BON-SWAR ! Je suis contente de continuer Sang Royal, c'est qu'elle me manquait ma petite Yolga :D Merci à Ninlhinn, Kimi' et DrazielLaura pour les reviews sur le précédent chapitre ! C'est parti !
Chapitre 3 : Jour de repos
Yolga s'éveilla aux premières lueurs de l'aube, sourire aux lèvres. Elle était apparemment la première debout, comme en témoignait les ronflements de Grunlek et Théo sur sa droite, en harmonie, et les bribes de phrases qu'hurlait Balthazar par intermittence, en plein songe. Shin, qui avait pris le dernier tour de garde, était endormi en position assise sur un rocher un peu plus loin. Elle se leva, et se dirigea tranquillement vers la petite rivière de la veille, pour se débarbouiller. Alors qu'elle remontait après un petit nettoyage, elle croisa Eden, un énorme lapin dans la gueule. La louve se figea, visiblement surprise. Elle trottina dans sa direction, la queue battant l'air, et déposa le cadavre à ses pieds, avant de plonger dans un buisson, et de revenir avec un écureuil. Yolga récupéra le lapin et regagna le camp, où Grunlek était en train de se réveiller, baîllant à s'en décrocher la machoîre.
« Déjà debout ?
- J'ai accompagné Eden à la chasse. »
Comme pour approuver son propos, la louve vint déposer délicatement son écureuil dans les mains de Grunlek. Elle poussa la main du nain du museau, l'incitant à manger, comme elle l'aurait fait avec des louveteaux. Le nain passa sa main non-métallique dans les poils blancs de l'animal qui se colla à lui, profitant des caresses. L'ingénieur décida de se mettre au fourneau, après avoir récupéré le lapin de Yolga. Son apprentie l'aida à cuisiner, et l'odeur du ragoût aux carottes finit par réveiller les trois autres, qui même s'ils essayaient de cacher le cri de leurs estomacs, mourraient de faim. Le repas se passa dans le calme, Balthazar eut même le temps d'expliquer les bases de l'herboristerie à Yolga, puis le groupe se mit en marche, direction le sud-est.
Les deux nains étaient montés sur leurs poneys, Balthazar partageait Brasier avec Shin, et Théo, qui n'était pas encore bien réveillé, somnolait sur Lumière, à l'arrière. Bob racontait ses aventures de jeunesse à Shin, Grunlek et Yolga, la jeune femme étant la seule à l'écouter. Les deux autres tentaient de se mettre des chansons païennes dans la tête pour ne plus entendre sa voix. Le récit du pyromage eut d'ailleurs raison de Théo, qui s'écroula sur son cheval, et se remit à ronfler. Après une bonne demi-journée de route, ils remarquèrent diverses fumées au dessus de la forêt, indiquant la présence d'une ville ce qui réjouit la plupart des membres du groupe.
« J'espère qu'il y a une auberge, dit Grunlek.
- Et des filles, complèta Bob, un sourire carnassier aux lèvres.
- Bob... »
Le mage haussa les épaules et prit la tête du groupe, en faisant accélérer son cheval. Théo finit par se réveiller, et ils atteignirent les premières habitations de Farendell, une petite bourgade d'un petit millier d'habitants, à majorité humaine. Les gens ne semblèrent pas hostile à leur venue, à première vue. Ils étaient même plutôt curieux, les aventuriers devaient être rares. Ils se retrouvèrent rapidement encerclés par une bande de gamins surexcités. Une grande partie d'entre eux sollicitaient Théo, dans son armure de plates, qu'il faisait fièrement luire. Il se pavanait, fier comme un coq, l'égo gonflé au maximum. Balthazar descendit de cheval.
« Bonjour jeunes gens ! Nous sommes des aventuriers, nous avons fait un long voyage. Auriez-vous un chef ou une personne responsable à qui nous pourrions nous adresser ?
- C'est un vrai paladin ? Demanda un gamin.
- Eh, vous avez tué combien de gens ? Cria un deuxième.
- Pourquoi votre armure elle brille ? Demanda un troisième. »
Balthazar, désespéré, resta un moment le doigt levé, vexé, puis laissa Théo avancer dans sa foule d'adorateurs, la poitrine gonflée. Tous les gosses voulurent toucher son armure, se battant même pour l'approcher, au grand désarroi du reste du groupe. Grunlek se tourna vers Shin.
« On devrait l'éloigner des enfants, chuchota t-il, la dernière fois...
- Elle est pas morte ! Hurla Théo à son attention, le regard foudroyant. Bon, les mioches, il est où le chef du village ? Le premier qui va me le chercher aura le droit de porter mon épée. »
Les enfants s'éparpillèrent dans tout le village en hurlant, leur laissant enfin un peu de repos. Les deux nains et le demi-élémentaire descendirent à leur tour de cheval. Balthazar révoqua Brasier, et le groupe se rassembla.
