Voilà enfin une suite ! Bonne lecture et merci pour votre patience !

… Dehors, au PC mobile, Hotch s'était concentré pour entamer un dialogue. Il portait un casque avec micro qui servait à répondre à un interlocuteur. Reid, Carpenter, Stewart et Harrington pouvaient eux aussi suivre la conversation grâce à d'autres casques non équipés de micro. Hotch répondit :

-Aaron : Bonjour. A qui ai-je l'honneur ?

Henry hésita, puis répliqua :

-Henry : Appelez-moi Jake. A qui ai-je l'honneur ?

De son côté, Aaron regarda Spencer. Soit Jake Webster avait réellement refait surface et alors Reid et lui avaient eu une imagination débordante, soit l'homme au bout du fil utilisait ce prénom pour se couvrir. Dans tous les cas, le recours à ce prénom n'était en rien une coïncidence.

-Aaron : Je suis l'agent Aaron Hotchner, du département des sciences du comportement.

A l'annonce de l'identité de son interlocuteur, les yeux d'Henry pétillèrent de joie, mais également de fureur, car il aurait préféré retrouver Hotch à l'intérieur de l'immeuble, surtout après la nouvelle communiquée par Bradford. Rossi, quant à lui, sentit que la situation allait devenir de plus en plus complexe. Nicholas reprit, posément :

-Nicholas : Des sciences du comportement… C'est drôle, car je suis en ce moment dans ce qui vous sert de quartier général… Je constate que vous n'avez pas perdu de temps pour établir un contact.

-Aaron : Je suis persuadé qu'il est toujours préférable de s'entretenir de vive voix le plus rapidement possible, pour réfléchir ensemble à une issue.

-Henry : Vous savez, je ne suis pas très difficile. Cependant, je vous conseille de ne pas couper l'électricité ou jouer avec le chauffage, ni tenter une intervention sinon d'autres personnes risqueraient de mourir. Et nous le saurons, si vous envoyez vos hommes.

-Aaron : Nous ne tenterons rien, mais pouvez-vous nous assurer qu'il n'y aura pas d'autres victimes ?

-Henry : Il n'y aura pas d'autres victimes, mais à une condition.

-Aaron : Laquelle ?

Alors qu'Henry s'apprêtait à poser sa condition, son portable vibra. Un de ses hommes venait de lui envoyer un message qui ne fut pas du tout à son goût. Il répondit à Aaron, avec une pointe d'énervement dans la voix :

-Henry : Je vous rappellerai, agent Hotchner.

Sur ce, Henry raccrocha et donna ses instructions à ses complices :

-Henry : Patrick, Scott et Victor, vous restez avec l'agent Rossi. Ne bougez pas d'ici. Je reviens…

… A l'extérieur, Hotch avait raccroché. Carpenter se permit une remarque :

-Carpenter : On dirait que quelque chose a contrarié notre bonhomme… Ça vaut ce que ça vaut, mais apparemment, il ne va pas tuer les survivants tout de suite, ce qui nous laisse un peu de temps…

-Aaron : Espérons qu'il ne change pas d'avis à cause de son contretemps.

-Spencer : Ce Jake m'a semblé très détendu.

-Stewart : Il est en position de force…

-Spencer : Oui, mais il semblait maîtriser les procédures, et même s'il a étudié les plans de l'immeuble, la pratique reste différente de la théorie…

-Harrington : Il pourrait avoir un lien avec les forces de l'ordre ?

-Spencer : Peut-être même avec le FBI, monsieur, ce qui expliquerait son pamphlet dans le manifeste. Il faut à tout prix qu'on en sache un peu plus avec les premiers témoignages…

Bureau du FBI, Quantico, bâtiment critique, PC de sécurité :

Nicholas Henry fulminait de rage dans le PC de sécurité où Steven Colton avait ouvert le feu. En plus de Steven, la pièce avait accueilli Jeffrey Carr. Henry hurla presque sur Steven :

-Henry : Espèce d'incapable ! Je t'avais ordonné de neutraliser les agents ! Pas de détruire l'unique moyen qui nous assurerait la surveillance de cet immeuble ! Comment comptes-tu prévenir nos frères gardant les issues de secours et les couloirs si le FBI donne l'assaut ?!... Et dire que tu es agent de sécurité ici…

-Colton : Je suis désolé, Nicholas…

-Henry : Oui, tu peux être désolé, mais tes excuses ne serviront à rien !

-Carr : Maître, si le FBI donne l'assaut, sache qu'ils rencontreront une résistance farouche de la part de tes frères. J'ai distribué les armes de la réserve à nos frères, et ils s'en serviront. Nous nous battrons jusqu'à la mort…

Henry regarda Carr avec bienveillance et fierté avant de jeter un regard de mépris à Steven.

