Disclaimer: Rien n'est à moi!

Note: Oulala! Un autre chapitre, juste après le dernier? Incroyable. en fait, je bloquais sur celui là depuis un moment, et après avoir mis le chapitre 3 en ligne, l'inspiration m'est venue et j'ai écrit les deux dernières pages en une demi heure (je suis très fière de moi)

Bonne lecture!


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Son visage avait pâli ces derniers jours et elle restait calmement allongée sur le dos parce qu'elle n'avait plus l'énergie de se maintenir sur le coté comme à son habitude. Cet hiver avait été particulièrement dur pour elle. Byakuya se pencha un peu plus sur elle et remonta la couverture qui ne cessait de glisser sur le yukata de soie qu'elle portait. Le temps à l'extérieur était si clément – précurseur sans doute du printemps qui serait célébré dans quelques jours – qu'il avait fait ouvrir la baie de la chambre quand il était venu la rejoindre près de son lit. Cinq jours complets qu'elle n'avait pu quitter son lit. Byakuya n'était pas vraiment inquiet. La maladie n'était pas largement répandue dans la Soul Society, il était rare qu'une âme en meure et Hisana bénéficiait de toutes les attentions dont elle pourrait avoir besoin. Cet après-midi, cependant, était sortie de l'ordinaire en cela qu'elle l'avait fait appeler au milieu de la journée.

Hisana ne l'appelait pas lorsqu'il travaillait ou qu'elle pensait qu'il travaillait. Elle ne l'avait jamais fait en plus de soixante ans. Même lorsqu'elle affrontait les difficultés les plus coriaces, les gens les plus désagréables ou les entrevues les plus humiliantes avec un membre de la famille visitant à l'improviste, elle ne l'avait jamais fait. Il lui en avait demandé les raisons un soir qu'il l'avait trouvé en larmes après avoir reçu une lettre presque uniquement composée d'insultes de la part de son oncle et elle lui avait dit qu'elle ne ferait qu'ajouter de l'huile sur le feu si elle faisait cela. En son fort intérieur, Byakuya pensait qu'elle était un tout petit peu vaniteuse et qu'elle voulait que durant le temps qu'ils passaient ensemble, son esprit ne soit occupé que d'elle.

Il était donc très perturbant qu'elle l'ai fait appeler au milieu de la journée et qu'il la trouve dormant simplement dans sa chambre. Sa camériste lui avait glissé qu'elle s'était endormie peu de temps après que le messager soit parti. Byakuya prit l'une de ses mains maigres entre les siennes et la caressa tendrement. Tout ce repos était bon pour elle. Depuis quelques années, elle était devenue si fatiguée. Cinquante ans à se battre contre les problèmes et les zones d'ombres des affaires du Clan Kuchiki. Dix ans à tout tenter pour qu'enfin le Conseil du Clan accepte de se réunir en sa présence. Hisana était une femme solide mais même elle avait du avouer, la nuit, alors qu'elle était cachée au fond de son lit entre ses bras, que c'était dur pour elle. C'était l'une des raisons qui faisait qu'ils n'avaient pas encore d'enfants.

Il contempla son visage endormi. Il n'avait pas changé depuis qu'il l'avait rencontré. Il savait pour sa part qu'il avait un peu vieilli encore, durant les années qui avaient suivi son mariage mais à présent son corps s'était arrêté de se modifier. Il était enfin spirituellement adulte. Il avait été nommé capitaine d'ailleurs. Hisana, elle, avait été désignée par l'Empereur comme étant celle qui présiderait les affaires de la zone Nord. Et malgré tout ce qui aurait pu changer – ce que beaucoup pensaient qui aurait du changer – il ressentait toujours une tendresse et un amour profond à chaque fois qu'il la regardait.

Cela faisait donc deux heures pleines qu'il la regardait dormir sans s'en lasser. C'était un spectacle rare. Elle se levait en même temps que lui en temps ordinaire et depuis qu'elle était alitée elle faisait tous les efforts du monde pour être éveillée quand il avait du temps à passer à ses côtés. Son visage était complètement détendu, avec la bouche en une petite ligne maussade et les yeux fermés sur son pays des rêves. A côté du futon, près du repose-tête, il y avait un petit pavé de papier et de parchemin qui constituaient le journal d'Hisana. Il y avait un petit crayon coincé entre deux pages.

Elle portait un yukata jaune pâle qui l'empêchait d'avoir le teint trop maladif, qui moirait doucement la lumière du soleil de fin d'après midi. Elle était belle à ses yeux, plus que n'importe quelle autre femme. Il ferma les yeux et sentit ses lèvres s'étirer imperceptiblement en un sourire.

