Bonsoir à toutes.
Oui, je sais, nous ne sommes pas Jeudi mais demain, je bosse tard et je risque fort de rentrer et de ne pas avoir la force de vous poster ceci alors... Voilà. C'était soit ce soir, soit... Samedi, et encore, c'est pas sûr.
Donc voici le chapitre sur le quel j'ai passé le plus de temps pour le moment, qui m'a fait pas mal réfléchir par rapport aux remarques - toujours instructives ! - de Ptite Vampire, et qui m'a fait douter sur le scénario à venir... Je m'en tiens quand même à ce que j'ai en tête depuis... Grand Dieu ! Maintenant 6 mois.
Je vous souhaite une bonne lecture, une bonne fin de semaine et... A Jeudi prochain cette fois ! xoxo
PS : j'ai été plus que surprise en lisant que la plupart d'entre vous avez eu des doutes concernant l'identité de Jasper alors qu'à la fin, j'ai bien dit qu'il apparaissait à ce moment-là...
CHAPITRE 4
Le Seven.
Mon terrain de chasse privilégié.
Lieu de mon onzième défi remporté. Strip-tease quasi intégral avec l'équipe complète de base-ball de New-York.
En descendant du taxi, nous remarquâmes avec Rosalie une longue file d'attente derrière un épais cordon rouge. Je lui lançai un regard dépité en traînant Alice derrière moi, cette dernière plongée de la tête au pied dans son roman – dont elle cachait la couverture - depuis notre départ de l'appartement.
« Il doit y avoir une soirée ou une star est attendue. » Me dit Rosalie en observant la queue.
Je ne pus m'empêcher de me sentir soulagée et déçue.
Soulagée parce que mes chances de voir le démon aux yeux verts ce soir s'amenuisaient un peu, déçue pour mes hormones en ébullition.
« Je vais aller voir le vigile. A moins que tu ne veuilles tenter ta chance. Je crois que c'est le même que la dernière fois. » Me taquina-t-elle.
Je tirai par réflexe sur le bas de ma robe bustier noire qui m'arrivait à mi-cuisse en regardant dans sa direction et repérais le mastodonte qui m'avait reluquée et tripotée la dernière fois que nous étions venues. Je marmonnais dans ma barbe alors qu'elle souriait et s'éloignait vers l'entrée.
J'observais malgré moi la queue qui semblait interminable, cherchant les cheveux cuivrés de l'Apollon infernal quand la voix d'Alice me tira de ma bulle :
« Il n'est pas là, inutile donc de te tordre le cou de cette façon. Et n'abime pas tes Jimmy Choo en te mettant sur la pointe des pieds comme ça. »
Je me tournais vers elle, maudissant le rouge qui me montait aux joues.
« Je ne le cherche pas ! » Me défendis-je.
Elle s'arracha momentanément à sa lecture et me lança ce regard supérieur qui me criait : « Je te connais comme si je t'avais faite, Isabella Swan ! »
« Je ne le cherche pas ! Répétai-je.
_ Tu es en tout cas impatiente de le voir.
_ Retourne à ta lecture.
_ Le fait que tu éludes le prouve grandement.
_ Lâchez-moi, avec ça. »
Elle referma soigneusement son livre, le glissa dans son sac et me contempla un moment avec une très légère moue.
« Depuis combien de temps nous connaissons-nous, Bella ? » Me demanda-t-elle.
Ça y est. Elle allait remettre ça.
« Depuis que nous sommes dans le ventre de nos mères quand elles prenaient des cours de yoga ensemble. Marmonnai-je.
_ Exactement. Depuis combien de temps suis-je ta meilleure amie ?
_ La maternelle.
_ Depuis combien de temps suis-je ta confidente ?
_ L'école primaire.
_ Depuis combien de temps me parles-tu des garçons que tu rencontres ?
_ Je ne te parle pas de lui ! Fis-je, triomphante.
_ Tu ne me parles pas de lui mais je t'ai entendue demander à Rosalie quel genre de robe il aimait voir sur une femme. » Répliqua-t-elle du tac au tac.
Je lui lançai un regard noir alors qu'elle savourait sa victoire.
« Je lui ai juste demandé ça pour mettre exactement le contraire. Me défendis-je.
_ Qui essaies-tu de convaincre ?
_ Oh ! La barbe !
_ Tu as ressenti l'étincelle. Ne crois pas t'en débarrasser comme ça. »
J'allais répliquer quand Rosalie revint vers nous avec un léger sourire aux lèvres.
« Il voulait ton numéro de téléphone.
_ Quoi ? »
Je me tournai vers elle, presque en état de choc, après avoir lancé un regard noir à ma soit disant meilleure amie.
« Dimitri… Il voulait ton numéro de téléphone. Répéta-t-elle.
_ Dimitri… Articulai-je.
_ Le vigile.
_ Et tu lui as donné ? !
_ Bien sûr. Il t'appellera demain dans la journée… Vous venez ? »
Elle commença à tourner les talons, visiblement très amusée mais je l'arrêtai en la saisissant par le poignet.
« C'est une blague ? Lui demandai-je, suspicieuse.
_ J'ai l'air de plaisanter ? Me demanda-t-elle à son tour.
_ Tu as l'air terriblement fière de toi.
_ Donc, ce n'est pas une blague. »
Et elle me planta là.
Je me tournai vivement vers Alice, mais celle-ci la suivait déjà jusqu'à l'entrée sous les marmonnements des premiers de la file d'attente.
Le fameux Dimitri se tourna alors vers moi et me lança un regard plus qu'appréciateur, détaillant mes épaules nues, ma robe, et mes jambes que les hommes trouvaient fuselées mais que moi, je trouvais infiniment trop courtes.
J'inspirai un grand coup, histoire de me donner du courage, m'obligeant à penser à mes hormones qui réclamaient un peu d'action, et non à ses mains baladeuses qui m'avaient palpée la dernière fois que j'avais été trop près de lui.
J'étais là pour Rosalie et m'envoyer en l'air, il fallait juste que je ne sois pas trop regardante sur la marchandise.
Passant en mode prédatrice, je le détaillais à mon tour : il était grand – plus grand que le démon aux yeux verts – un visage taillé à la serpe, une bouche trop grande, tout en muscles et, je me souvenais, de larges mains. Après tout… Si ce n'était que pour un soir…
Je m'avançais en roulant légèrement des hanches, le regard un peu baissé. S'il n'avait pas les yeux verts, j'envisagerais sa candidature.
« Bonsoir. » Ronronna-t-il.
Yeux noirs. Parfait.
« Bonsoir. » Soufflai-je dans un léger rictus.
Il poussa la lourde porte pour me laisser entrer, sans un mot de plus. Il cumulait les points positifs : il n'avait pas l'air de s'encombrer de mots inutiles.
