Bonjour bonjour!
Voici la suite de cette fanfiction dont j'ai bientôt fini la rédaction. Je vous poste donc ce nouveau chapitre ^^
En espérant qu'il vous plaise, bonne lecture!
Chapitre 4
Le capitaine De Tréville les attendait dans son bureau et comme d'habitude, les trois mousquetaires et D'Artagnan étaient en retard. Il savait que cela n'était pas dû à un manque de respect de leur part, mais plutôt le symbole de leur désinvolture et de leur tempérament rebelle. Si cela n'avait tenu qu'à Athos, ils seraient toujours à l'heure, mais c'était sans compter sur Aramis, Porthos et maintenant le jeune Gascon qui n'avaient pas la même relation stricte avec le protocole. Ainsi, il fut presque étonné de les voir arriver juste cinq petites minutes après l'heure du rendez-vous. L'explication lui vint quand il découvrit les mines fatiguées de Porthos et D'Artagnan. Apparemment ces deux là n'avaient pas beaucoup dormi …
Une fois que les quatre hommes l'eurent salué et se placèrent devant son bureau, Tréville déclara:
_Bonjour messieurs. Comme vous le savez, le Duc de Buckingham arrivera dans trois semaines et vous serez chargés de sa protection. En réalité, votre mission commence dès à présent. On m'a rapporté qu'une bande de voyous attaquait la grande route reliant le port du Havre à Paris. C'est bien évidemment le chemin qu'empruntera le Duc lors de sa visite. Je vous charge donc de vous rendre aux alentours de Rouen où la dernière attaque a eu lieu. Débusquez-moi ces vauriens avant que le Duc n'entende parler de cette affaire et pense que les routes de notre beau pays sont des coupes-gorges.
Athos acquiesça d'un vif mouvement de tête avant de faire signe à ses hommes de sortir. Avant qu'il ne les rejoigne dehors, Tréville l'interpella:
_Faites attention mon ami, toute cette affaire ne me semble pas très claire. Depuis l'annonce de l'arrivée du Duc en France, les événements semblent peu favorables à sa venue. De nombreuses rumeurs courent au palais, dont l'une plutôt inquiétante à propos d'une soi-disant relation entre Aramis et la Reine… C'est comme si quelque chose ou quelqu'un tentait de vous discréditer aux yeux du Roi afin que vous ne participiez pas à la protection du Duc. Et nous savons tous deux ce que cela signifie.
_Sa tête est mise à prix, devina Athos en fronçant les sourcils.
_Je le crains. Ces attaques ne sont peut-être que l'œuvre de voyous ordinaires, mais à l'approche de l'arrivée du Duc, cela m'apparaît comme un piège, confia le capitaine De Tréville, la mine grave.
_Nous nous en chargerons, lui promit le mousquetaire avant de le saluer et de sortir du bureau de son supérieur.
Lorsqu'il descendit les escaliers menant à la cour, Athos découvrit ses amis attablés en compagnie d'Armand, Michel et Philippe, trois de leurs compagnons. Ils discutaient tous joyeusement, sauf D'Artagnan qui, un verre à la main, avait les yeux plongés dans le vague. Son attitude contrariait Athos. Il espérait que leur voyage jusqu'à Rouen lui permettrait de parler avec lui, comme avant. Le mousquetaire avait remarqué que depuis qu'il avait avoué son inclination pour les hommes à son jeune ami, ce dernier avait une attitude plus qu'étrange. Tantôt il le suivait comme son ombre, tantôt comme aujourd'hui, il le fuyait. Il aurait dû se douter que cet aveu changerait les choses entre eux et cela le chagrinait beaucoup.
Quel imbécile !
Pourquoi avait-il bu au point de lui avouer son plus sombre secret ?
Athos savait que le Gascon aurait bien fini par l'apprendre un jour. Il n'en avait jamais vraiment discuté avec Aramis et Porthos, mais il savait que ses compagnons se doutaient bien de quelque chose.
Car quel homme dans la force de l'âge n'est jamais vu au bras d'une jolie jeune femme ?
Son passé restait une énigme pour eux, mais ils n'étaient pas sots et même s'ils n'en parlaient jamais, le fait qu'Athos accepte parfaitement leur relation à tous les deux avait dû leur mettre la puce à l'oreille. Il en prenait pour preuve les petites réflexions moqueuses dont ils ne cessaient de l'abreuver concernant sa relation avec D'Artagnan.
Athos espérait juste que la soudaine froideur du Gascon n'était que passagère. Il comprenait qu'il ait besoin de temps pour appréhender ce qu'il avait appris le concernant, surtout à présent qu'ils vivaient ensemble.
