Disclaimer : l'univers de Bleach et les personnage tout droit tirés du manga appartiennent à Tite Kubo. Les autres sont de mon oeuvre. Parce que ceci est un Hold-Up.
CHAPITRE II
Seule la vérité blesse
(Un couteau bien placé entre les côtes, ça aussi, c'est plutôt douloureux…)
[ Date indéterminée – Heure indéterminée ]
« Le fantôme du jardin
Est apparu ce matin
Derrière la grange
C'était bien étrange
Hou ! hou !
Pourquoi venez-vous chez nous ?
Hou ! hou !
Que désirez-vous ? »
Silhouette ectoplasmique glissant sur le sol parqueté, ombre passagère dans les recoins obscurs des pièces oubliées, forme frémissante au milieu des poussières virevoltantes dans un rayon de soleil filtré.
« Le fantôme du jardin
S'est présenté ce matin
Il avait l'air triste
C'était bien sinistre
Hou ! hou !
Pourquoi venez-vous chez nous ?
Hou ! hou !
Que désirez-vous ? »
Un éclat de rire démoniaque résonna dans le silence de la vielle demeure en deuil.
X X X
[ 20 Octobre – 9h04 ]
Un hurlement strident déchire le silence pesant du manoir.
"Encore ! Viens ! Viens vite !"
Des bruits de pas précipités, quelqu'un qui trébuche en montant les escaliers, une porte qui s'ouvre à la volée.
"Qu'est-ce qui se passe ?"
"Regarde ! Là !"
"Où ?"
"Sur ma table de chevet !"
Silence.
"Oui, et bien ? Qu'est-ce qu'elle a, ta table de chevet ?"
"Ça ! Ça n'y était pas tout à l'heure. Quand je suis entrée dans la salle de bain pour me préparer, ça n'y était pas, j'en suis sûre."
"Tu en es certaine ?"
"Mais puisque je te le dis. Et tu sais, cette nuit encore j'ai entendue des bruits bizarres en passant devant sa chambre. Ça faisait « Clic ! Clac ! Clac ! Clac ! Clic ! ». Et sous sa porte, j'ai vu des lumières étranges. Ça ondulait, ça s'assombrissait et ça s'éclairait brusquement."
"Ce n'était peut-être qu'un rêve."
"Arrête de me prendre pour une idiote ! Et ta cravate, celle que je t'avais offerte pour tes quarante ans, avec les jolies marmottes, tu m'expliques comment elle a atterrit autour du cou du chien, hein ?"
"C'était peut-être juste les domestiques qui ont voulut faire une farce… Et puis ce n'est pas bien grave. Une cravate comme ça…"
"Une cravate comme quoi ?"
"Non, non, rien."
"Et ce jour là, les domestiques étaient toutes absentes. Il y a quelque chose, j'en suis sûre. Ça rode dans la nuit, ça cherche. Quoi ? Je ne sais pas. Mais c'est bien là. Et si… Et si c'était… Elle ? Si elle cherchait à faire passer un message ? Elle a toujours été bizarre, après tout…"
"A-Arrête, voyons, chérie… C'est impossible. Tu te fais des idées."
Quelqu'un toussa pour raffermir sa voix montant dans les aigus.
"Bon, il faut que j'aille au travail. Ne t'inquiètes pas, ce genre de chose n'existe que dans les films."
"Ne me laisse pas toute seule dans cette maison !"
"Va chez la voisine, dans ce cas là."
"Tu-Tu as raison. C'est ce que je vais faire."
"Mais ne parle pas de ces… enfin tu vois, de ça aux voisins. Je ne voudrais pas qu'on nous prenne pour des décérébrés."
"Me crois-tu bête à ce point ? Nous avons une réputation à tenir."