« Ils ont l'air sympathiques, dit joyeusement Balthazar. C'est rare quand on a des accueils comme ça. Il faut essayer de ne pas faire de conneries et tout se passera bien.
- Donc tu ne vas pas coucher avec la première fille que tu croises qui s'avérera être la fille du chef que tu vas mettre enceinte, grogna Théo.
- C'est quoi ces préjugés ?! S'insurgea le mage. Quand est-ce que j'ai fait ça ?! »
Shin et Grunlek se lancèrent un regard complice, s'apprêtant à sortir une longue énumération, mais ils furent interrompus par le retour des enfants, entourant un homme assez âgé, de grande taille, les épaules carrées, marchant le dos droit malgré une boîterie à la jambe gauche. Théo reconnut immédiatement en lui la stature d'un guerrier, possiblement appartenant à une Eglise. Il prit donc les devants, afin d'assurer la fuite si jamais il se mettait à s'intéresser de trop près à Balthazar, Shin, Grunlek ou Yolga. L'homme fit signe aux gamins de se disperser, ce qu'ils firent à contre cœur.
« Bienvenue à Farendell ! On m'a averti de votre arrivée, puis-je vous aider en quoi que ce soit ? Vous faites juste une halte pour la nuit ou allez-vous rester plus longtemps ?
- Nous restons juste pour la nuit, répondit Théo. Nous sommes à la recherche d'une auberge, d'un endroit où nous reposer.
- Il y en a une au sud d'ici, nous n'avons pas l'habitude de recevoir des étrangers, et encore moins des inquisiteurs. J'étais moi-même Inquisiteur de la Lumière, il y a encore quelques années. Puis il y a eu les grandes guerres de religion, et j'ai été blessé. Je n'avais encore jamais croisé d'inquisiteur en compagnie... d'hérésies. Vous les ramenez à la Capitale ?
- Non, c'est une mission d'escorte. Le nain est un artisan renommé, il a été demandé à la forge pour créer de nouvelles armures. Je me nomme Théo de Silverberg, et voici mes compagnons : Grunlek von Krayn, Shinddha Kory, Yolga et... Billy. C'est notre esclave, il est muet. »
Bob jeta un regard outré à son compagnon. Grunlek, qui avait compris ce que Théo cherchait à faire entra dans son jeu et agita la main, sortant même un marteau pour faire plus « vrai ».
« Silverberg... Comme Archibald de Silverberg ? Demanda le vieil homme. C'était le chef de mon régiment, c'est grâce à lui que je suis toujours en vie, comme la grande majorité des hommes de son escadron. C'était un grand guerrier, j'espère que notre Dieu lui a ouvert les portes de son jardin.
- Je l'espère aussi.
- Bien ! Rejoignez-donc l'auberge, nous allons nous occuper de vos montures. Vous êtes ici chez vous. »
Ils avancèrent dans la ville. Eden était partie se réfugier dans la forêt, loin de l'agitation des hommes. L'auberge était un établissement un peu en retrait, plutôt charmant, entouré d'un grand espace vert fleuri. Ils entrèrent dans l'établissement, Grunlek réserva les deux chambres, le groupe se sépara en deux : Théo et Shin dans la première, Grunlek, Bob et Yolga dans la seconde. Après s'être installés, ils gagnèrent ensuite la taverne, où ils s'installèrent autour d'une table, pour faire le point. Il n'y avait personne, probablement à cause du fait que c'était le beau milieu de l'après-midi et que la majorité des gens travaillaient. Bob fut le premier à prendre la parole.
« Pourquoi t'as fait ça ? Pourquoi je suis le muet ?! Chuchota t-il, sourcils froncés.
- Parce que ton père est recherché sombre idiot. J'aurais dit « Lennon », il aurait sorti l'épée et t'aurais traversé la poitrine. Ta famille a une sale réputation, que tu le veuilles ou non. Fais-moi confiance pour une fois, et tout se passera bien. »
Bob croisa les bras sur son torse et se renfrogna, peu convaincu. Une jeune femme s'approcha de la table et déposa des pichets de bière devant chacun d'entre eux, sauf pour Yolga et Grunlek qui eurent le droit à un jus de pomme qui fit pâlir Shin de jalousie. Ils trinquèrent et se mirent à boire joyeusement, profitant de leur premier vrai repos depuis quelques jours. Après quelques minutes à bavarder, Balthazar se mit à blêmir, sans raison apparente.
« Bob ? L'appela doucement Grunlek. Tout va bien ?
- Je... Je sais pas... J'ai la tête qui tourne. »
Au même-moment, Shin s'effondra sur la table. Théo, qui s'était levé, du se rasseoir lui aussi, pris de vertiges. Il se laissa tomber lourdement sur la table. Grunlek bondit en arrière. Il jeta un regard autour de lui. Les regards étaient braqués sur leur groupe.
« Yolga, suis-moi.
