Bonsoir, bonsoir !
Il neige, par chez vous ? ^^ On est mieux au chaud chez soi à lire des fics, n'est-ce pas ? ;)
Voici donc la suite de mon histoire, dernier chapitre de calme avant la tempête ; ça va s'accélérer un peu dès le chapitre prochain. Au programme : scènes de vie quotidienne (ou plutôt nocturnes) avec Regina, cette fois :)
Au fait, merci pour les reviews et les follows !
Bonne lecture !
Apprendre à se connaître
Un noir d'encre avait recouvert la forêt, et l'épaisseur de la nuit empêchait Henry de voir à plus de dix pas devant lui. La lueur blafarde de la pleine lune peinait à traverser la couche opaque de nuages noirâtres qui l'entourait de ses bras sombres. Debout au milieu du camp, Henry plissa les yeux mais il était déjà trop tard : Emma et son félin avaient disparu dans les profondeurs nocturnes.
- Mince, râla-t-il pour lui-même… Mais où est-ce qu'elle va, toutes les nuits, comme ça ?
Comme la veille, il décida de partir à sa recherche et s'enfonça entre les arbres. Pas un bruit, pas un souffle de vent… Tout était calme et serein. Seul un lointain hululement donnait à peu de vie à cette obscurité. Henry hésita un instant à briser la sérénité du lieu. La nuit n'appartient pas aux humains, et il se sentait comme un impie pillant un lieu sacré. Mais il devait en savoir plus sur Emma.
- MISS ? cria-t-il. Où êtes-vous ? EMMA ? EMMAAA ?
Pour toute réponse, le hululement arrêta son chant, sans doute surpris par cet étrange cri d'homme. Henry tendit l'oreille mais il n'entendit rien : pas une parole, pas un bruit de pas…
- C'est quand même bizarre, cette histoire… J'ai beau avoir passé ma vie en prison, j'en ai côtoyé, des gens, et je sens bien quand on me cache des choses… Essayons autre chose…
Henry réfléchit un court instant et décida de ruser. Il se cacha derrière un arbre, et recommença à crier :
- Bon, tant pis, je suis fatigué : je retourne au camp ! Je vous verrai demain matin !
Il accompagna ses paroles de bruits de pas feutrés, qu'il imita en marchant dans les feuilles de plus en plus doucement. Puis, il ouvrit les yeux et il attendit. Qu'attendait-il ? Il ne le savait pas lui-même mais il était sûr qu'il ne pourrait le découvrir qu'en patientant, caché ici.
Et sa ruse fonctionna : après quelques minutes d'attente, il perçut un mouvement entre les arbres, quelques mètres devant lui. Une silhouette encapuchonnée de noir déambulait entre les buissons. Il avança sans un bruit. Henry n'arrivait pas à percevoir son visage, mais quelque chose lui intimait que ce n'était pas Emma. La démarche était plus lente, sa taille était un peu plus petite… Il ne tenait plus en place. Pouvait-il s'approcher et entamer la conversation comme si de rien n'était ? Il se rappela les conseils avisés d'Emma : « Fais attention aux gardes noirs ! ». Ne s'étaient-ils pas déjà cachés sous de longues capuches sombres, le jour où Emma l'avait sauvé ? Il avait beau se souvenir de tout cela, il sentait au fond de lui qu'il ne risquait rien. Alors, il continua sa progression en direction de la silhouette.
Elle avançait, toujours de dos. Où allait-elle ? Il n'aurait su le dire. Elle semblait ne pas avoir de destination précise : elle errait, revenait sur ses pas, tournant en rond, mais ne s'éloignait jamais du camp. Parfois, elle cueillait une baie et la portait à la bouche. Parfois, elle s'asseyait et contemplait la lune. Il l'observa longtemps. Il était fasciné par cette drôle de créature de la nuit, qui lui faisait penser, par certains côtés, à la panthère d'Emma. Mêmes démarches silencieuses et même couleur sombre…
La silhouette était assise sur une souche lorsqu'un bruit lui fit tourner la tête. A quelques mètres d'elle avançait, de sa démarche royale, le cygne qu'Henry avait voulu chasser la veille. Il n'en croyait pas ses yeux ! Combien de kilomètres avaient-ils marché dans la journée ? Une dizaine, une vingtaine ? Plus… ? Combien y avait-il de possibilités pour que ce cygne soit le même que la veille ? Et pourtant, il aurait pu en mettre sa main au feu, ce cygne était le même ! Sa prestance, sa taille incroyable, le blanc presque argenté de ses plumes… Tout prouvait qu'il ne rêvait pas.
