Salut les gens !

Merci de continuer à me suivre. Je m'excuse à l'avance pour les fautes, je rêverais d'avoir un.e beta (si seulement, snif).

J'espère que ce chapitre va vous plaire. Des bisous !

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Le reste de la semaine se déroula bien mieux. La tension entre ses deux acolytes ne s'était pas complètement dissipée mais leurs rapports étaient redevenus nettement plus cordiaux.

Ils finirent par trouver le dernier ingrédient qui leur manquait et une fois de retour chez eux, Gabriel accepta presque de bon cœur de leur céder un peu de sa grâce, ce qui annula tous les bienfaits de son repos de la semaine passée. Leur redoutable efficacité fit des miracles une fois encore et ils revinrent victorieux de leur voyage dans l'autre réalité, leur mère et Jack à leurs cotés.

Ce fut l'effervescence au bunker. Après les embrassades et l'euphorie générale, le plus jeune leur expliqua comment, aidés de Bobby, ils avaient réussi à repousser Michael. Mais pas à l'abattre, malheureusement.

- Jack, on doit te présenter quelqu'un, l'informa finalement Castiel. Ton oncle, l'archange Gabriel.

Une fois arrivé devant la porte de la chambre, l'ange toqua brièvement avant d'entrer avec le reste de leur petite troupe. Leur hôte se trouvait assis au bord du lit, les pieds posés sur le sol, l'air particulièrement concentré. A leur arrivée, il leva les yeux vers eux et son regard se posa instantanément sur le plus jeune.

- Jack ! Mon neveu préféré ! Enchanté, je suis ton tonton Gabriel.

Sam leva les yeux au ciel et Dean émit un grognement de dégoût mais Jack sembla ravi.

- J'ai compris la situation en entendant les gloussements d'adolescente pré-pubère de Dean…

- Va chier.

-…et j'avais comme projet de venir t'accueillir mais mes jambes refusent toujours de faire ce pour quoi mon Père les a créées. Vous devez être Mary, devina-t-il en se tournant vers leur mère, la preuve vivante que Tatie et Lui sont toujours quelque part, probablement en train de siroter des mojitos sous les cocotiers. C'est ce que je ferais en tous cas. Je suis ravi.

- Est-ce que vous faites partis des gentils ou des méchants ? Le questionna froidement la blonde que les paroles enjouées de Gabriel laissaient visiblement de marbre. J'ai appris à me méfier des anges.

- Moi ? S'exclama-t-il en plaçant une main sur son torse d'un air faussement outré. Je suis un type super voyons ! Un vrai boyscout. Toujours prêt à me sacrifier pour sauver la veuve et l'orphelin.

Mary se contenta de le toiser avec dédain.

- Disons que…nous n'avons pas toujours été en bons termes mais que nos rapports se sont, comme qui dirait, améliorés dernièrement, pondéra Sam. C'est d'ailleurs grâce à lui qu'on a pu vous retrouver. Jack, est-ce que tu crois que tu pourrais le guérir ?

- Je peux essayer, lui répondit le jeune de sa voix candide et enjouée.

Jack s'approcha de Gabriel dont le regard semblait sur le point de lancer de véritables gerbes d'étincelles tellement ils pétillaient, et posa ses mains sur ses épaules. Une douce lueur jaillit avant de se dissiper quelques secondes plus tard.

- Voila. Je n'arrive pas aller au-delà, mais je pense que d'ici quelques jours tout sera rentré dans l'ordre.

- Merci Kid-o, le gratifia Gabriel en lui ébouriffant affectueusement les cheveux alors qu'un sourire rayonnant étirait les lèvres du nephilim. Je me sens déjà beaucoup mieux.

Effectivement, les poches sous ses yeux avaient presque disparu et son corps s'était considérablement épaissi, comme si sa masse musculaire s'était développée d'un coup. Il s'avéra qu'il pouvait de nouveau marcher. Avec difficulté et une certaine absence de grâce, certes, mais cela constituait tout de même une avancée considérable compte tenu de son état initial. Et cerise sur le gâteau, il avait retrouvé une bonne partie de ses pouvoirs. Il n'était pas encore capable de construire des mondes imaginaires complexes comme par le passé, mais il pouvait de nouveau créer de toutes pièces des structures physiques autres que celles qui préexistaient déjà.