Après un nouveau petit sourire, je me glissais dans le bar à l'ambiance tamisée. Des tables blanches trônaient de part et d'autre du bar, contre les murs, avec des poufs en cuir noir, une musique jazzy en sourdine, des représentations design accrochées aux murs.
Je dépassais rapidement le bar, où quelques personnes discutaient et buvaient, saluais d'un signe de tête le barman, et me dirigeais vers la salle VIP située à l'arrière. Je repérai rapidement Alice et Rosalie, en pleine conversation avec un homme brun, assez grand, d'une élégance rare. Ses traits d'une grande finesse et son profil de marbre, me tordirent l'estomac comme à chaque fois que je le voyais sans m'expliquer pourquoi. Alec Volturi était le mystère fait homme.
Les mains dans les poches, les yeux légèrement plissés, il semblait caresser Rosalie par son regard langoureux.
« J'y penserai. Dit-elle dans un rire délicat.
_ Je serais ravi de t'avoir dans mon restaurant. Je cuisinerai même moi-même. » Sembla-t-il insister de sa voix profonde.
Elle ne répondit pas, mais lui sourit une fois de plus, visiblement flattée.
La première fois que je les avais vus ensemble, j'avais pensé qu'elle refoulait ses sentiments à son encontre. La façon dont ils se parlaient et se regardaient m'avait semblé quasi séductrice. C'était autre chose que la façon dont elle s'était adressée à Cullen. D'une complicité plus naturelle, comme conjugale.
« Bonsoir, Bella. Me lança-t-il.
_ Bonsoir... Alec. » Marmonnai-je.
Il me sourit, ses yeux toujours plissés.
« Un jour, tu y arriveras, je te fais confiance. A m'appeler par mon prénom. Ce n'est pas parce que mon père est la sixième fortune de ce pays que je ne suis pas un être humain comme les autres.
_ Je n'ai jamais dit ça ! M'écriai-je.
_ Mais tu as quand même du mal avec notre... familiarité.
_ Je pense qu'il y a quelque chose en toi qui l'intimide. L'informa Rosalie.
_ Bella ? Intimidée par un homme ? Ce n'est pas toi qui as fait un strip-tease intégral il y a environ deux mois sur le bar ? Avec Mc Carty en guest star, en plus.
_ Il va être là, ce soir. C'est pour ça que la sécurité a été renforcée. » M'apprit Alice.
Alec et Rosalie échangèrent encore quelques banalités puis il s'éloigna vers un autre groupe de personnes, près d'un autre bar situé au fond de la salle.
« Il est charmant. Lança Alice comme à chaque fois que nous le croisions.
_ Il l'a toujours été. Sourit Rosalie.
_ Mais ce n'est pas quelqu'un comme lui qu'il te faudrait.
_ Ah bon ? S'étonna-t-elle faussement.
_ Non. Il te faut quelqu'un de plus...
_ Déjanté. Achevai-je.
_ Bella a raison, Rose. Tu es trop terre à terre. »
Rosalie leva un sourcil, avec un léger rictus.
« Tu essaies de me trouver un prince charmant ? Lui demanda-t-elle.
_ Oh non, je l'ai déjà trouvé. Sourit-elle en me lançant un regard de biais.
_ 1 m 90... Commençai-je.
_ Brun... Enchaîna Alice.
_ Les yeux bleus...
_ Mâchoire carrée...
_ Du muscle, du muscle, du muscle...
_ Un sourire ravageur...
_ Un sens de l'humour hors du commun...
_ Élu sportif le plus sexy de la planète ces deux dernières années...
_ Un Q.I de poule et un sexe à la place du cerveau. » Acheva tranquillement Rose.
Alice soupira et la regarda d'un air navré, comme à chaque fois que nous abordions le sujet d'Emmett Mc Carty.
Star montante du base-ball, il faisait régulièrement la une des magasines people ou de mode, enchaînant blonde sur blonde, soirée sur soirée. Mis à part le fameux strip-tease, qu'il avait effectué à côté de moi sans aucune gêne – et vu le corps qu'était le sien, il n'y avait vraiment pas de quoi en avoir ! -, nous l'avions à diverses reprises rencontré, et à chaque fois, inévitablement, ses yeux bleu profond s'étaient posés sur Rosalie qu'il avait eu le malheur de dévorer du regard en draguant ouvertement Jane Volturi sous ses yeux.
« Cet homme te veut. Je ne vois pas pourquoi tu ne décompresserais pas un peu, pour une fois. Lui disait Alice.
_ Pour me retrouver à la une des tabloïds ? Cingla Rosalie.
_ Pourquoi pas ? Ça nous ferait un bon coup de pub. »
J'esquissais un sourire alors que Rose la regardait sans rien dire comme si elle était folle.
« Vivement qu'Edward et Jasper arrivent. Marmonna-t-elle.
_ Oh oui ! S'exclama Alice en se frottant limite les mains, coulant un regard dans ma direction.
_ Vous voulez boire quelque chose ? Leur demandai-je en espérant changer à mon tour de sujet.
_ Mojito. Me dit Rose.
_ Vodka citron.
_ Alice ! Le barman va encore me regarder comme si j'étais une extraterrestre !
_ Eh bien quoi ? J'aime la Vodka et j'aime le citron, donc Vodka citron. Ce n'est pas si compliqué ! »
Je marmonnai et m'éloignai vers le bar où le barman me regarda de la tête aux pieds. Je souris en le reconnaissant un homme grand, large d'épaules, d'une trentaine d'années et d'origine manifestement indienne.
« Salut, Sam.
_ Bella... Tu es... Divine. » Répondit-il en me détaillant.
Je souris. Presque flattée.
« Comment va Emily ? Lui demandai-je en m'appuyant contre le bar.
_ Bien. Fatiguée. Elle a beaucoup de boulot à l'hôpital. Être infirmière, ce n'est pas de tout repos.
_ Je l'admire pour ça.
_ Et vous ? Avez-vous avancé ? Me questionna-t-il à son tour.
_ Avec Tyler ? Que nenni. Rosalie a lancé le compte à rebours. »
Sam haussa les sourcils, visiblement étonné.
« Vraiment ? Je ne pensais pas que c'était aussi grave que ça.
_ Elle s'est donné jusqu'à Juin prochain.
_ Ça ne vous laisse pas beaucoup de temps, ça.
_ Autant dire rien du tout. Mais j'ai confiance. »
Il lança sur son épaule le torchon immaculé qu'il tenait à la main et me dit :
« Bon. Assez parlé business. Que veulent boire ces demoiselles ?
_ Mojito pour Rosalie... Commençai-je.
_ Vodka citron pour Alice. Enchaîna-t-il.