Mais sa surprise ne s'arrêta pas là. Ses yeux s'écarquillaient de plus en plus en observant l'animal avancer délibérément vers la silhouette noire, et se laisser caresser le cou, les yeux fermés.
Un cygne apprivoisé ? Tout se brouillait dans le cerveau d'Henry. Il n'arrivait plus à comprendre. Où était Emma ? Qui était cette silhouette ? Comment pouvait-on apprivoiser un cygne ? Et puis surtout comment avait-il fait pour parcourir le même chemin qu'eux ? Trop de questions se mélangeaient dans sa tête et il n'arrivait plus à réfléchir correctement.
- Bonsoir…
Henry sursauta. Avait-il été découvert ? Il n'eut besoin que d'un court instant pour comprendre que la voix grave ne s'adressait pas à lui, mais au volatile qui fermait toujours les yeux sous les caresses. Il n'avait plus besoin de voir son visage, sa voix l'avait trahie. Henry l'aurait reconnue entre mille : cette voix profonde appartenait à la mystérieuse femme de la nuit. Il tendit l'oreille et essaya d'entendre les chuchotements.
- Tu as l'air d'aller bien… Et tu t'occupes parfaitement de Rocinante, c'est très bien… Mais j'aimerais bien que tu me dises où tu nous conduis comme ça…
Les gestes doux que la femme mystérieuse avait pour le cygne faisaient écho à la tendresse qu'Henry percevait dans sa voix. Pensait-elle vraiment que ce cygne allait lui répondre ? Henry allait tellement d'étonnements en étonnements depuis le début de la nuit qu'il n'en aurait même pas été surpris.
- Et puis… qui est ce jeune homme que tu as pris sous ton aile ? Il n'est pas méchant, mais es-tu bien sûre de ce que tu fais ? Ahh, si seulement tu pouvais me répondre… Tu me manques tellement…
C'en était trop pour Henry. Comment cette mystérieuse femme connaissait son existence ? Et pourquoi parlait-elle à un oiseau ? Il sortit de sa cachette et s'approcha de la femme et de l'animal.
oOo
Rumplestiltskin avait longuement réfléchi. Pendant de longues heures, ses pensées avaient frémi, le pour et le contre avaient été pesés mais ce ne fut qu'au milieu de la nuit qu'il prit sa décision. Il ne pouvait confier cette mission à ses incapables de chevaliers. Alors, en hâte, il se vêtit d'un manteau de paysan et se téléporta hors de son château.
Tout était calme dans le village endormi. Personne ne remarqua la petite silhouette furtive qui se dirigeait vers la cabane du Chasseur. Réputé pour son habileté à la chasse et son talent à traquer les proies les plus diverses, le Chasseur vendait ses services au plus offrant pour une bourse d'or ou une nouvelle arme dernier cri. Et cette nuit, il était le dernier recours de Rumplestiltskin.
Le magicien frappa trois coups brefs à la porte, qui ne tarda pas à s'entrouvrir devant un grand homme hagard et mal coiffé.
- Qui es-tu et que me veux-tu, au plein milieu de la nuit ? grogna-t-il.
Rumplestiltskin n'eut qu'à lever sa main à hauteur de visage et la vision de la chevalière du souverain fit blêmir le visage du Chasseur.
- Oh, bonsoir, Maître…, dit-il, gêné de ne pas avoir reconnu son propre seigneur. Entrez, je vous en prie…
Le sorcier pénétra dans la cabane sans plus attendre et la porte se referma sur leurs secrets. A l'abri des regards et des oreilles indiscrètes dans la petite bicoque, il prit immédiatement ses aises et s'assit sur la première chaise venue, sans même en demander l'autorisation au propriétaire des lieux. Les murs étaient recouverts de peaux de bêtes diverses : loups, ours, chevreuils…, qui, malgré la saleté et l'humidité, donnaient une certaine chaleur à l'unique pièce de la maisonnette.