Et toute la journée, les crises se succédèrent. A partir du moment où Gabriel eut retrouvé de sa puissance, il sembla avoir entrepris deux projets d'égale importance à ses yeux : gâter son neveu et emmerder Dean.

La chambre de Jack s'était vue remplir de divers objets, allant de l'écran de cinéma à la console dernière génération, en passant par des ours en peluche colorés de la taille de cabines téléphoniques. Il ne restait d'ailleurs plus beaucoup d'espace pour y circuler. Le bunker tout entier s'était transformé en confiserie géante, et l'on ne pouvait pas faire un pas sans croiser une fontaine de chocolat ou un saladier débordant de sucreries.

Vers midi, alors que Sam s'apprêtait à aller préparer à manger quelque chose qui ne les rendraient pas tous diabétiques, des cris qui s'élevaient de la cuisine attirèrent son attention. Il s'y dirigea en prenant soin de ne pas laisser ses vêtements rentrer en contact avec le banc de pingouins grandeur nature en barbe à papa qui encombrait le couloir et finit par découvrir la scène qui s'y jouait. Gabriel et Dean se tenaient de part et d'autre de la table sur laquelle reposait le cadavre d'une boite en plastique. Seules quelques miettes solitaires témoignaient de ce qu'elle avait contenu. Castiel se trouvait au côté du chasseur, une expression de détresse sur le visage. Jack quant à lui était assis sur l'un des meubles de cuisine, l'air captivé par leurs échanges tandis qu'il grignotait tranquillement une barre de nougat.

- Putain, je vais me le faire !

- Ah Sammy, te voilà enfin ! S'exclama Gabriel en l'apercevant. Ton frère est beaucoup trop méchant avec moi. Après tout ce que j'ai subi pour lui avoir sauvé les miches…qu'elle ingratitude.

- Tu m'as tué à répétition pendant des mois ! C'est pas parce que tu nous as aidé une fois, une petite fois de rien du tout, que ça efface le reste !

- De quoi tu te plains ? Tu ne t'en souviens même pas.

- En quoi c'est un argument ? C'est le principe qui compte !

- Et les principes de l'hospitalité tendraient à indiquer que l'invité a droit à la dernière part de tarte, lui répondit l'archange en se léchant consciencieusement le bout des doigts. C'est d'une simplicité déconcertante, même toi pourrais le comprendre si tu t'en donnais les moyens.

C'était donc là la raison de tout se brouhaha, se dit Sam. Une part de tarte que Gabriel aurait très bien pu se contenter de faire apparaitre du néant, comme tout le reste. Mais c'était sans compter sur sa volonté quasi compulsive de mettre Dean en rogne.

- Qu'est-ce que tu sous entends là ?

- Je crois que Tonton Gabriel remet en doute tes capacités intellectuelles, commenta Jack la bouche pleine.

- Exactement Kid-o, tu as tout compris, le complimenta chaleureusement l'archange. Prends exemple, grincheux, il n'y a pas de honte à apprendre de la jeunesse.

- Si tu crois que le fait d'avoir besoin de toi contre tes connards de frères m'empêchera de te botter le cul, tu te goures !

- Profiter de ma condition physique dégradée pour me menacer, c'est petit, même pour toi.

- Tu vas suffisamment bien pour me casser les couilles en tous cas !

- Ne me tente pas, répliqua Gabriel, une lueur menaçante dans le regard. Enfin, heureusement que Moose est là pour redorer le blason des Winchester. Lui s'occupe de moi. Il s'occupe, très très bien de moi, pas vrai Sammy ? Le questionna-t-il avec un clin d'œil coquin.

- C'est Sam.

- Oh, voyons, poursuivit-il d'un ton enjôleur, après la nuit qu'on a passé tous les deux serrés l'un contre l'autre, je pensais pouvoir me permettre cette petite familiarité.

- Et bien non.

- Sam…Sam, de quoi il parle ? L'interrogea Dean, une pointe de panique dans la voix.

- De rien. Tu fais chier Gabriel.

- Ca veut dire que tu ne me feras plus de câlin ?

Sam ne se fatigua pas à répondre et se contenta de le fusiller du regard.

