Une suite rien que pour vous avec à l'honneur Loki cette fois. Merci à tous ceux qui nous lisent !
LOKI
Loki trouvait les êtres humains stupides et incompréhensibles, uniquement dignes de son mépris le plus total. Il leur faisait un honneur en descendant sur leur misérable planète pour les gouverner. Ils ne comprenaient pas la chance qu'ils avaient.
Loki méprisait les humains. Mais là, dans cet appartement en haut de la Tour Stark, au milieu de la nuit, seul avec un Tony Stark plus qu'à moitié nu – sérieusement, c'était quoi ces machins bleus ridicules sur son sous-vêtement ridicule ? Stark n'avait-il jamais entendu parler du bon goût et du sens de la dignité ? – il commençait à trouver Tony Stark fascinant. Si, si, fascinant. Les humains observaient les fourmis s'agiter en tous sens après avoir dérangé leur fourmilière, les Lokis observaient un Tony Stark se dépêtrer avec un dieu du mal apparu en catimini, au pied de son lit, durant son sommeil.
« Jarvis, attaque ! » Ah ouais, quand même. Loki daigna lancer un bref regard circulaire autour de lui, de la même façon que, entendant un aboiement ridiculement aigu, il aurait pu chercher un invisible et minuscule yorkshire bondissant autour de lui. Vous disiez ? Quiquequoidontoù est censé l'attaquer ? En sortant d'où ? Il était censé mimer l'effroi ?
Peut-être que les Avengers allaient lui en vouloir d'avoir rendu Tony complètement fou ? C'était pour cela que Loki trouvait Tony fascinant : il portait l'incompréhensibilité et la stupidité inhérentes à l'espèce humaine à leurs paroxysmes. Sa réaction était purement irrationnelle, mais restait divertissante. Loki était un dieu à la recherche de divertissements. Et Tony lui fournissait le pain et les jeux, sans restriction. Parce que l'esprit de Tony avait quand même évoqué sa mère puis, dans la même minute, une jeune femme assez séduisante qui semblait faire du yoga, de la méditation, ou quelque chose dans le genre.
Loki ne s'attarda pas à lire plus en avant l'esprit de Tony, de un parce qu'il n'avait pas envie de s'y faire remarquer – quoique, rien ne devait plus étonner l'humain, puisqu'il prenait bien la visite dans sa chambre. Chambre, esprit...Quelque part dans les neuf royaumes, le degré d'intimité des deux espaces devait être le même.
Mais Loki fuit l'esprit de Tony aussi parce qu'il en avait un peu peur. Cet humain était complètement dérangé. Encore plus que les autres, je veux dire. Et sincèrement, il aurait bien refilé à Tony une ordonnance pour quelques années de yoga et de méditation intensive – oui, Loki avait un jour fait de la méditation. Concentration pour lancer les sorts, tout ça tout ça. - car Tony avait vraiment besoin de... devenir zen. Se calmer, respirer un bon coup, arrêter la drogue. L'Avenger prenait peut-être un peu trop bien, le fait que Loki, individu qui avait essayé de conquérir la terre et l'avait jeté par la fenêtre il y seulement quelques mois, se trouve dans sa chambre en pleine nuit.
En fait, si l'Asgardien ne se méprenait pas sur les expressions humaines, il avait presque l'air content de le voir, d'être là. Amusé. Souriant. Aucun problème. Ce n'était pas normal, ça Loki en était sûr. Iron Man était totalement maboul. « Ta mère ne t'a jamais appris à toquer avant d'entrer ? Non, je t'assure, ça se fait ! » Assez maboul pour faire des reproches sur sa manière d'entrer à l'individu qui s'était introduit chez lui au beau milieu de la nuit, sans y être le moins du monde invité, ou bienvenu.
Loki aurait pu facilement répliquer quelque chose comme : j'ai été abandonné à la naissance, j'ai pas de maman ou ta mère à toi ne t'as pas appris à t'habiller devant des inconnus, mais non. « Odin n'est pas mon père »et « Thor n'est pas mon frère », étaient des jeux pour enfants de 6 à 11 mois sourds et aveugles... Maman... Maman Frigga, c'était pas pareil. Pas touche à Maman Frigga, non mais ho. Le dieu de la fourberie réfléchit quelques instants, avant de répliquer tranquillement :
« Techniquement, non, elle m'a jamais appris ça. ...Et de toute manière, je ne suis pas sûr que Mr Iron Man soit le mieux placé pour me donner des leçons de savoir-vivre. Si j'avais toqué, tu m'aurais fermé la porte au nez, ce qui n'est pas franchement plus poli... »
Asgard n'était pas hyper dingue des portes d'une manière générale, ils préféraient les grands couloirs pleins de draperies/statues/courants d'air, idéaux pour écouter les affaires des autres. Lesquelles portes qu'Asgard comptaient, étaient énormes, dorées, lourdes, royales, rien en commun avec celles de cette Tour. Et puis, non, maman lui avait appris à se faire annoncer et à attendre que trois ou quatre gardes poussent devant lui les portes trop lourdes pour un seul homme.
« C'est gentil d'avoir fait le déplacement seulement pour me chanter une berceuse. Trop généreux de ta part. Tu as eu raison, en outre, de me tirer de mon sommeil du juste. Pour rien au monde je ne t'aurais raté rentrer par effraction à mon domicile. » Stark était-il en train d'insinuer qu'il était sa nourrice ? Sa petite maman chérie peut-être, qui venait lui chanter une berceuse ou lui raconter une jolie petite histoire où les gentils gagnent toujours ?