Nouveau silence. Des bruits de pas redescendant l'escalier. Le froissement de manteaux enfilés. Le claquement d'une porte refermée. Le cliquetis d'une serrure verrouillée. Puis, finalement, le vrombissement d'une voiture de luxe. Enfin, le silence total d'une maison vide. Ou presque…
X X X
[ 20 Octobre – 11h31 ]
Chantonnant dans ma chambre, je préparais mon départ.
Cela faisait une semaine, maintenant, que je stationnais dans mon ancienne maison. J'avais passé le plus clair de mon temps à jouer aux jeux vidéo dans ma chambre ou encore à m'entraîner à déplacer des objets et à nouer des tissus. J'avais découvert récemment que j'étais capable d'une telle chose. On pouvait, certes, me passer au travers comme si je n'avais aucune consistance, mais je pouvais cependant prendre des objets compacts et les soulever si je me concentrais un peu.
Pleine de mes récentes découvertes, j'embarquais mes clics et mes clacs, et me dirigeais benoîtement vers la porte d'entrée. En passant devant le salon, le rat qui servait de chien à ma mère grogna férocement en me suivant de ces yeux globuleux. J'avais aussi remarqué que les animaux semblaient ressentir ma présence. Même si apparemment, ils n'étaient pas capables de me voir clairement.
M'apprêtant à passer le seuil, je réalisais enfin que je n'avais plus l'intention de revenir. Incertaine quelques instants, j'oscillais devant la porte. Après mûres réflexions je me dirigeais vers la cuisine. Tant qu'à partir, autant être sûre d'être prête : j'allais faire quelques derniers petits tests.
[ 20 Octobre – 11h49 ]
Cela faisait maintenant une bonne quinzaine de minutes que je m'essayais à manipuler toutes sorte d'objets, lorsque j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir. Surprise, la lame que je tenais alors m'échappa et se ficha dans le bois de la planche à découper, en plein milieu d'une magnifique flaque de Ketchup que j'avais faite plus tôt. Jetant des regards alertés aux alentours, je me dépêchais de quitter la cuisine.
Tandis que je me glissais subrepticement prêt de la porte, j'entendis Booby aboyer.
"Oui, mon boobynouchet d'amour. Je suis venu te chercher, ne t'inquiètes pas. Hors de question de te laisser dans cette maison anormale."
Je n'avais jamais digéré le fait que ma mère soit plus tendre avec cet affreux chien, qu'avec moi… Sans demander mon reste, j'ouvris la porte pendant que ma mère s'affairait à mettre le chihuahua dans un sac Vuitton, et sortit.
"Il a faim, le boobynouchet à sa maman ? Oui, qu'il a faim~ Maman, va lui préparer un bon petit sandwich. J'ai un dé~licieux foie gras dans le réfrigérateur. Directement importé de Paris. Je reviens tout…"
La voix écœurante de ma mère fut étouffée par le son de la porte se refermant dans mon dos. Encore heureux, sinon j'aurais commis un meurtre. Et avec un peu de chance, ce serait Booby qui aurait été accusé. J'ai toujours dit que ce chien avait une tête de truand.
Le vent vint me chatouiller les joues, faisant voler dans tous les sens mes cheveux.
Immobile sur le perron, je regardais la rue où le monde s'activait. Sans moi. Les yeux des gens glissaient sur moi, ne s'arrêtaient pas, continuaient leur chemin, loin, toujours plus loin.
Invisible. Je l'étais, oui, totalement invisible.
Je réalisais pleinement dans quelle situation j'étais, maintenant. Enfermée dans ma douillette maison, je m'étais cachée vilement de la réalité. Dans cette demeure, j'existais encore, j'y avais un nom, une image, un souvenir. Dehors, abandonnée à l'anonymat de la foule, je n'étais plus rien.
Soudainement prise d'une pulsion sauvage, je dévalai les marches, fonçai sur la clôture et bondi par-dessus. Je détalai alors comme un lapin.