- Plus de…plus de…

- Respire, Dean, l'encouragea Castiel d'un air concerné en lui tapotant l'épaule. Au moins, les derniers événements avaient semble-t-il fini par mettre un terme à leurs différents.

- Ne soit pas jaloux Dean-o. Je suis sûr que si tu lui demandes gentiment, Cassy t'en fera aussi. N'est-ce pas frérot ?

- Bien sûr, lui rétorqua l'ange en bombant imperceptiblement le torse, une pointe de fierté dans la voix. Dean et moi avons échangé des accolades à de nombreuses reprises par le passé, je ne vois rien qui nous empêcherait de recommencer.

Dean posa une main sur ses yeux en soupirant.

- Cas…n'en rajoute pas s'il te plait. Quant à vous deux, s'égosillât-il en pointant alternativement Sam et Gabriel du doigt, je ne veux rien savoir ! Et toi l'enfoiré de première, tu me dois une tarte aux pommes !

- S'il n'y a que ça pour te faire plaisir, répondit malicieusement Gabriel en claquant des doigts.

Après une journée à leur jouer des blagues de mauvais gout, à multiplier les sous-entendus graveleux, en particulier envers Sam, et à échapper aux tentatives de meurtre perpétrées par Dean, Gabriel finit par décréter qu'il devait encore reprendre des forces. Castiel lui avait alors fait remarquer avec raison que s'il n'avait pas gaspillé son énergie à mettre en place des stratagèmes pour faire sortir l'ainé des frères de ses gonds, il n'aurait sans doute pas eu besoin de s'allonger aussi tôt.

- Où serait le fun, sinon ? Lui avait rétorqué l'archange sur le ton de l'évidence.

Même s'il éprouvait de la compassion pour son frère, Sam devait bien avouer qu'il n'avait pas autant ri depuis une éternité. La joie d'avoir retrouvé leur mère et Jack rendait tout plus lumineux. Il lui semblait que rien ne pouvait venir entacher son bonheur, pas même le fait de devoir désarmer Dean par la force au beau milieu de leur premier repas de famille depuis longtemps.

C'était donc le pas et le cœur légers qu'il avait pris la direction de sa chambre, après que Mary et Dean soient partis se coucher. Jack et Castiel étaient quant à eux restés discuter dans le salon. En passant devant la chambre de Gabriel, il s'arrêta un instant, hésitant à frapper. Il se décida finalement, et passa la tête dans l'embrasure après que l'Archange l'ait autorisé à entrer. Sam le trouva assis sur son lit en train de lire le journal du jour, un bâton de réglisse coincé entre les dents.

- Hey ! Je passais juste pour te souhaiter bonne nuit. Même si en tout état de cause tu ne dors pas vraiment, se corrigea Sam en se souvenant des paroles de Castiel. A demain.

Il s'apprêtait à refermer la porte quand la voix de Gabriel l'interpella.

- Attends, où est-ce que tu vas ?

- Dans ma chambre, là où se trouve mon lit, dans lequel je vais dormir.

- Mais et notre rituel ?

- Ca n'est pas un rituel lorsque ça n'arrive qu'une fois.

- C'est bien pour ça qu'il faut que tu restes.

- Tu as conscience que ce que tu dis n'a aucun sens ?

- Et si j'ai encore des souvenirs qui me reviennent ? Après tout, c'est toi qui m'as dit que tu comprenais.

- Tu as été seul toute la semaine.

- Justement.

Ils débutèrent alors un combat de regards haletant, pendant lequel Sam fixait l'archange en plissant les paupières et en lui adressant sa plus belle bitchface, et où Gabriel se contentait de le regarder en mâchouillant paisiblement son bâton de réglisse.

- Bon, très bien…céda finalement le chasseur, terrassé par la combativité hors norme de son adversaire. Je vais me changer et je…Gabriel !

Sam ne put retenir un cri de surprise et de colère alors qu'il constatait avec horreur que ses vêtements s'étaient volatilisés soudainement pour être remplacés par un Jogging et un T-shirt amples.

- Oui ? Lui répondit l'archange d'une voix innocente.

- Ne refais plus ça !

- Je ne vois pas où est le problème, se défendit l'autre en haussant les épaules, c'est un gain de temps pour nous deux. En plus je t'ai habillé de manière très décente. Tu es libre de retirer des vêtements si tu juges que tu en as trop cela dit, ajouta t-il avec un clin d'œil évocateur.