_ Tu pourras me faire ça ? M'enquerrais-je.
_ Le client est roi, ma belle. Surtout dans ce genre de boîte. »
Je souris et regardai les bouteilles alignées derrière lui afin de m'aider à me décider.
« Et une Téquila Sun Rise. Fis-je après un moment d'hésitation.
_ J'aurais plutôt pensé que vous étiez du genre Sex on the beach. » Souffla une voix derrière moi.
Je me figeais, à l'instar de mon cœur, la main crispée sur le bar.
M'effleurant – délibérément ? – le dos, Edward Cullen, vêtu cette fois d'une chemise et d'un jean noirs, s'accouda à côté de moi au bar, m'intoxiquant de son odeur fraîche et musquée. Les cheveux ébouriffés, dont une mèche traitresse retombait sur son front, il était encore plus divin que dans son costume. Je déglutis en me disant vaguement que nous étions assortis, le cœur tremblant.
« Un Scotch. Sans glace. Et vous mettrez les boissons de la demoiselle sur ma note. Dit-il à Sam.
_ Certainement pas. » Soufflai-je sans le quitter des yeux alors que Sam s'exécutait.
Un lent sourire s'esquissa sur ses lèvres puis il se tourna nonchalamment vers moi, ses yeux balayant mon visage, mes épaules, mon décolleté.
La chair de poule me glaça les bras tandis que ma poitrine se tendait. Ce connard avait un regard quasi... langoureux. Hypnotique...
« Bonsoir, Miss Swan. Me lança-t-il avec ce terrible accent sexy.
_ Cullen. »
Son sourire s'accentua alors qu'il me détaillait cette fois de la tête aux pieds.
« Vous êtes toujours fâchée, à ce que je vois. Souffla-t-il.
_ Sans blague ! Cinglai-je.
_ Vous ne goutez donc pas à la plaisanterie.
_ Parce que m'abaisser devant ma patronne, vous appelez ça de la plaisanterie ? »
Son sourire devint immense alors qu'il se tournait vers moi, ses yeux dans les miens.
Mon cœur battait lourdement alors que je le détaillais à mon tour , me maudissant de le trouver encore plus beau.
« Aussi con que séduisant, vous vous souvenez ? Me taquina-t-il.
_ J'ajoute prétentieux. Répliquai-je en essayant de ne pas perdre mon aplomb.
_ On me l'a déjà dit.
_ Et narcissique.
_ Ça aussi.
_ Snob.
_ Oui, aussi.
_ Trop sûr de son magnétisme. »
Il me fixa un instant en plissant légèrement ses incroyables yeux verts.
« N'avez-vous pas le cœur qui bat vite voire très vite en ce moment-même ? » Me demanda-t-il.
Sa question me désarçonna tant que j'en ouvris la bouche d'hébétement.
Il se rapprocha légèrement alors que mes mains commençaient à trembloter. Il regarda mes yeux, ma bouche, le renflement de mes seins sublimé par mon bustier.
« Vous partez en chasse, miss Swan ? Me souffla-t-il sans lâcher ma poitrine du regard.
_ Vous jouez avec moi, Cullen ? »
Ses yeux remontèrent rapidement vers mon visage et pétillèrent. J'en profitais pour reprendre une distance vis-à-vis de lui et forçais à calmer le tumulte de mon corps.
« Je vois que vous avez parlé avec Rosalie.
_ Votre ancienne maîtresse. Clarifiai-je.
_ Non. Mon ancienne maîtresse est depuis quelques semaines au bras de ce base-balleur en vogue, Mc Carty.
_ Jane Volturi ? » Ricanai-je. « Partout où vous allez vous baisez alors, c'est cela ? »
Il haussa les sourcils, nullement blessé par mes paroles.
« Et c'est une femme qui chasse les hommes qui me dit ça ? Comment appelle-t-on ce genre de personne, déjà ?... Une pute ? »
Sans que je m'en rende compte, ma main se leva et fut arrêtée à seulement quelques millimètres de sa joue glabre. Ma respiration était sifflante alors que mon cœur résonnait dans ma gorge et que ses yeux se faisaient tout à coup froids.
Lentement, délibérément, il se pencha vers mon oreille droite, mon poignet toujours emprisonné dans sa main, sa joue frôlant la mienne. Malgré moi, malgré ses paroles, mes yeux se fermèrent pour savourer la sensation de sa proximité.
« Attention, miss Swan. Un baiser, une gifle... On pourrait croire que vous éprouvez de la passion à mon encontre. » Me chuchota-t-il.
Puis, se reculant et me lâchant brusquement, il attrapa son verre et partit, me laissant une fois de plus misérable et sonnée.
J'avisais la Téquila Sun Rise et la bus d'un trait, le corps toujours tremblant. Bon sang ! Comment arrivait-il à faire ça ?
« Ça va aller ? Me demanda Sam avec hésitation.
_ Ne t'inquiètes pas. Soufflai-je en saisissant cette fois le Mojito de Rose que je portai derechef à mes lèvres.
_ Eh ! Doucement ma belle. Ce n'est pas du petit lait ! Me dit-il en me prenant le verre à moitié vide des mains.
_ On a un problème. » Me dit la voix de Rose derrière moi.
Je me tournai lentement vers elle, espérant avoir revêtu à temps un masque d'impassibilité pour voir son visage légèrement anxieux.
Ce fameux problème ne pouvait pas être aussi important que mon envie soudaine de boire et d'oublier le connard hyper canon qui venait de me planter.
« Alice. » Ajouta-t-elle en me prenant par le poignet.
Je me laissais entraîner vers les toilettes, la tête me tournant un peu mais me sentant extraordinairement mieux tandis que l'information arrivait péniblement à mon cerveau. Nous passâmes des battants noirs et Rosalie alla gratter à la dernière porte.
« Alice... Chuchota-t-elle.
_ Laissez-moi. » Fit la voix éraillée de ma meilleure amie.
Perplexe, j'interrogeais Rosalie du regard. Celle-ci me rejoint en quelques enjambées et se pencha vers moi afin de ne pas être entendue de notre amie.
« Jasper... Me souffla-t-elle.
_ Le frère de Cullen.
_ Il est venu avec une chemise noire qu'elle a reconnue dès qu'ils sont entrés dans la salle.
_ Mélange de lin et de coton, Levi's et tongs ? »
Sans me demander comment je connaissais ces détails, elle acquiesça sans mot dire.
« Bordel de merde. Soufflai-je.
_ C'est son voisin ou elle a ressenti l'étincelle ?
_ Les deux. » Fis-je en me dirigeant à mon tour vers les toilettes où s'était enfermée Alice.
