Le sujet Cendrillon m'a inspiré deux textes différents. Voici la seconde version.

Merci pour les reviews, elles font vraiment plaisir.

Glee n'est pas à moi

Rachel

Dadou m'a quitté. Dadou nous a quitté. Je n'arrive pas à la croire. Je m'y refuse. Comment-a-t-il pu laisser la maladie gagner. Comment-a-t-il pu abandonner ?

La colère me gagne alors qu'on recouvre son cercueil de terre. Je ne sais même pas contre qui elle est dirigée. Contre Dieu ? Cela fait un an qu'il a déserté notre vie, depuis que papa H est revenu avec la triste nouvelle, depuis que papa L a perdu son travail après la fermeture de son usine de sous-traitance automobile. Détroit est une ville sinistrée, comme moi, comme nous. Contre les médecins ? Ils ont essayé d'aider mon père, lui proposant toujours plus de traitement, de plus en plus coûteux. Contre la société peut-être, celle qui refuse que les familles en difficultés financières puissent se soigner. Papa L a contracté cinq crédits pour sauver Dadou. Le résultat ? Le voilà six pied sous terre. Contre moi ? Contre moi qui pense finances alors que mon père gît sous mes pieds ? Contre moi qui ne parvient pas à rester forte, devenant un poids pour papa L. Lui, il se sait, il ne dit rien pendant que son visage est ravagé par les larmes. Il serre ma main, mais se tait. Le rabin a finit ses prières. Le monde s'en va. Nous aussi.

La vie sans papa H est étrange. Comme vide. Papa L ne rit plus. Ne parle plus, ne mange plus, dort à peine. Lui et papa H s'étaient rencontrés au lycée. Papa H était ailier dans l'équipe de basket. Papa L assistait à tout ses matchs. Puis un jour, Dadou vint le voir, curieux de sa présence puisque Papa L n'avait rien de commun avec le stéréotype de l'amateur sportif. Devant son rougissement mon feu père avait compris, il l'avait invité à manger. Depuis, ils ne s'étaient pas quitté. D'abord ami devant les autres, à la fin du lycée ils s'étaient affichés et avaient combattu avec force le mépris de leur camarades.

Maintenant, il n'y a plus rien. Papa L est mort en même temps que Dadou. Et moi, moi je m'accroche. Je m'accroche à des fantasmes, seule le soir je chante pour Broadway, devant des milliers de personnes. Puis vient le silence.

C'est dur de vivre à la maison. Papa est parti depuis six mois maintenant. On avance, claudiquant, se tenant l'un l'autre. Papa L n'a pas retrouvé d'emploi et mes heures de baby-sitting ne parviennent pas à rembourses les traites et la nourritures. Mes grand-parents offrent leur aide mais c'est loin d'être suffisant. Le gouffre se creuse et je ne sais comment en sortir. Alors je travaille à l'école. Je veux devenir la meilleure. Si seulement les banques acceptaient les bonnes notes comme remboursement.

Cela fait sept mois aujourd'hui. Papa L me fixe. Il est assis à la table. Il m'attendait vraisemblablement. Son visage est tiré, las. Je comprends qu'il ne va pas simplement me demander comment ma journée s'est passée.

« Rachel, assieds-toi s'il te plaît. J'obéis dans le silence. Tu es grande maintenant, je ne te raconterai plus de fable. Cela fait plus d'un an que je suis au chômage, nous vivons de tes petits boulots, de la générosité de tes grands-parents et de la solidarité qui habite cette ville où personne n'est épargnée. Seulement, cela ne suffit plus, cela n'a jamais suffit. Nos dettes sont importantes et il ne faut pas se voiler la face, il faudrait un miracle pour que nous puissions nous en sortir. Après demain, les huissiers vont venir saisir la maison et l'ensemble de nos biens. J'ai trouvé une promesse d'embauche dans le Colorado. Un fermier a besoin de main d'oeuvre, comme c'est un ami de mon père et qu'il m'a vu naître, il m'a réservé le poste. Le salaire ne suffira pas à repriser nos poches percées, c'est pourquoi j'ai encore besoin de toi ma fille. Je suis allé à l'association aujourd'hui et je suis tombé sur ça- il me tend une publicité. Fille au pair en Floride. L'association aide financièrement à payer le voyage, ensuite tu travailles pour la famille chez qui tu es logée. Bien sûr comme tu as le statut de fille au pair, tu continues tes études. Tu sera rémunérée. Je sais que cette situation n'est pas du tout évidente, mais nous n'avons plus le choix Rachel. »

Il ne peut pas continuer, il pleure. Pleure de désespoir, de honte. Mon père a honte. Alors je ravale mes larmes, je me lève et le prends dans mes bras. Que faire d'autre ?

« Nous avons rendez-vous demain à l'association. Ils t'expliqueront mieux que moi la marche à suivre.

-Va te reposer, Papa. Je m'occupe des valises et des paquets. On peut garder les photos ? »

Il hoche la tête et se dirige vers sa chambre. Mon père a honte et c'est une loque. Réalité dure à encaisser. Les bagages ne me prennent pas beaucoup de temps, je décide alors de préparer le repas. Demain est ma dernière journée auprès de mes amis. Leur dirais-je au revoir. Oui, je ne peux pas partir comme une voleuse. Je tremble et laisse enfin mes larmes couler. Ma vie est ici, Papa H est enterré ici et nous on l'abandonne ! J'ai envie de réveiller mon père et de le frapper. De le frapper parce qu'il ne rend pas sa fille heureuse, parce qu'à cause de tout cela nous n'avons plus rien, plus de maison, plus de dignité. Mon père a honte !

Je me calme lentement. Je cours dans le lit de mon père. Je le serre fort. Lui aussi. Nous nous endormons, le dîner froid sur la table.

Le lendemain est une épreuve. Je ne veux pas quitter les bras de mon père. Je souhaite rester ma vie contre ce torse. Je ne veux pas entendre ses paroles rassurantes, je ne veux pas qu'elles aient lieu d'être.

Le lit est froid. Papa s'est levé. Il reste figé devant les valises.

« J'ai mis toutes les photos de Papa dans la tienne. Je n'en ai gardé qu'une. » Il me regarde et sourit pauvrement.

Je passe à travers la journée. Tout cela n'a plus aucun sens, j'ai l'impression d'être dans un couloir froid. Il y a une porte au fond. Je veux l'atteindre mais le couloir s'allonge. Encore, encore, encore. A dix-heure j'ai rendez-vous avec le principal. Papa parle, je n'écoute pas. Je le regarde, comme je regarderais un étranger. Papa H est mort. Je ne sais pas pourquoi mais cette vérité me frappe de nouveau. Une claque. Papa H est mort. Il est là, sous le marbre. Papa L part. Papa H est mort et Papa L part. Ils me quittent tous les deux. J'ai l'impression d'être abandonnée. Démunie. Ai-je ressenti ça quand ma mère m'a déposée à l'hôpital ?

Figgins sert la main de Papa L. L'entretient doit être terminé. Je souris poliment, et part sans me retourner.

A la fin de la journée je dis adieu à Artie et à Tina. Ils ne comprennent pas. Je leur raconte. Je pars. Ils pleurent. Pas moi. Je ne sais pas pourquoi. Papa H est mort. Papa L part. Je quitte la place. Plus de Berry. Je ne récupère pas mes affaires au casier. Il n'y a que des photos, des souvenirs et moi je veux oublier. Je veux qu'Artie et Tina disparaissent. Leur visage me disent qu'il n'y a plus de Berry.