- Que me vaut le plaisir de votre visite, Monseigneur ?
- Arrête là les flatteries, le coupa Rumplestiltskin. Tu as autant de déplaisir à me voir que moi à te côtoyer, alors allons droit au but. Je veux que tu ailles à la chasse pour moi.
- C'est ma spécialité, je ne vous décevrai pas… Quelle sorte d'animal voulez-vous que je vous ramène ?
- L'animal que je veux est unique en nos contrées, il voyage avec un chevalier : une femme…
- Un chevalier ou une femme ? demanda-t-il, interloqué.
- Une femme chevalier, le coupa-t-il, agacé. Son armure et son cheval sont d'un blanc immaculé, et ils voyagent avec un jeune garçon. Je veux que tu captures ce jeune homme… et que tu tues l'animal qui les accompagne. C'est une panthère noire. Trouve la femme et tu trouveras la panthère.
- Considérez que c'est déjà fait, Maître…, répondit-il d'un ton obséquieux accompagné d'une révérence.
- … Mais surtout, le plus important : ramène-moi l'enfant !
Quand il se releva, le sorcier avait déjà disparu seule une lourde bourse déposée au milieu de la table témoignait de sa présence quelques secondes plus tôt.
oOo
- Bonsoir, je m'appelle Henry, dit-il simplement.
Si la jeune femme fut surprise, elle ne le montra pas et elle tourna doucement la tête en direction de l'intrus. Le cygne, en revanche, n'eut pas le même courage et s'enfuit à toutes pattes.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-il en s'approchant d'elle, doucement. Je ne veux pas vous faire peur, c'est juste que je comprends rien à tout ce qui se passe ici…
- Approche, répondit la mystérieuse inconnue d'un ton doux, en lui faisant signe de s'assoir à côté d'elle sur la souche.
D'un geste ample, elle retira la capuche imposante, libérant ses longs cheveux noirs qui dévalèrent sur ses épaules. Henry s'approcha encore plus près et il put enfin admirer le visage angélique de la jeune femme. Elle lui semblait encore plus belle que la veille. La pleine lune l'éclairait d'une lumière presque surnaturelle, et faisait ressortir le noir brillant de ses yeux. Ses traits fins et ses lèvres d'un rouge profond renforçaient encore plus son charisme naturel. Elle devait être princesse, ou même reine, pensait-t-il, impressionné.
Devant une telle vision, Henry n'osa avancer plus en avant. Il ne se sentait pas capable d'approcher plus près de cette déesse. Respirer le même air était déjà un immense privilège pour le pauvre garçon qu'il était, et il s'arrêta à quelques pas de la jeune femme.
- Bonsoir Henry, je m'appelle Regina.
C'était tout ? Henry ne pouvait se satisfaire de cette simple réponse. Les questions lui venaient par milliers, et ses lèvres brûlaient de les poser toutes à la fois.
- Pourquoi nous suivez-vous ? Et d'abord, vous êtes qui ? Vous connaissez Emma ? Et puis d'ailleurs, où est-elle, vous le savez ? Vous savez où elle part toutes les nuits ? Et puis, pourquoi vous parlez aux animaux ? Vous êtes une sorcière ?
La tirade du jeune garçon fit écarquiller les yeux de Regina, avant qu'elle ne parte dans un long fou rire. Les larmes aux yeux, elle reprit la parole :
- Merci, Henry… Je n'avais pas ri ainsi depuis bien longtemps …
- Et donc ? répondit-il avec impatience. Vous ne me répondez pas ?
- Je vais répondre aux questions auxquelles je peux répondre, répondit-elle en plongeant ses yeux noirs dans ceux du jeune garçon. Mais promets-moi de ne pas insister pour avoir une réponse aux autres.
La réponse sibylline agaça Henry, qui ne put s'empêcher de ronchonner :
- D'accord, d'accord, je promets… Mais pourquoi on ne veut jamais me répondre ? Avec Emma, c'est pareil… Je ne suis plus un enfant…
- Cela ne m'étonne guère d'Emma, répliqua-t-elle, avec un sourire en coin.