Même si cela ne faisait que quelques mois qu'ils se connaissaient, D'Artagnan était rapidement devenu l'ami qu'il n'avait jamais eu. Aramis et Porthos étaient ses camarades et il éprouvait beaucoup d'affection pour eux, seulement il s'était toujours senti un peu mis de côté, le lien qu'ils partageaient tous deux étant trop fort pour l'accorder à une tierce personne. Depuis l'arrivée du Gascon, Athos avait enfin l'impression de renaître de ses cendres, de ne plus être qu'un simple mousquetaire multipliant les missions, mais un être humain.
D'Artagnan était son meilleur ami.
Et il l'aimait… bien malgré lui, même s'il s'était promis de ne plus jamais ouvrir son cœur, il l'aimait.
Le Gascon dut finir par sentir son regard sur lui, car il leva les yeux et lui accorda un petit sourire. Athos descendit la dernière marche de l'escalier avant de venir à sa rencontre.
_Nous devons partir, mais nous avons le temps de passer à la maison pour préparer nos paquetages. Tu m'accompagnes ? Porthos et Aramis nous rejoindront plus tard, lui proposa le mousquetaire.
Le jeune homme écarquilla les yeux, comme si cette idée l'effrayait un peu, mais il finit par acquiescer.
Pendant qu'ils marchaient, le silence était quelque peu pesant. Se raclant la gorge, D'Artagnan déclara :
_Tu penses que nous serons partis combien de temps ?
_Le voyage devrait durer une bonne journée et demie si nous avançons au trot. Mais nous devrons certainement nous arrêter dans une auberge pour la nuit, répondit Athos.
Le Gascon acquiesça d'un signe de tête avant de se mordre la lèvre inférieure. Le mousquetaire eut l'envie soudaine de l'acculer contre le mur le plus proche afin de mordiller cette bouche dont il rêvait depuis des semaines. Voir son ami si mal à l'aise en sa présence le peina. Le fossé qui était en train de se former entre eux ne pouvait pas durer. Athos refusait qu'il s'élargisse. Mais à l'instant même où le mousquetaire allait interpeller D'Artagnan, une très jolie jeune femme aux boucles rousses et aux yeux sombres lui tomba littéralement dans les bras.
_Monseigneur, pardonnez-moi ! S'écria-t-elle alors qu'il la redressait pour qu'elle tienne debout.
Au vu de son panier renversé sur le sol, la malheureuse avait dû trébucher sur un pavé mal aligné.
_Quelle maladroite, souffla-t-elle en se penchant en avant pour ramasser les légumes répandus à leurs pieds.
Elle dévoila par la même occasion un décolleté plongeant et appétissant. D'Artagnan s'empressa de s'agenouiller pour l'aider alors qu'Athos, levant les yeux au ciel, se vit forcé de l'imiter. Quand le Gascon tendit la dernière carotte à la jeune femme, cette dernière lui accorda un clin d'œil coquin. Se redressant, elle passa un doigt mutin sous le menton de chacun d'entre eux en minaudant:
_Merci beaucoup, messieurs. Je ne sais vraiment pas comment vous remercier… quoique…
Athos écarquilla les yeux devant son invitation plus qu'équivoque. Il fut surpris quand D'Artagnan se contenta de saisir la main de l'inconnue pour la baiser, avant de déclarer :
_Tout le plaisir fut pour nous Madame, seulement, le devoir nous appelle.
Le mousquetaire s'était presque attendu à ce que son ami saute sur l'occasion de s'encanailler, ainsi, son refus poli, mais évident, le fit sourire.
Il n'aimait pas quand le Gascon l'abandonnait pour aller courir la ribaude… bien que cela ne se soit pas produit depuis quelques temps déjà, maintenant qu'il y pensait.
Athos fut sur le point de prendre également congés de la jeune femme frivole quand un homme à la haute stature s'approcha d'eux pour poser une main protectrice sur l'épaule de cette dernière. Levant son visage rubicond dans leur direction, il cracha par terre avant de rugir :
_Vous avez osé toucher ma Denise ?
_Monsieur, calmez-vous, nous aidions tout simplement votre amie qui a… commença Athos.
_Je me moque de vos piètres excuses, le coupa l'homme avant de montrer D'Artagnan du doigt. J'ai vu le regard de votre ami sur ma fiancée.
_Je vous assure que vous vous trompez ! S'offensa le Gascon.
Connaissant son tempérament fougueux et querelleur, Athos posa une main sur son bras pour tenter de l'apaiser. Mais ce que leur agresseur ajouta par la suite mit ses nerfs à vif.