Les volontaires de l'association sont très gentils avec moi. Une famille m'attendra à la sortie de l'avion. Une famille, encore une autre. Plus de Berry pour Rachel. Quel nom de famille cette fois ? Papa me sert fort. Il dit que l'on se reverra vite, mais ce n'est pas vrai. Il le sait, je le sais mais on joue la comédie. Le dernier acte se joue. L'issue ne peut qu'être tragique pour nous. Je le regarde, j'essaie de fixer son image dans mon esprit. Je l'oublierai. J'oublierai jusqu'à sa voix. Mais pour quelques heures encore je veux me rappeler d'avoir été une Berry.

Le lendemain des messieurs arrivent. Ils ont planté le panneaux « saisie » devant la maison. Papa et moi on sort. Grand-père est devant, ils nous attend dans son vieux pick-up. Ils nous demandent si on veut aller le voir. « Le »voir. Papa H n'a déjà plus de prénom, il n'est qu'une syllabe perdue. Je fais non de la tête. Je veux oublier. Je veux avoir six mois et recommencer ma vie.

A l'aéroport, on annonce mon vol. Je cours. Je n'ai pas vu les au-revoir de Leroy, mon père. Je m'installe dans l'appareil et pense : « Papa L est mort ». C'est mieux comme ça. Je ne le verrais plus.

Je dors.

Dylan, le gérant de l'association m'a dit que j'atterrirai à Miami, capitale de la Floride. Il ne sait pas qui va s'occuper de moi. Mais toutes les familles sont correctes. Correcte ? Qu'est ce ça veux dire ?

L'appareil amorce une descente. Le soleil m'aveugle. Une nouvelle vie commence.

Matthew m'attend. C'est l'un des correspondants du programme. Il me salue et nous échangeons quelques paroles. Il veut connaître la situation de Détroit. Je ne sais pas quoi lui répondre, alors je me contente d'un haussement d'épaule. Il n'insiste pas.

L'aéroport est immense. La foule court, cri, hurle. Des files immenses attendent après des bagages. Je me sens comme elles. Figée. Sauf que je ne sais plus vraiment ce que j'attends. Ma valise rose arrive sur le tapis. Seule touche de couleur qu'il me reste. Je le prends comme un signe et inspire longuement. Je refuse de me laisser couler dans ces sables mouvants. Je suis Rachel Barbra Berry. Ce nom autrefois voulait dire quelque chose, il est temps de le rappeler. Je relève la tête et me dirige vers l'extérieur accompagné de Matt. Il m'a demandé de le surnommer ainsi, Matthew fait trop solennel selon lui.

Soudain, comme sortie tout droit d'une publicité, une famille typiquement américaine apparaît devant nous. Le père, la mère et les deux filles. Tous blonds,grands, coquets et vraisemblablement aisés. Les filles semblent athlétiques. Le malaise me prend. Moi qui vient de Détroit, en difficulté financière, brune, petite et pas spécialement musclée. Nous sommes les parfaits opposées.

« Bien, Rachel je te présente la famille Fabray. C'est chez elle que tu vas être hébergée. »

J'essaie tant bien que mal de cacher mon étonnement. Je pensais qu'une fille au pair devait s'occuper d'enfant en bas âge. La plus jeune des filles devait avoir le mien.

« Bonjour Rachel. Je suis Russel Fabray, je te présente ma femme Judy et mes filles Frannie et Quinn.

-Enchantée.

-Bien maintenant que les présentations sont faites-ajoute Matthew- je vais vous laisser. Un membre de l'association vous appellera régulièrement pour s'assurer que l'installation se passe au mieux. D'accord ?

-Bien entendu, s'empresse de répondre Russel. »

Sa voix et son sourire me font peur. Je ne me sens pas du tout à ma place avec eux. Leurs regards me pèsent. Ils sont froids, malgré leur sourire de circonstance. D'un mouvement de tête le père m'enjoint à les suivre.

Je dépose ma valise dans le coffre. Elle est lourde mais personne ne m'aide. Le père Russel grimace même quand je cogne la voiture d'un mouvement maladroit. Sa fille, Quinn je crois, pousse même un soupire d'exaspération et lève les yeux au ciel. De très jolis yeux. Je m'installe enfin dans le véhicule et nous prenons la route. Le paysage défile et je m'extasie. A Détroit, les rues sont vides et la vue se compose essentiellement de friches industrielles. Ici les palmiers sont rois, les maisons modernes également. La mer est à perte de vue. Depuis combien de temps n'ai-je pas vu la mer ?

Elle me regarde. Quinn. Elle m'observe avec dédain depuis que je suis arrivée. Je ne sais pas pourquoi. Sa sœur, se fiche de ma présence. Elle écoute sa musique et rédige des messages. Elle a le sourire au lèvres. Je suppose qu'elle discute avec son petit-ami.

Nous arrivons enfin à destination. La maison est belle, grande. Elle respire le luxe, l'orgueil, la fierté d'une vie réussie. On ne m'aide toujours pas à enlever ma valise du coffre, mais cette fois je fais attention à ne pas toucher la voiture.

« Bien, Rachel c'est cela ? -commence Russel et je hoche la tête- nous allons t'expliquer rapidement le fonctionnement. En tant que fille au pair tu devras nous aider dans les tâches ménagères, vaisselle, linge, poussière, etc... Comme tu viens de Détroit, je suppose que tu n'es pas habituée à notre environnement. Quinn te fera faire un tour du quartier et des lieux importants que tu seras amenée à fréquenter.-elle grimaça à cette nouvelle. Tu vois le bâtiment à l'extérieur ? Ce sera ta chambre. Tu devras l'aménager un peu, mais tu vas t-y sentir chez toi. Pose ta valise là. Ma femme va te faire faire le tour de la maison. Je ne peux pas rester je suis attendu au cabinet. Et tant que j'y pense. J'aime assez le vouvoiement et le Monsieur Fabray. De même pour mon épouse, tâche de t'en souvenir.

-Papa. J'ai besoin d'argent.

-Quinn, je t'ai déjà donné de l'argent de poche !

-Il est hors de question que je l'utilise pour habiller cette...cette...Je ne sais même pas comment la qualifier. Et je te rappelle que tu l'as inscrite dans mon établissement scolaire. Si jamais San et Britt me voient traîner avec ça... Ma réputation est fichue. Tu ne voudrais pas que la réputation des Fabray soit entachée n'est ce pas. »

Elle avait tenu ces propos sans hausser la voix. Juste avec froideur et mépris. Je faillis en pleurer.

« Bien, bien. Prends ça. Tu feras les magasins avec elle cette après midi. »

Il quitte la place. La maitresse de maison me prend par le bras.

« Donc tu vois là c'est la cuisine. On n'y prend que le petit déjeuner. Les autres repas sont servis dans la salle à manger. C'est la pièce juste à côté du salon que l'on vient de quitter... » Je ne l'écoute déjà plus. Elle semble mal à l'aise. Comme si elle réalise que le comportement des son mari et de sa fille ne sont pas des plus accueillant. Sa voix est douce et j'aimerais me dire que je peux m'accrocher à elle. Mais ce n'est pas le cas. Judy est un joli mouton, elle ne décide pas. Elle ne me défendra pas, si il y avait à le faire. Je crois que Frannie est comme elle. Elle m'a regardé quand Quinn a parlé. Elle s'est tue comme impressionnée. Les maîtres de cette maison sont contres moi et les adjuvants sont des lâches. L'histoire tourne mal. « ….et enfin, voici l'étage. La porte du fond est la suite parentale. Celle-ci juste à gauche, c'est la salle de bain. Ensuite, voici la chambre de Frannie, le bureau juste à côté. La dernière porte donne sur la chambre de Quinn. Si tu veux un conseil, n'y entre jamais sans son autorisation. C'est compris ? Jamais. »

La mère aurait-elle peur de sa fille ? Peu importe.