Ce vent, je le sentais qui me giflait les bras, les jambes, le visage, comme si de longues mains griffues tentaient de m'attraper. Et ce sol, qui heurtait mes pieds à chaque pas, semblait vouloir me rappeler que j'étais toujours incapable de m'en détacher. Je courais comme une dératée, sans que personne ne se retourne, sans que personne ne m'aperçoive.
Tous ces passants dont les regards ne déviaient pas un instant sur moi, restaient fixés désespérément sur un ailleurs désormais intouchable, inatteignable. Invisible, inexistante. Le mur qui séparait nos existences, à la fois si liées et si différentes, était infranchissable.
Inconsciemment, j'avais tenté de le passer. Le choc de la collision avait été violent.
Maintenant, je faisais demi-tour, et m'enfonçais à toute allure dans mon nouveau monde, fuyant ce mur sombre et sans fin, lui tournant le dos avec rage.
Mes poumons me brulaient, le sang battait dans mes temps. Et je courais toujours plus fort, essayant de m'arracher au supplice de ce vent et de ce sol. Mes jambes lourdes ne ralentissaient pas, l'intensité de ma respiration s'accéléra.
Je ne m'étais jamais senti aussi vivante.
J'éclatais de rire, atteinte d'une folle ivresse.
Libre. Je l'étais, oui, enfin libre.
Impact dans 03 heures 32 minutes 54 secondes
[ Pendant ce temps là, au HUECO MUNDO ]
Inoue Orihime regarda le ciel. Noir.
Puis elle regarda le sol. Blanc.
Qui aurait pu penser qu'elle reverrait ce paysage ? Cette nuit éternelle, au sommet de laquelle une lune figée semble s'arc-bouter de douleur.
Elle aurait cru que, dès l'instant où ses pieds se seraient posés sur le sable glacial de ce désert nocturne, les fantômes de ce qu'elle avait vécut à cet endroit afflueraient vers elle en hurlant. Mais ce ne fut pas le cas.
Plus surprenant encore, ce calme terrifiant qui habitait le Hueco Mundo étouffa les souffrances qui la tiraillaient depuis quelques temps maintenant.
Inoue prit une profonde inspiration.
On avait besoin d'elle ici. Et quoi de mieux que de s'investir dans une tâche pour s'oublier ? Quoiqu'elle s'étonne encore d'avoir été celle choisit pour cette mission. Mais le capitaine Kyôraku Shunsui avait été clair : les Arrancars acceptaient de discuter de l'avenir avec les Shinigamis, uniquement si la personne avec qui ils traiteraient était Inoue Orihime, et qu'elle faisait le déplacement jusqu'au Hueco Mundo.
Alors voilà. Inoue était brusquement passée d'adolescente larmoyante sur son sort à ambassadrice entre deux peuples se déchirant depuis la nuit des temps. Sacrée montée en grade.
On avait besoin de son aide. Et Inoue ne se sentait entière que lorsqu'elle pouvait apporter son aide, peu importait le bénéficiaire. Alors tout allait bien.
Beaucoup mieux, même, depuis qu'elle avait comprit que ce voyage vers l'Hueco Mundo passerait sous silence, et que Ichigo Kurosaki ne viendrait pas. Elle serait seule, enfin.
Inoue Orihime prit une autre profonde inspiration.
Chiffres :
- Le chapitre 2 comprend 1768 mots (Disclaimer, Note et Chiffre non comptées).
- Nous sommes le 2 novembre 2014 et il est 20:37:15.
Note(s) : je sais que c'est un peu long à démarrer... Mais je n'ai jamais pu me résoudre à faire disparaître ce chapitre. Promis, dans les prochains chapitre, il y aura enfin un peu d'action (et de rencontre) ! Alors, je vous en pris : accrochez-vous !
Encore merci à ceux qui ont lus et laissés leur avis
Bref : j'espère que cela vous a plu, et je vous attends avec impatience pour le CHAPITRE III !
Je vous embrasse et vous dis à très bientôt !
