Je suis de retour

Pour vous jouer un gentil tour

Afin de renforcer le monde de la fanfiction

Afin de rallier tous les lecteurs à ma passion

La team Croquette plus rapide que la lumière

Reviewez ou ce sera la guerre*

Miaou(sssss)

.

Ce break estival aura été plus long que prévu. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, j'ai bien dû finir par dire au-revoir à la Dolce vita italienne et à la Côté d'azur et revenir dans ma contrée lorraine ! Et je dois tout de même avouer que je suis contente de vous retrouver =)

* je rigole, en vrai je suis pacifiste.

MMSSR : J'aime le mystère =) Notre Bucky est encore envahi par ses vieux démons et ses mauvaises habitudes, PAS BIEN !

faolbee : La fin du film Civil War me laisse également largement perplexe, mais cette fanfiction ne se basera pas que sur les événements du film ;)

mimi70 : Il faut surtout que je commence à les écrire ces choses sérieuses Ha-ha !

Hinata des bois : Merci ! Tes conseils "pratiques" sont toujours les bienvenus ;)

Gaby : Bienvenue Gaby ! Merci et navrée pour ta mort sociale temporaire. Ta review me flatte au plus au point, je vais attraper un égo surdimensionné =O Je me permets de te citer : "Quand c'est bon on n'a jamais envie que ça s'arrête !" je vois exactement ce que tu veux dire car c'est justement ce que j'expliquais à mon mec hier soir ! (Et oui, après les vacances, chatonjoli n'a plus aucun filtre, vous voilà prévenu)

BuckStEve : Bienvenue à toi aussi (que de nouveaux lecteurs hihi) Je te nomme psychologue en chef de notre cher Bucky =) (bien que je ne puisse affirmer que tout se passera comme tu le cites, car comme dit plus haut, j'aime le mystère)

BellatrixStilinskiSalvatore : J'ai hâte moi aussi =)

Tyra Misu : Ton pseudo me fait saliver =p Un futur succès, carrément ! (Décidément mon égo va vraiment être surdimensionné). Plus sérieusement, ravie que tu ais aimé les flashbacks et la présence de Natasha =)

Laurananouch : Bienvenue et merci d'avoir lu mes fanfictions =) Je suis toujours contente lorsque des lecteurs lisent à la fois celles de l'univers du Seigneur des Anneaux et celle de l'univers Marvel !

lizzia0901 : Je dois bien avouer qu'Eva et Barnes m'avaient aussi manqué ;)

.

Jadis, faolbee avait remporté une question !

question : Eva va-t-elle rencontrer tous les protagonistes de la Civil war et y participer ou sera-t-elle mise de "côté" un temps ? (un peu comme à la fin de Trouble woman)

réponse : Eva va en effet rencontrer des personnages de la Civil War, elle va en croiser certains à plusieurs occasions mais je ne peux pas révéler leurs identités (d'ailleurs, les paris sont ouverts). Concernant sa participation, je ne peux rien dire sans spoiler la suite !

Cette semaine, la gagnante est... Gaby =)

.

Bonne lecture mes chatons !


Chapitre 3 : Cauchemar éveillé

Du sang.

Partout, il y a du sang. Il s'écoule lentement des corps gisant à même le sol ou contre les murs du couloir. Mes semelles s'enfoncent dans les flaques rougeâtres qui s'étalent sur le béton. La lumière est si éblouissante que mes yeux sont obligés de rester mi-clos pour que je puisse m'orienter. Tout le monde est mort autour de moi. Je baisse les yeux et découvre avec horreur que mes mains sont aussi couvertes de sang. Je tiens un pistolet dans l'une d'elle.

Je m'enfuis à travers le couloir. J'atteins une porte et me jette sur les battants. Ils s'ouvrent à la volée et je manque de tomber. La lumière est encore plus vive ici. Un halo blanc couvre en partie ma vision. Je ne suis plus dans un couloir étroit mais dans une vaste base. Mes yeux parviennent tant bien que mal à s'habituer à la luminosité, et c'est là que je le vois.