Elle se réveilla sans bouger, ouvrant simplement les yeux et fixant le plafond. Elle remarqua sa présence du coin de l'œil et eut un sourire. Il lui embrassa la main et le sourire s'élargit. Il avait envie de lui demander pourquoi elle l'avait fait venir mais il se retint. Elle lui dirait si elle en avait envie ; certaines pensées étaient faites pour rester secrètes. L'important était qu'il se trouvait là, pour elle. Il garda sa main près de son visage et elle l'étendit sur sa joue. Il sut que si elle avait eut la force, elle aurait rit. Elle riait plus depuis peu ; disant que les choses s'arrangeaient, qu'elle était enfin à la maison. Elle avait fait ajouter une peinture dans la grande salle à manger, un phénix posé sur une branche de pin.

« As-tu bien dormi ?

- Je sentais tes yeux. Ils me réchauffaient comme le soleil. » Ils échangèrent un sourire. « Comment s'est passé ta matinée ?

- Bien. Nous avons eut le premier conseil en présence d'Hitsugaya.

- Comment est-il ?

- Il fera l'affaire. Il est très jeune mais il a une conscience qui surpasse de loin celle de son prédécesseur.

- J'ai entendu dire qu'il y a déjà eut quelques frictions avec son lieutenant…Qui est-ce déjà ?

- Matsumoto Rangiku. » Hisana le regarda avec curiosité et il élabora rapidement. « Elle a été recommandée par Ichimaru-taisho il y a quelques années.

- Ah. Je me souviens maintenant. Penses-tu qu'il faille la muter ?

- Non. »Il sourit « Si Hitsugaya n'a pas un subordonné difficile comme Matsumoto, il pourrait facilement se laisser étouffer par son travail. Il a encore des ambitions démesurées.

- Peut-être que nous devrions l'avoir à dîner un jour.

- Sans doute. Ukitake te fais passer ses vœux de guérison.

- Il est bien aimable. Je suis contente que Rukia aille travailler pour lui.

-Elle a fait ses preuves à la division 7. C'est une bonne recrue.

- Pourquoi je n'entends jamais cela à propos de tes recrues ? A croire que les autres ont toujours les meilleurs… »Elle le taquina et il mordit à l'hameçon.

« Si je les complimente, ils ne chercheront pas à s'améliorer. D'autre part, jamais je n'irais dire aux subordonnés des autres capitaines qu'ils sont doués. Ce n'est pas mon rôle. »

Ils restèrent silencieux pendant un moment. Un domestique apporta du thé. Il l'aida à boire et l'assit contre la paroi derrière le lit en remontant la couverture sur ses épaules. Et ils regardèrent la nuit tomber sur le Seireitei. Il était encore tôt mais l'obscurité tomba rapidement comme une chape au dessus de leurs têtes. Hisana faisait tourner son gobelet – en bois, mais autrement ciselé que ceux qu'elle avait fabriqué dans la forêt toutes ces années auparavant – entre ses mains, réchauffant ses doigts glacés.

« J'ai eu peur, Byakuya. » Il ne dit rien. Ils se confiaient rarement l'un à l'autre et il savait qu'elle ne désirait pas être interrompue.

« Ce midi, je me suis réveillée et j'étais si faible que je n'arrivais pas à tourner la tête. J'ai eu peur – je n'avais jamais eu peur comme ça même avant – peur de partir. J'ai eu l'impression que je quittais mon corps et que j'allais disparaître sans te voir une dernière fois. »

Byakuya s'accroupit et alla s'asseoir sur le futon à côté d'elle. Il passa un bras autour de ses épaules et l'embrassa sur le côté de la tête. « Je vais prendre quelques jours, rester à tes côtés. Ne serait-ce que pour que tu n'angoisses pas sur les affaires du clan pendant que tu te reposes. » Hisana ne dit rien. Elle laissa sa tête sur son épaule et crispa sa main sur sa manche.


Hisana était morte durant la nuit.

Rukia et lui l'avaient veillée toute la journée et ultimement, Ukitake s'était joint à eux lorsqu'il avait été informé de la situation par Unohana. Il avait tenu sa femme dans ses bras, baigné son front brûlant tandis que Rukia tenait les mains glacées. Hisana était morte dans un soupir laborieux, les yeux ouverts sur eux, buvant leur image avec des reflets désespérés. Byakuya avait sentit contre son être le sursaut torturé qu'avait eut Hisana quand la mort l'avait saisie. Il avait sentit son corps se relâcher, de venir flasque enfin et c'était la seule chose qui avait pu lui faire réaliser qu'elle était partie.