« On va préparer le dîner, tu connaîtras ainsi les habitudes alimentaires de tout le monde. C'est assez simple, ne t'en fais pas. Si tu n'enlèves pas le bacon à Quinn alors tu ne devrais pas t'attirer d'ennui. »

Au bout d'une heure de préparation, nous en sommes arriver à la moitié du repas. Je comprends vite que Madame Fabray est une femme d'intérieur qui aime passer son temps à faire plaisir à son mari et à ses filles. Elle ne me parle que de cuisine et je n'ose pas poser de questions sur les habitants de la maison malgré qu'elles me brûlent les lèvres. Je souris, au moins ma curiosité a ressuscité.

« Maman, je dois emmener... C'est quoi ton nom de famille ?

-Berry.

-Je dois emmener Berry faire le tour du quartier et en profitez pour jeter ses habits de grand-mères. En parlant de ça ne t'étonnes pas si ta valise est vide j'ai fait du tri. Tout était bon pour la poubelle même des clochards n'en voudraient pas. Donc, il te reste la photo de deux hommes avec toi dessus.

-Mes pères.

-Pardon ?

-J'ai deux papas.

-Deux papas, tu veux dire, ensemble, en couple.

-Oui

-Génial ! On se tape une fille de pédales. Ne m'approche pas à moins de dix mètres. Pas envie d'être contaminée. »

Une colère sourde m'envahit. Comment ose-t-elle fouiller dans mes affaires ? Comment ose-t-elle insulter la mémoire des mes pères ? Une main se pose sur mon épaule. Je me retourne et les yeux de Madame Fabray semblent s'excuser.

«Quinn n'est pas très douée pour établir des relations avec les autres, chuchote-t-elle. Elle a le besoin de montrer qu'elle est forte. Parfois elle est brutale. »

Je ne fais aucun geste, ravale simplement mes larmes. Si elle veut être forte je ne lui laisserai pas le plaisir de me montrer faible.

Je la rejoins dans le salon. Elle me fixe, aucune trace de remords ne se lit en elle. Elle part et je la suis. Elle me fait monter à l'arrière de sa voiture. Elle ne veut pas que l'on me voit. Pas encore.

Arrivées au centre commercial, elle me pousse le plus vite possible dans un magasin. L'enfer commence. Je dois tout racheter, vêtements, sous-vêtements, chaussures, manteau. Et le budget donné n'est pas illimité. Quinn en vient à s'arracher les cheveux.

« Tu as de l'argent ?

-Pas beaucoup.

-Combien ?

-Vingt dollars.

-Vingt dollars ? C'est tout ? En plus d'être gays, tes pères étaient pas foutu de travailler je parie ! Attends-moi là. Tu ne me connais pas ok ? »

Je croise les bras, lui signifiant mon obéissance. Je ne relève pas la énième pique sur mes pères. Cela ne servirait à rien.

Je la vois se diriger vers un géant. Elle lui sourit, se rapproche en minaudant alors qu'il congédie ses amis. Il la prend par les hanches et l'embrasse longuement. J'ai l'impression qu'il va l'aspirer. Elle lui murmure à l'oreille, il rapproche leur bassin. Je lève les yeux au ciel. Écœurant. Les filles n'ont-elles pas de dignité ici ? Enfin, après une dizaine de minutes, il se détache d'elle et sort de sa poche son portefeuille. Il en sort quelques billets. Je ne peux pas voir combien. Elle les prend et l'embrasse encore. Ils se séparent. Il retrouve ses copains et disparaît, elle se dirige vers moi. L'air glacial. C'est étonnant comme son humeur peut changer en quelques secondes.

« Nous avons maintenant cent dollars de plus. En tout cela nous fait cent soixante dix. C'est plus convenable comme budget. Amène toi.

-C'est ton petit ami ? Le grand. Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai posé la question. Elle me le fait remarqué.

-Tu embrasses beaucoup de garçons qui ne sont pas tes petits amis ? Ta morale doit elle aussi être à revoir.

-Ma morale va très bien merci. Mon ton est sec. Madame m'avait dit de me taire devant sa fille, mais je ne peux pas. Je ne suis pas un chien ! »

Elle m'observe stupéfaite. Elle laisse passer et commence à regarder les rayons quand elle aperçoit un garçon à crête. A l'endroit où elle a flirté avec son colosse. Elle va le voir. Il lui sourit et danse un peu sur ses pieds. Rapidement, il sort une liasse de billets et la lui tend. Elle le remercie d'un baiser sur la joue. Il donne l'impression que cette attention est le cadeau le plus merveilleux qu'il n'ai jamais reçu. On dirait un petit garçon le jour de noël. Le pauvre, il est perdu. Elle revient et je détourne le regard.

« Cinquante dollars de plus. »

Le reste de l'après midi se passe relativement bien. Quelques remarques sur mes légères rondeurs mais elle ne s'attaquent plus à mes pères. Les habits qu'elle me choisit, je dois l'avouer, me plaisent. Rien de vulgaire, mais assez classe pour m'éviter les moqueries. Elle m'achète aussi un nécessaire sportif, et d'autres affaires bas de gammes. Pour rester à la maison me dit elle. Elle profite de ce moment avec moi pour m'apprendre ce qu'il faut savoir sur la famille.

Le père est avocat, pas médecin comme je le pensais au début. Sa mère reste au foyer mais a les qualifications pour être agent immobilier, sa sœur va à l'université, elle entame sa dernière année et va sûrement se marier après l'obtention de son diplôme en pharmacie. Quant à elle, elle est la reine de son lycée et capitaine des cheerleaders. On lui mange dans la main, elle a ce qu'elle veut, quand elle veut. Son petit-ami est quaterback, il s'appelle Finn et ils ont été élu le couple le plus populaire de l'établissement. Cette année elle se présente aux élections de présidente du lycée, elle sait qu'elle va gagner, c'est une bonne élève et elle est respectée par ses inférieurs. Enfin, elle finira l'année en apothéose en décrochant le titre de reine de la promo lors du bal. Cette fille me dégoûte autant que je l'admire. Elle est si déterminée à réussir, rien ne lui fait peur et elle ne doute pas un instant de son échec.

Le retour se fait dans le silence. Je me retiens de fredonner les airs que filtre la radio. Quinn n'aimerait pas.

A peine ai-je mis un pas dans la maison que Quinn me prend les sacs des mains et les déposes sous l'escaliers.

« Va aider ma mère, tu les récupéreras après. »

Madame Fabray est toujours en cuisine, elle finalise le dessert. C'est une remarquable cuisinière.

« Oh Rachel tu es là ? Regarde ce que j'ai préparé. Rôti de porc avec ses légumes, carottes, poireaux, pommes de terre. Tu es sûre que tout va bien ?

-Oui, oui. Euh, je ne sais pas si on vous l'a dit mais je suis juive et végétalienne. Je ne mange pas de porc. Mais je me suffirais amplement des légumes.

-Je l'ignorais. C'est gênant Russel le prendra comme un affront si tu ne manges pas. Des œufs tu en manges ?

-Non, je suis végétalienne. Je ne mange rien qui est produit par les animaux, ni d'oeufs, ni de lait, ni de viande.