- Quoi ? Mais on va pas les laisser là ? Ils...
- Je suis très sérieux. On est en danger. »
La porte de la taverne s'ouvrit brusquement, laissant entrer plusieurs soldats en armure sombre. L'ingénieur passa devant sa protégée, pour faire barrage de son corps. Ses trois amis étaient maintenant en train de ronfler sur la table, il était seul. Le chef du village passa entre les gardes, qui les maintenaient désormais en joue, bloquant toutes les sorties. Ils étaient complètement piégés.
« Grunlek ? Appela timidement Yolga, effrayée.
- Tout va bien, reste calme. »
Il lui tendit sa main humaine, elle s'en saisit immédiatement et la serra, tentant de calmer les pulsations effrenées de son cœur. L'ancien inquisiteur s'approcha d'eux, un sourire mauvais aux lèvres.
« J'ai fait affaire avec la famille royale naine, il y a... Oh, de nombreuses années de cela. Votre tête était partout, le fils perdu du Roi. C'est vous n'est-ce pas ?
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- De vous ? Rien. Vous n'êtes qu'un déserteur. Elle en revanche... »
Il commença à faire les cent pas dans la pièce, sourire aux lèvres, tout en jouant avec une épée semblable à celle de Théo.
« Sa mort arrangerait un grand nombre de personnes et d'Eglises. Votre peuple est méprisé dans nos communautés. Beaucoup aimeraient faire de vous des esclaves, c'est déjà le cas dans les terres du Sud, par ailleurs. Des rumeurs courrent, dans le Cratère, comme quoi elle serait la nouvelle reine. Vous avez juste à fermer les yeux, personne ne sera au courant, votre réputation sera sauve, vous pourrez repartir gambader dans les bois avec vos amis. Je peux même vous faire un prix si vous voulez la vendre. »
Yolga lança un regard terrifié à son protecteur, qui reserra l'emprise sur sa main. A sa droite, Théo montrait déjà des signes de reprise de conscience. Peu importe ce qu'ils avaient mis dans la bière, ça n'était visiblement que temporaire, il allait juste devoir s'armer de patience et les retenir assez longtemps. L'inquisiteur s'était approché, il tendit une main vers Yolga, le poing mécanique de Grunlek l'envoya faire un vol plané. Il s'écrasa lourdement sur une table en bois qui se brisa en deux sous son poids.
« Vous ne poserez pas un doigt sur elle. J'ai été choisi pour être son professeur et son protecteur, et je m'assurerai personnellement qu'elle arrive sur le trône. Vous allez nous laisser partir, mes amis, elle et moi. Si vous tentez de nous arrêter, on mettra cette ville à feu et à sang, est-ce que j'ai été clair ?
- Et comment vous allez faire ça ? Vous faites à peine la moitié de la taille de l'un de mes hommes.
- Mais quand je veux protéger ceux à qui je tiens, j'en vaux facilement dix. Bob, maintenant ! »
Une boule de feu fendit l'air, emportant les soldats sur son passage. Grunlek tira Yolga en arrière, pour l'écarter du combat. Théo, bien qu'ayant encore un peu de mal à coordoner ses mouvements s'était lui aussi relevé, prêt au combat. Seul Shin dormait toujours, marmonnant des choses à propos de pommes dans son sommeil. Les rares soldats encore debout votèrent le repli. Certains fuirent par les fenêtres. Deux tentèrent de faire face à Théo qui les mit à terre en quelques secondes. L'auberge toute entière était en train de prendre feu. Grunlek faisait face à l'homme à l'origine de tout ça, coincé derrière un mur de flammes se rapprochant dangereusement de lui.
« Vous ne pourrez pas la protéger éternellement Maître Nain. Beaucoup de personnes la recherchent, et l'un d'entre eux est prêt à payer très cher pour sa tête.
- Qui ça ?!
- Comme si j'allais vous le dire ! Tout ce que je peux vous dire, c'est que ça prendra le temps qu'il faut, mais il vous l'arrachera, et vous ne pourrez rien y faire !
- Grunlek ! Cria Théo, à la porte, prêt à partir, Shin sur les épaules. »
Le nain poussa un grognement, et entraîna Yolga avec lui hors du brasier, contrarié. Le groupe récupéra ses montures et prirent la fuite à travers la forêt, laissant derrière eux un village en proie aux flammes et aux cris, sans se retourner.
C'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous aura plu, le prochain sera je pense beaucoup plus calme. La prochaine fanfiction ne sera pas Royaume en Perdition, mais une toute nouvelle fanfiction à chapitres, avec des OC totalement inventés qui je l'espère vous plairont, vu le temps que j'ai passé à les créer. En attendant, n'hésitez pas à me laisser une petite review sur ce chapitre, ça fait toujours plaisir, et à très vite pour de nouvelles aventures ! Des bisouilles sur vos petites têtes !
