Bonsoir tout le monde !

Prêt pour un nouveau chapitre ? Je l'espère bien. Je délaisse un peu Harry pour m'intéresser un peu aux autres sorciers dans les deux camps. Personne ne veut croire que Harry ait réussi un tel tour de force. Et une jeune sorcière fait d'étranges rêves. Voilà pour le résumé.

Maintenant la foire aux réponses :

Minutsu : Bienvenu à toi. honneur au nouveau venu. Kreattur a toujours eu un rôle un peu abstrait, et il sera intéressant de suivre son comportement au fil de cette histoire. le lien entre Harry et Voldemort n'est pas détruit. si je l'avais fait, cette histoire perdrait de son intérêt. surtout avec ce que je risque de rajouter.

Xylion : merci pour le commentaire. même tu te répètes, et je vais finir par y croire. lol

Mikamic : désolé pour cette erreur, la remarque revient souvent. pour le transplanage, Harry ne pouvait pas réussir du premier coup. et il apprendra. pas dans les meilleurs conditions. je suis bien pris la tête avec cette potion. quant à Kreattur, attends de lire la suite. et j'apprécie ta franchise.

Klaude : de la souffrance, il n'en a pas fini avec. et dire qu'il a avancé, pas encore sûr. et son lien avec Tom est intact.

Ronald92 : merci pour la simplicité de la review, elle vient du coeur, et c'est agréable.

Maximilien : je vais te décevoir, je le sens avec ce chapitre. bien que l'idée pourrait m'inspirer pour autre chose. à voir. filet du diable, je sais j'ai planté et je m'en excuse. pour les parents de Harry, il fallait bien ça. l'amour force non-négligeable ? vu ce qu'il en pense à l'heure actuelle, je ne suis pas sûr qu'il le comprenne. peut-être plus tard. petites larmes , t'es sûr ?

merci pour vos reviews et j'espère y avoir répondu de mon mieux. et j'invite d'autres personnes à me laisser leurs commentaires.

Bonne lecture !


HARRY POTTER ET LE CHOIX DU SANG

4 – Chassé-croisé

Le lendemain, l'Angleterre se réveilla sous un soleil éblouissant. Les gens retrouvèrent d'un coup leur bonne humeur. Les nuages et le froid s'étaient dispersés comme par magie. Tout le monde chanta les louanges de l'astre solaire qui venait de refaire son apparition. Le peuple retrouva sa joie de vivre. Les conversations se refirent plus animées et plus amicales. Le retour du soleil redonnait du cœur à l'ouvrage. Les scientifiques mettaient ce brusque changement de temps sur la montée de courants chauds provenant des mers du Sud. En réalité, ils étaient perdus. Cependant, les gens s'en moquaient. Ils saluaient comme ils devaient le retour de l'astre Roi.

Dans le monde magique, le retour du soleil passa inaperçu. Les mangemorts étaient figés de stupéfaction car la veille, dans la soirée, leur maître s'était soudain effondré après qu'une lumière étincelante lui ait foncé dessus. Depuis lors, Voldemort semblait souffrir d'un mal inconnu. Severus Rogue s'était précipité à l'appel des autres mangemorts. Il interrogeait chacun des mangemorts pour comprendre ce qui s'était passé. Il avait dû quitter précipitamment Poudlard, désobéissant à l'ordre de son maître. Bellatrix le surveillait constamment au cours de son examen.

- Bellatrix, ce n'est pas en restant derrière moi que tu parviendras à aider le Seigneur, grogna le maître de potion.

- Je n'ai que faire de tes commentaires, dit avec aigreur la sorcière folle. Ce n'est pas parce que …

- Bellatrix, aurais-tu oublié que certaines missions confiées par le Seigneur des Ténèbres doivent rester secrètes ? lui rappela Severus en l'interrompant.

La sorcière retint difficilement la réponse qui voulait fuser de sa bouche. Severus continua son examen en ignorant la présence de la sorcière. Après une heure de recherche, il confia son diagnostique aux mangemorts.