_Ca se croit tout permis parce que c'est mousquetaire, mais vous n'êtes qu'une bande de vermines qui se sert de son pouvoir à des fins malhonnêtes.
Athos et D'Artagnan portèrent la main au pommeau de leurs épées quand l'homme rougeaud dégaina une rapière. La jeune femme, Denise, laissa échapper un cri en portant une main à sa bouche quand son fiancé s'élança en direction des soldats. Ils esquivèrent son attaque sans le moindre mal, s'écartant simplement pour le laisser passer entre eux. Mais quand il se tourna, soufflant comme un taureau furieux, et leva son arme en direction d'Athos, D'Artagnan dégaina son épée pour s'interposer.
_Non ! Rugit le mousquetaire. Tu sais bien que les duels sont interdits dans l'enceinte de la ville. Range ton arme où nous risquons de finir en geôle.
Mais c'était trop tard. Comme s'ils n'avaient attendu que cela, une demi douzaine de soldats du cardinal arrivèrent à ce moment précis au coin de la rue. Lorsqu'ils virent D'Artagnan et son attaquant l'épée à la main, et Athos à deux doigts de saisir son fleuret, ils se précipitèrent dans leur direction.
_Au nom du Cardinal, je vous arrête !
Saisissant le Gascon par le col de sa chemise, le mousquetaire s'écria :
_Cours !
Ils abandonnèrent la rue marchande à toute vitesse, les soldats sur les talons. Le fait que l'aîné connaisse le quartier par cœur joua en leur avantage. Après une course de quelques minutes, il attira D'Artagnan dans une ruelle miteuse et l'accula contre une paroi de bois coulissante. Il referma le battant, les dissimulant entre le mur et une petite cour privée, à l'abri des soldats. Posant une main sur la bouche du Gascon qui allait protester, Athos se serra contre lui pour qu'ils tiennent tous les deux dans l'étroite cachette. Leurs visages étaient à seulement quelques centimètres l'un de l'autre. Le souffle court, leurs respirations forçaient leurs torses à entrer en contact, la caresse de leurs peaux dévoilées par leurs chemises entrouvertes les faisant frissonner. Athos avait les yeux plongés dans ceux de D'Artagnan et ils se contentaient de se fixer, attendant d'être certains que les soldats soient loin. Dans cet endroit clos et étréci, la présence et l'odeur du Gascon firent tourner la tête d'Athos.
Il était partout à la fois et sa proximité était si grisante…
Le mousquetaire se trouvait en terrain dangereux. Les lèvres du jeune homme étaient terriblement douces contre sa paume et ses doigts qui accrochaient le devant de sa tunique étaient comme un appel à la débauche. Il aurait voulu le serrer contre lui à l'étouffer, l'embrasser jusqu'à en perde haleine et ravir son corps ferme et brûlant qu'il sentait frémir contre le sien.
Mais Athos ne fit rien de tout cela. Il ne pouvait pas…
Quand il ôta sa main du visage de D'Artagnan, il crut remarquer que ses pupilles étaient encore plus sombres qu'à l'accoutumée. Mais il préféra ne pas y penser.
Au lieu de cela, le mousquetaire ouvrit à nouveau le panneau de bois pour inviter le Gascon à sortir de leur cachette. Se passant une main sur le visage, Athos jura intérieurement.
Bon sang !
Comment allait-il pouvoir cohabiter avec son ami plus longtemps sans lui révéler ses sentiments ?
Il était dans un beau guêpier…
Quelques rues plus loin, sur la place du marché où le duel avait débuté, Denise et son prétendu fiancé retrouvèrent une jeune femme dont le visage était dissimulé sous un capuchon dans une auberge. Elle dévoila uniquement l'un de ses yeux verts avant de déclarer:
_Merci pour votre excellent travail.
Elle leur fit passer une bourse remplie d'argent avant qu'ils ne se lèvent pour fuir la taverne comme s'ils avaient le Diable aux trousses.
Une fois qu'ils furent partis, Milady fit la moue.
Tout ne c'était pas vraiment passé comme prévu.
Tout d'abord, D'Artagnan n'avait pas succombé aux atouts plutôt avantageux de la belle Denise. Elle qui pensait que le fougueux jeune homme serait le plus facile à corrompre…
Il semblait qu'il avait changé depuis leur nuit torride.
Les jolies femmes et les duels n'étaient donc plus ses points faibles ?
Il était évident qu'Athos n'aurait jamais été réceptif aux charmes vulgaires de Denise, elle le connaissait bien et il avait trop de classe pour s'abaisser à retourner les jupons de la première venue. Elle avait par contre été étonnée par l'éclat de peur qui était passé sur son visage lorsque D'Artagnan s'était interposé entre lui et son attaquant.