- Ote moi d'un doute, tu veux que je reste, non ?

- Bon d'accord, d'accord. Je ne le ferai plus, promis, marmonna l'archange. Rassuré ?

- Pas vraiment, soupira Sam avant de venir s'assoir à ses cotés sur le matelas.

Une heure plus tard, la lumière était toujours allumée et Sam parfaitement éveillé, ou presque. La tête reposant sur le dossier en bois du lit, il tenait dans la main une bouteille de whisky dans laquelle flottaient paresseusement plusieurs oursons gélifiés décolorés par l'alcool.

- J'ai une théorie, lança soudainement le chasseur d'une voix légèrement pâteuse.

- Je suis tout ouïe.

- Je me dis que si ça se trouve, t'es intéressé par mon frère. Peut-être que quand tu nous as enfermé dans cette boucle temporelle et que tu faisais mourir Dean encore et encore, c'était juste une façon de le garder pour toi. Une manière de psychopathe, c'est sûr, mais venant de toi ça se tient. Il est tout à fait possible, poursuivit-il sous le regard amusé de Gabriel, que tu refusais d'assumer tes sentiments et que c'était le seul moyen que tu aies trouvé à ce moment-là.

- Alors je tue ton frère des centaines de fois et toi tu en conclues logiquement que je veux me le taper ? C'est la pire théorie que j'ai jamais entendu. Et j'existe depuis des millions d'années, c'est dire. Et puis, j'ai quand même fini par l'achever, donc ton raisonnement s'effondre. File-moi la bouteille.

- Mouai, je ne sais pas, peut-être que tu avais fini par renoncer, par te dire que si tu ne l'avais pas, personne ne pourrait l'avoir non plus. Et y a qu'à voir comment tu t'ais comporté avec lui encore aujourd'hui. T'as passé la journée à lui tourner autours.

- Alors premièrement, arrêtes de lire des tragédies grecques, ça ne te réussit pas du tout, lui conseilla Gabriel avant de boire une gorgée de la mixture que Sam venait de lui tendre. Secondo, Dean-o a déjà son ange à lui, il manquerait plus qu'il en ait un deuxième. Je ne suis pas du genre à essayer de piquer le mec de mon frère de toute façon, c'est beaucoup trop tiré par les cheveux ton truc.

- Même pour toi ? L'interrompit Sam.

- Même pour moi, Moose. Troisièmement, saches pour ta gouverne que je suis un modèle de romantisme. Si j'avais voulu séduire ton crétin de frère, j'aurais su comment m'y prendre. Et enfin, si c'est bien de la jalousie que j'ai cru percevoir dans ta voix, ne t'en fais pas, tout le monde sait que tu es mon préféré.

- Ah, oui, et comment le monde saurait-il ça ?

Il aurait voulu ajouter « Et je ne suis pas jaloux », mais son esprit n'était plus assez vif et Gabriel avait déjà enchainé.

- Au hasard, parce que ce n'est pas toi que j'ai tué ? Et que j'ai ramené l'autre empafé parce que Tu me faisais les yeux doux.

- C'est sur que de me laisser vivre sa mort à de multiples reprises constitue une preuve évidente d'affection, maugréa Sam.

- Je te remercie de le reconnaitre. L'archange lui adressa un haussement de sourcils espiègle avant de poursuivre sur un ton plus grave. Non, plus sérieusement, j'ai été un vrai trou du cul dans cette affaire, je dois bien le reconnaitre.

- Mon Dieu, serait-il seulement possible que ça soit des excuses qui parviennent à mes oreilles ?

- Laisse papa en dehors de ça si tu veux bien. Et...disons que ça n'est pas à exclure.

- Et pour le voyage dans les méandres télévisuels ?

- Ah, non ! S'exclama Gabriel. Ça c'était du pur génie !

- J'ai reçu un coup dans les parties ! S'indigna le chasseur. Et tu m'as transformé en K2000 après m'avoir obligé à participer à une pub pour un médicament contre l'herpès génital ! Sans parler de Dean qui s'est pris une balle.

- T'es un vrai rabat joie, on te l'a déjà dit ?

- Et toi un connard au sens de l'humour douteux.