- Le maître a subi une sévère attaque de Legilimancie. Sa vie n'est pas en danger pour autant. Je vais préparer les potions adéquates pour son rétablissement. Mais il faut le surveiller. Lucius, si je me rappelle, ton inventaire de potions n'est pas très fourni. Il faut que je retourne à Poudlard pour me procurer tous les ingrédients indispensables.

- Et tu penses que tu peux partir sans autre explication ? demanda Bellatrix.

- Ma chère Bella, je sais combien la vie du Maître est aussi importante que celle de ton mari, dit Rogue avec un sourire narquois, mais si je ne me procure pas ce qu'il me faut, il prendra plus de temps à se rétablir. Et je ne suis pas certain qu'il apprécierait tes interventions si précieuses.

La sorcière serra les poings. Elle détestait royalement le maître de potions avec ses airs suffisants.

- Et dois-je aussi te rappeler que j'aie dû quitter Poudlard d'urgence, désobéissant à un ordre direct du Maître ? A son réveil, il me fera payer cher cette entorse. Donc je te prierais de t'enfoncer dans la gorge ton mépris et ta dévotion maladive. Aucun de vous n'est en mesure de la soigner, que je sache.

Voldemort profita de cet instant pour s'agiter. Tous les mangemorts firent cercle autour de lui. Severus dut les éloigner afin que leur maître puisse respirer facilement. Le mage noir n'émit qu'un seul mot avant de retomber dans les limbes : Potter. Tout le monde l'avait entendu. La surprise se peignit sur les visages de chacun. Bellatrix fut la première à réagir en courant pour sortir de la pièce. Severus l'avait surveillé du coin de l'œil.

- Bellatrix, où crois-tu te rendre de ce pas si pressé ? demanda Rogue avec une autorité exceptionnelle. Dois-je te rappeler les consignes du maître ? Personne ne doit toucher à Potter en dehors du Maître. Tu peux t'en prendre à ses amis, si tu le désires, mais Potter reste l'affaire du Maître.

La sorcière fut arrêtée dans son élan. Elle se retourna vers le maître de potions avec un regard halluciné. Sur le moment, elle eut envie de lui faire tâter de sa magie. Mais une partie d'elle-même savait qu'il était dangereux d'attaquer Severus car celui-ci avait une excellente connaissance de comment mener un combat. Severus affichait un sourire triomphant.

- Je constate qu'une lueur de raison parvient encore à te ramener à la raison. Bien, veillez sur le maître pendant que je me rends à Poudlard. Et ne vous étonnez si je prends un peu de temps. Il va me falloir inventer une excuse plausible pour expliquer mon départ précipité. Et connaissant le vieux Dumbledore, il me faudra être extrêmement persuasif, aussi perfide qu'un serpent. Et ce sont des qualités dont tu es dépourvu Bella.

Sur ces paroles, Severus transplana. La dernière pique du maître de potions avait enragé la sorcière. Elle avait besoin de tuer ou de torturer quelqu'un.

- Je me rends dans les cachots, indiqua la sorcière.

Tout le monde suivit le départ de la sorcière. Lucius décida de surveiller sa cousine. Il appela Peter Pettigrow.

- Peter, surveille discrètement ma cousine, tu sais comment faire. Et pas de discussion.

Le gros bonhomme rumina entre ses dents et se transforma en rat. Il suivit la même direction que la sorcière. La plus grande confusion régnait dans les rangs des mangemorts.

Devant le portail de Poudlard, Severus venait d'apparaître. Il lança un sort sur la grille du château qui s'ouvrit devant lui. Il pénétra dans l'enceinte du château. La grille se referma derrière lui. Il parcourut rapidement les quelques mètres qui le séparaient des lourdes portes de chêne de l'école de sorcellerie. Son esprit fourmillait de mille explications pour comprendre ce qui était arrivé à Voldemort. Et chacune de ses hypothèses finissaient dans une impasse. Il ne parvenait pas à admettre la révélation de son Maître. Potter ! Depuis quand ce satané gamin parvenait-il à mettre à mal le Seigneur des Ténèbres ? Il se rappelait encore dans quel état il avait retrouvé le Maître après son intrusion dans l'esprit du jeune Potter. Le Maître en avait souffert pendant quelques heures. Severus avait tenté de faire parler son maître pour mieux le diagnostiquer, mais son patient s'était refusé à tout commentaire. Il avait enragé d'avoir été découvert et d'avoir été battu sur le terrain de l'esprit. Et voilà que le Maître affirmait que ce sale gamin l'avait attaqué. Le maître de potions se perdait en conjecture. Il était certain que Potter n'avait jamais montré de réel talent pour une branche aussi complexe que celle de la magie de l'esprit. Pourtant il devait admettre que Potter montrait parfois de surprenantes aptitudes à se sortir de situations inextricables. Impossible ! Il venait de reconnaître au fils de son pire ennemi des aptitudes. La mauvaise humeur du maître de potions enfla. Il décida pour l'heure d'arrêter de réfléchir.