Pire, était-il sincèrement en train d'insinuer qu'il dormait du sommeil du juste ? Botter les fesses de un ou deux méchants suffisait donc à racheter la mauvaise conscience d'un trafiquant d'armes ? Ou alors Tony n'avait pas de conscience. Beaucoup plus crédible. Loki s'autorisa un sourire moqueur :
« Pourquoi, tu veux que je te borde, Stark ? Tu veux un petit câlin de bonne nuit peut-être ? »
Il haussa les épaules et lui jeta un regard de reproche, comme piqué dans son honneur qu'Iron man ait pu sous-entendre qu'il ne soit qu'un vulgaire voyou cambrioleur qui s'amuserait à entrer par effraction, en brisant les vitres et rentrant par les fenêtres. Pas son style. Beaucoup trop vulgaire pour Loki Laufey-Odin-son. Il ne pourrait jamais s'abaisser à de telles pratiques.
« Je ne suis pas entré par effraction. Tout est intact. »
Loki suivait son hôte en caleçon, l'observant avec curiosité. Le beau gosse philanthrope avait une sale tête réveillé en sursaut – ce qui n'était pas le cas de Loki, ah la magie (et surtout l'orgueil), vous n'imaginez pas tout ce qu'elle peut faire pour vous - .
Il se frottait les yeux, comme Thor lorsqu'il était enfant et que Loki venait le réveiller au milieu de la nuit pour aller casser quelque chose dans le palais. Sauf que Thor faisait cette bouille à 8 ans, et que Stark était censé être plus vieux. En théorie, parce qu'an niveau des actes, il n'atteignait pas les huit années. L'Asgardien nota dans un coin de sa tête que l'humain semblait un peu masochiste, à se pincer la peau tout seul sans arrêt. Pourquoi se faire ça volontairement ? Et pourtant, cela poussa Stark à lui adresser un grand sourire et lui proposer à boire.
Quand on vous disait que les humains étaient faits pour souffrir et être dominés, la preuve. Loki le regarda sans rien dire leur verser deux whiskys et prit le sien avec un sourire . Tout se passait beaucoup mieux que selon ses prévisions – okay, il n'en avait fait aucune, étant venu là sur un coup de tête, mais s'il avait dû en avoir une ou deux, il aurait plutôt parier pour un Iron Man glapissant d'effroi, un ou deux coups de poings bien placés et totalement inutiles, une chouinerie pour appeler ses petits camarades... Non franchement, il préférait de loin cette version.
Et on ne disait jamais non à un whisky. Surtout pas à un bon whisky. Surtout servi par Tony Stark, qui avait les moyens de ne pas lui servir de la camelote. En fait, Loki envisageait de s'installer jusqu'à avoir pillé la cave à whisky de Stark.
« Jarvis, envoie la musique ! Ah et je ne tolère aucune protestation. » Oui oui, Loki avait soupiré et levé les yeux au plafond en entendant parler de la musique. Nooooon, pas ça. Scregueueuenen. Encore de la musique ? C'était une manie humaine de créer obligatoirement un fond sonore désagréable ? Ils essayaient de faire quoi ? L'empêcher de dominer leur monde en mettant de la musique ignoble un peu partout ? « Rentre pas ici, Loki, on a de la musique » ? «Ce monde n'est pas pour toi, leurs habitants ont des goûts de chiotte » ? Cela lui donnait plutôt envie de conquérir Midgard et d'envoyer par le fond tout appareil susceptible de produire du son. Et de pendre haut et court les musiciens, pour faire bonne mesure. Rien ne vaut un bon avertissement pour calmer les petits malins.
Loki s'installa dans le canapé le plus proche, sincèrement étonné par la musique que diffusait les hauts parleurs (bien moins détestable que celle qu'avait mis l'humain agaçant dans un bar, ou que celle qu'il avait déjà entendu filtrer par des fenêtres ouvertes – engendrant des envies de génocide féroce au dieu -) et par la douceur du coussin sous ses fesses. Ce canapé était vraiment confortable. Les canapés d'Asgard étaient trop en or pour mériter le même adjectif. Les guerriers ne se reposent pas, les guerriers ne s'assoient pas langoureusement dans un canapé un verre à la main. Et c'était vraiment dommage.
« On trinque ? » Mais oui bien, sûr. Loki eut un petit rire tout à fait moqueur et narquois, mais tendit néanmoins son verre. Trinquer, il savait. Boire et faire la fête étaient deux des trois occupations principales des Asgardiens (la première étant : découper les habitants des univers voisins et lointains en morceaux et ramener quelques trophées et têtes coupées au palais pour se vanter de leur virilité et force, pour ensuite pratiquer la quatrième activité favorite des Asgardiens, aka. la copulation.)
Souvent, trinquer à Asgard incluait le bris du récipient et le renversement du liquide sur soi, du fait du trop grand enthousiasme du barbare en chef – Thor, pour ceux qui ne suivent pas – aussi Loki avait pris l'habitude d'éviter. Mais avec Tony, pas de problème. Il eut une moue amusée :
« Aux vengeurs et à leur réussite éclatante ? Si si, ne fais pas le modeste, vous étiez grandioses. Moins que moi mais... A ma future revanche ? »
Le sourire de Loki s'étira un peu plus. « A cette belle nuit étoilée ? A ton caleçon... fièrement décoré ? A nos retrouvailles émouvantes au saut du lit ? Tu ne t'es pas trop ennuyé sans moi, Stark ? »
Parfaitement à l'aise avec la situation irrationnelle dans laquelle il était plongé jusqu'au cou, Loki ôta son célèbre casque cornu pour le déposer nonchalamment sur le sol près du canapé. Il se laissa ensuite aller plus confortablement dans le canapé, toisant Tony d'un regard amusé en sirotant son verre. Oh oui, il allait bien s'amuser.