-Eh bien l'on dira que tu es juive et allergique aux œufs. Mais je ne sais pas comment lui cacher cela à l'avenir.

-Pourquoi ne pas lui dire ?

-Je ne suis pas sûre qu'il comprenne.

-Je lui expliquerai. Cessez de vous inquiéter. En tout cas cela m'a l'air délicieux ! »

Le repas se passe dans le calme. Monsieur parle de sa journée et s'assure que les derniers préparatifs sont prêts pour emmener Frannie à la gare le lendemain. Elle n'était venue que pour me recevoir. Cela me laisse perplexe puisqu'elle ne m'a pas adresser un mot de la journée.

« Tu ne trouves pas le rôti à ton goût Rachel ? Mes poils se dressent, il vient de lancer les hostilités.

-Je suis végétalienne Monsieur, je ne mange rien de ce qui est d'origine animale, et même sans cela. Je suis juive et ne mange donc pas de porc. Mais je suis sûre que le repas que nous a concocté Madame est délicieux.

-Tu ne l'y a pas aider.

-Bien sûr qu'elle m'a aider. Elle a préparé l'entrée dont tu as dit tant de bien. Pour le reste de l'après midi Quinn l'a emmené faire le tour du quartier comme demandé.

-Je crois Judy que Rachel est capable de parler par elle-même. Quand je lui pose une question, je m'attends à ce que ce soit elle qui y réponde. Ne te mêle pas de ça.

La prochaine fois Rachel, j'aimerais que tu organises ton temps afin que ma femme ne soit pas obligé de faire le travail à ta place. Est-ce clair ?

-Très Monsieur. »

J'ai enfin compris ce que je fiche ici. Je suis pas fille au pair et je ne le serais jamais. Après tout qu'aurais-je à apprendre d'une femme soumise, d'une garce, d'une absente et d'un dictateur ? Je suis juste leur pantin, leur femme à tout faire.

Si Dieu existe vraiment, faites- que le lycée soit un havre de paix pour moi.

Je me tais pour le reste du repas et tente de me faire oublier. Chose difficile quand Quinn me fixe. Que lui ai-je fais ?

Ils prennent enfin congés et je m'attaque à la vaisselle. Je veux pleurer mais pas maintenant. Maintenant il faut que je sois forte. Tu n'es plus une petite fille Rachel Berry, tu peux le supporter.

Une fois ma corvée finie, je respire un peu mieux. Je me dirige vers l'entrée et prends mes paquets. Avant de tout porter dans l'abri qui me sert de chambre, je laisse un mot sur la table.

Pourriez-vous me laisser une liste où il serait inscrit

mes tâches à accomplir tout au long de la semaine.

Je pourrais m'y mettre le plus rapidement possible de cette façon.

Cordialement Rachel Berry.

Peut-être que si je leur montre ma bonne volonté la coopération sera plus douce. Je n'ai qu'un an à tenir. Ce n'est pas la mort.

Mon espace est petit. Je dispose de quatre murs blanc, une douche, un miroir, un meuble qui fait aussi office de commode, une armoire sommaire et un lit. Simple. Je dépose mes affaires, les range. Et pleure.

Quinn

2O Octobre 2011 :

Il faut que je m'éloigne de cette fille. Elle me fera courir à ma perte. Je la déteste.

Rachel

Le jour se lève et me réveille. Je n'ai pas de rideaux pour filtrer la luminosité. Il est cinq heure. Je m'étire et prend ma douche. Si je peux j'achèterai un voile. De la maison on me voit nue.

C'est mon premier jour d'école. Je ne sais pas comment va agir Quinn. Sûrement va-t-elle m'ignorer. Je veux être présentable, alors je choisi ma toilette consciencieusement. Jupe noire, pull en col V de la même couleur, talon. Je me coiffe en tresse et me juge correcte. Ce n'est plus vraiment moi mais ai-je le choix ?

Quand j'entre dans la cuisine, la maison dort encore. La liste est remplie, Madame est sûrement passer après moi pour inspecter. Un autre papier et lui aussi mis en évidence. Un rappel des différents petit-déjeuner de la famille. Il me faut un peu de temps pour trouver où sont placer les ustensiles mais je me mets rapidement au travail. Monsieur boit un café serré le matin, sans sucre mais avec quatre tartines, deux de beurres et deux de confitures de framboise. Madame préfère le thé au jasmin, avec un sucre. Pour Quinn, il faut des œufs brouillés et du bacon cependant attention elle ne supporte pas quand ils sont cuits dans la même poêle. Quant à Frannie, un bol de céréales fait l'affaire.

Je soupire, c'est la moins compliquée de tous et il faut que ce soit elle qui parte.

Six heure sonne. Je réchauffe les petit-déjeuner. J'ai déjà eu le temps de faire un peu de ménage dans le salon et la salle à manger. Je me félicite de mon efficacité.

Le monde se lève. Sans un merci ils mangent. Je ne m'attendais pas à mieux.

« Excusez-moi puis-je monter dans vos chambres pour faire le lit ? »

Je fixe Quinn, elle réfléchit et accepte. Je me dépêche et fais le tour des pièces.

La chambre de Quinn est magnifique. Des photos sont accrochées partout au mur, de même que des dessins. Les livres sont classés par ordre alphabétique, les cds aussi. Un ordinateur portable est négligemment posé sur le lit. Je le saisis et le dépose sur le bureau immaculé. C'est très propre et je ne sais pas pourquoi mais je me sens bien ici. Je regarde la vue. Elle voit toute ma chambre et si elle fait attention, elle me voit sortir de la douche. Il faut vraiment que j'investisse dans un rideau.

« Je croyais que tu étais là pour faire le lit, pas pour fouiner.

-Excuse-moi Quinn. »

Je m'applique à mon travail. Elle m'observe. Cela lui plaît-il que je sois sa bonne ? Je lui rends son regard mais sa tenue me déstabilise. Je n'avais pas encore remarqué son pyjama. Un short court dévoilant des jambes musclées, un t-shirt large qui laisse apercevoir son épaule gauche et sa clavicule. Inconsciemment je me lèche les lèvres. Une poussée me ramène à la réalité, elle m'a vue. Je fuis.

Quinn

21 Octobre 2011 : Elle était nue ce matin. Elle s'est léché les lèvres. Dieu priez pour moi !

Rachel :

Je débarrasse rapidement la table. Je suis perturbée et ne fais pas spécialement d'effort pour le cacher. De toute façon même s'il pense que c'est la faute de Quinn, ils n'interviendront pas. Je ne réalise toujours pas ce que j'ai fait. Bien sûr, je connais ces tendances chez moi. Tina a même accepté de m'embrasser une fois, pour que je sache. Et j'ai su. J'ai su la sensation agréable de lèvres fines. J'ai sentis sa peau douce. J'en ai voulu plus. Tout cela dans un baiser alors que je n'aimais pas mon amie et qu'elle n'était pas désirable à mes yeux. Tina est jolie, très jolie mais c'est tout. Je n'ai aucun papillon dans le ventre quand je la vois, quand je la voyais. Alors que ce matin, avec Quinn, c'est inexplicable. Je l'ai voulu, fort. Mon corps s'est contracté. Ma bouche s'est asséchée, ma poitrine a explosé.

Je secoue la tête et m'occupe des dernières tâches. Il est sept heure trente et nous sommes prêtes.

« Berry, tu prendras le vélo dans le garage. Je ne veux pas qu'on m'associe à toi. »

J'acquiesce en détournant les yeux. Sa tenue de Cheerio n'est pas adaptée pour moi. Je suis mal.