Un homme, debout à quelques mètres de moi, les mains dans le dos. Il est vêtu d'un long manteau en cuir, à la façon des dirigeants nazis de l'époque. Sa poitrine est ornée de diverses décorations militaires. Les semelles de ses bottes claquent sévèrement sur le sol alors qu'il s'approche de moi.

- Mademoiselle Pierce, je savais que nos chemins finiraient par se recroiser.

Cette voix... Puissante, froide, avec un accent à couper au couteau, elle résonne dans tout mon corps. J'ai envie de hurler, mais aucun son ne sort de ma gorge. Je reste paralysée. Son visage est soudain à quelques mètres de moi. Sous la lumière blanche des néons, je suis capable de mieux le distinguer. Ses traits sont marqués, sa mâchoire est carrée et son regard est perçant et sombre. Il est impossible de lui donner un âge précis. Physiquement, il semble avoir la quarantaine, mais son regard est celui d'un homme ayant vécu plus d'une vie.

Vermis.

Le sol se met soudain à trembler. Une sirène hurlante se met en marche. Je m'accroche au mur le plus proche pour ne pas tomber. Un bruit sourd se propage dans l'immense entrepôt. Une bombe explose. La déflagration fait vibrer les murs de béton pendant plusieurs secondes, propageant l'onde de l'explosion jusque dans mon corps. Et puis les tremblements cessent et le bruit sourd également. Mais la sirène continue de hurler.

Une pression s'abat soudainement sur mes épaules. Je hurle.

- Eva ! Eva c'est moi.

J'ouvre péniblement les yeux, suffocante. Je mets quelques secondes à reconnaître le visage de James penché au-dessus du mien. Ses mains caressent doucement mes épaules moites. Je suis dans la cabine du bateau. La sirène retentit bruyamment sur le pont.

- Encore ce cauchemar ?

Comme presque chaque nuit, je me réveille en nage, des visions d'horreur encore imprégnées sur les rétines. J'acquiesce, l'esprit encore embrumé, avant d'attraper la bouteille d'eau posée sur la table de nuit.

- Nous arrivons au port, m'indique James tandis que je bois à grandes gorgées.

Mes yeux balayent la pièce. Les valises sont déjà bouclées et la cabine a été nettoyée de fond en combles.

- Tu as déjà pris le temps de tout nettoyer ?

- Je n'ai pas bien dormi non plus, il fallait que je m'occupe, me répond James.

Ses nuits sont aussi hantées par les cauchemars. Les souvenirs morbides lui reviennent par vagues et il se réveille souvent, confus et horrifié. Il ne me dit jamais rien à leurs sujets.

- Nous ne devons laisser aucune empreinte, poursuit-il. Rien qui pourrait permettre de nous retrouver.


Gênes surplombe la mer. Des collines verdoyantes entourent la baie, et la ville colorée s'y développe, repliée sur elle-même, rassurante et protectrice. On dirait presque le ventre d'une mère protégeant son enfant, me dis-je en baissant les yeux vers mon propre ventre arrondi. Le vent marin fait flotter mes cheveux autour de mon visage. Appuyée contre le bastingage, mes yeux se perdent vers les palais somptueux qui émergent d'entre les immeubles des années soixante et les les toits des quartiers historiques.

Le Némésis pénètre dans l'immense port où sont déjà amarrés des centaines d'autres bateaux. Les manœuvres d'amarrage durent une vingtaine de minutes avant que les passerelles de déchargement soient installées. Le brouhaha d'une foule couvre le bruit du bateau. Mes yeux quittent les hauteur de la ville et je constate alors que des milliers de personnes sont réunis dans les rues de ville le long de la mer. Des banderoles et des pancartes dépassent de la foule qui hurle des slogans en italiens. J'échange avec James un regard étonné.

- Encore des manifestations, soupire une voix derrière nous.

C'est le jeune lieutenant qui nous avait aidé à embarquer.

- Depuis l'accident de Lagos ça n'arrête pas, poursuit-il. Il y en avait déjà il y a deux semaines lors de notre dernière escale.