- Je m'inscris en faux ! S'indigna Gabriel. Connard, peut-être, mais mon humour est hilarant pour qui sait l'apprécier à sa juste valeur.

- Pour ceux qui n'en sont pas victime tu veux dire ?

- Je suppose que ça peut aider d'une certaine manière.

- T'es pas croyable...

- C'est ce qui fait tout mon charme Sammy.

- C'est Sam.

- Intéressant...

- Quoi ?

- Tu relèves le "Sammy" mais pas la mention de mon charme inégalé.

- Si je devais revenir sur toutes les conneries que tu racontes, j'y passerais mon temps.

- Ouch, ça c'est dur ! Je suis touché en plein cœur. Je crois que je vais avoir besoin d'un peu de chaleur humaine pour m'en remettre. Et comme tu es le seul être humain à proximité, je me contenterai de souffrir du syndrome de Stockholm, conclut Gabriel en collant son épaule à celle de Sam.

- Ne cherches pas de prétexte pour me demander des câlins.

- Mais j'ai besoin de soutien ! Je souffre intérieurement, tu sais. Je ne suis plus qu'un être décharné et lugubre, errant lamentablement parmi les âmes à la recherche d'une caresse, d'un geste, d'un mot...

- T'en ferais pas un peu trop ?

- Oh Samm...Sam ! Tu vois je fais même des efforts. S'il te plait, dis oui ! Steuplaisteupleisteuplaisteuplaiiiiiii!

Sam lui lança un regard blasé. Qui aurait put croire que ce type au comportement puéril et capricieux d'un gamin de 5 ans au milieu d'un magasin de jouets était en fait le puissant archange Gabriel, prié et vénéré à travers le monde depuis des millénaires.

- Tais toi, tu vas réveiller Dean, le coupa enfin Sam en constatant qu'il ne se calmait pas. Et j'ai pas envie de le voir défoncer la porte, la bave aux lèvres et un flingue à la main.

- Alors cède, humain ! lui intima Gabriel d'un ton faussement autoritaire.

Sam émit un son entre grognement et soupir de dépit, ce que l'autre interpréta comme un signe évident de renoncement. Il n'en fallut pas plus pour que l'archange fasse disparaitre la bouteille d'alcool qu'il tenait encore dans la main et ne se jette littéralement dans les bras de Sam. L'homme ronchonna sans conviction avant de se résoudre à passer ses bras autours de Gabriel et à poser son menton sur le haut de sa tête.

Les minutes passèrent en silence, l'odeur sucrée et alcoolisée de son vis-à-vis s'infiltrant dans ses narines, sans que Gabriel ne fasse le moindre mouvement pour se dégager.

- Tu ne vas pas t'écarter n'est-ce pas ? Le questionna finalement Sam d'un ton las.

- Nope.

Sam se dit vaguement qu'il devrait peut-être lutter pour se dégager. Et alors qu'il se laissait aller à élaborer des plans complexes et finement ficelés visant à s'extirper de l'étreinte de Gabriel, ses paupières s'affaissèrent et il sombra dans le sommeil du juste.

La journée du lendemain fut éreintante.

Sam s'était extirpé des bras des Gabriel le matin sous ses protestations véhémentes et un peu à contre cœur de son coté, même s'il l'aurait nié sous la torture, pour retrouver sa famille qui prenait tranquillement son petit déjeuné.

En consultant les nouvelles par reflexe, une affaire lui avait sauté aux yeux. C'était comme si l'article sous-titrait "sorcières" en caractères gras, lumineux et clignotants. Ils auraient bien profité d'une journée tranquille en famille, mais les morts s'accumulaient et leur mère les convint d'y aller. Ils laissèrent ainsi Gabriel, Mary et Jack au bunker, sans être parfaitement persuadés de la pertinence de la situation étant donné le peu d'estime que la femme semblait éprouver pour l'archange. Mais qu'importe, deux d'entre eux avaient toujours besoin de récupérer, et le plus jeune ne demandait qu'à passer plus de temps avec son oncle, lequel partageait complètement ses sentiments.

Tout se passa mal. Ils furent repérés dès leurs premières minutes en ville, Dean fut pris d'hallucinations perverses, et Castiel en fit les frais pendant près de deux heures avant que Sam ne se rende compte de la situation.