Il ouvrit les lourdes portes de chêne, traversa le couloir, emprunta différents escaliers et traversa à nouveau un couloir pour rejoindre le bureau du directeur. Il donna le mot de passe à la gargouille qui s'effaça pour laisser apparaître un petit escalier en colimaçon. Severus le gravit prestement et frappa à la porte. Une voix fatiguée, mais joyeuse, lui répondit. Il entra. Albus Dumbledore, le plus grand sorcier de tous les temps, était debout devant une fenêtre à contempler le parc qui s'éveillait sous la douce chaleur du soleil. Il avait les mains croisées dans le dos.

- Alors, quelle nouvelle de notre ami Voldemort ? demanda le vieux directeur.

- Je ne sais pas, répondit le maître de potion en s'installant sur une chaise postée devant le bureau directorial.

- Allons, Severus, pas d'enfantillages avec moi. Vous avez été appelé d'urgence au chevet de Voldemort, donc quelque chose s'est produit. Sinon vous n'auriez jamais quitté votre poste.

- Hum ! Effectivement, quelque chose s'est passé. Mais je ne parviens pas à me l'expliquer.

- Contez-moi donc cette passionnante histoire, dit le directeur avec un sourire mielleux.

- Je ne sais pas si l'on peut parler de passionnante au vu de l'incohérence des faits. Alors que Voldemort tenait une réunion avec des mangemorts, une lueur argentée est apparut et a foncé sur le Maître. Peu après, cette lueur s'est dissipée, et le Maître était couché au sol. Personne n'a compris ce qui s'est passé. Les mangemorts ont pris le corps du maître pour l'allonger dans une chambre. Ne sachant quoi faire, ils m'ont appelé de toute urgence. Et j'ai diagnostiqué une puissante attaque magique de l'esprit. Peu après, Voldemort a repris connaissance quelques instants pour citer le nom de son agresseur, Potter. Fin de l'histoire.

- Etes-vous certain qu'il ait prononcé le nom de Harry ?

- J'étais tout prêt de lui. Et chaque mangemort l'a entendu. J'ai dû faire preuve d'autorité car Bellatrix était prête à se rendre à Privet Drive pour régler le compte de ce morveux.

- Severus, modérez vos propos. Je vous ai déjà fait remarquer que vous faîtes une trop grande fixation sur la ressemblance du jeune Harry avec son père. Quand admettrez-vous qu'ils sont deux personnes différentes.

Le maître de potions ne préféra pas répondre. Albus reprit son discours en s'éloignant de la fenêtre.

- Ainsi, Voldemort pense que c'est Harry qui l'a agressé. A votre avis ?

- Que je sache, c'est vous le grand sorcier. Je ne suis qu'un pion que l'on peut sacrifier facilement, répondit aigrement le professeur.

- Severus, j'ai toujours tenu compte de vos bons conseils. Ne me décevez pas. Quel est votre sentiment ?

- Franchement. Je ne peux pas croire que le jeune Potter ait réussi ce que le Maître a suggéré. Où Potter aurait pu acquérir suffisamment de maturité magique pour réussir un tel tour de force ?

- Severus, sentirais-je de l'admiration dans votre voix ? demanda le directeur avec un ton espiègle.

- Ne me confondez pas avec vous. Je vous ai toujours trouvé trop laxiste concernant les agissements de Potter durant toutes ces années, s'énerva le maître de potions. Je n'ai pas autant d'admiration que vous pour les exploits de ce jeune prétentieux.