Le marin nous invite à le suivre vers la passerelle principale par laquelle descendent déjà quelques membres de l'équipage. Nous saluons et remercions le capitaine avant d'entamer la descente. Les cris de la foule se font de plus en plus forts. Des dizaines de policiers armés tentent de contenir les manifestants.

- Giustizia per Antonio e Maria ! Crient certains en brandissant des portraits en noir et blanc d'un homme et d'une femme surement décédés à Lagos.

- Vergognatevi, Avengers ! Hurlent d'autres en agitant des pancartes sur lesquels des photos des super-héros sont barrées furieusement.

- La chasse aux sorcières ne va pas tarder, nous dit le lieutenant par-dessus son épaule. Croyez-moi, ils vont bientôt sortir les torches et les fourches.

La ratification des Accords calmera sans doute les esprits, me dis-je alors que mes pieds touchent enfin la terre ferme. La chaleur moite de la ville m'enveloppe aussitôt. Le lieutenant nous indique un portail gardé par les douaniers à une dizaine de mètres. De l'autre côté de la grille, la foule fait rage.

James tient son sac de voyage d'une main et saisit la mienne de l'autre. Je regarde nerveusement son sac, espérant que les armes soient bien cachées. Alors que nous approchons du portail, des projectiles volent vers le poste de douanes et se fracassent conter les vitres. Des casseurs se sont invités à la manifestation. Les gardes s'empressent de quitter le poste et se ruent vers les fauteurs de trouble, matraques à la main. James m'entraine vers le portail et nous quittons le port industriel sans passer de contrôle. J'ai à peine le temps de soupirer de soulagement qu'un brusque mouvement de foule se presse autour de moi.

Des cris affolés s'élèvent alors que les gens semblent s'éloigner en courant du centre de la manifestation. Poussée dans tous les sens, je tente de garder ma main dans celle de James. Mais il y a trop de manifestants et bientôt seul le bout de nos doigts parviennent encore à sa toucher. Nos regards se croisent et je suis soudain entrainée par le mouvement de foule.

La panique me gagne. J'aperçois des flammes s'élever au centre de la rue. Une poupée à l'effigie de Wanda Maximoff est en train de bruler. Quelques malins ont décidé d'allumer un feu de joie, provoquant la panique parmi la foule. Je peux à peine respirer au milieu du monde et de la chaleur. Mon corps est malmené, je reçois des coups dans la bousculade et protège du mieux que je peux mon ventre. James est introuvable. Je tente de me frayer un chemin à travers la foule suffocante. Des sirènes résonnent au-dessus des cris. Ma vision se trouble, mais je continue de marcher.

Alors que je suis à deux doigts de m'évanouir, je parviens enfin de l'autre côté de la rue. Plusieurs manifestants s'engagent dans des ruelles étroites et je les suis sans même me retourner. J'avance jusqu'à ce que la foule s'amenuise et finit par m'assoir sur les marches fraiches d'un escalier qui s'éloigne vers les hauteurs de Gênes. Ma respiration haletante se transforme en pleurs silencieux alors que ma panique disparait peu à peu. Je ne sais pas combien de temps je reste assise ici, à l'ombre des bâtiments anciens. Les cris des manifestants semblent se calmer, de même que les sirènes de la police et des pompiers.

Un bruissement finit par me sortir de ma torpeur. Mes yeux quittent le sol pavé et sont soudain absorbés par son regard azur. James est agenouillé devant moi, l'air soucieux. Sa main chasse délicatement les dernières larmes de mes joues.

- Tu vas bien ? Me demande-t-il doucement.

- On ne se sépare plus, le préviens-je simplement en me levant.

James acquiesce et nous nous éloignons du port. Le seul avantage de cette manifestation est que la plupart des rues de Gênes sont désertes. Nous ne tardons pas à repérer une voiture convenant à nos critères, James étant très regardant sur l'aspect discret du modèle, et moi me contentant de vérifier si il y a la climatisation. James force en quelques secondes la portière d'un break gris. Il s'installe derrière le volant avant de dévérouiller la voiture. Je dépose nos affaires sur la banquette arrière et grimpe à l'avant. Alors que la voiture démarre, je m'affaire à programmer le GPS. Si tout se déroule comme prévu, nous arriverons à Bucarest demain.