Je fis un signe du menton à Rose afin qu'elle rejoigne les deux autres pendant que je m'attelai au problème le plus épineux.
« Alice... Soufflai-je.
_ Laissez-moi, j'ai dit !
_ Ouvre cette porte !
_ Non.
_ Alice... Depuis combien de temps nous connaissons-nous ?
_ C'est ma tactique, ça, Bella !
_ Depuis combien de temps ?! » Insistai-je.
Je l'entendis marmonner et souffler bruyamment alors que je m'adossais à la porte, priant pour que si ça marchait avec moi, ça marcherait aussi avec elle.
« Depuis que nos mères prenaient des cours de yoga quand elles étaient enceintes. Marmonna-t-elle.
_ Depuis combien de temps suis-je ta meilleure amie ? »
Nouveaux marmonnements.
« La maternelle.
_ Depuis combien de temps te confies-tu à moi ? »
Je l'entendis ouvrir la porte et m'écartai vivement en me retournant.
« La question exacte c'est : depuis combien de temps suis-je ta confidente ? » Fit-elle en reniflant.
J'esquissai un léger sourire et effaçai une trace de mascara sur sa joue.
« Je suis lamentable. Marmonna-t-elle.
_ Non.
_ Tu me trouves ridicule.
_ C'est pas nouveau. »
Elle me donna un coup de poing dans l'épaule et s'approcha d'un des grands miroirs qui habillaient les murs pour observer les dégâts. Elle grogna et posa sa pochette rouge sur un des lavabos.
« Rosalie t'a dit ? Me demanda-t-elle en sortant son maquillage.
_ Pour les tongs ?... Oui.
_ Je n'arrive pas à y croire.
_ Moi non plus. Je pensais que ce type sortait tout droit de ton imagination. »
Elle me lança un regard noir avant de prendre une lingette et de se démaquiller les yeux.
« Tu imagines ? Mon voisin est le frère d'Edward Cullen !
_ J'espère seulement que la connerie n'est pas un critère de famille.
_ Bella... Ne le juge pas trop hâtivement. Me sermonna-t-elle en prenant son mascara.
_ Epargne-moi la leçon de morale et dis-moi ce que tu as ressenti en le voyant. » Fis-je en m'appuyant contre le lavabo à ses côtés.
Elle suspendit son geste et sembla se concentrer un moment afin de trouver ses mots.
« Chaud... Froid... Brûlant... Glacé... Le vertige... La panique... »
Elle lâcha la brosse de son mascara et se tourna vers moi le regard à nouveau affolé.
« Bella ! Je... Je ne peux pas sortir d'ici ! »
Brusquement, je lui saisis les joues afin qu'elle me regarde dans les yeux.
« Respire !... Et répète après-moi... Je suis capable de sortir d'ici...
_ Je ne suis pas capable de sortir d'ici !
_ Je suis capable de sortir d'ici. Répétai-je en resserrant mes mains sur ses joues.
_ ... Je suis capable de sortir d'ici.
_ Je suis capable de lui faire face.
_ Non, Bella !
_ Alice ! Je m'apprête à passer la soirée avec Cullen dans les pattes. Cullen, que j'ai embrassé pour un pari stupide.
_ T'as quand même gagné des Jimmy Choo ! Et tu vas pouvoir vider ma cagnotte spéciale grandes occasions dans 9 jours en prime !
_ ... Je vais devoir supporter ses remarques désobligeantes et ses regards...
_ Justement ! Tu n'as pas vu la façon dont il t'a dévorée des yeux lorsqu'il t'a repérée au bar ! »
Je décidai de ne pas faire attention à sa dernière remarque et haussai des épaules d'un air désinvolte alors que mon estomac se contractait.
« Je veux te voir dans cinq minutes à notre table parce que crois-moi, j'aurais vraiment vraiment besoin de toi ce soir. Et de Téquila. Et de muscles saillants. » Lui dis-je en me dirigeant vers la sortie, après l'avoir remise face au miroir.
A peine les portes se refermaient derrière moi que j'entrai en collision avec un homme.
« Excusez-moi. Dis-je en prenant appui sur ses durs pectoraux afin de reprendre mon équilibre.
_ Décidément miss Swan, vous aimez entrer en contact avec moi. »
Je me figeai et m'éloignai brusquement tandis que les yeux verts semblaient me caresser tout entière.
Je repensais à ce que m'avait dit Alice un peu plus tôt, à savoir qu'il m'avait dévorée des yeux quand il était arrivé et mon cœur s'emballa de panique alors que les miens semblaient faire de même.
La peau albâtre de son cou, ses lèvres vermeilles, les boutons de sa chemise insolents qui, j'en étais quasi certaine, me criaient de les arracher, sa proximité. J'avais l'impression que les poils de mes bras s'irisaient de frustration et ressentais un besoin viscéral de le toucher.
« Autant que j'aime entrer en contact avec un bus. » Répliquai-je, d'une voix altérée.
Un rictus déforma sa bouche tandis qu'il contemplait les traits de mon visage.
« Je suis venu voir ce qui est arrivé à la charmante Alice.
_ Charmante ? » Répétai-je malgré moi, presque acide.
Son rictus s'accentua, se transformant en sourire satisfait.
« Baiser, gifle, maintenant jalousie. Faites attention, miss Swan, faites attention...
_ Ne prenez pas vos fantasmes pour la réalité! » Assénai-je.
Sans que je n'eus le temps de comprendre ce qui m'arrivait, je fus littéralement traînée sur quelques mètres et projetée trois secondes plus tard contre un mur, dans un endroit plus sombre.
Mon cœur se remit à battre la chamade alors qu'il plaçait ses deux grandes mains de part et d'autre de mon visage et que son corps se collait contre le mien. Je me mordis furieusement les lèvres pour ne pas laisser échapper le son qui menaçait de sortir de ma gorge. Son contact était électrisant, limite euphorisant. Mes terminaisons nerveuses étaient à fleur de peau, mes doigts me suppliaient de leur commander de le toucher, mes yeux le dévoraient. J'avais l'impression d'être spectatrice de chacune de nos rencontres tant les ressentiments que j'éprouvais étaient contraire à ce que mon corps criait.
Je calais ma tête contre le mur afin de pouvoir l'affronter les yeux dans les yeux alors qu'il se penchait légèrement sur moi et que le gémissement que je retenais arrivait au bord de mes lèvres. Je déglutis, le souffle court.
« Je crois qu'une petite leçon s'impose, miss Swan. Chuchota-t-il à quelques centimètres de ma bouche.
_ Je n'ai aucune leçon à recevoir de vous, Cullen. Tentai-je de répliquer.
_ Vous me désirez. Fit-il en coulant un doigt aérien le long de mon bras gauche.
_ Sûrement pas.
_ Violemment.