Il faudrait qu'elle creuse de ce côté-là…
Oui, le Gascon n'était pas tombé dans son piège charnel et Athos n'avait pas été arrêté par les soldats du cardinal, mais cette journée n'était pas une pure perte.
Milady ne s'était jamais vraiment arrêtée sur la relation qu'entretenaient son mari et D'Artagnan auparavant. Et elle allait rectifier cette erreur le plus tôt possible.
A cause de leur petit détour dans les rues de Paris, Athos et le Gascon arrivèrent à la maison après Porthos et Aramis. Ils étaient en train de fouiller leurs deux chambres respectives pour débusquer leurs affaires éparpillées au milieu de celles de leur amant, quand leurs camarades entrèrent en trombe, essoufflés. Jetant un œil en bas de l'escalier, le mousquetaire métisse leva un sourcil intrigué en découvrant ses amis. Dos à la porte, ils tentaient de reprendre leur souffle, penchés en avant, les mains sur les genoux.
_D'où est-ce que vous venez comme ça ? Demanda-t-il.
Levant la tête vers lui, Athos répondit:
_Un petit malentendu qui a attiré la Garde Rouge. Nous avons dû les semer.
Aramis pouffa depuis sa place, accroupi pour récupérer une de ses bottes qui avait glissé sous le lit de Porthos.
_Les soldats du cardinal ne sont que des abrutis sans cervelle, railla-t-il.
D'Artagnan et Athos, ayant retrouvé leur souffle, grimpèrent les escaliers pour le considérer depuis l'embrassement de la porte.
_Peut-être, mais ils ont malgré tout le pouvoir de te mettre en prison en cas de duel illégal, répondit le Gascon en se frottant la tête.
Il se sentait vraiment stupide de s'être laissé emporter par sa colère. Tout ceci était sa faute. Seulement, il avait agi par réflexe, pour protéger Athos qui, évidemment, n'aurait de toute façon pas eu besoin de son aide. Ses sentiments pour son ami troublaient de plus en plus son jugement.
Pendant qu'Athos leur racontait leur mésaventure, D'Artagnan alla préparer son paquetage. Tout ce qu'il espérait, ce fut que leur voyage lui permette de s'éclairer un peu les idées. Sa relation avec son ami n'était plus la même à cause de ses émotions nouvelles et il refusait de s'éloigner de lui de la sorte.
Il ferait des efforts.
Car la compagnie d'Athos lui était essentielle.
Pendant que leurs deux amis s'occupaient de leurs propres baguages, Aramis et Porthos descendirent au salon pour les attendre. S'installant tous deux sur le sofa, ils avaient bien fait attention à fermer la porte derrière eux pour éviter qu'on les dérange. Le mousquetaire charmeur n'hésita donc pas une seconde avant de passer un bras autour des épaules de son amant pour l'attirer contre lui. Seulement, Porthos le repoussa en maugréant. Aramis, blessé, fronça les sourcils. Depuis ce matin, son amant ne le laissait pas approcher. Il ne lui avait même pas accordé un baiser.
Il n'aimait pas cela.
Il n'avait pas l'habitude qu'on le rejette. Tout le monde tombait toujours à ses pieds. Mais au-delà de cela, la colère de Porthos l'inquiétait. Etait-il possible qu'il ait mal agi ? Ou alors son amant s'était-il déjà lassé de lui ? Il fallait qu'il en ait le cœur net.
_Dis donc toi, pourquoi tu es si bougon depuis ce matin ? Demanda Aramis d'une voix suave.
Le métissa se contenta de grogner :
_Rien, laisse tomber.
Aramis donna un petit coup de coude dans les côtes de Porthos.
_Allez, dis moi, le supplia-t-il en le regardant par-dessous ses longs cils.
Ce n'était vraiment pas du jeu et il le savait. Comment pouvait-il résister à une telle bouille ?
_Je n'aime pas quand tu ne dors pas avec moi, c'est clair ? Ca va ? Tu es content ? Avoua Porthos croisant les bras sur son torse puissant, mécontent de sa faiblesse.
Aramis ne s'attendait vraiment pas à cela, car il resta figé d'étonnement.
Ainsi, le métisse lui faisait une petite crise de couple ? Il n'en avait jamais eu avant et il se surprit à bien aimé cela. Que son amant tienne à lui au point de lui faire toute une histoire juste parce qu'ils n'avaient pas dormi ensemble le fit sourire béatement.