Les paysages verdoyants défilent sous mes yeux depuis des heures mais je ne m'en lasse pas. Au Nord, les Alpes Italiennes se déploient derrière les vignobles, les prairies et les forêts. Nous n'avons pas pris l'autoroute, la voiture volée se serait trop rapidement fait remarquer, et nous longeons donc les montagnes par une petite route de vallée, traversant des villages plus pittoresques les uns que les autres.

Mes jambes sont relevées sur la tableau de bord, mon visage est baigné de rayons de soleil... Si les Accords ne pesaient pas sur nos épaules comme une épée de Damoclès, je pourrais presque me croire en vacances. Je jette un regard en coin à James, toujours concentré sur la route.

- Qu'est-ce qui te fait sourire ? Lance-t-il.

- On pourrait se croire en lune de miel.

- Pour ça il faudrait qu'on soit marié, me répond-il d'un air entendu.

- Tu es tellement vieux jeu ! A ton époque le mariage était peut-être incontournable, mais aujourd'hui les choses ont changé. Inutile de se marier pour s'aimer librement.

James sourit et attrape ma main dans sa paume chaude. Mais ses lèvres se figent en plein mouvement et ses yeux se voilent. Je reporte mon attention vers la route, cherchant la raison de son trouble. Je ne vois rien d'autre qu'un village dans lequel nous nous apprêtons à pénétrer. Un panneau indique qu'il s'agit d'Azzanno.

- Je suis déjà venu ici, murmure James en observant la succession de maisons en pierres blanches.

Étonnée par sa révélation, je reste silencieuse alors qu'il poursuit :

- En 1943, les nazis ont mené plusieurs offensives en Italie. Des régiments alliés ont été envoyés sur place pour les repousser. J'étais à Azzanno avec le 107ème. Ça a été un vrai massacre...

Ses mains se resserrent nerveusement autour du volant alors que je reste suspendue à ses lèvres.

- Les Allemands nous avaient tendu un piège. Le village était déjà perdu lorsque nous sommes arrivés. Plus de deux-cents soldats ont été tués et les quelques restants dont je faisais parti ont été fait prisonniers.

- Où t-ont-ils emmenés ?

- Un peu plus loin, répond James en désignant la route devant nous qui s'éloigne vers les montagnes.

Nous roulons près d'une demie-heure, empruntant des virages en lacets qui me donnent la nausée. Les impressionnants pics rocheux se rapprochent et envoient d'immenses ombres sur la vallée. Après un nouveau virage, la voiture ralentit. La pente devient moins forte et nous arrivons sur un immense plateau abrité entre les montagnes. La route longe la falaise d'un côté et un terrain grillagé et envahi de végétations de l'autre. James se gare sur le bas-côté, à l'abri d'un bosquet le long de la clôture. Des panneaux rouillés indiquent que l'accès est interdit.

- Des gens sont venus ici.

La voix de James me fait presque sursauter. D'un geste, il désigne des sillons creusés dans les graviers un peu plus loin. Il y avait plusieurs véhicules, à en juger par le nombre de traces. Celles-ci se dirigent vers un portail que je n'avais pas encore remarqué.

James ouvre doucement sa portière et longe le grillage jusqu'à avoir une bonne visibilité. Je le rejoins sans faire un bruit et scrute le terrain. Je m'aperçois alors que sous les arbustes et les herbes sauvages se trouvent d'énormes morceaux de pierres. Les ruines d'une ancienne base militaire !

- Tu penses qu'ils sont encore là ? Je murmure en montrant les traces.

- Il n'y a qu'un moyen de le savoir, dit-il en retournant à la voiture.

Il ouvre la portière arrière et fouille dans son sac. Il en sort son fusil d'assaut, s'assure que le chargeur est plein, et le met dans son dos. J'ai un mouvement de recul en voyant l'arme. Ses mains replongent dans le sac et en ressortent avec mon pistolet, un Colt léger et simple d'utilisation, et des jumelles qu'il s'empresse de me donner.

- Reste près de la voiture. Si tu vois quelque chose de suspect, tu prends le volant et tu retournes à Azzanno.