Il était vrai qu'entendre son frère appeler l'ange "bébé" ou lui demander quelle salle de sport il fréquentait pour avoir un cul aussi ferme lui avait semblé un peu suspect. Mais il y avait tellement de tensions sexuelles entre ces deux-là qu'il ne s'était pas alarmé immédiatement, prenant ses écarts de langages pour du second degré. Il avait fallu qu'il retrouve un Castiel aux cheveux en désordre et à l'air agar lui affirmant que quelque chose n'allait pas avec Dean pour qu'il finisse par tilter. Son frère avait en réalité fait les frais d'un sort extrêmement puissant qui aurait fini par le consumer totalement s'ils n'avaient pas réussi à abattre ces sorcières de mes deux.

Et les bougresses ne s'étaient pas laissées tuer facilement, d'autant plus qu'ils ne pouvaient pas compter sur Dean pour se battre et que l'ange avait du mal à focaliser son attention. Sam avait eu l'impression de retrouver le Castiel obnubilé par les abeilles, celui au regard vague et au sourire niais. A la différence que c'était Dean qui faisait office de grosse abeille cette fois-ci et que cet insecte-là nourrissait le projet de butiner autre chose que des fleurs.

Leur voyage de retour avait été anormalement silencieux, l'ainé refusant d'entendre toute parole qui ne soit pas issue d'une des vieilles compiles de leur père. Castiel ne semblait pas tenir à revenir sur les évènements de la journée non plus, d'ailleurs. Sam avait bien tenté de les vanner, mais il avait dû se résoudre à arrêter après que Dean l'ait menacé de le balancer au bord de la route et de le laisser rentrer à pieds.

Une fois de retour au bunker, Sam avait fondu sur son lit comme s'il c'était agit d'une bouée de sauvetage au milieu d'un naufrage. Alors qu'il commençait à s'endormir, un poids lui tomba violemment dessus sans prévenir, le sortant brusquement de son état végétatif. Gabriel, évidemment.

- Je t'ai dit de ne pas t'habituer.

- Et je t'ai répondu que le mal était fait.

Sam grogna de dépit.

- Raconte moi plutôt ta journée au lieu de râler, gros nigaud.

Les yeux de Sam s'ouvrirent d'un coup. Il fallait définitivement qu'il partage ça avec quelqu'un. Et il avait dans l'idée que Gabriel serait le public idéal.

Effectivement, l'archange se trouva être très friand de son histoire. Ils ricanèrent en cœur, Sam ne pouvant garder son sérieux durant son récit. Gabriel s'éclaffa plus d'une fois, le corps parcourut de soubresauts contre le sien alors qu'ils riaient avec le plus de retenue possible pour ne pas se faire repérer par l'ainé des chasseurs. Même lorsqu'il eut terminé de lui raconter leur périple, Sam et Gabriel continuèrent à se gausser avec complicité pendant plusieurs minutes.

Quand ils finirent par se calmer, l'humain ne put s'empêcher de penser à son frère et à tous les principes que leur paternel lui avait méthodiquement enfoncé dans la tête. L'importance de la famille, de la chasse, de se comporter en homme, en dur, en vrai. Sam comprenait désormais que leur père avait fait de son mieux avec eux. Mais si le cadet avait toujours considéré les paroles de John avec des pincettes, Dean lui les avaient intégrées sans discuter, surement parce qu'il avait senti très tôt la lourde responsabilité de protéger son petit frère peser sur ses épaules. Critiquer les ordres, les remettre en question, il n'en avait jamais eu le loisir parce ça aurait pu mettre Sam en danger.

Tout cela expliquait pourquoi il était beaucoup plus simple pour le plus jeune d'accepter la présence de Gabriel à ses cotés, tandis que Dean était toujours incapable d'échanger avec Castiel plus qu'une accolade virile de quelques secondes, sauf sous l'emprise d'un sortilège salace. Cependant Sam ne se berçait pas d'illusions, la façon dont il se prêtait au jeu de l'archange l'interpellait lui-même.

Il avait parfaitement conscience de leurs deux corps collés l'un à l'autre. Gabriel ne dégageait pas de chaleur, mais il sentait chacun de ses muscles, chacun de ses os contre lui. Il sentait sa respiration inutile, les battements vains du cœur de son véhicule contre ses cotes. Combien de personnes avaient-il laissé s'approcher de lui de la sorte ? Très peu.