- Ah aaaah, vous voyez que vous connaissez Emma ! Vous vous êtes trahie !
La bonne humeur de l'enfant était communicative, et Regina ne put s'empêcher de sourire.
- Je n'ai jamais dit le contraire… Maintenant, si tu veux bien me laisser parler, je vais répondre à quelques-unes de tes interrogations. Oui, je connais Emma. Là, en ce moment-même, je ne sais pas exactement où elle est, mais je suis sûre qu'elle n'est pas loin.
- Mais pourquoi ne revient-elle pas quand je l'appelle, alors ?, interrogea-t-il en regardant tout autour d'eux.
- Chuuut… Tu as promis…
- Oui, pardon, continuez…
Henry s'avança et s'assit aux côtés de Regina. Il ferma la bouche et ouvrit grand les oreilles, avide de tout comprendre enfin.
- Je voyage à vos côtés, mais tu ne me verras que la nuit. Je goûte peu au soleil… Que dire de plus ? Ah oui, tu me demandais si j'étais une sorcière… J'ai le regret de t'informer que non. Je ne suis que… Non, oublie, je ne suis plus rien, maintenant.
- Vous alliez dire quoi ? Vous êtes quoi ? demanda-t-il, les yeux pétillants.
Elle ne pouvait pas s'arrêter comme ça, il voulait en savoir plus… Finalement, elle ne lui avait presque rien appris…
- Je suis… fatiguée. Voilà, je suis fatiguée. Je te propose de te ramener au camp, et de dormir. Je pense que vous allez encore beaucoup marcher, demain… D'ailleurs, sais-tu où Emma nous – vous, rectifia-t-elle aussitôt – conduit ?
Elle aussi lui cachait des choses, Henry le savait. Elle était étrange, ne répondait pas aux questions… Pouvait-il alors lui révéler leur destination ? Et si cette femme mystérieuse voulait du mal à Emma ? Il ne pouvait trahir son amie de la sorte…
- Non, je l'ignore…
La déception passa furtivement sur le visage de Regina. Mais ce que Henry commençait à lire dans ses yeux n'était pas une simple déception. Il y voyait une profonde tristesse. Il n'eut pas besoin de prendre le temps de se demander où il avait déjà vu cette douleur au fond d'un regard. Il s'en souvint instantanément : la même mélancolie vivait dans les yeux d'Emma.
oOo
Les jours et les nuits passèrent. Chaque matin, Emma réveillait Henry le soleil tout juste levé et chaque nuit, il se couchait avec l'espoir de revoir Regina. Le jour, ils avançaient courageusement vers le royaume de Rumplestiltskin, et la nuit, le garçon discutait avec la dame de la nuit, comme il aimait l'appeler. Henry appréciait de plus en plus de côtoyer ces deux femmes si différentes. Même si le sommeil commençait à lui manquer, il n'aurait sacrifié une de ces relations pour rien au monde.
Avec Emma, il apprenait à chasser, à tirer à l'arc, et ses propres progrès l'étonnaient tous les jours. Emma ne pouvait cacher la fierté dans ses yeux dès qu'il rapportait une proie au camp. Ils discutaient de tout et de rien. Henry avait compris qu'il n'obtiendrait rien de plus concernant les mystérieuses disparitions du chevalier toutes les nuits, alors il ne posait plus de questions. Il avait bien essayé une fois ou deux de l'interroger à nouveau, mais il avait à chaque fois essuyé des refus. A vrai dire, être à ses côtés lui suffisait. Sa simple présence le rassurait, et il était à l'aise à ses côtés. Il s'était même résigné à accompagner Emma jusqu'au bout de sa quête, et, avec elle et l'impressionnante panthère noire à leurs côtés, le château de Rumplestiltskin ne lui faisait plus peur.
Avec Regina, Henry découvrait le monde de la nuit : ses animaux, ses bruits, et les différentes couleurs de la lune. Elle lui apprenait à suivre les traces de sangliers ou de chevreuils et quand il était vraiment fatigué, elle l'endormait en lui racontant des histoires de princesses et de chevaliers. Dans ces moments-là, la tête sur ses genoux et bercé entre ses bras, Henry s'endormait le sourire aux lèvres. Parfois, le majestueux cygne se joignait à eux sans qu'Henry en soit inquiet. A force de le côtoyer, il lui semblait même intelligent et doux, contrairement aux banals volatiles des lacs. Celui-ci n'était pas comme les autres, Henry le savait et avait arrêté de poser des questions.