_ Non.
_ D'une façon qui dépasse l'entendement. »
Je tentai dans la pénombre de le fusiller du regard, me mordant une nouvelle fois furieusement les lèvres.
L'endroit où il m'avait traînée était à peine éclairé, je ne pouvais que deviner le contour de son visage. Je ne pouvais voir ni l'expression de son visage, ni la façon dont il me regardait, même si ses yeux semblaient me brûler. Trouvant la situation étrangement érotique, j'enfonçai mes ongles dans la paume de mes mains à défaut de ses épaules. Je le sentis se pencher encore plus sur moi et mon corps se mit à trembler de plus belle.
Je me sentais prisonnière. Prisonnière de lui et de mon enveloppe charnelle. Et c'était la première fois que ça m'arrivait. J'avais déjà désiré ardemment un homme mais pas de façon aussi... non désirée.
« Pourquoi m'avez-vous embrassé au Starbucks ? » Me demanda-t-il.
Mon cœur s'emballa à nouveau. Je ne pouvais décemment pas lui dire que c'était pour les Jimmy Choo que je portais et une virée de shopping gratuite.
« Pourquoi m'avez-vous rabaissée devant Rosalie ? Soufflai-je, incroyablement consciente de son corps contre le mien.
_ Je ne vous ai pas rabaissée.
_ Oh que si !
_ J'ai juste mis le doigt sur une faiblesse de votre travail.
_ Vous vous êtes acharné sur moi ! Vous...
_ Pourquoi m'avez-vous embrassé ? » Insista-t-il en se moulant encore plus contre moi.
Ma respiration se bloqua dans ma gorge alors que mes mains se plaquaient une fois de plus contre ma volonté sur son torse. Je sentis aussitôt une chaleur traitresse envahir mon ventre et jurai tout bas.
Ses muscles étaient tendus, autant que les miens. Se pouvait-il que mon corps ne le laisse pas indifférent ou se montrait-il aussi hostile que j'aurais voulu l'être ?
« Pour un défi. » Articulai-je, incapable d'enlever mes mains de son corps.
A ma grande surprise, un léger rire sortit de sa gorge.
« C'est une blague ?... Un... défi ?
_ Oui, un défi ! Vous l'aviez deviné, il me semble ! Avec pour récompense les splendeurs que vous voyez à mes pieds. »
J'espérais de tout cœur que si je lui disais la vérité il me lâcherait, mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Au contraire, ses mains se rapprochèrent dangereusement de moi.
« Lâchez-moi... Soufflai-je, en désespoir de cause.
_ Vous êtes adepte des défis ? C'est comme ça que vous chassez les hommes ?
_ En quoi ma vie vous regarde-t-elle ?
_ Je suis curieux.
_ Curieux ? Hallucinai-je.
_ Curieux de savoir ce qui pousse une femme à parier qu'elle pourra embrasser un homme pour… une paire de chaussures.
_ Vous ne connaissez pas la valeur de Jimmy Choo, ça se voit. »
Il sourit, son doigt remontant nonchalamment le long de mon bras, m'arrachant un nouveau frisson.
Il voulait que je lui cède, mais je ferais mon impossible pour trahir aucun sentiment.
« Non… Mais vous n'avez toujours pas répondu à ma question.
_ Si !
_ Non. Un défi, d'accord. Même si je trouve ça puéril. Mais pourquoi. Vous auriez pu refuser. On ne rencontre pas tous les jours une femme qui accepte d'embrasser un inconnu, aussi séduisant soit-il. Avez-vous été honnête avec moi ?
_ C'est à une pute que vous parlez d'honnêteté ? Cinglai-je.
_ Vous avez un grand problème avec les mots. S'amusa-t-il.
_ J'ai surtout un grand problème avec vous.
_ Et pourtant… Vous m'avez embrassé.
_ Vous ne cessez de parler de ce baiser, mais pour qu'il y en ait un, il aurait fallu que vous me le rendiez.
_ C'est donc ça le problème ? Vous m'en voulez parce que je ne vous ai pas embrassée en retour ? »
Je rageai intérieurement. Cet homme voulait avoir le dernier mot et ferait tout pour l'obtenir, quitte à me laisser amorphe.
Je fermai momentanément les yeux, installant un silence qui n'augurait rien de bon pour moi, mon envie de Téquila et de le toucher reprenant le dessus.
Comme pour me prouver qu'il était toujours là, il fit de nouveau courir son doigt le long de mon bras, remontant sur mon épaule, s'aventurant même jusqu'à ma clavicule.
« Arrêtez de me toucher. Murmurai-je, pas sûre de supporter la tension qui m'habitait encore longtemps.
_ J'aime toucher votre peau.
_ Comme vous avez aimé toucher celle de Jane Volturi ou de Rosalie.
_ Toujours votre jalousie.
_ Toujours vos fantasmes. »
Je le sentis sourire, plus que je ne le vis alors qu'il glissait dangereusement ses mains vers mes épaules. Mon corps se tendit. Mes mains me hurlaient d'en faire autant.
On était dans le noir, j'avais bu un peu trop d'alcool d'un coup, je pouvais faire n'importe quoi, un geste inconsidéré. Je pouvais me plaquer brutalement contre lui, faire courir mes doigts sur son ventre, remonter lentement le long de ses pectoraux, me glisser sur sa nuque, me perdre dans ses cheveux.
Je pouvais l'embrasser de nouveau, l'embrasser réellement.
« Votre respiration s'accélère. Constata-t-il.
_ Taisez-vous. » Soufflai-je.
Je voulais le toucher. Vraiment. Pas seulement avoir mes mains posées sur le devant de sa chemise.
Je crevais d'envie de le faire, mais une part de moi me l'interdisait.
Ses mains effleurèrent enfin mes épaules, se glissèrent sous ma nuque et ma respiration se bloqua une nouvelle fois. Tous mes sens étaient en alerte. Il toucha – caressa ? – ma nuque du bout des doigts et les plongea dans mes cheveux. J'écartai involontairement mes jambes afin qu'il puisse glisser sa cuisse entre elles, créant encore plus de contact.
Mes mains s'écartèrent et se figèrent le long du mur.
Les siennes semblaient nager dans mes cheveux.
Il se pencha vers moi, son souffle incroyablement chaud et calme s'écrasant sur mon visage.
Il allait m'embrasser.
J'étais persuadée qu'il allait m'embrasser.
Et je ne pouvais rien faire qu'attendre le moment de ma délivrance.
« Je pourrais vous embrasser. Comme ça vous pourrez vous vantez d'avoir vraiment remporté votre défi. Souffla-t-il à quelques nanomètres de moi.
_ Alors faites-le. » Fis-je sur le même ton.