- Tu sais, ne put s'empêcher de commenter le chasseur, si Dean nous voyait il peterait les plombs.

- Ça, fallait y penser avant, cher ami, lui rétorqua Gabriel en souriant.

- Comme si c'était de ma faute, feint de se plaindre Sam. Ça m'apprendra à vouloir te réconforter.

- Justement, j'ai encore besoin de réconfort. De beaucoup, beaucoup, beaucoup de réconfort.

- Pourquoi tu ne matérialises pas un harem de stripteaseuses à forte poitrine comme tu sais si bien le faire, maintenant que tu as retrouvé une partie de tes pouvoirs ? L'interrogea avec légèreté le plus jeune. Je suis certain qu'elles sauraient te réconforter.

- Parce que tu vaux toutes les femmes de petite vertu du monde, Sammy.

Sam ne releva même pas le surnom que lui avait octroyé Gabriel.

- Heu...merci, lui répondit-il d'un ton incertain. Enfin, je crois.

- En plus tu dois faire un bon bonnet D avec tous ces pecs, renchérit Gabriel en tâtant son torse pour illustrer ses propos. C'est très confortable je dois dire.

- Oh, la ferme.

- Au cas où tu ne l'aies pas encore remarqué, c'est un combat perdu d'avance. Sauf si tu as l'intention de me recoudre les lèvres. A priori il n'y a que ça qui fonctionne. Mais tu te priverais de ma douce voix ainsi que de ma verve légendaire, ce qui serait particulièrement dommageable si tu veux mon avis...

Alors que Sam écoutait l'Archange déballer son argumentaire à rallonge, il remarqua une forme étrange posée sur sa table de nuit qu'il n'avait pas vu plus tôt à cause de son empressement à retrouver son lit. En plissant les yeux dans le noir, il put distinguer de quoi il s'agissait : dans un vase avaient été disposées une douzaine de roses. Son esprit moulina quelques instants avant qu'il ne se remémore les paroles de Gabriel ventant son remarquable romantisme. Il s'apprêtait à interrompre son monologue pour lui signifier qu'il n'était pas une princesse naïve et sentimentale, lorsque deux phénomènes quasi-simultanés se produisirent dans son cerveau. Il y eut d'abord comme un grand vide, probablement dû à la fatigue, auquel se succéda une étincelle de folie, surement issue de la journée de dingue qu'il venait de passer.

Gabriel fut alors coupé dans sa tirade par deux lèvres douces se posant sur les siennes. Le contact dura à peine quelques secondes et fut suivi par un moment de flottement. Sam fixa l'ange, l'air surpris par sa propre audace, pendant que l'autre fronçait les sourcils comme s'il essayait de résoudre un problème d'une extrême complexité. Finalement, les traits de l'archange se détendirent en une moue appréciatrice.

- Ok, je reconnais que cette méthode est également efficace. Et nettement plus agréable, je te le concède.

- Pas si efficace que ça, tu parles toujours, lui rétorqua-t-il sur un ton faignant le détachement, alors qu'il essayait d'ignorer la sensation de son estomac remontant dans sa cage thoracique.

- Bien évidemment ! Tu as arrêté ! Sans barrière physique sur mes lèvres, mon flot de paroles ne saurait être interrompu.

Ça aurait sans doute pu passer pour une blague un peu tendancieuse qui n'aurait été qu'un écho à la façon dont Gabriel flirtait ouvertement avec lui. Sam aurait pu lui demander de la fermer une bonne fois pour toute avant de simplement reposer sa tête sur l'oreiller et de partir pour une bonne nuit de sommeil. Mais voilà, Sam ne faisait pas ce genre de plaisanterie. Gabriel le savait. Il le savait. Il était foutu.

Mais s'il était honnête deux minutes avec lui-même, se dit-il, il devait bien admettre qu'il n'avait aucune envie de prétendre le contraire.

Parce que chose incroyable, il se sentait bien. Vraiment. Et qu'il n'arrivait même pas à se souvenir de la dernière fois où ça lui était arrivé. Aussi intrusive et lourde qu'était la présence de Gabriel, non seulement il la supportait, mais plus que ça, elle lui apportait du réconfort. Du bonheur même. Sinon, comment expliquer qu'il ait laissé cette situation avec l'archange perdurer ? Il décida alors d'envoyer ses éventuelles cogitations existentielles valdinguer au loin et de les reporter au lendemain.