Je suis habituée au vélo, pédaler ne me demande pas d'effort particulier, cela me fait même du bien. Après les derniers événements, un peu de sport évacue ma frustration et mon angoisse.

Par chance je ne me perds pas et arrive un peu en avance. Assez pour passer prendre mon emploi du temps au secrétariat, trouver mon casier et assister au spectacle le plus étonnant qu'il m'aie été donné de voir.

Connaissez-vous Moïse ? Moi oui, je vis avec elle. Quinn Fabray est dans la place. Les étudiants se séparent en deux groupes pour la laisser passer. Je comprends la signification de reine. Elle nous éblouit tous et mon corps refait des siennes. Je sens presque mes pupilles se dilater et me plaque un peu plus contre les casier. Je veux disparaître. Ce n'est pas bien. Vraiment pas bien. A ses côtés, de part et d'autre d'elle, deux cheerios. Une blonde, grande, plus que Quinn. Elle semble loin d'ici mais pas parce qu'elle méprise son entourage, juste parce qu'elle est loin. Une brune, à l'allure hispanique. Légèrement plus petite que sa capitaine. Elle toise le monde comme s'il était fait d'insectes.

Quinn me voit. Je ne respire plus. Elle sait, elle a compris. L'hispanique me remarque à son tour. Elle me jauge et vient vers moi.

«Santana Lopez. Bitch en chef. »

Pire que Quinn, c'est possible. Apparemment oui, elle plaque un élève qui l'a regardé de trop près.

« Écoute hijo de puta. Pose encore une fois tes yeux de looser sur moi et je t'arrache les couilles à la pince à épiler ! »

Je sursaute, Quinn sourit.

« Bon toi, t'es qui ?

-Ra...Rachel Berry. Je suis nouvelle.

-Je sais que tu es nouvelle ! Je sais tout. Pigé, incline toi devant nous ! Tu n'as pas compris ? Fais-le !

-On n'a pas le temps S. Si nous sommes encore une seule fois en retard en cours de maths. Four-eyes nous susprendra.

-Mouais, à tes ordres capitaine ! Au fait le Hobbit, elle c'est Brittany. Touche-là et ce lycée devient ton enfer. »

Elles s'éloignent suivi de leur cortège de footballeur. Je crois que pour le havre de paix, c'est mal parti.

« Impressionnantes, n'est ce pas ? »

Je me retourne et vois un garçon assez efféminé, suivi d'un autre en fauteuil.

« Oui, elles sont toujours comme ça ?

-Santana a le sang chaud. Brittany est dans son monde. Celle dont je me méfie le plus c'est Quinn. Elle est comme un lac gelé. Tranquille, froid, glacial mais tranquille. Et puis un jour la surface craque et ça te tue.

-Drôle de métaphore, mais on comprend bien. Rachel Berry. Je lui tends la main.

-Kurt Hummel.

-Arthur Abrams, mais tout le monde m'appelle Artie.

-Savez-vous où se trouve la salle B356 ?

-Cours de maths ? Moi aussi, nous avons la chance d'avoir cours avec l'Unholy Trinity, me dit Kurt

-La quoi ?

-Unholy Trinity répète Artie, Quinn, Santana et Brittany. Je vous laisse j'ai cours de géométrie. On se voit pour le déjeuner ?

-Bien sûr. Rachel, tu te joins à nous ?

-Avec plaisir. »

Nous allons en cours, nous parlons un peu du lycée. Il se contente de me répéter ce que m'a dit Quinn hier et de m'expliquer d'où vient le surnom accordé au trio. Elles viennent toutes trois de famille très catholiques, pourtant ce sont de vraies peste. Dés lors, on a renversé le mythe religieux pour qu'il leur soit plus conforme. Elles savant qu'on les appelle comme cela, elles en sont fières. Arrive la question fatidique :

« Et tu habites où ? »

La cloche sonne et je remercie le ciel. Je fais un signe comme quoi il est trop tard pour répondre. En fait le professeur se nomme M. Stewart. Le cours est intéressant et je participe plusieurs fois. J'ai un bon niveau en mathématique, et je trouve l'enchevêtrement des équations plus fascinant que terrifiant. A la suite d'une bonne réponse, il commet une grave erreur de mon point de vue :

« Je suis heureux de recevoir une bonne élève parmi nous. Si tout le monde pouvait s'appliquer aussi bien. N'est ce pas Miss Fabray ? Je suis sûr que vous n'avez rien écouté de la réponse de Miss Berry. Pouvez-vous répéter ?

-Non mai puisqu'elle aime tant parler. Elle peut le faire à ma place. Elle est habituée à recevoir mes corvées. »

Je me glace. Elle n'a pas osé. Kurt me regarde étrangement, ne comprenant pas la phrase.

« Il suffit de votre impertinence Miss Fabray. Chez le proviseur, tout de suite ! »

Alors elle se lève, avec nonchalance, rassemble ses affaires et passe devant moi. D'une horrible manière. Elle secoue légèrement sa jupe juste devant mon nez. Je vois tout et ne peux m'empêcher de la suivre du regard. Je suis tout sauf discrète. Elle sait l'effet qu'elle me fait. Elle en est fière.

Je ne parle plus de la matinée. Je veux oublier, juste oublier. Kurt ne tente pas de me faire élucider sa dernière phrase. Il a saisi que je n'étais pas bien.

Au midi je rencontre d'autre de ses amis. Blaine avec qui il est secrètement en couple. Marley qui est en première année, Sugar qui est riche mais tellement insupportable qu'elle fait quand même partie des loosers, Rory un jeune irlandais, et Unique un malabar black à la voix douce. Ils chantent tous, ils font partie du glee club. La chorale du lycée, pas très populaire.

« En parlant de ce qui est populaire ou pas, regardez qui voilà, annonce Kurt. »

Quinn et sa suite s'installent. Il semblerait même que la table leur soit réservé puisqu'il n'y avait personne d'attablé malgré le nombre conséquent d'élèves. J'observe Quinn à la dérobée, j'espère qu'elle appréciera son sandwich.

« Voyez la reine. Elle tripote son repas dans tout les sens. Elle ne sait même pas ce qu'elle mange. Je suis sûre que ce n'est même pas elle qui prépare ses repas, méprise Kurt

-Qui sait peut-être même qu'elle a une servante. Chez les Fabray rien ne m'étonne ! »

Je baisse la tête à cette intervention de Blaine.

« C'est toi, déclare Marley en me fixant. Je lève la tête. La fille au pair. Elle en parlait la semaine dernière à Santana.

-Qu'est ce que cela peut faire ?

-Attends Rachel, tu sers Quinn Fabray ? Demande Artie. »

Je sors de table, je ne veux pas être rabaissée à ça. Je ne veux pas n'être que ça.

Quinn

Rachel sort de table telle une furie. Est ce mon numéro de tout à l'heure qui lui fait encore de l'effet ? J'avoue être fière de moi sur ce coup. Je pouvais presque sentir son corps chauffer. C'est de sa faute, si elle n'avait pas fait ça ce matin.

Je la suis du regard. Et en envoie un autre, noir, à la table qu'elle vient de quitter. Je viens de décider que Rachel était mon objet personnel. Pas touche à ma propriété.

Je me calme et déguste mon sandwich. Berry se débrouille pas mal, vraiment pas mal.

Rachel

Cela doit bien faire une demi heure que je pleure dans les toilettes. Je me sens humiliée comme jamais et commence à imaginer mon père à la ferme. Je le vois creuser à la pioche, trouver un geyser de pétrole. Nous serions riches, je quitterais cet endroit. J'ai l'impression d'être chez les Fabray depuis des années alors que cela ne fait qu'un jour. Je veux que Dieu existe, qu'il me sorte de ce pétrin.