Ukitake avait quitté la chambre et était allé se recueillir dans le salon, les laissant seuls pour leur au revoir.

Pendant de longues secondes, lui et Rukia étaient restés figés au dessus d'Hisana, refusant de voir ce qui était advenu. Puis, Rukia avait fondu en larmes et s'était enfuie en courant. On avait dit à Byakuya qu'elle avait rejoint Abarai et il avait interdit qu'on les dérange. Il n'allait pas se préoccuper des convenances ce soir, Rukia était libre de pleurer sa sœur comme elle le souhaitait. Si c'était contre l'épaule de son ami presque frère, il n'allait pas l'en empêcher. Puis, il s'était aperçu qu'il tenait toujours le cadavre d'Hisana contre son cœur.

Il la déposa doucement sur son lit, lui ferma les yeux puis souleva le kimono qui avait été monté en paravent. Derrière, il y avait les harpes d'Hisana. Il en prit une et s'assit en regardant sa femme qui avait l'air de dormir. Il ne connaissait qu'un morceau – et encore – qu'Hisana lui avait appris un jour qu'il l'avait observée jouer durant une longue heure pendant leur lune de miel. Il toucha un peu les cordes, les pinça et ferma les yeux. Il sentit en mémoire les bras d'Hisana qui se refermaient sur lui pour lui montrer la bonne position, ses mains qui guidaient les siennes, ses doigts qui pinçaient les bonnes cordes quand il se trompait pour lui montrer. Ce souvenir était si vif, si véritable, qu'il lui fit peur. Il lâcha la harpe et revint aux côtés d'Hisana.

Il prit une main dans la sienne et s'aperçut qu'elle était encore chaude.

Il souffla les deux lampes à huiles qui brûlaient et s'allongea à côté d'elle. C'était tout ce qu'il se permettrait. Cette dernière nuit, cette ultime nuit avec la seule qu'il aimerait sans doute jamais. Il posa son visage dans le creux du cou blanc où aucun cœur ne battait plus et s'endormit.


Ce fut Ukitake qui le réveilla.

Son ancien Capitaine était entré sans bruit dans la chambre de la morte et l'avait trouvé couché tout habillé près du corps froid et rigide et il l'avait réveillé en passant une main sur son épaule. Byakuya avait ouvert les yeux et avait sentit la peau froide sous ses doigts. Elle avait une consistance étrange, dure et molle à la fois, qui tiédissait à son contact. Il se recula brutalement. Où était Hisana ?

Ce qui s'était passé la veille lui revint en mémoire et il s'agenouilla, rajustant prestement le col de son kimono. Hisana n'avait pas bougé de la nuit.

Son visage avait pâli et elle était allongée sur son lit, tranquille. Elle n'était pas si différente de quelques jours auparavant, se dit-il. Il se leva et se dirigea vers la porte. Ukitake l'appela et il se tourna vers lui. « Est-ce que ça va ? » Les yeux sombres du Capitaine de la division 13 n'étaient que compassion. Byakuya hocha la tête. « J'ai beaucoup à faire. »

Il quitta la chambre.

Il allait faire ôter tout les étendards, voiler toute les fresques et fermer les jardins. Les Kuchikis étaient en deuil. Et il devait faire creuser une tombe dans la forêt, près des restes pourris d'une cabane, pour les cendres de sa femme. Hisana voulait reposer là.


Tout s'était très bien passé. Son pas avait un petit ressort joyeux alors qu'il descendait les marches de l'escaliers qui menait à son bureau. Même incroyablement bien passé. Visiblement, plus le mensonge était gros, mieux il passait.

La porte de la cellule n'était qu'une épaisse grille en fer. Il plaça son visage contre un carré laissé libre et chercha du regard la détenue. Quand il l'aperçue, nue et prostrée dans le coin le plus noir, il sourit. Il était si content. Ce qui aurait pu tourner au désastre tournait en fait en sa faveur. Il y avait de quoi être très heureux.

« Bonne nouvelle, Hisana-chan. Tu es morte. »

La chose accroupit contre le mur moisi n'eut aucune réaction.

Bah. Elle ne savait tout simplement pas apprécier les bonnes choses.


Voilà. Un chapitre que j'ai eu du mal à écrire (il est commencé de puis avant que je publie 'Après la Mort', c'est dire!) Franchement, ça me ferait TRES plaisir que vous écriviez une review, juste pour dire ce que vous en avez pensé (même juste 'j'ai aimé' ou 'j'ai pas aimé') parce que j'ai énormément de mal à écrire les scènes tristes ou douloureuses.

Merci d'avance

Tozi