Deux OS dans la même journée, je me surpasse. Et malheureusement ça ne va pas durer.

AVERTISSEMENT : âme sensible s'abstenir de lire ce qui va suivre.

Vraiment.

Vous êtes prévenus.

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Akito était pareil à un enfant.

Il était cruel dans son égocentrisme.

Il était dans l'exclusivité et la recherche du plaisir immédiat.

Mais surtout comme un enfant tout nouvel objet, nouvelle découverte l'enthousiasmait, l'envoutait, et il en oubliait tout le reste.

La différence majeure cependant était qu'avec Akito cela prenait des proportions très différentes, à une échelle bien plus importante, bien plus sadique.

A un degré scientifique, entendez par là expérience sur cobaye en labo ou plutôt en pavillon du chat.

Ainsi ces jours derniers Akito s'était découvert un fort intérêt pour l'art graphique, et plus particulièrement les tatouages. La façon dont ils restaient gravés dans la chair pour l'éternité, sublimaient leur support et soulignait l'habilité et le travail de l'artiste …

Ces motifs qui de par les croyances japonaises ancestrales devaient donner à leur propriétaire une protection spirituelle en se soumettant du même coup à Dieu, en lui offrant comme sacrifice la pureté de leur enveloppe corporelle.

Ces motifs qui permettaient à leur créateur de devenir l'espace d'un instant Dieu lui-même.

Soumission, suprématie. Cela avait forcement plu à Akito.

Et donc comme tout enfant sans retenu ni limite, comme tout Dieu humain qui veut s'élever toujours plus haut dans sa condition, Akito avait exigé à son tour de pouvoir pratiquer cette forme d'art céleste.

Avec une plume mal aiguisée et un scalpel émoussé au lieu de la traditionnelle aiguille. A être trop facile où en serait le plaisir.

Son dos à lui comme toile d'essai.

Et non pas de l'encre de chine comme pigment industriel, non, juste son sang, beaucoup plus naturel.

Ce jour-là il s'était réveillé étrangement. Déjà il était allongé sur le ventre et non recroquevillé en chien de fusil comme c'était son habitude. Il était nu jusqu'à la taille également. Et puis il ne pouvait bouger ni les bras ni les jambes.

Et tout était embrumé. Il ne parvenait pas à totalement émergé de son sommeil.

C'est pourquoi il mit quelque temps avant de se rendre compte de la présence de personnes dans la pièce. Parmi lesquelles Akito.

Etrange.

Il ne voyait qu'une seule explication : il avait été drogué plus tôt dans la matinée.

Il ne mit pas longtemps à découvrir les desseins de son bourreau cependant. Et le pourquoi il était maintenu dans cette position.

Il fallait qu'il reste le plus immobile possible pour ne pas gâcher le travail à venir de l'artiste, du ''maitre''. Pour éviter qu'il se débatte. Pour que rien ne vienne déranger la concentration d'Akito.

Dommage qu'ils n'eussent pensé à coupler la drogue avec un anesthésiant local. Mais apparemment que le chat sente chaque incision, chaque ciselure et arabesque n'était pas dans les préoccupations premières d'Akito.

Et son supplice avait duré toute la journée, sans aucune pause qui lui aurait permis de mettre à distance l'horrible brûlure que tout son dos était devenu, pour lui permettre de reprendre son souffle entre les hurlements de douleur et les sanglots qu'il ne cherchait plus depuis longtemps à dissimuler.

Cet exercice avait duré une partie de la nuit également, jusqu'à ce qu'Akito se lasse ou plutôt soit déçu par le résultat.

Pourtant cela ne l'avait pas empêché de revenir le lendemain, le coffret en bois laqué en main.

Et deux domestiques avec lui. Deux hommes qui l'avaient saisi et attaché une nouvelle fois au battant du lit, laissant ainsi libre champ à Akito pour poursuivre son ouvrage.

Ce qu'il avait fait tout aussi énergiquement que la veille mais aussi très différemment. Car l'objectif en était très différent.

Ce qui avait été de l'ordre de la création la veille était maintenant de l'ordre de la destruction.

Avec du papier kraft.

Effacer.

Râper.

Poncer.

Jusqu'à ce qu'il ne reste rien. Pas même un morceau de peau.

Et ce qu'il avait traversé la veille en termes de souffrance avait été menu fretin face à l'agonie qu'il ressentit ce jour-là.

Il n'avait pas tenu compte du nombre de fois où il s'était réfugié dans l'inconscience pour se réveiller une nouvelle fois dans cet enfer sans fin dont il n'avait que trop conscience.

Il ne connaissait plus rien en dehors de la douleur. Il avait cru devenir fou plus d'une fois. Il avait perdu la notion de temps, d'espace, de raison. Il avait perdu sa capacité à se retrancher, à mettre de la distance avec ce qui se passait.

Il n'était plus que ça. Souffrance. Une même entité, une parfaite communion.

Seul les ricanements mauvais d'Akito et son souffle sur sa nuque tandis qu'il s'activait sur lui lui avait permis un tant soit peu de garder pied dans la réalité.

En finalement alors qu'il n'y croyait plus, alors qu'il n'en pouvait plus, suppliant Kazuma, Shigure, n'importe quel maudit de venir à son secours, finalement cela s'était arrêté.

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Il avait été corrigé plus tard.

Pour être un si mauvais élément, un piètre support au vue des expectatives de l'artiste.

Et il ne pouvait qu'être d'accord sur ce point.

Akito était un artiste.

Dans sa folie, dans son sadisme il en était même passé Maitre.

Et son dos à présent marqué, boursoufflé par les cicatrices et les brûlures laissées par l'instrument de torture qu'était le papier kraft était là pour en témoigner.

Mais Akito était avant tout un auteur. Et l'histoire qu'il créait était celle de sa vie. Avec un nouveau chapitre inédit chaque jour qui s'écoulait, et un autre pour chaque jour à venir.

Un artiste qui ne manquait jamais d'innover, sans jamais de panne d'inspiration.

Un artiste motivé.

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Bon ok sur ce coup-là je me suis surpassée dans le sadisme et l'horreur. Mais j'avais prévenus !