Il dépose un baiser rapide sur mes lèvres, et avant que je ne puisse même répliquer, James prends de l'élan et saute sur la clôture. Avec la force de son bras cybernétique, il n'a aucun mal à l'escalader et à passer de l'autre côté. Il atterrit presque sans bruit dans le terrain militaire et s'éloigne à couvert des bosquets.

Je suis furieuse. Je coince mon pistolet dans l'élastique de mon pantalon et brandit les jumelles devant mes yeux. Tout ce que je vois, ce ne sont que des feuilles et des ruines. Il me faut un meilleur angle de vue, me dis-je en observant les alentours. N'ayant rien trouver de mieux, je m'approche de la voiture et grimpe difficilement sur le capot. Une fois mon équilibre trouvé, je lâche le pare-brise et observe à nouveau l'ancien terrain militaire à travers les jumelles.

D'ici, la vue est plus dégagée. Je vois au sol les traces de plusieurs bâtiments parfaitement alignés et je tente de m'imaginer les lieux à l'époque de la Seconde Guerre mondiale. Au-delà des premières casernes en ruines, certaines entrepôts sont encore visibles au fond du terrain, là où les montagnes se resserrent. Leurs toitures ont été détruites, mais la plupart des murs ont résisté, surement protégés par les hauts pics rocheux qui les entourent.

Un rapide mouvement près du premier entrepôt attire soudain mon attention. Je fais la mise au point des jumelles et aperçois alors une silhouette longer le mur couvert de lierres du bâtiment désaffecté. C'est James. Mon rythme cardiaque s'accélère. Je l'observe se pencher à travers l'encadrement d'une ancienne fenêtre, muni de son fusil. Après avoir vérifier que la voie est libre, il saute à l'intérieur de l'entrepôt et disparaît de mon champ de vision.

Je m'apprête à diriger les jumelles vers les fenêtres suivantes pour tenter d'apercevoir James, lorsqu'un autre mouvement attire mon attention. Je cesse de respirer en apercevant deux autres silhouettes longer à leur tour l'entrepôt. L'une d'elle tient ce qui semble être une arme. Je n'ai pas le temps de plus les détailler car elles disparaissent à l'intérieur de l'entrepôt.

J'ôte les jumelles de mes yeux et réfléchis à tout vitesse. Les recommandations de James tournent en boucle dans ma tête. Je regarde la voiture avec hésitation. Je ne peux pas retourner à Azzanno et le laisser ici. Je ne doute pas qu'il viendrait rapidement à bout de deux ennemis, mais au vu des nombreuses traces de pneus laissées dans le gravier, je doute qu'ils ne soient que deux.

- Et puis merde... dis-je entre mes dents avant de descendre du capot.

Animée par ma soudain montée d'adrénaline, je balance les jumelles et entreprend de longer la clôture. Impossible pour moi de l'escalader. Alors que je me rapproche du portail, je découvre une ouverture dans le grillage épais, assez large pour laisser passer un homme. Je me faufile à travers la clôture, les fils de fer griffant au passage ma peau laissée à découvert. Une fois dans la base abandonnée, je dégaine mon pistolet et ôte la sécurité. Tous mes sens sont en alerte. Je m'attends à voir surgir des étrangers à chaque instant. Je progresse rapidement vers le premier entrepôt, prenant soin de rester à l'abri des arbustes.

Je dépasse les ruines des casernes et me retrouve bientôt en face du bâtiment. Une esplanade de terre battue d'une vingtaine de mètres me sépare de l'entrepôt. Tapie derrière un mur en ruines, j'observe les lieux. Je n'ai pas le choix, je vais devoir traverser à découvert. Je commence un décompte mental.

Trois...

deux...

Un !

Je sors de ma cachette et m'élance sur l'esplanade. La poussière se soulève à chacune de mes enjambées. Alors que je parviens enfin au bâtiment, complètement essoufflée, un coup de feu retentit. Je sursaute et me plaque aussitôt contre le mur couvert de lierres. Des cris résonnent depuis l'intérieur. Sans réfléchir, je me rue vers la première ouverture et pénètre dans l'entrepôt.