Ses mains se coulèrent le long de mon échine, me faisant cambrer les reins contre lui, comme une poupée de chiffon qu'il manipulait à sa guise. Ses lèvres effleurèrent avec une extrême langueur mes pommettes, mes joues et enfin mes lèvres avec les quelles il joua un long moment sans vraiment les toucher.
Je me faisais violence pour ne pas faire le premier pas.
Ce n'était pas à moi à m'abaisser.
C'était à lui de me prouver que sous ses faux airs, il en avait envie autant que moi.
« Trop facile. » Dit-il en s'écartant finalement.
Il recula enfin d'un pas, me rendant mon espace vital et me laissant étrangement seule.
Je ne voyais toujours pas vraiment son visage et c'était sans doute mieux ainsi car je crevais d'envie de lui demander de revenir contre moi, vibrante de frustration.
« Voyez-vous, miss Swan, ce que j'aime dans le jeu de la séduction, c'est l'attente. L'envie. La frustration. La stratégie qu'on monte pour avoir l'autre. Si je vous embrassais maintenant, nous savions très bien vous et moi où cela nous mènerait, inutile de se voiler la face. Un baiser en entraînant un autre, l'envie monte de façon trop soudaine. Et ce n'est pas ce que je veux. J'ai toujours voulu que mes partenaires me désirent vraiment, que ce soit limite salutaire pour elles.
_ C'est ce qui s'est passé avec Rosalie ? Ne pus-je m'empêcher de demander d'une voix faible et étouffée.
_ Rosalie ? Rosalie se sentait seule, elle avait le mal du pays. Nous avions sympathisé, mais pas plus que cela. Et un soir, je l'ai invitée à prendre un verre. Je n'ai pas d'autre image en tête alors je dirais que j'ai été son mouchoir personnel. Nous avons longtemps discuté. Et nous avons longtemps bu.
_ Et vous avez profité de sa faiblesse.
_ Non. C'est elle qui a fait le premier pas.
_ Vous l'avez laissé faire ?
_ Avec le taux d'alcool que j'avais dans le sang, je n'étais pas du tout contre l'idée. Et puis… Je la trouvais exquise. »
J'eus un léger pincement au cœur.
Exquise, oui. Tous les hommes qu'elle rencontrait devaient être amoureux d'elles tant sa beauté était fulgurante.
« Et avant que vous ne posiez la question, oui, j'ai aimé faire et refaire l'amour avec elle. » Rajouta-t-il.
Ne supportant pas l'idée qu'il parte à nouveau avant moi, je tentai de rassembler le peu de fierté qu'il me restait, essayant de digérer les informations qu'il venait de me donner.
J'inspirai profondément, l'air faisant mal à mes poumons, et passai sans un mot à côté de lui, priant qu'il n'ajoute pas un mot de plus, ou qu'il ne me bloque pas le passage.
Le temps que je rejoigne la salle éclairée de néons bleus, je sentis son regard accroché à mon dos.
J'avais la tête qui me tournait à nouveau, comme s'il avait eu le même effet que l'alcool sur moi, m'enivrant de lui à en être presque malade.
Je repérai Rosalie, Jasper et Alice, assis à une table près du bar, non loin de celle qu'occupaient Alec Volturi et... Emmett Mc Carty, un homme brun à la peau mate et Jane Volturi.
Mc Carty, son maillot d'équipe moulant sublimement son torse puissant, était assis de telle sorte qu'il pouvait observer Rosalie tout à sa guise. Il discutait d'ailleurs en lui lançant de temps en temps des regards appuyés.
Elle, ne semblait pas y prêter attention et discutait aimablement avec Jasper alors qu'Alice... avait 3 verres vides alignés devant elle.
Je me précipitais vers eux, me laissant choir à coté de ma meilleure amie en lui arrachant son verre des mains.
« Eh ! S'insurgea-t-elle en essayant de me le reprendre.
_ Bonsoir... Bella. » Fis-je tentant ma main à Jasper après avoir esquissé un léger sourire.
Aussi blond que son frère était auburn, mais ayant les mêmes pommettes hautes et la même bouche sensuelle, les traits de son visage plus fins encore, il répondit à mon sourire, en me serrant brièvement la main.
« Enchanté. Jasper. »
Je ne pus m'empêcher de froncer légèrement les sourcils, son accent étant définitivement différent de celui de son frère.
« Un problème ? Fit-il avec hésitation.
_ Elle doit se demander pourquoi tu n'as pas le même accent que moi. » Répondit une voix à côté de moi.
Je me tendis alors que le démon aux yeux verts s'asseyait à mes côtés en effleurant ma cuisse.
Alice profita de mon moment d'inattention pour me reprendre son verre à moitié plein.
« Cela fait 10 ans cette année que Jasper vit aux États-Unis.
_ Amour... Quand tu nous tiens... Fit Jasper avec un sourire contrit.
_ Plutôt, malédiction quand tu nous tiens, mais nous n'allons pas gâcher la soirée. Miss Swan... Un Sex on the beach ? »
Je lui lançai un regard étonné, mes yeux s'accrochant une nouvelle fois aux siens. Une lueur amusée les habitait alors qu'un rictus fripon étirait légèrement sa bouche rouge.
« Pourquoi pas... Prenez aussi des glaçons pour vous rafraîchir les idées et l'érection que vous n'allez pas tarder à avoir à force de regarder avec tant d'insistance mon décolleté.
_ Edward... On dirait que tu as enfin trouvé quelqu'un en dehors de notre père qui te tienne tête. S'amusa son frère.
_ Oh, non... Sa répartie n'est qu'apparente. Il y a encore deux minutes, elle tremblait contre moi. » Fit-il en se levant.
J'entendis Alice s'étouffer avec sa boisson à côté de moi et sentis le feu me monter furieusement aux joues alors que Rosalie et Jasper me regardaient avec surprise.
« Ne l'écoutez pas. Je lui ai déjà dit qu'il prenait ses fantasmes pour des réalités. Marmonnai-je en évitant leurs regards.
_ C'est le problème avec Edward ; il s'arrange toujours pour que ses fantasmes deviennent des réalités. Et je ne connais pas une femme qui a dérogé à cette règle. » Répliqua son frère.
Génial. En plus, son frère me confirmait qu'il était complètement addictif et irrésistible. Pourquoi les cieux semblaient-ils soudain s'être ligué contre moi ?
« Tu te plais à New-York ? Lui demanda Rosalie en buvant du bout des lèvres une gorgée de son Mojito.
_ Ça change d'Austin... Mais ça me rappelle plus mon Angleterre natale.
_ Et vous faites quoi dans la vie ? » Lui demandai-je.
La même lueur amusée qui habitait quelques minutes plus tôt le regard du démon aux yeux verts traversa ses prunelles.