S'il n'arrivait toujours pas à comprendre exactement d'où elle venait et où elle passait ses journées, il en apprit un peu plus sur la vie de Regina. Elle était née dans une grande famille plutôt aisée, avait été mariée jeune et avait eu un enfant. Même si ce n'était pas beaucoup, Henry se sentait privilégié de partager ces secrets avec elle. Quand elle lui confiait un détail sur sa vie, il avait l'impression d'être le plus chanceux de la Terre. Entendre ses histoires le rapprochait d'elle et il s'en trouvait extrêmement heureux.
Bien sûr, il avait aussi parlé de sa vie il lui avait appris qu'il était orphelin, et lui avait raconté tout ce qu'il avait vécu dans les geôles du château de Rumplestiltskin. Les larmes qui naquirent alors dans ses beaux yeux noirs réchauffèrent le cœur du jeune garçon. Pour la première fois de sa vie, deux personnes compatissaient pour lui. Cela ne lui était jamais arrivé, et il commençait à comprendre le bonheur de se sentir aimé.
Un jour, sans même qu'il ne l'ait prévu lui-même, Henry parla de Regina. Il raconta à Emma ce qu'elle lui apprenait et ce qu'elle lui disait. Et, à son grand étonnement, alors qu'il s'attendait à une réponse évasive, lui certifiant qu'elle ne voyait pas de qui il parlait, Emma lui demanda :
- Comment va-t-elle ?
La voix basse, les yeux baissés, elle semblait à cet instant porter le poids du monde sur ses épaules. Henry ne l'avait jamais vue aussi fragile et cette vision lui brisa le cœur.
- Elle… Elle va bien… Mais, alors…
- Oui, Henry, je la connais…
Il était muet de stupeur. Après nombre de dénégations, Emma commençait à s'ouvrir, et elle avouait connaître la mystérieuse dame de la nuit…
- Est-ce qu'elle… Est-ce qu'elle parle de moi… ? ajouta-t-elle timidement.
Un sourire naquit sur les lèvres d'Henry avant qu'il ne réponde simplement :
- Tout le temps.
Et c'était la vérité. Même si Regina ne révélait aucune clé qui aurait permis à Henry de comprendre leur étrange lien, elle ne pouvait s'empêcher de la mentionner dans leurs discussions, quand elle cueillait la fleur préférée d'Emma, quand un clair de lune lui rappelait les reflets brillants dans les cheveux d'Emma…
- S'il-te-plaît, dis-lui…
« Qu'elle me manque », fut trop difficile à prononcer, et les mots moururent sur les lèvres du chevalier.
- … que je pense à elle, conclut-elle, en écrasant une larme au coin de son œil.
Henry ne put résister à la douleur latente de son amie, et se réfugia dans ses bras. Même s'il ne comprenait pas tout, il voyait bien qu'elle souffrait, et ses bras étaient pour le moment le seul moyen qu'il avait pour la réconforter.
oOo
Une nuit, alors qu'ils observaient les étoiles, allongés sur le dos au milieu d'une clairière, Regina lança :
- Henry… S'il-te-plaît, dis-moi où nous allons…
A cette question, les doutes premiers d'Henry rejaillirent dans son esprit. Mais les nuits passées aux côtés de Regina, et sa gentillesse eurent raison de sa méfiance. Il savait qu'il pouvait lui faire confiance. Si elle leur avait voulu du mal, elle l'aurait fait depuis longtemps.
- Emma nous emmène au royaume de Rumplestiltskin, avoua-t-il, la mort dans l'âme.
Un frisson parcourut l'échine de Regina et elle redressa immédiatement.
- Es-tu sûr de ce que tu avances ?
- Malheureusement oui, j'ai déjà essayé plusieurs fois de la faire changer d'avis, mais elle refuse…
- Noooon, elle va se jeter dans la gueule du loup, marmonna Regina qui s'était relevée et commençait à faire les cent pas. Il faut la faire renoncer à cette vengeance… Henry ?