- Severus, ne vous méprenez pas. Ce n'est pas l'admiration des ces exploits qui m'impressionnent, ce sont les moyens par lesquels il les réussit que j'admire.

- De la chance ! Une chance insolente ! Si Potter n'était pas entouré de sorciers plus compétents que lui, il serait mort dès sa première année. Veiller sur lui n'est pas une sinécure, loin de là, objecta Rogue.

- Mais je vous rappelle que c'est le choix que vous avez fait, lui fit remarquer le directeur.

- Ne revenons pas sur ce sujet. En imaginant que Potter ait réussi ce que le Maître suggère, il deviendra à l'avenir encore plus difficile à surveiller. M ais je ne crois toujours pas à cette fable.

- J'avoue que je me perds moi-même en conjecture. Si jamais ce que vous me dîtes s'avérait exact, notre plan risque de tomber à l'eau.

- Vous comptez encore vous en tenir à ce que vous m'avez demandé le soir où vous m'avez convoqué, dit Severus choqué.

- Bien sûr. Il me reste peu de temps, et il faut que nous préparions Potter à son avenir, dit avec sérieux le directeur.

- Et quel est son avenir ? Que je sache à quoi m'en tenir. Vous me laissez dans l'ignorance alors que ma vie est de loin plus précaire que la vôtre. Si jamais un jour le Seigneur des Ténèbres apprend mon rôle exact, ma vie se terminera prématurément. Alors si je dois mourir, j'aimerais savoir pourquoi.

Le directeur souffla de désespoir. Il devait s'avouer qu'il pouvait au moins répondre aux questions légitimes de son espion.

- Très bien Severus, montons dans la Tour d'Astronomie pour profiter au mieux de la vue du parc et du soleil. Vous saurez ainsi toute la vérité.

Albus Dumbledore se leva de son majestueux fauteuil et invita le maître de potions à le suivre. Une longue conversation s'engagea entre les deux sorciers.

Dans le même temps, au Terrier, dans une chambre située au premier étage, les rayons du soleil éclairait une jeune fille qui venait de se lever en sursaut. Elle avait les cheveux couleurs de feu, de petits yeux noisette. Quelques tâches de rousseur parcouraient son nez fin. Une bouche fine mais sensuelle complétaient le visage de la benjamine de la famille Weasley. La pièce comportait une grande armoire à vêtements, un bureau de travail, une petite commode et un lit une place. La tapisserie était aux couleurs de sa maison, rouge et or. Des vêtements étaient éparpillés au sol. Elle portait une nuisette violette. Ginny Weasley haletait sur son lit, essayant de reprendre son souffle. Elle venait de sortir d'un curieux rêve.

Au début de celui-ci, elle avait rêvé de son dernier petit ami en date, Dean Thomas, une autre élève de sa maison, de un an son aîné. Ils se baladaient dans le parc de Poudlard en flirtant joyeusement. Puis le rêve avait changé. Elle revivait la bataille du Département des Mystères à la fin de sa quatrième année. Elle appréciait particulièrement ce moment car Harry la félicitait pour l'exécution des ses maléfices. Mais très vite, les choses évoluaient car elle revoyait dans le détail la souffrance de Harry quand celui-ci vit son parrain traverser le voile de l'Arcade. Elle revoyait comment Harry s'était précipité pour poursuivre Bellatrix Lestranges avec une lueur vengeresse dans le regard. Elle revivait sa libération par les membres de l'Ordre du Phénix. Et elle revivait le moment où elle avait aperçu Harry luttant contre l'intrusion de l'esprit du Seigneur des Ténèbres dans son esprit. A partir de là, son cœur se mettait à battre à tout rompre. Et son rêve prenait toujours fin à ce moment-là. Mais cette nuit-là, un fait nouveau s'était rajouté. Ginny avait rêvé d'une magnifique jeune femme rousse qu'elle était certaine d'avoir déjà vue quelque part. A côté d'elle se tenait un jeune homme ressemblant à s'y méprendre à Harry Potter. Cependant, le jeune homme paraissait plus âgé. Et la jeune femme lui parlait sans qu'elle ne la comprenne. Et la jeune sorcière s'était réveillée brusquement. Elle essayait vainement de se rappeler les paroles de la jeune femme rousse. Surtout, elle désirait savoir qui était cette jeune femme.