« Rachel ? Rachel, c'est Marley. C'est toi qui pleure ? On ne voulait pas te blesser. Je ne voulais pas te blesser. Si j'avais su, c'est sortit tout seul sans que je fasse attention à la formulation. S'il te plait, pardonne-moi. »

Elle ne sait plus quoi dire et je sors. Je vois qu'elle est peinée, elle ne voulait certainement pas me mettre dans l'embarras. A vrai dire elle semble plus gênée que moi.

« Rachel, je sais ce que c'est de faire tout ce qu'on peut pour gagner assez d'argent pour vivre. C'est un secret pour personne ici, que ma mère et moi ayons des difficultés.

-Arrête de t'excuser. Ce n'est pas grave, c'est moi qui ai réagis bêtement. Je suis fille au pair pour la famille de Quinn, en effet.

-Elle est correcte avec toi ?

-Elle ne m'adresse pas la parole, cela me va très bien.

-Viens par là Rachel. »

Elle m'enlace, doucement et je me laisse aller. Le sourire aux lèvres. A cet instant je n'ai plus peur de l'enfer promis par Santana. Je suis juste bien.

Soudain la porte s'ouvre. Quinn. Elle reste figée à notre position. N'a-t-elle jamais vu deux personnes dans les bras l'une de l'autre ? Ses deux lieutenants la suivent. Brittany devient rêveuse en regardant une porte de toilette et Santana lui donne un coup de coude. Un léger sourire aux lèvres.

Marley fait profil bas, me prend la main, l'on sort.

Au détour d'un couloir, l'on croise le type à crête et Finn. Marley m'apprend que le premier s'appelle Puck. Elle ne connaît pas son véritable nom, tout le monde l'appelle Puck. J'apprends aussi que Finn est le frère de Kurt. Par alliance du moins, leur parents se sont mariés l'été dernier. Kurt n'en parle pas beaucoup.

Le reste de la journée se passe tranquillement. Je me fonds dans la masse, j'apprends à qui je peux faire confiance, à qui je ne dois sous aucun prétexte adresser la parole si je veux garder un tant soit peu d'honneur. Il semblerait que Puck soit de ceux là, il désire tout ce qui bouge et parvient toujours à ses fins. Pourtant quand il regarde Quinn, je ne vois pas en lui le garçon affamé que tout le monde décrit. Juste un amoureux. Un amoureux jaloux qui regarde son « frère » comme s'il allait le tuer. Il me fait froid dans le dos.

Je suis de retour dans la maison Fabray. En une heure j'ai fini mes devoirs, ensuite j'astique de fond en comble la demeure et prépare le repas.

Les jours passe, c'est toujours le même quotidien. Je me suis inscrite au glee club.

Quinn

18 Février 2012 : Finn m'a quitté. Il en aime une autre. Il a refusé de me dire qui elle était mais ce n'est pas dur de deviner. Rachel. Si tu voyais comme il la contemple. Il n'a jamais réussi à le cacher. Il la désire comme jamais il ne m'a désirée moi. Moi il me craignait, ses yeux me renvoyaient toujours une lueur de peur. Quand il la fixe elle, il n'y a que tendresse et affection.

N'a t-il pas compris qu'elle était mienne ?

01 Mars 2012 : Son rideau est cassé. Elle était encore nue ce matin. Dieu aide moi.

03 Mars 2012 : Comment fait-elle ? Elle accepte tout sans broncher mes remarques, mes insultes, mes humiliations. Au lycée tout le monde sait qu'elle est ma bonne et qu'elle travaille pour un salaire de misère. Pourtant, elle sourit toujours et garde la tête haute. Je la hais.

04 Mars 2012 : Je suis passée devant l'auditorium aujourd'hui. J'ai entendu une voix. C'était Rachel. Elle m'a hypnotisé. Je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi beau.

20 Mars 2012 : J'ai relu mon journal aujourd'hui. En entier. C'est fou ce que l'on peut être de mauvaise foi. Même ici je joue la comédie.

Je ne déteste pas Rachel. Mais elle est avec Finn maintenant.

06 Avril 2012 : J'ai couché avec Puck.

10 Avril 2012 : J'ai surpris mon père avec une autre femme.

15 Avril 2012 : J'ai du retard.

Rachel

Finn me prend la main. Cela fait bientôt un moi que nous sommes ensembles. Il est parfait, doux, attentionné, gentil. Grâce à lui, j'ai abandonné mes idées saphiques. Le baiser de Tina n'était rien, quant à Quinn aucun être humain ne peut rester de marbre devant elle. Du moins, j'essaie de m'en persuader. Il me rassure et je n'ai plus peur d'aller au lycée à présent. Bien sûr nous avons gardé nos amitié respectives. Je suis toujours fidèle à Kurt, Blaine, Marley, Sugar, Rory, Unique et Artie. Lui reste avec son équipe de football. Ses coéquipiers ne prennent pas notre relation trop mal, et Finn peut toujours assurer son statut de Capitaine.

Puck est ravi de notre couple. Quinn est libre. Malheureusement pour lui, on dirait que Evans est intéressé lui aussi. C'est à celui qui aura le regard le plus charmeur. Cela me flatte, Finn a quitté la plus belle fille du lycée pour moi.

La journée passe extrêmement vite. Je m'amuse beaucoup au glee club. J'aime les applaudissements qui suivent chacun de mes solos. C'est une délivrance, je vaux autre chose qu'être la bonne personnelle de Quinn. En effet, si au lycée elle me fuit comme la peste, chez elle, elle ne cesse de me suivre et de me commander. Je ne travaille que pour elle, quoi que travailler est un bien grand mot. Elle me donne de petites choses à faire pour dire d'être près de moi et se met à paniquer dés qu'elle n'a plus d'idée. La situation est compliquée, en même temps elle accapare toute mon attention, mais je dois aussi assurer les tâches que me confie Monsieur. Et je ne sais jamais qui faire passer en priorité face à ces forts caractères. Surtout en ce moment, je ne sais pas ce qu'il se passe mais il sont toujours en conflit, voulant montrer l'étendue de leur pouvoir. Aucun cri mais des menaces sourdes, non-dites. C'est encore plus effrayant.

Je suis seule dans la demeure. Monsieur travaille, Madame avait rendez-vous avec des amies et Quinn doit être à la plage. Je m'inquiète un peu pour elle en ce moment. Parfois quand je l'observe sans qu'elle s'en aperçoive, elle semble perdue. Ce ne peut pas qu'être l'effet de sa rupture avec Finn. Elle a gardé tous ses amis et sa réputation n'a pas été entachée. Santana s'en est assurée. Néanmoins, elle me donne l'impression d'une bête que l'on traque.

Je commence le ménage et décide de monter m'occuper des chambres. Je sais que celle de Quinn attendra un peu, ne jamais rentrer sans son autorisation.

Alors que je suis sur la dernière marche, j'entends des pleurs. Je me fige et essaie de percevoir d'où ils proviennent.

La chambre de Quinn. Quinn pleure. Mon monde s'écroule. En tout cas, j'ai cette sensation-là. C'est assez étrange.

Je ne me pose pas plus de question et toque doucement.

« Quinn, c'est Rachel. Je ne dirais rien promis mais qu'est ce que tu as ? Je parle à une porte, j'espère que Quinn me répondra.

-Tu devrais te réjouir pourtant. Tu me détestes !