- … Je n'ai jamais parlé de vengeance…, rétorqua-t-il, suspicieux.
A ces mots, Regina stoppa sa marche et regarda Henry avec un air confus.
- Si, tu as dit qu'elle voulait aller au royaume de Rumplestiltskin, pour effectuer une vengeance, maintint-elle, avec le regard un peu tremblotant.
- Non. J'ai juste dit qu'on allait vers le royaume de Rumplestiltskin, c'est tout. Alors dites-moi, comment savez-vous qu'elle veut se venger ? Et de qui ? Dites-moi !
Regina soupira, et se rassit dans l'herbe. Elle allait parler, Henry le sentait…
- Emma a toujours été comme ça… Impulsive, bornée…
Elle avait le regard perdu vers les étoiles, et un fin sourire triste barrait son visage.
- Mais si bonne, si serviable, continua-t-elle. Elle est toujours prête à défendre la veuve et l'orphelin… Mais elle ne supporte pas les injustices. Qu'elle veuille se venger ne m'étonne donc pas…
- Mais elle doit se venger de qui ?
- De Rumplestiltskin, avoua-t-elle enfin, d'une voix presque inaudible.
- De… Rumplestiltskin ? Mais pourquoi ?
- Une histoire nous lie à lui…
- Quelle histoire ?
Mais devant le regard fermé de Regina, il n'insista pas. En revanche, une pensée lui traversa l'esprit. Une pensée qui le blessa dès qu'elle se forma distinctement dans son cerveau.
- Mais … moi aussi, je pourrais avoir une raison de me venger de lui ! C'est peut-être pour cela qu'elle a voulu me garder à ses côtés ! Elle veut peut-être m'utiliser pour sa vengeance ! Elle va se servir de moi…
- Non, absolument pas, le coupa-t-elle avec sincérité. Je sais qu'elle a voulu te garder à ses côtés pour te protéger… Emma ne mettrait jamais un enfant en danger…
Henry souffla. Il savait qu'elle avait raison. Il avait une confiance aveugle en Emma et il était sûr qu'elle le protégerait toujours… Etrangement, il comprit à cet instant que Regina, qu'il n'avait pourtant jamais vue en compagnie d'Emma, semblait la connaître mieux que lui. Il était sans doute temps d'essayer d'en savoir un peu plus, alors il se lança :
- Vous la connaissez vraiment bien… Alors pourquoi je ne vous vois jamais lui parler ? Pourquoi on dirait que vous vous évitez ? Et pourquoi Emma fait mine de ne pas vous connaître ? Dès que je parle de vous, elle fait semblant de ne pas comprendre… Mais je vois très bien qu'elle voit de qui je parle, mais elle refuse de me parler de vous… Pourquoi ?
- C'est parce que c'est trop douloureux pour elle…
- Douloureux ? Mais pourquoi ? Elle n'a qu'à pas se cacher toutes les nuits, et elle pourra vous parler ! Ou alors, vous, vous venez nous parler un jour et elle sera bien obligée de discuter !
Tout était pourtant si simple ! Henry ne comprenait pas pourquoi cela semblait si compliqué…
- Ce n'est pas l'envie qui manque, Henry, vraiment pas…, répondit-elle, les larmes aux yeux. Mais on ne peut pas…
- Mais…-
- S'il-te-plaît, ne demande pas pourquoi…
Henry ne put s'empêcher de sentir coupable quand il la vit disparaître dans la végétation obscure, en cachant son visage mouillé entre ses mains. Ce soir-là, il prit la première vraie décision de sa courte vie : quelle que soit la raison de leur malheur, il ferait tout pour aider Emma et Regina.
Vous aussi vous avez envie de dire à Henry : "Mais ouvre les yeux, bon sang !" ? Ne vous en faites pas, ça va venir lol
Passez une bonne semaine et...n'oubliez pas la petite review qui fait plaisir ;)
PS : si vous voulez du fluff bien écrit et chou comme tout, allez faire un tour vers le nouvel OS de Raven Feather Shadow, vous ne serez pas déçus ! Bisous !