Ginny se leva malgré tout et se couvrit de sa robe de chambre rose pâle. Son rêve la troublait, mais elle préféra le ranger dans un coin de son esprit. Elle y réfléchirait plus tard. Aujourd'hui, dans la matinée, sa meilleure amie devrait venir passer le reste des vacances au Terrier. La meilleure amie en question était aussi celle de Harry, Hermione Granger. Ginny espérait qu'après l'épisode du Ministère, elle serait enfin intégrée dans le groupe que formaient Harry, Hermione et son frère. Elle ne se faisait pourtant guère d'illusions car elle les avait observés assez souvent. Et elle avait deviné que le Trio de Poudlard entretenait souvent le secret autour de leurs actions. Et une très bonne intuition lui soufflait que cette année, il en serait de même. Le but de la jeune sorcière n'était pas désintéressé. Certes elle voulait les aider parce qu'elle se sentait concernée par la guerre qui secouait la communauté magique, mais surtout elle voulait se rapprocher de Harry qu'elle aimait depuis des années. Depuis son enfance, elle connaissait l'histoire du célèbre sorcier. Petite, elle en rêvait comme un prince charmant. Dès son entrée à Poudlard, le célèbre sorcier l'avait sauvé de l'emprise de Voldemort en risquant sa vie. Aux yeux d'une enfant de onze ans, il était alors apparu comme le prince charmant de son enfance. Mais avec le temps, sa vision de Harry avait mûri. Elle avait apprécié le jeune adolescent qui aidait son prochain comme lors du Tournoi des Trois Sorciers. Elle avait apprécié le futur grand sorcier qu'il pouvait être quand il leur prodigué ses cours durant sa cinquième année. Et là elle avait été touchée par le jeune homme traumatisé par la perte du dernier véritable membre de sa famille. Ginny avait alors compris combien Harry n'était pas le prince charmant de son enfance. Il était tout simplement un jeune sorcier essayant de survivre à la folie d'un mage fou qui le voulait mort. Toutes ces pensées se bousculaient dans la tête de la jeune sorcière.

Elle sortit de sa chambre et descendit à la cuisine. Elle constata qu'elle s'était levée trop tôt à son goût. Elle bailla de fatigue. Elle entendait sa mère qui s'affairait dans la cuisine. En cette matinée, la maison était étrangement calme. D'habitude, le Terrier était toujours très animé. Cependant, depuis le départ des jumeaux, la maison restait silencieuse. Et cela angoissait parfois la jeune sorcière. Sa mère la vit arriver alors qu'elle dressait la table. Molly Weasley était une petite femme forte avec un caractère bien trempé. Elle était la matriarche d'une fratrie de sept enfants, six garçons et une fille. Tout comme le reste de la famille Weasley, ses cheveux roux la faisaient reconnaître facilement. Elle avait une autorité naturelle, qualité essentielle pour diriger une maisonnée souvent en désordre. Elle avait un visage légèrement rond, cause de ses nombreuses grossesses à répétition. Elle avait des yeux marron expressifs, un nez peu enflé et une bouche pleine. Sous ces airs autoritaires ce cachait un cœur généreux où il faisait bon se reposer. Et toute la maison le savait. Sa fille la contempla un moment avant pénétrer dans la cuisine et de s'installer près de la porte d'entrée.

- Bonjour Ginny, bien dormi ?

- Coup-ci, coup-ça. Personne n'est encore debout ? demanda la jeune sorcière.

- Tu connais ton frère ! Il ne se réveillera que quand son estomac le réveillera.

- Et papa ?

- Déjà au travail. Cependant, Remus ne devrait pas tarder. Il était en mission ce soir.

- Quelle genre de mission ? demanda Ginny l'air de rien.

- Je n'ai rien le droit de dire. Et de toute façon, cela concerne les affaires de l'ordre, rétorqua sa mère.

- Maman, arrête, s'il te plaît, pas de bon matin, dit pesamment Ginny.

- Quoi ? Je n'ai rien dit.

- Justement. Je te vois venir avec tes reproches à propos de notre excursion au Département des Mystères, devina Ginny.