-Ne dis pas de bêtises. Tu sais que ce n'est pas vrai. Tu me fais vivre un calvaire, vraiment ! Je suis devenue ton petit chien moi qui prônait encore il y a quelques mois que Rachel Berry n'appartiendrait à personne ! Tu me fais vivre un calvaire et pourtant je suis là à parler à une porte, inquiète. Qu'y a-t-il Quinn ? »

La porte s'ouvre, laissant apparaître une blonde fragile et fatiguée de pleurer. Instinctivement, une fois la pièce close je la prends dans mes bras et la serre fort. Je risque tout en agissant ainsi, mais c'est plus fort que moi. Étonnamment, elle se laisse aller, et s'agrippe à moi tandis que ses larmes coulent. Nous restons comme pendant de longues minutes.

« J'ai fait une...une bêtise Rach ! Elle hoquette à cause de ses sanglots mais je suis heureuse de reconnaître mon prénom. Elle a au moins abandonné le Berry. J'ai... Puck...pendant une soirée...

-Quinn, ça va aller. Je ne comprends pas ce que tu dis. Calme-toi.

-J'ai couché avec Puck pendant une soirée et j'ai du retard. »

Elle dit cela d'une traite et place maintenant sa tête dans mon cou. Elle me serre plus fort. Je suis une bouée. Le temps de traiter l'information, je lui caresse le dos. Et moi qui pensais Puck amoureux. Il la voulait comme tous les autres, c'était juste ça. Il devrait recevoir un oscar pour le meilleur salaud qu'on ait vu dans la vraie vie. Car, Quinn qui pleure, c'est la vraie vie. Nous ne sommes pas au cinéma ou dans un spot publicitaire rappelant l'importance du préservatif.

« Calme toi, Quinn. Chut, je suis là. Je ne t'abandonnerai pas.

-Moi je l'aurais fait.

-Tu n'es pas moi. »

Je la couche, sèche ses dernières larmes avec mon pouce puis court à la pharmacie. Évitons les conclusions trop hâtives. Une femme peut avoir du retard pour plein d'autres raisons. Elle n'est pas forcément enceinte.

Je suis un peu gênée quand je me retrouve devant l'employé, mais je ne me démonte pas. Il me regarde, l'air désolé. Je paye puis cours le plus vite possible.

Je monte les marches quatre à quatre, rentre sans prévenir et empoigne Quinn. Je la mène jusqu'aux toilettes et lui tend le test.

Il faut attendre dix minutes avant de connaître le résultat. Nous retournons dans sa chambre et nous asseyons sur le lit. Je lui prends la main. Elle a peur.

Soudain elle crie de joie. Le test est négatif. Elle saute et me prend dans ses bras. Nous nous regardons. Quelque chose a changé.

Quinn

15 Avril 2012 : J'ai du retard. Mais je ne suis pas enceinte. J'ai fait le test, il s'est révélé négatif. Rachel était là pendant tout ce temps. Elle m'a réconforté et s'est réjouit pour moi. Je lui ai donné mon book. Celui avec toutes mes photos. J'espère qu'elle comprendra qui je suis, il n'y a que derrière l'objectif que je ne mens pas.

Rachel

Depuis l'incident et la séquence émotion, nos rapports ont changé. Au lycée elle ne me connaît toujours pas. En même temps je passe de plus en plus de temps avec Finn. Je crois qu'il attend quelque chose de moi. Je veux me tromper.

A la maison, elle est plus agréable. Je travaille toujours pour la famille, je m'occupe toujours de tout mais elle essaie de détendre l'atmosphère. Du moins quand nous sommes toutes les deux. Quand Monsieur est là, c'est l'URSS contre les États-Unis. Tout est dans les corps qui se tendent, les crispations de mâchoires, les poings qui se serrent. Madame ne voit. Elle ne veux pas voir.

La publicité américaine est finie et cette famille volent en éclat. Lentement, très lentement elle se déchire. Et moi je suis là, au milieu regardant Quinn et son père tirer sur les liens jusqu'à ce qu'ils cèdent, un à un.

Je rejoins enfin ma chambre, décorée par Quinn. Elle a fait un travail magnifique. A mon elle père son temps à vouloir poursuivre des études de commerces après le lycée. Elle est tellement douée de ses mains et puis sa façon de voir le monde à travers son appareil photo est unique. J'ai découvert son univers grâce à l'album qu'elle m'a donné. Il est magnifique, d'ailleurs l'une de ses photos montrent l'Unholy Trinity. J'en doutais mais non, ces filles là sont bien amies. Leurs sourires ne trompent pas.

Quinn

15 Juin 2012 : Finn la veut. C'est hors de question.

20 Juin 2012 : Elle est heureuse, elle va assister à son premier bal de fin d'année. Elle espère pour moi que je sois élue Reine. Selon elle je le mérite. Selon moi, il n'y a pas pire reine que moi.

Rachel

Nous y sommes. C'est le grand soir. Je suis excitée vraiment. Kurt m'a choisi une robe magnifique, et j'avoue que mon reflet me plaît.

Exceptionnellement, je n'ai pas de corvée ce soir. Je suis libre, enfin. Sur ma table de chevet je regarde la photo de mes pères et moi. Quinn l'a encadrée. Elle a fait le contour elle même. Je souris en pensant au début de mon séjour. A ses insultes incessantes sur ma famille atypique. Maintenant, elle aime que je lui en parle. Elle est avide de savoir de nouvelles choses, sur nous, sur moi. Elle m'a prise dans ses bras quand je lui ai raconté la mort de papa H. Elle semblait elle même profondément bouleversée. De même, elle est toujours là quand je reçois des lettres de papa L. Elle me soutient. Moi qui voulait le considérer comme mort, il me manque considérablement.

Finn va bientôt passer me chercher. Je crois que Quinn n'a pas de cavalier. Elle se dit assez forte pour y aller seule. Les femmes n'ont pas besoin des hommes. Je monte les escaliers. Impatiente de voir sa tenue. J'entre sans faire de bruit. Cela fait un moment qu'elle m'a autorisée à faire comme chez moi dans son espace. Soudain, j'entends une voix. Mélodieuse, très mélodieuse. Quinn chante ! Et comme elle chante ! C'est fin, c'est juste, c'est fragile. C'est Quinn. Pas la reine, la vraie Quinn.

Connaissant la chanson, je ne résiste pas à l'envie de mêler ma voix à la sienne. Elle est surprise mais je la supplie du regard de continuer à chanter. Alors elle fait. Notre duo est magique. Je lui dit et elle rougit. Quinn Fabray chante mais en plus rougis ! Suis-je vraiment éveillée ?

« Tu es splendide Rach' »

Je la remercie d'un mouvement de tête et l'observe à mon tour. Ce que je pensais avoir disparu avec Finn refait surface. Le corps qui se contracte, la bouche qui s'assèche, la poitrine qui explose.

« Je ne sais pas quoi te dire Quinn. Tu es au-delà des mots »

Je suis comme en transe, et me réveille avec peine. Elle ne dit rien, mais elle sait. Cela se sent. Elle continue de se maquiller et moi je reste plantée là. Je ne veux pas bouger, juste profiter de la vision qu'elle m'offre. C'est mal, j'ai un petit ami, il va venir me chercher. Il sera peut-être Roi, ce soir. Il le sera. Mais je reste là, avec mon envie de m'approcher, de la prendre dans mes bras...

Elle ne me chasse pas. Pourquoi ne me chasse-t-elle pas ? Elle a vu mes yeux s'assombrir elle sait ce que je veux. Et pourtant, elle ne dit rien, et lascive elle continue à se préparer.