Un soupir d'exaspération volontairement bruyant franchit ses lèvres. Il adressa un sourire taquin à Gabriel avant de rapprocher de nouveau son visage du sien.

- S'il faut en passer par là, lui lança t-il simplement avant de clore l'espace qui les séparait.

Leurs lèvres se rencontrèrent de nouveau. Sans attendre, Gabriel laissa trainé sa lèvre inferieure contre celles de Sam et elles se mirent à se mouvoir avec lenteur les unes contre les autres. Sam sentit Gabriel sourire contre sa bouche alors qu'il se replaçait de manière à pouvoir l'embrasser pleinement. Sam suivit son mouvement en prenant appuis sur l'un de ses coudes. De sa main libre, il passa ses doigts derrière le cou de l'Archange pour approfondir leur baiser. La langue de Gabriel vint laper la pulpe de ses lèvres et Sam répondit à cette provocation en venant y entremêler langoureusement la sienne. L'être céleste respira plus fort et changea l'angle du baiser, ses deux mains encadrant le visage de son vis à vis.

C'était..agréable, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Au delà de ça même. En fait, Sam aurait pu rester des heures à embrasser ces lèvres fines et tendres, leurs deux corps pressés l'un contre l'autre. Il n'avait pas ressenti cet élan dans sa poitrine et cette douce chaleur dans son ventre depuis une éternité. Il n'y avait aucune précipitation dans leurs gestes, juste la volonté de profiter de chacune des sensations que leur procurait leur étreinte.

Gabriel traça les contours de la mâchoire de Sam de ses pouces, descendit lentement le long de son cou puis agrippa possessivement ses épaules. Il y avait quelque chose dans ces simples caresses qui faisait perdre pieds au chasseur. Il l'embrassa un peu plus désespérément, happant ses lèvres encore et encore, mordant la chair tendrement sans pouvoir jamais s'en contenter. Ils perdirent la notion du temps, tous les deux seuls dans l'obscurité qui les enveloppait. Le corps de Gabriel glissait délicieusement contre le sien tandis que ses mains s'étaient aventurer sous le T-shirt de chasseur, retraçant lentement le contour de ses muscles.

Ils finirent par se séparer, leurs regard accrochés l'un à l'autre.

- Et bien, Moose, reprit Gabriel, je suis au regret de te dire que cette méthode a été validée par le comité de direction que je représente et qu'il n'y aura plus que comme ça que j'accepterai d'être interrompu.

Sam fit mine de réfléchir quelques secondes avant de lui répondre avec une expression contrite.

- Je crois que je pourrais m'y faire.

Gabriel lui adressa un sourire racoleur avant de l'embrasser de nouveau.

- Il va falloir que tu dormes, Sasquatch. Les humains comme toi ont besoin de sommeil.

- Tu peux parler, le taquina Sam, ses derniers jours tu as passé plus de temps à pioncer que Dean et moi réunis.

- J'avais des circonstances atténuantes.

- C'est vrai, admit tristement le chasseur.

- Ne te tracasse pas avec ça et dors ! L'enjoignit Gabriel en lui faisant les gros yeux.

Sam céda à regret, le corps rattrapé par la fatigue de leur journée agitée.

L'archange déposa un dernier baiser sur ses lèvres et se lova de nouveau contre le torse du chasseur.

- Bonne nuit Sammy.

- Bonne nuit Gab…Gab ?

- Yeap ?

- Si c'est l'une de tes illusions, ne m'en sors pas, d'accord ?

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J'avoue que le retour de Mary et Jack n' a pas été très développé mais ça n'est pas le fond de cette fic. En plus je ne sais pas vraiment quoi faire de la mère des deux garçons, parce que même si j'apprécie l'actrice qui a l'air d'être une femme en or, malheureusement pour elle, son personnage ne brille pas vraiment.

Bref, ça commence a devenir chaud pour Gab et Sam. Je vous conseille de garder les enfants loin de votre écran pour le prochain chapitre, just saying.

Quoi qu'il en soit, j'espère que ça vous a plu.

Vivement que Gab revienne vraiment dans la série bonté divine !