- Ginevra, c'était de l'inconscience. Te rends-tu compte que tu aurais pu mourir ? J'étais folle d'inquiétude. Quand Sirius est arrivé en trombe pour m'annoncer vous étiez partis là-bas. Regardes ce qui lui est arrivé. Ça aurait pu être l'un de vous, pleura la pauvre femme. Et ce pauvre Harry qui doit souffrir. C'est inhumain de la part de Dumbledore d'obliger Harry à passer ses vacances avec une famille qui le déteste.

Depuis le début des vacances, la même scène se répétait quotidiennement. Au début, Ginny avait protesté. A la longue, elle s'était lassée. Remus choisit cet instant précis pour rentrer. Remus Lupin est un sorcier d'une quarantaine d'années avec déjà un certain nombre de cheveux gris. Il avait un visage anguleux et un nez aquilin. Il avait des yeux noirs et une fine moustache. Il portait toujours des vêtements d'une époque révolue. Mais Remus Lupin avait une caractéristique particulière, il était un loup-garou. Malgré un physique assez malingre, il pouvait déployer une très grande force physique et était un maître dans l'art de la magie des combats. Il avait d'ailleurs enseigné pendant une année à Poudlard en tant que professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Il était un homme affable et pondéré. Il salua rapidement les deux sorcières, tout en tirant une chaise. Il s'assit lourdement.

- Bonjour mesdames ! Je ne vais pas m'attarder car il faut que je voie Albus.

- Un problème ? demanda Molly.

- Je ne sais pas. Alors que je m'apprêtais à affronter Greyback pour convaincre mes congénères, il a soudainement disparu. Je n'ai pas compris pourquoi. Mais cette disparition peut servir nos intérêts.

Ginny écoutait les informations avec beaucoup d'intérêt. Un peu trop selon le regard courroucé de sa mère. La sorcière décida de changer de sujet.

- Et sinon, toi, comment te sens-tu ? Je ne t'ai pas revu depuis les évènements du Ministère.

Un voile de tristesse couvrit les yeux du vieux loup-garou. Soudain, il se referma comme une huître.

- Ce n'est qu'un mauvais moment à passer, dit froidement le sorcier.

- Remus, tu ne dois pas enfermer ton chagrin, insista la mère de famille.

- Molly je vous remercie de votre sollicitude, mais je me gère parfaitement bien. Bon, il est temps que j'y aille. Merci Molly. Au revoir Ginny.

Au moment de se lever, une photo s'échappa d'une poche de son pantalon. Ginny se leva pour la ramasser. Elle voulut courir après le loup-garou, mais celui-ci était parti. Elle regarda la photo qui était mouillée. Ginny devina que c'était des larmes. Elle essuya la photo et eut un choc. La photo montrait trois hommes et une femme souriant au photographe. Elle reconnut Remus et Sirius en plus jeune. Elle reconnut aussi les deux autres personnes de son rêve. Sa mère la regarda avec perplexité.

- Ma chérie, tu te sens bien ?

- Maman, qui sont ces deux personnes sur cette photo ? demanda rapidement Ginny.

- Quelle photo ?

Ginny la lui tendit.

- Où as-tu déniché ça ? demanda sa mère avec sévérité.

- C'est tombé de la poche de Remus, avoua Ginny. Au moment où il partait.

- Ah je comprends. Alors tu devras la lui rendre quand il reviendra.

- Maman, tu n'as pas répondu à ma question, insista Ginny.

- Allons ma chérie, tu dois bien avoir une petite idée.

La jeune sorcière s'en doutait, mais elle continua à jouer l'ignorance.

- C'est vrai que nous ne t'avons jamais montré de photos du premier ordre. Tu as reconnu Remus et Sirius. Les deux autres personnes sont James et Lily Potter, les parents de Harry. D'après le cliché, je dirais que cette photo a été prise après leur départ de Poudlard, peu de temps avant la guerre.