« Je rêve. »
Alice lui jeta un regard étonné alors qu'il esquissait un sourire dans sa direction. Rougissant jusqu'à la racine de ses cheveux, elle porta son verre à ses lèvres d'une main légèrement tremblante.
« J'espère que vous tenez bien à l'alcool. » Lui dit-il.
Pour toute réponse, elle poussa un son suraigu, se trémoussant sur sa chaise.
Je dus faire un geste dans sa direction pour la dissuader de se lever et de partir précipitamment, l'avertissant silencieusement.
« Alice a des maux de gorge. » Répondis-je à sa place alors que Cullen revenait avec un cocktail aux couleurs chaudes qu'il posa devant moi avant de reprendre sa place à mes côtés.
Sam arriva et colla la table qui était à nos côtés à la notre.
« Un magnum de votre meilleur Champagne. » Lui demanda Cullen.
Rosalie lui lança un regard interrogateur quand Emmett Mc Carty, un sourire fendant en deux son visage halé, s'assit à ses côtés, suivi de Jane et Alec Volturi et d'un homme aussi grand et large que lui, mais beaucoup plus mate, qui me lança un regard de braise. Ses yeux en amande noirs et sa large bouche me promettaient déjà un aller simple pour le Nirvana.
Le regardant s'asseoir, j'esquissais un léger sourire charmeur dans sa direction avant de me saisir de mon cocktail.
« Jake, assieds-toi à côté de moi, Jane va se mettre sur mes genoux. » Fit Mc Carty en attrapant la taille ultra fine de Jane Volturi, qui s'écroula plus qu'elle ne s'assit sur lui. « Elle me tombe toutes dans les bras. » Fit-il avec un sourire en coin.
Rosalie, figée sur sa chaise, fusilla du regard le démon aux yeux verts à mes côtés, qui lui, se laissa aller contre le dossier de son siège, après s'être encore plus rapproché de moi pour laisser de la place à Alec Volturi. Son bras touchait le mien, me diffusant sa chaleur qui à nouveau, me fit légèrement trembler et avaler une généreuse rasade de ma boisson.
Jane passa ses bras autour du cou de taureau du base-balleur, coulant le décolleté de sa robe dos nu vert émeraude sous son regard gourmand. Il l'embrassa distraitement dans le cou en glissa une main sur ses cuisses, s'adossant à son tour à son siège.
« J'espère que mon déplacement en vaut la peine, Cullen, et que la moitié des personnes qui ne rentrera pas ce soir à cause de moi n'aura pas été escroqué d'une bonne soirée par votre faute. Jane n'a pas été très claire dans ce qu'elle m'a raconté. »
Sam plaça l'énorme bouteille au milieu de notre table ainsi qu'une flûte de Champagne devant chacun d'entre nous avant de nous servir et de s'éclipser.
« J'ai appris que vous allez bientôt être la nouvelle égérie d'Armani. » Fit Cullen à mes côtés.
Emmett Mc Carty fronça légèrement les sourcils avant de lancer un regard à Jane dont les joues s'empourprèrent.
« Quelles sont vos motivations ?
_ Vous voulez dire... A part passer sur toutes les télés du monde, faire flamber des milliards de petites culottes et un contrat à 16 millions de dollars ? Ironisa le sportif.
_ Oui... Que connaissez-vous de lui ? Demanda le démon aux verts sans se démonter.
_ C'est une marque de luxe, mondialement connue et l'une de mes préférées. De plus, je suis plus que flatté de succéder à Christiano Ronaldo. »
Je réfléchissais à toute vitesse, cherchant où est-ce qu'il voulait bien en venir tandis que les yeux se Rose s'écarquillaient d'horreur.
« Il ne va pas avoir l'idée génialissime de lui demander ça... Marmonna Alice à côté de moi.
_ Je double votre contrat si vous acceptiez ma proposition.
_ Edward... » Siffla Rosalie, tendue comme un arc.
Mc Carty haussa les sourcils et lança un regard concupiscent à la poitrine de cette dernière, moulée dans du satin noir, avant de reporter son attention sur mon voisin.
« Mon amie, assise à vos côtés, est en train de monter une maison de haute couture mixte. Elle n'osera jamais vous le demander, mais elle serait plus qu'enchantée que vous acceptiez d'être son égérie masculine.
_ Edward ! J'ai à te parler. » Répliqua mon amie sur un ton froid et plein de venin en se levant d'un bond.
Elle s'éloigna d'un pas raide, digne d'une reine, vers le bar, Cullen se leva nonchalamment à sa suite après s'être brièvement excuser.
Mc Carty la déshabilla du regard, ne faisant plus attention à la femme sur ses genoux.
« Quelqu'un peut m'en dire plus ? » Nous demanda-t-il, en nous regardant alternativement, Alice et moi.
Alice me lança un regard désemparé, comme pour me dire que c'était moi la chargée de com' et qu'elle était trop trouillarde pour se mouiller dans cette affaire mais que paradoxalement, elle me tuerait si je faisais capoter ce projet insensé.
Je devais le reconnaître, Cullen venait d'avoir une idée triplement grandiose : non seulement, en nous assurant une égérie aussi célèbre que Emmett Mc Carty, il attirait le feu des projecteurs sur nous, il motivait officiellement Tyler à se bouger et il allait sortir Rose de son perpétuel célibat – Jane la Blonde n'étant qu'un insignifiant petit détail à régler.
Je cherchais mes mots afin de le convaincre définitivement et de remporter une victoire supplémentaire sur le démon aux yeux verts, tous les regards braqués sur nous, quand ceux du sportif s'écarquillèrent soudain.
« Eh ! Mais... Je te connais ! » Me dit-il avec un large sourire. « Miss Strip-tease, ça alors ! Jake ! C'est la fille dont je t'ai parlé un milliard de fois ! Je croyais que t'avais été bannie du club.
_ Quoi ?! M'écriai-je alors qu'il me faisait un clin d'œil appuyé, signe qu'il plaisantait.
_ Miss Strip-tease ? S'amusa Jasper.
_ Cette fille est capable de te faire une lape-dance du tonnerre de Dieu. Acquiesça Mc Carty.
_ C'est à cause de vous ! Répliquai-je en sentant mes joues prendre feu.
_ Je t'en prie ! Quand on a vu l'autre nu comme un ver, on peut se passer de vouvoiement.
_ Un ex de miss Swan ? » Fit la voix de Cullen en revenant.
Ce dernier éclata d'un rire tonitruant.
« Un ex ? Non. Je préfère les blondes – te vexes pas. » Répliqua-t-il en m'adressant un nouveau clin d'œil.
Rosalie revint quelques instants après, toujours aussi tendue, les mâchoires serrées, et s'assit sur le bord de sa chaise, à l'opposé du sportif.