- Pietà ! Hurle un homme.

- Siamo innocenti ! Crie une voie féminine.

- Fermez-la, les coupe une voix froide que je reconnais aussitôt.

James a été ferme et les autres voix cessent aussitôt. Il peut être effrayant lorsqu'il le veut, j'en ai fait l'expérience...Des débris des charpente métallique m'empêchent de voir la scène. Je braque mon pistolet vers la provenance des voix, et contourne lentement les obstacles. Je m'attendais à tomber sur des militaires armés, mais je découvre simplement un homme et une femme d'une vingtaine d'années, portant des vêtement sales et trop grands pour leurs corps amaigris. James se tient face à eux et braque son fusil vers la tête de l'homme.

Ma semelle crispe soudain sur un éclat de verre et tous se tournent vers moi. Je me retrouve dans la ligne de mire du canon du fusil d'assaut. Les yeux de James s'écarquillent lorsqu'il me reconnaît et il abaisse son arme avant de la braquer à nouveau sur les deux étrangers. Je m'approche en les détaillant. Je réalise ma méprise en découvrant que l'homme tient dans sa main une canette de bière entamée que j'avais pris de loin pour une arme. Leurs peaux diaphanes laissent apparaître leurs veines violacées et leurs cernes. Malgré les rayons de soleil qui pénètrent entre les murs de l'entrepôt, leurs pupilles restent dilatées.

- Ils ne nous feront pas de mal James, dis-je alors que j'arrive à leur niveau. Ce sont juste des junkies. Vous parlez anglais ?

- Un peu, dit la femme qui paraît soulagée de voir en moi une présence non menaçante. Militari ? Demande-t-elle en nous désignant James et moi.

- Non. Des militaires sont venus ici ?

- Si, acquiesce-t-elle. Il y a...

Sa voix s'éteint et ses yeux partent dans le vague. Sa main osseuse frotte son front alors qu'elle tente de réfléchir.

- Deux jours... lance-t-elle hésitante.

- Tre giorni ! Réplique l'homme.

- Ils sont venus il y a trois jours, soupire Barnes qui commence à être agacé par cet interrogatoire. Et qu'est-ce qu'ils ont fait ?

- Les militaires ont surveillé et les hommes en jaune ont cherché, répond la femme en désignant d'un vaste geste la base militaire.

- Des hommes en jaune ? Cherché quoi ?

Elle se contente de hausser les épaules. Ils ne savent rien de plus. James relâche enfin son fusil.

- Vous devriez partir d'ici, lance-t-il froidement aux deux junkies.

L'homme n'attend pas son reste et ramasse ses affaires à la hâte. La femme, elle fixe mon ventre et sourit, les yeux dans le vague.

- On a deux enfants, à Milan...

Elle tend sa main fébrile, prête à toucher mon ventre mais l'homme l'attire vers lui et l'entraine hors de l'entrepôt, lui parlant en italien. Je me retrouve seule avec James.

- Tu devais rester près de la voiture.

- Et je t'ai dit qu'on ne se séparait plus. Qui sont ces hommes en jaune à ton avis ? Dis-je pour changer de sujet.

- Peut-être des agents d'HYDRA.

Nous traversons l'entrepôt désert et retournons à l'extérieur. Nous suivons les sillons laissés par les pneus jusqu'à arriver à l'extrémité de la base. Nous dépassons les derniers bâtiments en ruine et arrivons face à des gros bosquets. Les traces des véhicules s'entremêlent à cet endroit, comme s'ils avaient stationnés ici un moment.

- Cette base est abandonnée depuis la fin de la guerre, si des gens sont venus ici, ils n'ont rien dû trouver à part ces ruines, dis-je à James qui marche toujours devant moi.

- Sauf si ils savaient où chercher, me répond-il alors en poursuivant sa route sans plus d'explication.