La jeune sorcière n'écoutait plus les comment aires de sa mère. Elle avait enfin la réponse à sa question. Cependant cette réponse amenait à une autre question – pourquoi avait-elle rêvé des parents de Harry alors qu'elle ne les avait jamais vus auparavant ? Et qu'avait essayé de lui dire la mère de Harry ? Ses deux questions occupèrent l'esprit de la jeune sorcière qui prit un air soucieux. Air qui n'échappa à la vigilance de Molly Weasley.

- Ma chérie, tu es pâle d'un coup. Tu veux t'asseoir ? proposa sa mère.

- Non maman, ça va passer. Et tu as raison, je vais garder cette photo pour la rendre à Remus en main propre. Merci maman. Maintenant je vais aller réveiller mon goinfre de frère.

Et la jeune sorcière s'élança d'un air enjoué dans les escaliers menant aux étages. Molly regardait sa fille avec circonspection. Depuis un moment, elle remarquait qu'elle avait du mal à communiquer avec sa fille comme avant. Sa fille avait changé si rapidement au fil de ces quatre dernières années. Et depuis la fin de son année scolaire, une sorte de fossé s'était creusé entre la mère et la benjamine. Elle en avait discuté avec son mari qui lui avait suggéré d'être patiente. Mais Molly ne pouvait s'empêcher de trouver cette situation dramatique. Elle voyait toujours sa fille comme le dernier enfant à protéger. Pour la pauvre sorcière, sa fille grandissait trop vite. Et l'histoire du Ministère lui donnait raison.

Ginny était parvenu au deuxième étage et s'était arrêtée devant la porte de son frère. Un bruit indescriptible s'en échappait. Elle sourit en pensant à la façon dont elle allait la réveiller. Ouvrant la porte silencieusement, elle se faufila dans la chambre. Elle sortit de sa poche une sorte de crapaud en caoutchouc. Elle le déposa précautionneusement près de l'oreiller de son frère. Elle appuya sur le derrière du crapaud. D'un coup, le crapaud s'anima comme s'il était vivant. Il se mit à croasser près de l'oreille du frère de Ginny. D'abord le croassement se fit à peine audible. Puis il montait en puissance avant de se mettre à hurler avec la voix de la mère de la famille : DEBOUT … CROA … RON. Le jeune homme sursauta brusquement et tomba de son lit. Ginny éclata de rire. Ron se leva péniblement et fusilla sa petite sœur du regard.

- GINNY, DEHORS TOUT DE SUITE ! hurla Ron.

La jeune sorcière eut du mal à quitter la chambre tant elle riait. Elle en avait mal aux côtes. Son frère la regarda avec une lueur meurtrière dans le regard. Ron était un sorcier de seize ans, grand pour son âge avec une allure dégingandé. Son visage était couvert de tâches de rousseur. Comme le reste de sa famille, ses cheveux étaient rouges, mais clairs, tirant légèrement sur le blond. De grands yeux bleus lui donnaient un regard très expressif, un nez enflé surmontait une large bouche pleine. Des oreilles assez larges complétaient un visage malgré tout agréable. Il avait un corps assez musclé mais ramassé à cause de son poste de gardien dans l'équipe de Quidditch de sa maison, Gryffondor. En cette matinée, Ron était assez enragé à cause du réveil de sa sœur. Il regarda son réveil magique pour constater qu'il était bien trop tôt à son goût. Il pesta contre sa sœur et ses deux frères. Il décida de faire un brin de toilette avant de descendre pour le repas du matin. Il s'installa à table de fort mauvaise humeur. Sans saluer sa mère, il se prit une tranche de pain.

- Ronald, ce n'est pas ainsi que je t'ai élevé. Où sont passées tes bonnes manières ?

- Bonjour maman, marmonna entre ses dents le jeune sorcier.

- Je pense qu'un crapaud a croassé trop fort pour le réveil de monsieur, indiqua Ginny.

- Vraiment très spirituel, petite sœur. Je jure que tu me le paieras.

- Ca suffit vous deux. Alors que vos frères ont quitté la maison, vous vous comportez pire qu'eux, leur fit remarquer leur mère.

- Pourquoi je devrais me sentir concerné ? J'aime bien, c'est elle qui me harcèle chaque matin, et c'est encore moi qui dois payer les pots cassés. Par les c …

- Ronald Bilius Weasley, pas de jurons sous mon toit ! lui rappela sa mère.