Bureau du FBI, Quantico, extérieur :

Aaron Hotchner, tout comme Reid et d'autres agents volontaires, avait mis la main à la pâte pour recueillir les témoignages de celles et ceux qui avaient pu s'échapper du bâtiment et voir des suspects. Il finissait de parler avec une femme en blouse blanche officiant dans un des laboratoires du FBI, au niveau d'une annexe du PC.

-Femme : … Je l'ai juste vu une seconde… J'étais trop effrayée et concentrée à trouver les escaliers… Il portait la tenue des hommes d'entretien. Si je n'avais pas vu son arme, je ne me serai absolument pas doutée… Il tirait dans tous les bureaux… Je suis désolée de ne pas pouvoir vous en dire plus…

-Aaron : Ne vous excusez pas. Au contraire, vous m'avez beaucoup aidé. L'important, c'est que vous soyez saine et sauve.

-Femme : Vous pensez qu'il y en a encore combien là-bas ?

Alors qu'Aaron s'apprêtait à répondre, il aperçut l'agent Martina Grays se renseigner auprès d'un technicien affecté au centre des opérations. Aaron offrit une courte réponse à la femme en blanc en lui disant qu'il était sûr qu'il restait peu de personnes dans l'immeuble. Pur mensonge, mais en ces circonstances, il savait qu'il ne fallait pas dramatiser davantage. Hotch remercia ensuite la femme et se dirigea vers Grays. La vue de cette inquisitrice l'insupportait, et il allait le lui faire savoir, et tant pis si elle le poursuivrait pour cela. Il ne fallait pas que cet agent des affaires internes se mêle de la négociation, ou alors la situation deviendrait incontrôlable. Grays salua en premier Hotchner.

-Grays : Agent Hotchner, j'ai entendu dire que vous étiez l'agent en charge, malgré votre suspension…

-Aaron : Cela n'a pas posé de problème aux directeurs Harrington et Stewart. Si ça vous en pose un, vous n'avez qu'à leur en parler. Mais avant, laissez-moi vous dire que vous ne manquez pas de culot à retourner mon équipe contre moi.

-Grays : Et laissez-moi vous dire que vous devriez cesser de tout ramener à vous. Vous devriez vous estimer heureux d'avoir des agents prêts à mettre leur carrière en péril par loyauté au lieu de les accuser à tort et à travers. Je parle notamment de l'agent Prentiss.

-Aaron : Comment êtes-vous…

Grays devança le « au courant ? » d'Aaron.

-Grays : Les nouvelles vont vite. Pour votre information, l'agent Prentiss m'a dit, mot pour mot : « Je préfère me faire renvoyer plutôt que contribuer à la perte d'un agent irremplaçable, et ce, même si vous me proposiez de devenir la directrice du FBI ».

Aaron demeura interdit par la réplique de Prentiss à Grays.

-Grays : Maintenant, je vais vous laisser…

Sur ce, Martina Grays s'éloigna, laissant Hotch à la réflexion. Ce dernier se sentit si stupide et eut honte d'avoir douté de Prentiss. Maintenant, elle était coincée quelque part dans ce bâtiment, peut-être blessée, voire morte. Non seulement Aaron l'avait insultée sans lui laisser le moindre bénéfice du doute, mais il ne s'était même pas excusé. En réalité, il n'avait pas encore eu l'occasion, mais avec les évènements récents, il doutait qu'une telle occasion puisse se représenter un jour. Un sentiment de culpabilité s'empara de Hotch. Il regarda autour de lui, comme pour espérer un miracle et voir Prentiss ainsi que les autres membres de son équipe surgir de la foule comme par magie. Rien de tout cela ne se produisit. Hotchner ne pouvait que constater la présence d'hommes en tenue de combat, d'agents, de techniciens s'affairant dans et autour du PC. Au loin, le reste du personnel assistait, impuissant, à ce remue-ménage, et il fut bientôt rejoint par des vans de chaînes de télévision. Les journalistes avaient appris la nouvelle et n'allaient certainement pas se priver pour couvrir un tel évènement.

Bureau du FBI, Quantico, bâtiment critique :

Erin Strauss aida JJ à entrer dans une pièce de taille modeste et dépourvue de fenêtre. JJ fut surprise par l'intérieur de la pièce qui était remplie d'étagères sur lesquelles reposaient des fournitures de bureau. Erin fit assoir JJ sur le sol, tout en maintenant sa jambe meurtrie tendue. JJ confessa ensuite :

-JJ : J'ignorais que cette salle existait…

Strauss s'assit à son tour et répondit :

-Strauss : C'est une pièce qu'on a aménagé récemment.