Il m'entraine vers les bosquets, en écarte les branches pour me permettre de passer, et j'aperçois alors un sentier qui s'enfonce dans le creux des montagnes. Plusieurs empreintes de pas sont visibles dans les graviers poussiéreux. La vallée se resserre et nous progressons bientôt sur un chemin étroit entre les falaises. Nous marchons près d'un quart d'heure lorsque soudain, James s'arrête. Je lance un regard par-dessus son épaule et aperçois l'entrée d'une galerie creusée dans la roche et plongée dans la pénombre.

- Ils nous ont emmenés ici, et les expériences ont commencé... murmure James avant de s'avancer prudemment.

- Nous ont emmenés ? Vous étiez plusieurs ?

- Les autres n'ont pas survécu.

Mes doigts glissent sur la crosse du pistolet, comme pour me rassurer. Lorsque je pénètre dans la galerie, la fraicheur soudaine fait naitre des frissons sur ma peau. A mesure que nous progressons, une odeur âcre d'humidité se renforce. Nous n'y voyons pas grand chose. Je jette de temps à autre un coup d'œil à la sortie en arrière. A présent, je n'aperçois plus qu'un point lumineux.

La galerie s'élargit soudain et l'odeur d'humidité est remplacée par celle d'essence. James s'éloigne et je tente de le retenir mais je ne parviens pas à le voir dans l'obscurité. Je l'entends saisir quelque chose avant qu'un bruit détonnant de moteur trouble le silence. Derrière moi, l'ampoule d'une lampe vacille quelques secondes avant de finalement s'éclairer.

James est à quelques mètres, s'affairant sur un groupe électrogène. L'espace est plus grand que ce que je pensais. Il n'y a rien, hormis une vieille porte d'ascenseur. Je lance un regard peu rassuré à James, lui faisant comprendre que jamais je n'irai là-dedans. Il se contente de hausser les épaules et d'appuyer sur le bouton. Un bruit sourd résonne alors depuis le sous-sol. Après un moment, les portes s'ouvrent en grinçant et James me précède. Je lance un ultime regard à la sortie de la galerie et le rejoins en soupirant.

Alors que l'ascenseur s'enfonce dans les tréfonds de la montagne, James sort son fusil.

- Restes derrière moi, m'indique-t-il. L'endroit à l'air désert, mais si il y a quelqu'un, tu tires.

J'acquiesce, me remémorant les cours de tirs et de défense que James m'a donné ces derniers mois. Je caresse mon ventre doucement. Les portes de l'ascenseur s'ouvrent, révélant un couloir en béton sentant le renfermé et éclairé par une rangée de lampes au plafond. Une porte métallique avec un hublot se trouve à l'autre bout.

James s'avance et je le suis de près, arme à la main. La porte est fermée par un code que James s'empresse de trouver. A travers la vitre sale, j'aperçois une immense salle dans laquelle se trouvent encore des tables d'opérations et des lits.

Nous n'aurions jamais dû venir ici.

J'ai soudain l'impression de vivre éveillée mon cauchemar. D'être revenue dans la base de Vermis. Les images de mon rêve se superposent à la réalité. Je vois le sol se recouvrir de flaques de sang, j'entends l'alarme incessante...

Un léger bip me ramène à la réalité. La porte s'ouvre et nous avançons en silence dans la salle. Sur les lits, il y a encore les chaines et les harnais auxquels les cobayes étaient attachés. James frissonne de dégoût. Je ne peux imaginer les moments douloureux qu'il a enduré ici, les expériences, les hurlements. Les armoires sont grandes ouvertes et vides. Des débris de verre, des livres déchirés, des fragments d'ordinateurs obsolètes jonchent le sol.

- Les lieux ont été vidés, indique James en scannant la pièce du regard. Ils ont tout emporté.

- Qu'ont-ils emportés ?

- Des formules scientifiques, des codes... Pour créer et contrôler des super-soldats.

- Mais il n'y a que ton sang et celui de S... de Rogers qui contiennent du sérum, et vous êtes libres. Sans le sérum, c'est impossible.

- Alors espérons qu'ils n'en ont pas.

Fin du chapitre.


Navrée si il reste quelques fautes récalcitrantes, mais je n'ai malheureusement guère le temps d'à la fois faire de la poésie et de me relire avec attention.

A la semaine prochaine =)