Le pauvre Ron plongea le nez devant l'assiette déposée vide. A ce moment-là, une jeune fille brune avec des cheveux ébouriffés entra. Elle avait des yeux marron, un nez fin et une petite bouche fine. Elle était vêtue d'un simple jean et d'une chemise beige. Elle portait un sac à dos et deux lourdes valises. Derrière la jeune fille, un grand homme noir suivait.

- Hermione, Kingsley, on ne vous attendait que dans le milieu de la matinée, dit Mme Weasley, surprise et heureuse.

- Bonjour Molly, il y a eu un changement de plan. Et une réunion de l'Ordre se tiendra ce matin chez vous. C'est Albus qui m'a demandé de vous prévenir.

- Très bien, je préparerais ce qu'il faut.

- Bon je ne m'attarde pas. Jeunes gens, à bientôt, salua le fameux Kingsley.

Hermione posa ses valises avant de se précipiter vers ses amis pour les saluer. Molly lui fit une accolade affectueuse.

- Hermione, tu arrives juste à temps pour le repas du matin.

- Je vous remercie Mme Weasley, mais j'ai déjeuné en partant, dit la jeune sorcière.

- Ce n'est pas le cas de mon frère. Tu vois que ce crapaud a son utilité. Et fermes la bouche, sinon on pourrait se demander ce qui te fait le plus saliver, indiqua Ginny.

- Oh tu vas lâcher par les c… de Merlin ! s'emporta Ron.

- Ronald Bilius Weasley ! Encore un mot de travers de ce type, et je te mets à la diète, promit Molly. Et toi, Ginny, arrêtes d'embêter ton frère.

Ron se renfrogna alors qui Ginny souriait de toutes ses dents. Hermione eut un regard d'indulgence envers son ami.

- Voilà le repas. Dépêchez-vous de manger car je dois préparer l'arrivée de tout le monde. Ron, tu porteras les bagages de Hermione dans la chambre de Ginny.

Le jeune homme ne répondit pas. Les deux enfants Weasley se pressèrent d'avaler leur repas avant de quitter la cuisine. Ron assura le port des bagages dans la chambre de sa sœur. Hermione s'assit sur le lit de son ami.

- C'est bon Ginny, tu peux nous laisser, indiqua son frère.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, mon cher frère, vous êtes dans ma chambre. Sinon, enchaîna Ginny sans tenir compte de la réaction de son frère, sais-tu pourquoi tu es arrivée aussi tôt ?

- Pas la moindre idée, répondit Hermione. Kingsley s'est présenté devant mes parents et m'a demandé si j'étais prête. J'ai dû prétexter que j'avais oublié le changement d'horaire. J'ai couru dans ma chambre, pris mes affaires, et me voilà.

- Je me demande ce qui se passe, dit Ron.

- Je ne sais s'il y a un rapport, mais ce matin, Remus est passé aussi. Il a dit qu'il devait parler d'urgence aux membres de l'Ordre. Il semble qu'au cours de sa mission Greyback soit mystérieusement parti.

- Est-ce que cela a un rapport avec Harry ? demanda Ron avec perspicacité.

- Si cela concerne les mangemorts, Vol … Voldemort n'est jamais loin. Donc Harry doit être inclus, dit avec sagesse Hermione.

- Depuis l'histoire du Département des Mystères, les réunions de l'Ordre se sont enchaînées. Et le Terrier est devenu le nouveau QG jusqu'à ce qu'ils découvrent le testament de Sirius, informa Ginny.

- Je me demande, vous croyez vraiment qu'il y avait une prophétie qui rattachait Harry et Vous-Savez-Qui ? demanda Ron.

La question était posée. Depuis le début des vacances, chacun s'interrogeait sur cette affaire. Si prophétie il y avait, celle-ci avait été détruite durant la bataille du Ministère. Et le mystère restait entier. Les trois amis étaient plongés dans la plus grande confusion. Et ils s'inquiétaient pour leur ami dont ils n'avaient aucune nouvelle. Ils espéraient juste que celui-ci se portait bien et qu'il avait surmonté la perte de son parrain. Et surtout qu'il serait prêt à affronter son avenir si la prophétie se révélait exacte.