« Monsieur Mc Carty s'apprêtait à nous dire pourquoi il appelle Bella miss Strip-tease. Apprit Jasper à son frère.
_ Pas du tout ! M'écriai-je.
_ Miss Strip-tease ? S'amusa Cullen en me dévisageant.
_ Encore plus chaude que Britney Spears. Acquiesça Mc Carty.
_ Qu'avez-vous fait de si répréhensible ? Encore un défi ? Me demanda Cullen.
_ Un défi ? S'intéressa le voisin de Rosalie.
_ Elle m'a embrassé pas plus tard qu'en début d'après-midi dans un Starbucks à côté de Central Park pour une paire de chaussures.
_ Une paire de chaussures ? Hallucina son frère pendant que le sportif éclatait à nouveau de son rire tonitruant.
_ Des Jimmy Choo ! Crut bon de préciser Alice dans l'illusion de me défendre.
_ Alors pourquoi Miss Strip-tease ? Demanda Cullen comme si on ne parlait pas business quelques minutes plus tôt.
_ Strip-tease intégral sur le bar principal dans l'autre salle il y a environ deux mois.
_ Ce n'était pas un intégral ! M'écrirai-je, proche de l'insolation.
_ Oh ! Pardon ! Elle a fini en shorty noir, fine dentelle, qui ne laissait pas beaucoup de place à l'imagination. Elle en a fait cramer des caleçons. »
Le regard de Cullen se fit à nouveau langoureux, prenant son temps de me déshabiller.
J'abandonnais.
Définitivement.
Si je ne pouvais pas être crédible, il était inutile que je gaspille ma salive en palabres inutiles.
« Et c'est quoi cette histoire de paris ? Demanda alors Alec Volturi, alors que je calculais mentalement la somme d'argent qu'il me faudrait pour migrer en Europe et changer de nom.
_ Aucune idée. Répondit Cullen.
_ C'est pour qu'on se change les idées, un truc de filles. » Répliqua Alice.
Je l'atomisais de mon regard en lui reprenant – lui arrachant – son verre des mains alors que tous les yeux masculins se posaient avidement sur elle.
« Un truc de filles ? » L'encouragea Jasper.
Elle le regarda en acquiesçant et en se troublant légèrement mais sans la moindre envie de prendre ses jambes à son cou alors que pour une fois, j'aurais préféré qu'elle le fasse.
« Ça peut être n'importe quand, inclure n'importe qui.
_ Alice... Sifflai-je.
_ Du genre : quinzième défi : Bella, tu dois embrasser l'homme que tu trouves le plus séduisant autour de cette table. Tu as cinq minutes. »
Je me figeai alors que le regard de Cullen me brûlait la peau et finis par éclater de rire pour dissiper le malaise qui commençait étrangement à me gagner.
J'allais tuer Sam pour lui avoir servi quatre verres alors qu'elle ne tenait pas beaucoup à l'alcool, Cullen pour ses regards appuyés qui me donner envie de tester le confort du bar avec lui de façon sauvage et animale et Alice pour déballer ma vie privée.
« Ne l'écoutez pas. Fis-je avec un sourire forcé.
_ Trois minutes... » Chantonna Alice à mes côtés.
Je lui jetai un regard perplexe et elle m'en renvoya un angélique.
« Tu ne veux pas te séparer déjà de tes Jimmy Choo... » Fit-elle, étonnamment lucide.
Je cherchais dans ses yeux une trace de bluff et n'en vis aucune.
« Deux minutes... »
Je me tournais vers Rosalie, cherchant une aide inespérée, mais elle me regardait avec limite une auréole au dessus de ses cheveux blonds, ne voulant pas se mouiller.
« On ne pourrait pas revenir à notre affaire ? Fis-je en désespoir de cause.
_ On parlera business Lundi. On attend. » Répondit Mc Carty, avide.
Je croisais le regard amusé de Jasper, le cœur battant douloureusement dans ma poitrine, celui de Jane Volturi, imperturbable avec ses bras blancs passés autour du cou de Mc Carty, celui de l'homme qu'il avait appelé Jake, brûlant de convoitise, celui de Alec, indéfinissable et enfin, celui de Cullen, provoquant.
« Une minute... »
Je regardais une nouvelle fois le dénommé Jake.
Cullen ne me faciliterait pas la tache et prendrait tout son temps pour me laisser passer. Mais je ne pouvais pas... Je ne pouvais définitivement pas...
« Trente secondes... »
Sans plus réfléchir, je me tournai vers Cullen et attrapai violemment sa nuque, écrasant ma bouche sur ses lèvres entrouvertes. Son corps, trop proche du mien, m'incendia, mes doigts se perdirent dans ses cheveux au dessus de sa nuque, réclamant plus d'intimité.
J'oubliais tout : les regards posés sur nous, le bar, la réunion à l'atelier, l'aversion mêlée de désir qu'il m'inspirait. J'entrouvris mes lèvres, effleurant à peine les siennes de ma langue afin de le faire réagir, quand tout à coup, sa main droite glissa sur ma robe jusqu'à ma hanche. J'accentuais la pression de mes doigts sur sa nuque, ses dents mordillant gentiment le bout de ma langue, me rendant folle de frustration. J'allais protester quand un rire fort me sortit subitement de ma bulle de coton.
Cullen s'écarta, mes mains glissant de sa nuque à ses épaules pour retomber mollement le long de mon corps.
Tremblante, je cherchais une réaction dans son regard, mais un sourire cynique étira ses lèvres pleines et légèrement gonflées, ce qui me glaça d'un coup.
« Qu'est-ce que je disais... Encore plus chaude que Britney Spears. » Disait Mc Carty.
Mais je ne l'écoutais pas. Je ne sentais même plus le regard des autres sur moi mis à part le sien.
Merde...
Ça faisait même pas 12 heures que je le connaissais, je l'avais embrassé deux fois pour un pari stupide et je n'osais penser à l'éventualité de le faire un jour de mon plein gré.
Ça faisait même pas 12 heures que je le connaissais, et malgré nos mots, je sentais une sorte d'alchimie se créer entre nous.
Ça faisait même pas 12 heures que je le connaissais et je pensais tout à coup à la réaction de Bridget Jones face au pull à la tête de cerf de Mark Darcy et sur ce que ça avait débouché...
J'allais définitivement tuer Alice pour m'avoir fait regarder ce film une bonne dizaine de fois et parler de cette connerie d'étincelle...
Et voilà... Quand j'ai fini d'écrire ce chapitre, j'avoue avoir été perplexe... Je verrai bien si j'avais eu raison ou pas.
Merci d'avance pour reviews, et à jeudi prochain xoxo
G.