_Ne prends pas cette mine si satisfaite, tu as l'air d'un abruti, marmonna Porthos en lui accordant un regard en coin.
Ne se débarrassant pas de son sourire pour autant, Aramis se mit à siffloter.
Il était heureux.
Décidant qu'il était grand temps de changer de sujet pour lui éviter de prendre la grosse tête, le métisse demanda:
_Tu n'as pas remarqué qu'Athos agissait étrangement depuis quelques temps ?
Aramis saisit sa main pour jouer avec ses doigts, fronçant les sourcils.
_Tu veux dire, plus étrangement que d'habitude ? Parce qu'il m'a toujours semblé un peu bizarre, mais ça ne m'a jamais dérangé, il…
Porthos leva les yeux au ciel et le bâillonna de sa paume pour le faire taire.
Quelle pipelette !
Il vit que son amant pensait que son geste était une sorte de préliminaire, car il le sentit sourire contre sa peau, ses yeux se teintant de cette lueur significative qu'il ne connaissait que trop.
_Non, je voulais dire en présence de D'Artagnan, précisa Porthos avec gravité.
Comprenant qu'il n'était pas temps de batifoler, Aramis retrouva son sérieux pour ôter la main du métisse de sa bouche et répondre :
_Que veux-tu dire exactement ?
_Eh bien, avant qu'il emménage ici, ils étaient tout le temps ensemble. Mais depuis quelques jours, je ne sais pas, j'ai intercepté des regards que je n'arrive pas vraiment à comprendre. Et puis il y a les questions de D'Artagnan sur notre relation. Tu ne trouves pas cela étrange toi ? S'enquit Porthos.
Maintenant qu'il y réfléchissait, oui, Aramis devait avouer qu'il avait remarqué le changement de comportement de leurs amis. Ils se fixaient souvent quand ils pensaient que l'autre ne regardait pas, pour détourner les yeux dès que leurs prunelles se rencontraient. Il n'avait jamais vu D'Artagnan autant rougir que quand Athos posait une main sur son épaule. Il y avait aussi cette tension presque palpable qui émanait d'eux quand ils étaient côte à côte… une tension extrêmement… sexuelle.
Tout ces éléments liés au mutisme encore plus important d'Athos et aux questions de D'Artagnan ne pouvaient signifier qu'une seule et unique chose : leurs deux amis étaient attirés l'un par l'autre, mais bien trop bornés pour s'en rendre compte ou se l'avouer.
Aramis devinait presque que son supérieur ne se pensait pas assez bien, ou trop vieux pour D'Artagnan… ou quelque chose de stupide du même genre, et que le Gascon, naïf comme il était, ne comprenait tout bonnement pas ses sentiments pour Athos.
Il poussa un soupir de dépit.
_Je crois qu'ils sont amoureux, devina également Porthos en posant ses yeux sur Aramis.
Il lut dans son regard que son amant était arrivé à la même conclusion que lui.
_Mais je pense qu'ils préféreront se laisser dépérir plutôt que de se l'avouer, fit remarquer le mousquetaire charmeur.
_A moins qu'on ne leur donne un petit coup de pouce… proposa le métisse, une lueur de malice brillant dans ses prunelles sombres.
Aramis eut un petit sourire avant venir prendre le visage de Porthos entre ses mains pour le rapprocher du sien.
_Je savais qu'il y avait un cerveau machiavélique sous ses boucles, souffla-t-il tout contre ses lèvres.
_Tu as des propositions ? Demanda le métisse, les yeux mi-clos, se nourrissant du souffle de son amant.
_Plus tard, décida-il avant de s'emparer de sa bouche pour un profond baiser.
Porthos y répondit avec enthousiasme, venant capturer sa langue entre ses lèvres. Il passa ses bras autour de ses épaules et le fit basculer en arrière sur le sofa pour venir s'allonger contre lui. Il sentit Aramis sourire et s'émerveilla quand il vint enrouler ses jambes autour de ses hanches pour écarter les cuisses. Ainsi, leurs entrejambes se caressaient doucement au rythme de leurs gestes. Porthos poussa un petit gémissement plaintif quand son amant passa ses mains dans son dos pour soulever sa tunique et venir griffer sa peau.
Aramis aimait l'embrasser, c'était son activité préférée au monde. A part peut-être quand le métisse lui laissait lécher cette partie si spéciale et si délicieuse de son intimité. Mais les baisers demeuraient quelque chose qu'il adorait.
Dieu que ça lui avait manqué !
C'était décidé, à partir de maintenant, il ne passerait plus une seule nuit loin de Porthos.
La suite arrive tout bientôt !
Vos avis ?
