Alice n'avait pas insisté pour conduire. Carlisle avait pris sa Mercedes, comme d'habitude. Ils roulaient depuis quelques minutes quand Alice demanda :

« Allan Landford, tu connais ?

-C'est l'un de mes confrères, répondit Carlisle. Il est arrivé il y a peu de temps. C'est un neurochirurgien, et il s'est isolé ici à cause de la mort de sa femme, l'été dernier. Il habite à coté de chez Charlie, d'ailleurs. Pourquoi tu me demandes ça ?

-J'ai rencontré son fils, Lucas. Il est gentil, je l'aime bien. Il veut être chirurgien, et il m'a parlé de toi en termes très élogieux. »

Carlisle hocha la tête, ne quittant pas la route des yeux, bien que ceci n'était pas nécessaire pour lui.

« Alice, ce soir, à l'hôpital, s'il y a un moment où tu te sens mal, que tu sens que ça ne va pas, tu me le dis, d'accord ?

-Oui.

-Et nous partirons précipitamment. Je trouverai une solution à la maison, quand nous serons à l'abri des regards. »

Alice acquiesça, un peu inquiète, même si elle savait que Carlisle saurait gérer la situation.

Il se gara derrière l'hôpital, comme à son habitude, bien que ce parking soit pour les visiteurs. Carlisle aimait se fondre dans la masse. Il disait que ça le rendait plus humain.

Les deux vampires descendirent de la voiture, puis Carlisle fit le tour, afin de donner son bras à Alice. Elle le prit, et, silencieusement, ils se dirigèrent vers l'hôpital.

Ils prirent l'ascenseur, et Alice se retrouva collée contre un patient. Elle grimaça, et Carlisle s'empara de sa main, prêt à réagir.

Heureusement pour eux, le patient sortit au deuxième étage, sans un mot ni un regard pour personne.

« Harry Andsord, 58 ans. Il va mourir dans moins d'un mois. C'est pour ça qu'il pue, expliqua Carlisle à l'oreille d'Alice tout en veillant que personne ne les entendent. »

Une autre patiente monte dans l'ascenseur puis, apercevant Carlisle, s'approcha de lui.

« Monsieur Carlisle ! Si j'avais su que vous étiez à cette fête, j'y serai allée ! Quel dommage !

-Nous nous verrons demain, Kalye. Je dois vous faire des examens.

-J'avais complètement oublié ! Mais dites-moi… Que est cette jolie fille qui vous accompagne ?

-Alice Cullen, Madame, se présenta Alice. Je suis ravie de vous rentrer.

-Sûrement plus que moi ! Je dois descendre, Monsieur Carlisle. Bonne soirée, et à demain ! J'ai hâte de vous revoir ! »

Carlisle ne répondit pas, se contentant simplement d'un petit sourire. Alice soupira, et Carlisle lui expliqua qu'ils allaient descendre au prochain étage. Ils se frayèrent un chemin et attendirent. Quand ils poussèrent les portes de la salle de réception, les regards se tournèrent instantanément vers eux.

Ils savaient très bien qu'ils créaient de nombreuses jalousies. Le chef de la clinique s'avança vers le couple, et salua chaleureusement Carlisle, avant de se tourner vers Alice.

« Madame Cullen ! Je suis tellement ravi de vous rencontrer !

-Moi aussi, Monsieur.

-Votre mari m'a dit que vous vous intéressiez à la psychanalyse, et que vous étiez plutôt douée à l'école… Je vais en venir droit au but : j'ai une place de stagiaire, pour un mois. Et si vous êtes aussi appliquée dans votre travail que l'est votre mari, je vous engage sans hésitation ! »

Alice lui fit son plus beau sourire, et Carlisle l'entraîna vers une table, en retrait des autres.

« Excuse moi Alice, mais je crois que ce soir, tu vas être souvent prise pour ma femme.

-J'ai remarqué ! dit-elle en souriant. »

Ils restèrent là pendant quelques minutes, avant qu'Alice ne dise :

« Tu m'excuseras, Carlisle, mais je dois aller aux toilettes. Je reviens d'ici cinq minutes. Parle avec ton chef, je le vois qui se dirige vers nous. »

Carlisle se retourna, et tomba nez à nez avec le chef de clinique. Il tourna la tête, pour voir où se trouvait Alice, mais elle était déjà partie.

« Vous cherchez quelqu'un, Monsieur Carlisle ?

-Alice.

-Ah… Les femmes ! Souffla le chef. Qu'est ce que l'on ferait sans elles ? Elles se plaignent sans arrêt, font des crises de nerfs, et je vous en passe ! Pourtant, on les aime. Et quand elles partent, ne serait-ce que pendant cinq minutes, on devient des incapables. Vous n'êtes pas d'accord, Monsieur Carlisle ?

-Oh si, Jérémy. Je suis entièrement d'accord avec vous. »

Alice s'engouffra dans l'ascenseur, et appuya sur l'étage qui indiquait -1.

L'ascenseur, vide, descendit jusqu'aux sous sols, puis s'arrêta et s'ouvrit sur un long couloir gris. Alice sortit, et écouta attentivement si elle entendait quelqu'un. Puis, elle avança, et pénétra dans la dernière salle à droite.

La morgue.

Elle regarda attentivement les noms inscrits sur les tiroirs, et tira celui qui portait le nom d'Ellen Vladuranov. Le tiroir s'allongea sur environ deux mètres. Alice soupira. Elle détestait ce qu'elle allait faire, mais elle voulait comprendre.

Et désormais, elle ne pouvait plus reculer.

Alors, elle souleva le drap. Et ce qu'elle vit la laissa perplexe.

Ellen Vladuranov était le portrait tout craché… D'Alice Cullen.