Enfin, elle termine. Elle s'avance vers moi, dépose un baiser sur mon front puis descend jusqu'à mon oreille. J'ai chaud puis prends une douche froide. « Finn » murmure-t-elle. Elle m'adresse un sourire désolé. Elle descend.

On sonne, j'accours. Peut-être plus par habitude que par réelle envie de le voir. Je ne sais plus ce que je veux.

Il est là, grand, élégant. Il me sourit et m'embrasse. Chastement. C'est ce que j'aime chez lui sa douceur. Il demande à Quinn si elle ne veut pas monter avec nous. Elle décline l'invitation et nous partons.

« J'espérais un peu qu'elle dise non, avoue-t-il. Je veux passer le maximum de temps avec toi et toi seule. »

Cette déclaration me fait fondre et j'oublie Quinn.

Le lycée est métamorphosé. On ne le reconnaît plus. La fête a lieu dans le gymnase et je peux dire qu'elle bat son plein. Le groupe de musique loué pour l'occasion met l'ambiance et même sans alcool les élèves s'amusent. Quoique j'en soupçonne quelques-uns d'avoir apporter une fiole d'eau de vie.

Finn n'est pas le meilleur danseur du monde mais l'on voit qu'il s'applique. Pas une seule fois il ne m'écrase les pieds. Ce qui-compte tenu de sa grande taille- aurait été plus que douloureux. Je retrouve Kurt et les autres un peu plus loin. Eux aussi s'amusent. Nous parlons avec animation pendant près d'une heure -Finn a rejoint son équipe- quand le principal apparaît. C'est l'heure des résultats. Je lance un clin d'oeil à mon petit ami qui vient vers moi.

« Je veux être avec toi quand on me prononcera Roi. Dommage que tu n'es pas voulue te présenter nous aurions été magnifique. »

Il m'embrasse et je soupire d'aise.

« Chers jeunes gens, commence le directeur, je sais que vous attendez avec impatience de connaître votre Roi et votre Reine. Avant toute chose, je dois féliciter tous les candidats pour leur campagne. Chacune a été mené avec respect, et fair-play. Bien je ne fait pas durer le suspens plus longtemps mais encore une chose. Sachez que je suis fier de vous avoir pour élèves, et à ceux qui partent je vous souhaite du courage, de l'ambition et surtout de la réussite !- ce petit discours est applaudi par tous, il demande alors le calme en levant la main. Bien, nous allons être gentleman. Place aux filles. Roulement de tambour Edward. La reine de la promotion 2011-2012 est Quinn Fabray ! »

Un tonnerre d'applaudissement se fait entendre mais je suis déjà loin. Elle monte les marches avec une élégance rare. Elle est à coupé le souffle, tout simplement divine.

Je crois qu'on annonce le nom de Finn. Il m'embrasse mais je n'y réponds pas. Il n'y a qu'elle, c'est mal.

Un slow se fait entendre et ils dansent ensemble. Je ne sais même plus de qui il faudrait être jalouse.

Perturbée je sors. Il fait froid mais peu importe. La fête a redémarré. J'entends les rires.

« Tu vas attraper froid ma chérie. Tu es sûre que tout va bien ?

-Oui, ne t'en fais pas Finn. Je me sentais juste un peu oppressée. Heureux dans ton nouveau rôle de Roi ?

-Oui. Je t'aime Rachel, tu le sais ?

-Je t'aime Finn.

-J'aimerais te parler, mon amour. Pour notre avenir. Je sais que tu attend une réponse de la NYADA et j'ai postulé à plusieurs université de New-York. Est ce qu'on pourrait parler dans ma voiture ? Il fait froid ici et dedans on ne s'entendra pas.

-Bien sûr »

Et je le suis, plus amoureuse que jamais. Il veut un avenir avec moi. Dans la voiture, il me parle des opportunités dont il peut bénéficier. Nous débattons pour savoir laquelle serait le plus adapté à notre couple. Je suis heureuse.

Soudain mon siège se met en position allongé et Finn s'excuse immédiatement. Il rit de sa maladresse, il a appuyé sur un mauvais bouton. Il me fait ce petit sourire en coin. Image de l'innocence même. Il ne me relève pas tout de suite.

« Tu es belle Rachel. Il s'allonge lui aussi et franchit la distance entre nos lèvres. Tu es magnifique. »

Ses mots sont doux mais je suis mal à l'aise dans cette situation. La voiture est cachée par des arbres. Et même si j'ai confiance en lui, ses caresses ne me disent rien qui vaille.

« Stop Finn, non je ne veux pas.

-Mais Rach, tu m'aimes et je t'aime ! Nous sommes seules, il n'y a ni Kurt, ni Quinn. Juste toi et moi. »

A l'écoute du prénom féminin, je me fais plus ferme.« Non, Finn ! » Cependant lui aussi, il agrippe l'une de mes cuisses et se redresse pour venir sur moi. J'ai beau me débattre, sa force est telle que je me retrouve prisonnière. Il m'embrasse, et je cris. Je ne veux pas. J'ai peur.

Soudain, un énorme son d'éclat de verre se fait entendre. Quelqu'un a brisé le pare-brise.

« Dégage de là Hudson ! Si tu la touches je te tue ! »

C'est la voix de Quinn, elle est avec Santana et Brittany. Surpris Finn me laisse un espcace et j'en profite pour filer à travers la vitre cassée. Il ne me retient pas. Je me réfugie derrière Quinn, ma robe est déchirée.

Aucune parole n'est émise sauf les excuses de Finn. Il me pensait prête et n'a insisté que parce qu'il croyait que c'était de la lâcheté de dernière minute. Je ne sais même pas si je peux le croire. Je pleure et Brittany me passe une main dans le dos. Il part et Quinn et moi regagnons sa voiture.

«Je suis désolée Rachel. Je savais que cela arriverait tôt ou tard, j'aurais dû te prévenir. S'il m'a quitté c'est pour toi, mais aussi parce que je me refusais. Alors quand il a appris pour Puck, il était fou de rage et décidé à t'avoir toi.

-Tu n'es pas Finn, c'est un crétin. Tu n'es pas Finn, Quinn. »

Je presse sa main et elle démarre. Nous faisons le tour de la maison pour arriver directement à mon abri. Elle est gênée et ne sais pas quoi faire. Quant à moi, je ne sais pas ce que je ressens. Encore un peu de peur, de honte à m'être fait avoir ainsi, de fierté aussi. Quinn m'a sauvé. Je suis assez importante à ses yeux pour qu'elle ait pris la peine de me chercher.

« Je ne t'ai pas vu danser de slow, me dit tout à coup Quinn.

-En effet, je n'en ai pas dansé.

-Il faut y remédier. »

Elle fouille dans mes cds, en prend un et le met dans la petite chaîne qu'elle m'a donné. Une musique lente et douce s'échappe du poste.

« Mlle Rachel Berry, voudriez-vous me faire l'honneur de danser avec moi ? »

Je ris et prends sa main tendue. Elle m'approche d'elle et se pose sur mes hanches. Je ramène mes bras autour de son cou. Nous dansons, seules, dans ma chambre. J'ai la tête posée contre son épaule et elle respire mes cheveux.

Je relève mon regard vers elle et croise ses iris si particulières. Elle s'avance jusqu'à ce que nos nez se touchent.

« C'est trop tôt Quinn. »

Elle hoche la tête, compréhensive.

C'est trop tôt, mais nous savons. Nous savons qu'à partir de maintenant, il n'y aura plus que les bras autour de nous qui compteront.