tomber amoureuse de garçons qui ne me connaissaient pas. J'étais invisible aux yeux de tous. Je ne comprenais pas, si j'étais jolie, pourquoi on m'ignorait? Maman doit dire cela pour me faire plaisir. Attristée, je passai ma main dans mes cheveux bruns, puis je baissai le pare-soleil, où je me regardai dans le miroir. Je fermai les yeux; J'avais pâli depuis la dernière fois. Et maigri, en plus de cela. L'autre fois, en cours, j'ai fait un malaise. J'avais les cheveux secs, cassants. Des cernes pâles se dessinaient sous mes yeux, me donnant un air encore plus maladif que d'ordinaire. Je soupirai, avant de replier le pare-soleil. Ma mère lâcha un instant le volant pour poser sa main sur la mienne et la serrer affectueusement. Les larmes me montèrent aux yeux.

« -Ca a été l'école? Me demanda-t-elle, avec douceur. »

Voilà la dernière question que je voulais qu'elle me pose. Je me mordillai la lèvre inférieure, rejetai en arrière mes cheveux, puis je fixai le tableau de bord, sans rien dire. Si ça ne tenait qu'à moi, si j'avais été une sale gosse, j'aurai piqué ma crise en hurlant Non! Ils sont bêtes et méchants! Je veux partir! mais je n'étais pas une sale gosse, et je m'en fichais, après tout. Angela, la fille qui m'avait consolée tout à l'heure, n'était pas méchante. L'Adonis que j'ai vu plusieurs fois aujourd'hui n'avait pas l'air méchant non plus, quoiqu'il avait l'air un peu effrayant avec son allure cadavérique. Par je ne sais quel miracle, ou quelque autre désolation, j'avais trouvé plus pâle que moi. J'inspirai profondément, avant de murmurer d'un air las.

« Oui Maman. C'était bien »

Renée vit que je n'avais pas l'air convaincue, mais elle ne jugea pas bon d'insister. Elle se mordilla la lèvre inférieure, et tout à coup, mon insouciante de mère eut l'air soucieux. Je me redressai, saisie. Je me tournai vers elle, anxieuse.

« -Les résultats? Tu les as eus? »

Le cœur battant, j'attendais sa réponse, bien que je n'avais pas grand espoir quant-à ce qu'elle allait dire. Je me trémoussai sur place, si j'avais été debout, j'aurais sauté d'un pied à l'autre. Je vis les yeux de ma mère briller étrangement. J'aurai juré l'entendre renifler. Elle hocha la tête, par l'affirmative. A son air bouleversé, je devinais que la nouvelle ne devait pas être bonne.

« -Alors? M'enquis-je, impatiente. Je vais mourir prochainement ou j'ai encore un peu d'espoir? »

Je m'enfonçai dans la banquette. Encore une fois, j'avais parlé sans réfléchir. Mais c'était ce que je voulais savoir. Si ma maladie allait me laisser un peu de répit, ou si j'avais eu le malheur de rechuter. Un spasme me tordit le ventre, alors que je refermai mes bras autour de moi, comme pour me réchauffer. Depuis mes six ans, je souffrais d'une leucémie, et je savais que je n'en avais plus pour longtemps. Maman ne voulait pas se résoudre à cela, elle m'aimait trop, mais chaque jour, je m'éloignais, je le sentais. J'étais encore plus faible aujourd'hui qu'hier. J'étais comme une vieille pile qui finissait par s'user. J'appuyai ma joue contre le carreau, et fermai les yeux. Je savais que je n'aurai rien fait de ma vie. Je n'aurai jamais d'enfants, je ne connaîtrai jamais l'amour. J'allais mourir, bientôt, alors que je n'avais pas encore 19 ans. Ce dont à quoi les petites filles rêvaient, je l'aurai jamais. Ce que je souhaitais non plus. Nous arrivâmes à la maison. Je pris mon sac, mes clés, et je filai sans demander mon reste, ignorant ma mère.

« -Chérie, attends! »

Je montai les escaliers quatre à quatre, avant de me barricader dans ma chambre. J'inspirai profondément, luttant contre mes larmes. Je jetai sans ménagement mon sac sur le lit. J'entendis un bruit de plastique brisé. Sûrement ma règle ou mon équerre qui venait de rendre l'âme. Mais je m'en foutait. Là, maintenant, c'était mon cœur qui se brisait en mille morceaux. Je me laissai tomber à genoux sur le tapis, au sol, la tête entre les mains. Je glissais, jusqu'à ce que je me mette à pleurer sur le sol, la joue contre le tapis. Je fermais les yeux. Epuisée, éprouvée, je sombrai bientôt.

Je fus réveillée par une chanson qui m'était légèrement familière. Je tendis l'oreille, dans le brouillard. Rêvais-je encore? Ou avais-je de nouveau accédé à la réalité? Lentement, je me relevai. Dehors, il faisait noir. J'ai dû dormir sur le plancher pendant un moment. Je fus saisie de vertige lorsque ma main se posa sur la poignée de porte. En respirant profondément, je posai ma tête contre le chambranle, attendant que cela ne passe, la chanson jouant toujours. Sur la pointe des pieds, je me mis dans les escaliers, puis je m'appuyai sur la rambarde. Maman était en train de regarder Anastasia, mon dessin animé préféré. J'ai toujours adoré. Anastasia, qui, à huit ans, perd sa famille, et la mémoire en même temps. Aidée par Dimitri et son compère, Vladimir, elle retourne sur les traces de son passé, déjouant du même coup les ruses de l'infâme Raspoutine qui veut tuer Ania. Anastasia trouvait à la fin l'amour, personnalisé par le beau Dimitri. Il m'a toujours fait rêver, et en dépit des frasques qu'il a pu faire, je me surprenais à vouloir trouver un jour un homme comme lui. Mais cela m'était impossible, et je le savais. Je heurtai du coude le petit meuble sur lequel était posé le téléphone. Je vis le voyant rouge clignoter. Un nouveau message. A tout hasard, j'appuyai sur un bouton. La voix enregistrée était celle d'un homme, mais pas mon père, comme je l'avais espéré. Un collègue de bureau. A moins que ça ne soit son patron. Je soupirai, déçue. Cela faisait des années que j'attendais un appel de mon père, mais rien ne venait. Pourtant, avant de partir, il l'avait promis! Mais il n'en fit jamais rien, réduisant à néant cette promesse qui me brûlait comme des charbons ardents. Je soupirai, une fois de plus. Je me relevai, puis je poussai du pied le battant de la porte. Je m'affalai sur mon lit, mon sac d'école entre les bras. C'était la seule chose que je pouvais câliner. Puis tout à coup, je me mis en colère. Je jetai mon sac contre le mur. La pression sauta, et toutes mes affaires se répandirent par terre, dont l'équerre qui était en morceaux. Je me jetai à plat ventre sur le lit, et, m'enfouissant la tête sous l'oreiller, je fermai les yeux. Jusqu'à ce que je m'endorme définitivement, jusqu'au lendemain. Pour la première fois, je rêvais de lui. Alors que je ne connaissais même pas son prénom.