JJ sortit son portable et poussa un juron.

-Strauss : Qu'y a-t-il ? Vous souffrez ?

-JJ : Non… La batterie est morte.

Strauss regarda le téléphone de JJ.

-Strauss : J'ai laissé le mien dans mon bureau…

-JJ : Il ne manquait plus que ça…

-Strauss : On va s'en sortir.

JJ fixa Strauss avec des yeux aussi grands qu'une soucoupe. Strauss avait prononcé cette phrase avec beaucoup de conviction, alors que JJ commençait à perdre espoir.

-Strauss : Il faut qu'on s'accroche à cette idée, sinon ça ne sert à rien de se battre. Nos collègues à l'extérieur vont tout tenter, et on doit se tenir prêt s'ils ont besoin de nous. Ayez confiance, agent Jareau.

JJ resta incrédule devant la confiance et la détermination de Strauss. La jeune agent du BAU avait toujours vu sa chef de section comme une bureaucrate terrée dans un bureau et ne jurant que par les procédures. En cet instant de confusion et de danger extrême, elle se révélait d'une force incroyable de combativité.

Bureau du FBI, Quantico, bâtiment critique, PC de sécurité :

Henry s'était appuyé contre un panneau de contrôle du PC afin de réfléchir à la suite des évènements. Jeffrey l'observait intensément. Il lui posa une question :

-Carr : Nicholas, veux-tu que j'aille chercher d'autres armes ?

Henry sortit de son mutisme.

-Henry : Non, c'est inutile. Le FBI a sûrement du ou va bientôt découvrir que nous n'avons plus accès aux caméras. Pour l'instant, il préfère ne pas intervenir, par sécurité. Quand il interviendra, quand bien même nos frères seront armés, ils ne pourront pas maintenir le FBI à distance pendant longtemps. Il faut qu'on leur coupe l'envie de risquer une intervention… Jeffrey, tu réunis quelques hommes et tu me captures une dizaine de survivants. Ils seront notre garantie. Tu emmèneras les personnes dans la salle de réunion située dans le bureau de l'unité d'analyse du comportement. Steven, tu aideras Jeffrey, et j'espère que cette fois-ci, tu te montreras à la hauteur de ta mission et de notre famille.

Bureau du FBI, Quantico, extérieur :

Reid faisait un bilan des premiers témoignages qui avaient pu être récoltés jusqu'ici, autour d'une table sur laquelle avaient été posés les plans des différents étages du building. Tout en parlant, Reid retira plusieurs feuilles pour ne conserver que quelques unes. Aaron, présent, écoutait attentivement.

-Spencer : Les témoignages sont confus, ce qui est logique vu les circonstances… On sait qu'apparemment, aucun tir n'est à signaler avant le dixième étage, ce qui nous permet de conclure que les tireurs sont intéressés par les étages supérieurs. Quand la fusillade a éclaté, il n'y avait aucun barrage au niveau des escaliers. Certains tireurs fonctionnaient par duos. Certains étaient habillés en costume, d'autres en tenue du personnel d'entretien.

A ce moment, Carpenter arriva en courant.

-Carpenter : Un de nos contacts à l'intérieur vient de nous apprendre que les tireurs n'ont plus accès à la vidéosurveillance. Il a entendu deux d'entre eux en parler ensemble. On va pouvoir l'utiliser à notre avantage…

Aaron se dirigea alors vers Kevin Lynch qui travaillait devant deux écrans d'ordinateurs sous une tente adjacente. Reid et Carpenter le suivirent.

-Aaron : Kevin, as-tu pu identifier les tireurs ?

-Kevin : Oui monsieur. J'ai visionné les enregistrements des deux heures précédant le début de la fusillade. L'agent de sécurité en poste s'appelle Steven Colton, et il a terminé son service dix minutes avant le début de la fusillade. Sur les trente-quatre visiteurs, dix-huit ont fourni une fausse identité. J'ai réussi à trouver une correspondance avec des permis de conduire que vous pouvez voir sur l'écran de droite. Par contre, je n'ai rien sur cet homme, sur l'écran de gauche…

Kevin pointa son index sur une capture d'écran de la caméra de surveillance située à l'entrée principale. L'homme en question portait un costume et un sac, comme la plupart des autres. Il avait les cheveux bruns et une barbe recouvrait la partie inférieure de son visage. Il avait les yeux bleus et portait des lunettes. Aaron en conclut :

-Aaron : Il ne voulait pas qu'on puisse le reconnaître, alors que pour les autres, cette éventualité ne pose aucun souci… S'il s'est déguisé, c'est parce qu'il est sans doute relié de près ou de loin au FBI, sinon, quelqu'un aurait pu le reconnaître et son plan aurait alors échoué.